Aïklando


 
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"Homme libre, toujours tu chériras la mer !"
"La mer enseigne aux marins des rêves que les ports assassinent."
"La sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit."
"Il est des moments où les rêves les plus fous semblent réalisables à condition d'oser les tenter."
"Le voyage est une suite de disparitions irréparables."
"Nous sommes de l'étoffe dont sont faits les rêves, et notre petite vie est entourée de sommeil."
"Dieu nous rêve. S'il s'éveille, nous disparaissons à jamais."
"Nous trouverons un chemin... ou nous en créerons un."
"Le rêve de l'homme est semblable aux illusions de la mer."
"Il n’est pas de vent favorable, pour celui qui ne sait pas où il va…"
"Il y a trois sortes d'hommes : les Vivants, les Morts, et ceux qui vont sur la Mer."

Merci le vin 5 5 11
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 Merci le vin

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Shiya
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MessageSujet: Merci le vin   Lun 11 Avr 2011, 17:19

« C’est frappant comme ta tête ressemble au postérieur d’un babouin, sais tu ? » Dit-il en jetant le fond de son verre sur un humain qui buvait tranquillement au bar.

L’homme se retourna, énervé, se demandant quel imbécile aurait pu faire ça. Il vit un elfe blond tituber devant lui en riant mais, étant de bonne humeur ce soir là, il était près à laisser tomber l’affaire. C’est alors qu’il vit que ce fond de verre était sans aucun doute un fond de verre de vin rouge. Le petit humain a la tête rouge s’est donc énervé.

« Mais bordel, le vin, ça tâche princesse ! Pourquoi t’as fais ça ? »
Mais l’elfe avait déjà oublié ce qu’il avait fait. Il partit en direction du tavernier histoire de gouter leur vin maison, les jambes écartées pour garder l’équilibre, le mot canard venant à l’esprit de ceux voulant le comparer à quelque chose.

La sensation ressentie après beaucoup de verres le plaisait toujours. Ce qui l’entourait lui semblait irréel, et essayer de monter les escaliers le fit sans cesse rire énormément. Il put enfin oublier ses problèmes et en créer des nouvelles dans la taverne. Par exemple, Shiya oublia qu’il fuyait la terre des elfes depuis des mois, mais il oublia aussi l’humain couvert de vin, qui voulait surement une nouvelle tunique.

Il oublia le tavernier, et avec du mal, Shiya reconnut des amis buveurs de la veille et se posa à leur table en leur proposant une tournée.

« Légendaire c’que tu viens de faire l’elfe !
- Ouais mais faut pas insulter comme ça mon vieux. Dit plutôt un truc genre T’sais que t’as une tête de cul de babouin toi ? Ca sonne ca-ré-ment mieux. »
Dit son voisin.
« Merci, je retiens. Je n’ai pas encore appris comment insulter c’est vrai. Oh j’ai une idée pour ce soir ! Deux pièces d’or que je monte plus d’escaliers que toi après trois verres !
-Tenu ! Qui paye ? »


Soudainement l’homme à l’habit rouge tira sur la chaise de Shiya, qui tomba à terre brusquement. Il essaya de se concentrer sur la tête de son assaillant, mais, la taverne étant mal éclairée par les quelques bougies présents, le tout mélangé à son état, soit il voyait la moitié d’un homme à l’envers dans l’ombre, soit il en voyait trois.

« T’as une tâche là. » Lui dit-il en montrant ses habits du doigt, toujours allongé par terre sur sa chaise, les pieds à l’air.

L’homme n’étant pas un lapin content ferma le poing et l’envoya droit sur l’elfe. Ses réflexes coulèrent alors dans tout son corps, et il évita le poing d’un geste rapide de la tête qui s’écrasa au sol là où il se trouvait. S’aidant de ses mains, il improvisa une roulade arrière et se retrouva debout à côté de sa chaise.

« Eh vous avez vu ce que j’ai fait là ? » Dit il joyeusement en y croyant qu’à moitié. Puis il reçut un coup de poing en pleine tête de la part de son ami Rudolph. Il s’écroula sur la table derrière lui en faisant voler les verres qui n’ont pas manqué leur chance d’arroser leurs propriétaires en passant. La dernière chose que Shiya vit était un tabouret, volant hélas dans sa direction.

La nuit était étoilée. Il regardait toujours le ciel la nuit. Il se demanda sans cesse si ses ancêtres regardaient cette âme perdue avec honte. La beauté scintillante de ces étoiles le faisait toujours voler. Il planait au dessus des toits de Reilor, au dessus des montagnes et des nuages, là où personne ne le dérangeait, au loin dans la nature.

« C’est beau n’est ce pas ? » Dit il en dirigeant sa question vers les deux hommes qui tiraient jusqu’à l’extérieur de la taverne. Sans remarquer qu’il se faisait en effet virer de la taverne, il regardait paisiblement le ciel en rêvant. C’est lorsque ce ciel merveilleux se transforma en un sol plein de boue qu’il remarqua un problème. Les deux hommes ayant atteint la porte, ils ont jeté l’elfe par terre qui plongea tête en avant dans la boue, son sang se mélangeant à la flaque visqueuse sous lui.


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Balsa
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MessageSujet: Re: Merci le vin   Lun 11 Avr 2011, 22:18

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Le ciel clair et la chaleur de la journée avaient fait place aux étoiles et à la fraicheur. A cette heure, Balsa sortait de sa sieste et commençait à humer l’air. On sentait, même depuis les toits du quartier pauvre, le sel porté par le vent jusqu’aux narines. Celles de la chimère frémirent.

Plus elle passait de temps dans cette ville, plus elle l’appréciait. Tout en restant toujours plus que discrète et anonyme, la vie ici lui était facile et douce. Bien sur, elle n’avait aucunement l’intention de s’installer et encore moins de trouver un travail. Elle vivait de larcins et de chasse. Car oui, la ville fourmillait de proies pour elle. Des oiseaux bien souvent, des poissons quand elle se rendait au port.

Mais ce soir, elle n’avait pas faim. Elle, ainsi que le chaton qui s’était installé « chez elle », avait fait un excellent repas à la tombée de la nuit, composé d’œufs de passereaux et d’une miche de pain pour la chimère. Pour Balsa, ce que les humains vivaient comme l’après-midi commençait. Et cette nuit-là, l’ennui la conduisit à se lancer dans les rues de la ville.


Sous sa longue cape, son principal atout félin qu’était sa queue était dissimulé. Elle avait le visage recouvert d’une capuche et avançait d’un bon pas sans trop penser à sa destination. Pour se dépenser tout simplement. Elle traversa les méandres du quartier résidentiel et déboucha rapidement sur la petite place du marché. Elle connaissait l’endroit par cœur, pour s’y être souvent procurer de quoi manger. Elle pensa qu’elle ferait surement mieux à l’avenir d’aller se servir ailleurs, plus loin.

Puis elle se rapprocha du port, descendant une rue qui traversait le centre ville. Une certaine agitation émanait encore de ce lieu. Il n’était pas aussi tard que Balsa l’imaginait. Elle hésitait à contourner la foule des derniers survivants de la soirée. Mais comme souvent, sa curiosité la piqua. N’était-il pas enrichissant d’en voir plus sur les habitudes et comportements de la foule ?

Elle ralentit un peu le pas pour ne pas avoir l’air pressé. D’autant qu’elle ne l’était pas. De sous sa capuche, son regard ne cessait de se promener alentours, à la recherche d’un instant de vie à saisir… Elle fit sa première découverte divertissante quand elle s’arrêta observer deux hommes ayant la vingtaine, à tout casser. L’un d’eux avait le hoquet et était appuyé contre le mur d’une taverne.


- Bwaaaaa jamais plus/hic… ça…
- Haha ! P’tit foie, vas ! J’vais montrer moi comment que c’est qu’on en fera un homme.
- Tu dois bien/hic… bien l’savoir toi…

Alors celui qui n’avait pas le hoquet leva la bouteille qu’il tenait de la main droite et beugla :
- C’est comme ça qu’on s’déroule quand on est soliiiiide !
Il but au goulot trois longues gorgées, puis s’essuya les lèvres du revers de sa manche.

- Huuuu/hic… sérieux j’crois que j’vais/hic… que j’vais… pas pouvoir rentrer chez/hic… moi
- Rhaaa tu m’emmerdes avec ton hoquet, tiens, bois-en donc un peu mieux, solide !
- Beeeeuheu… Il prit finalement la bouteille et but une gorgée qui le fit grimacer de douleur.

- Ben voila, ça c’est solide mon gars !
- Pas peur… hic…
- Bon, on en gaz un peu mieux dans l’estanco ?
- Carrément !...


Distrayant, ça l’était un peu. Mais pas franchement intéressant. Alors Balsa, qu’aucun des deux compères n’avait remarquée, quitta le lieu et tourna l’angle de la rue. Un peu plus loin, une autre taverne s’occupait de faire résonner dans la rue les exclamations de ceux qui s’y trouvaient. La chimère approcha, glissant dans l’ombre, silencieuse.

Alors qu’elle allait finalement traverser la rue pour atteindre l’entrée, les portes s’ouvrirent à la volée sur deux types en portant un troisième, les pieds devant. Alors que les deux qui portaient ce corps svelte grimaçaient de colère, le troisième semblaient totalement hors de la réalité.

- C’est beau n’est ce pas ?
*Quoi, un type trop ivre qui se fait jeter d’un bar ?...*

Et il se fit jeter : face contre terre, dans la boue. Les deux hommes, apparemment satisfaits de leur besogne, rentrèrent sans s’attarder. Devant la chimère, à quelques mètres seulement, un corps baignait dans l’ocre du sang mêlé à la terre. Ses vêtements, ses mains, son visage et ses cheveux blonds étaient des plus sales. Et il ne semblait pas s’en préoccuper le moins du monde. Il ne se préoccupait surement de pas grand-chose au vu de son état.

Un regard à gauche, un autre à droite : personne. Balsa s’approcha…

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Dernière édition par Balsa le Jeu 26 Jan 2012, 16:36, édité 1 fois
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Shiya
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MessageSujet: Re: Merci le vin   Mar 12 Avr 2011, 14:21

Encore cette sensation… La sensation que tout autour de moi n’est que fiction, que rien n’existe, et que je sens sous mes pieds le monde tourner sur lui-même à plus de mille kilomètres par heure, autour du soleil à plus de soixante mille kilomètres par heure, et, que grâce à la volonté de nos dieux, on peut s’accrocher à ce monde… Ce monde qui peut, à tout moment, nous rejeter dans l’infini du cosmos, avec encore plus de planètes qui tournent autour d’elles même à mille kilomètres par heure et autour de leurs soleils à soixante mille kilomètres par heure, et qui tournent, et qui tournent, et qui tournent, et qui…

Une autre sensation prit l’elfe soudainement, la sensation de vouloir « dégueuler ses entrailles » comme dirait les humains. Il releva la tête, et était convaincu que sous la couche de boue qui le couvrait, il était pâle comme les étoiles. Il sentit le monde vibrer sous la vitesse, et il avait peur de s’envoler s’il se releva. Il se mit alors sur le dos dans la flaque, écarta les bras et les jambes en forme d’étoiles, s’accrocha au sol et regarda autour de lui avec un rictus affreux, un rictus que quelqu’un ferai si un ouragan déferlait devant lui, et qu’il recevait des rafales imaginables en pleine figure.

Après peut être une minute, Shiya commença à voir plus clairement, et remarqua aussi à quel point il avait l’air stupide. Il se leva d’un bond et retira le plus de boue possible de sa tête et de ses habits tout en titubant, la tête légère.

Il observa enfin ses environs et, étonnamment réussi à se concentrer sur certaines choses. L’air frais lui fit du bien. Il entendit des bruits de bagarre dans la taverne derrière lui et quelques paroles étouffées.

« C’est ma bouteille imbécile !
-Ben prends le alors tête de cul de babouin ! » Suivi du bruit de verre qui éclata, surement sur la tête de son nouvel ami.

Il se trouvait sur un petit chemin, avec quelques bâtiments en pierre de droite à gauche. Devant lui s’étendait une vaste place marchande, vide à cette heure si. Seulement quelques oiseaux cherchaient de quoi se nourrir sur la terre labourée par le passage de centaines de personnes pendant la journée.

Quelque chose bougea à sa droite, une forme blanche très floue s’approcha de lui. Il supposa que la forme était vivante et, retrouvant ses sens lui demanda :

« Bonsoir, ou bonne nuit. Enfin non bonsoir. Quelle heure est-il ? Ou plutôt est ce que vous pourriez me diriger vers la taverne la plus proche ? Je ne pense pas que les personnes de cette taverne veulent me voir d’ici quelques jours. Pointez mon corps dans la bonne direction s’il vous plait. Comme ça je pourrai marche en ligne droite. Ce sera plus facile. » Lui dit il, en regardant quelques mètres à gauche de la figure en lui parlant.

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Balsa
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MessageSujet: Re: Merci le vin   Mar 12 Avr 2011, 22:55

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Le jeune homme se tourna sur le dos dans une grimace de souffrance et d’horreur. L’alcool avait de ces effets dévastateurs sur certaines personnes. Balsa avait rarement bu en réalité. Mais sa vie nouvelle, dont le seul loisir vraiment distrayant était d’observer les gens autour d’elle, lui avait enseigné beaucoup concernant ces breuvages.

Elle trouvait cela amusant d’écouter les dialogues de sourds, de voir des gens rire sans s’arrêter ou faire des grimaces surréalistes, mais aussi pitoyable. L’état dans lequel tombaient les buveurs était une honte à ses yeux. Car ils acceptaient d’effacer leur conscience et d’affaiblir leur corps. Ils se rendaient vulnérables et faibles.


La chimère stoppa son pas léger quand elle remarqua qu’il s’agissait non pas d’un homme mais d’un elfe planté là dans la rue. Un léger rictus apparut un seconde sur ses lèvres. Tiens, tiens, l’un des leurs, ici ?... Voyons voir ce qu’il fabrique. Elle n’avait pas de bons souvenirs des elfes. Car à peine avait-elle posé le pied dans leur terre qu’ils l’avaient assimilée à une menace.

Elle était pourtant venue avec des intentions des plus pacifiques. Et n’avait jamais heurté l’un des leurs. Mais sur un jugement d’apparence, peut-être parce qu’elle était en compagnie de ce neko si animal, ils avaient vu en elle un danger. Ils s’étaient lancés à sa poursuite et elle avait du se terrer dans les profondeurs de leurs quartiers.

Elle avait ensuite disparu dans la jungle, mais souvent elle revenait en quête d’un bateau qui la ramènerait à Lan Rei. Et si les gardes elfes la trouvaient, ils tentaient de l’arrêter, sans hésiter à utiliser contre elle leurs flèches si précises. Une fois l’un d’entre eux la prit en chasse jusqu’à son repère dans la jungle. Le malheureux était seul et elle l’exécuta sans pitié.


Dans la rue sombre et déserte, l’écho de la taverne rebondissait sur chaque mur en un brouhaha incessant. L’inconnu chancelant reprenait peu à peu ses esprits. Il inspecta les environs avec sérieux. C’est ce moment que choisit Balsa pour avancer plus près. Il la vit et s’adressa directement à elle dans un effort de politesse remarquable. Mais la direction de son regard trahissait de manière flagrante son état d’ébriété avancée. Et son discours en disait tout aussi long. La chimère ne retint pas un petit rire, mais doutait fortement qu’il le remarque.

- La taverne la plus proche ? Mais c’est que c'est une bonne idée ça oui.
Elle se tut un instant pour voir la réaction de sa pique sur le visage de l’elfe.
- Par contre, je vais pas pouvoir « pointer votre corps » dans la bonne direction. Un petit problème que j’ai mais bref, passons. Je vous propose de vous y conduire plutôt, si vous êtes d’accord.

Elle le dévisagea puis promena son regard de la tête aux pieds de l'inconnu. Il était dans un sal état. Cependant son corps ne semblait pas trop atteint. Il avait réussi à se relever et à aligner quelques phrases sans hésiter. Même si celles-ci étaient peu sensées.


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Shiya
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MessageSujet: Re: Merci le vin   Mer 13 Avr 2011, 14:17

Après avoir fini son discours avec tant de mal, l’elfe remarqua une chose qu’il aurait due voir avant. Cette personne devant lui avait vu la petite scène de Shiya roulant au sol. Il se sentait terriblement gêné à présent, son visage passant du blanc à la rouge tomate.

- La taverne la plus proche ? Mais c’est que c'est une bonne idée ça oui.

Le visage de Shiya s’illumina sous ses mots, comme descendant du ciel. Un monstre sourire apparut sur ses lèvres. Peut être même avait il trouvé un nouvel ami buveur ? Ou plutôt une. Sa voix était celle d’une femme.

-Ah ! Quelle… Gentillesse… Mademoiselle !


- Par contre, je vais pas pouvoir « pointer votre corps » dans la bonne direction. Un petit problème que j’ai mais bref, passons. Je vous propose de vous y conduire plutôt, si vous êtes d’accord.


Un problème ? Je me demande… Euh… Ce que je vais bien pouvoir boire à la prochaine taverne !

-En route alors !

L’elfe tendit le bras au ciel, le poing fermé, imitant un grand combattant partant à la guerre. Il avança rapidement vers la place, gardant le bras en l’air, ne prenant pas la peine de réfléchir à sa destination. Cependant la scène fut bien moins glorieuse que comme il la voyait dans sa tête. Dans une ruelle voisine, il entendit le bruit de vomissements et quelqu’un criant : - Soliiiiide ! Ce genre de scène ne figurait pas dans les grands livres historiques.

Shiya fit volte face et avança militairement vers le coin de la ruelle, se dirigeant vers les bruits. La fille le suivit, surement par curiosité plutôt que pour l’aider à se remettre debout une fois par terre. Avant de tourner dans la ruelle, un oiseau passa devant Shiya, ce dernier le suivant du regard. Il changea de direction et se mit à le poursuivre. L’oiseau, comme tant d’autres, allait sur la place. L’elfe fit bien deux cents mètres avant de remarquer ce qu’il faisait.

Comme retournant sur terre, Shiya baissa le bras et prit la peine d’observer la femme qui le suivait à travers la ville. En se concentrant, il vit qu’elle portait une cape blanchâtre et une capuche de couleur similaire cachant des cheveux noirs attachés. Elle était assez grande et le regardait avec des yeux bruns noisette, d’une allure étrangement sérieuse pour une buveuse.

-Ca va ?

Shiya réalisa d’un coup qu’il était censé la suivre, et en rit pendant quelques secondes. Puis, d’un sourire chaleureux lui montra la route en se mettant de profil, ainsi disant qu’il la suivait.

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Balsa
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MessageSujet: Re: Merci le vin   Mer 13 Avr 2011, 20:14

- En route alors !

Le voila qui levait son poing en l’air, affichant un air faussement sérieux et se mettant en route. Balsa imaginait ce qui pouvait alors se tramer dans la tête de l’elfe. Surement que le décor était bien plus haut en couleurs, que le son qui résonnait dans son crâne était celui d’un hymne guerrier héroïque et que sa quête consistait à se lancer à la recherche d’un lieu des plus sacrés. La prochaine taverne.

Avait-il conscience qu’autour de lui la vie s’écoulait bien différemment de ses fantasmes ? Car la réalité ne présentait qu’une ville sombre et puante, dont l’écho de ses habitants était alors constitué d’un relent d’entrailles couvert par une exclamation peu censée. Balsa suivait à quelque distance l’ivrogne qui s’était mis en route. Surement que ce cri lâché dans la ruelle adjacente était pour lui le cri d'un dragon qu'il allait affronter en héros.

Cependant il fut rapidement distrait par le vol d’un oiseau. C’était un peu étrange que l’animal soit actif la nuit, mais probablement logique puisqu’il alla se poser sur la place, picorer les miettes laissées là par les habitants de la ville.

Son attention passait d'une chose à l'autre très rapidement. D’abord sa marche victorieuse, puis la poursuite de l’oiseau. Et maintenait, il regardait fixement la chimère, d'un regard vaseux, semblant chercher en lui la force de décrypter ses formes et ses intentions.

- Ca va ?
Elle eut un petit rire silencieux qui souleva sa poitrine un instant.
- Moi oui. Et vous ?

Elle sourit, sans savoir si son expression saurait être lue par l’inconnu. Elle fit mine de regarder autour d’elle, posant ses yeux sur la taverne d’où l’elfe venait, puis sur une petite rue qui serpentait depuis la place en direction de l’intérieur des terres.

- Par ici, il y a une taverne aux prix abordables, ils servent une cervoise tout à fait respectable.
Puis elle scruta une autre rue, un peu plus large que la première.
- Sinon par là, une auberge sert les clients à toute heure de la nuit. Leur hydromel est excellent, mais il vous faudra déverser un peu plus d’or. Alors, laquelle de ces destinations vous semble la plus convenable ?

Il répondit et Balsa se mit en marche dans la direction qu’il choisit. L’elfe lui emboita le pas. Ils n’avançaient pas bien vite, la chimère temporisait son allure non seulement pour s’assurer qu’il suivait, mais aussi parce qu’elle comptait bien assouvir quelque peu sa curiosité sur le trajet.

- Alors ? Peut-on savoir ce qu’un elfe fait si loin de chez lui, perdu dans cette cité humaine ?

L’alcool avait ceci de pratique qu’il avait tendance à délier les langues. La chimère avait observé à moult reprises des individus sous l’emprise de cette drogue révéler leurs secrets les plus enfouis. Comme il s’agissait la plupart du temps de ragots et d’histoires d’amourette, cela n’entraînait guère de conséquences. Mais parfois, certains lâchaient des informations qui pourraient porter préjudice, à eux ou à d’autres.

- La ville vous plait-elle ?

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Shiya
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MessageSujet: Re: Merci le vin   Jeu 14 Avr 2011, 20:00

- Moi oui. Et vous ?
-Ah jamais mieux, jamais mieux ! Donc, où allons-nous ?

Il crut apercevoir un sourire au coin des lèvres de la fille, ce qui lui fit plaisir, il n’était pas le seul à être content apparemment.
Elle regarda autour d’elle pour chercher la bonne ruelle puis, en s’adressant à l’elfe, lui dit :

- Par ici, il y a une taverne aux prix abordables, ils servent une cervoise tout à fait respectable.

L’elfe observa la rue, qui lui semblait parfaite. Il commença alors à lever le bras au ciel mais la fille lui devança.

- Sinon par là, une auberge sert les clients à toute heure de la nuit. Leur hydromel est excellent, mais il vous faudra déverser un peu plus d’or. Alors, laquelle de ces destinations vous semble la plus convenable ?


L’elfe essaya le mieux possible de se souvenir des deux propositions, mais ses pensées restèrent bloquées sur une chanson qu’il venait de créer :
L’hydromel… L’hydro, c’est comme de l’eeeaaauuuu, il y’a des poissons et des bateaux dans l’eeeaaauuuu, et y’a moooiiiii, maintenant !!!!!

-Hydromel ! Cria l’elfe en regardant la fille d’un air de vainqueur. Elle se mit en marche et il la suivit de près, tout en chantonnant « Hydro, c’est comme de l’eeeaaaauuuu… » à voix basse.

Quelques minutes passèrent pendant que Shiya se mit à réfléchir sur les prochaines paroles de son chef d’œuvre musical. Elle lui coupa la parole quand il arriva au refrain.

- Alors ? Peut-on savoir ce qu’un elfe fait si loin de chez lui, perdu dans cette cité humaine ?


L’elfe regarda la fille curieusement. Les amis buveurs ne posaient jamais de questions semblables. Après une courte hésitation, il répondit.

-Ah moi je suis un elfe qui voyage ! J’aime l’océan tu vois ? Je rêve de traverser chaque océan imaginable et explorer tous les tavernes existantes, mais jamais, jamais, jamais, jamais j’retournerai sur Rosyel. Pourquoi ? Ben parce que y’a pas d’hydromel là bas bien sûr ! Dit-il en éclatant de rire, vacillant de droite à gauche de la ruelle en le faisant, perdant l’équilibre.

- La ville vous plait-elle ?

-Oh les villes, j’y vais que pour les gens et les boissons. Je préfère la nature moi ! Le grand air ! Surtout le matin. Le bruit est insupportable ici après une bonne soirée entre amis.
Et toi, que fais tu à trainer derrière ses murailles, où les arbres ne poussent pas ? Oh, et quel est ton nom mademoiselle ? Je suis très impoli je m’excuse !


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Balsa
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MessageSujet: Re: Merci le vin   Jeu 14 Avr 2011, 21:26

- Hydro, c’est comme de l’eeeaaaauuuu…
Tu dois bien en boire beaucoup de l’eau toi !...

C’était tout de même amusant d’assister à la scène en étant sobre. Balsa ne pouvait s’empêcher de sourire, mais comme elle baissait la tête, son visage dans l’ombre de sa capuche n’était pas facilement déchiffrable.
Intérieurement, la chimère tirait des conclusions du choix de l’elfe. Même si ce dernier n’était pas des plus conscient, il avait opté pour la destination où les prix seraient les plus élevés. Il ne devait donc pas être à court de monnaie, ce qui intéressa de suite la voleuse opportuniste qu’était devenue Balsa. Il restait bien sur la possibilité que, ivresse aidant, il n’ait pas considéré le prix à déverser lors de son choix.
Il répondit facilement à sa question. Et bien qu’il semblât interloqué de la nature de celle-ci, il s’étala largement en explications, qui finirent dans un tourbillon peu cohérent mais résumaient assez bien son état d’esprit. Alors Balsa enchaîna avec une nouvelle question, qui n’avait pour but que de lui délier la langue un peu plus. Elle n’écouta pas vraiment la réponse mais releva ce qu’il dit par la suite :

- Et toi, que fais tu à trainer derrière ses murailles, où les arbres ne poussent pas ? Oh, et quel est ton nom mademoiselle ? Je suis très impoli je m’excuse !
- Hahaha !... pardon. Oui, vous êtes des plus impolis, jeune elfe. Car premièrement, cela ne se fait pas de tutoyer une inconnue. Et vous semblez ignorez aussi une règle essentielle de la courtoisie : on ne demande pas le nom d’un autre sans s’être présenté auparavant.

Elle lui laissa entendre, écouter, comprendre et digérer ces quelques reproches. Elle espérait aussi qu’il en conclut de lui-même qu’elle attendait qu’il donne son nom. Comme il avait quelques difficultés à marcher et parler en même temps, elle ralentit un peu l’allure.

- Pour ma part, je suis ici car j’ai grandit dans cette ville, c'est tout simplement ma maison. C’est pour ça que je connais les bonnes tavernes. Oh, et mon nom est Rosa, enchantée.

Ils se trouvaient au bord du centre-ville et entamèrent bientôt la descente d’une longue rue qui menait au port. Encore un peu plus loin, un peu plus à l’écart et la chimère pourrait agir et profiter pleinement de cette soirée si bien commencée. Cependant, si ses intentions premières avaient été mauvaises et qu’elle avait même donné un faux nom, elle devait admettre que cheminer avec cet elfe n’était pas déplaisant.

- Je crois que j’ai trouvé une suite pour la chanson.
Elle se racla la gorge, tout en se demandant ce qui pouvait bien l’avoir prit de partir sur ce sujet.
- Hydroooo, c’est comme de l’eaaaaau, et meeeel, un antigeeeel…

Observant la réaction qu’allait provoquer cet humour que la chimère n’avait pas l’habitude d’utiliser, elle laissa planer un petit silence avant de reprendre sur un ton plus sérieux.

- Cependant, cher Shiya, je ne pense pas pouvoir vous suivre dans cette auberge. Je n’ai guère d’or et je ne prévois pas de le dépenser en boisson. De plus, si j’aime à boire quelques gorgées, je ne supporte pas de me retrouver dans ce genre de lieu…

Fallait-il être un peu moins subtil ? Parviendrait-elle à lui faire faire ce qu’elle voulait ? Elle poursuivit d’une voix basse et un peu étouffée :

- Mais si nous buvions tranquillement à l’extérieur, sur la plage par exemple, ce serait intéressant…
Elle conclut en reprenant une voix plus forte, plus naturelle et amicale :
- Et vous logez où dans cet ville, monsieur le voyageur ?

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Shiya
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MessageSujet: Re: Merci le vin   Ven 15 Avr 2011, 22:10

- Hahaha !... pardon. Oui, vous êtes des plus impolis, jeune elfe. Car premièrement, cela ne se fait pas de tutoyer une inconnue. Et vous semblez ignorez aussi une règle essentielle de la courtoisie : on ne demande pas le nom d’un autre sans s’être présenté auparavant.

Shiya s’arrêta net. Il ne s’attendait pas à cela. Il prit l’habitude de parler comme à des amis chaque personne qu’il croisait, et il lui avait même semblé d’être plutôt poli envers cette fille. Il ne sut pas si elle l’insultait ou si elle lui récitait tout simplement une liste de mœurs à avoir en société. Dans tous les cas ce ne fut pas des plus chaleureux.

-T… Vous… n’es…êtes pas normal n’est ce pas ? Vous ne buvez pas souvent ? Pourtant tu as l’air de connaître… Vous… avez… Ouais. Bref je m’appelle Shiya et c’est tout ce que vous avez à savoir sur moi. Avez-vous le droit de répondre maintenant ?

Demanda-il en se remettant en marche, encore moins rapide qu’auparavant. Il observa les bâtiments autour. Il y avait quelques auberges ici et là, mais quelque chose le tracassait. Il ne savait juste pas quoi.

- Pour ma part, je suis ici car j’ai grandit dans cette ville, c'est tout simplement ma maison. C’est pour ça que je connais les bonnes tavernes. Oh, et mon nom est Rosa, enchantée.

Décidemment elle est bien spéciale celle la. Gentille comme tout d’un coup…


-Ah Rosa. Quel joli nom. Ca va putôt bien avec la ville d’ailleurs. Et donc tvous êtes d’ici. Vous n’aimez pas voyager ?
Lui dit il, qu’à moitié intéressé.

- Je crois que j’ai trouvé une suite pour la chanson.
Hydroooo, c’est comme de l’eaaaaau, et meeeel, un antigeeeel…


Il ne suffisait pas de grand chose pour faire rire l’elfe en général, alors en mélangeant chant et alcool, il ne pouvait plus s’arrêter. Il ria à en faire trembler les murs et fuir les oiseaux, les larmes lui montant aux yeux. Ce fut ce qu’il fallait pour effacer les quelques soupçons qui trottaient dans son esprit.

-Ah elle est bien bonne !
Lui dit-il en la tapotant le dos.
-Ah euh… Désolé.

L’elfe ria encore quelques minutes à voix basse, tout en regardant autour de lui. Il ne connaissait pas ces lieux.

- Cependant, cher Shiya, je ne pense pas pouvoir vous suivre dans cette auberge. Je n’ai guère d’or et je ne prévois pas de le dépenser en boisson. De plus, si j’aime à boire quelques gorgées, je ne supporte pas de me retrouver dans ce genre de lieu…

Voilà qui est très embêtant. Évidemment je veux payer pour nous deux, puisque je SUIS poli ! Mais il va peut être falloir lancer quelques paris pour gagner de quoi payer à boire. Il y a toujours des gens dans un état pire que le miens à qui jouer un mauvais tour.

-Vous n’êtes donc pas buveuse de nature… Pourtant l’ambiance peut être très bien. La preuve juste avant, c’était très amusant !

Cependant d’une voix plus basse elle poursuivit.

- Mais si nous buvions tranquillement à l’extérieur, sur la plage par exemple, ce serait intéressant…

Le peu de sens qui lui restait réussirent à faire sonner l’alarme dans sa tête.

Des avances ? Voilà qui est dérangeant.


Il commença à imaginer une façon de sortir de ce pétrin, mais finalement la curiosité le gagna. Il voulait savoir ce que Rosa avait dans la tête. De plus il voulait revoir la mer.

-Oui pourquoi pas aller sur la plage. À cette heure si ça doit être joli.

Très rapidement derrière, elle ajouta d’une voix plus assurée, pour changer de sujet :

- Et vous logez où dans cette ville, monsieur le voyageur ?

-Moi, j’aime pas la ville. J’ai trouvé un coin tranquille à l’extérieur de la ville, à l’abri de la pluie et des voleurs. Mes biens sont bien cachés là bas. Je préfère pas me balader dans la ville avec tout ce que j’ai. Même si ça ne revient pas à beaucoup. Surtout vu comment je fini hein ?
Ajouta il en riant.
-Oh je voulais vous demander quelque chose. Je préfère faire bonne impression en entrant dans la taverne. Est-ce que vous pouvez me jeter un sceau d’eau à la figure pour me rafraichir et me nettoyer un peu ? Je suis sûr qu’on peut en trouver quelque part.


Il était sûr que l’idée lui plaira aussi. Les filles aimaient toujours lui jeter de l’eau à la figure. Ca en devenait une habitude.
Soudainement, Shiya remarqua ce qui clochait.

Les bâtiments ! Y’en a moins ! Et elle veut… elle veut elle veut… la plage ! La plage ?

- Pardonnez-moi, mais il me semblait que dans cette ville les tavernes étaient au centre. Où est votre taverne au juste ?

Spoiler:
 
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Balsa
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MessageSujet: Re: Merci le vin   Sam 16 Avr 2011, 01:41

Petit blocage. Tu, vous, et tout un flot de questions se mêlèrent dans la réponse de l’elfe ivre. Il dit s’appeler Shiya, mais précisa clairement qu’il n’en dirait pas plus sur son identité. Qu’importe, la chimère n’en avait cure. Connaître le passé et les raisons de vivre des autres, c’était bon pour les amis. Pas pour ses distractions d’un soir, encore moins pour ses victimes.
Il se remit en marche. Balsa vit bien qu’il regardait alentours. Son esprit devait être encore confus, mais il semblait réaliser qu’ils quittaient peu à peu le centre ville. Fallait-il s’inquiéter ? non pas encore, la chimère gardait une bonne marge de manœuvre.

Shiya goba tout rond le mensonge de Balsa, allant jusqu’à commenter la nature de son prénom. « Joli » comme il disait. Etait-ce là une forme de flatterie ? Tombait-il à ce point dans le piège de la chimère ? Cette dernière ne répondit pas à la question de l’elfe concernant son gout pour le voyage. Chanter fut un bon moyen de l’esquiver.
Et le résultat fut bien supérieur à tout ce qu’elle avait pu espérer. Le rire monta en un éclair à la gorge de l’elfe et se déploya en une succession de soubresauts qui soulevèrent son corps svelte. Parfait ! Voila comment mettre un esprit affaiblit dans sa poche. L’étau se refermait, la prédatrice glissait lentement, centimètre par centimètre, s’approchant de son but.

Il retrouvait peu à peu la parole quand il effectua un mouvement des plus surprenants. Car sa main vint se poser du bout des doigts sur l'épaule de Balsa, la tapotant amicalement. Il ne semblait pas vraiment avoir mesuré la portée de son geste et s’excusa tout de suite. Mais c’était trop tard. Quelque chose d’impalpable traversa le cœur de la chimère.
Ainsi elle pouvait susciter l’amitié, même sous son apparence si fermée et froide, auprès d’un elfe qui plus est. C’en était presque regrettable, car le piège était tout tendu et jamais le fauve ne laissait filer sa proie une fois qu’il l'avait choisit. Elle le laissa profiter de la fin de son rire, si franc, et poursuivit.

Il avait comprit qu’elle n’affectionnait pas les tavernes et autres, mais tenta par quelque mots de changer son opinion sur le sujet. Ce fut bien peine perdue. Car si non seulement Balsa n’appréciait pas l’ivresse, elle détestait surtout la masse d’humains qui se trouvait généralement en ces lieux. Elle soumit alors sa proposition faussement timide de destination : la plage.
Il ne répondit pas tout à fait de suite. Cette idée avait-elle éveillée sa méfiance ? L’interprétait-il d’une manière erronée ? En y repensant, la chimère comprenait que cela pouvait sembler être bien plus qu’une simple idée. Elle se mordit l’intérieur de la joue jusqu’à ce qu’enfin il réponde.

Et il acceptait, ô miracle ! Presque imperceptiblement, elle accéléra le pas… et le ralentit dès que l’elfe évoqua son logis hors de la ville. Ainsi donc, il ne portait pas sur lui ses biens les plus précieux. Preuve d’intelligence de sa part, mais malchance pour la chimère. Il lui était toujours possible de le suivre jusque là-bas, mais elle n’était pas sûre d’en avoir la patience. D’autant qu’il semblait franc en disant qu’il n’avait pas grand-chose. Le jeu n’en valait donc pas la chandelle…

- Oh je voulais vous demander quelque chose. Je préfère faire bonne impression en entrant dans la taverne. Est-ce que vous pouvez me jeter un sceau d’eau à la figure pour me rafraichir et me nettoyer un peu ? Je suis sûr qu’on peut en trouver quelque part.

Que, que… quelle étrange requête. Elle le regarda d’un air à la fois amusé et interloqué. Elle ne voyait pas trop s’il était sérieux, faisait une pointe d’humour ou si l’alcool avait à ce point altérer son esprit. Elle nota cependant qu’il avait fait un bel effort de politesse, intégrant parfaitement le vouvoiement à présent. Preuve qu’il dessaoulait ? La chimère lui répondit avant que son silence ne laisse suggérer qu’elle s’inquiétait à ce propos :

- Et bien si nous passions d’abord par la plage, vous pourriez vous rincez de cette eau fraiche et vivifiante je pense. C’est moins hasardeux qu’espérer trouver un sceau d’eau quelque part.

Nouveaux regards alentours, il scrutait le décor. Et cela fit soudainement "tilt" dans sa tête, alors que Balsa esquissait un sourire qui n'avait pas de raison apparente.

- Pardonnez-moi, mais il me semblait que dans cette ville les tavernes étaient au centre. Où est votre taverne au juste ?
Ah oui, t’as remarqué ça… Mais cesses donc de te préoccuper de ce détail, tiens…
- Je vous ai dit que c’était une auberge rappelez-vous. Elle se trouve comme pas mal d’autres au port, c’est là que nous nous rendons. Enfin, du coup nous faisons un premier détour par la plage non ? C’est le même chemin quoiqu’il en soit.

Comme il semblait plus serein et net d’esprit qu’auparavant, Balsa força le pas, s’assurant bien entendu qu’il suivait toujours. En considérant tout ce qui venait de se passer, elle ne savait plus trop quel était exactement son but. Se venger du peuple elfique sur ce pauvre Shiya ? Lui voler le peu qu’il avait ? Ou tout simplement se distraire égoïstement ?

Un vent chargé de sel marin soufflait face à eux, canalisé entre les bâtisses qui s’élevaient de part et d’autre de la rue. La nuit était fraiche et une rafale fit frissonner la chimère. Cette sensation était très agréable. Balsa se rappelait la première fois qu’elle avait vu l’océan, plus d’un an auparavant. Elle avait par la suite affronté le monstre d’eau. A présent, elle l’aimait tout autant qu’il l’effrayait.

- Et donc, cher Shiya, je ne dois pas vous interroger sur votre passé. Soit, je comprends parfaitement. Mais alors puis-je me permettre d’évoquer votre futur ? Vous avez des voyages prévu après Reilor ? Une contrée qui vous attire particulièrement ?
Mais qu’est-ce que je fous à le lancer là-dessus ?... Je fais la conversation maintenant ?... faible, je suis si faible… le pire, c’est que je crois que j’ai peur de l’avoir offensé… Tccchhhh, verra bien qui rira le dernier, pauvre petit elfe !... Et puis faut bien parler, un silence serait trop pesant et louche...

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Dernière édition par Balsa le Lun 18 Avr 2011, 01:38, édité 1 fois
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Shiya
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MessageSujet: Re: Merci le vin   Dim 17 Avr 2011, 18:02

- Et bien si nous passions d’abord par la plage, vous pourriez vous rincez de cette eau fraiche et vivifiante je pense. C’est moins hasardeux qu’espérer trouver un sceau d’eau quelque part.

Bon… Pourquoi pas aller directement là bas… L’hydromel peut attendre après tout.

Il allait lui dire que l’idée le plaisait, quand il remarqua le manque de bâtiments et lui demanda donc où ils allaient.

- Je vous ai dit que c’était une auberge rappelez-vous. Elle se trouve comme pas mal d’autres au port, c’est là que nous nous rendons. Enfin, du coup nous faisons un premier détour par la plage non ? C’est le même chemin quoiqu’il en soit.


Décidément elle veut aller à la plage cette Rosa… Mais l’auberge… Au port ? Oh et puis zut.

À force de réfléchir, un mal de crâne gagna l’elfe et il décida d’arrêter avec ses questions et croire à cette fille mystérieuse.

-Ah oui c’est vrai. Que je suis bête. Allons donc à la plage !

Rosa marchait plus vite à présent, mais s’assura tout de même que l’elfe suivait. Un vent unique soufflait sur les deux silhouettes marchant à travers les petites ruelles de la ville. Ce fut le vent marin. Ce vent qui transportait les odeurs de sa mer qu’il aimait tant. Il inspira profondément et un mélange de sel et de poisson inonda ses narines. Un soupire heureux l’échappa. Il souriait en imaginant le bruit des vagues s’écrasant sur la plage déserte, le bruit des goélands piaillant en cherchant à manger sur la surface de l’eau, le bruit des marins criant entre eux en préparant un bateau à un long voyage, mais aussi le calme de ce vaste océan incommensurable, le seul endroit où le silence existait vraiment.

Shiya accéléra, dépassant Rosa et marchant en direction du vent. Depuis son arrivé à Reilor il n’avait pas revu la mer. Il avait peur de se faire remarquer la journée, mais, dans le sombre de la nuit l’envie de revoir l’océan remporta l bataille. Pour rompre le silence qui s’était créé sans que Shiya s’en rende compte, Rosa lança une conversation. Il entendit sa voix au loin lui parlant, le ramenant à ses esprits.

- Et donc, cher Shiya, je ne dois pas vous interroger sur votre passé. Soit, je comprends parfaitement. Mais alors puis-je me permettre d’évoquer votre futur ? Vous avez des voyages prévu après Reilor ? Une contrée qui vous attire particulièrement ?

-Je veux voyager. Qu’importe la destination. Avoir aucun soucis et pouvoir partir où je veux. C’est une belle manière de vivre non ? T’en pense quoi ?

Répondit-il sans hésiter, pensant qu’elle voulait juste parler innocemment.

Oups… Encore un tutoiement. Bon tant pis.


Shiya tourna au bout de la rue, menant à présent la danse. Complètement perdu dans le labyrinthe de la ville, il sut se retrouver grâce à ce vent qu’il connaissait si bien.
Devant lui s’étendait une énorme plage d’un sable farineux, scintillant sous la lune et les étoiles. La marée était basse, l’océan était donc très loin, il fallait marcher encore beaucoup pour trouver de l’eau.

Shiya se lança sur la plage, Rosa non loin derrière. Le sable était parfait. Il aurait put se coucher dedans et s’endormir en paix. Il regarda autour de lui, à sa droite il vit à un ou deux kilomètres le port et la forme de quelques bateaux. À sa gauche, il ne vit que cette plage immense. Il se sentait bien.

-C’était une bonne idée Rosa. Merci.

Lui dit-il en souriant, les mots lui venant du fond du cœur.

Ils marchèrent encore un peu, et plutôt que de regarder l’océan devant lui, Shiya observa Rosa. Il voulut mieux la voir. Il ne voyait qu’une moitié de visage sous sa capuche, et avec le peu de lumière présent, il ne voyait aucun détail, que ses yeux bruns brillants sous le ciel étoilé. Ne voulant pas la gêner il se concentra par la suite sur la mer qui approchait petit à petit. Peu après, ils tombèrent sur un petit lac, une dizaine de mètres carrés, pas très loin de la mer. Il devait y avoir un creux dans le sable à cet endroit car tout autour était sec, mais le lac s’étendait devant lui et lui semblait profond. En observant autour, il en vit plusieurs comme celui devant eux, un peu partout tout au long de la plage.

-Ca me va.
Dit simplement l’elfe.

Il s’accroupit au bord du petit lac, en gardant avec peine son équilibre. Il ne voyait même pas le fond de ce lac d’où il se tenait. Il ramassa un peu d’eau et éclata le tout sur son visage, le réveillant instantanément. Cependant il ne vit pas Rosa dangereusement près derrière lui.
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Balsa
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MessageSujet: Re: Merci le vin   Lun 18 Avr 2011, 01:35

Il était de ces silences qui se savouraient. Et se respectaient aussi, car la chimère ne répondit pas à la question de Shiya. Seul un sourire fugace sembla relever, amusé, ce tutoiement échappé. Sans doute son interrogation relevait plus d'une courtoisie qui voulait que le dialogue se prolonge plutôt que de la curiosité. Tout du moins il n'insista pas et continua de marcher, quelques pas devant elle. Il semblait si enthousiaste à la simple idée d’avancer vers la mer, comme un enfant. Ajouté à sa naïveté, cela faisait penser à Balsa qu’il était encore bien jeune pour l'un de ces êtres qu'on dit immortels.

Ils marchèrent un moment tous les deux, sans prononcer un seul mot. Le vent leur promettait de son souffle salé l’approche de l’océan. Cette odeur et cette force vivifiante étaient universelles. Partout où l’immensité bleue s’étirait, sur chaque côte et sur chaque île, elle enveloppait les contours des continents d’un voile marin. Le climat changeait à l’approche des plages et les vagues offraient à l’atmosphère une part des éléments contenus dans les flots infinis.


Cet endroit si particulier, à la frontière de la terre et de la mer, ils s’y trouvèrent bientôt. Il avait beau faire nuit, la lumière ne manquait pas pour autant. Le soleil reflétait sur la lune ses puissants rayons, qui continuaient leur course jusqu’à la crête des vagues et scintillaient encore plus que les étoiles ne brillaient. La chimère ne savait pas si cela pouvait être du à ses capacités félines de vision noctunre, mais elle ne ressentait aucune gène à évoluer dans ce nouvel environnement. Quelques souvenirs furtifs de sa vie sur Rosyel, cachée comme une bête dans la jungle, revenaient en éclats miroitants à la mémoire de Balsa.

Puis des souvenirs plus récents, jusqu’à cette dernière phrase qu’il avait prononcée. « Je veux voyager. Qu’importe la destination. Avoir aucun soucis et pouvoir partir où je veux. C’est une belle manière de vivre non ? ». Quelques mois en arrière, Balsa en aurait dit tout autant. Elle le pensait sans doute encore, sans trop se l’avouer. Mais là n’était pas la question. Parce qu’aujourd’hui, elle ne dirait plus cette vérité éclatante au premier inconnu croisé dans les rues de la ville, entre deux tavernes. Elle avait apprit à se méfier et surtout à ne pas éveiller la méfiance. Car qui paraissait plus coupable que le voyageur. Celui qui passe sans laisser de trace, sans attache et sans passé ?

Et puis il avait ce «T’en pense quoi ? ». Innocence et familiarité naturelle, ou conséquence d’un manque de retenue dû à l’alcool ? Plus la chimère y pensait et plus la seconde solution lui parassait peu vraisemblable. Parce qu’un elfe est par essence un être qui sait maîtriser son langage, elle ne concevait pas qu’une simple boisson puisse altérer leur volonté d’employer les mots convenus. Et il avait prouvé qu'il en était capable, bien qu'il fut resté un moment hésitant.


Devant elle, Shiya avançait joyeusement, lui lançant des coups d’œil qu’elle ne put que remarquer. Il préféra reporter son attention sur le décor et se dirigea bientôt vers un groupe de petits lacs d’eau salée, formés par le recul de la marée. Car l’écume se brisait à son point le plus bas. Ils évoluaient donc dans cette seconde plage qu’était le lit de sable, humide en permanence, s’étendant entre les extrémités de la marrée montante et descendante. Ils vivaient un instant qu’une langue étrangère dénommait « slack tide ».

A partir du moment où la chimère posa le pied sur cette étendue de grains fins gorgés d’eau, elle fit un grand effort de concentration. Car malgré ses chaussures en cuir, elle craignait que le courant qu’elle dégageait ne soit diffusé alentours sans qu’elle ne le désir. Elle fit taire tous sentiments néfastes, les contenant de toute sa volonté au plus profond de son être.

- Ca me va.

Sans plus porter attention à elle, l’elfe s’accroupi au bord de l’un de ces lacs éphémères. Il n’avait pas oublié la raison de sa venue et se débarbouilla à l’eau froide. Voila qui devait lui faire retrouver un peu plus ses esprits, après la promenade et le fait qu’il n’ait plus bu d’alcool depuis leur rencontre. La chimère glissa derrière lui.

Il avait le dos tourné, les pieds quasiment dans l’eau et le visage et les mains encore tout humides. Il ne pouvait pas être plus vulnérable, si ce n’était en plongeant directement dans le liquide conducteur. La situation profitait à la chimère qui n’avait qu’un mouvement à esquisser pour mettre un terme aux souffrances de Shiya, l’elfe voyageur. Ce sentiment de puissance, qu’elle portait en elle depuis qu’elle avait quitté les laboratoires, était à son paroxysme. Elle l’apprécia un instant, mais sa saveur était bien fade au vu de la facilité avec laquelle elle en était arrivée là.


Elle vint finalement à côté de lui, juste un peu en arrière pour ne pas qu’une rafale viennent étaler quelque petite vague sur ses pieds. Son visage était barré d’un sourire de satisfaction, comme si elle venait de remporter une grande victoire.

- Vous savez que je pourrais vous tuer, là, sur le champ ?

Alors ses mains se levèrent vers son visage et ses doigts saisirent de part et d'autre le tissu de sa capuche. Elle la fit basculer en arrière et ses mains vinrent ensuite dégager ses longs cheveux glissés sous l'étoffe de sa cape.

- Un voyageur comme vous devrait apprendre à se méfier des inconnus... Je crois, Shiya, que votre volonté de cacher vos origine vient d'une discorde avec votre peuple. Comme sur ce point nous nous rejoignons, je vous donne ce conseil : méfiez-vous toujours de celui ou de celle qui dissimule son apparence.

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Shiya
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MessageSujet: Re: Merci le vin   Lun 18 Avr 2011, 20:28

- Vous savez que je pourrais vous tuer, là, sur le champ ?

Shiya resta immobile. Il ne s’attendait pas à ça. Heureusement, grâce à l’eau froide qu’il venait de jeter sur sa figure, il pouvait mieux réagir face à ce genre de situation. Il décida de rester calme et continuer ce qu’il faisait, même si son cœur battait la chamade.

-Un voyageur comme vous devrait apprendre à se méfier des inconnus... Je crois, Shiya, que votre volonté de cacher vos origine vient d'une discorde avec votre peuple. Comme sur ce point nous nous rejoignons, je vous donne ce conseil : méfiez-vous toujours de celui ou de celle qui dissimule son apparence.

L’elfe ne réagit pas à ses mots, et calmement il reprit de l’eau et continua à se laver, tout en réfléchissant à ce que vient de lui dire Rosa. Toujours accroupi, il retourna la tête pour voir la fille debout, derrière lui. Elle se tenait là, à le regarder d’un air hautain avec un sourire de gagnant. Elle aurait pu avoir les mains sur les hanches et un centaure mort sous un pied, et son visage serait le même. Elle avait enlevé sa capuche, comme pour révéler son identité secrète à son ennemi avant de l’achever. Dans la pénombre, Shiya remarqua tout de même des traits noirs sur ses joues, tel un félin. Sur Rosyel l’elfe lisait beaucoup, et il se souvenait d’un recueil parlant de Nekos, une race mi félin, mi humain. Jusque là, il n’avait que rencontré des humains au long de sa fuite, et sa seule connaissance sur les autres races sortaient de livres.

Serait-ce possible ? Une Neko ?

Il remercia intérieurement ses amis, joueurs de cartes. Sans ces soirs passés à jouer dans une taverne, son regard ne serait jamais aussi illisible que là, devant elle. Il se retourna et plongea de nouveau ses mains dans l’eau mais s’arrêta pour dire quelques mots.

-Vous êtes très belle.

Puis il s’arrosa de nouveau d’eau, écoutant attentivement chaque mouvement de la fille, espérant entendre une réponse à ses paroles imprévues, mais près à se retourner d’un bond si elle réagissait mal. Il sécha ses mains sur sa tunique, et jeta à un clin d’œil rapide à Rosa.

J’espère ne pas l’énerver. Faut surtout pas montrer ma peur… Mais qu’est ce que je fabrique ?


Enfin, Shiya se retourna entièrement mais ne se mit toujours pas debout. L’inverse justement. Il s’assit juste au bord de l’eau jambes croisées, puis posa ses coudes sur ses jambes, reposa sa tête sur ses deux mains poings fermés, puis observa longuement Rosa. Il supposa que cela la mettrait mal à l’aise, mais vu son air hautain pourquoi pas s’amuser un peu. Après tout il n’était pas mort.

Les secondes passèrent avec peine tandis que Shiya choisissait avec précaution ses prochains mots.
Finalement, après avoir attendu que son cœur batte moins vite il se lança, la regardant droit dans les yeux, essayant de rester le plus concentré possible, l’alcool montrant encore ses effets.

- Bien. Pourquoi donc suis-je vivant ?


Pourquoi pas commencer par l'évident ?

Il attendit une réponse puis continua, peut être pour détendre l’atmosphère.

-Et merci. Rare sont les bons conseils dans ces lieux. C’est vrai que j’ai eu l’habitude de faire confiance aux gens ici, vu que personne ne me voulait de mal, à part une petite bagarre amicale ici et là. Pour moi vous étiez tout simplement mystérieuse et non pas dangeureuse. Et je le crois toujours. Donc si vous n’aviez pas l’intension de me tuer ou de voler le peu que j’ai ce soir, asseyez vous s’il vous plait. Vous regarder comme ça m’est franchement désagréable.

S’il le pouvait, il aurait soupiré à ce moment. Il en avait bien besoin. Il eu du mal à rester là, sans bouger, sans défense. Il ne connaissait pas qui était vraiment cette Rosa, ni même sa race. Avait il bien fait ?
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Balsa
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MessageSujet: Re: Merci le vin   Mar 19 Avr 2011, 00:22

A la grande surprise de Balsa, l’elfe resta d’un calme stoïque en entendant qu’il pourrait être mort à l’instant même. Un peu déçue de ne pas avoir provoqué en lui la peur escomptée, elle poursuivit en lui conseillant la méfiance. Cela sous-entendait bien sûr à son égard tout d’abord. Mais elle avait découvert son visage et s’il était malin il avait comprit par ce geste qu’elle ne comptait pas le blesser ou le dépouiller de ses biens. Il restait bien sur la possibilité qu’elle le tue réellement. Au milieu de la plage, loin de tout regard étranger, elle n’aurait jamais pu être soupçonnée de ce meurtre.

Elle avait eu peu d’espoir qu’il relève dans sa dernière phrase la preuve qu’elle lui avait mentit quelques instants avant. Car comment aurait-elle pu être en froid avec le peuple des elfes si elle n’avait jamais quitté la ville ? Alors soit l’alcool n’avait pas été aussi bien dissipé par l’eau de mer qu’elle l’avait pensé, soit il était inattentif et ne mesurait pas le poids des mots.

Il était accroupi là, se débarbouillant un peu mieux, faisant mine de rien. Et cela frustra la chimère. Elle qui s’était fait craindre par tant de monde, elle avait l’impression d’avoir faiblit. Sa victoire sur l’esprit de l’elfe, qu’elle avait mené jusqu’ici et bercé de mensonges, prit un goût amer. Peut-être fallait-il lui montrer, il n’avait sans doute pas bien saisit ce qu’elle voulait dire et ne comprenait pas l’étendue de sa puissance. Il se contenta de chercher sur le visage rayé de noir un semblant de sens à cette histoire. S’il tentait de deviner ce qu’elle était, il avait encore un long chemin à faire.

Il resta un moment silencieux et la chimère n’allait pas perturber la douce mélopée des vagues s’étalant sur la plage et se brisant contre les rochers. Shiya la lâcha du regard pour à nouveau passer ses mains dans la fraîcheur de l’eau salée. Elle préférait regardait à l’horizon la crête des vagues vibrer doucement en reflétant la lumière de la lune. Puis, soudainement sortis de nulle part, il prononça ces quelques mots.

- Vous êtes très belle.

Quoi ? Elle posa sur lui des yeux tout ronds. Voila qui était des plus surprenants, déstabilisant même. Elle secoua doucement la tête avant de reporter son regard vers l’océan, les sourcils légèrement froncés et une absence total de sourire sur les lèvres. Pourquoi diable avait-il sortit une chose pareil ? Le son de sa voix résonnait encore dans les oreilles de Balsa et elle n’y déchiffrait aucune mauvaise intention, aucune fausse flatterie. De la sincérité seule. Elle voulut répondre quelque chose et entre-ouvrit les lèvres. Mais elle les referma bien vite. Car que répondre à cela ? D’autant que ce n’était en rien une question et qu’il ne devait donc rien attendre d’elle. Elle garda le silence, tournant et retournant dans sa tête cette phrase si courte qui l’avait plus secouée que l’aurait fait une attaque de front. L’inattendu était une arme puissante.

Plutôt que de se lever pour être à sa hauteur, l’elfe s’assit en tailleur, se tournant face à elle. Encore un geste qu’elle ne savait expliquer, elle qui vivait dans un monde de froideur et de distance. Il n’y avait sur cette terre que peu de personne avec qui elle se serait laissé aller à de telles familiarités. Il y avait Akin bien sûr, mais aussi évidemment Iburo et Mataro, ses amis chimériques, et même Kaleya qu’elle avait eu la joie de retrouver peu de temps auparavant. Mais lui, un elfe jusqu’alors inconnu, emprunt d’ivresse et d’une grande naïveté, il ne représentait rien pour elle. Du moins s’en persuadait-elle.

- Bien. Pourquoi donc suis-je vivant ?
- Je n’ai aucune raison de vous tuer après rélfexion… Et puis, je ne me satisferais pas d’une mort aussi facile à provoquer.

Il poursuivit sur un ton plus léger, souhaitant peut-être éloigner ces mots bien peu humains de ses pensées. Beaucoup de blabla dans ce qui suivit, mais la chimère maintint son attention. Il avait au moins remporté cette victoire sur elle qu’il l’intéressait grandement pour un inconnu, elfe qui plus était. A la fin, il l’invita à s’asseoir à côté de lui. Mauvaise idée bien entendu. Rapprocher ses mains du sable humide, plisser le tissu de ses vêtements jusqu’à faire apparaître sa queue féline et quitter cette position qui lui permettait de rester sur sa défensive, tout cela, il en était hors de question.

- Je suis désolée mais… Je suis désolée ? mais qu’est-ce qui me prends au juste ?… je vais rester debout. Et puis, n’étiez-vous pas sur la route d’une prochaine taverne ? Enfin si vous voulez mon avis, être ici est bien plus enivrant que toutes les drogues de ce monde…

Elle laissa mourir sa phrase dans le bruit de l’écume remuant le sable un peu plus loin. Que pouvait-elle dire de plus ? Il s’était livré à la chimère et elle se contentait de lui dire des vérités qui bien d’autres auraient pu lui souffler. Elle lui tourna le dos et fit quelques pas lents, lui offrant l’occasion de l’attaquer volontairement, testant une dernière fois ses intentions.

- Vous avez finalement réussi à chasser ce « tu » de votre bouche.

Puis elle se retourna vers lui, tenant ses mains derrière son dos, et dit d’un air serein et décontracté :

- Et maintenant que fait-on Shiya ? Je vous ai conduit jusqu’ici, à vous de mener la danse je vous prie.



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Shiya
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MessageSujet: Re: Merci le vin   Jeu 05 Mai 2011, 16:55

- Je n’ai aucune raison de vous tuer après réflexion… Et puis, je ne me satisferais pas d’une mort aussi facile à provoquer.

Pourquoi elle dit ça ? Je sais me battre moi ! Je sens trop l’alcool ? Mais elle est méchante ! Bon changeons de sujet… Je me suis pas fait attaquer après mon petit compliment, j’aurai bien aimé voir sa tête par contre ! Haha… Oui bon hein concentre toi !

- Je suis désolée mais… je vais rester debout. Et puis, n’étiez-vous pas sur la route d’une prochaine taverne ? Enfin si vous voulez mon avis, être ici est bien plus enivrant que toutes les drogues de ce monde…

Déçu, Shiya réfléchit aux paroles de Rosa. Il se souvenait d’une époque, il n’y avait pas ci longtemps que ça, où lui aussi se contentait de regarder l’océan pour être ivre de bonheur et n’approchait jamais du vin ou de l’hydromel. Il était différent, même mieux se dit il. Il repensa à tous ses moments sur Rosyel qu’il ne pourra plus jamais revivre, et il eu envie d’oublier. Tout oublier. Encore une fois.

-Oui il me faut de l’alcool je crois.

Dit il, toujours pensif et pas qu’un peu nostalgique.

Rosa lui tourna le dos et s’éloigna de lui de pas lents, laissant ses empreintes dans le sable piétiné.

Peut être que ce compliment lui a quand même fait quelque chose. J’espère qu’elle ne partira pas ! Elle m’intrigue…

- Vous avez finalement réussi à chasser ce « tu » de votre bouche.

-Ah ouais tu crois ?
Dit-il avec un grand sourire, se demandant ensuite pourquoi il avait fait quelque chose d’aussi débile. Il toussa, puis ajouta,

-Je m’excuse. Oui je peux me contrôler maintenant. Enfin, peut être pas jusqu’au point de ne plus sortir des mauvaises blagues, mais je crains qu’en temps normal mes blagues ne soient pas des plus fines. Peut être me verrez vous un jour sobre !

Elle se retourna avec les mains dans le dos d’un air trop décontracté pour quelqu’un qui voulait tuer un elfe quelques minutes auparavant.

Si elle cache quelque chose dans son dos…

- Et maintenant que fait-on Shiya ? Je vous ai conduit jusqu’ici, à vous de mener la danse je vous prie.


-Et bien, c'est-à-dire que…


Derrière la tueuse, il vit trois silhouettes quitter l’abri des bâtiments et aller sur la plage, marchant droit vers Shiya et Rosa. Il ne put dire qui où de quelles races étaient ces trois personnes, mais la paranoïa gagna l’elfe.

J’en étais sûr ! Ils m’ont trouvé ! Ils vont me tuer, me mettre sur un bateau et me jeter à l’eau au beau milieu de l’océan ! Ils vont m’assommer, me mettre dans un sac et me ramener sur Rosyel où ils vont me tuer, ils vont m’écraser ici sur place, moi et Rosa, et nous voler tout nos habits et nous enterrer dans le sable et nous noyer puis ils vont… On doit partir !

Il essaya de sembler calme, mais son regard montra ce qui se passait dans sa tête avant même de parler. Il paniquait.

-Oui voilà ! L’antigel ! Enfin l’eau ! Enfin le Mel ! Oui voilà l’hydromel ! Vient on s’en va !

Et il partit en direction du port et des bateaux le plus vite possible, espérant que Rosa ne vit pas ce qu’il avait vu ou n’aperçoive sa peur. Il ne voulait surtout pas que ces gens lui fassent du mal.
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Merci le vin

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