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"Homme libre, toujours tu chériras la mer !"
"La mer enseigne aux marins des rêves que les ports assassinent."
"La sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit."
"Il est des moments où les rêves les plus fous semblent réalisables à condition d'oser les tenter."
"Le voyage est une suite de disparitions irréparables."
"Nous sommes de l'étoffe dont sont faits les rêves, et notre petite vie est entourée de sommeil."
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"Il y a trois sortes d'hommes : les Vivants, les Morts, et ceux qui vont sur la Mer."

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 Sous le regard des mouettes

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MessageSujet: Sous le regard des mouettes   Mer 19 Mai 2010, 18:04

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- Ha !...

Le pied de Balsa glissa sur une algue. D’un mouvement de la queue, elle ramena son corps près de la digue et attrapa de sa main un rocher sec. Elle regarda les vagues s’écraser sur les blocs de pierre en contre bas. C’était moins une. Elle n’avait pas peur de se mouiller, de toute façon la pluie de cordes qui tombait l’avait déjà trempée. Mais elle risquait de se faire mal en tombant, ce qui l’effrayait vu son état physique assez lamentable. Ses plaies, au contact de ses vêtements mouillés, n’arrivaient pas à sécher et s’ouvraient. Et ce malgré la cautérisation. Un peu rapide aussi, cette cautérisation…

La chimère reporta son attention sur la haute digue qu’elle escaladait pour atteindre les nids… C’était en arrivant dans le port la veille qu’elle avait remarqué le nombre impressionnant d’oiseaux de mer qui voletaient jusque dans la ville. Ils pullulaient ici, au grand mécontentement des pécheurs. Comme elle avait troquée sa nourriture contre une place dans un abri de fortune avec des mendiants, elle n’avait plus rien. Certes, elle avait toujours cette petite bourse contre sa poitrine, remplie d’or. Elle ne voulait cependant pas le dépenser ici, pour ne pas se risquer au contact des humains.
Alors elle avait pensé aux oiseaux. Elles n’avait jamais vu l’océan la veille encore et elle ne connaissait pas la faune côtière. Mais qui dit oiseaux, dits œufs. La saison collait bien, du moins Balsa espérait qu’ils pondent en ce printemps pluvieux. Ils se tenaient immobiles dans les rayons du soleil qui montait. Sa lumière filtrait tant bien que mal à travers le gris des nuages. Leurs plumes noires, grises, blanches, ruisselaient sous les lourdes gouttes. Leurs pattes palmées évoquaient leur appartenance au monde de la mer. Même si ceux qui avaient faim trouvaient plus le courage d’aller se nourrir des restes au port de pêche plutôt que d’attraper le poisson en mer. La chimère s’était donc dirigée vers leur aire de nidification, longeant le mur de pierres à l’extérieur du port. Ils n’étaient plus qu’à quelques mètres, juste devant…

- Bien sur que je vais vous avoir !... et si ya pas d’œufs… ben… j’en attraperais bien un !

Menace de la prédatrice à ses proies. Mais à choisir entre cette nourriture et celle qu’elle avait volé chez Hanssel, c’était sans hésiter ! Le souvenir de cette viande séchée froide qu’elle avait partagé avec la jeune neko était un gout fade et bien trop salé. La faim l’avait saisie avec le froid qui s’insinuait en elle, quand la pluie s’était mise à tomber à la fin de la nuit.
Elle avança plus prudemment. La pluie battante rendait glissants les rochers. Et ils étaient plus souvent inclinés que posés droit, de sorte que marcher ici relevait d’une grande agilité. La structure de ces remparts du port était vraiment impressionnante. L’homme était capable de contrer les forces de la nature à grande échelle. Si de ce côté de la digue les vagues pouvaient atteindre les cinq mètres de haut, de l’autre, l’eau n’était secouée que par la pluie et le vent.


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MessageSujet: Re: Sous le regard des mouettes   Mer 26 Mai 2010, 19:52

La pluie battante tombait sur le visage d'Eheïwa, s'éclatait en fines gouttelettes après avoir touché sa peau. Elle laissait l'eau douce couler entre ses lèvres, la tête relevée vers le ciel. Elle ne craignait pas les tempêtes comme les marins les craignaient. La mer en colère était pour elle ce que les fêtes foraines étaient pour les humains, le roulis violent des vagues la rapprochant plus près des nuages noirs. Lorsqu'une vague était à son point culminant, elle prenait son élan, gardait la force de l'eau en elle et sautait. Toujours plus haut. Plus près de la Lune. Ses écailles mouillées se paraient des reflets de l'astre, puis elle retombait en silence dans l'eau noire de la mer. La sirène se laissa emmener vers les rochers, mais s'enfonça dans l'eau pour ne pas se faire jeter lamentablement par l'eau sur les pierres.

Le port de Reilor était calme, quelques bateaux rentraient, pêcheurs téméraires luttant contre ce temps de chien. La digue qui protégeait le port avait l'air d'une rangée de vieilles dents aplati mais encore coupantes... Et sur cet amas rocheux, elle vit, en pleine escalade, une masse sombre, suffisamment agile pour ne pas tomber, qui se dirigeait vers un monticule, un peu plus loin sur la digue. Le corps se mouvait sans trop grande peine, Eheïwa se rapprocha, sortit de sa besace en algues tressées son carnet, un bâton d'encre marin et dessina. Sous la pluie, oui. Dans la mer. Un pied sur appui, hisse, l'autre pied, rattrapage avec la queue...

Quel était cet étrange personnage? Sa carrure avait l'air musclée mais souple, la démarche d'un humain, mais la queue l'intriguait. Un hybride? Comme elle en somme! Qui était-ce? Pourquoi grimpait-il là haut? Elle regarda avec curiosité l'hybride (car elle s'était déjà mise en tête que le personnage en face d'elle était comme elle, une hybride) Et continua ses croquis.
Son bâton courait sur la page, retranscrivant presque parfaitement la scène que ses yeux observaient.

Derrière elle, un dernier bateau de pêcheurs rentrait en tanguant dangereusement. Les petites lumières accrochées au mât et à la proue rendait le bâtiment fantomatique, apparaissant et disparaissant au grès des vagues. Eheïwa, concentrée sur son croquis, ne le voyait pas.
Mais les pêcheurs avaient bien vu, eux, ces tâches violâtres lumineuses dans la mer. Ces peintures sur le corps. Intrigué, l'un des marins avait appelé le capitaine. Ce dernier avait commandé à ses hommes de s'approcher des lueurs. Et, s'apercevant de la créature qu'ils avaient devant eux, ils furent prit d'un désir, que tout hommes normal aurait eu. L'attraper, ne l'avoir que pour eux. Une sirène! Rendez vous compte! Quand ils furent assez près pour lancer le filet, le capitaine fit un bref geste de bras, et trois hommes lancèrent le filet.
Plof.
Puis tirèrent. Le filet se referma sur Eheïwa avant qu'elle n'ait eu le temps de comprendre ce qu'il se passait. Elle cria. De surprise, de rage. Elle se débattait dans le filet pendant que les hommes essayait de remonter la prise sur le bateau. Elle nageait du mieux qu'elle pouvait vers le fond de la mer, mais les cordes la serrait, et elle n'avait pas assez de marche de manœuvre
Les marins criaient, s'y mettaient à cinq, six... La prise était trop belle pour qu'ils la laissent s'échapper.


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MessageSujet: Re: Sous le regard des mouettes   Dim 30 Mai 2010, 04:02

Balsa tenait sa main juste au-dessus d’un nid resté maladroitement sans surveillance. Mais elle ne regardait pas l’œuf pour lequel elle avait bravé les éléments. Son regard suivait la scène dont la violence venait frapper ses joues sous forme de lourdes gouttes soufflées par le vent de la mer.
Des marins revenant de leur première pêche luttait contre une proie aux écailles d’un violet étincelant. Mais plus la bête était tirée vers le haut, arrachée à son élément, et plus le doute s’était installé dans l’esprit de la chimère. Le poisson révéla un buste de femme au teint mat, secoué par l’écume des vagues sous l’averse.
Une sirène, Balsa en était presque sûre. Comment avait-elle fait pour ne pas la remarquer ? Elle réalisa que son état mental autant que physique se dégradait. La chimère n’avait pas peur d’être vue car elle se trouvait à plus de cent mètres du bateau et que la vue des marins était bien moins perçante que la sienne. D’autant que chaque paire d’œil était tournée vers la sirène.

Refermant sa main sur le vide, elle se rappela avoir plantée sa lance dans le sable sur la plage. Elle se retourna et vit tout au bout de la digue, fine perche piquée droit comme le pin, l’arme dont la lame était recouverte d’un fin tissu qui dansait avec le vent. Il lui faudrait plusieurs minutes pour aller la récupérer. Et même si d’ici là les marins n’étaient pas déjà rentrés au port, comment allait-elle atteindre le bateau ? A la nage ? Avec sa plaie ouverte ? Et une fois sur le bateau ? Elle allait affronter ces hommes ?
Elle aurait pu les tuer, sans remord. Mais pas dans ces conditions, elle était trop faible. Ce sentiment la frustrait. C’est avec colère qu’elle regardait les marins : avides du beau et de la luxure, il avait saisi leur désir comme on vole un bijoux. Sauf qu'il s'agissait d'une créature autant sinon plus intelligente qu'eux. Puis sa colère s’abattit sur la sirène : était-elle stupide au point de s’être fait attrapée ? Que faisait-elle si proche du rivage pollué par les hommes et leurs perversités ? Elle avait l’océan entier pour elle. Des semblables. Et ne pouvait-elle pas se défendre ? De telles créatures ne devraient pas craindre la technologie archaïque des hommes.
Dans les récits de Akin, les sirènes étaient souvent évoquées. A chaque traversé de l’océan, les hommes craignaient ou priaient pour les croiser. Alors ils restaient accoudés au barrière en poupe du navire, plissaient leur yeux pour les protéger des reflets du soleil, et restaient des heures à disséquer l’océan du regard. Illusions, mirages aquatiques, l’un ou l’autre désignait une direction, en affirmant avoir vu telle ou telle forme. L’excitation était grande, mais la déception suivait vite. On se raisonnait. Les vieux loups de mer se taisaient alors et au repas suivant, ils se racontaient les souvenirs du chant des sirènes qu’ils avaient eu la chance d’entendre.

Finalement Balsa restait figée, incapable de venir en aide à la créature et incapable de détourner le regard du drame qui se jouait. Une mouette en colère rejoint le nid que la chimère convoitait et frappa sa main d’un coup de bec puissant accompagné d’un cri. Elle recula et fronça les yeux en direction de l’oiseau. Assez gros pour constitué un repas en lui-même… Elle reporta le projet et, en surveillant à distance les actions de chacun des protagonistes, fit demi-tour et retourna vers la plage. Les rochers glissaient toujours autant, mais elle effaça la douleur qu’elle avait au ventre de son esprit pour pouvoir bondir d’une pierre à l’autre rapidement.


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MessageSujet: Re: Sous le regard des mouettes   Mar 08 Juin 2010, 20:34

-Montez-la sur le pont, nom de Dieu! Vous avez des biceps de poulpes avariés ou quoi?

Le capitaine Jobbs, une masse de muscle d'un mètre quatre-vingt dix de haut.et ne dépassant pas les quarante-cinq ans descendit vers ses marins et se joignit à eux pour remonter le filet, qui ne résista pas plus longtemps. Eheïwa ne resta pas avachie sur le pont non plus, prit appui avec sa queue et sauta. Elle fut coupée dans sa fuite par un bras taillé dans le granit qui l'attrapa au ventre.

-Oh non ma jolie, ne pense pas que je vais te laisser partir aussi facilement.

La sirène se retourna pour voir le visage de celui qui la retenait. Jobbs la regardait, sans peur, sans crainte, et plongeait ses yeux durs dans ceux d'Eheïwa. Il avait les traits usés par des années passées en mer, le sel, le vent, les tempêtes, les batailles avaient laissé toute sorte de marques sur son visage. Même s'il avait l'air d'un rustre, il était aussi propre qu'il pouvait, rasé de près, ses cheveux au raz du crâne ne le gênaient pas lors des bourrasques, et il n'avait donc pas besoin ni de les brosser ni de se les attacher. Son long manteau en cuir le protégeait de la tempête. Un homme costaud, pratique et propre sur soit.. Il devait faire un bon capitaine.
Mais assez pensé. Cet homme là l'empêchait pour l'instant de fuir. Elle allait donc devoir user de ses pouvoirs. Elle soutint le regard du capitaine. Un demi-cercle de marins les entouraient à présent, silencieux, émerveillés, craintifs, aux aguets des ses moindres gestes.
Jobbs serrait le poignet de la sirène, continuait de l'observer sans pudeur, puis dit à ses marins:

- Qu'est ce que vous attendez? Vous voulez qu'on chavire c'est ça? Korby! Passe moi des cordes!

Deux bouts tombèrent à coté du capitaine.
Eheïwa ne savait pas quoi faire. Ils allaient l'attacher. Pour quoi faire? La ramener à terre? La vendre? Ils ne pouvaient pas... Ils ne devaient pas.
Elle ne laissait passer aucune émotion passer sur son visage.

- Pourquoi vous me prenez?

Sa voix, même sans chanter, avait l'air sorti des profondeurs de l'océan, suave et claire à la fois, sombre et lumineuse. L'homme qui lui faisait face parut flancher une seconde, se ressaisit. Il sortit un grand couteau de son fourreau et le pointa à la gorge de la sirène.

- Tu dis encore un mot, tu essaies de fredonner ne serait-ce que deux notes, je te coupe la gorge. Thomas! Fais en sorte qu'elle ne puisse pas ouvrir sa jolie bouche, la demoiselle.

Le prénommé Thomas, un jeune moussaillon, s'arrêta et regarda la sirène. Elle était magnifique... Pourquoi l'enlevaientt-ils?

- Thomas!

Le jeune homme cligna des yeux, regarda la mine agacée de son supérieur et s'exécuta. Il prit une corde et s'avança vers Eheïwa. Elle le regarda avec pitié. Pourquoi obéissait-il? Il ne lui voulait aucun mal pourtant, elle le sentait.

- Thomas...
- Pas un mot, sirène!

Jobbs appuya un peu plus sur sa gorge. Thomas passa la corde dans la bouche d'Eheïwa et l'attacha derrière. La sirène le regarda, triste. Honteux, Thomas repartit à son poste sans plus attendre, la laissant seule face à Jobbs. Celui ci avait changé d'expression. Sa hargne et ses yeux sans pitié s'étaient changé en soulagement. Elle ne pouvait plus chanter, c'était déjà ça. Il la prit dans ses bras sans lui demander et l'emmena dans sa cabine, non sans peine puisqu'elle n'arrêtait pas de se débattre, le griffant, le frappant autant qu'elle le pouvait. Mais le granit était imperturbable. Il la posa sur sa couchette, ferma la porte et alluma une lampe. Dehors, la tempête ne s'était pas calmée, mais les marins ne se laissaient pas faire, et étaient en plein effervescence. Ils seraient rentrés dans le port et prêt à amarrer d'ici dix minutes, si tout ce passait bien.
Eheïwa tentait de respirer le plus calmement qu'elle pouvait. Chaque mètre qui la rapprochait du rivage l'oppressait. Une force invisible qui semblait appuyer sur son ventre et sa poitrine plus à chaque fois. Et pour ajouter au tout, il l'avait amené à l'intérieur, au sec, alors que la pluie qui tombait dehors l'avait jusque là permit de garder sa forme sirène. Si elle restait là, elle allait sécher. Elle essaya de se relever, mais l'homme la fit se rassoir d'une main ferme.


- Non non... Tu restes là. J'ai deux trois questions à te poser.

Eheïwa le regarda sans broncher, n'avait l'air ni surprise ni nerveuse. Jobbs sorti une carte d'un tiroir et la lui montra.

- Pour tout t'avouer, ça fait plusieurs fois que je te vois trainer par ici. Je ne sais pas ce que tu cherches, c'est assez stupide de rester là pour une sirène, m'enfin, comme ça j'ai pas eu à te chercher longtemps. Je pensais pas t'avoir aujourd'hui, mais comme tu peux voir, on dirait que la chance est de mon côté.

Il s'arrêta, prit une chaise, la mit en face d'Eheïwa et s'assit.

- Tu as déjà entendu parler de l'île d'Akaluma?


Les yeux noirs de la sirène se relevèrent vers ceux de Jobbs. Elle ne répondit pas. Premièrement parce qu'elle ne voulait pas et deuxièmement parce qu'elle ne pouvait pas.
Jobbs soupira.


- Tu n'as pas besoin de parler pour me répondre. Un hochement de tête suffit. Alors?

Deuxième silence. Que voulait-il faire là-bas? Elle regarda la carte qu'il avait déroulé sur ses genoux. Le plan de l'île y était dessiné, ansi qu'un chemin. Et une croix, qui se situait pile sur... Non... Il savait.

- J'attends.

Eheïwa hocha négativement la tête, en relevant la tête vers lui. Le capitaine leva les sourcils, faisait la mine étonnée.

-Vraiment? Dans ce cas tu ne me sers pas à grand chose...

Il enroula la carte et la remit dans le tiroir.
Elle savait qu'il n'allait pas la relâcher pour autant. Soit il la gardait jusqu'à ce qu'elle parle, soit... Elle préférait ne pas y penser.

- Tu ne m'arrange pas là... Je t'aurais proposé un marché. Mais bon. Puisque tu ne veux pas te montrer coopérative, demain matin je te décharge sur le port, ça fera un bon spectacle aux pêcheurs!

Elle ne releva pas la tête, mais l'idée de se retrouver sur la terre ferme le lendemain ne l'égayait pas vraiment. En fait, elle paniquait. Elle ne voulait pas gâcher un de ses rares jours à être la bête de foire des humains. Jobbs l'observait, un sourire en coin sur les lèvres.

- Tu as toute la nuit pour réfléchir, choisit bien... Le marché au poisson ou Akaluma?

Il alluma une pipe et se mit dans un coin de la pièce. Puis un homme frappa pour lui annoncer qu'ils étaient près à accoster. Il donna son accord au marin et le suivit sans un mot à Eheïwa. Il ferma la porte à clé et la laissa là, dans cette pièce où seule une mince fenêtre donnait sur l'extérieur. Pas assez grande pour passer.
Eheïwa rampa jusqu'à la porte, la frappa avec sa queue, aussi fort qu'elle pouvait. En vain.
L'étau invisible se resserrer encore. Elle s'adossa au mur et ferma les yeux, respirant lentement. Pour ne rien arranger, elle se transforma, sa queue laissant place à deux jambes fragiles. Elle prit appui sur la pognée de porte pour se relever, et décida de fouiller la cabine pour chercher un couteau, une dague,une épée... ou tout autre objet tranchant susceptible de l'aider à couper la corde qui lui entourait la tête. Elle en trouva un, s'attaqua à la corde. Jobbs revint quand elle eût fini. Elle pointa instinctivement la lame vers lui. Il rit.


-Tu crois vraiment que tu peux me battre avec un couteau?


Elle ne se laissa pas avoir cette fois, et chanta sans qu'il n'ai le temps de l'interrompre. Les sons résonnèrent dans la pièce comme les chants des baleines dans l'eau. Mais transformée, son pouvoir agissait beaucoup moins. Jobbs se boucha les oreilles et courut comme un taureau enragé vers elle, la fit valser jusqu'à la couchette. Il plaqua sa main sur sa bouche et lui pointa son couteau dans la gorge.

- TAIS TOI!! TAIS TOI OU JE TE TUE!


Sans réfléchir, Eheïwa planta la couteau qu'elle avait gardé dans le ventre de Jobbs et remonta jusqu'à là poitrine. Elle vit la main lâcher la lame pointée vers elle, les yeux du capitaine, son visage tordu d'une douleur atroce, mais silencieuse. Il la regarda quelques secondes encore, puis s'écroula sur elle. Elle se dégagea sans attendre. Pleine de sang, nue, le couteau à la main, horrifiée par ce qu'elle venait de faire, elle regardait le cadavre en respirant rapidement. A cet instant, elle avait l'air d'une pauvre folle, une femme perdue.
Elle était dans de beaux draps.


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MessageSujet: Re: Sous le regard des mouettes   Ven 18 Juin 2010, 04:08

Alors que Balsa arrivait sur la plage, elle se retourna une dernière fois. Mais le bateau avait disparut derrière la digue et allait s’ancrer dans le port de Reilor. La chimère se tourna vers sa lance plantée dans le sable mouillé. La pluie semblait s’atténuer par moment. Les gouttes plus rares perlaient sur la lame étincelante. Le sang versé quelques heures avant avait totalement disparut. Balsa sentait l’eau glisser sur elle.
Ces perles transparentes emmenaient avec elles les émotions de la chimère : les remords, la culpabilité, la honte et la colère. Mais une peur tenace lui tenait toujours au ventre. Et ce doute… Sans presser ses gestes, elle saisit la lance par son milieu et la sortit du sol. Elle regarda en direction de la haute digue qui la séparait du port. Pourquoi devrait-elle aider cette sirène ? Juste parce que les hommes s’en prenaient à elle ?
Akin, l’anubite qui l’avait élevée, lui avait appris à ne pas se mêler des affaires des autres. Ne pas devenir des héros, pour ne pas avoir d’ennemi. Passer inaperçu, anonyme. Et ce malgré les différences physiques. Surtout à quelques heures d’une série de meurtres dans la ville. Elle se murmura :
- Qu’est-ce que je fais ?

Non. Pas question de jouer les héros ce soir. Ne pas prendre de risques. Les humains étaient mauvais. Mais elle n’était pas la justice. Une sirène venait de se faire leur victime. Qu’est-ce qu’une sirène au fait ? Balsa n’en avait que vaguement entendu parler. Elle ne connaissait rien de leur modes de vie, de leur capacités, ni même leur intelligence.
Pourtant quelque chose la titillait, elle se mordit la lèvre inférieure. La curiosité. Pourquoi les hommes l’avaient-ils attrapée ? Qu’allaient-ils en faire ? Et elle, s’en sortirait-elle ? La chimère avait l’intuition que les sirènes étaient beaucoup moins faibles qu’elles ne le paraissaient.
- Sérieux…
Balsa se dirigea vers les rues de la ville. Ses pieds quittèrent le sable collant de la plage pour marcher sur des pavés dont les creux formaient d’immenses flaques. Elle mit la capuche détrempée sur sa tête et entoura d’un pan de toile la lame au bout de sa lance.

L’activité reprenait dans les rues, des marchands montaient péniblement leurs étales, des bistrots ouvraient… Bientôt les gardiens de la paix se montreraient. Il était impensable qu’il n’y en ai pas dans la ville. Et surtout dans le port où de nombreux étrangers faisaient escale. Sur les quais, les gens étaient tous affairés, allant et venant. Aucun ne faisait vraiment attention. Après tout, pour eux, aujourd’hui était un jour comme tant d’autres. Avec le mauvais temps en prime.
La chimère entendait tout cela plus qu’elle ne le voyait, car elle avait choisit d’emprunter les rues encore désertes. Des habitations pour la plupart. La pluie n’en finissait pas de tomber, les nuages pesaient de tout leur poids au-dessus de Reilor, l’orage grondait encore. Maintenant Balsa se servait de sa lance comme d’un bâton de marche et l’écho du choc qu’elle provoquait en tombant sur le sol résonnait dans les ruelles.

Elle croisa deux jeunes hommes flanqués d’un âne qui ne voulait pas avancer. Ils juraient et tiraient fort sur la longe mais l’animal s’agitait en tout sens pour reculer. Un instant la chimère pensa que la bête sentait peut-être sa présence comme mauvaise. L’instinct… Le plus âgé des deux garçons vit Balsa.
- Min !
L’autre posa ses yeux sur Balsa alors qu’elle les approchait. Il attarda son regard sur ses marques au visage. Elle n’était pas humaine. Le visage enfantin encadré de cheveux blond du prénommé Min marqua une seconde son dégout. Ensemble, les deux jeunes poussèrent l’âne contre un mur pour laisser passer la chimère. L’animal finit par se calmer quand elle passa à leur niveau. Elle accéléra le pas pour s’éloigner au plus vite, tourna à droite à l’angle suivant et s’arrêta pour reprendre ses esprits.

- On cherche à se cacher ?
Balsa sursauta. Au pied du mur, assise en tailleur, une femme portant comme elle une large capuche. Elle ne pouvait voir que son sourire. Pourquoi souriait-elle ? Et de quoi parlait-elle ? Etait-il possible, vraisemblable, qu’elle sache qui était Balsa ? Son sourire s’effaça et elle leva deux yeux d’un bleu très clair, presque blancs, sur la lance. Puis sur le visage de la chimère.
- Je connais ces vieux quartiers comme ma poche. Mais je ne vous ai jamais vu…
- Oui, vous ne m’avez jamais vu…
Balsa ne se sentait pas à l’aise. Elle avança machinalement espérant que sa menace suffirait à couvrir ses traces. Deux témoins déjà pourraient surement la reconnaître. Elle devait vite disparaître. Fuir. Elle se retourna en entendant :
- Etrangère ! Le port se trouve de l’autre côté !
- Comment savez-vous que je vais au port ?
Comme l’autre ne répondit rien, Balsa continua sans faire demi-tour. Mais quand elle eut disparut du champ de vision de la femme restée assise, elle tourna les talons vers le port. Elle devait y aller. Bizarrement cette femme avait raison : elle allait au port. Trouver un bateau, de suite, et partir loin de Reilor.



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MessageSujet: Re: Sous le regard des mouettes   Mer 23 Juin 2010, 03:09

L'air de la cabine du capitaine était étrangement pesant. L'odeur du sang, du renfermé habituel de la pièce, ainsi que de la trop grande proximité de la terre ferme donnaient à Eheïwa des hauts-le-cœur. Elle devait partir. Vite. Elle ramassa sa sacoche qui trainait par terre, enleva son pantalon au cadavre et l'enfila, et prit une chemise, rangée dans un coffre. Elle n'avait aucune culpabilité à prendre les affaires du mort. Quand quelqu'un meurt, plus rien ne lui appartient. C'était en tout cas le cas dans l'océan. Chez les mermaïdes, elle avait toujours apprit à ne pas avoir ce grand désir de possession, obsessionnelle chez les hommes. Elle se vêtit donc, cacha ses tresses sous une cape et s'apprêtait à sortir lorsqu'elle se rappela les propos de l'homme. L'équipage partait à la recherche de l'île d'Akaluma. Ils ne devaient pas y parvenir. Elle fouilla dans le tiroir, sortit la carte et la déchira. Elle mit les morceaux de papier dans sa poche en attendant de les brûler. Puis, le couteau sous sa cape ainsi que celui du capitaine, elle ouvrit la porte et sortit sur le pont.

L'équipage s'affairait, n'ayant même pas fait attention à l'absence du capitaine. La capuche sur le nez, Eheïwa se faufila entre les hommes, le plus rapidement possible. Mais ça aurait été sûrement trop facile de s'échapper de cette façon. Une main ferme lui prit l'épaule.


- Halte là! Où compte tu aller petit...

Le moussaillon, lorsqu'il vit la peau mate et peinte de la sirène, se rappela d'elle et raffermit sa prise.

- Hé! Mais c'est qu'elle veut filer la coquine!! Capitaine!! La sirène s'échappe!
-Le capitaine … m'a laissé partir. Je lui ai dit ce qu'il voulait savoir.

Hésitation. Eheïwa soutint le regard de l'homme sans broncher. Il était déstabilisé par sa voix, et par l'assurance de la sirène.


- Il nous aurait prévenu non? Qui me dit que tu ne mens pas?

- Personne. Mais je ne te demande pas de me faire confiance, seulement de me laisser partir... Laisse moi partir, homme.

Et elle chanta. Les marins s'arrêtèrent, tournèrent la tête vers elle comme des Chrosômes attirés par l'Eve. Puis elle entama un chant aussi calme qu'une berceuse, et ils tombèrent un à un sur le pont, endormis. Elle se tut. Le silence sur le bateau était presque parfait. Seule la pluie cassait ce calme absolu. Eheïwa enleva sa capuche, l'eau coula sur son visage. Elle s'approcha du bastingage, prête à sauter dans l'eau encore agitée.

- Sirène?


Elle se retourna et sortit son couteau. A quelques mètres d'elle se trouvait le jeune moussaillon, Thomas, qui l'avait attachée tout à l'heure. Il sortait des cales du navires, les bras chargés de sacs. Il n'avait pas entendu son chant... Y-avait-il d'autres marins eveilles?

- Je... Excusez moi pour tout a l'heure... J'y etais oblige....
- Si tu ne le veux pas tu n'es pas oblige de le faire.

Leger sourire sur le visage du garcon. Apparament, la liberte que lui offrait l'ocean n'etait pas la meme que sur terre... Elle ne pourrait pas etre forcee a faire quelque chose. C'etait bien pour cela qu'elle s'enfuyait d'ailleurs.

- Partez avant que d'autres marins remontent sur le pont...

Eheiwa regarda l'homme. Il etait bon, et elle se demandait ce qu'il allait faire maintenant qu'elle avait tue son capitaine...

- Thomas... Je... J'ai tue...ton capitaine.

Il la regarda, stupefait. Comment une sirene avait reussi a tuer cette masse de muscle?
Pourtant, la mort etait survenue aussi rapidement que la sirene elle meme n'avait pas compris tout de suite la gravite de son geste.


- Euh... C'est ... Euh... Je suppose que tu ne l'as pas fait pour rien...

Il ne savait pas quoi dire. Plus de capitaine, cela signifiait plus de cap. Plus de cap, plus de boulot. A moins que des membres de l'equipage se battent pour la navire, dans ce cas la ca allait devenir la zizanie. Bref, pas bon pour lui. Il grimaca, mais ne voyait pas pourquoi il devrait se mettre en colere contre la sirene.

- Pars, ne reviens pas ici.

Eheiwa lui souria, s'approcha de lui. Elle sortit de sa sacoche son carnet et lui donna le croquis qu'elle avait fait quelques heures auparavant de la creature grimpant sur les rochers. La pluie tombait sur la feuille et y glissait comme une goutte d'eau sur une peau d'abricot, le dessin etait toujours net.

- Merci, Thomas.

*PAN*

Le bruit du pistolet resonna dans le port. La balle se ficha dans la jambe d'Eheiwa. Elle
laissa echapper un cri de surprise et de douleur, Thomas la regardait avec autant d'incomprehension.

- Alors comme ca tu aides les prises a s'echapper?? C'est une mauvaise idee ca, gamin...

L'homme s'avanca vers eux. Il boitait, avait l'air assez vieux, mais le pistolet qu'il avait dans ses mains ne presageait rien de bon s'ils tentaient le moindre geste. Un grand chapeau le protegeait de la pluie et cachait la moitie de son visage, aussi ne pouvait-on voir de lui que sa petite bouche tordue, une peau halee couverte de rides, ou de cicatrices...
Thomas s'etait rapidement mit entre la sirene et le vieux loup de mer, tenant tete au pistolet braque sur lui.

- Saute !

Eheiwa ne bougeait pas. Pas que la blessure l'empechait de sauter, mais si elle s'echappait, le vieilard s'en prendrait injustement au moussaillon.
Le marin souria. Il savait que la sirene ne sauverait pas sa vie en echange de celle d'un jeune homme. Une jeune vie vallait plus que celle de centaine d'annees.

-Tu sautes je le flingue, comprit? T'as pas interet a nous fausser compagnie, le capitaine a besoin de toi.
-Le capitaine est mort.

Legere hesitation du vieux, qui permit a Thomas de foncer sur lui et lui faire lacher l'arme. Le marin recula, sachant bien qu'il ne faisait plus le poid face au vigoureux moussaillon. Sur le pont, seuls les trois personnages etaient debout sous la pluie, les passants qui etaient passes, attires par le coup de feu s'etaient vite propages, n'ayant rien trouve de tres interressant. Eheiwa etant reste transformee en humaine, ils avaient prit le coup de feu pour une simple querelle... Apres tout, il n'etait pas rare d'entendre quelques tirs par ci par la.
Eheiwa et Thomas regardaient l'homme, l'homme regardait Eheiwa. Comment avait-elle tue le capitaine? Lui avait-il dit ses plans? Pouvait-il, lui, reprendre les commandes du navire pour continuer la mission?
Les idees tourbillonnaient dans l'esprit du marin... Dans tout les cas, il ne pouvait pas laisser filer la sirene. Il regarda Thomas. Il fallait le remettre de son cote, le faire culpabiliser.

-Traitre....
-Lequel de nous deux l'est le plus? Tu me braquais un flingue au cul et apres c'est moi le traitre?
-C'est toi qui fait echapper la sirene non?

Thomas se senti mal a l'aise. Oui, il laissait la sirene s'echapper. Mais pourquoi devaient-ils la faire prisonniere de toute facon?
L'autre le regardait avec insistance. Lorsqu'il enleva son chapeau quelques secondes afin de le vider de l'eau qu'il portait, Eheiwa put enfin apercevoir son visage. Il avait l'air determine, ses yeux bleu delaves etaient etrangement calme par rapport a la situation. Le peu de cheveux blanc qui lui restait etaient sales et descendait dans sa nuque. Il avait aussi un tatouage juste devant son oreille gauche, un etrange symbole qui ne representait rien pour la sirene. Il regardait toujours impartialement Thomas.

-Lui dois-tu quelque chose? Qu'est-ce qui te pousse a la liberer alors que nous avons besoin d'elle?
-Je ne sais meme pas pourquoi on en a besoin! Je ne sais meme pas ce que nous cherchons! Vous ne dites rien, Jobbs et toi!
-Depuis quand les mousses sont censes etre au courant de tout les projets a bord du navire? T'es paye pour t'occuper du batiment, point barre! Et c'est pas en empechant tes superieurs de reussir leur missions que ca va arranger les choses! Je pourrai tres bien te virer pour ca.
-Vous n'etes pas le capitaine.

Le marin sourit.
-Je suis Tolheim, le bras droit du capitaine Jobbs. Et puisque Jobbs est mort, sa place me revient de droit.
Il marqua une pause, laissant Thomas memoriser l'information.
-Et puisque je suis le nouveau capitaine de ce batiment, il me faudra un bras droit... Si tu me rattaches cette sirene, le poste sera a toi.
-Qu...Quel poste?!

Tolheim sourit. Apparament, le garcon mordait a l'hamecon...Ah! Le desir de pouvoir des hommes etait decidement sans limite!

-Eh bien! Celui de bras droit du capitaine! Tu seras le premier informe des decisions, du cap... Tu pourras donner ton avis sur ce qui se dit sur le navire...Et faire des taches un peu plus honorables que recurrer le pont... Mais je dois avoir ta confiance...

Il lanca un regard vers la sirene, puis le reposa sur Thomas, qui etait apparament en pleine reflexion...
Bras droit du capitaine d'un navire de presque 50 hommes... A 18 ans... C'etait... Incroyable! Il regarda d'un nouvel oeil le loup de mer, puis se retourna vers Eheiwa.
Elle etait restee la, derriere lui, confiante qu'il la protegerait du marin. Et lui allait, comme quelques heures auparavant, la rattacher avec des cordes...Prisonniere du navire.
Elle le regardait, consciente que le choix qu'il allait faire n'allait pas en sa faveur... Elle ne pouvait plus rester ici. Elle s'approcha en boitant de Thomas, qui resta droit comme un piquet, posa une main sur son torse et le sonda. Il etait emplit de toutes sortes d'emotions differentes, contradictoires...Mais il etait trop aveuglit par la place qu'on lui offrait pour faire attention aux autres pour l'instant.


-Ne cherche pas a aller trop haut... Tu connais Icare? Il s'est brule les ailes et il est tombe...Ne fais pas comme lui.

Puis, sans prevenir, elle sauta brusquement du navire. Elle atterrit mal, etant du cote du navire qui etait amarre au port. Une etrange sensation la traversa. Elle etait sur la terre ferme. Elle entendit Tolheim crier, reprendre le fusil et tirer en sa direction. Elle remit le capuchon sur sa tete et courut sans savoir ou elle allait vraiment. Elle ne voulait pas retourner dans l'eau, maintenant qu'elle avait utilise son seul jour de terre ferme qu'elle n'aurait plus avant cinq ans maintenant... Elle se dirigea vers un endroit ou la foule etait un peu plus dense, histoire que Tolheim la perde de vue et arrete de tirer.
Mais qu'allait-elle faire maintenant?



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MessageSujet: Re: Sous le regard des mouettes   Sam 26 Juin 2010, 15:44

Plus elle approchait du port et plus les gens se faisaient nombreux. D’autant que le jour avançait et que toute la ville se réveillait. Le visage couvert par sa capuche, sa queue enroulée sous sa jupe, sa démarche faussement assurée, elle passait presque inaperçu. Presque parce qu’elle tenait dans sa main droite une lance de plus de deux mètres de long. La lame avait beau être enveloppée de tissu, aucun ne doutait qu’il s’agit d’une arme puissante.
Cependant les hommes et femmes qu’elle croisait ne s’attardait pas à l’observer. D’une part parce que de sa lame couverte elle s’affichait des plus pacifiques, et d’autre part parce qu’ils avaient l’habitude de croiser des créatures étranges au port. Balsa était quand même très méfiante. Bientôt les crimes de cette nuit seraient connus de tous. Déjà ceux du bar où elle avait trainé devaient la soupçonner. Elle évitait d’ailleurs soigneusement de s’approcher de la fameuse taverne « Baie des voyageurs ».

Un cri de mouette fendit l’air. Balsa leva les yeux vers l’oiseau marin et le regarda descendre doucement dans la rue qu’elle parcourait. Comme la lumière du soleil était plus forte que lorsque qu’elle se trouvait sur la digue, la chimère pouvait mieux apprécier la forme et les couleurs de l’animal. Une tête et un torse blanc, des ailes grises aux extrémités noires, un bec et des pattes palmées jaunes. Rien à voir avec les oiseaux qu’elle avait observés tout au long de sa vie à l’intérieur des terres. Sa curiosité la poussa à suivre l’oiseau qui, s’étant posé, sautillait devant elle.
- Héhé attend !
La mouette tourna à gauche et s’arrêta devant un tas d’ordure. Elle plongea sa tête dans les entrailles de la poubelle à la recherche de quelque nourriture. La chimère restait à côté, l’observant sans l’effrayer. Puis son regard glissa sur la devanture du magasin derrière l’oiseau. On voyait en vitrine des ustensiles de cuisines, des couteaux, un filet de pêche et des objets en cuir.
Balsa s’approcha et jeta un coup d’œil aux prix. Cela lui semblait tout à fait raisonnable. Si elle partait, elle aurait sans doute besoin de matériel. D’autant qu’à part de l’or et sa lance, elle ne disposait plus d’aucun effet personnel. Elle se surprit à penser que la mouette l’avait guidée ici. Elle sourit, lança un « merci » à vois basse à l’animal et entra dans l’échoppe.

- Bienvenue !
Le marchand, un petit homme grassouillet d’un âge avancé, lui sourit de toutes ses dents lorsqu’elle passa le seuil de la porte et fit sonner la petite cloche suspendue au plafond. Il trottina jusqu’à elle.
- Vous cherchez quelque chose en particulier ?
- Et bien, un sac pour commencer.
Alors le petit homme la conduit jusqu’au mur du fond sur lequel était accrochés différents modèles. Balsa choisit le moins cher : un sac en toile qu’elle pourrait passer en bandoulière. Elle demanda ensuite à voir les gamelles en fonte et les gourdes. Bien que l’homme tenta de lui faire acquérir les objets les plus onéreux, la chimère allait au plus économique, gardant le plus d’or possible pour son voyage en bateau.

Balsa poursuivit ses emplettes, en essayant de ne rien oublier. Elle pensa même à une pierre à aiguiser, des allumettes et du fil de pêche. Elle passa finalement en caisse.
- Et voila ! Le tout pour 78 pièces d’or !
Elle fit mine de cherche dans sa bourse en affichant un sourire de biais.
- Hum… Je vous en propose 60.
- Et là, ma p’tite dame ! On ne négocie pas ici ! C’est 78 ou rien !
- Dans ce cas je vais retourner au port, je suis certaine de pouvoir y trouver mon bonheur pour moins.
- Bon… Je veux bien faire un effort et baisser à 75…
- Disons 70 plutôt, c’est un chiffre rond.
- … Vendu !
Un peu bougon mais tout de même content d’avoir fait cette vente, le petit homme s’en retourna à son arrière boutique alors que Balsa sortait du magasin. L’oiseau n’était plus là. Elle remplit son sac tout neuf et le passa sur son épaule. Tenant sa lance comme un bâton de marche, elle reprit la route du port.

Dans une rue plus étroite et apparemment vide, la chimère accéléra le pas. Comme elle avait décidé de partir au plus vite, elle avait l’impression de devoir se dépêcher à tout prix. La ruelle sinueuse tourna brusquement et Balsa ne vit pas la silhouette qui fonçait sur elle. Elle la percuta de plein fouet, manquant la faire tomber.
- Pardon !
Parole réflexe… Balsa jeta un coup d’œil à celle qu’elle avait bousculé. La tête couverte elle aussi, elle semblait fuir quelque chose. Ou quelqu’un. Un instant les deux créatures se fixèrent et Balsa eu un étrange ressentiment. C’était elle ! La sirène de tout à l’heure ! Elle en était quasiment sûre et sourit intérieurement à l’idée de la savoir échappée.
- Vous ! Contente que vous ayez réussi à filer…
Quelque chose l’intriguait : la sirène marchait maintenant sur deux jambes. Etait-elle semi-humaine comme Kaleya ? Ou était-ce un pouvoir des sirènes ?
Elle réalisa ensuite qu’il y avait bien peu de chance que la sirène la « reconnaisse ». Elle devait être bien étonnée qu’on s’adresse à elle de cette façon. Mais Balsa ne chercha pas à se jusitifier.

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MessageSujet: Re: Sous le regard des mouettes   Mer 01 Sep 2010, 17:32

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Les pas de la sirène l'avait menée hors de la foule qui se pressaient vers la criée, le port se remplissait à vue d'œil, les pêcheurs gueulaient à qui le plus fort pour attirer le peuple. Les voix des humains n'étaient pas belles à entendre, par rapport aux chants des créatures de l'océan. Eheïwa s'engouffra dans une rue un peu moins peuplée, et plus sombre aussi, afin de se faire observer le moins possible. Un peu étourdie par les sensations qui s'étaient enfouies depuis longtemps dans son corps, elle n'eut pas le temps d'éviter la personne qui était arrivée en face d'elle. Elle balbutia un mot d'excuse, essaya de partir avant qu'on ne la découvre, mais c'était trop tard. On lui adressait la parole. Une voix de femme. Elle leva ses yeux noirs, caché dans la pénombre qu'offrait sa capuche, vers celle qui lui parlait.
-Vous ! Contente que vous ayez réussi à filer…
Elle s'écarta un peu de la femme, surprise qu'elle sache ce qu'elle avait vécut ses dernières heures.
-Qui... Es-tu?
Sur terre, sa voix perdait beaucoup de son pouvoir. Elle était juste agréable à entendre, mais ne créait plus cet état d'hypnose que toute les sirènes sont fières d'utiliser. Elle était emprunte à une certaine peur face à cette créature qu'elle ne connaissait pas, mais qui apparemment l'avait déjà vu, elle.
En fait, elle n'avait pas reconnu la créature qui était sur les rochers quelques heures auparavant, son revêtement empêchait Eheïwa de reconnaître sa queue. Et la lance qu'elle tenait la rendait un peu... inquiétante pour la sirène, qui avait rarement l'occasion de rencontrer des créatures armées en mer. Elle même, à part lorsqu'elle s'était défendue contre le capitaine, ne portait jamais d'arme...
Elle observait son interlocutrice en essayant d'être elle même le plus caché possible. C'était instinctif, les sirènes solitaires devant éviter toute rencontre malencontreuse...Ce qu'Eheïwa avait ma foi beaucoup de mal à faire...
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MessageSujet: Re: Sous le regard des mouettes   Lun 06 Sep 2010, 14:25

- Qui es-tu ?
Malgré qu’elle utilise un tutoiement trop familier, la sirène ne semblait pas la reconnaître. Normal tout bien réfléchi, comment aurait-elle pu observer Balsa alors qu’elle se débattait pour sauver sa vie ? Cette dernière recula sa lance comme l’inconnue semblait la craindre, en signe pacifique.
- Excusez-moi. J’étais sur la digue quand les marins se sont emparés de vous. Ces lâches… Mais à ce que je vois, vous en êtes sortie indemne, alors je suis rassurée.
Cette empathie que Balsa exprimait était assez rare. Mais avoir des ennemis en commun, puisqu’à présent la chimère considérait les hommes comme tels, ne pouvait que rapprocher deux créatures. La chimère se tut alors qu’un groupe d’homme passait. Ils avaient beau les ignorer royalement, elle les fixa telle une bête surveillant ses rivaux jusqu’à ce qu’ils s’éloignent suffisamment. Elles s’écartèrent alors du milieu de la route et se placèrent dans une impasse où non seulement elles ne gêneraient personne, mais aussi aucune oreille n’aurait l’occasion d’entendre leur discussion.
- J’aimerais savoir… Comment pouvez-vous marcher de la sorte ?
Après une hésitation à se demander jusqu’où irait sa curiosité, Balsa ajouta :
- Et quels sont vos pouvoirs ?
Cette soif de connaissances, cette envie de savoir. Et de l’autre côté cette volonté de partir, ce sentiment que tout se jouait dans les minutes à venir. Si elle n’embarquait pas rapidement, le bruit de ses meurtres se répandrait en ville. Une créature à longue queue, elle ne pourrait se cacher bien longtemps, même sous ses vêtements amples. Mais Balsa ne voulait pas perdre cette occasion, rencontre exceptionnelle avec une sirène, d’accroître son expérience. Elle était toute ouïe, espérant obtenir suffisamment de réponses et pouvoir s’éclipser rapidement.


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MessageSujet: Re: Sous le regard des mouettes   Mer 10 Nov 2010, 22:01

La lance baissée rassura Eheïwa. La sirène était sensible à chaque mouvement que faisaient ceux à qui elle avait affaire... Elle se laissa bêtement entrainer par Balsa dans une ruelle un peu plus calme.
Elle l'avait vue sur le bateau...de la digue? Serait-elle...
La sirène regarda la chimère d'un nouvel œil, plus curieux que craintif. Et puis, voir quelqu'un qui avait l'air de se méfier autant des hommes qu'elle la rassurait, surtout lorsqu'elle était sur terre.

-J’aimerais savoir… Comment pouvez-vous marcher de la sorte ?


Bref silence. Devait-elle raconter à qui veut ses origines et ses pouvoirs? Elle lui lança un regard interrogateur.

-...Tu ne m'as pas dit qui tu étais vraiment... Tu es...La femme ...que j'ai vue, sur la digue??

Elle sortit de sa besace le carnet où elle avait dessiné la chimère, en train d'aller chercher les œufs, là haut sur les rochers. Les dessins étaient intacts. Les traits de la chimère y ressortait, comme si on pouvait la voir grimper, vivante.
Elle voulait attendre que la créature lui réponde avant de se dévoiler, mais n'étant pas de nature très méfiante, elle finit par répondre à ses questions avant même d'être sûre que celle à qui elle faisait face était bel et bien digne de confiance.

-En fait je..Suis une sirène...Tu l'as vu je crois.
Elle sourit, puis continue.
-En principe les sirènes...Enfin celles que je connais peuvent aussi...Peuvent marcher sur terre. Tant qu'elles n'abusent pas de ce droit...
Sourire triste affiché sur le visage sombre de la sirène.
Elle se ressaisit, relève les yeux vers ceux de la chimère.

-Moi je ne peux qu'une journée... Donc je préfèrerai ne pas trainer sur terre...enfin, surtout pas ici. Tu dois aller quelque part?

Jetant des regards furtifs autours d'elle, au cas où on les observaient, ou par simple instinct de défense, Eheïwa avait l'air d'une bête traquée, à bout de souffle. Ce qui c'était passé, à peine une heure avant sa descente a terre, l'avait fatiguée. Et le poisson, sur terre, s'essouffle aussi vite qu'un humain se noie dans la mer...

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MessageSujet: Re: Sous le regard des mouettes   Ven 19 Nov 2010, 17:45

- ...Tu ne m'as pas dit qui tu étais vraiment... Tu es...La femme ...que j'ai vue, sur la digue??

La sirène ne répondait pas aux questions de Balsa, se contentant d’hésiter jusqu’à énoncer ce qui semblait être une évidence. La chimère ne prit pas la peine de répondre. Elle suivit les mouvements de l’inconnue, qui glissa ses mains dans son sac pour en sortir un carnet de dessins. Et là, stupéfaction. Bien qu’elle n’ait guère eu l’occasion de se voir dans son existence, la chimère se reconnut très bien. Balsa allait s’exclamer, mais elle ne savait pas bien si elle devait se montrer outrée, récupérer les dessins, se fâcher ou se ravir. Le silence fut rompu :

- En fait je...Suis une sirène...Tu l'as vu je crois… En principe les sirènes...Enfin celles que je connais peuvent aussi...Peuvent marcher sur terre. Tant qu'elles n'abusent pas de ce droit...

Que de suspens… des silences entrecoupés de bribes de phrases. Et tout ça pour quoi ? La seule information qui intéressa Balsa était le pouvoir commun des sirènes à marcher sur terre, dans une certaine limite. Cette limite était d’ailleurs des plus vagues, c’était frustrant de n’apprendre que la moitié des choses.

- Moi je ne peux qu'une journée... Donc je préfèrerai ne pas trainer sur terre...enfin, surtout pas ici. Tu dois aller quelque part?
Oh… une invitation à la séparation ? si tôt ? me craindrais-tu, sirène ? ou craindrais-tu la terre ?...
- Je vais quitter la ville, par la mer je pense.
Je voulais le faire le ventre plein, mais tes petites aventures m’ont coupées dans mon élan… Et pour le reste tu n’as pas besoin de savoir…
- J’aimerais savoir, car vous n’avez pas répondu : les sirènes ont-elles des pouvoirs qui leurs sont spécifiques ?

Là, sa curiosité n’était pas du tout camouflée. Ni la distance qu’elle mettait entre elles deux par sont vouvoiement. Si Balsa se sentait dans le camp de la sirène face aux hommes, elle n’escomptait certainement pas en faire une amie ou même lui accorder sa confiance. De toute façon, un être qu’elle ne croiserait qu’une journée sur terre, quelle importance ?
Le but de la chimère était simplement d’en savoir plus sur le monde. Toujours rester curieuse et apprendre en chaque occasion. Akin l’avait élevée ainsi, elle comptait toujours suivre ses principes. Dans l’étroite où elles étaient toutes les deux, mine de rien, Balsa barrait la route à l’inconnue d’un côté. Sa lance avait beau être baissée, son corps tout entier exprimait l’insistance et la détermination. Sa longue queue, portée sur sa gauche, se balançait doucement à son extrémité.

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MessageSujet: Re: Sous le regard des mouettes   Mer 01 Déc 2010, 11:31

La sirène sentait que la chimère ne l'avait aucunement abordée pour faire causette. Elle adopta un visage inexpressif, troublant par ses yeux noirs dans lesquels on ne pouvait rien lire. Elle ne pouvait faire le poid face à la chimère, armée et qu'elle sentait d'âme guerrière. Mais fallait-il qu'elle mette une barrière entre elle d'eux? Eheïwa pensa que répondre aux questions de celle qui lui faisait face serait plutôt bien pensé. Mais pas ici, en ville. Les secrets de doivent pas être dévoilés entre les murs...

-Je pourrai t'apprendre tout ce que je sais sur mon peuple et plus encore si tu le désires, mais je crains que parler ici ne soit pas très discret... Allons sur la plage.

Elle observa la réaction de Balsa. Elle avait l'air avide de savoir, mais lui ferait-elle assez confiance pour la suivre, pour la laisser passer du moins? De toute façon, ce n'était pas en instaurant une ambiance d'interrogatoire que la sirène allait lui offrir son savoir. Son visage avait l'air jeune, ses yeux rêveurs lui donnait un air presque innocent, mêlé de mélancolie. Pourtant, elle avait passé la centaine d'année, voyagé dans les contrées les plus reculées presque tout ce temps, buvant les connaissances des anciens, des autres peuples, de ce qu'elle avait apprit d'elle même...Seulement, reparler de cette époque lui rappelait qu'elle était devenue impossible maintenant.
Elle était peinée que la chimère ne pose que ces simples questions. Quels sont les pouvoirs des sirènes... Pourquoi veux tu le savoir? Pourquoi ne t'intéresses tu pas plutôt à leur Histoire, à leurs caractère? Pourquoi veux tu savoir le merveilleux, en laissant de coté le misérable? Nous ne sommes pas les créatures des livres, nous ne sommes pas que ça.
La sirène s'approcha de Balsa, imprimant dans sa tête son visage, son corps, sa manière de se porter. Elle aussi avait apprit, mais il lui en restait tellement à découvrir... Eheïwa lui apprendrait ce qu'elle savait, seulement si Balsa ne se montrait pas aussi...Froide.
Elle aussi avait des questions, elle aussi voulait savoir qui elle était, où elle allait, pourquoi. Le passé et la vie de chaque être l'interressait tout autant que celui des peuples en général. Les rencontres étaient tout aussi bénéfiques que les livres et les maîtres.
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