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"Homme libre, toujours tu chériras la mer !"
"La mer enseigne aux marins des rêves que les ports assassinent."
"La sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit."
"Il est des moments où les rêves les plus fous semblent réalisables à condition d'oser les tenter."
"Le voyage est une suite de disparitions irréparables."
"Nous sommes de l'étoffe dont sont faits les rêves, et notre petite vie est entourée de sommeil."
"Dieu nous rêve. S'il s'éveille, nous disparaissons à jamais."
"Nous trouverons un chemin... ou nous en créerons un."
"Le rêve de l'homme est semblable aux illusions de la mer."
"Il n’est pas de vent favorable, pour celui qui ne sait pas où il va…"
"Il y a trois sortes d'hommes : les Vivants, les Morts, et ceux qui vont sur la Mer."

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 Merci le vin

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*Elfe*

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MessageSujet: Merci le vin   Lun 11 Avr 2011, 19:19

« C’est frappant comme ta tête ressemble au postérieur d’un babouin, sais tu ? » Dit-il en jetant le fond de son verre sur un humain qui buvait tranquillement au bar.

L’homme se retourna, énervé, se demandant quel imbécile aurait pu faire ça. Il vit un elfe blond tituber devant lui en riant mais, étant de bonne humeur ce soir là, il était près à laisser tomber l’affaire. C’est alors qu’il vit que ce fond de verre était sans aucun doute un fond de verre de vin rouge. Le petit humain a la tête rouge s’est donc énervé.

« Mais bordel, le vin, ça tâche princesse ! Pourquoi t’as fais ça ? »
Mais l’elfe avait déjà oublié ce qu’il avait fait. Il partit en direction du tavernier histoire de gouter leur vin maison, les jambes écartées pour garder l’équilibre, le mot canard venant à l’esprit de ceux voulant le comparer à quelque chose.

La sensation ressentie après beaucoup de verres le plaisait toujours. Ce qui l’entourait lui semblait irréel, et essayer de monter les escaliers le fit sans cesse rire énormément. Il put enfin oublier ses problèmes et en créer des nouvelles dans la taverne. Par exemple, Shiya oublia qu’il fuyait la terre des elfes depuis des mois, mais il oublia aussi l’humain couvert de vin, qui voulait surement une nouvelle tunique.

Il oublia le tavernier, et avec du mal, Shiya reconnut des amis buveurs de la veille et se posa à leur table en leur proposant une tournée.

« Légendaire c’que tu viens de faire l’elfe !
- Ouais mais faut pas insulter comme ça mon vieux. Dit plutôt un truc genre T’sais que t’as une tête de cul de babouin toi ? Ca sonne ca-ré-ment mieux. »
Dit son voisin.
« Merci, je retiens. Je n’ai pas encore appris comment insulter c’est vrai. Oh j’ai une idée pour ce soir ! Deux pièces d’or que je monte plus d’escaliers que toi après trois verres !
-Tenu ! Qui paye ? »


Soudainement l’homme à l’habit rouge tira sur la chaise de Shiya, qui tomba à terre brusquement. Il essaya de se concentrer sur la tête de son assaillant, mais, la taverne étant mal éclairée par les quelques bougies présents, le tout mélangé à son état, soit il voyait la moitié d’un homme à l’envers dans l’ombre, soit il en voyait trois.

« T’as une tâche là. » Lui dit-il en montrant ses habits du doigt, toujours allongé par terre sur sa chaise, les pieds à l’air.

L’homme n’étant pas un lapin content ferma le poing et l’envoya droit sur l’elfe. Ses réflexes coulèrent alors dans tout son corps, et il évita le poing d’un geste rapide de la tête qui s’écrasa au sol là où il se trouvait. S’aidant de ses mains, il improvisa une roulade arrière et se retrouva debout à côté de sa chaise.

« Eh vous avez vu ce que j’ai fait là ? » Dit il joyeusement en y croyant qu’à moitié. Puis il reçut un coup de poing en pleine tête de la part de son ami Rudolph. Il s’écroula sur la table derrière lui en faisant voler les verres qui n’ont pas manqué leur chance d’arroser leurs propriétaires en passant. La dernière chose que Shiya vit était un tabouret, volant hélas dans sa direction.

La nuit était étoilée. Il regardait toujours le ciel la nuit. Il se demanda sans cesse si ses ancêtres regardaient cette âme perdue avec honte. La beauté scintillante de ces étoiles le faisait toujours voler. Il planait au dessus des toits de Reilor, au dessus des montagnes et des nuages, là où personne ne le dérangeait, au loin dans la nature.

« C’est beau n’est ce pas ? » Dit il en dirigeant sa question vers les deux hommes qui tiraient jusqu’à l’extérieur de la taverne. Sans remarquer qu’il se faisait en effet virer de la taverne, il regardait paisiblement le ciel en rêvant. C’est lorsque ce ciel merveilleux se transforma en un sol plein de boue qu’il remarqua un problème. Les deux hommes ayant atteint la porte, ils ont jeté l’elfe par terre qui plongea tête en avant dans la boue, son sang se mélangeant à la flaque visqueuse sous lui.


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MessageSujet: Re: Merci le vin   Mar 12 Avr 2011, 00:18

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Le ciel clair et la chaleur de la journée avaient fait place aux étoiles et à la fraicheur. A cette heure, Balsa sortait de sa sieste et commençait à humer l’air. On sentait, même depuis les toits du quartier pauvre, le sel porté par le vent jusqu’aux narines. Celles de la chimère frémirent.

Plus elle passait de temps dans cette ville, plus elle l’appréciait. Tout en restant toujours plus que discrète et anonyme, la vie ici lui était facile et douce. Bien sur, elle n’avait aucunement l’intention de s’installer et encore moins de trouver un travail. Elle vivait de larcins et de chasse. Car oui, la ville fourmillait de proies pour elle. Des oiseaux bien souvent, des poissons quand elle se rendait au port.

Mais ce soir, elle n’avait pas faim. Elle, ainsi que le chaton qui s’était installé « chez elle », avait fait un excellent repas à la tombée de la nuit, composé d’œufs de passereaux et d’une miche de pain pour la chimère. Pour Balsa, ce que les humains vivaient comme l’après-midi commençait. Et cette nuit-là, l’ennui la conduisit à se lancer dans les rues de la ville.


Sous sa longue cape, son principal atout félin qu’était sa queue était dissimulé. Elle avait le visage recouvert d’une capuche et avançait d’un bon pas sans trop penser à sa destination. Pour se dépenser tout simplement. Elle traversa les méandres du quartier résidentiel et déboucha rapidement sur la petite place du marché. Elle connaissait l’endroit par cœur, pour s’y être souvent procurer de quoi manger. Elle pensa qu’elle ferait surement mieux à l’avenir d’aller se servir ailleurs, plus loin.

Puis elle se rapprocha du port, descendant une rue qui traversait le centre ville. Une certaine agitation émanait encore de ce lieu. Il n’était pas aussi tard que Balsa l’imaginait. Elle hésitait à contourner la foule des derniers survivants de la soirée. Mais comme souvent, sa curiosité la piqua. N’était-il pas enrichissant d’en voir plus sur les habitudes et comportements de la foule ?

Elle ralentit un peu le pas pour ne pas avoir l’air pressé. D’autant qu’elle ne l’était pas. De sous sa capuche, son regard ne cessait de se promener alentours, à la recherche d’un instant de vie à saisir… Elle fit sa première découverte divertissante quand elle s’arrêta observer deux hommes ayant la vingtaine, à tout casser. L’un d’eux avait le hoquet et était appuyé contre le mur d’une taverne.


- Bwaaaaa jamais plus/hic… ça…
- Haha ! P’tit foie, vas ! J’vais montrer moi comment que c’est qu’on en fera un homme.
- Tu dois bien/hic… bien l’savoir toi…

Alors celui qui n’avait pas le hoquet leva la bouteille qu’il tenait de la main droite et beugla :
- C’est comme ça qu’on s’déroule quand on est soliiiiide !
Il but au goulot trois longues gorgées, puis s’essuya les lèvres du revers de sa manche.

- Huuuu/hic… sérieux j’crois que j’vais/hic… que j’vais… pas pouvoir rentrer chez/hic… moi
- Rhaaa tu m’emmerdes avec ton hoquet, tiens, bois-en donc un peu mieux, solide !
- Beeeeuheu… Il prit finalement la bouteille et but une gorgée qui le fit grimacer de douleur.

- Ben voila, ça c’est solide mon gars !
- Pas peur… hic…
- Bon, on en gaz un peu mieux dans l’estanco ?
- Carrément !...


Distrayant, ça l’était un peu. Mais pas franchement intéressant. Alors Balsa, qu’aucun des deux compères n’avait remarquée, quitta le lieu et tourna l’angle de la rue. Un peu plus loin, une autre taverne s’occupait de faire résonner dans la rue les exclamations de ceux qui s’y trouvaient. La chimère approcha, glissant dans l’ombre, silencieuse.

Alors qu’elle allait finalement traverser la rue pour atteindre l’entrée, les portes s’ouvrirent à la volée sur deux types en portant un troisième, les pieds devant. Alors que les deux qui portaient ce corps svelte grimaçaient de colère, le troisième semblaient totalement hors de la réalité.

- C’est beau n’est ce pas ?
*Quoi, un type trop ivre qui se fait jeter d’un bar ?...*

Et il se fit jeter : face contre terre, dans la boue. Les deux hommes, apparemment satisfaits de leur besogne, rentrèrent sans s’attarder. Devant la chimère, à quelques mètres seulement, un corps baignait dans l’ocre du sang mêlé à la terre. Ses vêtements, ses mains, son visage et ses cheveux blonds étaient des plus sales. Et il ne semblait pas s’en préoccuper le moins du monde. Il ne se préoccupait surement de pas grand-chose au vu de son état.

Un regard à gauche, un autre à droite : personne. Balsa s’approcha…

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Dernière édition par Balsa le Jeu 26 Jan 2012, 18:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Merci le vin   Mar 12 Avr 2011, 16:21

Encore cette sensation… La sensation que tout autour de moi n’est que fiction, que rien n’existe, et que je sens sous mes pieds le monde tourner sur lui-même à plus de mille kilomètres par heure, autour du soleil à plus de soixante mille kilomètres par heure, et, que grâce à la volonté de nos dieux, on peut s’accrocher à ce monde… Ce monde qui peut, à tout moment, nous rejeter dans l’infini du cosmos, avec encore plus de planètes qui tournent autour d’elles même à mille kilomètres par heure et autour de leurs soleils à soixante mille kilomètres par heure, et qui tournent, et qui tournent, et qui tournent, et qui…

Une autre sensation prit l’elfe soudainement, la sensation de vouloir « dégueuler ses entrailles » comme dirait les humains. Il releva la tête, et était convaincu que sous la couche de boue qui le couvrait, il était pâle comme les étoiles. Il sentit le monde vibrer sous la vitesse, et il avait peur de s’envoler s’il se releva. Il se mit alors sur le dos dans la flaque, écarta les bras et les jambes en forme d’étoiles, s’accrocha au sol et regarda autour de lui avec un rictus affreux, un rictus que quelqu’un ferai si un ouragan déferlait devant lui, et qu’il recevait des rafales imaginables en pleine figure.

Après peut être une minute, Shiya commença à voir plus clairement, et remarqua aussi à quel point il avait l’air stupide. Il se leva d’un bond et retira le plus de boue possible de sa tête et de ses habits tout en titubant, la tête légère.

Il observa enfin ses environs et, étonnamment réussi à se concentrer sur certaines choses. L’air frais lui fit du bien. Il entendit des bruits de bagarre dans la taverne derrière lui et quelques paroles étouffées.

« C’est ma bouteille imbécile !
-Ben prends le alors tête de cul de babouin ! » Suivi du bruit de verre qui éclata, surement sur la tête de son nouvel ami.

Il se trouvait sur un petit chemin, avec quelques bâtiments en pierre de droite à gauche. Devant lui s’étendait une vaste place marchande, vide à cette heure si. Seulement quelques oiseaux cherchaient de quoi se nourrir sur la terre labourée par le passage de centaines de personnes pendant la journée.

Quelque chose bougea à sa droite, une forme blanche très floue s’approcha de lui. Il supposa que la forme était vivante et, retrouvant ses sens lui demanda :

« Bonsoir, ou bonne nuit. Enfin non bonsoir. Quelle heure est-il ? Ou plutôt est ce que vous pourriez me diriger vers la taverne la plus proche ? Je ne pense pas que les personnes de cette taverne veulent me voir d’ici quelques jours. Pointez mon corps dans la bonne direction s’il vous plait. Comme ça je pourrai marche en ligne droite. Ce sera plus facile. » Lui dit il, en regardant quelques mètres à gauche de la figure en lui parlant.

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MessageSujet: Re: Merci le vin   Mer 13 Avr 2011, 00:55

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Le jeune homme se tourna sur le dos dans une grimace de souffrance et d’horreur. L’alcool avait de ces effets dévastateurs sur certaines personnes. Balsa avait rarement bu en réalité. Mais sa vie nouvelle, dont le seul loisir vraiment distrayant était d’observer les gens autour d’elle, lui avait enseigné beaucoup concernant ces breuvages.

Elle trouvait cela amusant d’écouter les dialogues de sourds, de voir des gens rire sans s’arrêter ou faire des grimaces surréalistes, mais aussi pitoyable. L’état dans lequel tombaient les buveurs était une honte à ses yeux. Car ils acceptaient d’effacer leur conscience et d’affaiblir leur corps. Ils se rendaient vulnérables et faibles.


La chimère stoppa son pas léger quand elle remarqua qu’il s’agissait non pas d’un homme mais d’un elfe planté là dans la rue. Un léger rictus apparut un seconde sur ses lèvres. Tiens, tiens, l’un des leurs, ici ?... Voyons voir ce qu’il fabrique. Elle n’avait pas de bons souvenirs des elfes. Car à peine avait-elle posé le pied dans leur terre qu’ils l’avaient assimilée à une menace.

Elle était pourtant venue avec des intentions des plus pacifiques. Et n’avait jamais heurté l’un des leurs. Mais sur un jugement d’apparence, peut-être parce qu’elle était en compagnie de ce neko si animal, ils avaient vu en elle un danger. Ils s’étaient lancés à sa poursuite et elle avait du se terrer dans les profondeurs de leurs quartiers.

Elle avait ensuite disparu dans la jungle, mais souvent elle revenait en quête d’un bateau qui la ramènerait à Lan Rei. Et si les gardes elfes la trouvaient, ils tentaient de l’arrêter, sans hésiter à utiliser contre elle leurs flèches si précises. Une fois l’un d’entre eux la prit en chasse jusqu’à son repère dans la jungle. Le malheureux était seul et elle l’exécuta sans pitié.


Dans la rue sombre et déserte, l’écho de la taverne rebondissait sur chaque mur en un brouhaha incessant. L’inconnu chancelant reprenait peu à peu ses esprits. Il inspecta les environs avec sérieux. C’est ce moment que choisit Balsa pour avancer plus près. Il la vit et s’adressa directement à elle dans un effort de politesse remarquable. Mais la direction de son regard trahissait de manière flagrante son état d’ébriété avancée. Et son discours en disait tout aussi long. La chimère ne retint pas un petit rire, mais doutait fortement qu’il le remarque.

- La taverne la plus proche ? Mais c’est que c'est une bonne idée ça oui.
Elle se tut un instant pour voir la réaction de sa pique sur le visage de l’elfe.
- Par contre, je vais pas pouvoir « pointer votre corps » dans la bonne direction. Un petit problème que j’ai mais bref, passons. Je vous propose de vous y conduire plutôt, si vous êtes d’accord.

Elle le dévisagea puis promena son regard de la tête aux pieds de l'inconnu. Il était dans un sal état. Cependant son corps ne semblait pas trop atteint. Il avait réussi à se relever et à aligner quelques phrases sans hésiter. Même si celles-ci étaient peu sensées.

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MessageSujet: Re: Merci le vin   Mer 13 Avr 2011, 16:17

Après avoir fini son discours avec tant de mal, l’elfe remarqua une chose qu’il aurait due voir avant. Cette personne devant lui avait vu la petite scène de Shiya roulant au sol. Il se sentait terriblement gêné à présent, son visage passant du blanc à la rouge tomate.

- La taverne la plus proche ? Mais c’est que c'est une bonne idée ça oui.

Le visage de Shiya s’illumina sous ses mots, comme descendant du ciel. Un monstre sourire apparut sur ses lèvres. Peut être même avait il trouvé un nouvel ami buveur ? Ou plutôt une. Sa voix était celle d’une femme.

-Ah ! Quelle… Gentillesse… Mademoiselle !


- Par contre, je vais pas pouvoir « pointer votre corps » dans la bonne direction. Un petit problème que j’ai mais bref, passons. Je vous propose de vous y conduire plutôt, si vous êtes d’accord.


Un problème ? Je me demande… Euh… Ce que je vais bien pouvoir boire à la prochaine taverne !

-En route alors !

L’elfe tendit le bras au ciel, le poing fermé, imitant un grand combattant partant à la guerre. Il avança rapidement vers la place, gardant le bras en l’air, ne prenant pas la peine de réfléchir à sa destination. Cependant la scène fut bien moins glorieuse que comme il la voyait dans sa tête. Dans une ruelle voisine, il entendit le bruit de vomissements et quelqu’un criant : - Soliiiiide ! Ce genre de scène ne figurait pas dans les grands livres historiques.

Shiya fit volte face et avança militairement vers le coin de la ruelle, se dirigeant vers les bruits. La fille le suivit, surement par curiosité plutôt que pour l’aider à se remettre debout une fois par terre. Avant de tourner dans la ruelle, un oiseau passa devant Shiya, ce dernier le suivant du regard. Il changea de direction et se mit à le poursuivre. L’oiseau, comme tant d’autres, allait sur la place. L’elfe fit bien deux cents mètres avant de remarquer ce qu’il faisait.

Comme retournant sur terre, Shiya baissa le bras et prit la peine d’observer la femme qui le suivait à travers la ville. En se concentrant, il vit qu’elle portait une cape blanchâtre et une capuche de couleur similaire cachant des cheveux noirs attachés. Elle était assez grande et le regardait avec des yeux bruns noisette, d’une allure étrangement sérieuse pour une buveuse.

-Ca va ?

Shiya réalisa d’un coup qu’il était censé la suivre, et en rit pendant quelques secondes. Puis, d’un sourire chaleureux lui montra la route en se mettant de profil, ainsi disant qu’il la suivait.

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MessageSujet: Re: Merci le vin   Mer 13 Avr 2011, 22:14

- En route alors !

Le voila qui levait son poing en l’air, affichant un air faussement sérieux et se mettant en route. Balsa imaginait ce qui pouvait alors se tramer dans la tête de l’elfe. Surement que le décor était bien plus haut en couleurs, que le son qui résonnait dans son crâne était celui d’un hymne guerrier héroïque et que sa quête consistait à se lancer à la recherche d’un lieu des plus sacrés. La prochaine taverne.

Avait-il conscience qu’autour de lui la vie s’écoulait bien différemment de ses fantasmes ? Car la réalité ne présentait qu’une ville sombre et puante, dont l’écho de ses habitants était alors constitué d’un relent d’entrailles couvert par une exclamation peu censée. Balsa suivait à quelque distance l’ivrogne qui s’était mis en route. Surement que ce cri lâché dans la ruelle adjacente était pour lui le cri d'un dragon qu'il allait affronter en héros.

Cependant il fut rapidement distrait par le vol d’un oiseau. C’était un peu étrange que l’animal soit actif la nuit, mais probablement logique puisqu’il alla se poser sur la place, picorer les miettes laissées là par les habitants de la ville.

Son attention passait d'une chose à l'autre très rapidement. D’abord sa marche victorieuse, puis la poursuite de l’oiseau. Et maintenait, il regardait fixement la chimère, d'un regard vaseux, semblant chercher en lui la force de décrypter ses formes et ses intentions.

- Ca va ?
Elle eut un petit rire silencieux qui souleva sa poitrine un instant.
- Moi oui. Et vous ?

Elle sourit, sans savoir si son expression saurait être lue par l’inconnu. Elle fit mine de regarder autour d’elle, posant ses yeux sur la taverne d’où l’elfe venait, puis sur une petite rue qui serpentait depuis la place en direction de l’intérieur des terres.

- Par ici, il y a une taverne aux prix abordables, ils servent une cervoise tout à fait respectable.
Puis elle scruta une autre rue, un peu plus large que la première.
- Sinon par là, une auberge sert les clients à toute heure de la nuit. Leur hydromel est excellent, mais il vous faudra déverser un peu plus d’or. Alors, laquelle de ces destinations vous semble la plus convenable ?

Il répondit et Balsa se mit en marche dans la direction qu’il choisit. L’elfe lui emboita le pas. Ils n’avançaient pas bien vite, la chimère temporisait son allure non seulement pour s’assurer qu’il suivait, mais aussi parce qu’elle comptait bien assouvir quelque peu sa curiosité sur le trajet.

- Alors ? Peut-on savoir ce qu’un elfe fait si loin de chez lui, perdu dans cette cité humaine ?

L’alcool avait ceci de pratique qu’il avait tendance à délier les langues. La chimère avait observé à moult reprises des individus sous l’emprise de cette drogue révéler leurs secrets les plus enfouis. Comme il s’agissait la plupart du temps de ragots et d’histoires d’amourette, cela n’entraînait guère de conséquences. Mais parfois, certains lâchaient des informations qui pourraient porter préjudice, à eux ou à d’autres.

- La ville vous plait-elle ?

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MessageSujet: Re: Merci le vin   Jeu 14 Avr 2011, 22:00

- Moi oui. Et vous ?
-Ah jamais mieux, jamais mieux ! Donc, où allons-nous ?

Il crut apercevoir un sourire au coin des lèvres de la fille, ce qui lui fit plaisir, il n’était pas le seul à être content apparemment.
Elle regarda autour d’elle pour chercher la bonne ruelle puis, en s’adressant à l’elfe, lui dit :

- Par ici, il y a une taverne aux prix abordables, ils servent une cervoise tout à fait respectable.

L’elfe observa la rue, qui lui semblait parfaite. Il commença alors à lever le bras au ciel mais la fille lui devança.

- Sinon par là, une auberge sert les clients à toute heure de la nuit. Leur hydromel est excellent, mais il vous faudra déverser un peu plus d’or. Alors, laquelle de ces destinations vous semble la plus convenable ?


L’elfe essaya le mieux possible de se souvenir des deux propositions, mais ses pensées restèrent bloquées sur une chanson qu’il venait de créer :
L’hydromel… L’hydro, c’est comme de l’eeeaaauuuu, il y’a des poissons et des bateaux dans l’eeeaaauuuu, et y’a moooiiiii, maintenant !!!!!

-Hydromel ! Cria l’elfe en regardant la fille d’un air de vainqueur. Elle se mit en marche et il la suivit de près, tout en chantonnant « Hydro, c’est comme de l’eeeaaaauuuu… » à voix basse.

Quelques minutes passèrent pendant que Shiya se mit à réfléchir sur les prochaines paroles de son chef d’œuvre musical. Elle lui coupa la parole quand il arriva au refrain.

- Alors ? Peut-on savoir ce qu’un elfe fait si loin de chez lui, perdu dans cette cité humaine ?


L’elfe regarda la fille curieusement. Les amis buveurs ne posaient jamais de questions semblables. Après une courte hésitation, il répondit.

-Ah moi je suis un elfe qui voyage ! J’aime l’océan tu vois ? Je rêve de traverser chaque océan imaginable et explorer tous les tavernes existantes, mais jamais, jamais, jamais, jamais j’retournerai sur Rosyel. Pourquoi ? Ben parce que y’a pas d’hydromel là bas bien sûr ! Dit-il en éclatant de rire, vacillant de droite à gauche de la ruelle en le faisant, perdant l’équilibre.

- La ville vous plait-elle ?

-Oh les villes, j’y vais que pour les gens et les boissons. Je préfère la nature moi ! Le grand air ! Surtout le matin. Le bruit est insupportable ici après une bonne soirée entre amis.
Et toi, que fais tu à trainer derrière ses murailles, où les arbres ne poussent pas ? Oh, et quel est ton nom mademoiselle ? Je suis très impoli je m’excuse !


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MessageSujet: Re: Merci le vin   Jeu 14 Avr 2011, 23:26

- Hydro, c’est comme de l’eeeaaaauuuu…
Tu dois bien en boire beaucoup de l’eau toi !...

C’était tout de même amusant d’assister à la scène en étant sobre. Balsa ne pouvait s’empêcher de sourire, mais comme elle baissait la tête, son visage dans l’ombre de sa capuche n’était pas facilement déchiffrable.
Intérieurement, la chimère tirait des conclusions du choix de l’elfe. Même si ce dernier n’était pas des plus conscient, il avait opté pour la destination où les prix seraient les plus élevés. Il ne devait donc pas être à court de monnaie, ce qui intéressa de suite la voleuse opportuniste qu’était devenue Balsa. Il restait bien sur la possibilité que, ivresse aidant, il n’ait pas considéré le prix à déverser lors de son choix.
Il répondit facilement à sa question. Et bien qu’il semblât interloqué de la nature de celle-ci, il s’étala largement en explications, qui finirent dans un tourbillon peu cohérent mais résumaient assez bien son état d’esprit. Alors Balsa enchaîna avec une nouvelle question, qui n’avait pour but que de lui délier la langue un peu plus. Elle n’écouta pas vraiment la réponse mais releva ce qu’il dit par la suite :

- Et toi, que fais tu à trainer derrière ses murailles, où les arbres ne poussent pas ? Oh, et quel est ton nom mademoiselle ? Je suis très impoli je m’excuse !
- Hahaha !... pardon. Oui, vous êtes des plus impolis, jeune elfe. Car premièrement, cela ne se fait pas de tutoyer une inconnue. Et vous semblez ignorez aussi une règle essentielle de la courtoisie : on ne demande pas le nom d’un autre sans s’être présenté auparavant.

Elle lui laissa entendre, écouter, comprendre et digérer ces quelques reproches. Elle espérait aussi qu’il en conclut de lui-même qu’elle attendait qu’il donne son nom. Comme il avait quelques difficultés à marcher et parler en même temps, elle ralentit un peu l’allure.

- Pour ma part, je suis ici car j’ai grandit dans cette ville, c'est tout simplement ma maison. C’est pour ça que je connais les bonnes tavernes. Oh, et mon nom est Rosa, enchantée.

Ils se trouvaient au bord du centre-ville et entamèrent bientôt la descente d’une longue rue qui menait au port. Encore un peu plus loin, un peu plus à l’écart et la chimère pourrait agir et profiter pleinement de cette soirée si bien commencée. Cependant, si ses intentions premières avaient été mauvaises et qu’elle avait même donné un faux nom, elle devait admettre que cheminer avec cet elfe n’était pas déplaisant.

- Je crois que j’ai trouvé une suite pour la chanson.
Elle se racla la gorge, tout en se demandant ce qui pouvait bien l’avoir prit de partir sur ce sujet.
- Hydroooo, c’est comme de l’eaaaaau, et meeeel, un antigeeeel…

Observant la réaction qu’allait provoquer cet humour que la chimère n’avait pas l’habitude d’utiliser, elle laissa planer un petit silence avant de reprendre sur un ton plus sérieux.

- Cependant, cher Shiya, je ne pense pas pouvoir vous suivre dans cette auberge. Je n’ai guère d’or et je ne prévois pas de le dépenser en boisson. De plus, si j’aime à boire quelques gorgées, je ne supporte pas de me retrouver dans ce genre de lieu…

Fallait-il être un peu moins subtil ? Parviendrait-elle à lui faire faire ce qu’elle voulait ? Elle poursuivit d’une voix basse et un peu étouffée :

- Mais si nous buvions tranquillement à l’extérieur, sur la plage par exemple, ce serait intéressant…
Elle conclut en reprenant une voix plus forte, plus naturelle et amicale :
- Et vous logez où dans cet ville, monsieur le voyageur ?

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MessageSujet: Re: Merci le vin   Sam 16 Avr 2011, 00:10

- Hahaha !... pardon. Oui, vous êtes des plus impolis, jeune elfe. Car premièrement, cela ne se fait pas de tutoyer une inconnue. Et vous semblez ignorez aussi une règle essentielle de la courtoisie : on ne demande pas le nom d’un autre sans s’être présenté auparavant.

Shiya s’arrêta net. Il ne s’attendait pas à cela. Il prit l’habitude de parler comme à des amis chaque personne qu’il croisait, et il lui avait même semblé d’être plutôt poli envers cette fille. Il ne sut pas si elle l’insultait ou si elle lui récitait tout simplement une liste de mœurs à avoir en société. Dans tous les cas ce ne fut pas des plus chaleureux.

-T… Vous… n’es…êtes pas normal n’est ce pas ? Vous ne buvez pas souvent ? Pourtant tu as l’air de connaître… Vous… avez… Ouais. Bref je m’appelle Shiya et c’est tout ce que vous avez à savoir sur moi. Avez-vous le droit de répondre maintenant ?

Demanda-il en se remettant en marche, encore moins rapide qu’auparavant. Il observa les bâtiments autour. Il y avait quelques auberges ici et là, mais quelque chose le tracassait. Il ne savait juste pas quoi.

- Pour ma part, je suis ici car j’ai grandit dans cette ville, c'est tout simplement ma maison. C’est pour ça que je connais les bonnes tavernes. Oh, et mon nom est Rosa, enchantée.

Décidemment elle est bien spéciale celle la. Gentille comme tout d’un coup…


-Ah Rosa. Quel joli nom. Ca va putôt bien avec la ville d’ailleurs. Et donc tvous êtes d’ici. Vous n’aimez pas voyager ?
Lui dit il, qu’à moitié intéressé.

- Je crois que j’ai trouvé une suite pour la chanson.
Hydroooo, c’est comme de l’eaaaaau, et meeeel, un antigeeeel…


Il ne suffisait pas de grand chose pour faire rire l’elfe en général, alors en mélangeant chant et alcool, il ne pouvait plus s’arrêter. Il ria à en faire trembler les murs et fuir les oiseaux, les larmes lui montant aux yeux. Ce fut ce qu’il fallait pour effacer les quelques soupçons qui trottaient dans son esprit.

-Ah elle est bien bonne !
Lui dit-il en la tapotant le dos.
-Ah euh… Désolé.

L’elfe ria encore quelques minutes à voix basse, tout en regardant autour de lui. Il ne connaissait pas ces lieux.

- Cependant, cher Shiya, je ne pense pas pouvoir vous suivre dans cette auberge. Je n’ai guère d’or et je ne prévois pas de le dépenser en boisson. De plus, si j’aime à boire quelques gorgées, je ne supporte pas de me retrouver dans ce genre de lieu…

Voilà qui est très embêtant. Évidemment je veux payer pour nous deux, puisque je SUIS poli ! Mais il va peut être falloir lancer quelques paris pour gagner de quoi payer à boire. Il y a toujours des gens dans un état pire que le miens à qui jouer un mauvais tour.

-Vous n’êtes donc pas buveuse de nature… Pourtant l’ambiance peut être très bien. La preuve juste avant, c’était très amusant !

Cependant d’une voix plus basse elle poursuivit.

- Mais si nous buvions tranquillement à l’extérieur, sur la plage par exemple, ce serait intéressant…

Le peu de sens qui lui restait réussirent à faire sonner l’alarme dans sa tête.

Des avances ? Voilà qui est dérangeant.


Il commença à imaginer une façon de sortir de ce pétrin, mais finalement la curiosité le gagna. Il voulait savoir ce que Rosa avait dans la tête. De plus il voulait revoir la mer.

-Oui pourquoi pas aller sur la plage. À cette heure si ça doit être joli.

Très rapidement derrière, elle ajouta d’une voix plus assurée, pour changer de sujet :

- Et vous logez où dans cette ville, monsieur le voyageur ?

-Moi, j’aime pas la ville. J’ai trouvé un coin tranquille à l’extérieur de la ville, à l’abri de la pluie et des voleurs. Mes biens sont bien cachés là bas. Je préfère pas me balader dans la ville avec tout ce que j’ai. Même si ça ne revient pas à beaucoup. Surtout vu comment je fini hein ?
Ajouta il en riant.
-Oh je voulais vous demander quelque chose. Je préfère faire bonne impression en entrant dans la taverne. Est-ce que vous pouvez me jeter un sceau d’eau à la figure pour me rafraichir et me nettoyer un peu ? Je suis sûr qu’on peut en trouver quelque part.


Il était sûr que l’idée lui plaira aussi. Les filles aimaient toujours lui jeter de l’eau à la figure. Ca en devenait une habitude.
Soudainement, Shiya remarqua ce qui clochait.

Les bâtiments ! Y’en a moins ! Et elle veut… elle veut elle veut… la plage ! La plage ?

- Pardonnez-moi, mais il me semblait que dans cette ville les tavernes étaient au centre. Où est votre taverne au juste ?

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Merci le vin   Sam 16 Avr 2011, 03:41

Petit blocage. Tu, vous, et tout un flot de questions se mêlèrent dans la réponse de l’elfe ivre. Il dit s’appeler Shiya, mais précisa clairement qu’il n’en dirait pas plus sur son identité. Qu’importe, la chimère n’en avait cure. Connaître le passé et les raisons de vivre des autres, c’était bon pour les amis. Pas pour ses distractions d’un soir, encore moins pour ses victimes.
Il se remit en marche. Balsa vit bien qu’il regardait alentours. Son esprit devait être encore confus, mais il semblait réaliser qu’ils quittaient peu à peu le centre ville. Fallait-il s’inquiéter ? non pas encore, la chimère gardait une bonne marge de manœuvre.

Shiya goba tout rond le mensonge de Balsa, allant jusqu’à commenter la nature de son prénom. « Joli » comme il disait. Etait-ce là une forme de flatterie ? Tombait-il à ce point dans le piège de la chimère ? Cette dernière ne répondit pas à la question de l’elfe concernant son gout pour le voyage. Chanter fut un bon moyen de l’esquiver.
Et le résultat fut bien supérieur à tout ce qu’elle avait pu espérer. Le rire monta en un éclair à la gorge de l’elfe et se déploya en une succession de soubresauts qui soulevèrent son corps svelte. Parfait ! Voila comment mettre un esprit affaiblit dans sa poche. L’étau se refermait, la prédatrice glissait lentement, centimètre par centimètre, s’approchant de son but.

Il retrouvait peu à peu la parole quand il effectua un mouvement des plus surprenants. Car sa main vint se poser du bout des doigts sur l'épaule de Balsa, la tapotant amicalement. Il ne semblait pas vraiment avoir mesuré la portée de son geste et s’excusa tout de suite. Mais c’était trop tard. Quelque chose d’impalpable traversa le cœur de la chimère.
Ainsi elle pouvait susciter l’amitié, même sous son apparence si fermée et froide, auprès d’un elfe qui plus est. C’en était presque regrettable, car le piège était tout tendu et jamais le fauve ne laissait filer sa proie une fois qu’il l'avait choisit. Elle le laissa profiter de la fin de son rire, si franc, et poursuivit.

Il avait comprit qu’elle n’affectionnait pas les tavernes et autres, mais tenta par quelque mots de changer son opinion sur le sujet. Ce fut bien peine perdue. Car si non seulement Balsa n’appréciait pas l’ivresse, elle détestait surtout la masse d’humains qui se trouvait généralement en ces lieux. Elle soumit alors sa proposition faussement timide de destination : la plage.
Il ne répondit pas tout à fait de suite. Cette idée avait-elle éveillée sa méfiance ? L’interprétait-il d’une manière erronée ? En y repensant, la chimère comprenait que cela pouvait sembler être bien plus qu’une simple idée. Elle se mordit l’intérieur de la joue jusqu’à ce qu’enfin il réponde.

Et il acceptait, ô miracle ! Presque imperceptiblement, elle accéléra le pas… et le ralentit dès que l’elfe évoqua son logis hors de la ville. Ainsi donc, il ne portait pas sur lui ses biens les plus précieux. Preuve d’intelligence de sa part, mais malchance pour la chimère. Il lui était toujours possible de le suivre jusque là-bas, mais elle n’était pas sûre d’en avoir la patience. D’autant qu’il semblait franc en disant qu’il n’avait pas grand-chose. Le jeu n’en valait donc pas la chandelle…

- Oh je voulais vous demander quelque chose. Je préfère faire bonne impression en entrant dans la taverne. Est-ce que vous pouvez me jeter un sceau d’eau à la figure pour me rafraichir et me nettoyer un peu ? Je suis sûr qu’on peut en trouver quelque part.

Que, que… quelle étrange requête. Elle le regarda d’un air à la fois amusé et interloqué. Elle ne voyait pas trop s’il était sérieux, faisait une pointe d’humour ou si l’alcool avait à ce point altérer son esprit. Elle nota cependant qu’il avait fait un bel effort de politesse, intégrant parfaitement le vouvoiement à présent. Preuve qu’il dessaoulait ? La chimère lui répondit avant que son silence ne laisse suggérer qu’elle s’inquiétait à ce propos :

- Et bien si nous passions d’abord par la plage, vous pourriez vous rincez de cette eau fraiche et vivifiante je pense. C’est moins hasardeux qu’espérer trouver un sceau d’eau quelque part.

Nouveaux regards alentours, il scrutait le décor. Et cela fit soudainement "tilt" dans sa tête, alors que Balsa esquissait un sourire qui n'avait pas de raison apparente.

- Pardonnez-moi, mais il me semblait que dans cette ville les tavernes étaient au centre. Où est votre taverne au juste ?
Ah oui, t’as remarqué ça… Mais cesses donc de te préoccuper de ce détail, tiens…
- Je vous ai dit que c’était une auberge rappelez-vous. Elle se trouve comme pas mal d’autres au port, c’est là que nous nous rendons. Enfin, du coup nous faisons un premier détour par la plage non ? C’est le même chemin quoiqu’il en soit.

Comme il semblait plus serein et net d’esprit qu’auparavant, Balsa força le pas, s’assurant bien entendu qu’il suivait toujours. En considérant tout ce qui venait de se passer, elle ne savait plus trop quel était exactement son but. Se venger du peuple elfique sur ce pauvre Shiya ? Lui voler le peu qu’il avait ? Ou tout simplement se distraire égoïstement ?

Un vent chargé de sel marin soufflait face à eux, canalisé entre les bâtisses qui s’élevaient de part et d’autre de la rue. La nuit était fraiche et une rafale fit frissonner la chimère. Cette sensation était très agréable. Balsa se rappelait la première fois qu’elle avait vu l’océan, plus d’un an auparavant. Elle avait par la suite affronté le monstre d’eau. A présent, elle l’aimait tout autant qu’il l’effrayait.

- Et donc, cher Shiya, je ne dois pas vous interroger sur votre passé. Soit, je comprends parfaitement. Mais alors puis-je me permettre d’évoquer votre futur ? Vous avez des voyages prévu après Reilor ? Une contrée qui vous attire particulièrement ?
Mais qu’est-ce que je fous à le lancer là-dessus ?... Je fais la conversation maintenant ?... faible, je suis si faible… le pire, c’est que je crois que j’ai peur de l’avoir offensé… Tccchhhh, verra bien qui rira le dernier, pauvre petit elfe !... Et puis faut bien parler, un silence serait trop pesant et louche...

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Dernière édition par Balsa le Lun 18 Avr 2011, 03:38, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Merci le vin   Dim 17 Avr 2011, 20:02

- Et bien si nous passions d’abord par la plage, vous pourriez vous rincez de cette eau fraiche et vivifiante je pense. C’est moins hasardeux qu’espérer trouver un sceau d’eau quelque part.

Bon… Pourquoi pas aller directement là bas… L’hydromel peut attendre après tout.

Il allait lui dire que l’idée le plaisait, quand il remarqua le manque de bâtiments et lui demanda donc où ils allaient.

- Je vous ai dit que c’était une auberge rappelez-vous. Elle se trouve comme pas mal d’autres au port, c’est là que nous nous rendons. Enfin, du coup nous faisons un premier détour par la plage non ? C’est le même chemin quoiqu’il en soit.


Décidément elle veut aller à la plage cette Rosa… Mais l’auberge… Au port ? Oh et puis zut.

À force de réfléchir, un mal de crâne gagna l’elfe et il décida d’arrêter avec ses questions et croire à cette fille mystérieuse.

-Ah oui c’est vrai. Que je suis bête. Allons donc à la plage !

Rosa marchait plus vite à présent, mais s’assura tout de même que l’elfe suivait. Un vent unique soufflait sur les deux silhouettes marchant à travers les petites ruelles de la ville. Ce fut le vent marin. Ce vent qui transportait les odeurs de sa mer qu’il aimait tant. Il inspira profondément et un mélange de sel et de poisson inonda ses narines. Un soupire heureux l’échappa. Il souriait en imaginant le bruit des vagues s’écrasant sur la plage déserte, le bruit des goélands piaillant en cherchant à manger sur la surface de l’eau, le bruit des marins criant entre eux en préparant un bateau à un long voyage, mais aussi le calme de ce vaste océan incommensurable, le seul endroit où le silence existait vraiment.

Shiya accéléra, dépassant Rosa et marchant en direction du vent. Depuis son arrivé à Reilor il n’avait pas revu la mer. Il avait peur de se faire remarquer la journée, mais, dans le sombre de la nuit l’envie de revoir l’océan remporta l bataille. Pour rompre le silence qui s’était créé sans que Shiya s’en rende compte, Rosa lança une conversation. Il entendit sa voix au loin lui parlant, le ramenant à ses esprits.

- Et donc, cher Shiya, je ne dois pas vous interroger sur votre passé. Soit, je comprends parfaitement. Mais alors puis-je me permettre d’évoquer votre futur ? Vous avez des voyages prévu après Reilor ? Une contrée qui vous attire particulièrement ?

-Je veux voyager. Qu’importe la destination. Avoir aucun soucis et pouvoir partir où je veux. C’est une belle manière de vivre non ? T’en pense quoi ?

Répondit-il sans hésiter, pensant qu’elle voulait juste parler innocemment.

Oups… Encore un tutoiement. Bon tant pis.


Shiya tourna au bout de la rue, menant à présent la danse. Complètement perdu dans le labyrinthe de la ville, il sut se retrouver grâce à ce vent qu’il connaissait si bien.
Devant lui s’étendait une énorme plage d’un sable farineux, scintillant sous la lune et les étoiles. La marée était basse, l’océan était donc très loin, il fallait marcher encore beaucoup pour trouver de l’eau.

Shiya se lança sur la plage, Rosa non loin derrière. Le sable était parfait. Il aurait put se coucher dedans et s’endormir en paix. Il regarda autour de lui, à sa droite il vit à un ou deux kilomètres le port et la forme de quelques bateaux. À sa gauche, il ne vit que cette plage immense. Il se sentait bien.

-C’était une bonne idée Rosa. Merci.

Lui dit-il en souriant, les mots lui venant du fond du cœur.

Ils marchèrent encore un peu, et plutôt que de regarder l’océan devant lui, Shiya observa Rosa. Il voulut mieux la voir. Il ne voyait qu’une moitié de visage sous sa capuche, et avec le peu de lumière présent, il ne voyait aucun détail, que ses yeux bruns brillants sous le ciel étoilé. Ne voulant pas la gêner il se concentra par la suite sur la mer qui approchait petit à petit. Peu après, ils tombèrent sur un petit lac, une dizaine de mètres carrés, pas très loin de la mer. Il devait y avoir un creux dans le sable à cet endroit car tout autour était sec, mais le lac s’étendait devant lui et lui semblait profond. En observant autour, il en vit plusieurs comme celui devant eux, un peu partout tout au long de la plage.

-Ca me va.
Dit simplement l’elfe.

Il s’accroupit au bord du petit lac, en gardant avec peine son équilibre. Il ne voyait même pas le fond de ce lac d’où il se tenait. Il ramassa un peu d’eau et éclata le tout sur son visage, le réveillant instantanément. Cependant il ne vit pas Rosa dangereusement près derrière lui.
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MessageSujet: Re: Merci le vin   Lun 18 Avr 2011, 03:35

Il était de ces silences qui se savouraient. Et se respectaient aussi, car la chimère ne répondit pas à la question de Shiya. Seul un sourire fugace sembla relever, amusé, ce tutoiement échappé. Sans doute son interrogation relevait plus d'une courtoisie qui voulait que le dialogue se prolonge plutôt que de la curiosité. Tout du moins il n'insista pas et continua de marcher, quelques pas devant elle. Il semblait si enthousiaste à la simple idée d’avancer vers la mer, comme un enfant. Ajouté à sa naïveté, cela faisait penser à Balsa qu’il était encore bien jeune pour l'un de ces êtres qu'on dit immortels.

Ils marchèrent un moment tous les deux, sans prononcer un seul mot. Le vent leur promettait de son souffle salé l’approche de l’océan. Cette odeur et cette force vivifiante étaient universelles. Partout où l’immensité bleue s’étirait, sur chaque côte et sur chaque île, elle enveloppait les contours des continents d’un voile marin. Le climat changeait à l’approche des plages et les vagues offraient à l’atmosphère une part des éléments contenus dans les flots infinis.


Cet endroit si particulier, à la frontière de la terre et de la mer, ils s’y trouvèrent bientôt. Il avait beau faire nuit, la lumière ne manquait pas pour autant. Le soleil reflétait sur la lune ses puissants rayons, qui continuaient leur course jusqu’à la crête des vagues et scintillaient encore plus que les étoiles ne brillaient. La chimère ne savait pas si cela pouvait être du à ses capacités félines de vision noctunre, mais elle ne ressentait aucune gène à évoluer dans ce nouvel environnement. Quelques souvenirs furtifs de sa vie sur Rosyel, cachée comme une bête dans la jungle, revenaient en éclats miroitants à la mémoire de Balsa.

Puis des souvenirs plus récents, jusqu’à cette dernière phrase qu’il avait prononcée. « Je veux voyager. Qu’importe la destination. Avoir aucun soucis et pouvoir partir où je veux. C’est une belle manière de vivre non ? ». Quelques mois en arrière, Balsa en aurait dit tout autant. Elle le pensait sans doute encore, sans trop se l’avouer. Mais là n’était pas la question. Parce qu’aujourd’hui, elle ne dirait plus cette vérité éclatante au premier inconnu croisé dans les rues de la ville, entre deux tavernes. Elle avait apprit à se méfier et surtout à ne pas éveiller la méfiance. Car qui paraissait plus coupable que le voyageur. Celui qui passe sans laisser de trace, sans attache et sans passé ?

Et puis il avait ce «T’en pense quoi ? ». Innocence et familiarité naturelle, ou conséquence d’un manque de retenue dû à l’alcool ? Plus la chimère y pensait et plus la seconde solution lui parassait peu vraisemblable. Parce qu’un elfe est par essence un être qui sait maîtriser son langage, elle ne concevait pas qu’une simple boisson puisse altérer leur volonté d’employer les mots convenus. Et il avait prouvé qu'il en était capable, bien qu'il fut resté un moment hésitant.


Devant elle, Shiya avançait joyeusement, lui lançant des coups d’œil qu’elle ne put que remarquer. Il préféra reporter son attention sur le décor et se dirigea bientôt vers un groupe de petits lacs d’eau salée, formés par le recul de la marée. Car l’écume se brisait à son point le plus bas. Ils évoluaient donc dans cette seconde plage qu’était le lit de sable, humide en permanence, s’étendant entre les extrémités de la marrée montante et descendante. Ils vivaient un instant qu’une langue étrangère dénommait « slack tide ».

A partir du moment où la chimère posa le pied sur cette étendue de grains fins gorgés d’eau, elle fit un grand effort de concentration. Car malgré ses chaussures en cuir, elle craignait que le courant qu’elle dégageait ne soit diffusé alentours sans qu’elle ne le désir. Elle fit taire tous sentiments néfastes, les contenant de toute sa volonté au plus profond de son être.

- Ca me va.

Sans plus porter attention à elle, l’elfe s’accroupi au bord de l’un de ces lacs éphémères. Il n’avait pas oublié la raison de sa venue et se débarbouilla à l’eau froide. Voila qui devait lui faire retrouver un peu plus ses esprits, après la promenade et le fait qu’il n’ait plus bu d’alcool depuis leur rencontre. La chimère glissa derrière lui.

Il avait le dos tourné, les pieds quasiment dans l’eau et le visage et les mains encore tout humides. Il ne pouvait pas être plus vulnérable, si ce n’était en plongeant directement dans le liquide conducteur. La situation profitait à la chimère qui n’avait qu’un mouvement à esquisser pour mettre un terme aux souffrances de Shiya, l’elfe voyageur. Ce sentiment de puissance, qu’elle portait en elle depuis qu’elle avait quitté les laboratoires, était à son paroxysme. Elle l’apprécia un instant, mais sa saveur était bien fade au vu de la facilité avec laquelle elle en était arrivée là.


Elle vint finalement à côté de lui, juste un peu en arrière pour ne pas qu’une rafale viennent étaler quelque petite vague sur ses pieds. Son visage était barré d’un sourire de satisfaction, comme si elle venait de remporter une grande victoire.

- Vous savez que je pourrais vous tuer, là, sur le champ ?

Alors ses mains se levèrent vers son visage et ses doigts saisirent de part et d'autre le tissu de sa capuche. Elle la fit basculer en arrière et ses mains vinrent ensuite dégager ses longs cheveux glissés sous l'étoffe de sa cape.

- Un voyageur comme vous devrait apprendre à se méfier des inconnus... Je crois, Shiya, que votre volonté de cacher vos origine vient d'une discorde avec votre peuple. Comme sur ce point nous nous rejoignons, je vous donne ce conseil : méfiez-vous toujours de celui ou de celle qui dissimule son apparence.

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MessageSujet: Re: Merci le vin   Lun 18 Avr 2011, 22:28

- Vous savez que je pourrais vous tuer, là, sur le champ ?

Shiya resta immobile. Il ne s’attendait pas à ça. Heureusement, grâce à l’eau froide qu’il venait de jeter sur sa figure, il pouvait mieux réagir face à ce genre de situation. Il décida de rester calme et continuer ce qu’il faisait, même si son cœur battait la chamade.

-Un voyageur comme vous devrait apprendre à se méfier des inconnus... Je crois, Shiya, que votre volonté de cacher vos origine vient d'une discorde avec votre peuple. Comme sur ce point nous nous rejoignons, je vous donne ce conseil : méfiez-vous toujours de celui ou de celle qui dissimule son apparence.

L’elfe ne réagit pas à ses mots, et calmement il reprit de l’eau et continua à se laver, tout en réfléchissant à ce que vient de lui dire Rosa. Toujours accroupi, il retourna la tête pour voir la fille debout, derrière lui. Elle se tenait là, à le regarder d’un air hautain avec un sourire de gagnant. Elle aurait pu avoir les mains sur les hanches et un centaure mort sous un pied, et son visage serait le même. Elle avait enlevé sa capuche, comme pour révéler son identité secrète à son ennemi avant de l’achever. Dans la pénombre, Shiya remarqua tout de même des traits noirs sur ses joues, tel un félin. Sur Rosyel l’elfe lisait beaucoup, et il se souvenait d’un recueil parlant de Nekos, une race mi félin, mi humain. Jusque là, il n’avait que rencontré des humains au long de sa fuite, et sa seule connaissance sur les autres races sortaient de livres.

Serait-ce possible ? Une Neko ?

Il remercia intérieurement ses amis, joueurs de cartes. Sans ces soirs passés à jouer dans une taverne, son regard ne serait jamais aussi illisible que là, devant elle. Il se retourna et plongea de nouveau ses mains dans l’eau mais s’arrêta pour dire quelques mots.

-Vous êtes très belle.

Puis il s’arrosa de nouveau d’eau, écoutant attentivement chaque mouvement de la fille, espérant entendre une réponse à ses paroles imprévues, mais près à se retourner d’un bond si elle réagissait mal. Il sécha ses mains sur sa tunique, et jeta à un clin d’œil rapide à Rosa.

J’espère ne pas l’énerver. Faut surtout pas montrer ma peur… Mais qu’est ce que je fabrique ?


Enfin, Shiya se retourna entièrement mais ne se mit toujours pas debout. L’inverse justement. Il s’assit juste au bord de l’eau jambes croisées, puis posa ses coudes sur ses jambes, reposa sa tête sur ses deux mains poings fermés, puis observa longuement Rosa. Il supposa que cela la mettrait mal à l’aise, mais vu son air hautain pourquoi pas s’amuser un peu. Après tout il n’était pas mort.

Les secondes passèrent avec peine tandis que Shiya choisissait avec précaution ses prochains mots.
Finalement, après avoir attendu que son cœur batte moins vite il se lança, la regardant droit dans les yeux, essayant de rester le plus concentré possible, l’alcool montrant encore ses effets.

- Bien. Pourquoi donc suis-je vivant ?


Pourquoi pas commencer par l'évident ?

Il attendit une réponse puis continua, peut être pour détendre l’atmosphère.

-Et merci. Rare sont les bons conseils dans ces lieux. C’est vrai que j’ai eu l’habitude de faire confiance aux gens ici, vu que personne ne me voulait de mal, à part une petite bagarre amicale ici et là. Pour moi vous étiez tout simplement mystérieuse et non pas dangeureuse. Et je le crois toujours. Donc si vous n’aviez pas l’intension de me tuer ou de voler le peu que j’ai ce soir, asseyez vous s’il vous plait. Vous regarder comme ça m’est franchement désagréable.

S’il le pouvait, il aurait soupiré à ce moment. Il en avait bien besoin. Il eu du mal à rester là, sans bouger, sans défense. Il ne connaissait pas qui était vraiment cette Rosa, ni même sa race. Avait il bien fait ?
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MessageSujet: Re: Merci le vin   Mar 19 Avr 2011, 02:22

A la grande surprise de Balsa, l’elfe resta d’un calme stoïque en entendant qu’il pourrait être mort à l’instant même. Un peu déçue de ne pas avoir provoqué en lui la peur escomptée, elle poursuivit en lui conseillant la méfiance. Cela sous-entendait bien sûr à son égard tout d’abord. Mais elle avait découvert son visage et s’il était malin il avait comprit par ce geste qu’elle ne comptait pas le blesser ou le dépouiller de ses biens. Il restait bien sur la possibilité qu’elle le tue réellement. Au milieu de la plage, loin de tout regard étranger, elle n’aurait jamais pu être soupçonnée de ce meurtre.

Elle avait eu peu d’espoir qu’il relève dans sa dernière phrase la preuve qu’elle lui avait mentit quelques instants avant. Car comment aurait-elle pu être en froid avec le peuple des elfes si elle n’avait jamais quitté la ville ? Alors soit l’alcool n’avait pas été aussi bien dissipé par l’eau de mer qu’elle l’avait pensé, soit il était inattentif et ne mesurait pas le poids des mots.

Il était accroupi là, se débarbouillant un peu mieux, faisant mine de rien. Et cela frustra la chimère. Elle qui s’était fait craindre par tant de monde, elle avait l’impression d’avoir faiblit. Sa victoire sur l’esprit de l’elfe, qu’elle avait mené jusqu’ici et bercé de mensonges, prit un goût amer. Peut-être fallait-il lui montrer, il n’avait sans doute pas bien saisit ce qu’elle voulait dire et ne comprenait pas l’étendue de sa puissance. Il se contenta de chercher sur le visage rayé de noir un semblant de sens à cette histoire. S’il tentait de deviner ce qu’elle était, il avait encore un long chemin à faire.

Il resta un moment silencieux et la chimère n’allait pas perturber la douce mélopée des vagues s’étalant sur la plage et se brisant contre les rochers. Shiya la lâcha du regard pour à nouveau passer ses mains dans la fraîcheur de l’eau salée. Elle préférait regardait à l’horizon la crête des vagues vibrer doucement en reflétant la lumière de la lune. Puis, soudainement sortis de nulle part, il prononça ces quelques mots.

- Vous êtes très belle.

Quoi ? Elle posa sur lui des yeux tout ronds. Voila qui était des plus surprenants, déstabilisant même. Elle secoua doucement la tête avant de reporter son regard vers l’océan, les sourcils légèrement froncés et une absence total de sourire sur les lèvres. Pourquoi diable avait-il sortit une chose pareil ? Le son de sa voix résonnait encore dans les oreilles de Balsa et elle n’y déchiffrait aucune mauvaise intention, aucune fausse flatterie. De la sincérité seule. Elle voulut répondre quelque chose et entre-ouvrit les lèvres. Mais elle les referma bien vite. Car que répondre à cela ? D’autant que ce n’était en rien une question et qu’il ne devait donc rien attendre d’elle. Elle garda le silence, tournant et retournant dans sa tête cette phrase si courte qui l’avait plus secouée que l’aurait fait une attaque de front. L’inattendu était une arme puissante.

Plutôt que de se lever pour être à sa hauteur, l’elfe s’assit en tailleur, se tournant face à elle. Encore un geste qu’elle ne savait expliquer, elle qui vivait dans un monde de froideur et de distance. Il n’y avait sur cette terre que peu de personne avec qui elle se serait laissé aller à de telles familiarités. Il y avait Akin bien sûr, mais aussi évidemment Iburo et Mataro, ses amis chimériques, et même Kaleya qu’elle avait eu la joie de retrouver peu de temps auparavant. Mais lui, un elfe jusqu’alors inconnu, emprunt d’ivresse et d’une grande naïveté, il ne représentait rien pour elle. Du moins s’en persuadait-elle.

- Bien. Pourquoi donc suis-je vivant ?
- Je n’ai aucune raison de vous tuer après rélfexion… Et puis, je ne me satisferais pas d’une mort aussi facile à provoquer.

Il poursuivit sur un ton plus léger, souhaitant peut-être éloigner ces mots bien peu humains de ses pensées. Beaucoup de blabla dans ce qui suivit, mais la chimère maintint son attention. Il avait au moins remporté cette victoire sur elle qu’il l’intéressait grandement pour un inconnu, elfe qui plus était. A la fin, il l’invita à s’asseoir à côté de lui. Mauvaise idée bien entendu. Rapprocher ses mains du sable humide, plisser le tissu de ses vêtements jusqu’à faire apparaître sa queue féline et quitter cette position qui lui permettait de rester sur sa défensive, tout cela, il en était hors de question.

- Je suis désolée mais… Je suis désolée ? mais qu’est-ce qui me prends au juste ?… je vais rester debout. Et puis, n’étiez-vous pas sur la route d’une prochaine taverne ? Enfin si vous voulez mon avis, être ici est bien plus enivrant que toutes les drogues de ce monde…

Elle laissa mourir sa phrase dans le bruit de l’écume remuant le sable un peu plus loin. Que pouvait-elle dire de plus ? Il s’était livré à la chimère et elle se contentait de lui dire des vérités qui bien d’autres auraient pu lui souffler. Elle lui tourna le dos et fit quelques pas lents, lui offrant l’occasion de l’attaquer volontairement, testant une dernière fois ses intentions.

- Vous avez finalement réussi à chasser ce « tu » de votre bouche.

Puis elle se retourna vers lui, tenant ses mains derrière son dos, et dit d’un air serein et décontracté :

- Et maintenant que fait-on Shiya ? Je vous ai conduit jusqu’ici, à vous de mener la danse je vous prie.


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MessageSujet: Re: Merci le vin   Jeu 05 Mai 2011, 18:55

- Je n’ai aucune raison de vous tuer après réflexion… Et puis, je ne me satisferais pas d’une mort aussi facile à provoquer.

Pourquoi elle dit ça ? Je sais me battre moi ! Je sens trop l’alcool ? Mais elle est méchante ! Bon changeons de sujet… Je me suis pas fait attaquer après mon petit compliment, j’aurai bien aimé voir sa tête par contre ! Haha… Oui bon hein concentre toi !

- Je suis désolée mais… je vais rester debout. Et puis, n’étiez-vous pas sur la route d’une prochaine taverne ? Enfin si vous voulez mon avis, être ici est bien plus enivrant que toutes les drogues de ce monde…

Déçu, Shiya réfléchit aux paroles de Rosa. Il se souvenait d’une époque, il n’y avait pas ci longtemps que ça, où lui aussi se contentait de regarder l’océan pour être ivre de bonheur et n’approchait jamais du vin ou de l’hydromel. Il était différent, même mieux se dit il. Il repensa à tous ses moments sur Rosyel qu’il ne pourra plus jamais revivre, et il eu envie d’oublier. Tout oublier. Encore une fois.

-Oui il me faut de l’alcool je crois.

Dit il, toujours pensif et pas qu’un peu nostalgique.

Rosa lui tourna le dos et s’éloigna de lui de pas lents, laissant ses empreintes dans le sable piétiné.

Peut être que ce compliment lui a quand même fait quelque chose. J’espère qu’elle ne partira pas ! Elle m’intrigue…

- Vous avez finalement réussi à chasser ce « tu » de votre bouche.

-Ah ouais tu crois ?
Dit-il avec un grand sourire, se demandant ensuite pourquoi il avait fait quelque chose d’aussi débile. Il toussa, puis ajouta,

-Je m’excuse. Oui je peux me contrôler maintenant. Enfin, peut être pas jusqu’au point de ne plus sortir des mauvaises blagues, mais je crains qu’en temps normal mes blagues ne soient pas des plus fines. Peut être me verrez vous un jour sobre !

Elle se retourna avec les mains dans le dos d’un air trop décontracté pour quelqu’un qui voulait tuer un elfe quelques minutes auparavant.

Si elle cache quelque chose dans son dos…

- Et maintenant que fait-on Shiya ? Je vous ai conduit jusqu’ici, à vous de mener la danse je vous prie.


-Et bien, c'est-à-dire que…


Derrière la tueuse, il vit trois silhouettes quitter l’abri des bâtiments et aller sur la plage, marchant droit vers Shiya et Rosa. Il ne put dire qui où de quelles races étaient ces trois personnes, mais la paranoïa gagna l’elfe.

J’en étais sûr ! Ils m’ont trouvé ! Ils vont me tuer, me mettre sur un bateau et me jeter à l’eau au beau milieu de l’océan ! Ils vont m’assommer, me mettre dans un sac et me ramener sur Rosyel où ils vont me tuer, ils vont m’écraser ici sur place, moi et Rosa, et nous voler tout nos habits et nous enterrer dans le sable et nous noyer puis ils vont… On doit partir !

Il essaya de sembler calme, mais son regard montra ce qui se passait dans sa tête avant même de parler. Il paniquait.

-Oui voilà ! L’antigel ! Enfin l’eau ! Enfin le Mel ! Oui voilà l’hydromel ! Vient on s’en va !

Et il partit en direction du port et des bateaux le plus vite possible, espérant que Rosa ne vit pas ce qu’il avait vu ou n’aperçoive sa peur. Il ne voulait surtout pas que ces gens lui fassent du mal.
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MessageSujet: Re: Merci le vin   Ven 06 Mai 2011, 04:28

- Ah ouais tu crois ?

La chimère serra les dents et sa tension fit un bond. Elle n’aimait pas du tout ce ton qu’il prenait. Heureusement il s’excusa et en profita pour prouver qu’il pouvait contenir son langage. La politesse et la maîtrise de soi étaient les grandes vertus de son peuple. Quoiqu’un ce qui concerne la politesse, il ne l’utilisait que quand cela lui chantait. Balsa vit là une preuve de plus de sa jeunesse, pointait même une certaine arrogance. Elle s’en amusa en observant ce qu’il ferait si elle lui confiait les rênes.

Il ne répondit pas vraiment, semblant bloquer sur quelque chose. Mais dans le noir et malgré ses capacités visuelles en parties félines, Balsa ne sut distinguer la direction du regard de l’elfe. En revanche, quelque chose le faisait paniquer. Il semblait lutter de tout son être pour camoufler sa peur, mais son ivresse le lui interdisait surement.

- Oui voilà ! L’antigel ! Enfin l’eau ! Enfin le Mel ! Oui voilà l’hydromel ! Vient on s’en va !

Là, c’était clair. D’autant plus quand il bondit en direction du port, surprenant la chimère. D'abord, elle ne bougea pas, regardant tout autour d’elle. Ses yeux ne manquèrent pas de tomber sur les silhouettes qui approchaient d’un bon pas. Elle passa sa capuche calmement, ne voulant pas afficher une quelconque réaction craintive. Elle n’avait pas peur et se contentait de décrypter la situation par amusement et curiosité. Ils étaient trois à venir vers eux. Ou du moins venaient-ils sur la plage et leur direction était fortuite. Leurs contours étaient humanoïdes. La silhouette la plus massive marchait sur la gauche et sur la droite une plus grande s’agitait un peu. Au centre, une forme plus fine, avec des cheveux au vent, fit penser à la chimère qu’il s’agissait d’une femme. Rien de menaçant en tout cas.

Balsa se mit à suivre Shiya, marchant à quelques mètres derrière. Ses foulées étaient assez longues pour qu’elle rattrape doucement son retard sans paraître pressée. Elle aurait préféré qu’il l’attende, sa précipitation reflétait trop la culpabilité et c'était le meilleur moyen de se faire remarquer. En arrivant finalement à sa hauteur elle souffla :

- Alors comme ça on a des ennuis ?

Elle souri d’un air complice. La question n’attendait pas de réponse, car le mieux était de garder le silence jusqu’à être hors de portée de voix. Et surtout, ne pas se retourner. A cette pensée, Balsa se mordit l’intérieur de la joue en espérant que Shiya ne ferait pas cette erreur. Elle-même du lutter pour faire taire sa curiosité. Cet animal devait pourtant se nourrir et si ce n’était pas par la vue, ça serait par l’ouïe. Il était difficile dans le bruit de l’océan brisant ses vagues sur le sable de distinguer quelque chose. Balsa ne les entendaient pas parler alors soit ils gardaient le silence, soit ils faisaient des messes basses. Et dans ce cas, leur présence sur la plage était des plus suspectes. Plus dérangeant que l’absence de voix, la chimère ne distinguait pas le bruit de leurs pas. Elle devait regarder, elle devait savoir. Et après tout que craignait-elle ? En fait, si elle n’allait pas franchement voir les inconnus, c’était sans doute parce qu’elle était avec Shiya.

La curiosité lui rongeait les entrailles douloureusement. Il fallait au moins qu’elle sache s’ils étaient suivis ou non, car cela changerai beaucoup la donne. Si c’était le cas, elle aurait probablement un choix à faire. Fuir, abandonner Shiya, ou le sauver s’il était en danger, par sa faute ou parce qu’il était avec elle. Elle passa devant lui et pivota dans sa direction, semblant regarder l’elfe mais scrutant derrière lui à la place.

- Tu es vraiment si pressé ?

Elle avait parlé distinctement, espérant qu’ils entendent. Car les trois silhouettes marchaient bel et bien vers eux, pas vers l’océan. Son idée était de leur envoyer un message d’innocence dissimulé dans cette banalité et la familiarité d’un tutoiement. Elle était sereine et regardait à présent Shiya, cherchant sur son visage dans l’ombre à discerner une réaction. Un léger sourire amusé soulevait la commissure de ses lèvres.

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MessageSujet: Re: Merci le vin   Ven 06 Mai 2011, 14:27

BOUM BOUM. Il ne sentait plus rien. BOUM BOUM. Pas le sable sous ses pieds, BOUM BOUM, ou le vent sur son visage. BOUM BOUM. Il ne voyait plus rien. BOUM BOUM. Sa peur masquait sa vision. BOUM BOUM. Il marchait droit. BOUM BOUM. C’est tout ce qu’il pouvait faire. BOUM BOUM. Il n’entendait plus rien. BOUM BOUM. À part le rythme de son cœur. BOUM BOUM. Ce rythme rapide et assourdissant. BOUM BOUM. Le mangeant de l’intérieur. BOUM

- Alors comme ça on a des ennuis ?

BOUM. Rosa était arrivée à sa hauteur et marchait à présent à sa droite. BOUM BOUM. Elle lui souriait. Ce simple geste fut assez pour calmer l’elfe un peu, et il put au moins répondre à la fille. BOUM BOUM.

-Qui moi ? Non pas du tout ! Je veux juste… Partir !
Dit-il beaucoup trop fort. Il s’était qu’un peu calmé après tout. BOUM BOUM. L’elfe essaya de regarder derrière lui sans se faire remarquer, mais il ne vit pas les trois personnes marcher en leur direction. BOUM BOUM.

D’un bond, Rosa se mit devant lui et se mit à marcher en reculant, voulant surement mieux observer l’elfe. BOUM BOUM.

- Tu es vraiment si pressé ?

Shiya fit un geste en arrière avec la tête et la secoua de gauche à droite en fermant les yeux, comme s’il ventait de rêver ce que Rosa venait de lui dire. BOUM BOUM. En les ouvrants, il vit que Rosa lui souriait de nouveau.

-Vous savez que vous êtes un peu bizarre ?

Il ralentit l’allure puisque Rosa marchait de dos devant lui et semblait avoir du mal à garder le rythme. Ce tutoiement changea les idées de Shiya et tout devenait plus clair dans son esprit. Il voulait profiter de ce moment pour poser une question à Rosa. BOUM BOUM. Il savait qu’elle n’était pas dupe. Sa précipitation était bien à cause des silhouettes, et il n’arrivait toujours pas à les voir du coin de l’œil.

-Ils nous suivent ?

Shiya attendit avec impatiente sa réponse regardant droit dans les yeux de Rosa. BOUM BOUM. Sans le remarquer, il ralentit encore le pas jusqu’à marcher normalement, voire même lentement.

Devant lui, le port restait encore loin mais il voyait tout de même plus de détails, entre autre qu’il n’y avait personne. Les cinq personnes étaient seules. BOUM BOUM.

Il ne s’était toujours pas retourné pour observer les inconnus, mais il essaya tout de même de les entendre à travers le bruit des vagues s’écrasant sur la plage et les quelques oiseaux piaillant entre eux. Il entendait bien quelque chose. C’était des bruits de pas. BOUM BOUM. Mais pas les siens. BOUM BOUM. Ou ceux de Rosa. BOUM BOUM. Les inconnus n’étaient pas loin. BOUM BOUM. Accélérer ? BOUM BOUM. Ou les affronter ? BOUM BOUM.

L’elfe s’arrêta.

BOUM BOUM.


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MessageSujet: Re: Merci le vin   Sam 07 Mai 2011, 13:39

Le jeune elfe ne semblait pas comprendre ses maladresses. Mais plus que son ivresse, Balsa mettait en cause la peur palpable qui émanait de lui. Elle avait l’impression de sentir ses artères bouillonner à distance. Les bruits de pas des inconnus parvenaient aux oreilles de la chimère car ils s’approchaient rapidement. Shiya, lui, enchainait les erreurs. Il avait répondu à la question de Balsa qui n’en était pas une et avait remarqué tout haut sa bizarrerie. Si ceux qui les suivaient avaient eu des doutes au départ, c’en était finit maintenant. Elle tourna les paumes vers le haut et haussa un peu les péaules dans une attitude d’incompréhension. Mais à quoi jouait-il exactement ? Comme si cela ne suffisait pas, il rajouta :

- Ils nous suivent ?

Alors Balsa se remit dans son sens de marche, se tenant à sa hauteur. Elle soupira longuement et sa main glissa entre les deux pans de sa cape. Elle sentit au contact de ses doigts le froid de lame qui tenait à sa ceinture. Une dague en argent, dérobée dans une armurerie quelques semaines avant.

- Bien sur qu’ils nous suivent ! Vous savez qui c’est ?

Le vouvoiement était de retour et avec lui la distance. Avait-il vraiment cru qu’elle allait le tutoyer ? Elle ne lui avait même pas donné son nom habituel. Même si celui-ci n’avait aucune signification réelle, car ce n’était qu’un pseudonyme qu’elle utilisait depuis sa rencontre avec Akin. Balsa avait le regard fixé droit devant, son ouïe rivée sur le sable qui croustillait sous leurs pas et ceux des nouveaux venus. Elle voyait le port approcher mais sentait bien qu’ils ne l’atteindraient pas. Il allait se produire quelque chose, très bientôt. La chimère ne savait pas quoi, mais son cœur battait d’impatience et d'excitation. Décidemment, cette soirée changeait du quotidien. Elle était déjà contente mais sentait qu’elle pouvait s’amuser encore plus. Une myriade de scénarii se dessinait dans sa tête et à chacun elle trouvait une solution, un coup à jouer, un choix à prendre. Elle remarqua avec amusement l’un de ses objectifs : que l’elfe sorte indemne de cette histoire. Mais si cela venait à vraiment mal tourner, c’était sauver sa propre peau qui restait prioritaire.

Le visage de Shiya était déconfit. Il n’était pas maître de lui-même, mais asservit par sa peur. Chaque seconde il était plus tendu. Il s’arrêta tout à coup et la chimère stoppa juste devant lui, exécutant demi-tour pour lui faire face. Ou plutôt, faire face aux inconnus qui approchaient, car elle était légèrement à droite de l’elfe et fixait tour à tour chaque membre du petit groupe. Sa main avait saisit le couteau, mais restait encore dissimulée sous sa cape. Les trois silhouettes étaient restées muettes et il était difficile d’imaginer qu’elles aient eu des intentions pacifiques. S’ils avaient des armes, elles étaient encore dans leurs fourreaux car la chimère n’en voyait pour l’instant aucune.

- Vous devriez faire face à ces nouveaux venus, Shiya, ils ont quelque chose à nous dire il faut croire.

Il devait surtout de pas leur offrir son dos impunément et se préparer à se battre si cela s’avérait utile. Et s’il savait se battre. Balsa avait bon espoir de ce côté, c’était un elfe de Rosyel après tout.
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MessageSujet: Re: Merci le vin   Ven 29 Juil 2011, 21:09

- Vous devriez faire face à ces nouveaux venus, Shiya, ils ont quelque chose à nous dire il faut croire.

Shiya ne se concentrait plus sur ce qui lui disait Rosa, il ne se concentrait même pas sur les individus. Il avait toute son attention sur sa respiration. Il devait se calmer, et il le savait. Petit à petit il sentait le rythme de son coeur ralentir, jusqu'au moment où il pouvait réfléchir à nouveau, ce qui était déjà un bon début.

Ses premières pensées ? Qu'il était bête. Un elfe de Rosyel ne devait pas se comporter comme ça, surtout pas à son âge. Il a appris à se battre et est devenu un des meilleurs combattants de sa ville. Il pouvait manier n'importe quel arme correctement, même s'il ne maitrisait pas chaque technique, et il savait se battre sans armes aussi, ce qui allait surement être son cas sur la plage.

Il se mit donc à penser à son entrainement, à ce qu'il avait appris sur Rosyel. Il ne s'était pas vraiment battu depuis son évasion, et les petites querelles dans les ruelles derrière une taverne n'étaient pas exactement des grands duels. Les chaises ne sont pas autorisées dans un duel... Et se battre comme un elfe devrait se battre était physiquement impossible après tant de verres.

Tout d'abord, il fallait faire face à son adversaire. Shiya le fit donc. Il ne faut jamais tourner le dos à un ennemi, sauf pour provoquer.

Ensuite il fallait observer l'adversaire rapidement, en un battement de coeur, saisir qui il est, ce qu'il veut, et s'il sait se battre. Ici, ils étaient trois à marcher vers Rosa et lui. Tout à sa gauche, en face de Rosa, se tenait un homme dont l'age ne pouvait être deviné. Il semblait pouvoir manger pour quatre personnes à chaque repas (et apparemment ne s'en privait pas) et son visage était recouvert de cicatrices, même sur son crâne sans cheveux. Habillé comme quelqu'un de normal qui fréquente les tavernes, il pouvait avoir trente ans autant qu'il pouvait en avoir soixante. Au milieu se tenait une femme aux cheveux clairs et attachées. Plutôt petite, elle semblait garder la forme et elle portait une tenue confortable afin de garder la souplesse et se déplacer rapidement. L'homme à droite, de la même taille et carrure que la femme semblait quelconque, à part le fait qu'une lame a rencontré son oeil droit, ce qui l'a aveuglé de ce côté. Il ne portait même pas de foulard pour le cacher, l'elfe voyait donc l'interieur de l'oeil qui était pâle et brumeux.

Il fallait par la suite observer les petits détails, les faiblesses chez l'adversaire. L'homme à droite était aveugle de l'oeil droit, c'était donc évident qu'il fallait l'attaquer par sa droite. L'homme à gauche n'était pas des plus agiles, mais s'il le laissait taper, ça pouvait faire mal. Mais il n'avait pas l'air d'un grand danger. Il s'en occuperait en dernier. La femme semblait être la plus dangereuse, elle savait surement se battre et elle n'avait pas de blessures visibles. Mais en la regardant marcher, l'elfe observa qu'elle boitait legerement sur sa jambe gauchede telle manière que cela signifiait un genou ou une hanche faible.

Finalement, il fallait décider d'utiliser la diplomatie ou la force, et préparer une certaine stratégie. Hélàs l'elfe avait oublié le choix de la diplomatie à cause du mélange de sa peur et de l'alcool et s'est décidé d'attaquer la femme. D'une part il voulait la prendre par surprise et donc l'attaquer en premier, mais il sentait aussi qu'il voulait protéger Rosa en quelques sortes, et donc occuper la plus dangereuse pour la sauver.

Alors il se lança. Tranquillement, il s'approcha de la femme en faisant un signe discret à Rosa derrière son dos pour lui dire de ne pas intervenir. Il fit semblant de commencer à parler, puis soudaineemnt il tourna sur lui même pour se donner de l'élan, et envoya son pied droit sur l'intérieur du genou gauche de la femme qui devait être fragile. Il ésperait seulement le casser. Après cela, il improvisera.

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MessageSujet: Re: Merci le vin   Lun 08 Aoû 2011, 03:26

Le compagnon singulier de Balsa sembla réfléchir un instant, puis se tourna d’un coup vers les inconnus qui stoppèrent leur marche. Chacun se jaugeait. La crainte et l’hésitation de l’elfe se firent courage et détermination, ce qui imprima un léger rictus sur les lèvres de la chimère. Il évalua ses adversaires un par un et Balsa en faisait tout autant, mais sans oublier de mesurer les impressions de Shiya dont le regard passait d’un individu à l’autre. Deux contre trois, ils semblaient en position de faiblesse et le choix de la stratégie à suivre était déterminant… Enfin, elle s’en serait sans doute sortie seule. Mais cela, elle le gardait pour elle, à peine son sourire le laissait-il deviner.

Cependant elle ne souhaitait pas vraiment se battre. Déjà parce que quelque soit le combat qui allait se jouer, elle n’avait aucune raison de prendre parti, cet affrontement n’était pas le sien, du moins pour l’instant. Ensuite elle devait rester discrète en ville et cacher ses capacités à tout prix pour ne pas se faire remarquer. Certes, si elle envoyait à la mort les trois individus, ils ne donneraient comme informations aux gardes que leurs peaux noircies par l’électricité… mais la prudence primait. Et puis, il resterait Shiya. S’il voyait la vraie nature de Balsa sans doute serait-il moins amical. Peut-être même, si son cœur était juste, voudrait-il sa mort ou du moins la dénoncer. Faudrait-il le tuer lui aussi, témoin qu’il deviendrait ?

La meilleure des choses restait d’espérer qu’il s’en sortirait seul. Au vu de l’assurance qu’il affichait en se dirigeant vers ses poursuivants, la chimère avait bon espoir… qui se réduit à peau de chagrin quand elle le vit frapper la femme en premier lieu. S’en prendre à la femme d’abord ? Bien évidemment il allait s’attirer les foudres des deux autres, dont le plus large aurait pu l’assommer d’un seul coup de ses mains énormes. Pourtant ce fut le plus maigre qui vint lui assener un rapide coup de pieds dans le dos. L’autre, aussi large que haut, montagne de muscles et de graisse, s’approcha à pas accélérés de Balsa.

- Bouge pas toi !

La chimère ne bougea pas et ne dit rien non plus, jusqu’à ce que la paluche droite de l’homme massif se tende vers elle pour lui saisir la main. Alors elle fit un bond en arrière et l’homme grimaça, postillonnant en beuglant.

- Bouge pas j’te dis !

Son autorité devait fonctionner d’avantage habituellement car il devint rouge de colère quand Balsa lui échappa de nouveau, au dernier instant. Elle profita de ce bond félin, souple détente vers la droite, pour jeter un œil en direction de l’elfe qui avait à présent deux adversaires. Un éclat vint frapper sa rétine, reflet de la lune sur une lame sans doute, mais tenue par qui ? Tout allait trop vite. La chimère n’eut pas le temps d’examiner la situation plus avant car la montagne chargeait cette fois, soulevant le sable sur son passage, le creusant de larges empruntes.

- T’vas ‘rréter d’bouger ! T’vois bien qu’t’es con !
- Ton claque-merde Crapaud !

Celui qui avait parlé braquait une longue lame en direction de l’elfe, sans pour autant le frapper. La femme s’était écartée rapidement mais ne semblait pas vouloir contre-attaquer. Le plus baraqué, enfin, s’était arrêté tout net au son de la voix de l’autre.

- On est venus là pour parler, faut pas terrifier la jeune fille.

L’œil gauche, à la prunelle sombre, brillait en fixant Shiya. La longue veste de cuir bouillit avait dissimulé à leur vue le sabre que l’homme tenait fermement devant lui, sur la défensive.

- Pas très courtois de votre part, elfe, de frapper une femme sans défense.

Ses lèvres s’étirèrent en un large sourire. Il prit un seconde pour balayer le paysage de son œil valide et constata que plus personne ne bougeait. Balsa elle aussi était sur ses gardes et la tension dans ses veines lui donnait l’impression de grésiller. Elle eut l’idée de s’enfuir. Semer tout ce petit monde, en passant par les toits où les dédales qu’elle avait apprit à connaître par cœur, serait plus que jouable. Seulement la nuit s’achèverait par l’amertume d’une curiosité non étanchée.

- Qu’est-ce que vous voulez ?

Le sabre toujours rivé vers Shiya, l’homme tourna le regard vers la chimère.

- Pas se battre. Encore que Crapaud me semble sur la bonne voie, mais il restera sage tant que je le lui dirais, pas vrai Crapaud ?
- Tant qu’tu l’diras. Après je cogne.
- Bien. On va pouvoir s’entendre je crois. Je suis Joachim Belzith. Vos noms ?

A ces mots, son œil vint à nouveau se planter sur Shiya.


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Dernière édition par Balsa le Mer 24 Aoû 2011, 16:47, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Merci le vin   Mar 23 Aoû 2011, 14:52

Peut être que Shiya espérait un peu trop en voulant assommer la femme sans soucis, parce qu’avant de pouvoir dire Hydromel, l’homme le plus maigre lui envoya un pied dans son dos, le mettant à terre. En se relevant le plus vite possible il vit le plus gros essayer d’attraper Rosa, qui l’évitait sans problème avec des petits bonds.

Faisant à nouveau face à l’homme maigre, il se retrouva devant une longue épée scintillante… pointée sur lui. L’homme calma le gros -qu’il surnommé Crapaud- puis adressa la parole à l’elfe.

- On est venus là pour parler, faut pas terrifier la jeune fille.
Pas très courtois de votre part, elfe, de frapper une femme sans défense.

Il n’était pas convaincu. La fille, qui ne parlait toujours pas, faisait mine d’avoir peur de l’elfe. Elle restait à l’écart et ne bougeait pas. Mais il savait qu’il ne fallait pas sous estimer les plus discrets, fille ou garçons. Ils réservent souvent quelques surprises.
Rosa brisa la glace en leur demandant ce qu’ils voulaient. Plutôt logique.

J’aurai peut être du commencer par ça… Décidemment ces tavernes ne me font pas du bien.

- Pas se battre. Encore que Crapaud me semble sur la bonne voie, mais il restera sage tant que je le lui dirais, pas vrai Crapaud ?

- Tant qu’tu l’diras. Après je cogne.

- Bien. On va pouvoir s’entendre je crois. Je suis Joachim Belzith. Vos noms ? Même si toi Shiya, on te connait déjà.

Le cœur de l’elfe s’accéléra.

S’il sait qui je suis, c’est parce que les elfes lui ont dit ! Ils m’ont trouvé !

-Si c’est moi que vous voulez, mon amie ne vous intéresse pas. Alors laissez la partir.

-Je crois pas non. Ca va pas être aussi facile mon petit elfe. Tu vois, tu nous dois quelque chose. De l’argent figure toi. Les petits paris dans une taverne c’est bien sympa, mais quand tu tombe sur mon patron et que tu perds, tu te retrouve dans une sacrée merde, compris ?

L’elfe laissa échapper un soupire discret. Un soupire soulagé. Ce n’était pas les elfes. Juste un petit gang. Cette information semblait calmer l’elfe, et il pouvait mieux réfléchir, et peut être éviter de faire plus de bêtises.

-Bref, si t’as pas ce qu’il faut, il nous faudra quand même quelque chose… une compensation quoi.

Il dit ces derniers mots en jetant son regard sur Rosa avec un petit sourire. Derrière, Crapaud ricanait doucement. En voyant que l’elfe ne disait toujours rien, il reprit.

-Mon patron, c’est pas n’importe qui. Il contrôle presque tous les tavernes de la ville (un regard surpris de Crapaud semblait dire qu’il exagérait un peu) et quand quelqu’un lui doit quelque chose, il faut avoir peur. Alors Shiya, tu payes ?

L’épée toujours braquée sur lui, l’elfe était coincé. Il n’avait pas un rond et c’était hors de question de leur laisser la belle Rosa. Essayer de se battre avec une épée devant lui était suicidaire. Plus le temps passait, plus Joachim semblait impatient.
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MessageSujet: Re: Merci le vin   Jeu 01 Sep 2011, 14:17

« Même si toi Shiya, on te connait déjà. » Ah oui ? Balsa tenta de retenir le sourire qui souleva la commissure de ses lèvres. Ses sourcils se levèrent d’étonnement et ses yeux passèrent de Joachim à Shiya, puis de Shiya à Joachim. Ces deux là semblaient avoir des comptes à régler, et elle se trouvait juste au milieu.

L’elfe révéla un côté gentleman, presque héroïque, lorsqu’il intima au trio de laisser partir « son amie ». Ce terme effaça d’ailleurs le sourire de la chimère. Naïf ! Il ne connaissait pas même son vrai nom, il ne la connaissait que depuis ce soir et elle lui avait même dit pouvoir le tuer tout d’un coup, quelques minutes seulement auparavant. L’idée que je ne sois que l’appât de ces loulous pour l’amener sur la plage ne l’a même pas effleuré…

Dans les propos de Joachim, qui se dessinait clairement en chef de bande à présent, Balsa comprit la raison de leur venue. Une histoire d’argent : de dettes de jeu… Les humains, les elfes, chaque peuple dit civilisé, tous vouaient un culte aux devises d’or et d’argent. On pouvait se faire pardonner ses délits en fournissant quelques pièces et certains se permettaient même d’ignorer la loi après avoir graissé la patte aux bonnes personnes. Et les affaires de ceux qui tenaient l’économie urbaine se réglaient bien souvent dans les coins sombres de la ville, dans autant de sang que d’or réclamé.

Alors qu’elle s’était un peu égarée dans ses pensées, le regard de l’homme posé sur elle ramena Balsa à la réalité. Les yeux vicelards de Joachim, le demi-rire de Crapaud, la chimère lisait en eux tout ce qu’elle répugnait chez les hommes, leurs idées sordides, leurs pulsions qu’ils disaient « animales » alors qu’il n’y avait bien que des êtres évolués pour pousser la perversion à ce point. Son sang fit un tour dans ses veines, brûlant chaque parcelle de son être, envie de tuer. Mais elle avait encore la tête froide et tandis que l’autre parlait, elle fit un récapitulatif de la situation.

Shiya l’elfe venait en premier à son esprit. Sans le considérer comme un ami le moins du monde, il lui avait tenu compagnie ce soir. Ou plutôt, il l’avait divertie, occupée, par son ivresse et sa gentillesse naïve. Un gosse, même s’il a sans doute plusieurs fois mon âge. Encore qu’il n’en avait pas l’innocence, la preuve : il avait des dettes. Venait ensuite le trio humain, pour lequel elle n’avait même pas une once d’affection. Leur présence ici était pourtant justifiée. Ils venaient réclamer leur du. En pleine nuit et en menaçant l’elfe d’une lame, ce qui était surement la méthode habituelle de ce genre de gang.

Et moi… Je suis supposée être dans le camp de l’elfe ? Alors quoi ? Elle n’avait ni les moyens ni l’envie de payer sa dette. D’ailleurs, l’idée d’aider un joueur alcoolique à se sortir des embrouilles dans lesquelles il s’était mis la débectait. Elle n’avait aucune pitié pour les faiblesses du genre humain. Je croyais les elfes plus évolués que ça, j’avais tort. Et aider les loubards du coin à faire respecter leurs petites lois la répugnait tout autant. Plus elle y pensait, plus elle se sentait de trop dans cette histoire. Seule une chose l’agaçait : les sous-entendus de Joachim et Crapaud à son endroit.

- Vous voyez bien qu’il n’a pas de quoi payer, sinon il l’aurait fait je me trompe Shiya ?

Les hommes ne devaient pas s’attendre à ce qu’elle prenne la parole. Crapaud avait eu un sursaut de surprise et Joachim levait un sourcil dans sa direction, l’air de penser que cette minette était bien trop bavarde.

- Alors vous pouvez toujours le dépouiller, ou le tuer si ça vous chante, je ne vous arrêterais pas…
- Evidemment que non ! Tu veux juste la vie sauve, hein ? Alors tu ferais mieux de la fermer !

Nouvelle voix, ferme et assurée, sortit de la bouche de la femme que Shiya avait frappée. Les menaces qu’elle proférait agaçaient fortement Balsa, dont le sang se mettait peu à peu à bouillir, et la patience à s’estomper. Eviter le carnage, faire profil bas…

- Ecoutez, vos histoires je m’en moque ! A mon avis, vous avez flanqué une frousse suffisante à cet elfe pour qu’il rassemble l’argent dès demain elle posa un regard lourd et insistant sur Shiya n’est-ce pas ?puis se tourna à nouveau vers Joachim Vous ne gagnerez rien ce soir, si ce n’est du sang. Et je vous déconseille de m’approcher.
- Oh ?... L’homme pointa son sabre en direction de la chimère. - Vraiment ? Sinon quoi ?
- Sinon je doute que votre patron apprécie de vous voir revenir en petits morceaux.
- Laisse tomber Jo’. On est pas là pour elle et une donzelle ferait une belle jambe à Fenrir… On file.

Moue dubitative, grimace de déception, Joachim baissa sa lame doucement et, soupirant, finit par la remettre au fourreau. Le visage rageur, il se tourna vers l’elfe.
- Toi t’as pas intérêt à filer, on te retrouvera t’en fais pas. Et on sera moins coulant la prochaine fois, tache d'avoir l'argent !

Un sourire de fierté aux lèvres, les yeux pétillants, la femme fit un signe à Crapaud, qui mit un moment à réagir, et le trio se rassembla autour d’elle. Elle pointa du doigt Balsa.
- Fais attention aussi toi, proférer des menaces t’attirera des ennuis. Enfin, je doute que tu sois une simple demoiselle pour te le permettre. Mais n’oublie pas, tu n’es pas la seule à vivre au-dessus de l’humanité.

Elle fit volte-face, et les deux autres la suivirent. C’était donc elle, la véritable autorité du groupe. Et pas humaine. Ces déductions de dernière minute firent rire jaune la chimère. Elle gardait un rictus d’amusement aux lèvres quand ses yeux laissèrent le groupe quittant la plage pour se diriger vers Shiya.



[désolée, j'ai un peu traîné... ça devrait aller mieux pour la suite Smile ]

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Dernière édition par Balsa le Lun 05 Sep 2011, 16:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Merci le vin   Sam 03 Sep 2011, 12:12

Une goute de sueur froide traça sa route sur le visage de l'elfe. En partant de ses cheveux blonds crasseux, elle contourna son œil droit et entama la longue descente de sa joue pour finir par tomber l’équivalent de kilomètres dans le vide, et s’écraser dans le sable frais de la nuit.

Il ferma les yeux et demanda de l’aide au ciel, en espérant seulement que sa prière se fasse entendre.

Finalement, Rosa prit la parole, sa voix presque angélique à ses oreilles.

- Vous voyez bien qu’il n’a pas de quoi payer, sinon il l’aurait fait je me trompe Shiya ?

Son ton agacé le fit comprendre qu’il valait mieux pour lui d’éviter de répondre à cette question.

- Alors vous pouvez toujours le dépouiller, ou le tuer si ça vous chante, je ne vous arrêterais pas…

L’elfe leva la tête au ciel et soupira. Voix angélique ? Plus vraiment non. Il était définitivement seul, et Rosa n’était définitivement pas douce comme la fleur qu’elle prétendait être.

- Evidemment que non ! Tu veux juste la vie sauve, hein ? Alors tu ferais mieux de la fermer !

Voilà qui changea la donne. Il regarda la femme, énervée à présent et visiblement plus dangereuse que Joachim, qui devait se protéger derrière sa lame pour se faire respecter.

Rosa, encore plus énervée que la femme, se mit presque à crier ses prochains mots. Elle dévoila qu’elle était dangereuse, ce qui ne fut pas une grande nouvelle pour l’elfe, et qu’il ne fallait pas se frotter à elle. Joachim avait l’air de vouloir se battre, mais la femme, clairement la meneuse du trio à présent, le calma et il finit par ranger son épée. Après quelques mots histoire d’effrayer l’elfe et Rosa, ils partirent, comme ça. Elle avait réussit à faire ce que Shiya ne pouvait pas. Il lui devait surement sa vie, mais s’il ne faisait pas attention, sa vie pouvait s’affirmer courte.

Elle posa ses yeux sur Shiya, sa bouche formant un rictus satisfait grâce à ce qu’elle venait d’accomplir. Pour Shiya, elle n’était autre que terrifiante. Il commença à reculer, face à elle. Elle était énervée, et il y avait qu’une personne à part elle sur cette plage. Si elle venait à vouloir lâcher sa colère sur quelqu’un, elle ne devait pas chercher bien loin. S’il devait choisir entre le trio et elle, il hésiterait à présent.

Faut bien que je dise quelque chose.

Reculer donnait une mauvaise impression. Mettant sa peur de côté, il se mit à avancer vers cette femme mystérieuse. En s’arrêtant devant elle, il commença par des mots simples.

« Merci. »

Il essaya de le dire avec autant de sérieux que possible, sans trembler de la voix. Cette soirée fut pleine d’émotion. Plus qu’autre chose, Shiya voulait éclater en sanglots. Mais ce n’était pas le moment. Rosa était surement dégoutée de cet elfe, alors avec les larmes en plus, il serait tout simplement mort.

« Ne me regardez pas comme si je n’étais qu’un rat, bon à se faire écraser. Je suis nouveau dans ce monde. J’ai passé toute ma vie avec mon peuple, à l’abri de cette folie, caché par les arbres du monde extérieur. Tellement de monde ici… De races que je n’ai jamais vues… Vous feriez quoi à ma place ? Je suis perdu.»

Sa voix commençait à se briser, mais il ne pouvait plus s’arrêter. Pour la première fois depuis son départ, il avait commencé à raconter son passé, il ne pouvait que continuer, même s’il l’expliquait à une folle furieuse qui voulait le tuer.

Alors il lui raconta ce qui lui est arrivé sur son île, pourquoi il avait fuit, et pourquoi il fuit encore. Il lui expliqua qu’il oubliait quand il buvait, alors, depuis son départ de Rosyel il y avait quelques mois à peine, il buvait jour et nuit pour oublier ses malheurs. Il n’oublia rien, chaque détail était frais dans sa tête, comme si tout se passait le jour même.

« Même les arbres ne me parlent plus ! » Avoua-il. Ce n’était jamais arrivé à un elfe auparavant. Il était bien perdu.

L’elfe n’en pouvait plus. Il tournait sur lui-même avec les mains sur sa tête, prêt à exploser. Il voulait rentrer chez lui, là où tout allait mieux. Il avait tout simplement besoin d’un ami. D’une amie.

Il regarda Rosa, qui l’observait sans dire un mot depuis qu’il avait commencé à parler. Il avait besoin de quelqu’un. Elle pouvait bien le comprendre non ? Il hésita quelques secondes, puis approcha sa main de la sienne, voulant tout simplement lui tenir la main innocemment. Il voulait même lui sauter dans les bras, mais ce n’était pas des plus polis, et il ne voulait pas mourir tout de suite.

La seconde que sa main toucha la peau de Rosa, l’elfe sentit une décharge dans tout son corps. Il se fit projeter en arrière et atterrit de dos, quelques mètres plus loin dans le sable. Rosa pensait surement que l’elfe serait surpris par ce qui venait de se passer, mais il était bien au-delà de ça. Lui qui voulait simplement lui tenir la main, les dieux ne lui accordaient même pas ce plaisir.

Mais qu’ai-je fais pour mériter ça ? Se dit-il.

Il avait abandonné, il avait touché le fond du puis de malheur. Plus rien ne pouvait le surprendre. Au delà des émotions, un regard paisible s’afficha sur le visage de l’elfe, et il ne prit pas la peine de bouger. Les mains au long du corps en regardant les étoiles, il lui dit simplement, d’un air presque négligé :

« Et donc vous, qui êtes vous ? »

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MessageSujet: Re: Merci le vin   Mar 06 Sep 2011, 01:56

Dire que j’aurais pu me débarrasser d’eux si facilement, que j’ai choisit la voix pacifique et que ça a marché… Les yeux plongés dans ceux de l’elfe, la chimère y cherchait son reflet. Oui, elle était fière. Fière d’avoir géré la situation par les mots. Fière d’avoir surpassé son envie de meurtre. Car la femme qui n’avait parlé qu’aux derniers instants de la rencontre l’avait plus qu’horripilée. Elle lui aurait volontiers ouvert le ventre pour répandre ses entrailles sur la plage, tordu le cou jusqu’à ce que les cervicales rompent ou grillé le cerveau par un courant électrique ravageur.

Ces pulsions violentes étaient cependant passées derrière la sagesse de faire profil bas. Après le combat contre Octavia et le démon qui avait attiré sur elle et Kaleya tant d’yeux humains, il fallait qu’elle se fasse oublier. Même si elle était alors passée pour une victime, personne n’était dupe. Pour se retrouver couverte de sang, mais toujours en vie, il fallait qu’elle ait renvoyé les coups. Elle en était capable. Et de bien pire encore… Mais ça, ceux à le savoir sont bien moins nombreux.

Le silence et l’hésitation de Shiya laissait la chimère dialoguer ainsi avec elle-même et si elle le regardait toujours fixement, ses pensées allaient s’éloignant. Elle ne remarqua même pas que l’elfe avait eu un mouvement de recul. Elle ne déchiffra pas non plus la peur dans ses yeux. Elle ne revint à cette réalité que lorsqu’il prononça ce mot si simple : « merci ». Balsa leva un sourcil, merci de quoi ? Elle comprit alors ce pour quoi il était reconnaissant, elle lui avait sauvé la mise ce soir. Ce n’était pourtant pas son but et ses phrases concernant son désintérêt pour la vie ou la mort de l’elfe n’était qu’à moitié du bluff.
La chimère observait plus attentivement Shiya à présent.
Inconscient ! tu ferais mieux de fuir !

Elle détailla chaque parcelle de l’être qui, têtu, restait planté devant elle. Ses lèvres tremblaient légèrement à leur commissure, ses yeux brillaient et sa respiration était un brin trop rapide pour être sereine. Il y avait là de la peur sans aucun doute, mêlée cependant à d’autres émotions que Balsa ne sut déchiffrer. Un instant elle crut que la bouche qui s’ouvrait libèrerait un cri. Ce furent pourtant des mots qui s’en échappèrent. Silencieuse et immobile, elle décryptait.

« Ne me regardez pas – tiens, retour du vouvoiement – comme si je n’étais qu’un rat – ça se voit à ce point ? désolée – ... nouveau dans ce monde – un enfant, il a tout d'un gosse – ... toute ma vie avec mon peuple – je les haïs autant que les humains si tu savais – … cette folie – enfin nous sommes d’accord ! sauf que cette folie est causé par des gens comme toi – … Tellement de monde ici – rien ne te retient – … Des races que je n’ai jamais vues – comme moi par exemple ? – Vous feriez quoi à ma place ? Je suis perdu. »

De cette dernière phrase, Balse ne sut quoi penser. Lui demandait-il vraiment son avis ou n’était-ce là qu’une question rhétorique ? Si je réponds, il risque de ne pas apprécier en plus… Elle allait pourtant exprimer le fond de sa pensée, qu’à sa place elle commencerait par arrêter de boire et d’engendrer des dettes de jeu auprès de ce monde qu’il disait craindre, pour ne pas prendre part à cette folie. Mais il ne lui en laissa pas le temps...

Quelque chose d’impalpable se brisa, une barrière céda –crac ! Le barrage qui retenait les flots intimes du passé se fendit tout du long et les souvenirs se faufilèrent en toute impudeur vers l’aval où se tenait Balsa. Elle aurait aimé pouvoir écoper, faire cesser ces chutes lourdes qui s’abattaient sur ses épaules et libérer ses chevilles de l’eau de Shiya. Elle fit un pas en arrière, puis un second. Envie de fuir pressante et pourtant… elle resta là, écoutant ce qui ne la concernait en rien. Par politesse. Et considérer cela l’aurait étonnée, mais elle vécut ces minutes sans penser au pourquoi de son écoute.

Cela commençait par un bonheur qui d’entrée de jeu dégouta la chimère. Une famille, un clan, un peuple entier autour du personnage central : Shiya. Pour Balsa tout cela était étranger, elle n’avait pas de parents, pas de famille, si ce n’était ce « père » qu’elle avait tué de ses propres mains. Bien sur, il y avait Akin qui l’avait élevée, éduquée et préparée à affronter ce monde seule. Puis l’avait abandonné. Un gout amer montait à la bouche de la chimère. Etait-ce la jalousie qui lui faisait haïr à ce point le tableau familial décrit pas l’elfe ?

Vint ensuite une histoire d’amour. Et quelque part le cœur de Balsa s’adoucit. Un vague souvenir remonta à sa propre mémoire. Cependant après toutes ces années ce souvenir relevait plus du concept que de détails dont elle se souvenait vraiment. Le visage même de son amant s’était dissipé avec le temps. Seules quelques bribes lui restaient : la chaleur de son souffle, la chaleur de sa voix, la chaleur de son corps.

En revenant à l’histoire de Shiya, dont elle avait zappé une partie transportée dans son propre vécu, Balsa trouva le conflit. Un conflit à l’origine qu’elle avait du mal à saisir. Qui, quel peuple pouvait être assez stupide pour décourager ses membres à voyager ? Elle comprenait l’elfe qui lui contait cette absurdité et ressentait même une certaine empathie à son égard. Qu’est-ce qu’il attendait pour se barrer vite fait ? Son amour le retenait.

Et puis vint le récit du drame. L’élément déclencheur qui avait changé la vie de Shiya. Il avait fuit donc. Etait-ce par manque de courage, par peur d’affronter ses semblables, ou bien avait-il en quelque sorte saisit cette occasion de rompre les liens avec ces individus fermés d’esprit ? Peu importait en réalité, si ce n’était qu’il se libère de son entourage. Enfin, si c’est pour venir se saouler dans la pourriture de Reilor, c’était pas franchement la peine…

« Même les arbres ne me parlent plus »

Aaaah… Ha ? Les arbres n’avaient jamais parlé à Balsa et elle ne s’en portait pas plus mal. Surement un truc elfe, conclut-elle. Ainsi donc s’achevait l’histoire de Shiya, par la phrase la plus improbable qui soit. Il semblait moins en proie à la tristesse maintenant, mais plus agité. Faisant les cents pas dans le sable de la plage, soulevant des grains à chaque pied levé, il cherchait sans doute un moyen de se calmer. Réalisait-il qu’il s’était confié inutilement et imprudemment ?

Il s’arrêta finalement, face à elle, pour la fixer nerveusement. La chimère fronça les sourcils mais ne bougea pas. Il voulait ajouter quelque chose ? Apparemment non, alors quoi ? Le regard de Balsa se promena sur le visage de l’elfe, puis glissa sur la main qu’il tendait vers elle. Idiot ! Elle allait esquisser un mouvement de recul, puis se ravisa. Se brûler était le meilleur moyen de se méfier une bonne fois pour toutes de feu. De plus, elle était curieuse de voir vers quel geste la main Shiya se dirigeait. Il allait pour lui saisir la main, mais à peine les peaux furent-elles en contact que le courant se répandit d’un corps à l’autre.

Les muscles furent vrillés, la peau échauffée et le sang pulsa plus vite, propulsé par un cœur s’emballant. Une expression de douleur barra le visage de la chimère tandis que Shiya était projeté à quelques pas de là. Atterrissant sur le dos, il n’échappa pas une exclamation, pas un cri de surprise. Il ne se releva même pas et pourtant sa poitrine qui se soulevait doucement montrait qu’il respirait encore, qu’il n’était pas mort. A peine choqué même. Parce que je ne lui voulais pas de mal la décharge était moins forte ?

Comme il restait là, étendu sur le dos face au ciel du milieu de la nuit, Balsa leva la tête pour contempler le même spectacle que lui. Les rares nuages glissaient sur les étoiles, les faisant apparaître puis disparaître. Lumières ridicules dans l’obscurité de la nuit, elles en révélaient pourtant toute la beauté.

« Et donc vous, qui êtes-vous ? »

Encore ce vouvoiement. Le ton qu’il avait employé, son calme et sa sérénité plus que surprenants au vu de la situation, firent gentiment rire Balsa. Petit rire qui rebondit, se poursuivit un instant et imprima sur ses lèvres un sourire amusé.

« C’est un peu tard pour s’en inquiéter non ? »

Sursaut de rire, puis la chimère se laissa tomber sur le sol, s’asseyant en tailleur. Elle déroula alors la queue qu’elle collait tout contre sa jambe pour la glisser sous les pans de tissus de sa robe. L’agitant doucement, appréciant la caresse de l’air sur sa peau tachetée, elle l’étala enfin en rond autour d’elle. Un regard jeté vers lui cherchait sur le visage de l’elfe une réaction à ce dévoilement qu’elle lui offrait. Elle s’était finalement prise au jeu de la confession. Après tout, que risquait-elle face à lui ? Maintenant qu’elle connaissait son histoire, et qu’elle l’avait vu se soumettre devant une simple lame, elle savait qu’il n’y avait rien à craindre.

« Je suis Balsa, chimère. »

Rien à craindre peut-être, mais Balsa était toujours méfiante. Elle n’en donnerait pas autant que lui, loin de là. Elle se contenterait de cette présentation, copie conforme du « Akin, anubite » qui lui avait semblée si parfait il y avait des années. Nouveau rire.

« Oui, j’ai menti sur mon nom… Et je mentirais sur mon passé si je le racontais, alors je t’épargne ça. Ce qui compte, c’est ce qu’on fait du présent non ? »

Elle le regardait avec un sourire malicieux.

« Tu voulais voyager, te voila voyageur ! Pourquoi se contenter des tavernes puantes de la ville ? Va voir ailleurs, plus loin, vers des peuples moins exécrables que ces humains… Enfin c’est mon avis… Et aussi, tu profiterais mieux si l’alcool ne brouillait pas ton esprit. »


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MessageSujet: Re: Merci le vin   Sam 12 Nov 2011, 22:45

Allongé dans le sable froid, la douleur prit quelques temps pour venir à l’elfe. Tout d’abord il sentit comme un picotement dans son bras électrifié, ensuite, il sentit chaque grain de sable contre sa peau tel des lames aiguisées tranchant la chaire humaine. Bien évidemment, il ne voulut pas montrer sa douleur à Rosa, et il essaya de garder le silence sans bouger. Heureusement pour lui, il lui avait posé une question avant l’arrivée de la vague de douleur. Il n’avait plus qu’à attendre que la souffrance s’estompe pendant qu’elle répondait.

Avec peine, il arracha ses yeux du ciel pour regarder Rosa. Elle aussi regardait les étoiles, mais avec un certain émerveillement. Peut être qu’elle pouvait ressentir autre chose que le plaisir de tuer et insulter au final.

Même si l’elfe ne pouvait encore bouger le bras, il pouvait bien regarder Rosa... Et il le fit. Elle se tenait droite, fière de sa personne, prête à affronter le monde. Son visage, éclairé par la lumière des étoiles, reflétait une sagesse que seuls les vétérans de ce monde pouvaient avoir. Elle était pourtant jeune. La vie ne lui avait pas fait de cadeaux. Elle a appris à enfermer ses sentiments au fond de son être pour garder le sang froid et ne pas être blessée, mais hélas, elle demeurait à présent inaccessible, peut être même l’était elle envers ses plus vielles connaissances. Elle apprit surement par expérience que pour survivre dans ce monde, il fallait se montrer dur et ne jamais avoir pitié des autres. Ce nouveau monde semblait de plus en plus hostile pour le jeune elfe. Cependant, en voyant cette femme mystérieuse et inaccessible regarder le spectacle que le ciel offrait, il ne pouvait s’empêcher de la trouver très belle. Il le savait déjà bien sûr. Il le sut depuis le moment où elle lui avait montré son visage en retirant sa capuche. Mais à présent il voyait autre chose chez elle, quelque chose dans son regard. Elle n’était pas celle qu’elle montrait aux autres. Elle jouait un personnage pour le grand publique, mais réellement elle était bien plus que ça.
En tout cas, c’est ce que l’elfe l’espérait. Depuis son exile, il n’avait jamais trouvé une fille aussi belle que la lune de sa vie. Rosa fut la première.

Finalement, Rosa s’assit en tailleur avec un petit rire et dévoila son secret à Shiya. Enfin, elle lui dévoila qu’elle n’était pas tout à fait humaine, chose que l’elfe avait déjà compris vu sa position actuelle. Enfin bref, en quelques mots simples, Rosa lui montra sa queue. Elle devait surement la coincer contre sa jambe chaque jour afin de la cacher des yeux d’autrui. Quel gâchis. Elle était magnifique. Longue et tachetée, dansant dans le vent avec grâce, c’était un sacrilège de la laisser cacher pour toujours. Mais c’était aussi absolument normal. Inutile à dire, l’elfe était complètement bouche-bée par cette révélation. Son peuple lui avait caché beaucoup de choses. Mais il ignorait à quel point. Il ne savait rien sur ce monde. Mais étais-ce vraiment si rare ? Peut être qu’elle était comme beaucoup d’autres, il ne le savait pas.

« Je suis Balsa, chimère. Oui, j’ai menti sur mon nom… Et je mentirais sur mon passé si je le racontais, alors je t’épargne ça. Ce qui compte, c’est ce qu’on fait du présent non ? »

« Balsa… Voilà un nom qui vous correspond mieux que Rosa. » Lui dit il à haute voix, après le choque initial. L’elfe avait la mauvaise habitude de penser trop fort, il ne voulait pas l’offenser.

« Tu voulais voyager, te voila voyageur ! Pourquoi se contenter des tavernes puantes de la ville ? Va voir ailleurs, plus loin, vers des peuples moins exécrables que ces humains… Enfin c’est mon avis… Et aussi, tu profiterais mieux si l’alcool ne brouillait pas ton esprit. »

« Voyageur, voyageur… Je me prends plus pour un criminel en fuite qu’un voyageur ! Comment profiter de la vie avec des gens me traquant jour et nuit ? Et…»

Il arrêta de parler. Balsa le regardait avec un sourire malicieux, loin d’être amical. Elle voulait l’énerver, c’était évident. Shiya ne voulait pas tomber dans le piège. Il fallait s’arrêter, se calmer, et réfléchir.

Peut être qu’elle avait raison. Peut être qu’il pouvait arrêter de vivre dans son passé, peut être qu’il pouvait oublier, sans l’alcool, et peut être qu’il pouvait devenir un vrai voyageur, libre pour faire ce qu’il voulait. Il avait l’occasion de vivre son rêve à présent, pourquoi devait il s’emprisonner dans les tavernes ? Et donc cette Balsa, est ce qu’elle voulait vraiment l’énerver, ou juste lui faire ouvrir les yeux ? Qui était-elle vraiment ? Il voulait savoir. Il devait savoir.

Mais comment faire ? Il ne sut pas comment s’y prendre, que dire ou que faire. Il voulait que Balsa lui montre qui elle était réellement, si ce sourire malicieux montrait vraiment sa personnalité, ou s’il cachait le fait qu’elle était quelqu’un de bien qui voulait seulement l’aider.

Le blanc commençait à se faire long. Il fallait dire quelque chose. Il était au milieu de sa phrase après tout. Il décida de contourner un peu le sujet. Balsa ne voulait pas parler d’elle, et c’était compréhensible. Mais peut être qu’il pouvait tirer quelques informations sur cette femme sans poser de questions directes

« Chimère… Je ne connais pas cette race. Vous êtes beaucoup sur Lan Rei ? Vous êtes tous comme ça ? Avez-vous tous ce pouvoir étrange ? Pourquoi vous cacher comme ça ? Pourquoi se retrouver ici ? Pourquoi…»

Oups.

Il s’était emporté, comme toujours. Trop de questions stupides sans même s’arrêter pour respirer. Décidément il ne ressemblait pas du tout à un elfe, mais plutôt un gamin trop curieux et impoli. Il arrêta de parler, c’était évidemment mieux comme ça. Mais comment allait-elle donc réagir ? Il se prépara pour le pire.


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