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"Homme libre, toujours tu chériras la mer !"
"La mer enseigne aux marins des rêves que les ports assassinent."
"La sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit."
"Il est des moments où les rêves les plus fous semblent réalisables à condition d'oser les tenter."
"Le voyage est une suite de disparitions irréparables."
"Nous sommes de l'étoffe dont sont faits les rêves, et notre petite vie est entourée de sommeil."
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"Nous trouverons un chemin... ou nous en créerons un."
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"Il n’est pas de vent favorable, pour celui qui ne sait pas où il va…"
"Il y a trois sortes d'hommes : les Vivants, les Morts, et ceux qui vont sur la Mer."

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 Errance

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MessageSujet: Errance   Ven 07 Mar 2008, 21:36


Perdue, ou simplement égarée ?
Triste, ou simplement mélancolique ?

La jeune femme errait sur la plage ensoleillée, s’éloignant du quai d’où elle venait.
Elle aurait voulu trouver un endroit ou se reposer, un abri, mais ne savait pas par ou commencer.

Comment s’y prendre ?

Elle ne connaissait pratiquement personne. Sa mère et elle avaient beaucoup voyagé mais n’avaient pas créé de liens…
Notre jeune orpheline n’avait nul part ou aller, n’avait évidemment pas d’argent, et personne a qui parler.
Conclusion, l’errance semblait la meilleure des solutions.
Isilwen n’avait pas l’intention de se laisser mourir sur cette plage, mais n’avait pas envie de mendier.
Elle avait souvent tendance a attendre que les choses tombent du ciel.
Or la, il semblait qu’elle soit la seule a pouvoir prendre une décision.
Mais elle n’y parvenait pas.
Peu habituée a être livrée à elle-même, elle ne savait absolument pas quoi faire.

Aller frapper a une porte au hasard ? chercher un travail pour pouvoir se payer quelque chose ? raconter son histoire et inspirer la sympathie a des âmes charitables ?

Non, il fallait marcher sur cette plage déserte, et se laisser chauffer par les rayons du soleil. La solution s’imposerait d’elle même en temps voulu. Telle était la philosophie de l’insouciante jeune fille.
Quand elle crèvera de faim, de soif ou d’insolation, elle aura l’air fine U.U

Les heures passèrent, et Isilwen continuait de marcher, lentement, ne regardant même pas ou elle allait. Elle avait dèjà fait quelques pauses, s’attardant près d’un joli coin, ou le sable etait plus brillant qu’ailleurs… ou bien près de ce joli coin, ou le sable semblait plus blanc qu’ailleurs…ou encore près de ce petit cactus, ou le sable avait l’air beaucoup moins brûlant qu’ailleurs…
Hem non bon pardon…
Reprenons…
Oui donc elle avait fait quelques pauses, et on pouvait supposer qu’il s’était ecoulé trois heures depuis son arrivée sur l’ile. (oui, cette plage était très étendue)

La belle semi-elfe ne sentit pas tout de suite l’appel de son estomac. La faim l’envahit très lentement. Mais sûrement.
C’est ainsi qu’elle finit par s’asseoir une fois de plus sur le sable chaud, dépitée.
Aucune solution n’était venue, la matinée s’était écoulée dans la solitude la plus totale…et en plus, elle n’avait rien a se mettre sous la dent.

Alors elle décida de manger du sable. C’est ainsi que mourut Isilwen avec de terribles maux d’estomac xD

Alors elle décida de faire demi-tour, et d’aller frapper a la porte de la première épicerie qu’elle croiserait.

Elle soupira et voulut se relever.
Mais soudain le cœur lui manqua. Elle aperçut un voile blanc rejeté par les vagues non loin d’elle. Elle se leva a toute allure et courut jusqu’au bord de l’eau.
Les vagues lui léchèrent les pieds…l’eau n’était pas très chaude… Elle se pencha pour mieux observer le linge… il etait un peu déchiqueté…
La jeune femme l’attrapa du bout des doigts et fondit en larmes…il s’agissait d’une chemise de nuit… Elle revit (et nous aussi du coup) en flash sa mère se jeter dans les flots rugissants … (groaaarrrrr !).
Nous pouvons donc supposer deux choses. La maman d’isilwen est bien morte. Ou alors elle est a poil quelque part dans l’archipel…
Isilwen, qui commençait a souffrir de la chaleur, plongea dans l’océan. Trempée, dégoulinante, elle sortit de l’eau a peine une minute après y être entrée…oui l’eau était vraiment froide en fait…
Elle garda a la main la chemise de nuit et entreprit de retourner vers le port de Reilor… Le soleil aurait bien le temps de la sécher d’ici la…
Elel se mit a marcher, et soudain elle vit quelqu'un sortir de l'eau...

Et la elle se réveilla. A quel moment s'était elle assoupie ? ...
Et bien vu qu'elle etait seche...
Elle soupira profondement et fut tenté de rester la et de se rendormir...
Elle regarda l'océan, en quête de..de quelque chose...
Mais rien ne vint. Alors elle se leva et se mit en route vers le port de Reilor.

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MessageSujet: Re: Errance   Dim 09 Mar 2008, 03:30

Assise sur un rocher non loin de l'entrée du port de Reilor, une jeune fille âgée d'une dizaine d'année, seule, était occupée à se tresser les cheveux d'un geste machinal. Une petite chanson pour enfant se glissait à travers ses lèvres pour aller se perdre dans le vent et les vagues bruyantes :

Toutes les pommes ont leur pommier ;
Tous les lapins ont leur terrier ;
Et, qu'ils soient sage ou bien méchants,
Tous les bébés ont leur maman.


Elle ne semblait pas prêter attention à la jeune femme qui remontait la plage ; elle ne l'avait même sans doute pas vue. Sa voix était chevrottante et sa comptine n'avait plus vraiment de note. En réalité, c'était presque une succession de gémissements. Elle se brisa soudain, avec autant de violence que les vagues sur les rochers qui, dans leurs éternelles complaintes couvraient un peu le pathétisme du tableau. La fillette dut s'arrêter de chanter, submergée par les larmes. Sa tête se tourna alors vers la jeune femme ; elle esquissa un sourire mignon.

- Moi j'aime bien cette chanson.

Elle ne pleurait déjà plus, dévisageant l'inconnue avec un petit sourire curieux, se balançant d'avant en arrière sur son siège de pierre. Avec une manche de sa robe, Rána essuya son visage dont les yeux brillaient encore.

- Tu t'appelles comment ?

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MessageSujet: Re: Errance   Dim 09 Mar 2008, 20:09

[Argh naaan j’veu pas m’faire bouffer !]

Isilwen regardait ses pieds s’enfoncer dans le sable chauffé par le soleil du midi, en continuant d’avancer.
Quand soudain, enfin non, pas soudainement…plutôt petit a petit…le vent lui portait une chanson…qui gagnait en intensité au fur et a mesure que la jeune femme avançait.
Et puis elle la vit.
Installée sur un rocher, une petite fille chantonnait en jouant avec sa chevelure.
Intriguée, mais pas méfiante, notre aventurière brune marcha jusqu'à l’enfant.
Au moment ou elle arrivait a son niveau, elle n’entendit plus la chanson…mais des larmes coulaient sur les joues de la gamine.
Isilwen soupira. Elle aussi, elle en avait gros sur le cœur. Mais la n’était pas la question. Elle n’avait jamais eu a s’occuper d’enfants et ne savait absolument pas comment s’y prendre. Elle ne savait même pas si il était normal qu’a son age elle soit seule sur une plage, cette petite.
La petite fille fit alors une décalaration

- Moi j'aime bien cette chanson.

Ses larmes s’étaient arrêtée de couler ; Soulagée, Isilwen pensa qu’elle n’aurait pas a la consoler. Elle hocha la tête comme pour acquiescer
Une nouvelle idée fit son apparition. Et si l’enfant était la solution attendue ?
Mais comment…peut-être avait elle un foyer ou elle pourrait héberger notre orpheline ?
Mais elle oublia bien vite cette idée qui laissa sa place a une autre
Peut-être tout simplement était elle orpheline elle aussi…

La petite était mignonne. Avec ses longs cheveux et son joli visage, elle avait l’air d’une poupée. Mais une poupée triste. Elle inspira quelque chose a Isilwen. Pas de la pitié…plutôt de la tendresse.
La jeune fille se pencha pour s’asseoir aux cotés de sa nouvelle compagne.
Elle se décida a parler, de sa voix franche et douce.


«-Je m’appelle Isilwen… Parceque je suis une enfant de la lune, disait ma mère…
-et toi, c’est quoi ton p’tit nom ?. »

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MessageSujet: Re: Errance   Dim 09 Mar 2008, 20:52

La fillette lui adressa un grand sourire qui contrastait avec l'expression qu'elle affichait quelques secondes plus tôt. Il était presque curieux qu'une simple réponse puisse susciter autant de joie chez elle, mais la raison de son contentement était tout autre : elle avait enfin trouvé quelqu'un sur cette plage déserte après une bonne heure d'ennui et en plus le nom qu'elle portait l'amusait.

- Je m'appelle Rána ! Ca veut dire Lune aussi, d'après les elfes de l'île là-bas !...

Elle pointa l'horizon de son petit doigt fin. Au loin, une longue bande foncée assombrissait le ciel : l'île de Rosyel.

- ... Ca me va bien parce que moi j'aime la nuit.

Il y eut un silence durant lequel Rána posa son regard plein sud. Une île nappée de brouillard, inexplicablement attirante, semblait attendre, attendre... Elle la montra à Isilwen, alternant son regard sur l'île et sur la jeune femme.

- Moi un jour j'irai là-bas sur mon bateau !

Elle rit en se balançant à nouveau sur son rocher.

- Dis, tu veux voir mon bateau ?

Rayonnante, elle sauta dans le sable et commença à s'éloigner en dansant, reprenant sa chanson. Puis, quelques mètres plus loin, elle s'arrêta et se retourna pour attendre Isil. Elle ne lui avait même pas laissé le temps de répondre mais avait bien l'intention de s'amuser un peu avec elle.

- Allez, viens ! Il y à manger ! Moi j'ai très faim !

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MessageSujet: Re: Errance   Lun 10 Mar 2008, 21:29

« -Et bien enchantée Rána … »

Isilwen était une jeune fille relativement naïve, et très peu méfiante.
C’est en partie pour cela qu’elle ne pensa même pas a se méfier de Rána ..
Elle avait déjà vu toutes sortes d’espèces sur l’archipel, mais ne pensait pas une minute que cette gamine pouvait être le monstre sanguinaire qu’elle était.
A vrai dire la seule chose que releva notre chère jeune femme, c’est que l’enfant n’avait pas l’air d’avoir grand chose a manger sur elle ^^.
Isilwen se fit la reflexion que la petite fille était bien étrange… Mais n’ayant pas souvent côtoyé d’enfants, elle n’avait aucun point de comparaison, ne pouvait pas ‘analyser’ Rána .…
Alors elle n’avait que son instinct pour la guider.

Oui le même instinct qui lui avait fait manger du sable


"-Moi un jour j'irai là-bas sur mon bateau !"dit alors Rana

"c'est bien t'a de l'espoir ma grande...moi j'irais la bas sur une montgolfière tirée par des crevettes U.U"
Isilwen blêmit en apercevant la fameuse île. Elle ne voulait plus y penser… pas jusqu’au prochain Rêve en tout cas… Cette terre qui lui avait ravi sa mère…

«-Je te trouve un peu jeune pour avoir de telles ambitions… En plus jamais personne n’en est revenu. Si tant est qu’elle est déjà été atteinte par quelqu’un… »

"- Dis, tu veux voir mon bateau ?"ajouta la petite
Qui dit bateau, dit équipage. Isilwen, qui s’apprêtait a demander a sa jeune compagne ou étaient sa famille, ne dit rien, supposant que sur ce fameux bateau l’attendait le papa, la maman, la grande sœur, le petit frère et le chien sagement couché au pied du papa. xD.
[Toute cette belle famille se mettrait alors a vanter les mérites d’un quelconque produit, et on s’apercevrait alors qu’on aurait interrompu un tournage et ha… bref.](la je savais pas quoi barrer donc je laisse tel quel car, après tout, isilwen s'attend bien a cela U.U)
Donc isilwen supposa que sur ce bateau attendait des gens...

Elle regarda l’étrange petite fille chanter et danser…
Quand cette dernière l’interpella…. pour lui dire de venir…et lui parler de manger
Alors forcément, si on la prend par les sentiments aussi…
Elle sourit et après un dernier regard pour la mer agitée, elle suivit la petite.
Sans remarquer les taches de sang discrètes sur ses vêtements xD

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MessageSujet: Re: Errance   Lun 10 Mar 2008, 23:57

Rána attendit Isilwen et la prit par la main, l'entraînant de tout son humble poids vers une voile blanche. Ses enjambées était aussi grandes que possible mais elle glissait dans le sable, patinant un peu dans les dunes. La nef paraissait si éloignée !

Quand elles ne furent plus qu'à quelques mètres, on put admirer la beauté du vaisseau ; de taille moyenne, la coque était taillée dans une seule et même pièce de bois élégamment sculptée. On pouvait y voir des êtres fantastiques qui peuplaient la Grande Mer s'adressant avec chaleur à des créatures à forme humaine mais dotées de longues oreilles. La rambarde était faite dans un métal brillant d'un couleur ambrée agréable à l'oeil et se prolongeait jusqu'à la proue qui, dans la même matière, représentait un loup de mer. (au pif =D) Deux mâts s'élevaient vers les cieux, tous deux dans le même bois que celui de la coque ; au sommet du plus grand se trouvait un poste de vigie circulaire. Enfin, sur chacun d'eux, de magnifiques voiles d'un blanc pur se gonflaient en vain.
Un magnifique navire elfique était ancré sur les côtes de Lan Rei en toute quiétude. Rána le trouvait vraiment magnifique et ne manqua pas de le mentionner à voix haute. On pouvait y monter directement en empruntant une passerelle de chêne qui était elle aussi sculptée. La fillette lâcha alors la main d'Isilwen et monta au pas de course sur le pont du bateau duquel elle l'appela :

- Allez, montes ! Tu vas voir, c'est encore plus beau à l'intérieur !

Puis, elle disparut à l'intérieur.

Le décor à l'intérieur était tout autre. Il n'avait pas été si différent par le passé, mais pour l'heure, il était transfiguré. Sur le pont, les rayons du soleil éclairaient innocemment trois corps gisant sur les planches de bois et baignant dans leur propre sang coagulé. L'un d'entre eux tenait une serpillère dans sa main droite. Un seau non loin de lui était renversé, répandant un liquide de couleur rouge vif. Le bois était creusé profondément par endroits et la rambarde était rayée. Un peu plus loin, un corps était effondré contre le mur de la cabine, amputé d'un bras qui traînait à côté de lui. Rána le ramassa et le jeta derrière la porte de la cabine de laquelle s'échappa un bruit de succion.
En faisant le tour, on pouvait voir quatre autres corps mutilés, torturés, démembrés d'une manière plus atroce que les précédents. L'un d'entre eux pendait stupidement sur la rambarde ; il avait dû vouloir s'échapper, à en juger par les traces de griffes dans son dos dénudé et l'état de son pied gauche : mâchouillé, dépecé, rongé, il était impossible de savoir que c'était un pied s'il n'était pas rattaché à un semblant de jambe taillée.

Rána alla s'assoir au milieu de ces corps et commença à grignoter un os d'un air distrait. Elle attendait sagement Isilwen qui ne devrait plus tarder à présent. Une petit pensée réjouie envahit son esprit ; les elfes commençaient à se décomposer et la nourriture n'était plus de toute fraîcheur...

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Dernière édition par Rana le Sam 10 Mai 2008, 14:22, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Errance   Sam 10 Mai 2008, 01:33

[Coeur des anges - http://www.deezer.com/track/38072]

Se laissant tirer par l'étrange petite, Isilwen sentait une impression bizarre l'envahir.

La jeune femme remarqua que le navire dont elle s'approchait était sans aucun doute de construction elfique, (puisqu'on pouvait lire dessous, si on le retournait, 'made in Rosyel'), et ses yeux s'émurent de retrouver ces figures de légendes elfiques qui avait peuplées son enfance.
Elle stoppa quelques secondes, hypnotisée par les grandes voiles blanches ...

Cette embarcation lui rappela douloureusement ses racines paternelles, évoquant par la-même sa mère décédée depuis peu. Tout ce déferlement de souvenirs lui embrouilla l'esprit et elle fut obligée de fermer les yeux quelques minutes, respirant a fond.

L'enfant la tira de ses amères pensées en s'exclamant que le bateau était magnifique, ce qu'Isilwen approuva en silence.


{-Allez, montes ! Tu vas voir, c'est encore plus beau à l'intérieur !}

Rána, avec toute l'énergie de son jeune age, avait déjà gravi la passerelle qui faisait face a la jeune femme.
Effaçant son air abattu, celle-ci entreprit de monter, après avoir laissé son regard s'attarder sur les détails sculptés sur l'esquif.

Une fois en haut, le décor macabre qui s'offrit a sa vue la laissa sans voix.
Elle s'accrocha d'une main a la rampe, machinalement, la serrant de toutes ses faibles forces.

Ce sang... ces corps... Fermer les yeux...Non surtout pas, le danger est peut-être encore là….
Isilwen se sentait engourdie, immensément choquée par sa vision d’horreur.
Ses yeux innocents étaient jusqu'à présent restés vierges d’un tel spectacle, et ce devait être la première fois qu’elle voyait dans toute sa splendeur un carnage pareil.
Elle avait maintenant le regard fixé sur l'océan, ses cheveux balayaient l'air autour de son visage pâle et effrayé. Les larmes n’étaient pas pour tout de suite, cela au moins était une bonne chose.

Elle ne comprit pas immédiatement. Sa première réaction, après le choc, fut de se reprendre, et de se forcer a chercher Rána des yeux. Elle ne l'imaginait pas liée a tout cela...
Elle voulut se retourner, mais ses jambes la lâchèrent. Heureusement elle était agrippée solidement a la rambarde.

La vue du sang, elle ne l'avait jamais vraiment supporté. En fait elle n'y avait jamais été confronté a cette envergure. La, elle ne comprenait pas ce qui se passait, mais elle sentait ses oreilles bourdonner, un voile obscur commencait a couvrir sa vue...
Elle se sentait lourde, et devinait l'évanouissement proche.
Alors, elle se laissa glisser a terre. Et enfin, elle rencontra l'image de Rána, entre les points noirs qui parsemaient son champ de vision.

Et la, comme dans un flash, elle se réveilla. Disparus, les symptômes annonciateurs de défaillance. Elle avait comme subi un électrochoc. Elle venait de retrouver tous ses sens. L'instinct de survie, surement...

Elle balaya l'immonde scène du regard. Cette odeur... Elle lui envahissait les narines, les poumons…
Isilwen voulait s'enfuir, elle sentait bien qu'elle n'en aurait ni la force ni même la possibilité, mais elle devait le faire...
Elle tenta de croiser le regard de la prétendue enfant.
Assise au milieu de son buffet de viande froide, la créature à apparence humaine attendait.

Que faire....
Des pensées idiotes traversaient pas éclairs la jeune femme, ne s'y attardant pas assez longtemps pour qu'elle puisse les soupeser.
Elle était perdue.


*Du moment qu'on meurt, Où, Comment et Quand, cela n'importe pas...Autant en finir vite..?*


Repoussant cette pensée défaitiste, elle fit un mouvement pour se relever.
Elle surveilla du coin de l'oeil Rána, ayant parfaitement compris que celle-ci etait entièrement responsable du carnage.

Mais soudain, l'idée qu'elle n'était peut-être pas seule apparut a Isilwen.
Toujours aussi apeurée, mais désomais debout, elle inspecta le bateau sans bouger.

Un prédateur, voila ce qu'elle avait en face d'elle. Et donc, elle était la proie.
Une proie jeune, innocente, fragile...
Isilwen ne parvenait pas a réfléchir comme il fallait. Elle se contentait de ressasser ses points faibles et d'attendre sa mort, sans parvenir a réfléchir a des moyens de fuite, ni a chercher les points faibles de l'adversaire.

Elle voulut parler mais ses paroles se perdirent dans le vent et elle-même ne s’entendit pas parler. Elle était fermement décidée a ne pas s’éloigner de la sortie, la passerelle, ce pont vers la plage qui semblait être sa seule issue…Aussi, elle renonça a parler, sa voix étant trop faible pour porter jusqu'à la petite fille…

Elle resta ainsi cinq bonnes minutes, Rána grignotant toujours tranquillement.
Ayant retrouvé une contenance qu’elle savait ridicule en la circonstance, Isilwen reprit la parole. D’ailleurs, elle avait réfléchi : si Rána n’était pas humaine au sens propres du terme, elle avait sûrement l’ouie fine xD (logique imparable, je sais)
Donc elle parla.


«- Tu… »

En fait elle n’osait pas parler. Elle ne savait pas quoi dire. Ne pas parler de nourriture, surtout pas, ni d’elle, plutôt parler de Rána. Mais pour dire quoi…comment faire…

« -Je… On…»

Rána devait s’amuser du spectacle qu’offrait la jeune femme. Adossée a sa rembarde, intimidée par les cadavres, peu assurée… Tentant de faire la conversation… Pourtant la jeune femme en question était soudain remplie d’espoirs idiots.
Par exemple, elle pouvait être utile a Rána. (Ou peut-être pas) Elle pourrait être une compagnie agréable. Elle pouvait peut-être inspirer de la pitié a la carnassière. Ou bien peut-être celle-ci serait rassasiée et d’ici a ce que son estomac se réveille, une opportunité de fuite aurait sauvé Isilwen…

Celle-ci ajouta, pleine de curiosité malgré son angoisse .


«- Mais qu’est-tu.. ? »

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MessageSujet: Re: Errance   Dim 11 Mai 2008, 18:05

Rána éclata de rire en entendant les bafouilles d'Isilwen, mais ce n'était pas un rire cruel et mauvais, non : c'était un rire tout à fait naturel, un rire d'enfant amusée. Elle jeta son os sur une charogne elfique, se leva et sourit à la jeune femme. Il n'y avait ni signe d'hostilité ni détail diabolique sur son visage mais l'atmosphère morbide qui l'environnait semblait s'être amplifiée. Elle fit un pas vers Isilwen, sa petite silhouette légèrement assombrie par le contre-jour. La voix claire et pure qui s'éleva aurait pu briser l'ambiance terrifiante qui s'était installée mais il n'en était rien.

- Ce que je suis ? Mais je suis une personne ! Je suis une petite fille...

Rána avançait lentement vers Isilwen avec un calme inhumain, fixant sa proie du regard. Son sourire éclatant prit alors pour la première fois un aspect menaçant ; il s'était tordu en un rictus sadique qui dévoilait presque la fillette sous son vrai jour. Elle ajouta de sa voix inchangée.

- Une petite fille affamée qui ne supporte plus l'amertume des coeurs elfiques.

Un loup surgit alors de la cabine. Sa fourrure en bataille d'un bleu argenté s'était légèrement dressée au niveau de son dos et il fixait Isilwen dans un silence froid. Un autre très semblable montait dans le bateau par la passerelle. Rána avait repris son air innocent et saluait leur arrivée d'un signe de main.

- Tu te fais attendre, Argor ?

En réponse à sa question, un corps tomba du poste de vigie et vint s'écraser aux pieds d'Isilwen. Il était mutilé de toutes parts et ses vêtements étaient déchirés ; sa jambe droite et à demi amputée, laissant pendre des veines et des artères sèches. Sa jambe gauche avait complètement disparu. Ses bras n'étaient plus là non plus et sa tête était brisée, mâchouillée par endroits ; on pouvait pourtant voir une horrible expression sur son reste de visage. Le spectacle était à glacer le sang ; il le fut d'autant plus quand la victime bougea et entrouvrit la bouche pour parler.

- Je... ne... veux... pas... survivre...

Rána éclata de rire et leva les yeux au poste de vigie d'où une ombre bondit pour atterrir avec grâce sur le toit de la cabine puis sur le plancher. Le troisième loup était plus grand et plus musclé que les autres. Ses longues canines dépassaient de sa bouche close et il était borgne. Rána le contempla avec admiration tandis que les trois bêtes qui avaient encerclé Isilwen se resserraient autour d'elle.

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MessageSujet: Re: Errance   Lun 12 Mai 2008, 02:18

Perturbant les rares réflexions intelligentes qui traversaient l’esprit d’Isilwen a ce moment-là, ces pensées qui entretenaient la flamme…la lueur…ok…l’allumette d’espoir en elle, Rána parla. Et quand Rána parle, on se tait.
Même en pensée xD


*J’ten donnerais de l’amertume.*

« -… »

Isilwen ne dit rien. Il n’y avait d’ailleurs rien a répondre. Un tel silence s’installa, qu’on aurait pu entendre une mouche péter (tadaaa]

Il est terriblement ridicule d’avoir peur d’une môme haute comme trois pommes a l’allure de poupée. Même si elle a encore un peu de sang au coin de la bouche, (oui là…voilà c’est mieux.) Même si elle est accompagné de trois énormes chiots touffus même pas tenus en laisse. [Est-ce qu’au moins elle ramasse leur déjections dans la rue hein ?]


Hem ceci dit, il serait terriblement ridicule aussi de tenter une fuite en avant, c’est à dire de partir en courant, dans une telle situation. Et tout cela, Isilwen en avait conscience.
Elle ne voyait toujours pas de solution, d’échappatoire, et commença lentement, mais sûrement a se résigner a son sort.
Ces loups qui resserraient leur étau autour d’elle la faisait frémir d’angoisse, bien plus que la petit fille. Peut-être pas en fait… Non…réflexion faite, un loup menaçant, c’est normal. Mais une gamine bouffeuse d’hommes, c’est pas normal.

Les pensées idiotes continuaient a se bousculer au portillon

*ca court vite comment un loup ? Dans le sable, ils doivent être ralenti…Les coussinets de loups c’est chatouilleux ? Et mais est-ce que ça sait nager un loup ? et moi ? *
*Ce bateau est-il encore en état de marche ? Et moi ? xD *
*Et si je lui promettait des trucs dingues mais possibles, genre beafteack a volonté toute sa vie ! *
*mais elle est où la touche échap ?*
*Tsss…Méfie toi spèce de loupiote (oui, loupiote, equivalent de louveteaute en vulgaire xD), je connais des gens de Haut-Rang…xD*
*Tout ça serait jamais arrivé dans un menhir … Ni dans une pyramide d’ailleurs…*
*‘Tin je savais que j’aurai du prendre ce casse-croute dans mon sac… Quand je pense que y’avait un morceau de viande au frigo… *
*Peut-être que si je chante ils vont s’en aller…
Si je me jette contre cette rampe, avec un peu de chance je vais m’assomer et je sentirais plus rien…*
*Cette rampe… *


Isilwen venait de remarquer qu’un morceau de la rampe (en bois) était légèrement fracassé, sûrement qu’il n’avait pas résisté au quatrième vol plané du Mossieur manchot allongé la-bas (non l’autre, a gauche…). Elle supposa qu’en y donnant un bon coup il se détacherait.

*Et si j’attrape ce loup…Argor…Parcequ’en plus ils ont des noms T_T …Donc si je cours, je le chope par la queue pour m’en servir de marteau, combien de temps avant que je me fasse dévisser la tête par les autres ?*

En fin de compte, Isilwen était si embourbée dans ses hypothèses de fuite qu’elle ne faisait plus trop attention aux détails morbides tel que ce cadavre qui venait de tomber.
Elle n’était ni blasée […]xD ni indifférente, mais plutôt engourdie.
Comme dans un rêve…ou dans un cauchemar…

Ce type tombé du ciel qui réclamait sa mort ne l’avait pas trop choqué. De toute façon, elle pouvait difficilement l’être plus ; Elle n’était pas du genre a céder a l’hystérie, ce qui aurait pourtant été légitime ^^.

N’écoutant que sa folie, se laissant probablement poussée par son désespoir (elle n’avait, après tout, plus rien a perdre) elle se précipita en avant, vers cette rampe abimée.
Evidemment elle se heurta a un des loups, mais celui-ci ne s’attendait pas a ce qu’elle se jette déjà en avant, et elle lui fila entre les pattes juste avant un mauvais coup de griffe.
Telle Jerry (la souris) elle se faufila sous l’œil ravi des lecteurs jusqu'à ce bout de bois qui représentait son plan A. Elle le prit a pleine main mais évidemment il ne vint pas, (ça aurait été trop facile). Alors elle recula et se jeta de tout son poids (dans ces moments là on s’accorde à dire qu’elle était obèse, (trop de Aik-burger) et haltérophile)sur le bout de bois qui, évidemment, ne résista pas U.U.

Tout ceci avait duré très peu de temps, mais les loups l’avait déjà re-encerclé et, méfiants, ne se laisseraient plus faire aussi facilement … Mais maintenant, Isilwen était armée. (Attention hein !) Ce bout de bois bourré d’échardes, de la taille d’une batte de base-ball (admettons ^^ Wink ) et du bois le plus dur de l’archipel (faut bien ça xD) était la seule barrière entre la fragile jeune femme et les féroces bestioles.


«- Et bien moi, je veux survivre… »

Isilwen avait prononcé ses paroles avec conviction, mais elle avait toujours conscience qu’elle n’était pas en position de faire de l’humour pourtant xD
Un grain d’espoir…ou un grain de folie…En tout cas elle allait tenir tête.
Elle attendait avec détermination le rire sournois et amusé de Rána, qui ne manquerait pas de se faire entendre…

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MessageSujet: Re: Errance   Mar 10 Juin 2008, 21:17

Rána ne perdit pas son sourire enfantin quand Isilwen s'arma pour tenir tête à ses loups. Ils n'attendaient que son ordre pour lui bondir dessus et la déchiqueter, et ce n'était pas un bout de bois qui viendrait à bout trois bêtes sauvages. Néanmoins, Isilwen semblait tout à fait capable de gravement blesser au moins l'un d'entre eux ; Rána ne faisait pas tant de sentiments pour ses trois compagnons. Elle les savait doués pour encaisser et pour ne pas abandonner leur proie. Argor bavait en fixant de son oeil unique la jeune femme. Soudain, le visage de Rána s'éclaira et elle regarda dans le vide un moment. Elle venait d'avoir une idée géniale...

- Oh ! Oui ! J'ai une idée ! On ne va pas la manger tout de suite ! Elle est trop sympa !

Les loups, qui semblaient la comprendre, reculèrent sans pour autant la quitter des yeux. Rána pénétra alors dans le cercle sans craindre l'arme d'Isilwen et arriva à sa hauteur, levant ses grands yeux vers elle.

- J'ai une idée de jeu marrant !

Rána saisit alors l'arme d'Isilwen et la lui arracha sans difficulté, profitant de son effet de surprise. Elle la jeta par dessus bord (l'arme, pas Isil) et attrapa la jeune femme par la main pour l'emmener dans la cabine. Les loups s'étaient resserrés autour de leur proie pour protéger leur maîtresse qui gardait toujours un imperturbable sourire aux lèvres. Un des loups grogna mais le « Tais-toi, Rog ! » de la petite voix aiguë de Rána le calma tout de suite.
Arrivée à l'intérieur de la sombre sabine, Rána tira sur la main de la jeune femme pour la faire rentrer complètement à l'intérieur alors que les loups s'étaient postés à l'entrée pour les surveiller. La petite main relâcha alors son étreinte et bondit dans un coin tellement obscur que l'on ne devinait que très difficilement le dos de la gamine. Il y eut un moment ou des bruits bizarres s'échappaient de l'ombre puis ce fut le silence complet.
Soudain, un nouveau visage apparut à la lumière, un visage raide et immobile qui regardait dans le vide, l'air horrifié. Il avait de longues oreilles et portait un chapeau étrange sur la tête qui semblait composé de coquillages. Une petite barbe de trois jours apparaissait sur ses joues et sur son menton. Ce fut contre toute attente qu'il ouvrit la bouche.

- Nom d'une baleine, j'ai l'estomac qui gourloute !

Mais ce n'était pas lui qui avait parlé. La voix était celle de Rána qui avait pris un ton de vieux loup de mer. Au fond de la bouche du capitaine, il n'y avait pas de gorge ; seulement la main de Rána qui jouait les ventriloques, ouvrant et fermant la bouche du défunt avec une facilité pathétique. La jeune fille s'était mise à rire toute seule.

- Tu veux essayer, Isil ?

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MessageSujet: Re: Errance   Jeu 19 Juin 2008, 02:18

- Oh ! Oui ! J'ai une idée ! On ne va pas la manger tout de suite ! Elle est trop sympa !

Lui cracher dessus. Juste ça… Ou lui foutre un coup de pied au derrière, histoire de lui remettre les idées a leurs places…
Bon sang, cette gamine, haute comme la moitié d’Isilwen, qui se prenait pour une déesse…et le pire, c’est qu’isilwen était trop tétanisée pour réagir…Elle afficha un air ecoeuré quand la gosse fut plus près d’elle.

- J'ai une idée de jeu marrant !

Et avant de comprendre, elle se fit désarmer en un geste ...en n'offrant pratiquement aucune résistance. Elle mourrait d’envie de baffer quelqu’un, ou quelque chose… mais plutôt quelqu’un…et il s’en fallut de peu pour qu’elle se jette sur l’enfant démoniaque. Mais elle manquait décidément trop de courage, ou tenait trop à la vie pour oser…


*AAAAAAArgh…L’enflure…elle m’a touché.*

Ne perdant pas son air dégoûté, notre vaillante héroïne se laissa traîner jusqu'à la cabine, escortée par les 3 loups.
Une fois à l’intérieur, elle tressaillit violemment. Entre quatre murs, avec une carnassière…
Elle crevait d’angoisse, et pour le coup, se sentait une légère claustrophobie.
Les bruits en provenance du coin sombre ou avait plus ou moins disparu Rana la firent hoqueter de frayeur. Le cœur battant la chamade, elle se laissa glisser le long d’un des murs.
Elle en aurait pleuré… mais elle avait les yeux trop écarquillés, elle ne pensait même pas a les cligner…Et elle avait peur de les fermer, pour ensuite les rouvrir sur l’horreur absolue. (cherchez plus à comprendre à ce stade…)


- Nom d'une baleine, j'ai l'estomac qui gourloute !
[…]
- Tu veux essayer, Isil ?


Isilwen était une puRe elfe, par certains côtés… oui, ce côté sensible, un peu émotif, et terriblement incommodé par l’odeur, c’était vraiment elfique …

Vomir.
Isilwen n’avait désormais qu’une envie, et ce n’était plus de baffer le marmot, ni de s’enfuir, ni de mourir vite fait bien fait…c’était de rendre le peu qu’elle avait dans l’estomac.
La dernière chose qu’elle avait mangé, une espèce de fruit qui ressemblait à du melon, donna une couleur orangeâtre a la mixture qu’elle déversa sur le loup le plus proche (Rog…).
Oui parce qu’elle avait eu le mesquin réflexe de se redresser pour que le jet de bouillie nauséabonde qu’elle sentait venir aille atterrir sur le pelage des fauves qui la surveillait de près (bien trop près en l’occurrence, hin hin)

Une fois ‘remise’ , elle se laissa retomber sur le derrière, haletante.
C’était dérisoire, mais c’était une mini-victoire sur sa peur. Elle avait envie de sortir un rire triomphant. Mais elle ne pouvait pas rire…si elle riait, ce serait un rire de folie hystérique qui sortirait de sa bouche…

En accomplissant cette action pleine de grâce et d’élégance, elle avait en quelque sorte exorcisé sa crainte. Dégobiller sur le gardien aux mâchoires menaçantes… Pour un peu ça lui aurait donné envie de danser, comme autrefois, sur les ports… Un air d’accordéon lui revint en mémoire…
Ce n’était pas le moment. La dure réalité lui revint en pleine face. Et les odeurs, surtout.
L’odeur de son rejet et celle des cadavres… s’ajoutait également l’haleine de ses gardiens…
Que n’aurait-elle donné pour avoir sous le nez un fruit, une fleur, n’importe quoi qui dégageait une senteur exotique, agréable…ou du chocolat…oui, du chocolat, ça aurait été le pied, comme on dit. Ou bien du café…l’odeur du café aurait tout recouvert et elle se serait senti mieux, si elle en avait eu sur elle.
Mais Isilwen n’avait rien dans ses poches. Elle n’avait tout simplement pas de poches. (Pour tout dire, là, je saurais pas vous dire comment elle était habillé mais j’ai du déjà le dire un peu plus haut x’D )

Alors elle était là, obligée de se passer de grain de café aromatique, face a face avec la tête d’un marin dont l’estomac glougloutait, et …cette horrible et sadique enfant.
Et il lui en restait un peu là, au coin de la bouche…voilà c’est mieux.
Donc qu’allait-elle faire, la jeune femme en bien mauvaise posture , vous demandez-vous ?
(Je cherche aussi, figurez-vous)

Un tas d’options s’offraient à Isilwen.
Elle pouvait tenter de faire plaisir a la petite, et espérer que le jeu ne la lasse pas trop vite…
Elle pouvait se remettre a gerber jusqu’à ce que mort s’en suive.
Elle pouvait faire mine de s’approcher pour mieux voir, et se jeter sur la petite en essayant de la tuer au passage…
Elle pouvait rester là, figée d’horreur, à attendre la suite de la pièce…
Elle pouvait surprendre tout le monde, en se levant et en hurlant « derrière toi, le gendaaaarme !! »
Ou en sortant de la pièce en marmonnant « coupez, on la refait »

En réalité, elle était au bord de l’évanouissement. Elle voyait mal, elle sentait un bourdonnement, un voile tombait devant ses paupières et …NON !


*si tu t’évanouis, tu crois que tu te réveilleras ? Courage…*


Pleine de bonne volonté, figée d’horreur , Isilwen secoua brièvement la tête en signe de négation.
Elle aurait pu ajouter un « non c’est mieux quand c’est toi qui le fait » ou un « c’est plus drôle avec toi, regarde, Anca est écroulée de rire xD » . Mais non, elle n’était pas encore assez en confiance U.U

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MessageSujet: Re: Errance   Sam 19 Juil 2008, 16:35

Quand Isilwen vomit sur Rog, Rána eut un sursaut d'étonnement. Elle entrouvrit la bouche et son regard se balançait entre le loup et l'humaine. L'animal s'était mis à grogner de plus belle mais n'attaqua pas la jeune femme. Non, il ne prenait aucune initiative et se contentait d'obéir à sa maîtresse qui ne lui avait rien demandé. Rána fronça les sourcils et fixant son amie, se tenant les hanches comme le faisaient les adultes et commençait à la sermonner.

- Eh ! Ce n'est pas bien de faire ça ! Pauvre Rog ! Ce n'est pas bien du tout !

Cette réaction aurait pu la rendre mignonne, mais l'ambiance la faisait sonner si faux qu'elle en était presque désagréable, comme des arpèges majeurs d'une guitare dans un sinistre orchestre à vents. La fillette dévisagea un instant Isilwen qui paraissait écoeurée et terrorisée à souhait ; un léger, très léger rictus parut sur son visage enfantin. Rána fit volte-face et sortit de la cabine. Aussitôt, les loups se postèrent bien à l'entrée pour dissuader Isilwen de tenter une fuite. Rog la fixait en tremblant de désir de la déchiqueter. Le liquide visqueux qui le recouvrait ne le gênait pas plus que ça.

Rána revint bientôt en tirant l'un des cadavres pourris qui gisaient sur le pont et le déposa dans la cabine auprès de la jeune femme. Un essaim de mouche l'avait suivie et s'était mis à tournoyer autour des carcasses en émettant leurs bourdonnements oppressants. Balayant la pièce du regard, la fillette remarqua une sorte de gros autoradio en bois incrusté dans le mur, près d'un timon déformé qui ressemblait d'avantage à un palmier. Elle ne savait pas à quoi il pouvait servir mais il serait dommage qu'il fusse un moyen de communication, aussi décida-t-elle de le détruire aux moyens d'Anca.

Après avoir soigneusement vérifié qu'Isilwen allait passer un atroce moment dans la cabine, elle décida de sortir et de fermer à clé en fredonnant. Collée contre la porte elle lança :

- Ne bouge pas, je reviens tout à l'heure ! Amuse-toi bien !

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MessageSujet: Re: Errance   Mer 01 Oct 2008, 20:30

Elle n’avait pas bougé pendant toute l’opération de Rana.
Isilwen regarda avec effroi la porte se refermer sur elle.
Elle ferma les yeux si forts qu’elle se fit mal. Que pouvait-elle faire ?
Elle sentit naître un bruit dans sa gorge, mi-cri mi-rire. Elle ne put empêcher le son de sortir, et éclata d’un rire tout bonnement hystérique, tandis qu’une grosse larme roulait sur sa joue. Ce rire l’emplit de mal aise et elle eut encore un de ses réflexes stupides, elle porte son avant-bras à sa bouche et se mordit sauvagement, jusqu’au sang. Cela la fit taire. Il y avait tout juste assez de lumière pour qu’elle puisse discerner les marques de sa dentition sur sa peau pâle.
Et tout juste assez de lumière pour qu’elle puisse voir le corps à ses côtés. Le bruit des mouches emplissait tout l’espace, et certaines venaient lui tourner autour.

Déjà plaquée au mur, Isilwen ne pouvait pas s’éloigner plus.
Elle observa les débris de « l’autoradio ». L’engin n’était plus qu’un tas de morceaux de bois. La jeune femme ne comprenait pas pourquoi l’enfant l’avait détruit. Mais peu importait.
Une sorte de fièvre s’était emparée de la semi-elfe. Elle se leva sans bruits et se dirigea vers le tas de bois. Elle tira un gros morceau, bourré lui aussi d’échardes.
Elle le fit tourner entre ses doigts, l’imaginant voltiger dans les airs, tel un shuriken, et fendre le cou de l’enfant louve… Entailler la chair des loups… Les vider de leurs entrailles…
Cette fois elle ne laisserait pas Rana lui arracher son arme de fortune aussi facilement. Qu’elle s’approche et elle aurait un joli coup à encaisser. Et tant pis si les loups l’attaquaient, elle pouvait bien mourir, au point où elle en était. Elle aurait donné n’importe quoi pour être ailleurs…même un goulag ressemblerait au paradis, comparé a cette étroite cabine...

Faisant tout pour ignorer les mouches, et surtout l’odeur insoutenable, elle tourna et vira a la recherche de…en fait elle ne savait pas a la recherche de quoi, mais cela l’occupait, un peu.
La jeune fille sortit d’on ne sait où un tissu de nylon, sûrement un mouchoir, qu’elle se plaqua sur le nez. Après avoir inspecté les lieux, et constaté qu’une lueur arrivait a percer l’obscurité, elle avait découvert un hublot camouflé derrière un placard. Probablement le marin n’aimait t-il pas la lumière du jour. Isilwen Ne déplaça rien, et revint a la réalité. Elle cria à sa geôlière


« ALORS C’EST DEJA FINI LES MARIONNETTES ?!! Tu compte me laisser crever dans le noir, on a déjà fini de S'AMUSER ??!


Sa voix se brisa… Elle ne savait pas comment agir. Elle devrait aviser. Et peut-être songer a voir venir le jour de sa mort plus tôt qu’elle l’avait prévu.
Wizz, lerdammer, écran LG

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MessageSujet: Re: Errance   Sam 13 Déc 2008, 21:12

Une heure, deux heures, une après-midi s'écoula lentement, très lentement... pour les trois loups. Rána avait pris un intense plaisir à effrayer Isilwen pendant tout ce temps, en lui faisant parvenir des sons étranges : succion, déchirement, mâchouille, éclatement, mastication, rire, craquement... Elle avait même laissé entendre qu'elle allait lever l'ancre et les perdre au milieu de la mer, mais elle n'en fit rien, préférant mettre tout son talent à le faire croire. Elle ordonna à ses loups de rôder autour de la cabine. Argor se mit à aboyer brusquement par deux fois, lorsqu'il sentait la jeune femme près de la porte. Puis, vint un moment ou plus aucun son ne s'éleva. Ce fut le calme blanc pendant un long moment qui dura plus d'une heure. Rána et les trois loups étaient bien là mais la gamine avait décider de plonger Isilwen dans une nouvelle angoisse : elle espérait lui faire croire qu'elle était seule ou au contraire de se demander ce qu'ils pouvaient bien faire. Elle se retint quatre fois d'éclater de rire.

Puis, le moment qu'elle attendait arriva enfin...

Elle alla ouvrir la porte de la cabine et trouva la jeune femme par terre sur le plancher. Quand elle la vit, dans cet état alarmant, elle rit ouvertement, guillerette et innocente. Puis elle lui sauta dans les bras et la fit tomber à la renverse, sur le dos, serrée contre elle.

- On a bien rit, hein? C'était troooooooooooooop bien !

Rána resta un moment sur sa victime à rire aux éclats, s'amusant de sa surprise mêlée d'effroi, si elle pouvait encore en éprouver. Les trois loups, eux tournaient autour d'elles, menaçants. Et puis, au bout d'un moment, la fillette se laissa rouler sur le côté en criant : « wizzzzzzzz... » et se cogna contre un mur. Quand elle se releva, elle parut plus froide, mais elle affichait toujours un grand sourire.

- On va faire un dernier jeu !

Son petit doigt mince pointa vers l'extérieur de la cabine. On y voyait le soleil qui se couchait à l'horizon. Il ne laissait plus qu'un fin filet de lumière et le ciel sans nuage se teintait de couleurs oranges et violacées. Un peu plus haut, une demi cercle blanc semblable à un morceau de Lerdammer leur lançait un grand sourire (c'était au moins aussi beau qu'un Ushuaia sur un grand écran LG).

- Deux minutes.

Rána attrapa la main d'Isilwen et l'entraîna sur le pont au milieu des cadavres que les mouches étaient venues entamer. Là, elle la lâcha et s'avança vers la rambarde où elle contempla la Lune.

- C'est le dernier jeu auquel tu vas jouer dans ta vie, alors j'ai décidé de te donner un p'tit avantage !

La jeune fille ferma la porte de la cabine dans laquelle les loups étaient restés et mit une planche en travers pour la bloquer. Puis, elle attrapa une corde et l'attacha au mât du navire et elle enroula l'autre extrémité autour de sa jambe, l'attachant d'un solide nœud. Quand elle eut terminé, elle jeta un bref regard vers l'horizon. La lumière du soleil était extrêmement faible et les étoiles commençaient à apparaître. Elle s'avança jusqu'à Isilwen et lui prit les mains.

- On va jouer... au loup !

Alors même qu'elle disait cela, des poils commençaient à recouvrir ses mains, ses poignets, ses bras et son visage. Son sourire se fit plus large et ses dents poussèrent jusqu'à dépasser de sa bouche qui elle s'allongeait doucement. Ses yeux ne changèrent pas de couleur mais ses iris prirent toute la place dans les orbites. Ses oreilles grandirent, s'allongèrent et ses cheveux s'ébouriffaient. Doucement, elle commençait à se courber et, d'une voix qui muait étrangement, à mi-chemin entre sa voix de fillette innocente et un gémissement de vieillard sadique, la gentille petite fille dans sa robe déchirée lança :

- C'est parti...

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MessageSujet: Re: Errance   Mar 25 Aoû 2009, 06:10


Isilwen sentait que la porte de son esprit laissait passer un courant d’air de folie. Petit a petit, lentement, surement, elle perdait pied.
Certes, en début d’après-midi déjà elle avait atteint un degré d’anxiété et d’hystérie hors norme. Mais là, c’était l’apogée, le ticket pour l’asile garanti.
Emilie Jolie aussi avait cette faculté de se retrouver dans des situations étranges, mais elle, au moins, elle avait un ami pour la sortir de chaque situation y_y
C’est comme Patrick Sébastien, il aurait su quoi faire, un vrai Mag Gyver français, toujours le mot pour rire…toujours une solution a chaque problème. T’es enfermés dans une cabine avec un cadavre, gardée par des loups et une mangeuse d’hommes ? Fais tourner des serviettes, pour voir…ça devrait aller mieux après.

Tout l’après-midi durant, la petite fauve s’était amusée avec ses nerfs, à renfort de bruits, ou de paroles menaçantes.
La jeune femme avait refait plusieurs fois le tour de la cabine en quête d’une sortie, ou de quoi que ce soit qui aurait pu lui échapper, à elle ou à Rána.
A chaque fois qu’elle frôlait la porte, des hurlements et aboiements furieux la faisait reculer le plus loin possible de l’entrée. Tant de haine et d’appétit se pressaient dans ces cris d’animaux…

Meurs un autre jour
, se morigénait-elle. Meurs un autre jour, se disait-elle, tel un héros qui se sortira forcément d’une situation d’apparence pourtant inextricable.

Puis, alors qu’elle se résignait une fois de plus, ses élans de courage et d’espoir dansant la carioca avec ceux de désespoir et de peur, elle constata que plus aucun bruit, aucune parole, aucun rire ne se faisait entendre.

Elle imagina brièvement les Bestioles tapies derrière la porte, a guetter son souffle, occupés a se repaître de sa peur… Et la petite en train d’imaginer un nouveau jeu. Ou peut-être en train d’aller chercher de la compagnie a Isilwen ?
Peut-être la petite troupe était-elle repartie en chasse, laissant leur victime a sa folie, espérant peut-être qu’elle se lacérerait elle-même et qu’il n’y aurait plus qu’a goûter ?

L’angoisse étant déjà a son paroxysme, elle pouvait difficilement monter plus.
Et pour cause, l’estomac et la gorge de la jeune femme était noués comme des nœuds coulants au bout desquels se balanceraient des pendus.



Moult scénarios se disputaient les pensées de la frêle humaine. Du plus glauque au plus optimiste, du plus gore au plus acceptable…Des scénarios parfois dignes d’Underworld, avec de vrais loups garous, et des humains revenchards, pour les plus optimistes.
Aucune référence possible à Croc-Blanc, non hein. Ces loups-là c’est vraiment des charognes y_y
Une valse sans fin, donc.
Une valse qui se dansait sur une musique a vous rendre fou. La musique des aventures de Rabbi Jacob par exemple. Avec la chorégraphie faite par les neurones et tout.

Danse inquiétante, intterompue par l’ouverture de La Porte.

Dans le brouillard gris qui voilait le champ de vision d’Isilwen, qui était plus ou moins dans les vappes, se dressa une gamine trop vue en trop peu de temps.
La douce mélodie d’un rire…non, un rire trop poupin pour une aussi vile créature, c’était plus qu’effrayant. Cela suffit a nous ramener Isilwen.

Manque de bol, elle faillit défaillir à nouveau quand l’immondice a l’allure de poupée sauvageonne se jeta sur elle... Calin party ? Free Hugs ? c’est pas le moment, que diable.

<- On a bien rit, hein? C'était troooooooooooooop bien !>

Et les loups, les fauves aux relents de sang et de mort, qui tournaient autour.

Quand la frayeur atteint un certain degré, elle se transforme en détachement.
Nous avions donc une fille apathique, folle et détachée de la réalité. Bravo le veau. Le loup, pardon.

Si le fait que la gamine se prenne un mur a bien fait rire le narrateur, cela ne fit rire ni Rana ni Isilwen. Ni même les loups. Ils n’était pas vraiment dans l’état d’esprit idéal.
Ils en riront, eux aussi, un jour. Dans quelques années, en repensant a tout ça =3

Mais pour l’heure, notre jeune femme eu la surprise de se voir proposer un nouveau jeu.
Encore un, oui, on s’en lasse pas dites donc.

Rana montra du doigt le soleil couchant. Isilwen resta un instant bouchée bée.
Elle avait, en un seul après-midi, oublié toute la beauté du monde exterieur, enfermée qu’elle était entre terreur et cadavres.

<- Deux minutes.>

Qu’un enfant loup sache compter en minutes, cela ne choqua même pas la jeune humaine.
Pourtant je suis convaincue que cela pourrait faire l’objet d’un débat passionnant sur les mœurs des loups-garous.

Isilwen, dans un espace temps pas encore bien défini, se retrouva sur le pont, a nouveau. Air libre, parsemé de mouches et d’odeurs infectes, mais Air. Et Libre.
Air Libre.

Hem oui, donc, sur ce pont éclairé par la lune et le soleil couchant, en même temps, oui madame, isilwen apprit qu’en l’honneur de son dernier moment de vie, elle allait bénéficier d’une faveur offerte par la maison Rána. Que d’honneur, huhu.

<- C'est le dernier jeu auquel tu vas jouer dans ta vie, alors j'ai décidé de te donner un p'tit avantage !>

Les loups furent enfermés dans la cabine, pour le grand plaisir d’Isilwen, si on peut appeler Plaisir ce qu’elle ressentit alors. Hmm non, cela s’apparentait plutôt a…une pointe de soulagement teintée d’inquiétude : et si ça les énervaient encore plus, d’être enfermés ?
Un air profondément perplexe quand Rána se passa la corde autour de la cheville… Isilwen aurait bien aimé la ligoter complètement, au passage, mais elle n’osait faire un geste. Aurait-elle eu la puissance de contrôler la gamine ? Dans le doute, elle ne fit rien.
Courage quand tu nous tiens.
Un frisson, lorsque « l’enfant » lui prit les mains. Dégoût ultime. Il restait du sang sur la peau, sous les ongles…

<- On va jouer... au loup !>

Et si on s’amusait a tout revivre depuis le début de la journée, et à compter combien de fois la nausée et l’évanouissement avaient guettés notre jeune semi-elfe nationale, hein ?

Cette fois-ci, elle parvint a lutter. Avec un sursaut elle se libéra de la poigne de Rána et recula de plusieurs pas, complètement hagarde.


-Jouer au loup… ?


A quel moment avait-elle donc lâché son bout de bois plein d’échardes ? Surement quand la ptite lui avait sauté dessus…
Là, elle aurait pu lui flanquer une bonne droite pleine d’échardes dans la joue. L’énervant un peu plus, certes.

La, l’horreur grandit encore, quand les premiers poils envahirent le visage de la petite fille.
Son sang ne fit qu’un tour, rata un battement de cœur. Coeur que tous les loups de l’endroit devaient adorer écouter s’emballer.

Elle ne traina pas, et son instinct primaire reprit le contrôle des opérations.

Que faire, retenter de casser un bout de rembarde ? x)
Tant pis, pas l’temps de s’équiper, il fallait partir. Isilwen s’encombra d’une des nombreuses cordes qui trainaient, avant de quitter le pont a toutes jambes.
« Cours », lui disait son corps, son cœur et son esprit, tous en même temps. « Cours ! », Comme aurait aussi dit ce fameux petit garçon, Forest Gump.
Empruntant la même passerelle qu’a son arrivée.

Et maintenant, quoi, courir.. ? Vers où…
Vers la mer ? vers la ville, le port, la forêt ? Hurler, au risque d’attiser l’instinct des loups ? Mais avec l’espoir d’attirer de l’aide…
S’enterrer sous le sable, préparer un guet-apen ?

Groarr, se transformer en Catwoman et leur flanquer une bonne tatanne a chacun, c’était un bon plan aussi.

Les orteils d’Isilwen s’enfoncèrent dans le sable chauffé par le soleil de la journée. La nuit qui commençait ne tarderait pas à le rafraichir.
Isilwen aussi serait surement refroidi avant le lendemain matin.

C’est alors qu’une araignée passa.
Et comme on dit, araignée du soir espoir, donc Isilwen reprit courage. Si.
Si elle avait ue le don qu’on certains mages elle aurait pu souffler a l’araignée d’aller cherchr du secours, mais voilà, on n’était pas dans le seigneur des anneaux, pas de chapeaux pointus ni d’animaux gentils au programme

Isilwen fit un pas, et comprit que courir dans le sable allait lui prendre toute sa force, ou du moins le peu qu’il lui en restait. Elle n’aurait alors plus qu’a se laisser mourir en espérant ne pas trop souffrir a l’heure de la curée.

Décidemment…elle avait eu une mauvaise journée. « She had a bad day », comme aurait dit l’autre là. Heu…Daniel Powter.

Elle rejoignit l’endroit où mer et sable se touchent, et où par conséquent le sable est mouillé. Cela laisserait plus de traces de pas mais au moins elle courrait plus facilement. Elle avait une chance d’arriver jusqu’au port.
Elle se demande vaguement, une nouvelle fois, si les loups avaient le goût de la baignade, et si aller se noyer dans la mer ne serait pas une fin préférable.
Mais il lui restait encore de l’espoir, aussi ne tenta-elle pas encore cette presque-tentative de suicide.
Alors, elle courut, de toutes ses forces, avec la célérité qu’on ne sait quelle divinité lui accorda à ce moment-là, elle courut assez vite pour sauver sa peau, du moins l’espera t-elle.

Elle approchait du ponton. Elle se retenait de regarder en arrière ou de tendre l’oreille, car la moindre distraction la ferait forcément ralentir.

Alors elle finit par un sprint mémorable, et s’écroula sur le ponton de bois convoité.
Là, elle se fit très mal, mais cela eu pour conséquence de la réveiller, la ramener au monde des vivantes qu’elle avait plus ou moins l’impression d’avoir quitté.
Elle hurla, sentant toute son âme vibrer avec son cri. Elle alerta ainsi quelques personnes alentours. Elle se releva, et reprit sa course effrenée afin d’aller se perde dans le port, ou elle esperait que les loups ne la suivrait pas.

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MessageSujet: Re: Errance   Mer 27 Jan 2010, 19:14

Un cri à la fois grave et aigu traversa toute la plage et alla percuter les rochers et les murs de la digue. Sur le bateau elfe, un bête hideuse prenait forme, libérée de son enveloppe frêle et douce de petite fille. La corde qui attachait le monstre au mât du bateau lâcha d'un seul coup. Un silence de quelques secondes mortelles s'installa alors, puis il fut rapidement rompu par le hurlement du loup-garou éveillé.

Rána. La vraie Rána.

La porte de la cabine vola en éclats et trois loups affamés, plus en rogne que jamais en surgirent, excités par la venue de leur véritable chef. Dans la nuit bleue, quasi indigo, quatre paires d'yeux luisaient d'un vert qui tendait vers le jaune. Les babines immergées, le regard fixé sur la jeune femme qui tentait de fuir, la meute de Rána entama sa course-poursuite. Les loups bondirent hors du bateau et atterrirent sur le sable violet que leurs pattes piétinèrent, creusèrent et torturèrent.

Les monstres rongeaient rapidement la distance que la jeune elfe s'était efforcée d'étendre en poussant des aboiements. Rána, en contenant leur rage, les avait parfaitement conditionnés à une prouesse physique. Leur yeux ne voyaient plus que les flots rouges qu'ils feraient bientôt jaillir de la carcasse de leur victime.

Soudain, Rána s'arrêta net. Les loups firent de même en s'égosillant de rage. La gamine avait... gagné. Elle avait réussi à se réfugier dans les bras de Reilor, là où la jeune louve malgré son courage ne risquerait pas une défaite plus grande encore.

Perdu. Elle avait perdu. Elle avait sous estimé sa victime. Rána détestait perdre, surtout lorsque elle était responsable de sa propre défaite. Il y eut d'abord un silence pendant lequel tout se figea. La dernière lueur orange disparut à l'horizon, derrière la brumeuse Île de Rêve.

Alors, un hurlement déchira la nuit, un hurlement froid comme la lune doublé d'un cri strident qui s'en alla frapper les oreilles de la fugitive, funeste clameur qui semblait promettre : « Nous nous reverrons. »


Edit Isilwen : "Même pas peur."

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