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"Homme libre, toujours tu chériras la mer !"
"La mer enseigne aux marins des rêves que les ports assassinent."
"La sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit."
"Il est des moments où les rêves les plus fous semblent réalisables à condition d'oser les tenter."
"Le voyage est une suite de disparitions irréparables."
"Nous sommes de l'étoffe dont sont faits les rêves, et notre petite vie est entourée de sommeil."
"Dieu nous rêve. S'il s'éveille, nous disparaissons à jamais."
"Nous trouverons un chemin... ou nous en créerons un."
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"Il y a trois sortes d'hommes : les Vivants, les Morts, et ceux qui vont sur la Mer."

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 Le prix à payer

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MessageSujet: Le prix à payer   Dim 01 Mai 2011, 20:27




Cheh-dahn observa sa"protégée" endormie un certain temps. Non seulement cette petite gourdasse devenait influençable et perdait de sa volonté première, mais en plus elle perdait de son tranchant. Le démon avait besoin d'elle aussi acérée qu'une lame, avide de vengeance, obsédée par la mort de lycanthropes. Sinon, comment faire pour se repaitre du carnage qu'elle semait dans son passage ? Comment faire pour qu'elle détruise des vies entières dans son esprit idiot de revanche, de vouloir être guérie ? Si elle commençait à douter, à dévier de sa route létale un seul instant, elle commencerait à s'éloigner de lui. Pour finir par complètement oublier sa vengeance, peut-être même vouloir le tuer lui pour être libre - et qu'importe la lycanthropie dans ses veines.

Cela, le démon ne le voulait pas. Son jouet était tellement divertissant ! Briser des vies, les piétiner, en jouir de toutes les manières possibles, cela le grisait plus que tout. Octavia était la première à lui procurer cette drogue à ce niveau élevé. Voilà pourquoi il devait la remettre sous sa coupe.

Il la contempla un instant encore. Puis sourit, et s'évanouit. Il savait ce qu'il allait faire, et avait du chemin à faire...



***



Le démon arriva enfin là où il souhaitait. Ne voulant pas avoir affaire à celui qu'il cherchait directement, par ennui ou simple envie de le faire enrager en ne se présentant pas lui-même, il avisa un des serviteurs pourrissants du mage.

- Toi ! Averti ton maître que ma dette est réglée. Il a voulu que je lui accorde mon aide à un moment. Dis lui que je lui envoie une femme. Qu'il fasse ce qu'il veut d'elle. Simplement qu'il ne la tue pas ni ne la mutile trop. C'est l'un de mes jouets.

Le seigneur Nazj, comme ce mage aimait se nommer, lui avait un jour rendu un service. Le démon avait contracté une dette : aider cet imbécile squelettique et complètement dément un jour, l'assister, le sortir d'une invocation mal évoquée... qu'en savait-il ? Il savait seulement que ce crétin Nazj n'avait pas précisé quand, et Cheh-dahn comptait bien utiliser cet atout. Nazj n'avait pas non plus précisé si le démon devait venir lui-même ou pas.

Même pour le démon, la rencontre avec Nazj lui avait fait froid dans le dos. Un homme n'aurait pas du vivre aussi longtemps, ni réunir autant de pouvoir. C'était... inhumain. Cheh-dahn éclata de rire. Certes, mais ce mage, aussi désagréable soit-il, avait son utilité. S'il parvenait à ses fins, on pouvait prévoir le Chaos pur, et cette possibilité plaisait énormément au démon.

Quittant le camp, laissant l'être décomposé rejoindre d'un pas désarticulé et trainant son maître, le démon se volatilisa. Il fallait envoyer immédiatement Octavia vers ce Nazj. Lui, au moins, réussirait sans aucun doute à enchainer la jeune femme dans sa folie et ses envies de meurtre. Il réussirait à lui rendre son tranchant, cette Haine qui avait eu un tel potentiel...


***

Un courant d'air lui fit ouvrir les yeux. Les tuméfactions qui lui avait infligé Cheh-dahn commençaient déjà à s'estomper. Elle s'était réveillé il y avait un certain temps, mais n'avait osé quitter le refuge du démon. Voyant l'air de son maître, elle sut qu'elle avait fait le bon choix.

- Tu as échoué lamentablement, Vi. Tu sais combien cela me brise le cœur. J'ai enfin décidé quelle serait ta punition, ma belle. Ta punition et aussi ta rédemption. Tu as intérêt à me satisfaire sur ce coup là. Ou du moins... satisfaire celui auprès de qui je t'envoie. Le seigneur Nazj.

Octavia lui lança un regard interrogateur. Cheh-dahn se contenta de sourire, et lui effleura la joue, traçant un long sillon ensanglanté de son ongle.

- Prépare-toi. Je ne compte pas t'y emmener. Tu as du chemin à faire. Il est dans les Collines d'Or.
- Les Collines d'Or ? C'est plutôt vaste ! fit-elle en s'équipant
- Je lui fais confiance pour te trouver. Tu as... mon odeur. Si lui ne te trouve pas l'un de ses serviteurs le fera. Mais si jamais tu te perds...

Il lui donna un caillou, complètement banal.

- Plus tu seras proche de lui, plus il se réchauffera.

Assez ironique, quand on y pensait... Mais ignorant tout du caractère et de l'histoire de son futur maître, l'ironie lui échappa complètement.

Elle tourna la tête vers Cheh-dahn, mais ne découvrit que du vide. Elle hocha la tête pour elle-même et se mit immédiatement en chemin.


***

Cela faisait plusieurs jours qu'elle marchait, se concentrant uniquement sur la chaleur de la pierre. Étrange qu'elle ne proteste pas du choix de Cheh-dahn, étrange qu'elle ne se demande pas à quoi tout cela rimait. En vérité, elle ne songeait plus à rien. Refermée sur elle-même, elle avait perdu une grande partie de son arrogance première. Depuis bien des années, elle hésitait, s'interrogeait sur son but et sa légitimité. Le fait qu'elle ait perdu contre Balsa et Kaleya l'avait minée énormément. Elle commençait à vouloir sortir de cette spirale infernale, mais elle ne voyait que les Ténèbres qui l'entouraient. Et ignorait comment faire. Elle était déchirée entre sa haine et son envie de vivre plus simplement.

Elle était consciente que Cheh-dahn désapprouvait, elle ne se faisait aucune illusion. Mais, ne sachant comment se libérer de lui, elle continuait de lui obéir. Plus pour longtemps, se promit-elle.
Ah ! Si seulement elle savait ce qui l'attendait...

La pierre devint brûlante. Elle se percha sur une petite buttée, cherchant du regard une quelconque personne dans cette immensité déserte, et aperçu un homme, étrangement décharné... Un homme ? Elle n'en était pas certaine. Il marchait trop... étrangement. Comme s'il n'avait plus aucune vigueur. Elle pâlit quand enfin, elle aperçu son visage. Ou du moins son crâne à la mâchoire décrochée, ne tenant que grâce à un ultime tendon. Quoi ! C'était ce... truc, le serviteur du seigneur Nazj ? Les morts ne revenaient jamais à la vie... c'était... un blasphème ! Une abomination pire que les lycanthropes ! Elle frissonna. La créature se dirigeait vers elle. Pourtant, elle ne voyait personne d'autre.

Au cas où, elle tira son arbalète. Avec un carreau judicieusement placé, elle pourrait lui décoller la tête...



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MessageSujet: Re: Le prix à payer   Mer 04 Mai 2011, 16:04

Nazj était debout, pensif, une main frottant son menton glabre…C'était dommage quand il y pensait, il aurait bien aimé porter une barbe, il en avait bien eu une dans sa jeunesse, il y a très longtemps…mais il avait subi les ravages de trop nombreuses maladies et de brûlures pour que quoi que ce soit puisse un jour pousser sur son visage, même ses lèvres ressemblaient plus à des cicatrices qu'à autre chose ! Mais peut-être qu'en se penchant sur la question, il arriverait à inverser le processus ? Mais ce n'était pas important ! Le sorcier balaya ces idées farfelues et les rangea dans un coin de son esprit, puis se concentra sur ce qu'il était en train de faire ; il avait devant lui une carcasse éventrée, et il s'apprêtait à y enfoncer ses mains, dans l'espoir d'y dénicher quelque chose d'intéressant…Il prit une grande inspiration, et plongea dans l'ouverture béante ! Il fouilla quelques instants, remuant ce qui pouvait bien s'y trouver, et en ressortit, emportant avec lui…un vase. Un vase joliment décoré, certes, mais vide, et donc sans aucun intérêt, car Nazj n'accordait pas beaucoup d'intérêt à la décoration…Il jeta le vase au loin, et y replongea !

Ce n'était pas vraiment une carcasse d'animal, non, il n'y en avait pas d'aussi gros qui parcouraient les Collines d'Or…c'était en vérité une charrette qui s'était écrasée sur un arbre, non loin de la route, mais la raison pour laquelle Nazj en parlait comme s'il s'agissait d'un animal était qu'il avait toujours trouvé que les charrettes ressemblaient à de grands insectes, des bestioles bringuebalantes, crissant et cliquetant à travers l'Archipel. Quoi que les badauds puissent penser, Nazj n'avait pas soudainement endossé le rôle de pillard ! Oh non…à vrai dire, il n'était pas étranger à "l'accident" qui avait conduit la charrette à sa perte : il se promenait dans les Collines, attendant la venue de son rendez-vous, accompagné de quelques chiens morts récupérés en chemin et de guerriers décharnés, lorsque sur un soudain coup de tête, il avait décidé qu'il lui fallait tuer quelqu'un ! Il avait alors vu cette charrette qui roulait tranquillement sur la route, portant en elle une famille…leur destination et leur objectif étaient inconnus à Nazj, et il s'en moquait royalement ; il avait tout simplement envoyé les chiens cadavériques harceler et effrayer le conducteur et les bêtes, qui s'étaient brisés le cou au cours de la chute qui avait conduit la charrette en plein sur l'arbre ! Le conducteur avait ensuite tenté de défendre les siens, mais sans succès.

Les propriétaires étaient toujours là, en vérité ! Ils se tenaient aux côtés de Nazj, debout, attendant silencieusement…L'un des deux était une femme, elle avait reçu un coup d'épée rouillé en plein visage et avait ensuite été éventrée…l'autre, un homme, sans doute son mari, avait eu la gorge tranchée et avait perdu une main ! Fort heureusement, il était toujours utilisable. Quand à l'enfant qu'ils avaient avec eux, ils l'avaient eux-mêmes dévoré vivant, Nazj ne supportait pas les enfants, ces petites créatures braillardes, qui pleuraient et gesticulaient dans tous les sens, ces incarnation de la dégénérescence du genre humain…C'était d'ailleurs ses pleurs qui avaient rendus Nazj complètement fou, l'obligeant à ordonner aux parents de l'enfant de lui infliger une bonne correction. Et à présent que ces moments d'action étaient passés, et que Nazj était satisfait, il avait entrepris de fouiller la charrette. Il n'y avait rien d'intéressant, vraiment rien ! Des vêtements, un peu de nourriture...rien qui puisse aider Nazj, mais lui-même ne savait pas ce qu'il recherchait, en vérité.

Il avait tout de même décidé de rester là, une charrette de ce type, assez grande et de bonne facture, après quelques réparations, lui serait bien utile ; bien qu'il aimait beaucoup marcher, il trouvait que finalement, parcourir une île d'un bout à l'autre à pied prenait beaucoup trop de temps, et avec des chevaux morts qui ne demandaient ni sommeil ni nourriture, il gagnerait beaucoup de temps. Il s'était donc dit qu'il allait rester là, près de la carcasse échouée de cet insecte géant, à attendre son rendez-vous, fixé par un démon de sa connaissance. D'ailleurs que ce fils de chienne de démon décide seul de quand régler sa dette avait fortement irrité le sorcier…et bien plus encore lorsqu'il avait appris qu'on lui offrait de la chair fraîche qu'il ne devait pas abîmer ! Mais soit, il allait se venger autrement, cette gamine qu'on lui envoyait allait en voir de toutes les couleurs ! Jouet de Cheh-dahn ou pas, là où ils allaient, aucun humain sain d'esprit ne pouvait y rester longtemps avant de trembler et de gémir…Tout compte fait, il avait hâte de la trouver et de s'y mettre ! Peut-être même le démon allait-il lui demander d'achever sa poupée ?

Il resta assis là, sur une pierre près de la charrette, à l'ombre du grand arbre derrière lui, appuyé sur sa canne…Il attendait qu'un de ses serviteurs trouve quelque chose et l'avertisse. Il n'y avait pas grand monde dans les Collines d'Or, et ils s'éloignaient rarement du chemin, il y avait donc peu de chances qu'on puisse apercevoir l'un des guerriers décharnés qui suivaient le sorcier…Il n'avait plus qu'à attendre, à secouer des cailloux, tordre des fleurs et des herbes ou dessiner des runes dans la terre…Il avait fait faner presque toutes les fleurs à sa portée lorsqu'enfin, des images lui vinrent à l'esprit ! Ses squelettes ne pouvant pas user de magie, et ne pouvant pas parler non plus –et ils étaient bien trop loin de toute façon- ils avaient recours à ce lien qui unissait le sorcier à ses créations pour l'avertir de choses importantes…Ce n'était pas vraiment descriptibles, cela se manifestait par des images confuses, semblant sans queue ni tête, mais lourdes de sens pour Nazj : l'un d'entre eux avait trouvé la nouvelle marionnette de Nazj ! Celui-ci ferma les yeux, et se concentra…lorsqu'il les rouvrit, il voyait par les yeux du squelette, plus loin, qui fixait une femme perchée sur une butte. Nazj sourit intérieurement, mais le squelette ne pouvait élargir le sien…le sorcier parla, et sa voix retentit à travers le cadavre.


"Je ne tirerais pas si j'étais vous, ce serait une manière fort impolie d'entamer notre relation ! Je vous attends depuis un certain temps, ma chère, venez, suivez les corps ; ils vous conduiront à moi, nous avons fort à faire, j'espère que vous serez à la hauteur…"

Sur ce, Nazj brisa le lien, et se mit à ricaner. Il se leva –car la pierre commençait à blesser son derrière rachitique- et commença à faire les cent pas sous le regard du couple zombie…il était impatient de commencer, il sentait qu'il allait vraiment s'amuser !

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MessageSujet: Re: Le prix à payer   Mer 20 Juil 2011, 13:14

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Ce fut avec hésitation que la jeune femme baissa son arme, encore perturbée par l'apparition pourrissante. Elle rangea ensuite son carreau et son arbalète, mais toujours prête à sortir de leur fourreaux ses cimeterres. : elle était incapable, malgré son égarement complet, de faire confiance à une telle créature, et ce Nazj, pour peu qu'elle en percevait, ne lui plaisait pas du tout. Même, un sentiment indescriptible avait posé sa griffe avide et acéré sur son être, et elle ne pouvait chasser le malaise que la vue de la créature lui donnait. Quel être était donc assez irrespectueux pour profaner les morts...?

Octavia devait l'avouer, la méthode de communication la laissait perplexe et lui donnait la nausée. Elle en était certaine, même Cheh-dahn n'aurait pas utilisé pareilles méthodes – quoique... – et savoir cela faisait parcourir sur son échine des frissons des plus désagréables. La punition n'allait pas, loin de là, être une partie de plaisir. Malgré la répulsion et la haine que lui inspirait Cheh-dahn, au moins l'avait-il sauvée de la Souillure. Non seulement ce seigneur Nazj était un nécromant, et donc commettait blasphème sur blasphème, mais elle ne lui connaissait ni d'Ève, ni d'Adam.

Elle chassa ses doutes d'une pensée. Qu'importe. Il était son nouveau maître, qu'elle le veuille ou non. Elle emboîta donc le pas au serviteur décrépi, laissant de côté la désagréable sensation qui lui serrait les entrailles. Le trajet se fit en silence. Ni elle ni Nazj ne souhaitaient parler, apparemment. Bah... tant mieux. Elle se serait sentie ridicule à parler avec un squelette, fut-ce pour parler avec son maître par son intermédiaire.

Ce ne fut qu'une fois arrivée devant lui qu'elle mit enfin le doigt sur la source de son malaise. La peur. Grand, très maigre et d'une pâleur morbide, il aurait pu passer sans problème pour l'un de ses créatures si ce n'étaient ces yeux blêmes, et brillants comme deux diamants, aussi durs et froids que ladite pierre, au milieu de ce visage hâve. Elle retint un rire nerveux. Cet homme se tenait, comme si de rien n'était, devant une charrette à moitié brisée, d'autres serviteurs mort-vivants à ses côtés – un couple, apparemment, et pas mort de longue date, malgré les blessures atroces marquants leur corps (Octavia pâlit en voyant la femme, le coup d'épée en plein visage, et porta sa main à sa propre figure. Sans la sorcellerie de Cheh-dahn, peut-être aurait-elle eu le même visage défiguré) – les mains croisées, la fixant du regard, presque immobile, attendant sans doute la réaction de la jeune femme, guettant son horreur, son désarroi. On pouvait dire qu'en tout cas, c'était réussi. Devant cet homme, un mal-être puissant, qui confinait presque à une peur primaire, animale, la saisissait. Autant dire une émotion qu'elle n'avait l'occasion de connaître que rarement, si on omettait celle qu'elle éprouvait pour Cheh-dahn.

Cependant, on l'avait bien éduquée. Avalant sa salive avec difficulté, elle s'inclina néanmoins.


- Je suis Octavia Sterenn, seigneur. Ce sera un honneur que de vous servir.

Mesure de prudence du plus faible face au plus fort, ou du moins de celle qui avait peur devant celui qui instillait un tel effroi, elle décida de le vouvoyer. Si elle s'était considérée comme son égale, elle l'aurait tutoyé. Elle ne vouvoyait que les personnes d'un rang supérieur au sien. Par cette simple phrase, elle se soumettait à lui. Du moins pour l'instant.

Si ce Nazj commettait le geste de trop, elle le tuerait – elle se fit cependant cette promesse sans trop y croire, tant par la crainte des représailles que de la difficulté que ceci représenterait. Mais aussi, si elle se rendait compte que Nazj était puis puissant que Cheh-dahn, ou d'un rang égal... L'éducation quelque peu dévoyée que Cheh-dahn lui avait donnée, et l'essence démoniaque, naturellement malveillante et retorse, avaient œuvré de concert pour souffler, bien innocemment, comme une méchanceté d'enfant, l'idée que les deux pourraient bien s'entretuer, ou tuer l'un. Personne ne regretterait leur disparition. Surtout celle de Cheh-dahn (Vi vérifia prudemment que le démon ne la surveillait pas psychiquement. Heureusement pour elle, il devait être occupé à quelques vilenies, corruptions d'êtres purs, pactes divers, déclenchement de massacre...), et Nazj, qui apparemment était bien ennuyé à l'idée d'avoir une autre servant, l'aurait sans doute bien rendue à sa liberté par la suite.

Vi l'imaginait bien : « Saloperie de vivante ! Suce-air ! Même pas pestiférée, quelle déception ! Pas le moindre bubon, plaie infectée, lèpre ! Une vivante saine ! »

Pour ce qu'elle en savait, Nazj n'était pas doté de la faculté de lire dans les pensées.

Si c'est le cas, je suis encore plus mal partie...
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MessageSujet: Re: Le prix à payer   Ven 12 Aoû 2011, 02:20

Spoiler:
 
Nazj attendait patiemment…cela, il savait parfaitement faire : attendre ; il semblait avoir un patience à toute épreuve parfois, il savait que le temps apportait toujours une solution, et récompensait ceux qui savaient…attendre. Cependant, contempler le vide à ne rien faire, c'était autre chose…Il y avait certes des moments où il pouvait rester des heures les yeux fixes, presque immobile, mais c'était lorsqu'il réfléchissait intensément, lorsqu'il ourdissait un plan ou ressassait sa haine, mais il y avait d'autres moyens d'attendre avec patience. Quelques ordres silencieux et brefs, et voici que les morts immobiles autour de lui avaient commencé à s'affairer à une tâche précise : réparer ce chariot. Il était en piteux état : les roues avaient la plupart de leurs rayons brisés, pour celles qui avaient eu la chance de rester en place, la toile était éventrée –mais cela était un détail mineur- et le châssis ne tiendrait pas longtemps…Il y avait un bon point cela dit : les chevaux étaient bel et bien morts. Nazj n'avait aucune idée de la façon dont il fallait s'y prendre pour réparer une telle chose, il imaginait qu'il fallait trouver du bois et le façonner de telle sorte qu'il pouvait convenir à la chose…Cela allait prendre du temps, mais les morts allaient s'en charger, et les morts ne se fatiguaient pas. De plus, il n'allait pas beaucoup s'éloigner.

Au bout d'un certain temps passé à écouter les cliquetis des os et à regarder ces carcasses vides se mouvoir comme des pantins désarticulés, Nazj sentit, grâce à l'étrange connexion qui le liait au cadavre, que son "invitée" approchait. Il afficha un léger rictus et fit volte-face, se tenant bien droit, la tête haute, sa canne en main, il tenait à être présentable. Devant lui s'étendaient alors les Collines d'Or…c'était un bien bel environnement, et de tous les prodigieux spectacles qu'offrait le monde, celui-ci était un des plus simplistes, mais aussi l'un des plus reposants, il y avait le silence, la fraîcheur du vent, de l'herbe verte à perte de vue…cela aurait charmé Nazj, s'il n'y avait cette chose qui l'irritait grandement ; il ne les voyait pas, mais il savait parfaitement que là, tout autour de lui, et bien au-delà, il y avait des centaines, ou peut-être des milliers de petites choses qui grouillaient autant à la surface que sous la terre, des petites créatures, des parasites qui brisaient de temps en temps le calme, la paix et la sérénité de ce lieux, et partout où le nécromancien se rendait, c'était la même chose : il y trouvait les couinements et l'odeur parasite caractéristique de la vie, que ce soit chez les humains ou chez les rats. De ce fait, il était fort difficile pour Nazj d'apprécier un quelconque paysage, aussi majestueux soit-il, mais il travaillait à la résolution du problème.

Au loin, Nazj put distinguer deux formes, grimpant la colline, l'une était bien plus rachitique de l'autre. Son rictus s'élargit, déformant un peu plus son visage ravagé, ils allaient enfin pouvoir commencer ! Il attendit donc, patiemment, suivant les deux formes du regard…au bout de quelques minutes, il put enfin voir son nouveau jouet plus en détail, car il ne l'avait jusqu'à lors vue de loin, d'abord à travers les yeux d'un cadavre, puis du haut de cette colline. Le physique de la jeune femme n'avait rien d'extraordinaire à première vue –si ce n'était les deux cimeterres et l'arbalète- mais lorsqu'elle s'approcha un peu, Nazj remarqua qu'elle avait cet étrange…regard. Ah, le regard, tout comme les mots et les noms, il détenait un pouvoir d'une puissance exceptionnelle, et personne ne songeait à l'utiliser, les yeux étaient des choses fascinantes, les quelques expériences que Nazj avait mené sur ces petites choses s'étaient révélées…extraordinaire. Nazj ne perdit pas son rictus, ce qui était un bon signe, cette petite n'était pas une pauvre jouvencelle au crâne vide qu'un démon avait doté d'armes, c'était mieux que ce à quoi Nazj s'était attendu.

Et on le gratifia même d'une courbette et d'un "seigneur " ! Par l'Enfer, cela faisait tellement longtemps qu'on ne l'avait pas salué ainsi, ce temps était bien loin…cela lui plut ! Mais Nazj n'était pas stupide, cette gamine avait sans doute appris auprès de son maître démoniaque à graisser la patte de tous ceux qu'elle croisait, ces maudites créatures étaient passées maître dans cet art. Néanmoins Nazj garda son sourire et fit un mouvement de tête, saluant à son tour la petite chose qu'on avait jeté entre ses griffes. Il prit une grande inspiration, et parla de sa voix profonde et rocailleuse.


"Et vous me servirez bien, j'en suis certain, Octavia. Je suis le Seigneur Nazj, notre ami commun m'a fait comprendre que vous étiez capable de grandes choses…c'est ce que nous verrons, si être souillée de toutes part ne vous effraie pas. Et j'espère que vous n'avez pas peur du noir."

Après quoi il eut un rire des plus malsain, il se tourna vers la gauche et fit signe à la jeune femme de le suivre…Avoir peur du noir, quelle bonne blague ! Bien sur qu'elle avait peur du noir, tout le monde a peur du noir ! Les vivants ont beau rouler des mécaniques et prétendre que c'est une crainte infantile, mais lorsqu'on les laisse dans le noir le plus complet, la terreur est alors primale, animale. Car l'on sait, on sent instinctivement qu'il y a quelque chose, dans l'obscurité, une étrange force invisible qui coupe la respiration, et qui dresse les cheveux sur la nuque, prétendre que ce n'est que le vent ou l'imagination ne change rien à la peur qui est bel et bien là. L'obscurité a toujours effrayé les choses vivantes, en particulier les êtres humains, c'est inscrit dans leur chair, dans leurs os, et ce n'est pas quelque chose que ce que l'on appelle "courage" pourra jamais dissiper. Or, là où ils allaient l'obscurité allait être totale, et ils n'allaient pas être seul…le but n'était donc pas de ne plus avoir peur, mais de maîtriser cette terreur et les bondissements irrationnels du cœur. Il espérait que chez Octavia, cette "maîtrise" se traduisait par une folie sanguinaire, cela pourrait certainement les aider.

"J'espère que vos lames sont bien aiguisées, ma chère, nous allons dans un endroit fort dangereux…vous avez sans aucun doute des questions, me trompé-je ? Posez-les, nous avons un peu de marche devant nous."

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MessageSujet: Re: Le prix à payer   Dim 05 Fév 2012, 20:47

Spoiler:
 



Un frisson remonta le long de son échine. Ce rire... Soudainement, elle partagea le sentiment de la proie devant le rugissement du prédateur en chasse. Elle ne savait pas pourquoi, son nouveau maître lui faisait plus peur que Cheh-dahn. Peut-être parce que ce dernier était un démon, et donc par nature malveillant, et que Nazj n'appartenait pas à cette race.

Ce rire fut la confirmation, pour la jeune femme, que si Najz avait été humain, il ne l'était plus depuis belle lurette. Alors même qu'elle s'apprêtait à le juger, à se demander avec horreur et dégoût comme diable quelqu'un avait pu tomber à un niveau aussi bas pour renier, pour se détourner de sa nature originelle, que sa propre situation la frappait de plein fouet.

Sans doute aurait-elle pu arguer qu'elle avait souffert, que c'était pour se venger, pour venger sa famille qu'elle était devenue ce qu'elle était, et que ce Nazj l'avait sûrement fait par simple goût du pouvoir, mais sur le moment, ses propres arguments ne valaient pas grand chose à ses yeux.

Elle carra les épaules, releva le menton – derniers restes de sa fierté... - et regarda franchement son nouveau maître.


- J'aurais plutôt peur de ce qu'il y a dans le noir, seigneur, si vous me permettez la remarque.

Elle fit semblant de ne pas faire attention à la réflexion sur le fait d'être « souillée ». Elle haïssait ce mot plus que tout autre, surtout quand il était appliqué à elle. Elle savait qu'elle l'était déjà. Mais était-ce utile de se souiller encore plus ? Elle eut un instant d'hésitation. Pour atteindre son but, elle le ferait, elle le savait, même si elle le regretterait toute sa vie. Elle songea à l'amitié qui l'attendait, à Reilor. Elle avait une chance de vivre normalement, de quitter tout ceci. Seul problème : Cheh-dahn et ce Nazj. Une fois encore la sombre idée du fait qu'ils pourraient bien s'entretuer effleura son esprit. Ou bien trouver un protecteur plus puissant ? Du moins, sa servitude auprès du seigneur nécromant ne durerait pas longtemps. Après, il serait bien temps de songer à se rebeller contre son démon de maître.

« Ne montre pas ta peur. Ne lui laisse pas voir comment tu es faible. Sois forte. Tu es forte. Tu vis encore alors que tu côtoies un démon. Tu n'as pas peur. Tu es forte. Tu ne connais pas la peur. Montre que tu es digne de vivre. Un peu d'orgueil, que diable ! » étaient les mots et les phrases qu'elle se répétait, comme autant de mantras pour vaincre son appréhension. Elle ne précisa pas que l’œil de démon lui permettait d'avoir une très faible vision nocturne, mais largement insuffisante dans un endroit sans la moindre lumière.

Elle lui emboîta le pas.


- J'ai en effet quelques questions, si vous me permettez de les poser (elle passa outre l'autorisation ; après tout, ne l'avait-il pas invitée à parler?). Quelle est... notre destination précise ? Je veux dire, est-ce une grotte ? Vous avez dit qu'il y ferait sombre. Et que risquons-nous de rencontrer là bas ?


Elle jeta un regard légèrement dégoûté aux cadavres. Non, quoi qu'elle y fasse, quoi qu'elle ferait, elle ne pourrait supporter longtemps la vue de charognes qui se mouvaient. Un irrépressible sentiment de blasphème, et de peur, lui nouait l'estomac.

- Et... a-t-on réellement besoin d'eux ?

Elle se rendit compte que ses question auraient pu paraître trop nombreuses ou impertinentes. Mais elle ne s'excusa pas. Autant savoir dès maintenant jusqu'où son maître était capable d'accepter l'inconvenance. Cheh-dahn, du moins, l'aurait vertement remontée, juste pour se délecter de son attitude servile mais de ses yeux brûlants de haine. Une bouffée de rage lui fit serrer les dents à la mention du démon. Il en avait de bonnes, tiens, à l'échanger comme une vulgaire marchandise !

Elle regarda le paysage dans l'espoir de dissimuler sa soudaine hargne. Des étendues vertes à perte de vue. Le vent qui soufflait, tiède, et qui faisait voleter ses boucles brunes, l'herbe qui ondulait... elle aurait pu apprécier cette vue, avant. Mais il ne lui était plus permis de goûter à cette simple saveur. Elle n'était même plus certaine de l'aimer.

Elle jeta un autre coup d’œil aux cadavres et au chariot. A quoi allaient-ils servir ? Un autre regard à la dérobée à son nouveau maître. Grands dieux, comment avait-il pu devenir ainsi ?

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MessageSujet: Re: Le prix à payer   Sam 11 Fév 2012, 04:36

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Nazj sourit légèrement, la remarque faite par Octavia lui plut, beaucoup ! C'était intelligent et plein d'esprit, cela montrait qu'elle n'était pas qu'une stupide bête sauvage, comme le démon qui la tenait en laisse l'avait laissé entendre…Mais Nazj n'avait jamais aimé ce démon là, il était trop porté sur le mensonge et la tromperie, comme tous ses semblables, aussi le sorcier ne l'avait-il cru qu'à moitié –après tout, un bon menteur sait incorporer une part de vérité dans ses histoires. En vérité, mensonges et tromperies n'étaient pas les seules raisons pour lesquels Nazj n'aimait pas ce démon, et tous les autres en général, lui-même mentait beaucoup, c'était plutôt parce que ces créatures ne vivaient que pour leur propre plaisir, pour la satisfaction de leurs désirs, et cela uniquement ! Et c'est pour cela que Nazj les regardait avec tant de mépris. Mais ils avaient leur utilité, les pouvoirs de certains d'entre eux pouvaient être extraordinaires, et leur incapacité à contrôler leurs désirs permettait parfois de les piéger, si on s'y prenait bien…Nazj sourit en pensant à ces quelques créatures qu'il avait roulé, sans oublié les cuisants échecs qui avaient bien failli lui couter la vie ; quoi qu'on en dise, les démons étaient bien plus intelligents et rusés que ce que l'on a tendance à penser, même ceux qui ne semblent être que des brutes épaisses, sans doute est-ce là une particularité de leur détestable race.

Il écouta la jeune femme avec attention, tout en marchant…Ah, et la voila qui posait les bonnes questions, dont les réponses étaient malheureusement très compliquées ! Nazj ne répondit pas tout de suite, il prit le temps de réfléchir…Il n'avait pas vraiment de réponses, lui-même se posait les mêmes questions, à vrai dire, même s'il avait une meilleure idée de leur destination et de ce qu'ils allaient y rencontrer…Octavia dit quelque chose d'autre qui sortit Nazj de ses réflexions. Il regarda par-dessus son épaule.

"Hmm ? Besoin de qui ? Oh ! S'ils vous dérangent tant que ça, soit, mais sachez que nous croiserons bien pire, et ils ne seront pas amicaux."

Il leva le bras droit comme pour dire à ses serviteurs de s'arrêter, et il entendit avec satisfaction les cadavres s'écrouler comme des pantins dont on aurait coupé les fils. Il continua à avancer et à réfléchir, il allait les réveiller quand ils reviendraient de toute façon, pourquoi prendre le risque de se faire repérer par des stupides badauds ? Son esprit se dédia tout entier à l'élaboration d'une réponse satisfaisante autant pour lui que pour la jeune femme…Il décida de garder les choses simples et d'y aller de but en blanc, aussi prit-il la parole tandis qu'ils gravissaient une haute colline.

"Pour être tout à fait franc, je n'ai absolument aucune idée de l'endroit où nous allons…cela pourrait bien se trouver n'importe où sur n'importe quelle île, ou même au fond de l'océan…mais l'emplacement de notre destination importe peu, l'important c'est de savoir comment s'y rendre, et la réponse se trouve juste derrière cette colline. Nous allons entrer dans un terrier boueux, et puis ensuite…le mystère reste entier jusqu'à ce que nous y arrivions, mais l'obscurité qui y règne ne fait aucun doute, le soleil n'y pénètre pas et la dernière bougie s'est éteinte il y a de cela des siècles. Quant à ce que nous allons rencontrer là-bas…"

Il garda le silence quelques instants…voila qui devenait compliqué, comment faire comprendre la chose à cette femme ? Il sourit, et décida de raconter l'histoire…après tout, n'avait-il pas passé ces vingt-deux dernières années caché sous le masque d'un conteur ? Il avant abandonné ce costume pour se consacrer à son travail, mais peut-être n'avait-il pas perdu de son habilité.

"Il y a fort longtemps vivait un homme, un génie, dont le regard était différent de celui des autres. Il voyait les vivants et les morts comme ils le sont vraiment : des sacs de chair pris de spasmes et se putréfiant lentement. Et cet homme était fasciné par la chair, tant qu'il décida de la…modeler lui-même. On ne sait trop quels pouvoirs il avait mis à l'œuvre, ni combien de temps tout cela lui prit, mais l'on sait qu'il créa des abominations de chair sans nom, des créatures difformes et décérébrées…Il travailla seul dans le plus grand secret, ses choses ne parcoururent jamais le monde. Il s'intéressa beaucoup à la thérianthropie" Et Nazj regarda brièvement Octavia par-dessus son épaule, "et notamment à la lycanthropie artificielle. Mais la chair était tellement sacrée pour lui qui laissa son propre corps pourrir sans rien y faire, malgré ses pouvoirs, et il mourut de vieillesse. Ses créations, pourtant, sont une autre histoire ; l'homme n'était pas un nécromant, ils n'étaient pas des morts revenus à la vie, ils n'avaient jamais vécus, il leur avait simplement insufflé la force de se mouvoir, et ils ne moururent jamais, ils déambulèrent dans l'antre, leur chair se putréfiant et se reformant depuis des siècles. C'est cela que nous allons trouver : d'innombrables horreurs difformes, folles et sauvages."

A ce moment, ils étaient arrivés au sommet de la colline…

"Vous comprendrez donc pourquoi j'ai besoin de vos talents. Ma magie peut nous débarrasser de nombre de ces créatures, mais au bout d'un certain temps la fatigue risque de me trahir, et je suis malhabile avec une lame à la main…Et je ne peux pas rappeler à la vie quelque chose qui n'en a jamais eu, comprenez vous."

Alors qu'ils descendaient la colline, Nazj s'arrêta soudain. Il fit quelques pas sur sa droite, et s'arrêta à nouveau. Devant lui, il y avait un petit tunnel un genre de terrier sans doute, suffisamment grand pour qu'un humain puisse y entrer en s'accroupissant, peut-être en rampant, il était boueux et s'enfonçait dans l'obscurité.

"Nous y voila ma chère, l'entrée que nous allons emprunter. Vous voulez dire quelque chose avant que nous pénétrions au cœur de l'horreur ? Une fois à l'intérieur, nous ne repartirons pas avant que j'ai en ma possessions les plans et les formules de cet homme génial."

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MessageSujet: Re: Le prix à payer   Sam 11 Fév 2012, 20:45

Octavia fut légèrement surprise de la réaction de son nouveau seigneur. Ou plutôt de l'absence de réaction. Quoi ? Le fait qu'elle pose des questions n'était pas rabroué ? Et pire : Il s'était même débarrassé de ses serviteurs morts-vivants parce qu'ils la gênaient. Ce n'était certainement pas Cheh-dahn qui allait faire une telle chose. Même, il aurait gardé les cadavres juste parce qu'ils l'auraient dérangée. Elle espérait juste que Nazj ne se débarrasse pas d'elle aussi aisément que ses serviteurs morts vivants.

Un sentiment de malaise s'insinua, non plus à cause de la peur - sourde, sauvage, qui continuait de pulser au rythme des battements de son cœur, mais qui restait en arrière plan - mais aussi parce que, à sa manière, Nazj ne l'avait pas sèchement renvoyée dans ses quartiers. Bon, de là à dire qu'il était gentil, il ne fallait pas exagérer - en plus, Octavia ne savait toujours pas où étaient les limites - mais il s'était montré courtois, quelque chose dont la jeune femme avait perdu l'habitude. Cheh-dahn la trainait dans la boue et elle s'était habituée à ce que ce soit normal. Elle serra de nouveau les dents pour astreindre sa colère à rentrer. Elle considérait que c'était en gardant la tête froide qu'elle arrivait mieux à se battre - alors que parfois l'animalité qui l'habitait pouvait l'extirper d'une situation dangereuse. Elle se promit de ne plus céder à toutes les exigences du démon. Promesse qu'au fond d'elle-même, elle n'était pas certaine de tenir, mais l'illusion était toujours meilleure que le néant.

Elle écouta avec attention Nazj. Quoi qu'elle puisse lui reprocher, il fallait au moins lui donner ça : il parlait bien et savait attirer l'attention de son auditoire. L'histoire la fit frissonner. Encore plus quand Nazj parla de la lycanthropie artificielle. Mais le malaise s'accrut quand elle releva le vocabulaire employé. L'homme qui avait fait de telles expériences était un "génie". Selon Severina, sa mère - que ses "dieux" aient pitié de son âme - et farouche adversaires des scientistes, les expériences sur tout être vivant étaient à bannir. Que cet homme voyaient les êtres vivants ou morts comme "ils étaient", ce qui traduisait la vision des choses de son nouveau maître. Il y avait même une certaine fascination malsaine dans tout ce qu'il disait. Il voulait savoir. Il voulait... faire la même chose.

Mais Octavia devait bien l'avouer, elle aussi ressentait une certaine curiosité. Quelque chose qu'elle-même jugeait d'infiniment déplacé.

Mais il y avait aussi, cette infime lueur d'espoir. Si on avait pu faire une lycanthropie artificielle, pouvait-on la retirer également ? Vi s’interdisait cependant de trop y songer. Il fallait qu'elle ait la tête froide. Une fois arrivé devant le tunnel, elle s'arrêta. Elle n'avait jamais aimé les espaces confinés. Elle se tourna vers Nazj.


- Ces... créatures. Elles meurent vraiment si on leur enfonce une épée dans le cœur, hein ?

La jeune femme frissonna, puis eut un rire nerveux.

- A condition que leur cœur se trouve au bon endroit... Bah, je suppose que ça n'importe pas vraiment ? Coupées suffisamment en morceaux, elles devraient ne plus bouger, avec un peu de chance... J'espère que vous ne voudrez pas les étudier de trop près, parce que si je puis me le permettre, seigneur, ce que vous m'avez décrit ne m'enchante guère. Je passe devant, si cela ne vous gène pas.

Elle inspira profondément. Ce n'était pas avec du sarcasme qu'elle arriverait à bannir sa peur. Foutredieu, elle espérait que le tunnel allait s'agrandir après. Elle déglutit. Força sa respiration à ralentir, et dégaina ses cimeterres, soigneusement enchantés par Cheh-dahn pour qu'ils gardent leur tranchant. Elle murmura une courte prière - adressée au ciel seul savait qui ou quoi - puis s'accroupit. Elle dut se rendre à l'évidence, elle n'arriverait à rien. Elle se coucha donc et commença à ramper. Elle n'avait cure de la boue qui souillait ses vêtements, seul comptait le fait de garder son calme, même quand le tunnel s'étrécit à un moment donné et qu'elle dut se contorsionner pour passer - c'était bien la première fois qu'elle maudissait ses formes, bien qu'elles ne soient pas des plus féminines.

Heureusement, le tunnel s'élargit, et la jeune femme finit par réussir à s'accroupir, à la fin - elle l'avait senti, en progressant très doucement, ses pieds et ses mains tâtonnant, que le tunnel s'arrêtait brusquement à même pas un mètre d'elle. Elle supposait qu'il s'agissait d'un petit gouffre, mais elle attendait son maitre avant d'oser s'aventurer plus loin. Ses yeux, bien qu'aveugles, fouillaient malgré tout la noirceur complète. Elle retint sa respiration, l'oreille aux aguets, pour écouter.

Plic, ploc.

L'eau qui coule, rien de grave. Elle inspira, ne bougea plus, retint de nouveau sa respiration.

Plic, ploc.

Toujours l'eau. Elle respira une nouvelle fois, se tourna vers le tunnel pour essayer de sentir - on ne pouvait décemment plus parler de voir ou d'apercevoir - Nazj. Un râle. Mais pas du bon côté. Elle se figea, resserra sa prise sur la poignée de sa lame. Elle retint de nouveau sa respiration. Un pas trainant, mais le bruit venait-il d'en face, de droite, de gauche, du haut, ou même du bas ? Vi n'était pas suffisamment accoutumée à la noirceur d'encre pour pouvoir en juger. Le son s'évanouit - par la droite, peut-être. La jeune femme s'autorisa à respirer à nouveau, mais pas trop fort. Qui savait à quel point les créatures avaient l’ouïe fine ? Elle sentit son maitre derrière elle. Elle tâtonna alors du pied, une fois encore, jusqu'à trouver le bord du tunnel. Elle avança prudemment une jambe, rencontra de l'eau, puis le sol. Bon, le tunnel était situé à un mètre de haut du sol.


- Attention, seigneur. Le tunnel s'arrête brusquement. Le nouveau sol est à environ un mètre. Je descends.


Elle posa le second pied, toucha une surface molle, qui jappa. Sursautant, elle se mordit la langue pour éviter de crier, et ses réflexes firent bouger son bras, le cimeterre trancha la créature, une fois du côté gauche du pied, une fois du côté droit, elle retira son pied et trancha une nouvelle fois, cette fois en large. L'odeur du sang fraichement versé l'informa qu'elle avait vu juste. La créature devait être petite, car elle ne bougea plus.

Octavia souffla lentement pour calmer les battements de son cœur et sa respiration soudainement accélérés. Elle déglutit. Elle n'était pas certaine de pouvoir continuer longtemps comme ça... Elle espérait qu'ils trouveraient ce que Nazj cherchait.

Et vite !



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MessageSujet: Re: Le prix à payer   Mar 06 Mar 2012, 00:51

Nazj fut quelque peu surpris de voir Octavia si prompte à entrer dans le tunnel, bien qu'elle ne semblait pas très à l'aise…au contraire même. Il était vrai que son histoire avait de quoi faire peur, mais la réalité était pire, et même lui frissonna en y pensant. Mais il était inutile que la jeune fille ait plus de précisions sur le sujet, elle pourrait très bien paniquer et décider de refuser, voire se débarrasser de Nazj, et le sorcier se passerait bien d'un coup de cimeterre dans l'estomac. De plus, Octavia allait bientôt tout voir par elle-même…mais le plus tard serait le mieux. Peu après que la jeune femme fut entrée dans le terrier boueux, Nazj se prépara à son tour. Cela allait être déplaisant, pas à cause de la boue qui allait se coller à ses vêtements, chairs et cheveux, mais parce qu'il fallait s'accroupir et ramper. Nazj avait horreur de s'agenouiller, ou de se rapprocher du sol de quelque manière que ce fut…il ne parvenait pas à expliquer pourquoi, mais il se disait que peut-être qu'inconsciemment la génuflexion était associée, dans son esprit, à la soumission, et qu'il refusait ardemment cette dernière…par extension, toute sorte d'abaissement physique de sa personne pouvait être perçu de la même manière. Mais il fallait parfois des sacrifices, et quand il devait absolument ramper, il rampait, cela ne lui plaisait pas pour autant. Ainsi, il se mit à genoux, une grimace irrité aux lèvres, puis il entra dans le tunnel en rampant. Peut-être aurait-il eu assez de place pour avancer accroupi, il n'était pas très épais après tout, mais cela lui aurait fait mal aux genoux.

Mettre les mains dans la boue était plutôt désagréable, mais il avait fait bien pire : mis les bras jusqu'aux coudes dans des organes humains ou non, arraché des cœurs à mains nues, manipulé des centaines de substances douteuses…seulement, les organes humains étaient chauds, en général, et le sang avait une odeur entêtante, la boue froide et collante était une autre affaire. Et l'obscurité n'arrangeait pas les choses…Nazj fut surpris de voir à quel vitesse la lumière disparut totalement du tunnel, il n'y avait plus que les ténèbres, la boue sous ses ongles, et les quelques grognements qu'il faisait, et les bruits qu'il entendait devant lui, probablement venant d'Octavia. La notion de temps disparut très vite, il ne savait plus très bien depuis combien de temps ils étaient dans ce tunnel, ni quelle distance ils avaient parcourus…il se maudit d'avoir pensé triompher des ténèbres sans lumière, il fallait trouver quelque chose ! Bien sur avancer avec de la lumière était dangereux, mais bien plus que de se cogner dans les ténèbres et être pris en embuscade.

Et c'est exactement à ce moment que Nazj perçut devant lui des bruits qui ne lui plurent pas du tout ! La jeune femme avait dit quelque chose juste avant, mais le sorcier était plongé dans ses pensées et n'y avait pas prêté attention…l'avait-elle prévenu d'un danger ? Avait-elle besoin d'aide ? Si elle mourrait avant même qu'ils n'atteignent leur destination, Nazj en serait fort irrité…peut-être pourrait-il la ramener à vie à l'aide d'un certain rituel ? Mais elle allait certainement être moins efficace au combat, il lui manquerait cet instinct de chasseur, de guerrier, Nazj ne pouvait pas les lui rendre…peut-être que le démon qui la tenait sous son aile pouvait l'aider pour ces quelques détails ? Mais pas ici, et Nazj n'avait pas l'intention de reculer…Mais voila que ses pensées repartaient à la dérive ! Il se maudit intérieurement, devenait-il sénile ?! Il commença à ramper plus vite en maugréant, le voila qui se précipitait dans l'espoir de peut-être secourir quelqu'un, c'était un comble.

Mais bientôt, Nazj n'entendit plus rien…Il avança plus prudemment, se demandant si Octavia avait trépassé, et si la chose qui avait eu raison d'elle attendait encore. Mais il perçut enfin un bruit, une respiration, et Nazj se sentit étrangement rassuré. Il avança encore un peu en grognant, prenant une nouvelle fois conscience de la boue dans laquelle il pataugeait et qui s'insinuait sous ses ongles. Lorsque la respiration d'Octavia se fit plus proche, Nazj tendit le bras, puis l'abattit ! Il agrippa alors l'épaule un peu tremblante de la jeune femme.


"Un problème, petite ?"

Même si lui-même ne se sentait pas du tout à l'aise dans cette obscurité, il ne pouvait pas laisser Octavia voir à quel point il souhaitait avoir de la lumière…Il prit une grande inspiration, et plia les doigts de sa main gauche comme une serre, puis il souffla dessus, un souffle bref et puissant. Immédiatement, une petite boule de lumière y apparut ! C'était une lueur pâle et légèrement verdâtre, et en la voyant, il eut un petit sourire au coin des lèvres, il se sentait un peu rasséréné. Il fit signe à Octavia d'avancer un peu, pour qu'ils aient tout deux plus de place pour examiner la situation, puis il dirigea la lumière vers le sol, pour voir ce qui s'était passé. Il eut un petit mouvement de recul lorsqu'il vit ce qui gisait par terre ! La créature était toute petite, de la taille d'un bambin, mais elle était monstrueusement déformée : elle semblait être écorchée vive, et n'avait pas d'yeux, sa tête était immense comparé à son corps rachitique, et ses bras squelettiques étaient démesurément longs, en contraste parfait avec les jambes courtes mais ridiculement musclée. La chose avait un sourire immense, qui allait littéralement d'une petite oreille malformée à l'autre, et garnie de petites dents jaunâtres et pointues…Le coup d'Octavia avait fendu le crâne de la chose, et il s'en écoulait un liquide noir et épais. Nazj souleva la chose qui ne pesait pas plus qu'un enfant, et l'observa de plus près…

Pas de traces de coutures, aucun des membres ne semblaient être d'origine différente, il n'y avait rien qui laissait deviné que la chose avait été assemblée artificiellement, c'était comme si c'était bel et bien un enfant, un enfant monstrueux. Et pourtant, la mort n'avait pas pris la créature, tout comme la vie ne lui avait jamais été insufflée, c'était un monstre de chair créé par un homme, et Nazj retrouva le sourire : lui allait réussir à réitérer l'exploit, et à le parfaire bien entendu, il parvenait déjà à imaginer des monstres immense d'os et de chair…dans lesquels il allait insuffler les âmes les plus démoniaques de l'Archipel…et tout ceci sous son contrôle. Il ne put réprimer un frisson de délice, et, encore tout sourire, il jeta le cadavre de la petite chose contre la paroi du tunnel. Il entendit un horrible craquement quand la chose heurta la roche, mais il l'entendit à peine, il fit signe à Octavia d'avancer.


"Le tunnel continue un peu, puis il devrait s'élargir, et nous devrions bientôt tomber sur un sol dallé et des murs en pierre taillée…c'est là que les choses deviendrons difficile. J'aimerais que nous continuions à avancer sans lumière, mais c'est bien trop dangereux…prions pour que le créateur de ces monstres ait un penchant pour la cécité. Faites le moins de bruit possible, et ne prenez aucun tournant sans mon consentement, selon les écrits l'endroit est labyrinthique…quant à notre odeur…une nouvelle fois, il nous faut prier pour que ces expériences sur la lycanthropie aient été un échec."

Prier, mais prier qui ? Qui pourrait bien leur venir en aide dans cet antre de la folie ? Lui ne pouvait que demander aux morts, qui se moqueraient bien de lui, et il n'en demanderait pas moins d'eux, quel piètre esprit mort tenterait de préserver une vie ? Et Octavia…elle n'avait qu'un démon vers qui se tourner, un démon qui prendrait certainement un malin plaisir à attirer les meutes monstrueuses qui les attendaient plus loin. Non, ils étaient seuls. Et tant mieux ! Ils étaient déjà bien assez à l'étroit…

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MessageSujet: Re: Le prix à payer   Ven 13 Juil 2012, 17:48

« Bon sang, bon sang, bon sang... »

Elle ne savait pas ce qu'elle avait tranché. Elle ne savait pas ce qu'elle avait tranché.

« Bon sang, bon sang, bon sang... »

Elle ferma les yeux, bien que cela ne changeât pas grand chose dans cette obscurité totale. Tudieu, elle détestait ça. Les lycanthropes, elle savait à quoi ils ressemblaient. Dans le noir, elle pouvait les combattre. Mais ça ? Elle ignorait sa taille, son poids, si cette créature était aveugle... Tout ce qu'elle pouvait faire était des suppositions et elle haïssait le fait de ne pas savoir.

Quand elle sentit un soudain poids sur son épaule, elle sursauta violemment. La seule chose qui empêcha Nazj de se prendre un cimeterre dans le ventre, ce fut le son de sa voix. Octavia ravala la remarque acerbe qui lui venait aux lèvres. Finalement, elle était plutôt contente qu'il y ait un allié, ici. Fut-ce Nazj. Il lui donnait toujours des frissons, mais pour un peu, elle l'aurait embrassé.

Un comble.

« Non... Non, ça va, » réussit-elle à lui répondre.

Techniquement, non, ça n'allait pas. Mais elle n'allait pas l'avouer. Elle était certaine que sa peur suintait par tous les pores de sa peau. Elle n'allait pas en rajouter en le disant.

Le bref moment de lumière fut comme une bénédiction. Et permit à la jeune femme d'observer ce qu'elle venait de lacérer. Vi ne put retenir une grimace de dégoût. Bon. Vu l'air, ce n'était certainement pas humain. Tout était déformé, comme si on avait pris un petit enfant et qu'on avait voulu lui allonger les membres, le transformer en monstre. A moins qu'il ne soit né comme ça ? Octavia ne voulait pas le savoir. Elle était juste satisfaite de l'avoir déchiqueté. La taille de la mâchoire et les dents acérées lui faisaient désagréablement penser à un piège à loups...

Elle remarqua le petit sourire satisfait de son nouveau seigneur. Que ce soit grâce à la lumière ou à une autre pensée horrible qui venait de lui traverser l'esprit... là non plus, Octavia ne souhaitait rien savoir.
Nazj ne tarda pas à jeter la pitoyable créature contre un mur et la jeune femme se sentit sensiblement mieux.

Sensation qui se révéla fausse quand Nazj reprit la parole. Vi soupira et l'appréhension reprit possession de son être. Ouais... prier. Bien sûr. Elle hocha la tête pour accepter les consignes du mage. Au moins la lumière restait. Elle essuya lentement ses cimeterres et inspira longuement. Quand il fallait y aller...

La lumière verdâtre donnait un aspect encore plus sinistre à l'endroit, avec ses murs de terre humide – l'eau qui dégoûtait juste à la sortie en était la preuve – et Octavia ne se sentit rassurée que lorsque de la pierre remplaça, comme l'avait prédit Nazj, les murs et le sol. Comme si, même sous terre, elle était persuadée que la pierre soutiendrait le tout, comme si la pierre était plus protectrice.

Avec la lumière, elle pouvait utiliser la très légère nyctalopie de l’œil de Cheh-dahn, mais elle ne se sentait pas rassurée de montrer ses dons à un être tel que Nazj – même si la situation était plus grave qu'il y avait quelque chose, à Reilor. Elle n'avait pourtant pas hésité, devant Kaleya et Balsa. A se demander pourquoi elle était aussi indécise avec Nazj.

Elle avançait avec circonspection, les mains moites. Ce fut quand elle s'essuya les mains sur son pantalon qu'elle repéra un mouvement. Son cœur loupa un battement, et elle leva une main pour prévenir son maître. Sa prise sur ses cimeterres se fit plus ferme tandis qu'elle pinçait les lèvres. Peut-être que la créature ne les verrait pas ? Qu'elle passerait son chemin ?

Malheureusement pour eux, elle était dotée d'yeux. Mais des années passées dans l'obscurité l'avait quasiment rendue aveugle. Quasiment. Car la lumière, aussi blafarde et verdâtre fut-elle, était toujours de la lumière. Éclatante. Splendide. Avec un bruit de gorge, la créature s'avança, lentement. Peut-être ne voyait-elle que la lueur pâle, et pas l'homme qui la tenait. Et encore moins Octavia, qui, en voyant la créature avancer doucement, s'était retiré un peu du cercle de lumière. Malgré la peur animale qui lui nouait les entrailles au vu de la créature, elle savait qu'elle n'avait droit qu'à un coup. Prompt. Net. Décapiter la créature. Pour peu que ça serve, mais qu'en savait-elle ? Encore une fois, elle faisait des suppositions, et elle espérait que son coup porte.

Elle posa lentement un doigt sur ses lèvres pour adjoindre Nazj à se taire et à ne pas bouger. La créature se rapprochait. Environ de la taille d'un homme, bipède, munie d'un cou trop long, comme celui d'un oiseau déplumé et d'immenses yeux blêmes, le reste de son corps semblait être le résultat d'un croisement hideux entre un insecte et un reptile, avec des chélicères qui s'agitaient sans cesse et des pattes griffues qui se tendaient vers la lumière comme un assoiffé vers un bol d'eau. Octavia, quand la créature fut toute proche de la lumière et tendait un doigt pour la toucher, s'approcha lentement, dans le dos de la créature, pour être dans son angle mort. Pour peu que les immenses yeux pâles ne soient pas à facettes...

Elle leva ses cimeterres, prête à frapper, prête à trancher net ce cou gracile, mais la créature, avertie par dieu seul savait quoi, tourna brusquement la tête, et d'un coup puissant de sa queue, tout en piaulant un cri à mi-chemin entre le volatile et le cervidé, elle projeta la jeune femme à l'autre bout de la pièce. Octavia ne put retenir un grognement de douleur. Oui, c'était bien de la pierre, dans cette salle. Elle ne se donna pourtant pas le temps de s'appesantir sur la souffrance et elle se releva. Il fallait faire vite. Le cri attirerait sans doute d'autres créatures. Et si celle là, avec son ossature frêle, pouvait projeter une femme de cinquante-huit kilos avec aisance, Vi ne voulait pas savoir ce que celles plus massives pouvaient faire.

Elle courut vers la créature, qu'elle renversa d'un coup d'épaule. Peut-être Nazj avait-il réagi et lancé un sort qui avait rendu plus faible la créature, mais l'espèce d'oiseau-insecte-lézard ne parut pas savoir comment se relever.

« Tant mieux, saloperie. Crève. »

Octavia abattit un cimeterre sur le cou grêle de la créature, coupant clairement la tête. La jeune femme, dans un instant d'humeur, donna un coup de pied au crâne de la créature, dont les chélicères continuaient de s'agiter. L'humeur noire qui coulait sur le sol avait une odeur proprement nauséabonde, mais ce ne fut pas cette effluve qui fit grimacer la jeune femme.


« Seigneur ? Vous allez bien ? Elle a dû avertir les autres. Il faut partir. Je ne sais pas pour vous, mais je n'ai aucune envie de me frotter à quelque chose de plus coriace que ça, mais... L'odeur, en plus du cri, risque d'en faire venir d'autres. Quitte à ce qu'ils dévorent ce cadavre, mieux vaut ne pas être sur les lieux. »


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MessageSujet: Re: Le prix à payer   Dim 23 Sep 2012, 00:56

Ils avancèrent dans le noir, tous les sens aux aguets…Nazj constata avec amertume que la lumière qu'ils avaient trouvé si douce et rassurante au départ devenait une source d'inquiétude supplémentaire pour le sorcier ; ces monstres n'auraient certainement aucun mal à percevoir la lumière, mais pouvaient-ils aussi percevoir la magie même à une certaine distance ? Nazj en doutait fortement, mais qui pouvait savoir quel niveau de perfection leur créateur avait atteint ! Peut-être la lumière emettait-elle un son que l'oreille humaine ne pouvait percevoir ? Ou une odeur ? Non ! C'était tout simplement ridicule, c'était SA magie, SON pouvoir, et Nazj connaissait parfaitement toute son étendue, car il en était le créateur. Il respira profondément…ingénieux, ici l'obscurité était un piège, même quand la lumière la repoussait, mais Nazj ne serait pas victime de son propre esprit pris de sentiments primaires tel que la peur panique. Il l'avait dompté depuis bien longtemps, et ce n'était pas les ténèbres qui allaient le vaincre !

Son pas se fit donc plus assuré, le semblant de colère qui montait en lui rendait la situation plus soutenable, tout aussi étrange que cela pouvait paraître. Son pied toucha la pierre, et un sentiment de triomphe naquit en lui, comme si un étape venait d'être passée. Mais à présent, il fallait être plus vigilant encore, il fallait faire beaucoup plus attention, les couloirs et les salles pouvaient pululler de ces choses ,tout comme tout pouvait être vide…cette seconde option aurait été préférable, cela leur faciliterais beaucoup la tâche…mais cela rendrait la peur qu'ils ressentaient tout à fait obselette, et Nazj se sentirait ridicule…et il n'était en rien ridicule ! Ses réflexion s'arrêtèrent lorsque la jeune fille, Octavia, lui fit un signe, et il s'immobilisa brusquement…et il attendit. La créature apparut très bientôt, et Nazj leva son sourcil gauche : elle était…grotesque ! Un amalgame de ce qui semblait être divers animaux, avec très peu d'aspect humain, de la chair et peut-être des écailles…Nazj en resta fasciné ! Ainsi, le créateur ne s'était pas contenté de tordre la chair humaine, il avait aussi déformé l'animal, pour en faire des monstres extraordinaires ! Celui qu'ils avaient devant eux était probablemen t une rature, peut-être même le créateur n'avait-il jamais totalement réussi ses expériences, mais les plans devaient exister, et il revenait à Nazj de poursuivre et de parfaire cette œuvre!

Mais avec tout ceci, il avait oublié que cette chose était hostile ! Et il ne s'en souvint que lorsqu'Octavia fut projetée contre un mur par un coup de queue magistral, et la créature cria ! Ça c'était une très mauvaise chose, et Nazj eut pour réflexe immédiat de la faire taire ; il tendit le bras vers la chose qui s'avéra être étonnament proche, et il banda son pouvoir pour lui écraser la gorge, pour lui broyer les os du cou, pour que cette frêle cage thoracique s'écroule ! Quelques craquements retentirent, et pas un son ne sortit de la bouche du monstre…et soudain, Octavia sembla sortir de nulle part pour percuter la bête ! Cette dernière s'effondra, et la jeune femme lui trancha nettement la tête…ce qui arracha un sourire à Nazj, c'était efficace. L'odeur infecte qui s'échappa du cadavre, cependant, lui fit plisser le nez…voila une chose qu'il devait améliorer, il ne savait quelle matière était utilisée pour remplir les veines de ces monstres, mais il allait s'en débarasser.

Et puis, Octavia parla…il était étrange d'entendre une voix humaine, si soudainement ; la fin, marquée par ce dernier coup de cimeterre, de ce combat très bref avait laissé un silence assourdissant, et qu'une voix le brise avait presque fait tressaillir le sorcier, qui grimaça une fois encore…cet endroit lui plaisait de moins en moins à chaque instant. Il l'écouta, et le visage de Nazj s'assombrit à mesure qu'Octavia discourait…Il eut une grimace furieuse, puis lui fit face et lui jeta un regard plein de colère ! Il s'approcha vivement de la jeune femme et lui empoigna le col, avant de s'approcher très près de son visage.


"Plus jamais ! N'osez plus jamais insinuer que nous devrions abandonner ! Ce travail sera fait même si je dois mourir pour l'achever, c'est clair ?! N'avisez pas d'essayer de fuir, je vous tuerais."

Puis il la lâcha, et se détourna pour réfléchir…Elle avait marqué un point, cependant, il y avait certainement des choses plus coriaces et dangereuses qui erraient dans ces couloirs, ou qui, tout du moins, seraient probablement attirés par le bruit et la charogne. Il allait probablement devoir user de magie, ce qui pouvait s'avérer dangereux, avec les ténebres environnantes qui pouvaient se retourner contre eux, et la mort inexistante, tout comme la vie…mais il y avait bien d'autres artifices qu'ils pouvaient utiliser, tant de choses que Nazj pouvait invoquer, il espérait simplement qu'ils n'auraient pas à faire face à plusieurs dizaines de ces monstres à la fois…Et rester immobile n'allait certainement pas aider ! Il serra dans sa main la petite source de lumière qu'il avait créée, puis il fit signe à Octavia de le suivre, la colère le parcourait toujours, il ne se sentait pas d'humeur à suivre qui que ce soit. A une intersection, Nazj tendit l'oreille…dans le couloir à gauche, loin dans les ténèbres, il entendit quelque chose, un bruit de grouillement, de bruits flasques, dégoutants, des grognements grotesques, baveux, des crissements comme des griffes sur la pierre...et une odeur, infecte ! Nazj inspira profondément avant de jurer…voila ce qu'il souhaitait éviter ! Il recouvrit la lumière de ses mains.

"Ils sont trop nombreux, ne restons pas là…j'ai bien peur que nous allons devoir avancer vite, et à l'aveuglette…allez !"

Il accéléra le pas, et pris le couloir sur sa droite…il était un peu trop préoccupé pour avoir peur, et il continua à courir…jusqu'à ce qu'il marche sur une surface molle, et qu'un bruit mouillé lui parvint…il s'arrêta net ! Il écouta attentivement…mais il n'y avait rien de proche, il approcha la lumière du sol, et il vit une trace de ce qui semblait être de la bave rougeâtre, gluante, et un trou parfaitement circulaire et etroit dans le sol. Quelque chose, une des horreur sde ce lieu, avait rampé dans ce trou, et s'y trouvait encore certainement…Il écarta ses mains, laissant la lumière éclairer un peu plus autour d'eux, et il vit plusieurs trous similaires, des dizaines , et soudain, il entendit un grognement, un grondement venant de l'obscurité au fond du puits le plus proche, quelque chose s'agitait à l'intérieur !

"Oh non…vite ! Ne vous arrêtez pas, ne glissez pas !"

Il s'élança, prenant garde aux endroits où il mettait les pieds…il y avait tellement de puits, plusieurs dizaines, et il ne voyait pas assez loin pour en distinguer la fin, et fort heureusement, il semblait que tout y était calme. Mais à peine cette pensée eut-elle traversé son esprit, Nazj sentit quelque chose lui aggriper la cheville ! Il dirigea la lumière qu'il tenait vers le sol, et vit un bras écorché et trop long qui le tenait fermement ; il invoqua son pouvoir, et de la source lumineuse naquirent plusieurs tentacules brillants qui s'enroulèrent autour du bras monstrueux, et jusqu'au visage caché dans les ténèbres du trou étroit dans le sol, et, ainsi éclairé, Nazj vit que la créature qui le tenait était…parfaitement humaine, elle était décharnée, écorchée…mais totalement humaine, et elle semblait désespérée, comme si elle voulait s'échapper, s'extirper du puits. Mais le pouvoir invoqué par Nazj commença à brûler la chose, la chair noircit, se racornit, se carbonisa, et disparut des os qui commencèret eux aussi à se consummer. Le bras se brisa, et la créature qui n'avait lâché qu'un maigre râle jusqu'à maintenant tomba dans l'obscurité…les tentacules lumineux disparurent, et la source lumineuse mourut aussitôt. Nazj resta immobile et silencieux…il ne savait trop ce qu'il devait penser de ce qu'il venait tout juste de voir…pourquoi reproduire l'humain ?

Mais il ne put réfléchir plus à la chose, partout autour de lui et d'Octavia, des bruits monstrueux se firent entendre…les monstres dans les puits se réveillaient ! Nazj créa une nouvelle source lumineuse, et s'adressa à la jeune femme qui l'accompagnait.


"Vos cimeterres nous seront utiles, tranchez tout ce que vous voyez, et tout ce que vous ne voyez pas ! Mais il ne faut plus s'arrêter, venez ! Nous ne pouvons plus reculer !"

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MessageSujet: Re: Le prix à payer   Lun 24 Sep 2012, 16:10

Spoiler:
 


Quand Nazj l'empoigna, elle eut un mouvement de recul tandis que la colère montait en elle. Mais pour qui se prenait-il, ce vieillard ?! Elle parlait de quitter la pièce, pas de quitter cet endroit sordide, même si elle en mourrait d'envie !

Elle résista à l'envie de se dégager brutalement et de dire le fond de sa pensée à cet homme qui la rebutait, voire même de lui faire sentir le coup métallique d'un de ses cimeterres, mais elle se contraignit au calme. Comme dit plus tôt, sans Nazj pour se repérer, elle était pour ainsi dire mal partie, et c'était lui qui avait la lumière. Elle avait besoin de l'homme. Octavia se contenta donc de pincer les lèvres et de fermer les poings, mais c'était à peine si la fureur ne la faisait pas trembler. Elle n'était pas lâche. Et la tuer ? Bah ! Elle lui donnait bien du plaisir. Il n'était pas au courant de certains de ses talents, et vu la mauvaise humeur que les deux témoignaient l'un à l'autre, Octavia n'était pas prête de les lui montrer.

Très vite, le seigneur nécromant lui fit signe de le suivre. Bien qu'irritée, la jeune femme ne rechigna pas. Il s'agissait toujours d'une présence humaine – quoique – après tout... Ils s'arrêtèrent à un croisement où le bruit dégoûtant de plusieurs monstres se fit entendre. Mine de rien, Octavia s'attendait à ce que ce fou de sorcier veuille y aller, alors elle ressentit un certain soulagement quand ce dernier prit la direction opposée. Il accéléra l'allure, et Vi le suivit sans trop de peine.

Mais peut-être était-elle plus habituée à écouter lors d'une chasse que lui. Car oui, il s'agissait d'une chasse, où ils étaient à la fois chasseurs et proies. Mais qu'importe. Tout autour d'eux, il y avait toujours ce bruit de grouillement, presque de gémissements plaintifs. Elle l'entendait. Et plus que tout, cela l'effrayait. Il y en avait trop. Il y avait trop de monstres. Cet endroit était un vrai labyrinthe, et même si Nazj parvenait à s'y repérer, il ignorait sur quoi ils pouvaient bien tomber. Et cette odeur de crasse et de poussière... De sang séché, d'humeur nauséabonde...

Toute entière à l'écoute de ses sens, elle faillit percuter son maître. Elle retint un juron. Le voilà qui lui chiait une pendule parce qu'il avait mal compris sa phrase et qu'il fallait s'éloigner, et il s'arrêtait tout d'un coup pour...

Elle se figea. Nazj venait d'élargir le périmètre de sa lumière pour découvrir une scène rebutante : des trous, partout, comme si des insectes avaient creusé. Incongrûment, elle se demanda si la matière visqueuse et rougeâtre avait un quelconque effet nocif et comme Nazj avait marché dedans, s'il allait d'une manière ou d'une autre en être affecté. Mais la lumière eut un autre effet que de leur faire découvrir leur environnement. Elle réveilla les... choses qui dormaient dans les puits.

"Oh non…vite ! Ne vous arrêtez pas, ne glissez pas !"

« Pas la peine de me le dire deux fois », songea la jeune femme.

Elle commença à courir, le peu de lumière donnée par Nazj ne lui permettant pas de voir précisément où elle allait ou si cette immense salle avait une fin, mais elle restait non loin du nécromant. Il s'arrêta brusquement, attrapé par elle ne savait quoi. Quand elle découvrit la créature, éclairée par les tentacules lumineux, elle ne put retenir un frisson de dégoût mais aussi... de pitié. Cette chose était manifestement plus humaine que toutes les autres. Et ces râles... comme si elle suppliait. Tout ceci perturba plus profondément Octavia. Quel esprit malade avait bien pu torturer ces êtres... ? Car c'était bien de la torture, et non plus de la simple expérimentation. Créer des monstres décérébrés, oui. Tenter de faire des hommes, songeant, pensant... ? Car c'était assurément le but du créateur de toutes ces abominations.

Elle regarda longuement Nazj, devenu silencieux. Tous deux songeaient, mais leurs pensées étaient bien différentes : Octavia se demandait si elle faisait bien d'accompagner et d'assurer la survie du seigneur nécromant, qui lui voulait reproduire toute cette abjection. Et l'idée de lui planter ses armes entre les omoplates la tentait horriblement. Ses mains glissèrent lentement vers les poignées de ses cimeterres. Cheh-dahn pouvait bien aller se faire foutre. Elle n'allait pas laisser un cinglé comme Nazj accomplir ses projets. Quitte à y laisser sa vie. De toute façon, il n'y avait qu'une seule personne qui regretterait sa mort. C'était peu, comparé à toutes les victimes que la folie de Nazj pouvait engendrer.

Mais quand Nazj reprit la parole, l'alarme dans sa voix lui fit cependant oublier toute envie de meurtre. Et aussi l'agrandissement de la lumière. Pour prendre le risque d'attirer d'autres créatures, c'est que la situation empirait.

« Génial »

Elle tira ses cimeterres de leur fourreaux avec un chuintement métallique. Elle inspira profondément. Nazj lui demandait de trancher. Rien de bien compliqué. Tout en surveillant les puits, elle lui emboîta le pas. Les créatures, attirées par la lumière, les suivraient probablement. Il s'agissait donc de leur donner une autre cible... par exemple quelques cadavres bien frais.

Des bras dépouillés de toute peau, dont on voyait parfaitement les muscles tressaillants et tourmentés d'être à l'air libre, commençaient à sortir des puits. Octavia ignorait si ces créatures étaient rapides ou non. Tant qu'elles ne s'approchaient pas trop, elles pourraient garder tous leur membres et la vie. Enfin... façon de dire les choses, puisqu'elles n'avaient jamais vraiment vécu.

Évidemment, le temps qu'ils sortent de la pièce aux puits, certaines créatures avaient réussi à quitter leurs trous. Quand l'une, pas plus épaisse qu'un petit singe, fit un bond gigantesque pour sauter sur Nazj, Octavia laissa son instinct parler, poussant l'épaule du vieux mage et d'un revers de la main droite sépara le bras et la tête de la créature du reste de son corps. Mais pendant ce bref instant, une autre venait de sortir, plus grosse, sur sa gauche. Son buste se tourna, sa senestre agrippa le devant du vêtement de Nazj pour le mettre derrière elle et son bras droit s'abattit, une fois de plus, entaillant profondément la bête qui retomba dans son puits avec un gémissement.

Ces gestes furent effectués comme une valse mortelle et les autres créatures, voyant deux des leurs tomber, furent prises d'une hésitation. Parce qu'elles réfléchissaient, parce qu'elles étaient affamées et voyaient d'un coup de la chair bonne à dévorer, ou bien avaient peur de ces lames courbes et brillantes ? Octavia n'aurait su le dire, et très sincèrement n'en avait rien à faire. Ces abominations observaient, pour un temps, l'étrange couple et n'agissait aucunement. Cela suffisait à Vi. Tout en observant les créatures pour voir si elles se décidaient à bouger, elle recula, Nazj étant ses yeux. Ces dernières restèrent à la bordure de la lumière du seigneur nécromant, mais n'osaient s'approcher plus avant. Cela ne rassurait pas pour autant la jeune femme, mais tant que les bêtes ne faisaient pas un pas de plus vers l'origine de la lueur...

La jeune femme leva les yeux, le plafond lui paraissant soudainement haut et les bruits plus épars. Ils avaient quitté le couloir pour entrer dans une pièce proprement gigantesque. Même la lumière de Nazj ne parvenait à atteindre les voûtes ou à éclairer toute la salle. Malgré elle, Vi laissa échappa un souffle admiratif. Dans le noir complet, elle n'aurait jamais pu admirer les arcs délicats qui semblaient atteindre les nues, les pavés qui, au lieu d'être grossiers, étaient délicatement ciselés, les colonnes hautes comme des géants et pourtant graciles, ou encore les sculptures de ces femmes et hommes, la tête courbée en signe d'humilité. Pas de fenêtre, bien sûr. Mais des tentures mitées aux couleurs étonnamment vives, ou là, un tableau représentant les Collines d'Or. Des chandeliers portaient toujours des bougies, éteintes, mais le fait que certaines soient partiellement fondues laissant présumer qu'elles avaient servi.

Mais ce qui frappait littéralement Octavia, c'était les dimensions de la pièce. Vu le mobilier et l'architecture, il aurait pu s'agir d'un lieu de culte gigantesque, une cathédrale souterraine, mais l'environnement était tellement malsain qu'elle n'était pas certaine qu'on eût pu prier quoi ou qui que ce soit, ici.

Elle s'aperçut qu'elle était toujours accrochée au vêtement du seigneur nécromant. Elle lâcha le tissu avec gêne. Elle espérait qu'il n'ait pas remarqué que sa main tremblait... ou qu'il soit vexé d'avoir été tenu avec autant d'autorité.


« Excusez-moi, murmura la jeune femme avec embarras. Hum... Vous savez où nous sommes ? »

Sa prise sur son cimeterre gauche, maintenant que sa main était libre, se fit plus ferme. Les créatures des puits les suivaient toujours. Octavia pinça les lèvres. Cela ne lui plaisait pas. Et puis, pour en revenir aux proportions incroyables de la salle, vu sa taille, qui savait ce qu'on pouvait y trouver... ?
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