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"Homme libre, toujours tu chériras la mer !"
"La mer enseigne aux marins des rêves que les ports assassinent."
"La sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit."
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 ChI.Intro. Flore et faune, ou l'embuscade [pv. Hybris la mielleuse]

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MessageSujet: ChI.Intro. Flore et faune, ou l'embuscade [pv. Hybris la mielleuse]   Sam 16 Juil 2011, 18:57

La température était parfaite. L’été avait fait son apparition sur tout l’archipel depuis plusieurs semaines, alliant à la chaleur habituelle de l’été un soleil resplendissant, flamboyant à en brûler la peau. Il n’y avait par ailleurs pas eu l’ombre d’un nuage depuis plusieurs jours, et le peu d’air frais que l’on pouvait ressentir n’apparaissait qu’une fois la nuit tombée. Ce qui était étrange, c’est que récemment, les nuits étaient devenues plus fraîches en comparaison avec ces journées invivables. Toutefois, cette saison était parfaite pour le bétail, Ânaya l’avait appris en travaillant avec ses parents.
Ceux-ci étaient éleveurs depuis maintenant plusieurs décennies, et possédaient de larges terrains partout sur le territoire, éparpillés selon les nécessités de chacune des races possédées. La famille Cott élevait divers types d’animaux, allant du commun lapin au loup sauvage, du félin le plus vicieux au cheval le plus rapide. C’est ce qui avait fait la fortune des Cott depuis maintenant six générations. Tout avait commencé lorsqu’Isaac Ilk Cott avait ramené de l’un de ses périples un couple de tigres « songeurs », cette race maintenant éteinte qui avait la capacité de comprendre entièrement les humains, et la faculté d’anticiper chacun de leurs mouvements. Isaac Ilk Cott avait réussi à multiplier leur nombre tant et si bien qu’il était possible, pour toute personne assez riche, de déduire, grâce aux agissements de ces tigres, ce que l’avenir présageait. Grâce à l’argent accumulé, la famille Cott avait par la suite continué à ramener divers types d’animaux plus rares les uns que les autres, et les avait élevé dans l’unique but d’en tirer profit. Certains animaux se dégustaient, d’autres s’entraînaient comme des armes autonomes, et les derniers étaient de valeureux compagnons. Connue dans l’archipel, la famille Cott était à son apogée lorsque l’arrière-grand-père d’Ânaya avait racheté les terres de son concurrent principal. Mais ces derniers-temps, la donne avait changé, la famille Cott n’avait plus tant en elle cette fibre entrepreneuriale, ce génie propre à ce qui aurait pu faire d’eux, dans l’avenir, la famille la plus importante de l’archipel, ou du moins gagner en importance au point d’avoir quelques dés en main.
Tout avait changé avec l’arrivée du père d’Ânaya. Beaucoup estimaient que sa trop grande faiblesse était l’empathie et que son sens de l’éthique avait tué le commerce de plusieurs vies. Cott-Père avait décidé d’élever les animaux afin de les rendre heureux et de mieux les comprendre. Un brave homme. Et certains des agissements de son propre père, le grand-père d’Ânaya, allaient à l’encontre de ses valeurs. Il avait par ailleurs eu beaucoup de soucis lorsqu’il avait repris l’industrie familiale.

Comme chaque mois, Brett et Pizucaë se rendaient dans divers terrains afin d’observer l’évolution de leur bétail. Aujourd’hui, ils étaient allés voir leurs chevaux, puis après quelques petites courses au port étaient allé vérifier que tout se passait pour le mieux dans leur enclos secret, situé à la limite entre la forêt et la plaine, dans la tribu cachée de cette vingtaine de singes Môgoyis. Ils les avaient acheté à un revendeur, en ville, pour une poignée de sous, et avaient décidé de voir jusqu’où allaient leurs capacités. Cette race était considérée comme maudite et extrêmement dangereuse. Après deux ans, ces primates étaient capables de répéter certains mots, mais le plus étrange était qu’ils pouvaient lire et comprendre certaines instructions. Les élevant dans le plus grand secret, cachés de tous – car d’une nature extrêmement discrète – ils n’obéissaient à personne, et ne se montraient qu’en présence de Brett.

Tout s’était passé pour le mieux ce jour-là.

Accompagnant ses parents, Ânaya voulait se séparer du monde réel pour une journée, renouer avec cette nature qu’il avait tendance à laisser de côté ces derniers temps. Ânaya s’était trouvé une nouvelle passion pour la lecture de livres anciens et dans l’apprentissage de diverses formes de combat. Il savait qu’il n’avait d’autre choix que de reprendre l’affaire familiale plus tard, mais espérait, au fond, trouver un moyen de sortir de cette lignée, et de vivre une vie telle qu’il l’entendait.
Mais si Ânaya était présent, c’était aussi en tant que garde du corps, suivi de sa petite sœur, Leüka. Celle-ci, si on la comparait à sa grande sœur Tiarelle, était beaucoup plus grande et plus forte. Elle faisait la taille d’Ânaya, un bon mètre 90, et était d’apparence plus robuste que lui. Elle était aussi très intelligente, et vivait de magouilles çà et là. Tiarelle, la plus vieille de tous, était partie refaire sa vie dans une autre partie de l’archipel, tant et si bien que personne ne savait réellement ce qu’elle était devenue. Sa beauté avait dû lui permettre de s’en sortir, et sa détermination d’atteindre son but…

Son long bâton accroché à son dos, Ânaya était aussi armé de sa dague accrochée à un ceinturon serrant son torse. Par-dessus il portait un long manteau en bison, à capuche, qui avait la particularité d’être frais au soleil, et extrêmement chaud la nuit tombée après avoir recueilli toute la journée durant la chaleur du soleil.
Alors que tous avaient devant eux trois heures de marche pour rentrer au manoir, Ânaya discutait avec sa sœur, menant la marche, tandis que ses parents se tenaient à l’arrière, discutant des comptes du mois.



Ça m’a fait bien de te revoir, de revoir père, mère… Ca faisait longtemps…

C’est toi qui te fais distant, Ânaya, ça reste une journée banale pour eux.


Leüka avait raison. En effet, Ânaya perdait petit à petit le goût qu’il n’était pas même sûr d’avoir éprouvé un jour pour l’élevage, le dressage. Il regarda sa petite sœur, qui était à sa hauteur, et lui adressa un sourire. Bien que capable de se défendre, elle restait à ses yeux la petite fille avec qui il avait grandi. Celle qui se levait le soir pour regarder les étoiles, celle qui rêvait d’un jour les atteindre, celle qui aujourd’hui était capable de battre dix hommes sans grande difficulté, et qui pourtant versait une larme à la mort d’une simple souris.
Ânaya le lui avait toujours dit, la mort de Nerhân avait déteint sur elles, et chacune avait hérité d’une partie de la personnalité de leur petite sœur défunte. Leüka était devenue bien plus sensible, et Tiarelle commençait enfin à penser un peu aux autres.

Ânaya resserra son bras autour de sa sœur. Le ciel était encore très clair, la nuit complète ne tomberait que dans quatre heures. Il avait bien calculé son coup, il leur fallait trois heures pour rentrer, et il utiliserait les caves insonorisées du manoir cette nuit. Il était impossible d’en sortir sans en avoir la clé, et ses parents viendraient l’en sortir une fois le soleil levé. Ce soir, qui plus est, c’était la pleine lune. Une nuit au cours de laquelle son alter-ego se montrerait bien plus violent, bien plus sanglant. Cette pensée lui fit un pincement au cœur. Il avait beau être dans cette situation depuis maintenant dix ans, il estimait que jamais l’on ne pouvait s’y faire, que chaque nouvelle transformation était une souffrance, une découverte, une nouvelle aventure. Et chaque pensée à ce sujet était comme une claque.

Ils avaient déjà marché pendant une demi-heure. Le soleil gagnait en vitesse tout en perdant en altitude. Les oiseaux cessaient graduellement de chanter, laissant leur place à des animaux nocturnes, bien moins accueillants. Cette forêt, Ânaya le savait, était immense et dense, et ne laissant rien transparaître. Par la suite, il leur faudrait longer une partie des monts d’El, avant de regagner la route et d’atteindre le manoir.
Une petite brise d’air frais vint caresser le visage d’Ânaya et sécher un peu les quelques gouttes de transpiration qui ruisselaient sur son visage. Il ferma les yeux, inspiré par une poésie soudaine. Il réussit à entendre ce bruit si particulier du vent glissant le long de ses oreilles, le bruit des feuilles à peine gênées par ce remue-ménage à petite-échelle, le craquement de bouts de brindilles sous leurs pieds, et la chaleur de sa sœur serrée contre lui. Arborant un air béat, quoique d’apparence un peu niais, il souriait, et se posait hors du temps, comme dans un rêve.


Eh bien, si on nous attaque, ce n’est pas toi qui nous aideras !

Tout en ricanant, le père d’Ânaya s’adressait à lui avec cette pointe d’humour qui lui était si particulière. Pour sûr, il aimait chacun de ses enfants, mais il aimait leur faire de petites boutades, jouer avec eux, se moquer doucement d’eux. C’était sa façon de concevoir la famille, qui était « avant tout un groupe d’amis ».
Ânaya acquiesça, puis se retourna pour les regarder. Son père le regardait avec un sourire en coin. Il savait qu’Ânaya ne le prendrait pas mal. Et puis, il n’y avait aucune raison qu’ils se fassent attaquer. Ils n’étaient pas allés rendre visite à leurs bêtes les plus importantes. D’ailleurs, ils avaient pour habitude de payer des mercenaires privés dans ces cas-là.

Ils longeaient maintenant une immense plaine, au bout de laquelle on apercevait une chaîne de montagnes impressionnante, touchant déjà le soleil. De ce point de vue, l’on pouvait croire que la nuit était proche, mais il n’en était rien, le soleil était encore bien haut. Cette plaine, vaste à n’en pas voir les bords à l’ouest et à l’est, était recouverte de fleurs de toutes sortes et de fougères. En marchant, on n’y voyait pas ses pieds. Ânaya marchait devant, un peu absent, suivi par sa mère et son père, côte-à-côte, et Leüka fermait le bal. Cette protection était nécessaire car Brett et Pizucaë transportaient sur eux des substances très chères délivrées par leurs animaux, et beaucoup d’or nécessaire pour payer les divers gardes des terrains. L’on pouvait entendre d’ailleurs, symbolisant le manque cruel de professionnalisme de Brett, sa bourse pleine faire de la musique au rythme de ses pas. Mais aucun d’eux n’avait voulu lui faire la remarque, certains de ne rien craindre ce soir.

La plaine était longue, très longue. Sentant que sa mère était fatiguée, Ânaya demanda à faire une pause de cinq minutes, afin que tous puissent se désaltérer et reprendre des forces. Il leur rappela qu’il ne leur restait qu’une petite heure de marche s’ils y donnaient du leur, et qu’avec un peu de chance il pourrait même se joindre à eux pour le dîner. Évidemment, ils savaient qu’à un moment Ânaya devrait partir se cacher au sous-sol pour une nuit mouvementée, mais ils avaient passé l’accord implicite de ne pas utiliser certains mots lors de leurs discussions, sans pour autant rendre le sujet tabou. Disons qu’ils pouvaient se comprendre sans avoir à tout dire. Et cette situation, Ânaya ne la comprenait que trop bien. Ce thème était devenu assez dur pour sa mère, bien plus que pour tous les autres. Voir sa fille mourir dans ses bras, mordue, griffée, étranglée de partout avait été une épreuve très dure, à laquelle bien des personnes n’auraient pas résisté et auraient soit sombré dans la folie, soit dans la dépression. Ânaya avait toujours trouvé admirable la façon dont ses parents, ses sœurs, avaient réagi, comprenant qu’il ne pouvait contrôler son « autre ». Physiquement, pour sûr, c’était comme si Ânaya avait commis ce meurtre, mais cet animal, ce loup sanguinaire était l’instigateur de ce crime barbare.

La marche reprit, et il ne leur fallut bientôt plus que quelques pas avant d’atteindre le bas des monts d’El. Ils n’avaient pas à tous les longer. Il leur faudrait rejoindre un chemin à une trentaine de minutes, donnant sur un village plus animé. Mais ici, c’était comme un désert. Pas une âme autour d’eux.

Le sentier prenait petit à petit une forme plus rugueuse, la terre et les fleurs laissant place à des cailloux plus durs et à une herbe bien moins structurée. Le sol était incliné, tant et si bien qu’il leur fallait de temps à autres s’accrocher à quelque chose pour ne pas tomber au sol.
De ce côté de la montagne, le soleil n’était plus visible. Les feuilles vertes prenaient une allure bleutée, et le ciel perdait en clarté.


Arrêtez-vous !...
Leüka, derrière tout le monde, avait levé la main, le poing fermé, et avait parlé d’une voix assez basse mais que tous entendirent.
Quelqu’un marche devant nous, et ça fait maintenant quelques instants qu’il effectue le même parcours !

Elle se pencha, posa sa main sur le sol, tout en caressant son arbalète accrochée en bandoulière. Leüka était un fin limier, et son sens de l’observation était particulièrement aiguisé. Elle touchait du bout du doigt une trace, sur un caillou. On aurait dit une goutte de sang. Elle fit un pas en avant, pour admirer un bout de bois de la taille d’un doigt brisé en deux d’une façon loin d’être naturelle. Enfin, en effet, l’on pouvait voir parmi les cailloux des traces de pas qu’Ânaya n’avait pas remarquées jusqu’ici. Cette montagne avait la particularité d’être en constant éboulement, ne cessant jamais de voir glisser tout du long de son flanc des rochers, parfois de la taille d’une limace, parfois gros comme une maison. Il n’aurait fallu à cette montagne qu’une heure pour recouvrir ces traces de sable toutes fraîches, et Ânaya en déduit lui aussi que quelqu’un était devant. Était-il conscient de leur présence ? Ce qui était rassurant c’est qu’il ne pouvait les suivre, et de toute évidence, prévoir leurs mouvements.

Mais on n’a pas d’autre choix, si on veut être rentrés à temps, on doit prendre ce chemin, c’est le seul !

La mère d’Ânaya montrait son visage une certaine anxiété, partagée par son mari. Leüka, toujours accroupie, tentait de trouver d’autres signes.


Ça doit être un énième vendeur ambulant. Continuons…

Dubitatifs, ils reprirent néanmoins la marche. Ânaya sentait la respiration de ses parents, il pouvait entendre leur cœur battre plus fort, plus rapidement. Il sentait leurs pas plus fébriles, et le fait que Brett, tremblant, tenait sa mère dans ses bras tout en avançant.
Les sens d’Ânaya devenaient plus aiguisés. C’était la preuve que lui aussi était maintenant quelque peu sous tension, en état d’alerte. Il sentait enfin Leüka, à l’arrière, gardant une certaine sérénité. C’était bien le genre de ce personnage, impassible dans ces situations, maîtrisant son état afin de garder le meilleur d’elle-même. Ânaya entendait quand même le bruit des ongles de sa sœur frottant l’arbalète, et l’entendait maintenant retirer son veston de cuir pour laisser apparaître de grands bras musclés.

Inconsciemment, ils déviaient à chaque pas un peu plus du chemin initial. Ils s’approchaient, sur le bas, d’une rangée d’arbres, peut-être pour être mieux dissimulés et faire moins de bruit. Ânaya regardait autour de lui, la main sur sa poitrine, là où se trouvait sa dague. S’il la portait là aujourd’hui, c’était pour ne pas qu’on la voie, il le faisait fréquemment dans ce genre de cas. Sa dague, il l’avait eue de son grand-père. Elle était assez courte, mesurant autour de vingt centimètres. Il ne l’utilisait pas souvent, plus adepte de l’utilisation de son long bâton, faisant exactement sa taille. Il maniait cette dernière arme d’une façon singulière, ayant prouvé à maintes reprises qu’une lame était loin d’être nécessaire pour arriver à ses fins, même en combattant.

WOOOOSHH !
Ânaya s’arrêta aussitôt. Une flèche venait de passer à côté de son oreille. Surpris, il se rendit compte qu’il s’était encore une fois perdu dans ses pensées, et que c’était bien trop dangereux. Mais ce qui l’étonna encore plus, ce fût de se rendre compte que la flèche venait de son dos pour aller vers l’avant. Il se retourna aussitôt pour voir sa sœur, bras tendus, tenant l’arbalète, les yeux plissés, le regard droit devant. Ânaya attrapa son bâton et se mit en position de combat. Honnêtement, il ne comprenait pas ce qu’il se passait.
Il entendit son père sortir ses deux longues lames et les tenir en forme de croix, et sa mère attraper sa propre arbalète, bien que ne l’ayant jamais utilisée. Elle la prenait parce que sa fille la forçait, voilà tout.

Tous regardaient dans la direction dans laquelle Leüka avait tiré. Trois secondes seulement s’étaient écoulées depuis le tir, et l’on entendait enfin la flèche arriver à destination.
Quelqu’un nous attend…

Mais tu es folle ??!! Et si cette personne ne nous voulait pas de mal ??
La mère d’Ânaya était terrifiée. Elle n’avait jamais réellement vécu dans la violence.

Étant donné la distance, j’ai fait en sorte qu’elle touche ses jambes… Ânaya…
Puis elle se mit en courir en la direction d’Ânaya, pour le dépasser et aller à une allure folle vers la lisière de la forêt, avant de finir sa phrase.
…surveille-les !! J’arrive !

Et elle disparût. Que se passait-il ? Il n’était pas dans l’habitude de Leüka de se précipiter, encore moins de ne pas prendre plus de précautions quant aux autres. Ânaya fit signe à ses parents de se rapprocher de lui. Toujours en position de combat, il émettait maintenant un grognement parfaitement audible. De sa bouche sortait un souffle chaud, à un rythme irrégulier mais rapide. Ses dents serrées laissaient dévoiler des canines pointues, et ses cheveux commençaient à se dresser. Oui, il était prêt à se battre.


Si elle n’est pas de retour dans soixante secondes, on court au manoir, et je reviendrai la chercher en vitesse…

Mais ce plan, il le savait, n’avait aucune chance de réussir. Dans soixante secondes, si elle n’était pas de retour, ils devraient tous tenter de la retrouver, perdant un temps fou et prenant un risque considérable.
Cinquante secondes… Ânaya serrait fort son bâton, prêt à toute éventualité.
Quarante secondes… Un petit air frais recommençait à se faire sentir. La mère d’Ânaya poussait maintenant de petits gémissements de crainte, parcourue de frissons.
Trente secondes… Un premier bruit émanant de la lisière de la forêt.
Vingt secondes…


On y va.

Il ne pouvait attendre plus longtemps. Ânaya reprit une posture plus droite, et fit un pas en avant. Un bruit de feuilles se fit entendre. Il sentait quelqu’un qui s’approchait, d’une façon bien trop calme et sereine. Ses pas étaient tranquilles, son allure régulière, et il n’y avait pas d’odeur particulière lui permettant de définir la personne.
Après quelques instants, la silhouette se rapprochant, Ânaya dût plisser les yeux. Il imaginait, ou espérait, voir sa sœur arriver, mais ce fut une toute autre personne qui fit sa sortie hors de cet amas de feuilles formant un brouillard épais. Il ne pouvait dire si elle était seule, la forêt étant bien trop sombre pour que l’on puisse en distinguer quoi que ce soit.
Pourtant, une chose était sûre, il entendait un chuchotement. Mais ce bruit n’était pas ce qui l’inquiétait le plus. Le silence de sa sœur, lui, était mauvais signe.
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Dernière édition par Ânaya O. Cott le Mer 20 Juil 2011, 19:20, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ChI.Intro. Flore et faune, ou l'embuscade [pv. Hybris la mielleuse]   Mer 20 Juil 2011, 00:26

Charlie boudait depuis bientôt deux heures. Ce qui faisait déjà deux heures de trop aux yeux d’Hybris. C’était presque aussi exaspérant que lorsqu’il piaillait indéfiniment. On pouvait entendre ses pieds traîner, voir ses épaules basses, ses sourcils froncés, sa moue contrariée. Mais le pire restait ces soupirs lourds qu’il lâchait comme des bombes. Dans le genre discret, on avait connu mieux.
Tout ce cinéma car Hybris avait refusé de lui dire pourquoi ils devaient aller trouver la famille Cott. Hors, il était convaincu qu’il avait le droit de savoir, après tout, il était à peu près aussi lié à Hybris que son ombre. Résultat, il agissait comme un gamin. Manque total de maturité et de professionnalisme. Hybris l’aurait volontiers viré de l’Unité à grands coups de pieds dans le cul, si seulement il ne lui avait pas été aussi utile.
Car Charlie, malgré un caractère qui semblait avoir été créé uniquement dans le but d’exaspérer Hybris, était d’une valeur inestimable pour la Chimère. Mieux qu’un garde du corps, mieux qu’un gilet par balle. Grâce à lui, la jeune femme pouvait défier à peu près tout et n’importe quoi dans l’archipel, car le garçon avait un talent rare. Il pouvait choisir une personne, et une personne seulement, et dès lors, il se trouvait capable d’intercepter toutes les menaces pesant sur elle. Ce n’était pas vraiment une pré-science, plutôt une sorte d’instinct : avant même qu’il comprenne, son corps agissait pour lui, se mettant entre le danger et l’être à protéger. Mais un bouclier humain qui tomberait sous le premier coup ne serait guère utile à une femme comme Hybris, sans cesse exposée au danger. Le réel avantage était qu’il pouvait parer les coups, encore et encore, sans jamais qu’aucun ne l’atteigne. Rien ne réussissait à percer sa peau tant qu’il restait auprès de la chimère et ne cherchait pas à protéger quelqu’un d’autre. Ce pouvoir était donc précieux, mais régi par un tas de petites règles qui n’était pas sans conséquence sur le caractère du jeune homme. La relation entre Hybris et lui était donc étrangement dictée par cette capacité, bien plus que par leurs caractères respectifs. Cet attachement créait un lien affectif dont la Militaris se serait bien passé. Parce qu’il se savait indispensable, Charlie en profitait, exigeait, se montrait possessif. Hybris pouvait bien se montrer las, agacée, il savait que jamais elle ne se débarrasserait de lui. S’il lui était irrésistiblement dévoué, ce sacrifice de soi semblait marcher de pair avec un instinct captatif et jaloux, agissant comme si elle lui appartenait.


« Okay Charlie, t’as gagné. »

La Chimère ne s’était même pas retournée vers l’adulescent qui la suivait, mais pourtant, elle savait pertinemment comme il avait dû se redresser sous le coup de la curiosité, du contentement, et de la surprise aussi. Ses grands yeux de gosse devaient être totalement dégagés de tout nuage maintenant, et il avait abandonné son allure traînante pour reprendre un trottinement qui lui était plus naturel. Incrédule, il devait encore se demander comment il avait pu gagner cette partie contre une patronne entêtée et qui ne cédait rien d’ordinaire. Cette dernière commença à expliquer l’affaire qui les intéressait, dans ses grandes lignes.

« Il y a de cela pas mal de temps maintenant, la Firme leur a confié plusieurs spécimens issues d’une de nos expériences. Il s’agissait de voir s’ils étaient viables hors des labos, s’ils pouvaient survivre en conditions réelles, et plus important, s’ils étaient capables de se reproduire de manière efficiente. Voir si les nouveaux nés gardaient les mêmes caractéristiques que leurs parents, sans les détériorer. Apparemment, c’est une franche réussite. Mais ce test en extérieur devait durer dans le temps, les gênes auraient pu se perdre après plusieurs générations, nous devions être sûrs.
- Nous allons juste voir où ça en est ? Vérifier que des gênes soient toujours là, sur ces bestioles ? Quelqu’un d’autre ne pouvait pas s’en occuper ? J’y connais rien en génétique moi en plus… »

Charlie avait l’air visiblement déçu. Il était habitué à des missions plus glamours, kidnapper un ennemi de la Firme, neutraliser un groupe dissident, traquer un fugitif dangereux… Le genre de choses dont il pouvait se vanter pour draguer de jolies filles. Les missions de routine ne leur étaient ordinairement pas réservées. Et Hybris n’était vraiment pas du genre à accepter sans rechigner de faire les basses besognes, elle avait suffisamment de poids en Lan Rei Ouest pour décider des endroits où elle désirait intervenir. Il lança un regard interrogatif et un peu rancunier vers la jeune femme. Ne pas avoir voulu lui révéler quelque chose d’aussi minime ? Soit elle devenait de plus en plus capricieuse, soit elle n’avait pas voulu parler, par fierté. Etre affectée à une mission aussi triviale, voilà qui aurait dû blesser l’égo de la Chimère, mais rien dans son allure ou son attitude ne dénonçait un orgueil touché en plein cœur. Nulle colère dans ses propos, hors Charlie savait bien que l’agacement de la belle se passait rarement de démonstration.
Le plus plausible était donc qu’elle ne lui avait pas tout dit. Il s’apprêtait à reprendre sa bouderie pour manifester son mécontentement, mais la Militaris lui adressa un demi-sourire moqueur, comme un demi-aveu. Elle adorait entretenir le suspens, le faire mariner dans son jus. Et ça marchait parfaitement.

Un peu en retrait, Anton et ses deux mètres de muscles avançaient en silence, mais attentif, écoutant le récit de la Chimère pour n’en retirer que les informations importantes. C’était un ancien Fendroc, un chasseur de géants, habitué au silence des montagnes et qui savait se satisfaire des maigres informations qu’on voulait bien lui donner. Charlie et lui étaient deux parfaits antagonistes. L’un était immense et silencieux, l’autre frêle et bavard comme une pie. Un homme ayant bien vécu et un gamin à peine sorti de l’adolescence. Un combattant aguerrie, mais vulnérable et un garçon incapable de gagner un combat à la régulière, mais totalement invincible tant qu’il restait près d’Hybris. Leurs différences si totales les rendaient particulièrement indispensables, l’un comme l’autre.
A ces deux antithèses venait s’ajouter le raffiné Emmanuel, une sorte de caméléon, aussi à l’aise dans les laboratoires que sur le terrain. Ses talents dans l’art des substances chimiques en tout genre, couplés à un savoir faire militaire exemplaire faisaient de lui un atout non négligeable. En cas de blessure, ce qui pouvait toujours arriver, avoir une personne capable de vous soigner à portée de main s’avérait crucial. Hybris était courageuse mais pas téméraire, elle ne prenait pas de risque quand il s’agissait de veiller à sa sécurité et à celle de ses hommes.
Ce n’était donc pas vraiment dans ses habitudes de se déplacer avec une escorte si réduite, mais pour une fois, elle n’avait pas prévu son coup à l’avance. C’était le moment d’agir à l’instinct. Et de toute façon, ces trois là étaient tout ce dont elle avait besoin. L’Arme, le Bouclier et le Scalpel.


« Non Charlie, nous n’allons pas juste "voir où ça en est"… Ces chers Cott ont eu la bonne idée de revendre les bêtes que nous leur avions confiées et leur progéniture, pensant que ça serait sans doute plus profitable pour eux de se faire de l’argent avec ces spécimens inédits, plutôt que d’être en affaire avec la Firme. Tu vois l’erreur…
- Okay… Expédition punitive donc. Mais ces bestioles sont si importantes que ça ? C’est quoi leur caractéristique extraordinaire, au final ?
- Ah ça… Je te laisse le plaisir de deviner.»

Le jeune homme ravala un juron avant de s’absorber dans ses pensées, le crâne bourré d’hypothèses. Il allait passer le reste du trajet à s’interroger, à ressasser, remâcher, retourner les possibilités dans tout les sens. Ca allait au moins l’occuper. Hybris avait l’impression de secouer un os sous le museau d’un chien pour le distraire. Plus elle le connaissait et plus ça devenait facile. Plus elle le connaissait, et plus elle se disait que oui, vraiment, elle avait raison de le comparer à un jeune chiot.
Mais dans le cas de Charlie, Hybris voulait bien croire que le chien soit le meilleur ami de l’homme.


Le quatuor s’était rendu à Reilor au cours de la semaine précédente. Un hypothétique futur scientiste à rencontrer, qui s’était révélé n’être qu’un fils à papa avec une lubie pour la science, mais tout le matériel qu’il avait pu s’offrir ne pouvait combler son manque total de talent et d’intelligence. Perte de temps. Ils en avaient tout de même profité pour rencontrer quelques autres personnes, récupérer des informations intéressantes. Heureusement pour eux, il y avait toujours quelque chose à apprendre dans la Capitale de Lan Rei Est. C’était une bonne occasion pour régler quelques petites affaires qui trainaient, et c’est justement en cherchant de quoi s’occuper qu’Hybris repensa à la famille Cott et leur précieuse charge. Un rapport effectué y a de cela plusieurs mois mentionnait quelques doutes sur leur fiabilité et aurait même relevé un commerce mettant en jeu les spécimens de la Firme. Ce n’était toutefois pas une priorité pour l’Organisation, qui laissa couler cette histoire en attendant d’envoyer une personne sur place pour vérifier tout cela. Cette affaire ne concernait en rien Hybris et ses attributions, mais la jeune femme en avait décidé autrement.

Son obsession pour le Rêve se faisait plus insistante ces temps-ci. Ses autres névroses étaient en sommeil ; il n’y avait pas de nouvelle piste pouvant la mener à son frère, pas plus qu’à Louis, et depuis qu’elle avait mis la main sur Samuel Rosen, son besoin insatiable d’en savoir plus sur sa création s’était calmé. C’était donc presque par élimination que son esprit se recentrait sur cette grande question. Tous les habitants de l’Archipel s’interrogeaient sur le Rêve, désireux de connaître l’origine de ce phénomène, plus désireux encore de voir s’il se réalisait vraiment sur l’île d’Aïklando. Mais pour les quelques êtres qui n’avaient pas la chance de connaître le Rêve, le questionnement était tout autre. Pourquoi pas eux ? Les portes d’Aïklando leur étaient-elles encore plus fermées qu’aux autres ? Etait-ce une chance ou une malédiction d’être épargné par ce Rêve annuel ? Certains s’accommodaient très bien de ne pas vivre chaque année cette scène onirique. Ne pas être obsédé par l’idée de rejoindre cette île pour voir son vœu le plus cher se réaliser.
Mais chez Hybris, d’autres psychoses prenaient le relais. Elle ne cessait de se questionner sur ce trouble, incompréhension qui avait grandi avec elle depuis son enfance. Qu’aurait-elle vu dans son Rêve ? Quel était son plus grand désir ? Avait-elle seulement des désirs ? Une âme ? Au fond, qu’est-ce qu’il lui manquait pour être normale ? Qu’est-ce qui la différenciait de ceux qui Rêvent ?
Ainsi, elle suivait de près tout ce qui concernait le Rêve. Une partie des recherches de la Firme se concentrait sur cette grande question, et Hybris suivait les avancées d’un œil impatient et critique. Elle ne comprenait pas comment on avait pu faire des progrès fous en génétique, en médecine, et ne toujours pas comprendre le mécanisme de ce Rêve. La théorie de l’intervention divine aurait pu tout expliquer, mais Hybris ne voulait pas y croire. Dans son monde, tout se devait d’être tangible, chiffrable, reproductible. Ce Rêve devait lui aussi répondre à un mode de fonctionnement qu’ils finiraient bien par découvrir. Et alors, elle saurait. En attendant, le moindre espoir était bon à prendre.


« Okay… Est-ce que ça a quelque chose à voir avec ton besoin de soleil ? Ca pourrait te dispenser de tes piqures ?
- Non, c’est pas ça. T’es glacial là. »

Charlie avait pensé à l’une des faiblesses de la Militaris. En effet, son aspect végétal entrainait quelques dépendances, et la plus contraignante était son besoin de soleil. Les scientifiques, depuis son enfance, avaient cherché un moyen de contrer cette nécessité, sans y parvenir. Tout ce qu’ils avaient pu faire, c’était créer un palliatif qu’elle pouvait s’injecter directement dans les veines. Plus pratique que de devoir s’exposer quelques heures au soleil, mais pas encore parfait.

« Hmmm… Ca te permettrait de… de les retrouver ? »

Un simple regard froid de la jeune femme suffit à lui faire comprendre que sa réponse n’était pas la bonne. Parler de son passé était quelque chose de tabou. Même si tous les membres de l’Unité Zéro connaissaient ses vieux fantômes, à force de les traquer avec elle, chacun prenait soin de ne pas les évoquer, ne pas prononcer leurs noms. C’était un sujet sensible, et aucun d’entre eux ne désirait réveiller les pulsions destructrices de la Chimère, quand cette dernière se retrouvait confrontée à son impuissance dans ce domaine.

« Pff, mais ça pourrait être n’importe quoi… Donne moi un indice au moins !
- Il s’agit de cette espèce de mouton modifié n’est-ce pas ?
- Tu brûles...»

Emmanuel s’était rapproché pour se mettre à la hauteur de l’improbable duo. Il avait parlé d’une voix claire et assurée, à la fois discret et sûre de lui. Sa question était presque une affirmation, il attendait simplement l’approbation d’Hybris, et en quelque sorte, sa permission pour dévoiler à Charlie les spécificités de l’animal mystère. Elle hocha la tête brièvement, d’un air satisfait et le scientiste commença son explication.

« Tu connais l’astuce de compter les moutons pour s’endormir Charlie ? Et bien, les scientifiques travaillant sur le sommeil et le Rêve ont trouvé le moyen de rendre cette combine réellement efficace si l’on peut dire. Ca ne devait être qu’une espèce de grosse blague à la base, mais finalement, les résultats ont dépassé leurs attentes. Je te passe tout le protocole expérimental, mais au final, il s’avère qu’en buvant un peu du sang de cet animal, on se retrouve à dormir plus profondément que jamais, et ce sommeil privilégié serait particulièrement propice aux rêves… »

Hybris eut un mince sourire. Pas besoin de préciser pourquoi ces spécimens l’intéressaient tant. Avec encore quelques travaux, peut-être pourrait-on obtenir un animal capable de provoquer le Rêve ? C’était déjà un début. Les membres de l’Unité accueillir l’information en silence, réfléchissant à ce que tout cela impliquait. Même Charlie avait pris un air songeur, ne pensant plus à bavarder.

Dans leur recherche de la famille Cott, le petit groupe s’était d’abord dirigé vers leur demeure, mais un paysan dont le champ était adjacent à leur propriété leur avait indiqué que la famille au complet était partie pour une tournée d’inspection dans la journée. Impossible de leur dire exactement où ils se trouvaient et quand ils rentreraient.
Quoi qu’il en soit, les militaris entreprirent de faire demi-tour, espérant bien trouver les Cott sur le chemin. Aucun d’entre eux n’était réellement stressé. Ils n’avaient aucune raison de se montrer plus prudents que d’ordinaire : ils avaient tous les quatre suivit un entrainement militaire drastique, et si cela ne suffisait pas, ils avaient des armes à feu, avantage écrasant lorsqu’il n’y avait face à eux que des épées, des lances et des flèches. Toute fois, lorsque Anton leur signala l’approche de plusieurs personnes venant dans leur direction, la première vague de tension les saisie. L’adrénaline s’installait, ils connaissaient tous cette sensation. Il allait falloir être efficace, ils le savaient, Hybris ne leur pardonnerait aucune erreur, elle avait pour eux la même exigence maniaque que pour elle-même. Tous avaient les yeux rivés sur elle, pilier central autour duquel s’axait tout le groupe. Avec le temps, ils avaient appris à comprendre ses intentions dans sa manière de se tenir, de sourire ou dans les inflexions de sa voix. Aussi, sans qu’elle ait besoin de parler, ils la suivirent pour revenir sur leurs pas et s’enfoncer prudemment au milieu des arbres longeant le sentier. Une flèche les rasa. Ils se déployèrent légèrement, seul Charlie restant près de la Chimère. Quelques instants après le carreau d’arbalète, une fille immense se précipita vers eux. La famille Cott comptait donc des membres attentifs et protecteurs. Mais celle-ci ne s’était pas montrer assez prudente. S’engager dans cette forêt sans savoir combien d’ennemis pouvaient l’attendre là… C’était simplement de l’inconscience. Emmanuel n’avait eu qu’un geste à faire pour la ceinturer, et dans le même mouvement, lui injecter une substance ayant pour but de ralentir considérablement les battements de son coeur, entrainant une léthargie proche de l’inconscience.

Hybris se décida donc à sortir de son abri, Charlie avançant dans son ombre. Elle marchait tranquillement en direction du reste de la famille, ses bras légèrement levés et écartés de son corps, paumes en l’air, en signe d’apaisement. Pour une fois, et ça ne ressemblait pas à ses habitudes, elle semblait d’humeur diplomate. Lorsqu’elle fut à une distance convenable -assez proche pour se faire entendre sans hausser la voix, mais suffisamment éloignée pour ne pas sembler menaçante- elle entama le dialogue.


« Monsieur Cott, Madame Cott… Votre fils je suppose ? Je suis Hybris Odd Gabriel, et je suis là en tant que… représentante de la Firme. Je viens m’enquérir de notre marché. Nous avons eu vent de certains rumeurs, mais nous avons préféré ne pas nous y fier, c’est pour cette raison que je suis ici. Je suis sûre que vous n’aurez aucun mal à dissiper mes craintes. »

Sa voix s’était faite mielleuse, tentante, aimable, et elle s’accompagnait du sourire poli qui semblait de rigueur. Quiconque connaissait un tant soit peu le caractère de cette femme y aurait vu son art redoutable de la supercherie. Mais Hybris elle-même n’y croyait pas, elle savait bien qu’avec l’absence de leur fille, ces gens ne seraient pas dupes. Elle ne cherchait pas réellement à les leurrer d’ailleurs, c’était un jeu d’apparence. Elle aurait pu aller droit au but, se montrer agressive, les prendre tous à la gorge, menaçant leur vie de manière explicite. Mais elle ne doutait pas qu’une approche plus doucereuse serait tout aussi efficace.
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ChI.Intro. Flore et faune, ou l'embuscade [pv. Hybris la mielleuse]

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