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"Homme libre, toujours tu chériras la mer !"
"La mer enseigne aux marins des rêves que les ports assassinent."
"La sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit."
"Il est des moments où les rêves les plus fous semblent réalisables à condition d'oser les tenter."
"Le voyage est une suite de disparitions irréparables."
"Nous sommes de l'étoffe dont sont faits les rêves, et notre petite vie est entourée de sommeil."
"Dieu nous rêve. S'il s'éveille, nous disparaissons à jamais."
"Nous trouverons un chemin... ou nous en créerons un."
"Le rêve de l'homme est semblable aux illusions de la mer."
"Il n’est pas de vent favorable, pour celui qui ne sait pas où il va…"
"Il y a trois sortes d'hommes : les Vivants, les Morts, et ceux qui vont sur la Mer."

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 Un signe

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MessageSujet: Un signe   Mer 31 Mar 2010, 16:52

Allongée sur mon lit, les bras croisés derrière la tête, j’observais le plafond de cette petite cabane que j’habite, en bordure du lac Olia. J’écoutais s’écrouler langoureusement les vagues sur le bord qui les accueillait avec tendresse, et ne pus m’empêcher de repenser à lui. Mataro me fit vite comprendre qu’il avait faim, me aucun de nous deux n’était assez courageux pour se lever et aller chercher le lapin étendu là, sur la table, non loin. Il soupira.
Depuis un certain temps, nous attendions, Mataro et moi. Nous attendions à partir du moment où la nuit est tombée un signe, un bruit ou tout autre chose qui nous aurait donné au moins envie de bouger, d’aller quelque part, de poursuivre un but. Je soupirai. Finalement, le signe que nous cherchions tant vint à nous : un hibou se percha sur une branche de l’arbre non loin et se mit à hululer.

_ Debout, me souffla Mataro.
Comme je pensais moi-même qu’il fallait suivre de signe, je me levai et sortis lentement, pour ne pas effrayer l’animal. Me regardant de ses yeux ronds, il émit à nouveau son doux cri nocturne et ouvrit les ailes ; puis, avec une douceur infinie, il s’envola de la branche et me montra le chemin à suivre. Il allait vers le Port.

_ Tu te souviens ? demanda Mataro.
_ Oui. Je me souviens de ce rêve que nous avons tous deux souffert avec passion.
Un instant de silence passa.

_ Allons-y, dis-je comme pour me donner du courage.

C'est ainsi que, faisant route vers le port, je suis parvenue jusqu'ici. Cet air est si bon ! Je respire enfin. Où aller ? Pourquoi ne pas commencer par prendre un verre dans le premier bar du coin ? A partir de maintenant, nous n'attendrons que ds signes pour avancer. Mataro est d'accord avec moi sur ce point.
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MessageSujet: Re: Un signe   Jeu 01 Avr 2010, 18:46

Balsa était tombée nez à nez avec l'océan en fin de matinée. Choc. Beauté. Force de la nature. La chimère avait ouverts de grands yeux d'enfants, et observés le remous des vagues pendant plusieurs heures. L'air chargé de sel entrait dans ses narines, purifiant son corps et son âme. A un moment, elle s'était mise à courir en direction de l'océan, faisant tomber son sac et sa lance dans la sable grossier. Elle avait enlevé ses chaussures et avait glissé ses pieds dans l'eau et la mousse blanche. C'était froid, mais très agréable. Puis elle était repartie, un sourire innocent sur ses lèvres.
Elle avait longé l'étendue bleue tout l'après-midi, alors que le soleil se couchait dans son dos, diffusant une lumière orange dont les reflets brillaient sur la crête des vagues. La nuit tomba, et avec elle l'obscurité. La lune, pleine au trois quart, se cachait derrière les lourds nuages chargés de pluie et d'électricité.

A l'approche du port de Reilor, les mouettes et les goélands se firent plus nombreux. Ils se rassemblaient auprès des hommes, se disputant les derniers reste de la pêche. Ils étaient plutôt calme à cette heure, mais Balsa s'imagina la cacophonie de leurs piaillements en pleine journée. Mais les oiseaux n'étaient pas le seul indice de l'activité humaine...
Un brouhaha confus s'élevait de la ville. Les marins et les pécheurs avaient finis leur journée, et se retrouvaient à présent dans les tavernes pour jouer aux cartes, boire ou simplement partager un moment de détente. La chimère entra dans cette ville animée, et regrettait déjà le calme de l'océan qu'elle avait pour seule compagnie. Par réflexe, elle dissimula sa longue queue son sa jupe, l'enroulant autour de sa jambe gauche.

Vais-je passer inaperçue ainsi ?...

Au milieu de la foule joyeuse des hommes ayant fini leur journée, elle pouvait se faufiler sans trop se faire remarquer. Elle en vit certains avec des bijoux piqués dans la peau de leur visages, et d'autres avaient même des tatouages. Seule ombre au tableau, elle était pratiquement la seule femme présente sur le port. Akin, lorsqu'elle vivait avec lui, lui avait conté combien les hommes se séparent de leurs femelles lors de presque toutes leur activités. Que leurs raisons soient bonnes ou mauvaises, peut importait. Mais Balsa se devait de savoir qu'en tant que membre du « sexe faible », elle serait surement raillée.
Son estomac gargouilla. Et pour cause, elle n'avait rien mangé depuis son levé. Comme elle avait un peu d'or sur elle, la jeune femme décida de s'offrir un bon repas chaud dans une taverne. Elle était curieuse de savoir ce qu'on servait ici, tout en pensant bien que chaque plat devait être à base de poisson. Alors qu'elle cherchait dans les environs une enseigne indiquant un point de restauration, son regard tomba sur... une paire de cornes ! Elle cligna des yeux, et se les frotta.

Ça va pas moi !... Mon imagination me joue des tours... ça doit être la fatigue...

En effet, l'instant d'après, les cornes avaient disparues. La fatigue ?... Ou alors, cette ville n'était seulement peuplée d'hommes. Balsa chercha dans sa mémoire une créature possédant naturellement des cornes, mais n'en trouva pas. Résignée, elle se remit en quête d'une taverne, qu'elle trouva rapidement.
L'endroit était très rustique, le devanture était sobre, portant seulement l'inscription « Baie des voyageurs ». Le nom plaisait à la chimère, elle s'attendait à voir des gens de tous horizons en passant la porte... Mais la clientèle était en fait exclusivement composée d'hommes qui riaient grassement, portaient à leurs bouches des pintes moussantes et se racontaient des exploits de jeunesse dont peu semblaient probables. Quelques regard se posèrent sur la femme qui venait d'entrer, et la chimère se sentit mal à l'aise.
Ce fut le tavernier qui, toujours heureux de voir un nouveau client arriver, l'accueillit le plus chaleureusement. Il avait compris d'un coup d'œil qu'elle n'était pas du coin. Il lui indiqua une table libre au fond de la grande salle où il servait. Balsa le remercia et s'installa.

- Et qu'est-ce qui vous ferez plaisir ma bonne dame ?
Ma bonne dame ?... Euh... quoi prendre ?...
- Vous servez quoi ?
- Ce soir c'est soupe de poisson ou filet de dorade.
- Je vais prendre les deux... Et apportez moi aussi de l'eau.
- Pas de vin ? J'ai dans ma cave le meilleur de la région.
- Et bien, j'en prendrais un verre dans ce cas.
- Entendu, je vous apporte ça de suite.

L'homme disparut dans la fumée ambiante. Balsa put souffler un peu. Elle posa sa lance, la lame recouverte d'un tissu, contre le mur à côté d'elle, et son sac à ses pieds. Elle salivait déjà à l'idée de repas qu'elle s'offrait, et attendait impatiemment qu'on la serve.

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MessageSujet: Re: Un signe   Sam 03 Avr 2010, 22:23

Je me rends vite compte, perdue au milieu de cette foule que les hommes grouillent ici. Au fond de moi, Mataro grogne de ne pouvoir les massacrer, ils lui rappellent tellement ceux-là même qui nous ont privé de famille. Mataro a faim, et semble oublier que nous sommes deux dans ce corps, et que j’ai faim aussi. Mais nous n’avons que quelques sous en poche, et je crains d’être obligée pour payer notre dû de jouer pour la première taverne où j’irai manger. Je tourne, je vire dans ce port infesté de créatures qui sentent la chaleur et la transpiration, surtout pour un semi-animal comme moi…
Derrière, quelque chose m’observe. D’abord prise de peur, je me faufile entre les passants, puis je m’arrête et me retourne. Des hommes. Il n’y a que des hommes. Certains ne font pas attention à la si petite chose que je suis, et me bousculent, heurtant mes ailes avec toute leur lourdeur. La chose qui vient de passer avait une odeur étrange, ce n'est pas une odeur masculine, ni une odeur humaine. J’observe encore et je hume l'air, de ci, de là, mais ne vois rien.

* Et si on retournait chercher une taverne ? demande Mataro. Ou n’importe quoi d’autre pourvu qu’il y ait à manger !
* Toi, c’est pas le moment.
Me rendant compte que mon estomac et Mataro se sont décidément ligués contre moi, je me décide à regarder autour de moi à la recherche d'une taverne. Il y en a une qui porte le nom de Filet de Pêche. Mataro me pousse à y aller, mais je n'en ai pas la moindre envie, d'autant que l'odeur que je viens de retrouver, douce et faible, ne m'y conduit pas. Je la cherche encore, et bousculée de part et d'autre par ces imbéciles, ne peux me concentrer plus longtemps.
* Tu veux que je leur fasse la misère ? Demande Mataro d'un air vengeur.
* Ils ne nous ont rien fait de mal, ils se bousculent aussi entre eux ; alors c'est non. Pour le moment, aide-moi à garder mon calme et à trouver une taverne.
* Moi je vote pour le filet de pêche.
* J'ai dis non.

Je parviens enfin à me poster à un endroit que les badauds évitent et observe autour de moi. Puis je vois une pancarte : "La Baie des Voyageurs". Voilà un nom qui me convient et qui donne à cette taverne un aspect bien sympathique, et doux en cette soirée âpre que je m'apprête à passer. De plus, je sens que cette odeur qui appartient à l'inconnu m'ayant observée tout à l'heure s'y trouve.

* Me dis pas qu'on va aller ici ?! gronde Mataro.
* La dernière fois, c'est toi qui as choisi ta taverne, et tu as même eu notre corps. Alors j'estime avoir le droit de choisir, ce soir.
Mataro décide de se clore à toute conversation interne mais je peux encore l'entendre grogner son mécontentement. A présent que je sais mieux le gérer et qu'il ne peut plus prendre possession de notre corps à ma place comme il l'entend, il se calme un peu, et ne fait plus que montrer son énervement comme un animal en cage.

Avançant alors, contre son gré, jusqu'à ladite taverne, de la Baie des Voyageurs, je pousse la grande porte en bois et pénètre dans le bâtiment. Comme le port, cela sent le poisson et la fumée des cigares et des pipes que les vieux marins allument après une bonne journée harassante ; les gens tournent la tête vers moi, et malgré ma grande timidité, je tente de leur faire comprendre par un regard animal que le premier à s'esclaffer sera le premier à en payer le prix par mon double. Ils comprennent vite et continuent comme si de rien n'était leurs paroles stupides et vides de sens.
Le tavernier s'avance vers moi et me regarde des pieds à la tête. Puis il fait un sourire et ajoute :

_ Eh beh, si j'puis me permettre, des êtres aussi bizarres, on en fait peu de nos jours !
_ Je prendrai ça pour un compliment, merci. Servez-moi le plat du jour, je vous pie. Dis-je.
_ Bien sur, mad... euh. Bien sur.

Puis je vais m'installer quelque part, près du comptoir plutôt, pour pouvoir observer autour de moi et repérer à qui appartient cette odeur et ce regard que je sentis tout à l'heure, pour écouter les discutions peu intelligentes des matelots et pour attendre un nouveau signe. L'odeur en question en est un qui m'a guidée jusqu'ici; maintenant, peut-être son possesseur en sera-t-il un autre ? Mataro se tient tranquille au fond de moi, comme s'il attendait lui aussi ce signe.
Regardant tour à tour les personnages qui se trouvent dans la taverne, je ne vois que des hommes. peut-être la trace de féminité n'était-ce qu'un vulgaire parfum d'une amante laissé sur les habits encore humides d'un homme ? Non, c'est un parfum trop présent. Une serveuse ? Non, elles n'ont aucune odeur, celle de la fumée qui emplit les lieux les tenant au corps. C'est autre chose.
C'est là que je regarde au fond de la salle. Et malgré la fumée, je parviens à distinguer une forme humanoïde, tout au fond, attablée. elle ne bouge pas. Mon excellente vue remarque rien qu'au visage que c'est une femme ; aucun doute, c'est la personne qui m'a observée tout à l'heure. Elle a d'étranges marques sur le visage. Elle ne semble pas humaine, et cela expliquerait qu'elle n'ait pas leur odeur caractéristique. Il faut attendre. Je verrai ce qui se passera lorsqu'elle sortira de la taverne ; peut-être la suivrai-je ? Je pense que c'est elle, mon signe.

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MessageSujet: Re: Un signe   Lun 05 Avr 2010, 22:25

- Et voilà !

La tavernier déposa devant Blasa un bol rempli d'un soupe épaisse qui avait l'odeur d'un océan mélangé à des épices que la chimère ne connaissait pas. Il avait aussi apporté une assiette dans laquelle s'étendait un filet de dorade accompagné de quelques légumes, ainsi qu'un pichet d'eau, un gobelet et un verre de vin rouge. Le ventre de la jeune femme gargouilla à l'idée d'un si bon repas.

- Cela fera 13 pièces.
- Entendu. Vous avez des chambres à louer ?
- Bien sur. La nuit est à 18, je vous prépare une chambre ?
- Faites donc cela.

Il hocha la tête et retourna derrière son comptoir. Balsa commença par se servir un grand verre d'eau, qu'elle but d'une traite. Puis elle plongea sa cuillère dans le bol, et la porta à ses lèvres. Elle souffla un peu sur le liquide fumant, et l'avala. La chaleur envahit progressivement l'ensemble de son corps. Un nouveau client passa la porte de la Baie des Voyageurs. La chimère tourna son regard vers l'entrée...

C'est... je l'ai vu tout à l'heure... j'en suis sûre !...

La créature qui venait d'entrer n'avait rien d'humain. Et les cornes que Balsa avait remarquées au milieu de la foule n'était pas l'élément le plus étrange de la jeune femme qui parlait maintenant avec le tavernier. Une paire d'ailes gigantesque s'accrochait au dos de la jeune femme.

Un ange ?... Les anges n'ont pas de cornes... et puis, j'ai du mal à croire qu'elle en soit un...

La chimère se concentra en apparence sur sa nourriture, montant machinalement à sa bouche les cuillerée de soupe de poisson. Elle ne savourait plus ce qu'elle mangeait, tant son esprit était en proie à des questions sur l'inconnue qui venait d'arriver. Par de brefs coups d'œil discrets, Balsa la vit s'attabler au comptoir, où il lui fut bientôt servit un repas.
La queue de Balsa se resserra autour de sa jambe, comme si elle craignait être démasquée. Un trait de caractère qu'elle ne partageait pas avec la créature. Sa curiosité était piquée à vif. Elle voulait savoir qui était cette femme. Comment faisait-elle pour imposer un respect tel à son entourage que personne ne se moquait d'elle ? Peut-être sa différence était-elle si effrayante aux yeux humains qu'ils restaient en retrait. En tout cas, le tavernier ne rechignait pas à la servir.

Et si le monde était moins bourré de préjugés que je ne l'imagine ?... non... pas avec ce que j'ai vécu...

Engloutissant sa dorade après avoir fini la soupe, Balsa regrettait un peu de ne pouvoir avoir l'esprit léger alors qu'elle mangeait enfin, et de manière copieuse. Une impression étrange... l'inconnue l'observait-elle ? Sentiment désagréable d'être épié... oui, on la surveillait. Que faire ? Il était clair que la rencontre était inévitable. Mais sa nature demeurait incertaine. Le seul paramètre que Balsa pouvait encore contrôler était le lieu de cette rencontre.

Ici ?... il y a trop de monde... si ça tourne mal, des innocents pourraient être blessés... Dehors ?... bah, il y a tout autant de monde... mais on pourrait se battre plus facilement... pourquoi je pense déjà à me battre ?... c'est vrai qu'elle ne m'inspire pas confiance mais... n'étais-je pas censée avoir appris à faire confiance aux gens ?... Courage !...

La chimère saisit sa lance, lame recouverte par un tissu, et son sac d'une main. De l'autre, elle souleva son verre de vin et s'avança vers le bar. Elle s'assit à la droite de l'étrange créature, laissant un tabouret vide entre elles deux. Balsa posa ses affaires sur sa droite, les mettant ainsi hors de portée de l'inconnue éventuellement agressive. Sa lance était debout, contre le comptoir. Elle plaça son verre devant elle, et une fois installée, elle prit la parole, tout en gardant le regard fixé sur le liquide rouge qui ondulait dans sa coupe.

- Qu'importe son allure, le voyageur a une attitude qui lui est propre, et il ne saurait se faire passer pour un habitant des bourgades qu'il traverse.

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MessageSujet: Re: Un signe   Jeu 08 Avr 2010, 18:16

Tandis que je prenais gentiment mon plat du jour (poisson = viande ! Mataro adore la viande !), je sentis qu'il y avait, non loin de moi, de l'agitation. Mataro me fit comprendre que c'était l'odeur de la jeune femme qui se déplaçait. Elle s'assit à côtés de moi, laissant un siège entre nous deux. Je laissai faire son petit manège sans rien dire ni bouger, comme si elle n'existait pas, tout en gardant, dans l'angle mort de mon oeil, chacun de ses mouvements ; si elle s'asseyait là, c'est qu'elle avait une raison.
Et je la laissai faire, jusqu'à ce qu'elle implante un vrai lien de "connexion" entre nous deux. J'en avais marre d'aller toujours de moi-même vers les autres. A eux de faire un effort.
Elle s'assit. Elle parla :

_ Qu'importe son allure, le voyageur a une attitude qui lui est propre, et il ne saurait se faire passer pour un habitant des bourgades qu'il traverse.

Je stoppai net. Elle avait parlé. Elle avait sans doute voulu me parler. Alors soit, j'allais répondre. Je savais parfaitement que mon apparence me montrait comme quelqu'un qui n'était pas des environs, mais je pris ce message pour elle aussi.

_ Je pensais bien que tu ne faisais pas partie des êtres d'ici. Ton odeur est plus légère et douce, tu sens l'intérieur des terres, pas la mer.
*Fais attention dit Mataro dans ma tête. Je ne sais pas si elle nous veut du bien ou du mal.*
*Tu vois le mal partout. *


Ne sachant trop que faire ou dire, l'attitude que j'avais avant était celle de la gentille personne qui se présente et raconte sa vie. Mais cette fois, je voulais juste savoir la vie de celle qui était en face de moi. Je décidai de lever la tête et de la regarder. Elle avait un verre de vin à la main. Moi ma cuillère de matelot. Son profil était plutôt doux, elle avait des yeux magnifiques et des taches sur le visage ; son regard montrait qu'elle n'était pas humaine. Je compris de suite.
J'avais terminé mon plat, posé ma cuillère à l'intérieur de l'assiette vite et me penchai sur le comptoir. Puis l'appelai le patron :


_ Combien vous dois-je ?
_ Ca vous f'ra 10 sous, mam'zelle.
_ Tenez dis-je en posant lesdits sous sur le comptoir avant de me tourner de nouveau vers mon signe.
_ Ne sois pas sur tes gardes de cette manière, je ne te ferai aucun mal. Après tout, nous sommes de la même race.

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MessageSujet: Re: Un signe   Ven 09 Avr 2010, 19:22

La femme ailée et cornue sembla un peu surprise d'entendre Balsa lui parler. Elle lui répondit sur un ton calme. Elles s'étaient reconnues comme deux étrangères en cette cité, et cela avait suffit à créer un lien, si infime soit-il, entre elles. Une discussion pouvait être entamée.
Une chose cependant déplut à Balsa : ce tutoiement que l'inconnue avait mis en place. Si il paraissait évident à cette dernière, il était beaucoup trop familier pour Balsa. Sa queue de félin eut un geste compulsif nerveux, soulevant l'espace d'une seconde et de quelques centimètres sa longue jupe rouge sombre.

Bon... tant pis... je ne vais rien dire... ne soyons pas désagréables... jouons-là différemment...

Balsa porta le liquide rouge à ses lèvre, et en prit une petite gorgée. Le vin était âpre, mais fuité. Le chaleur de l'alcool descendit doucement dans le corps de la chimère, propageant sa chaleur enivrante. La jeune femme, du fait de sa condition de voyageuse, ne buvait pas très souvent. D'abord parce que, la plupart du temps en pleine nature, elle n'avait pas de boisson fermentée à portée de verre. Et puis, le « liquide qui élevait l'esprit », comme disait Akin, était plutôt cher.
Elle se tourna vers l'étrangère et allait enfin lui répondre quand le tavernier vint prendre la payement de la femme.

- Combien vous dois-je ?
- Ça vous f'ra 10 sous, mam'zelle.
- Tenez... Ne sois pas sur tes gardes de cette manière, je ne te ferai aucun mal. Après tout, nous sommes de la même race.
C'était donc ça... la raison de sa familiarité...
- Je ne me suis pas présentée. Je m'appelle Balsa, chimère. Je peux vous offrir à boire ?

Sans même attendre de réponse, elle héla le tavernier et lui commanda une bouteille du vin qu'elle buvait, ainsi qu'un verre pour l'inconnue. Ce soir, elle se permettait de dépenser l'argent qu'elle avait gagné quelques jours auparavant sans compter.
L'homme vint les servir, mais ne demanda pas de payer à Balsa, cette dernière lui ayant dit qu'elle restait cette nuit de toutes façons. Une confiance qu'il lui avait accordée bien trop facilement au goût de la chimère. Cette dernière reprit une gorgée de vin. Elle avait de se relâcher ce soir, mais elle devait faire attention. Son organisme n'était pas habitué à l'alcool, et elle risquait de s'enivrer vite. Elle se pencha alors vers sa compagne d'un soir, et lui demanda à voix basse, sans autre forme de procès :

- Alors, comment vous êtes-vous enfuie des laboratoires de l'Est ?

C'était déjà la deuxième fois qu'elle utilisait le vouvoiement à l'égard de la chimère, et elle espérait que le climat de confiance qui commençait à s'instaurer puisse malgré tout suivre cette règle de politesse élémentaire.

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MessageSujet: Re: Un signe   Ven 09 Avr 2010, 20:30

Vous ? vous, deux fois vous. Celle qui faisait partie de mon Monde, comme elle était ma soeur de situation, me vouvoyait. Et elle semblait prendre cela à coeur.

Tout d'abord, elle m'avait parlé comme à... à vrai dire, je ne savais pas vraiment de quelle façon je devais prendre ce premier "vous". Soit parce qu'elle n'estimait pas qu'il y avait assez de lien entre nous deux, ce que je comprenais parfaitement, même si j'étais d'un naturel direct et enfantin. Les enfants disent toujours "tu" aux gens qu'ils rencontrent. Mais elle m'avait dit vous.


_ Je ne me suis pas présentée. Je m'appelle Balsa, chimère.

Balsa. Quel joli nom. Mon signe ne pouvait avoir qu'un joli nom après tout ; j'y avais été conduite par le vol d'un hibou, ma marche vers le port et par ce parfum délicat. Cette personne ne pouvait pas porter un nom ridicule ni débile. Balsa. J'aimais bien. Cependant, je savais bien que c'était une chimère. Alors lorsqu'elle prononça ce nom, cela me fit sourire. Je me dis que la conversation commençait bien, et étrangement, Mataro se calma soudain, comme un bébé qui pleure et dort la seconde d'après.

_ Je peux vous offrir à boire ?
C'est là que le "vous" s'était installé. Ce "vous" pouvait être beaucoup de choses à la fois ; il pouvait être une barrière entre cette autre de ma race et moi-même, comme il pouvait juste être une marque de politesse. Je n'eus pas le temps de répondre qu'elle commanda une bouteille et un verre. A ce moment là, Mataro commença à s'intéresser à la conversation. Je l'imaginais, de sa fenêtre minuscule dans ma tête, qui l'observait boire une gorgée de ce vin, dont je ne raffolais guère, mais lorsque l'on vous propose quelque chose, la bienséance veut que vous acceptiez. Elle se pencha vers moi et dit :

_ Alors, comment vous êtes-vous enfuie des laboratoires de l'Est ?

Cette phrase me cloua net sur ma chaise. Je ne m'attendais pas du tout à parler de cela. Fixant le bord du comptoir, je tentais désespérément de calmer Mataro qui, furieux de l'entendre parler ainsi, voulait sortir, prendre possession de notre corps à ma place pour dire ce qu'il pensait réellement des hommes et de leur stupidité mal venue.
Ma queue renarde se tordait en tous sens. Mais rien ne paraissait sur mon visage, et le pelage de mon dos se hérissa. On n'avait pas le droit de parler de cet endroit maudit tant que Mataro n'était pas en totale confiance. Et malheureusement, Mataro n'était pas en totale confiance. Cette inconnue nous parlait de ce lieu comme si s'en échapper constituait le gêne de la rébellion, le gêne de l'anormalité.


*Ne me parles jamais des Laboratoires* J'aurais tellement aimé lui dire, mais Mataro mis en colère me forçait à utiliser toutes mes forces pour le calmer et garder le contrôle. Pourquoi fallait-il que, toute première chimère que je rencontrais depuis longtemps, je sois tombée sur une demeurée !
*Laisse-moi lui en parler, des Labos !* hurlait Mataro en moi.
*Non, nous ne devons tuer personne. Il faut que nous attendions le signe qui nous dira quoi faire pour la suite.*

Mataro se calma.

*La suite ?*
*Oui, nous n'allons pas rester dans cette cabane à croupir, nous devons bouger. Il nous faut un signe pour bouger. Et c'est elle. Nous ne la tuerons pas !*


Il sembla réfléchir un instant, puis se calma entièrement, ce qui fit que le doux duvet de mon dos retomba lourdement. Ma queue ne bougea plus. Cela ne dura pas plus de quelques secondes, mais pour moi cela sembla une éternité ; chaque combat intérieur contre Mataro durait une éternité. Je retrouvai la vue avec, devant moi, le verre de vin. Il m'en faudrait ce soir, du vin ; Mataro ne le supportait pas plus que moi, alors si je nous rendais ivres tous les deux, il ne pourrait pas plus frapper que moi.

_ Merci pour le vin, fis-je, les dents encore serrées par le combat interne que je menai plus tôt. Et pardonnez-moi pour vous avoir tutoyé, je suis parfois trop directe.

Je pris une grande gorgée du vin qui m'était servi dans le verre, sans même le déguster, et après une profonde inspiration, lui parlai le plus discrètement possible :

_ Je n'aime pas en parler. Je me suis enfuie après avoir fais quelque chose de monstrueux. Alors je n'aime pas en parler. Je suis désolée, mais je préfère éviter ce sujet ; parlez-moi de ce que vous voudrez, mais pas de cela. Et j'aimerais que vous évitiez de me parler aussi de votre expérience. cela reviendrait au même que si je vous parlais de la mienne. J'espère que vous ne m'en voudrez pas.


Je bus une seconde grande gorgée, vidant ainsi mon premier verre. Mais n'osant me servir, je fis comme si c'était aussi le dernier.

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MessageSujet: Re: Un signe   Ven 09 Avr 2010, 22:56

La chimère ne répondit pas de suite à la question de Balsa... Elle semblait en proie à de violentes réflexions intérieures, son front se plissait, ses dents se serraient et sa queue animale tournoyait en tous sens. Balsa réalisa qu'elle avait peut-être touché un point particulièrement sensible.

Ma curiosité est trop grande ?... pourtant n'est-ce pas naturel entre chimères de savoir comment nous avons quitté cet enfer ?...

L'étrangère finit par prononcer quelques mots. Elle remercia pour le verre de vin, et s'excusa de son manque de politesse envers la jeune femme... Pourtant, elle venait de se montrer impolie une fois de plus : elle n'avait pas décliner son identité. Balsa s'était pourtant présentée rapidement. Pourquoi l'inconnue ne voulait-elle pas donne son nom ? Elle était recherchée ? Avait des choses à cacher ?... Et même dans ce cas, elle n'avait qu'à donné un faux nom. Après tout, l'important était seulement de pouvoir se nommer mutuellement. D'ailleurs, Balsa n'était pas le vrai nom de la chimère. C'était simplement celui qu'elle utilisait depuis qu'elle avait réapprit à vivre avec les autres.
La chimère inconnue bu une gorgée du vin, et finit pas répondre, à voix basse. Elle ne voulait pas parler de son passé, elle disait avoir fait des choses monstrueuses. N'était-ce pas le lot de tous les êtres élevés à Lan Rei Ouest ? Comment pouvait-on se sortir d'un endroit si bien gardé sans faire couler le sang ? Pour Balsa, cela avait été certes un peu différent, mais elle avait connu son lot d'abominations, de sang versé, d'innocents tués...

Elle ne doit pas être en paix avec ces événement passés... Si cela la ronge encore, elle devrait pourtant en parler... mais je ne suis pas celle à qui elle peut se confier... j'espère juste qu'elle a quelqu'un qui l'écoutera le jour où elle se sentira prête...

Balsa pouvait penser ce qu'elle voulait, elle n'était pas la mieux placée pour juger de la façon d'être de l'autre chimère. Si elle acceptait son passé, elle avait beaucoup plus de mal à être en accord avec son physique. Et pourtant, il était beaucoup plus discret que celui de l'inconnue...
A cette pensée, Balsa décida de faire un effort sur elle-même, ici et maintenant. Elle déroula sa longue queue d'autour de sa jambe, et la glissa dans un fente de sa jupe. Comme elle portait un pantalon dessous, même si le tissu se levait, cela ne porterait pas atteinte à sa pudeur. Elle avait du bien réfléchir à comment s'habiller pour à la fois pouvoir cacher ce membre qu'elle haïssait, et à la fois pouvoir le montrer au besoin. Sa queue tachetée se courba en un S gracieux, dont le sommet lui arrivait au-dessus des hanches.

- Je ne voulais pas vous offenser.

Elle jouait avec son verre, faisant glisser son index sur le contour. Elle jeta un coup d'œil à celui de l'inconnue et constata qu'il était vide. Alors Balsa saisit la bouteille, et la pencha au-dessus du verre de l'autre chimère.

- Permettez-moi de me faire pardonner... et votre nom est ?

Les yeux de Balsa fixaient ceux de sa compagne de comptoir, le regard insistant. Alors que l'inconnue lui déclinait enfin son identité, la jeune femme fit couler le liquide couleur sang, non pas sans y voir une métaphore de leur histoire commune. Les chimères libres avaient forcément répandu le flot rouge autour d'elles, et aujourd'hui, elles se retrouvaient à le partager. Même si cette communion ne se ferait pas à l'oral, elle était au moins symbolique.
Balsa leva son verre en direction de la chimère ailée, comme portant un toast à leur rencontre, si improbable vu le peu de chimères échappées vivantes. Un coup du destin ?... Puis elle en vida le contenu pour accompagner Iburo, et s'en resservit un deuxième.

La tête peut bien me tourner... ce soir, je reste ici... et puis... l'alcool délie les langues non ?... c'est mesquin de penser ça ?... voyons où cette rencontre me mènera...

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MessageSujet: Re: Un signe   Ven 09 Avr 2010, 23:44

Elle m'avait demandé qui j'étais... Mais oui, comment avais-je pu oublier de me présenter ! J'étais si perturbée par cette question sur l'échappatoire des labos que je n'avais pas fais attention à ce détail... Oui, car un nom, c'était détail. Ce n'était pas le nom qui importait, mais l'être qui le portait. Et je voyais aussi qu'elle avait, elle aussi, ce morceau de chair qui faisait qu'elle était plus, bien plus que ce qu'elle voulait paraître. Cette gracieuse queue qui ondulait ne ressemblait pas du tout à la mienne, mais elle avait le même toucher félin. Amicalement, je fis en sorte que la mienne l'effleure comme le font les animaux.

_ Iburo, c'est Iburo mon nom, dis-je maladroitement tandis qu'elle me versait de l'alcool dans mon verre.

C'était à la fois pour lui montrer qu'elle pouvait avoir confiance en moi et pour la remercier. De tout.
Elle leva son verre. Je fis de même et, la regardant dans ses magnifiques yeux, qui reflétaient une âme qui avait sans doute vécu les mêmes choses que moi, la laissai trinquer avec moi.


*Tu devrais lui parler* dit Mataro intérieurement.
*Parler de quoi ?*
*De nous. De moi.*
*Penses-tu ?*
*Elle est chimère comme nous deux. Elle comprendra... enfin, je crois.*

Lorsque Mataro avait confiance en quelqu'un, je pouvais être certaine que je pouvais faire de même. Enfin, parler à une personne rencontrée il y avait quelques instants, je trouvais cela un peu déplacé, mais elle semblait avoir besoin de ne pas se savoir seule dans un océan de glace. Après avoir bu une longue gorgée, où je sentis réellement le liquide me couler dans la gorge et où je me dis que je n'aimais réellement pas ce vin, je me saisis de la bouteille, remplis son verre et le mien pour le symbole, je la regardai à nouveau dans les yeux. Elle me faisait penser à quelqu'un. Qui ? Je l'ignorais... Mais ce regard, à la fois tendre et durci par les années de galère, cette attitude me rappelait quelqu'un.
Alors, prenant à nouveau mon verre, je bus cette fois une toute petite gorgée, pour me donner un semblant de consistance, puis en tournant un peu le verre sur son pied, sentant peu à peu l'alcool monter, je sentis une douce chaleur m'envahir. Fallait-il que je lui dise ou que je lui montre ? Non, d'abord lui dire. Cela serait déjà assez dur.


_ Je joue de la musique. J'ai appris à jouer seule.
*Menteuse*
murmura Mataro dans ma tête.
_ Je parvient à me faire accepter parce que je joue pour vivre. Mon air animal semble amuser les enfants et ne pas trop effrayer les adultes ; il faut dire que si j'avais des ailes reptiliennes au lieu d'en avoir couvertes de plumes, je ne pense pas qu'ils m'apprécieraient autant.


Je me tournai vers Balsa et d'un regard aiguisé par la curiosité, lui demandai :


_ Et vous ? Que faites-vous pour survivre ?

Cette question était une sorte de double-question, qui voulait dire "est-ce que tu t'en sors malgré le rejet que tu es aux yeux des imbéciles ? Est-ce que tu parviens à dormir la nuit sans être hantée par tous ces visages qui ont hurlé quand tu les arrachais à la vie ? Est-ce que tu aimerais être un jour normale ? Es-tu à la recherche de la même chose que moi ? Es-tu mon signe ?"

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MessageSujet: Re: Un signe   Sam 10 Avr 2010, 01:45

Iburo but de bon cœur, bien qu'elle ne semble apprécier dans ce vin que la sensation enivrante qu'il procurait. Cherchait-elle à se sentir plus à l'aise ? Balsa but elle aussi, mais à petites gorgées. L'alcool commençait à passer dans ses veines, elle le sentait. Il faisait moins froid, les sons et les couleurs paraissaient plus vifs. Mais la chimère avait encore les idées claires, et elle fut bien surprise d'entendre la femme à queue de renard lâcher tout d'un coup :

- Je joue de la musique. J'ai appris à jouer seule.
Mais encore ?... étrange façon de faire la conversation... ça doit lui tenir à cœur...

Balsa écouta avec attention les explications qui s'ensuivirent. Ainsi, Iburo avait choisis de vivre de sa différence pleinement. Amuser les enfants ? Voilà bien quelque chose auquel jamais elle n'aurait pensé. Elle n'aimait pas le côté « bête de foire » que cela sous-entendait, et n'aurait pu le supporté, ayant souffert de ce regard que posaient sur elle certains hommes.
Mais d'un autre côté, elle admirait Iburo d'avoir fait ce choix. Elle avait adopté un style de vie paisible, basé sur les loisirs et le contact avec les gens.

- Et vous ? Que faites-vous pour survivre ?

Question fatidique. Et réponse compliquée. Balsa n'avait pas de métier à proprement parlé, et ses revenus étaient plus que fluctuants. Si aujourd'hui elle était fortunée, une semaine avant elle n'avait pas un sou en poche.

- Je vis la plupart du temps en pleine nature, donc chasse, pêche... Mais parfois je me fait engagée comme garde du corps pour avoir un peu d'or.
Ça va pas moi de dire ça comme ça... je devrais faire plus attention... je n'ai pas que des amis à Lan Rei...

Cela pouvait paraître étrange qu'une femme ait une telle activité. Souvent des hommes s'étaient moqués d'elle quand elle avait proposé ses services. Alors Balsa lançait un défi au plus fort d'entre eux et la bâtait à plate couture. Sa crédibilité établie, elle se faisait parfois engagée par des marchands ambulants traversant une zone où des bandits rodaient. Il lui arrivait aussi de jouer les chasseurs de prime, mais elle ne dit rien à ce sujet, n'en étant que peu fière.
Une gorgée de vin en appelant une autre, Balsa porta à nouveau le gobelet à ses lèvres, sans y réfléchir. Se laisserait-elle piéger par l'alcool ?... Elle avait le contrôle, mais sentait qu'elle le perdait peu à peu. Elle regarda la bouteille qui se vidait bien trop rapidement à son goût.

- Mesdemoiselles ! Il faut autre chose ?
Balsa n'avait pas vu le tavernier revenir vers elles.
- Non merci, rien pour moi... Il te faut autre chose Iburo ?
Je... viens de la tutoyer... rhaaaa... quelle idée de boire tant aussi ?... tant pis... trop tard maintenant... faisons comme si de rien n'était...
- Au fait, vous jouez de quel instrument ? Tu l'as avec toi ?
Bouah...

Petit tour d'horizon... Beaucoup de gens autour d'elles encore, mais l'heure tournait et les marins rentraient chez eux l'un après l'autre. Ils devaient se lever tôt le lendemain, la pêche débutant bien avant le levé du soleil. Petite analyse de la situation... Balsa était dans un lieu public, plutôt en sécurité donc. Et Iburo n'avait rien de menaçant. La chimère finit son verre, et le remplit de suite. Après tout, qu'y avait-il de mal à se relâcher un peu ?

J'espère juste... qu'y aura pas de bagarre... sinon ça va être bizarre...

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MessageSujet: Re: Un signe   Sam 10 Avr 2010, 15:47

Balsa n'avait que peu de chose à me raconter de sa vie apparemment, mais elle semblait aussi enthousiaste quant au fait de boire un peu. Elle chassait, pêchait. Quelle merveilleuse manière de vivre sa vie ; pas que le fait d'être une créature comme moi qui veut garder un contact avec les deux parties de ce qu'elle était ne me plaisait pas, mais elle avait au moins choisi sa voie et ne se tenait pas, indécise, le cul entre deux chaises. Elle avait choisi de vivre de façon naturelle, puisqu'elle n'était pas totalement humaine. Ce n'était pas une idée stupide.
J'ignorais si la bouteille comprenait beaucoup de choses à notre discourt, mais ce que je voyais, c'était qu'à présent, elle faisait une sale tête. Je me dis qu'il était peut-être temps d'arrêter, ne pas liquider - étrange, ce mot, disait souvent Mataro - un tel vin puisqu'on ne l'aimait pas, mais la phrase du Tavernier sortit cette idée de ma tête pour la remplacer par une autre !


Mesdemoiselles ! Il faut autre chose ?

Le tavernier était revenu si vite vers nous... je ne savais que répondre. Balsa n'en voulait pas... Mataro, au fond de mon être, en rêvait.

*Nous n'avons pas souvent l'occasion de boire...*
*Es-tu certain que rien ne se passera ?*
*Je promets de me tenir sage, sauf si on nous veut du mal...*

- Non merci, rien pour moi... Il te faut autre chose Iburo ?

Te ? Qui ? Moi ? Elle venait de me tutoyer ? Je la regardai, ébahie, car elle venait de faire un sacré bond en avant, et semblait finalement avoir accepté ma personne comme de sa race... ou alors elle se sentait juste mieux ? Il ne fallait pas y réfléchir non plus. Sans plus attendre, je quittai Balsa des yeux pour me pencher vers le Tavernier.

_ Eh bien, il se trouve que je serai là pendant un bon moment, je crois. Alors J'aimerais bien que vous me serviez un de vos meilleurs whisky. Pour la demoiselle et moi-même. Et celui-là, c'est moi qui le paye. Merci.
*Tu es certaine de ce que tu fais, n'est-ce pas ?*
demanda un Mataro peu confiant.
*Mais oui !*


N'attendant pas de voir l'homme quitter sa place présente pour aller chercher ce que je lui avais demandé, je répondis à Balsa qui semblait encore troublée par cette nouvelle manie de me tutoyer :


_ A vrai dire, je chasse aussi, car j'aime cet art. Même si je gagne assez d'argent en une journée si je le désire, je ne veux pas perdre cette sorte de tradition que j'ai. Je joue du banjo, de la flûte et de l'harmonica. J'ai toujours la flûte et l'harmonica sur moi mais le banjo, je ne le prends que si je sais que je l'utiliserai.
(sur ce, je sortis les deux petits instuments de ma poche) Je sais aussi danser et jouer aux jeux d'argent ! Et j'y joue très bien, sans me venter !
L'homme de taverne revint et posa la bouteille de whisky devant moi, en me regardant d'un air peu amène. Il me semblait qu'il attendait quelque chose.

_ Vous voulez que je vous paye maintenant ?
_ Pas que j'vous fais pas confiance, mais vous dormez pas ici, vous, alors que la p'tite dame là, oui ! Alors c'est pas d'refus. dit-il avec un rictus qui me dégoutât tant il me faisait penser à celui de Mataro quand il prenait plaisir à piétiner ces...

Je n'habitais pas très loin, c'était sur les rives du lac Olia, et une petite marche ou un petit vol ne me ferait pas de mal pour dessaouler. Quant à Balsa, même si elle avait fait garde du corps, je préférais ne pas dormir proche d'elle. Mataro pouvait prendre possession de notre corps quand je dormais et je ne pourrais rien pour elle à ce moment là, quoi qu'il veuille lui faire, même s'il ne semblait pas hostile à sa présence, pour une fois.
Je sortis à nouveau des pièces de ma bourse et lui demandai :


_ Dans ce cas, en effet, je ferais mieux de vous payer maintenant ; combien vous dois-je ?
_ Pour la bouteille, treize sous.
_ Soit...

Je posai docilement les sous sur le comptoir ; ni Mataro ni moi n'avions, ce soir là envie de nous bagarrer. Moi parce que la violence insupportait, lui parce qu'il savait que saoul, il ne ferait pas de mal même à une mouche, dommage que j'ai compris cela des années après la mort de...
J'attendis que l'homme soit à nouveau loin, en train de compter son or reçu, pour montrer la bouteille à Balsa pour savoir si elle en voulait. Elle n'eut pas le temps de me donner sa réponse, car tout autour de moi prenait un teint pareille à une aquarelle laissée sous la pluie, et à un vieux tourne-disque miteux et crachant plein-poumons, que je versai le whisky dans son verre puis dans le mien.


*Tu crois qu'on peut lui parler de nous ?*
demandai-je à Mat.
*C'est certain. Elle a sans doute vécu pareil, comme c'est une chimère. Elle doit être comme nous. Il doit y avoir un Mataro en elle aussi.*

Regardant mon verre, je tournai finalement les yeux vers elle et décidai qu'il fallait le dire :

_ J'ai un secret. Un terrible secret. Il y en a un autre. Comme moi. Il s'appelle Mataro. C'est lui qui a permis qu'on parte des Labos.

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MessageSujet: Re: Un signe   Sam 10 Avr 2010, 16:57

- Eh bien, il se trouve que je serai là pendant un bon moment, je crois. Alors J'aimerais bien que vous me serviez un de vos meilleurs whisky. Pour la demoiselle et moi-même. Et celui-là, c'est moi qui le paye. Merci.

Cette fois c'était clair, la nuit serait alcoolisée... Et Iburo n'y allait pas par quatre chemins. Passage à la vitesse supérieure : le whisky. Balsa se demanda si son pauvre foie allait pouvoir en supporter autant. Alors que le tavernier fouillait ses placards à la recherche de la nouvelle bouteille, La chimère parla plus amplement d'elle.
L'« art de la chasse »... Balsa aimait cette expression, qui reflétait bien la beauté de cette pratique. Suivre une piste, poser des pièges... redevenir animal parmi les animaux et survivre en prenant la vie de créatures plus faibles. Mais il était une règle que peu de chasseurs respectaient et qui était ancrée dans l'esprit de la jeune femme. Remercier l'animal auquel on ôtait la vie, et inscrire sa mort dans le grand cycle de la nature.
Iburo parla ensuite de sa musique. Elle jouait de trois instruments, ce qui impressionna Balsa. Cette dernière n'avait aucune connaissance des arts humains, et sa curiosité n'en était que plus vive. Elle contempla l'harmonica et la flûte, alors que sa compagne du soir parlait de danse et... de jeux d'argent. Elle en semblait fière, mais Balsa ne releva pas, car elle n'aimait pas ce genre de pratique. Trop aléatoire, trop dangereuse à son goût. Et trop humaine aussi peut-être...

- Je n'ai jamais appris à jouer de la musique... Je n'en ai jamais eu l'occasion il faut dire. Vos... euh... tes instruments sont beaux. Me permettrais-tu d'en entendre le son ?

La tavernier apporta finalement un whisky à la couleur ambrée, et exigea d'être payé de suite.
Il me fait confiance mais pas à elle... peut-être son physique inspire-t-il plus de crainte... si ce mec n'a pas vu ma queue, cela pourrait expliquer cette différence...
Alors qu'elle était perdue dans ses pensées, Balsa ne vit pas Iburo la resservir. Elle adressa un signe de tête à la chimère et dit un simple :
- Merci.

Elle gouta ce nouvel alcool, par politesse autant que par curiosité... Le goût était bien plus prononcé que celui du vin. Le liquide brula presque l'œsophage de Balsa en glissant jusqu'à son estomac. Le sang de la chimère bouillonnait dans ses veines, une tempête envahissait son cerveau. Les idées de moins en moins claires, elle se demandait comment Iburo pouvait être si bavarde, alors qu'elle ne disait presque rien. Certainement parce qu'elle pensait trop, et à trop de choses à la fois n'ayant que guerre de rapport en elles.

J'aurais pas du tant boire... mais puis-je seulement faire marche arrière maintenant ?... mal à la tête... ah... faut aussi que je pense à chercher Aymas à partir de demain... et Alisia... fatiguée... va falloir trouver un bateau aussi... aaaaah mal au ventre rien que d'y penser... mais au fait, pour aller où ?... je suis pas sûre de vouloir aller à Aïklando... Ghurol... voir où il vivait... soif... non !... qu'est-ce que je fais là ?...

Elle finit par reporter son verre à sa bouche, et pris une gorgée de plus. Non, elle n'aimait pas le goût de cet alcool fort. La sensation qu'il procurait, bien plus forte que celle du vin, s'emparait de Balsa rapidement. Heureusement qu'elle ne buvait pas tous les jours de la sorte, car elle sentait qu'elle aurait pu rapidement devenir accroc au liquide spiritueux.
La salle se déformait. Les muscles de la chimères perdaient de leur puissance. Balsa aimait perdre son esprit dans des pensées étranges, mais détestait les répercutions que cela avait sur son corps et sur ses gestes.

- J'ai un secret. Un terrible secret. Il y en a un autre. Comme moi. Il s'appelle Mataro. C'est lui qui a permis qu'on parte des Labos.
Hein ?... un terrible secret ?... un autre quoi ?... une chimère ?... pourquoi c'est un secret ?...
- Je ne comprend pas... Qui est-ce ce Matora ?
Matora ?... Matori ?... bhuuu... sais plus...
- Moi aussi, je n'aurais pu m'échapper seule, mais c'est un homme, un scientifique, qui m'a fait sortir...
Oula... je parle trop... non ?...

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MessageSujet: Re: Un signe   Sam 10 Avr 2010, 19:15

Riant à la maladresse dont faisait preuve la jeune chimère en face de moi, je corrigeais le nom de mon double :
_ Mataro. Il s'appelle Mataro.

Comme je n'avais jamais vu d'autre chimère auparavant, comme Mataro, j'ignorais être l'une des rares, peut-être la seule à avoir un double, un second au fond de son être. Mais c'est à ce moment que la première question que m'avait posé Balsa me revint. En fait, je n'avais pas envie, finalement, de reparler de ma sortie des labos... mais il fallait que je parle de Mataro. Mais dans ce lieu, ici, maintenant ? Non ! Impossible. Vidant alors un premier verre, je m'assis sur la place qui nous séparait toutes deux, pris la flûte et jouai un morceau qu'il m'avait appris. c'était un morceau gai qui célébrait les pluies et le retour des belles couleurs, une musique du Printemps. Je voyais bien qu'elle se laissait doucement glisser dans cet abîme profond, mais il ne fallait pas qu'elle perde conscience ici.
Je me saisis de son bras :


_ On voit que tu ne supportes pas l'alcool. Ne t'en fais pas, je suis quasiment dans le même état que toi ; seulement, j'arrive à le gérer.

Puis je me penchai vers le tavernier, une nouvelle fois.

_ Je suppose que je peux emporter la bouteille si je l'ai payée. Où se trouve sa chambre ? Je vais l'y guider. Je ne pense pas qu'elle pourra supporter cela plus longtemps. Et si je ne m'en occupe pas, qui le fera ?
C'était une excellente méthode pour s'eclipser, et lui montrer Mataro. Puis, me tournant vers elle, lui dis :
_ On continuera de parler dans votre... ta chambre. Ca sera moins flag si tu vomis là bas qu'ici. Vous, où se trouve sa chambre ?
_ C'est la 16, dernière au fond à droite.

L'homme me tendit les clés de ladite chambre, et je pris les affaires de Balsa, mon sac et la soulevai doucement par un bras. Mataro semblait vouloir aider, mais il ne pouvait faire grand chose pour moi. Alors dans une main, la bouteille, dans l'autre les affaires et le bras de Balsa, je me dirigeai vers sa chambre. Mais elle fit moult gestes pour me reprendre des mains ses chères affaires, alors je les lui laissai... Comme j'avais bien des difficultés à l'ouvrir, je laissai par terre mon sac et la bouteille de whisky, ouvris la porte et fis rentrer Balsa (avec ses affaires). Lorsqu'elle parvint à s'asseoir sur son lit d'infortune, je pris mes affaires et rentrai.

_ Voilà ! Enfin seules. Écoute, je dois te montrer Mataro. Car tu es la première personne en qui il ait confiance. Alors surtout ne prends pas peur.
*Tu es prêt ?*

*Et comment !*


C'est alors que je me plaçai face à Balsa. Je laissai mon double prendre ma place ; mes ailes s'élargirent, ma queue devint plus longue, ainsi que mes oreilles et mon museau, la couleur de ma fourrure se fit plus sombre, mes cheveux changèrent de forme, et moi, je fus rejetée dans cette micro-salle dans une partie de mon cerveau, où les yeux de Mataro étaient devenus ma fenêtre.

_ Enchanté
, dit-il. J'espère que ça ne te fait pas peur... Je suis Mataro.

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MessageSujet: Re: Un signe   Dim 11 Avr 2010, 00:40

Mataro...

Iburo se rapprocha de Balsa, au grand plaisir de cette dernière. Une frontière symbolique venait encore de céder entre elles deux. Puis, la chimère se mit à jouer un air de flûte après avoir vider un second verre.

Elle boit beaucoup... c'est joli cette musique... ça me rappelle des souvenirs... étrange... comment un son peut faire remonter en mémoire des scènes silencieuses ?...

Du coin de l'œil, Balsa vit Iburo lui prendre le bras. Elle se dégagea en un réflexe qui put paraître un peu violent. Elle se ressaisit vite, s'excusant d'un signe apaisant de la main. Iburo pensait qu'elle allait mal, et voulait l'entraîner dans sa chambre. La jeune femme ne voyait pas en quoi cela pouvait être utile, mais elle ne tenta pas de la convaincre de rester.

- Je suppose que je peux emporter la bouteille si je l'ai payée. Où se trouve sa chambre ? Je vais l'y guider. Je ne pense pas qu'elle pourra supporter cela plus longtemps. Et si je ne m'en occupe pas, qui le fera ?
Je peux m'occuper seule de moi !... pour qui elle me prend ?...
- On continuera de parler dans votre... ta chambre. Ça sera moins flag si tu vomis là bas qu'ici. Vous, où se trouve sa chambre ?
Qu... quoi ?...
- C'est la 16, dernière au fond à droite.

Balsa prit elle-même ses affaires, et ne se laissa pas aider pour marcher. Elle trouvait les attentions de Iburo déplacées. La colère montait en elle, le regret de s'être rapprochée de la chimère aussi. Elle n'avait plus envie de parler, plus envie de rester dans cette taverne... Les effets de l'alcool sur sa perception de la réalité étaient dévastateurs.
Iburo la laissa finalement tranquille une fois qu'elle fut assise sur son lit. Là, Balsa reprit ses esprits. Premièrement, elle se promit de ne plus toucher une goutte d'alcool ce soir. Deuxièmement, elle plaça sa lance à portée de main, comme pour se rassurer. Et finalement, elle se concentra sur les propos de la chimère. Elle n'entendit que sa dernière phrase :

- ... Alors surtout ne prends pas peur.
Peur ?... de quoi ?... de qui ?... de toi ?... ça ne risque pas...

Iburo avait l'air sérieux. Elle se tenait face à elle, la fixant droit dans les yeux. S'opéra alors une mutation, un changement de l'être devant Balsa. Ses traits se durcirent, devenant plus masculin. Les teintes s'assombrirent, les lignes se déformèrent... Le regard vert de la chimère vira au rouge.

- Enchanté. J'espère que ça ne te fait pas peur... Je suis Mataro.

La voix avait changé... Balsa ne sut que répondre, mais elle avait l'intime conviction qu'elle n'avait pas à se présenter de nouveau. La chimère avait besoin de prendre l'air. Elle se leva, un peu trop rapidement peut-être. Le sang afflua dans son cerveau, et l'alcool avec lui. Balsa tangua un instant, puis se dirigea vers la fenêtre qu'elle ouvrit en grand. Elle posa ses mains sur le rebord, et regarda la vue qui s'offrait à elle. Rien de bien palpitant : des maisons dont les toits découpaient l'horizon en lignes sombres. Et au-dessus, les nuages glissaient portés par un vent du sud, laissant entre-apparaître par instants une lune jaunâtre.

- Mataro, hein ?... J'avoue ne pas très bien saisir la situation, mon esprit n'étant pas vraiment... clair. Quel est ta situation par rapport à Iburo ? Je veux dire... Tu es sa deuxième identité, ou vous êtes autant l'un que l'autre possesseurs de ce corps ?

Le visage rafraîchit par l'air de la nuit, Balsa retourna s'asseoir sur le lit. Un lit bien rudimentaire somme toute. Mais c'était toujours le grand luxe par rapport à dormir à la belle étoile. Quoique... à bien y réfléchir, la chimère préférait dormir dehors. D'autant que les beaux jours revenaient, et qu'il ne pleuvait pas. Elle n'avait encore rien payé au tavernier... Elle glissa sa main sous sa jupe et en tira une petite bourse. Elle l'ouvrit et en compta les pièces, puis la referma et la rattacha à sa ceinture.

- Tu joues de la musique toi aussi ? J'aimais bien l'air de Iburo tout à l'heure, je le trouvais reposant...

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MessageSujet: Re: Un signe   Mer 14 Avr 2010, 17:57

[HRP]Absolument désolée, je n'ai pas vraiment pris le temps de faire une réponse correcte... mais j'espère que ça pourra me faire pardonner ^^^J'ai pris pas mal de liberté, je vais t'en rendre un peu quand même... suis sans doute allée un peu trop loin avec mon précédent post...[/HRP]


La chimère sembla peu sure d’elle, et en se levant, elle parut perdre un instant l’équilibre ; Mataro accourut pour l’aider, mais elle s’était déjà aidé toute seule, et se dirigeait déjà vers la fenêtre, qu’elle ouvrit en grand.

_ Mataro, hein ?... J'avoue ne pas très bien saisir la situation, mon esprit n'étant pas vraiment... clair. Quel est ta situation par rapport à Iburo ? Je veux dire... Tu es sa deuxième identité, ou vous êtes autant l'un que l'autre possesseur de ce corps ?

Je sentais que ce genre de choses pouvaient facilement le mettre en colère, et il ne faillit pas au comportement que je lui connaissais. Mais sur le coup, il ne répondit pas. Il attendait sans doute que Balsa le regarde pour lui dire, non sans une once de méchanceté comme il le faisait d’habitude, qui il était en réalité. Quelques secondes passèrent donc sans la moindre parole. Puis la chimère retourna s’asseoir sur son lit. Elle compta ses pièces. Elle reposa sa bourse. Mataro paraissait regarder tout cela sans aucune pensée. Puis elle parla à nouveau. Mataro sembla choisir ce moment pour dire tout ce qu’il pensait.

_ Eh bien pour tout te dire, je ne connais que la violence. Iburo, elle, c’est une gamine, elle n’aime que les bons côtés de la vie. Moi je suis là pour qu’on survive. Je n’ai pas de temps à perdre en choses inutiles comme l’apprentissage de la musique. C’est grâce à moi si nous savons tous les deux combattre. Pourquoi lui accordes-tu tant d’importance ? Nous avons vécu les mêmes malheurs, nous devrions nous venger, et toi tu veux écouter de la musique !
*Eh ! Tu vas un peu loin, je trouve.*

*T’étais d’accord pour que je lui parle.*
*eh bien, je ne le suis plus.*

Mataro ne m’écoutait pas et continua de son air méchant et arrogant à Balsa :

_ Et enfin, je ne suis pas une seconde identité bête et sans importance. Ce corps est à nous deux. Il m’appartient aussi bien qu’à elle ; J’en suis le possesseur au même titre… (il se ressaisit) Pourquoi, tu… tu n’as pas de second, toi ?
*C’est vrai, elle ne semble pas avoir un autre « Balsa » enfoui en elle… c’est étrange. Moi qui croyais que tout le monde en avait un… enfin, tous les autres comme nous…*

Mataro semblait choqué. Il s’assit lentement, à son tour, sur une vieille chaise en osier qui se trouvait là. Face à Balsa.

_ Si nous ne sommes pas pareils c’est qu’il y a eu un problème. Chez toi ou chez nous. Et si ce problème vient de nous, alors nous devons trouver le moyen d’être séparés l’un de l’autre.

Etrangement, sa voix trembla lorsqu’il prononça ces dernières paroles. Mais ce n’était pas terminé. Il baissa le regard un instant, mais le leva bien vite en direction de Balsa. Il ne pipa mot, mais lui et moi étions d’accord. Balsa était bel et bien notre signe.

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MessageSujet: Re: Un signe   Jeu 15 Avr 2010, 21:24

Mataro attendit que Balsa soit retournée à côté de lui, et apparemment concentrée pour lui répondre. Ce n'était pas nécessaire, elle pouvait très bien entendre sans l'avoir en face des yeux. Mais c'était probablement parce qu'il ne prenait pas à la légère la question de la jeune femme, et qu'il voulait s'assurer qu'elle mesure bien la portée de sa réponse.
Leurs personnalités étaient bien différentes à ce qu'il disait. Et il se présentait plutôt comme le côté sombre : violence, haine, vengeance, combat... Iburo devenait alors la part lumineuse de la chimère, grâce à sa gentillesse, son amour de la vie et des arts. Le conflit entre les deux entités à l'intérieur de ce corps devait être permanent.

Ils doivent se sentir tous deux prisonnier de l'autre...
- ... Pourquoi, tu… tu n’as pas de second, toi ?
- Non, bien sur que non !
Pourquoi « bien sur » que non ?... les mots m'échappent...

Mataro était plus que surpris d'une telle réponse. Il se laissa tombé sur la chaise qu'il tira de sous la table. Balsa se demanda s'ils pensaient que cela était naturel pour une chimère d'avoir deux identités. Elle trouvait l'idée bien étrange, mais si Iburo et Mataro n'avaient jamais croisés d'évadés, comment pouvaient-ils s'imaginer si différents des autres.
En réfléchissant un peu plus, Balsa s'imagina celui ou celle qui pourrait vivre en elle. Elle vit tout de suite un animal... la panthère lui donnait ses instincts et ses sens, guidait ses pas dans les heures sombres et emplissait son cœur d'un désir de solitude. Mais ce n'était là que l'allégorie de la petite voix qui vit en chaque être intelligent, et que la chimère se représentait de cette façon.

- Si nous ne sommes pas pareils c’est qu’il y a eu un problème. Chez toi ou chez nous. Et si ce problème vient de nous, alors nous devons trouver le moyen d’être séparés l’un de l’autre.
Comme je comprend... vivre à deux dans un seul corps, même avec des avis convergents, doit être horrible... mais j'y pense...
- Théoriquement, c'est possible.

Balsa en était bien incapable, et elle ignorait si l'expérience avait seulement déjà été tentée. Mais elle avait toucher du doigt les grands principes de l'alchimie lorsqu'elle vivait avec Akin. Celui-ci avait beau éviter le sujet, il ne pouvait empêcher la jeune chimère de lire ses livres, d'autant qu'il lui avait appris lui-même la lecture. Les grimoires disaient qu'avec la bonne énergie et les bons matériaux, il était possible de lier les âmes et les corps à volonté. Alors, pourquoi pas en détacher une ?

- Mais l'expérience serait très risquée, vous pourriez y perdre la vie... je pense... je ne suis pas la mieux placée pour vous parler de ça désolée.
Et puis, qui garderait ce corps ?... qui tenterait de le quitter quitte à voir son âme rappelée au-dessus des cieux ?... et qui saurait pratiquer une telle chirurgie ?...

Comme Iburo avait clairement exprimée plus tôt sa répulsion à l'idée de parler de son passé et des laboratoire, Balsa se retint de poser les questions qui lui tournait dans la tête : qui avait assemblé ces deux esprits ? Comment ? Étaient-ils issus de deux corps ? Ou étaient-ils nés ainsi ?
Le sang de la chimère, chargé d'alcool, était peu à peu purifié, au fur et à mesure que le liquide était filtré par ses reins. Sa vue se stabilisait et ses idées étaient presque claires, même si physiquement, elle restait abattue. D'ailleurs, la fatigue commençait à se faire vraiment sentir. Peut-être parce qu'elle était installée sur le lit... Mais avant de mettre Mataro dehors, elle voulait revenir sur un point précis :

- Tout à l'heure, tu parlais de vengeance. Tu disais qu'ayant vécu les mêmes atrocités, nous devrions nous venger... mais qu'est-ce que tu entend par là ? Que nous devrions retourner à l'Ouest et massacrer les scientifique sans autre forme de procès ? La liberté qu'on s'est accordé ne doit-elle pas servir des intérêts plus pacifique pour ne pas plonger dans le cercle de la violence ?

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MessageSujet: Re: Un signe   Ven 16 Avr 2010, 01:07

Tout ce que venait de dire Balsa semblait plaire à Mataro, mais ne me plaisait pas tout autant. Pour moi, c'était signe que je devrais, que nous devions trouver quelqu'un qui puisse séparer nos deux corps ; et ce quelqu'un devrait se révéler être aussi monstrueux que ces hommes qui nous avaient conçus, Mat' et moi. Et ça, ni lui ni moi ne voulions le revivre... elle sembla aller mieux, son teint esprit quelques couleurs, et malgré la fatigue, elle parla :

_ Tout à l'heure, tu parlais de vengeance. Tu disais qu'ayant vécu les mêmes atrocités, nous devrions nous venger... mais qu'est-ce que tu entend par là ? Que nous devrions retourner à l'Ouest et massacrer les scientifique sans autre forme de procès ? La liberté qu'on s'est accordé ne doit-elle pas servir des intérêts plus pacifique pour ne pas plonger dans le cercle de la violence ?
_ Pourquoi ? Pourquoi faire ? demanda Mataro, presque plus effrayé qu'énervé par les paroles de la chimère. Ce sont eux qui nous y ont plongé, dans ce cercle de la violence. On ne peut parler avec eux, et quoi que l'on fasse, on sera toujours considérés comme des monstres. Comme des monstres.
il appuya cette phrase comme s'il voulait faire comprendre à Balsa l'importance qu'il y avait à ne pas être bon avec ceux qui ne pensent pas du bon de nous
"Iburo peut penser ce qu'elle veut, et c'est à cause d'elle (il dit ceci d'un ton méchant, mais je crus comprendre qu'il voulait dire "pour elle") si je n'y suis jamais retourné, mais si nous sommes séparés, moi j'y retournerai un jour et je les massacrerai tous, tu m'entends, tous ! Il n'y a rien de bon en ces hommes. Pas une once de quelque chose de bien. Moi je suis comme eux, et je leur ferai payer au centuple ce qu'ils nous ont fait subir, à elle comme à moi
*Arrête, Mataro. Ca suffit. Je crois qu'elle a compris...*

Lorsqu'il s'emporte de la sorte, il perd vite son envie de discuter pour une envie de cogner, voire de tuer. Pour ma part, je ne voulais pas en entendre plus, car cela rouvrait des blessures qui n'avaient toujours pas cicatrisé, malgré la dizaine d'année qui était passée entre ce funeste moment et aujourd'hui. J'avais peur pour la vie de Balsa, alors réunissant toutes les forces de mon être, afin de faire taire mon double, et afin de le cloîtrer dans cette prison que nous avions pur habitude de partager pour qu'il ne fasse aucun mal à Balsa, je tentai de reprendre le contrôle.
Mataro regardait encore Balsa dans les yeux, mais n'y voyant pas la haine qu'il connaissait de lui-même, il sembla comprendre que la guerre était perdue d'avance. Alors je me retrouvai projetée à sa place, et lui, je le sentis glisser et redevenir tout au fond de moi, recroquevillé sur lui-même comme je l'étais ce jour maudit, la petite voix qui me parlait si souvent.
Sans attendre, je me levai et serrai la main de Balsa d'un geste rapide et presque violent ; je voulais partir, et vite. Étrangement, les effets de l'alcool avaient disparu, laissant à la place la honte et la peur. La peur de... ces idées noires et mornes, qui m'anéantiraient sans doute un jour, au profit de mon double.


_ Je suis désolée. Il est un peu sombre... Je te l'ai montré parce qu'il a confiance en toi. Je... tu sembles être fatiguée. Je vais te laisser.

J'ignorais comment clore cette conversation, et le stress était monté à une telle allure que je mâchais mes mots.

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MessageSujet: Re: Un signe   Lun 19 Avr 2010, 17:36

Mataro commençait à s'énerver et la chimère compris pourquoi il se disait être le côté violent de Iburo. Il haïssait viscéralement les scientifiques de l'ouest, il n'envisageait pas de leur pardonner et considérait que que seule la vengeance pouvait lui faire du bien. Balsa n'était pas d'accord, mais elle se garda bien de lui faire remarquer.
Elle était triste pour lui quelque part. Parce qu'il n'était pas en paix avec lui-même, et surtout parce qu'il n'avait pas la liberté d'agir selon sa volonté. S'imaginant elle aussi prisonnière d'un corps qui ne lui appartenait pas, la jeune femme partageait en quelques sorte les souffrance de Mataro.

A-t-il déjà essayer d'emmener Iburo à l'ouest par la force ?... lequel des deux a le contrôle sur l'autre ?... on dirait bien que c'est elle puisqu'ils sont à Reilor... mais est-ce que cela a toujours été le cas ?...

Il finit par se taire. Quelques secondes après, la métamorphose de la chimère se fit à l'inverse de ce que Balsa avait vu avant. Peu à peu, Iburo refaisait surface, reprenant ses droits et son apparence. Elle sembla confuse, se leva et tendit la main vers Balsa. Celle-ci la prit en une poignée de main ferme et franche.

- Je suis désolée. Il est un peu sombre... Je te l'ai montré parce qu'il a confiance en toi. Je... tu sembles être fatiguée. Je vais te laisser.
- Ne t'excuse pas. Je suis contente qu'il m'ait fait confiance.

Balsa suivit alors Iburo jusqu'à la porte de la chambre. Cette séparation était un peu rapide, mais les deux chimères semblaient avoir besoin de se retrouver seules. Iburo se sentait mal à l'aise, à tort selon Balsa, qui elle avait besoin de se reposer.

- Au fait, tu penses aller où pour tes prochains voyages ? Elle attendit la réponse de la chimère avant d'ajouter : Je pense prendre un bateau et quitter Lan Rei, j'aimerais bien aller à Ghurol...

Sur ce, la jeune femme fit un dernier signe amicale à la chimère qui disparaissait dans le couloir de l'auberge, puis elle referma la porte. Elle se jeta ensuite sur le lit, allongée sur le dos, et repensa à cette rencontre hors du commun qu'elle venait de faire. Ses paupières se fermaient doucement, ses pensées divaguèrent... elle s'endormit en quelques minutes.
Elle fit un rêve étrange cette nuit-là. Un rêve dans lequel elle était prisonnière d'un corps dont la personnalité dominante était un monstre de violence. Contre son grès, Balsa tranchait des corps, faisait jaillir le flot rouge et se nourrissait des cadavres amoncelés.

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MessageSujet: Re: Un signe   Dim 25 Avr 2010, 20:02

[HRP]Désolée du retard de la réponse ^^^... Petits prob's du côté de l'imagination... [/HRP]

Je ne savais plus où me mettre, cette situation m'avait passablement perturbée. Balsa me dit gentiment qu'elle était contente que Mat' lui fasse confiance, et par ces mots, je le sentais un peu moins triste qu'il ne l'était devenu en se recroquevillant tout au fond de notre corps. Alors que j'allais m'en retourner, elle me dit :

_ Au fait, tu penses aller où pour tes prochains voyages ?
_ A vrai dire, je ne sais pas... Maintenant que nous savons que nous ne sommes pas normaux, Mataro et moi, je pense que nous irons trouver quelqu'un qui nous séparera, et après chacun de nous deux fera sa propre vie. Je crois, je... ne sais pas...
_ Je pense prendre un bateau et quitter Lan Rei, j'aimerais bien aller à Ghurol...

Je ne savais pas trop que dire... sans doute irais-je aussi avec elle... Il me fallait réfléchir...

_ Je ne sais pas. Je ne pense pas partir tout de suite. Mais j'espère vraiment que nous nous recroiserons. Un jour, peut-être. Je te souhaite bonne nuit. A bientôt.

Après ses salutations, sans me retourner, je partis. je sortis de la petite auberge, fis un bref salut en guise d'au revoir à l'aubergiste qui me regarda sans doute comme si une menace venait de quitter son domaine précieux. Et je marchai dans les ruelles bientôt désertes de la ville. Je rentrerai sans doute chez moi. Chez nous... en fait, il nous fallait réfléchir à tout cela, tout ce que nous avions vécu, cette histoire étrange... le fait que nous ne soyons peut-être pas si normaux que cela, finalement... C'est ainsi que nous rentrions chez nous...

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