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"Homme libre, toujours tu chériras la mer !"
"La mer enseigne aux marins des rêves que les ports assassinent."
"La sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit."
"Il est des moments où les rêves les plus fous semblent réalisables à condition d'oser les tenter."
"Le voyage est une suite de disparitions irréparables."
"Nous sommes de l'étoffe dont sont faits les rêves, et notre petite vie est entourée de sommeil."
"Dieu nous rêve. S'il s'éveille, nous disparaissons à jamais."
"Nous trouverons un chemin... ou nous en créerons un."
"Le rêve de l'homme est semblable aux illusions de la mer."
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 Une bien longue attente...

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MessageSujet: Une bien longue attente...   Lun 18 Juin 2007, 12:55

« Nerja ! »

Le nom résonna dans l’immense pièce où il avait été prononcé. La démone attendit presque patiemment, elle en était au deuxième appel seulement, après tout. Mais bon sang, que trafiquait-elle ? Elle tapota de ses doigts énervés sur l’accoudoir de marbre noir de son siège, fronçant les sourcils de son doux visage.

« NERJAAAAAAAAAAAAAAAA ! »

Cette fois, elle n’y tenait plus. Sa voix gronda comme un violent coup de tonnerre et fit frissonner les murs, tandis que ses ongles grinçaient en se crispant sur le marbre. L’intéressée surgit enfin de derrière les grandes portes d’ébène, les cheveux en batailles et les pommettes rosies.

« Oui ma reine ? »

Elle tentait de se recoiffer dignement tout en traversant l’espace qui la séparait de la démone, et de reprendre son souffle. Oanig sourit mielleusement, loin d’être surprise de la raison du retard de la succube à présent qu’elle la dévisageait, et l’attendit sans bouger. La salle d’entretient était creusée sous la terre de Ghurol, ainsi que les autres pièces du palais, mais elle était de loin la plus importante. Vingt-et-une verges de hauteur se mesuraient entre le sol et le plafond de terre au centre, et le double pour le diamètre, si bien que l’endroit s’apparentait à une demi sphère. Le trône régnait non pas au centre mais aux deux tiers de l’espace, sur un piédestal haut de trois marches recouvert d’ambre gravée. De chaque côté du fauteuil de marbre obscur se prolongeait le socle sculpté de plusieurs nouvelles marches, conduisant à une porte de retraite ainsi qu’aux balcons situés le long des parois à une dizaine de verges du sol.

Nerja franchit le carrelage doré rapidement, sans porter pour la première fois la moindre attention aux symboles qui le recouvrait, et s’immobilisa devant sa supérieure en baissant la tête. Elle était frêle et jeune, et surtout facilement distraite. Arrivée depuis peu sous la protection d’Oanig, cette dernière se faisait un plaisir de la martyriser le temps qu’elle s’accoutume au lieu. Ainsi par la suite, elle savourerait avec beaucoup plus de justesse les conversations qu’elles partageraient, et saurait apprécier à sa juste valeur sa vie parmi les Succubes de Ghurol. Mais pour l’heure, Oanig devrait toucher deux mots aux incubes à propos de leur précipitation envers la jeunette, et se délecter des moues gênées de sa compagne.


« _Je m’ennuie. Apportes-moi une tisane parfumée et un joli musicien.

Elle avait reprit un masque d’impassibilité et une voix calme, la contenance d’une souveraine qui donnait à son impératif une illusion de s’il te plait.

_Bien ma reine.
_Et ne traîne pas en route. »


La petite n’osa répondre, reprenant prestement le chemin inverse à celui qu’elle venait de faire et s’éclipsa comme elle était apparue. Oanig soupira.

*Dire que j’ai été cette même créature craintive…*

Elle se redressa soudain sur les fourrures de son siège, passa une main dans sa crinière auburn, et retomba lentement sur une peau d’elfe doré soyeuse.

* Haha, quel délire m’a pris ? J’étais l’insoumise, la rebelle du palais. C’est bien grâce à ça que je suis devenue la favorite…*

Prise de nostalgie, Oanig se souvint. Non pas de comment, mais d’ensuite. Car une Succube se réveille par un beau matin attirante et dévergondée, mais surtout amnésique, et suit la voix encore inconnue de sa reine la guidant jusqu’aux entrailles de Ghurol. Accueillies par les démons de la séduction, les nouvelles sont ensuite baptisées et choyées par leurs consoeurs et confrères devenant une nouvelle famille.

Oanig était arrivée ici jeune et belle, fraîche comme un gardon, le regard déjà fier et comme une raideur du dos gênant ses révérences aux supérieurs. Au début, elle avait subit de douloureuses corrections, puis par la suite, ne cédant pas, devint un objet de curiosité et d’affection de la reine de l’époque. Elle devenait plus belle chaque jour, son regard plus fier, et sa fraîcheur plus glaciale. Pourtant, elle paraissait toujours aussi jeune. « Agneau », voilà toute l’ironie du nom que la souveraine lui avait donné [XD je réalise à peine le jeu de mot avec « elle a vu le loup » et « laisser entrer le loup dans la bergerie XD]. Puis, lors d’une grande réussite à un défi qu’elle lui avait lancé, elle avait acquis son deuxième nom d’Ain’Hoa, « vierge Marie ». Encore une agréable ironie, car cette nuit là Oanig était parvenue à faire blasphémer un vieux prêtre puritain.

Sa complicité avec la reine avait tout de même pour limite leurs orgueils respectifs. L’une ne pouvait estimer l’autre qu’à un rang inférieur bien entendu, cependant l’autre se voyait déjà sur le trône de la première. Ses ambitions avaient fait germer des plans souvent irréalisables dans sa tête, jusqu’à ce qu’un jour une possibilité s’ouvre à elle…

Le retour de Nerja, suivie d’un homme brun portant une harpe sous le bras, chassa ses souvenirs de ses pensées. Elle prit la tasse fumante du plateau d’argent que tenait la jeune succube et la congédia tandis qu’elle demandait si elle pouvait faire autre chose. Le parfum s’échappant de la tisane l’apaisa, les ingrédients étaient bien choisis : tilleul, camomille et orange douce, pour la détendre. Un sourire appréciateur de la ruse dont avait fait preuve Nerja accompagna sa sortie. Puis le regard de la reine se tourna vers l’homme et l’étudia à son aise pendant qu’il détaillait la pièce.

*Ce que je préfère, c’est le moment où ils tournent la tête vers le plafond, plissent les yeux, n’étant pas convaincus… Puis se rendent compte qu’il s’agit effectivement d’ossements humains arrangés en lustres. Ah, le voilà qui se tasse déjà sur lui-même et me regarde en implorant pitié… Joue, et j’aviserai… Joue.*

Elle n’avait pas dit un mot, le fixant de ses prunelles vertes aux reflets d’or. Sa ronde poitrine se soulevait au rythme de sa respiration, gonflant la soie transparente de sa toge. Il hésitait… Il avait de bonnes raisons pour ça, il était vrai. Cet homme était un barde à n’en pas douter, plus curieux encore que le standard humain et les yeux ronds comme des billes pour graver dans sa mémoire de compteur chacun des détails, mais saurait-il plaire à l’ouïe de la reine ? Saurait-il amadouer son cœur ? Mourrait-il cruellement donné aux démons ou mourrait-il agréablement par les désirs extravagants d’un agneau ?

Il s’installa finalement sans mot dire sur un fauteuil de la salle, à mi-chemin entre l’entrée et la fatalité. Appuyant sa petite harpe sur son genou, il la cala contre une épaule et commença à pincer quelques cordes, libérant des notes endormies. Se penchant vers sa tisane, Oanig but une gorgée brûlante pour se faire patienter, le temps qu’il se mette à l’aise et entame un air plus vivant. Décidément, elle ne faisait que ça, attendre, aujourd’hui. Et en premier l’invité qu’elle aurait du recevoir.

*Goujat… Se serait-il perdu parmi le désert ? Me faire languir ainsi…*

Le chant de la harpe ne s’améliorait pas, prenant une mélodie lugubre malgré la hauteur des sons. La succube se demanda lequel était le plus désaccordé du joueur ou de l’instrument. Et sous prétexte qu’elle était une démone, elle devait aimer les notes funestes ? Elle soupira, libérant le tissu de son vêtement de sa tension, qui coula sur la peau dorée de son épaule. Jusqu’à quand cette mascarade allait-elle durer ? C’était bien là un des pires supplices de sa fonction…

Assise sur son trône, la joue résolument appuyée au creux de sa main, la reine s’ennuyait.

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MessageSujet: Re: Une bien longue attente...   Mar 19 Juin 2007, 14:19

Le soleil se couchait, et pourtant le sable, cette poudre d'ocre et d'ambre, restait brûlant, véritable défi pour les derniers voyageurs audacieux, comme des braises sous les pieds d'un fakir. Au fur et à mesure du coucher de ce roi céleste, paré de son costume d'or et de lumières, des taches ténébreuses apparurent derrière chaque dune, invisibles au regard du souverain confiant, comme autant de mutineries en préparation. Ombre avançait, indifférente à la chaleur et au paysage séduisant. Les bavures obscures qui poussaient au creux de chaque monticule de sable ressemblaient aux traces de pas qu'elle aurait pu laisser. Mais l'entité ne voyait rien de toute cette poésie terrible, de ce décor fatal. Elle voulait simplement étendre son domaine, son emprise, et elle avançait avec détermination vers ce gros astre agonisant comme elle aurait marché sur le cadavre de son ennemi vaincu. La créature aperçut quelques silhouettes fatiguées dans les illusions du désert. Elle ne leur souhaitait pas de passer une nuit dans ce lieu. Mais à vrai dire, cela lui importait peu.

Elle poursuivait sa route sans s'attarder un seul instant, et bientôt sa marche arrogante l'amena au seuil du palais des succubes. S'il y avait des gardes pour empêcher toute entrée non autorisée, aucun ne la vit, aucun ne la stoppa. D'ailleurs, il en était toujours ainsi, elle était insaisissable, de l'encre pure glissant entre les doigts de ceux qui tentent de l'attraper. Elle se coula le long des corridors taillés dans le roc, se guidant sans difficulté dans ses méandres, écoutant son instinct omniscient. Si quelqu'un avait été en mesure de la voir, il aurait pu la prendre pour la maîtresse des lieux, une reine avec toute sa fierté, son aplomb. D'ailleurs, c'était elle, la Reine des Succubes qu'elle venait voir. Voilà des années qu'elle la couvait du regard, cette femme-serpent, cette tentatrice ultime, cette diablesse, comme une mère observerait, attendrie, les progrès de son enfant. Car après tout, si cette séductrice ensorcelante était désormais sur le trône, n'était-ce pas un peu grâce à Ombre? Ne lui avait-elle pas quelques fois prodigué des conseils avisés, murmuré au coeur de son âme des avertissements essentielles? Si Oanig était désormais la plus puissante des succubes, n'était-ce pas un peu parce qu'Ombre lui avait offert les services de la nuit? Le maître du jeu gardait un certain orgueil, sachant qu'elle était pour quelque chose dans la suprématie de cet agneau diabolique. Comme elle avait toujours joué un rôle dans la nomination des Reines précédentes. Ses pieds filaient de manière sinueuse en avant, et sa stature faisait chanceler la lumière déjà tamisée.

Avec régal, elle pénétra enfin dans la salle d'entretien où siégeait celle qu'elle venait voir. Elle évita avec prestance le musicien, le contournant sans empressement, puis s'avança encore vers la démone. Ombre la dévorait des yeux, cherchant à voir, par son simple physique, ce qui avait évolué en elle. Elle était amusée du rictus d'ennuie et de frustration qui se peignait sur son beau visage alors que le barde s'évertuait à faire gémir sa triste harpe. Il lui semblait qu'Oanig en avait toujours voulu plus, dépendante de l'action, ne supportant pas le calme trop longuement. Cette femme avait toujours été convaincue d'en mériter plus. Et c'était bien cette arrogance indomptable qui avait attiré l'attention sur elle. Ombre monta les marches somptueuses, avec la désinvolture qui était sienne, insoumise à la hiérarchie terrestre, s'approchant de la Reine comme elle l'aurait fait du commun des mortels. Elle passa ses doigts immatériels dans la crinière d'acajou, geste maternel et apaisant, puis appuya ses hanches contre l'accoudoir sombre et froid, ne sentant pas l'effleurement des fourrures. Gardant sa main ainsi sur la tête soucieuse et irritée d'Oanig, elle se retourna légèrement pour observer la salle, et l'autre être présent, le musicien. Son anxiété était visible, et ses doigts hésitaient parfois. La Reine des Abysses attendait... autre chose, Ombre pouvait le sentir. Elle se pencha sur elle, embrassant sa tempe mortifiée, alors que son souffle frais proférait ses douceurs. Créature irréelle et sournoise, elle murmura ses paroles tranquillisantes, comme une brise effleurant l'esprit de la belle succube, avant de partir poursuivre la ronde de son empire. Elle laissait dans son sillage l'odeur des étoiles, la couleur d'un ciel nocturne, l'épaisseur du silence noir.

La nuit ne faisait que commencer.



[Tu sais déjà à quel point je suis contente que tu sois parmi nous =D C'est un régal =') Dès que tu auras répondu, je transférerai ton rp à Ghurol pour que tu puisses continuer à jouer x) Merci encore, et bon jeu ma douce!]
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MessageSujet: Re: Une bien longue attente...   Mer 11 Juil 2007, 01:29

[merci ma douce ^.^ Ce n'est pas aussi compliqué que prévu finalement, ouf]




Petit à petit, la contrariété de la reine s’apaisa. Elle ne sentit pas de souffla tranquillisant, ni de baiser soulageant, ni même l’ombre d’une main impérieuse sur elle. Comme une illumination, sa tension disparut, alors qu’elle prenait une décision concernant le barde. Il fallait l’apporter aux démons, qu’ils le jugent et qu’elle se débarrasse de lui. Un homme d’une telle maladresse n’avait rien à faire dans ses somptueux cachots. C’était cet appel à la mort qui la libérait de ses dilemmes. A présent elle pouvait se lever de ses fourrures, descendre lentement les escaliers d’ambre de sa démarche de souveraine des charmes, froissant le tissu de sa robe indiscrète. Puis laisser au prisonnier le temps de déglutir, une goutte de sueur se former sur son front tandis qu’il se demandait de quelle façon allait se finir sa journée. Passer une main sur son cou, prendre son menton avec délicatesse et le relever pour planter ses yeux dans les siens.



D’une autre main, elle caressait ses cheveux, ne se pressant pas, ne le ménageant pas dans sa torture psychologique.



« _Tu vas mourir. »



Elle sentit glisser sur son bras nu un soupir, de soulagement et surtout d’angoisse. Clémente, elle lui sourit doucement, comme une mère à son enfant quand elle doit lui apprendre les lois indiscutables qui régissent la Vie.



« _Les hommes meurent, tu ne peux pas lutter contre ça. »



Elle le cajolait toujours de ses doigts tendres, s’égarant dans ses mèches brunes, revenant sur la peau de sa figure, peut-être pour mieux le voir souffrir de son châtiment ensuite.



« _Tu ne sais pas ce qu’est la mort. Mais avant de faire l’amour, le connaissais-tu ? C’était un inconnu, et tu l’as accepté, pour le besoin de ton corps. Tu peux accepter la mort. Elle est, qui sait, tout aussi douce et libératrice. »



Il avait les yeux à demi-fermé, le visage pâle. Simplement, plus de sueurs froides ni de tremblements. Oanig avait ce pouvoir sur quiconque se trouvait si proche, elle manipulait les gens à sa guise. Capable de se montrer froide, calme, apaisante ou chaleureuse, elle jouait des émotions de ses soumis pour son service ou son divertissement. Pour l’exercice aussi, car certains lui résistaient encore parfois, et qu’elle ne supportait pas cette faiblesse. Oxxaleï lui avait tant appris, mère de son cœur et rivale de ses ambitions. Elle repensait peu souvent à elle, elle savait être meilleure reine, cependant ce modèle de charisme lui manquait dans ces moments. Parfois… Très rarement, elle s’interrogeait. Ne risquait-elle pas de perdre son trône à cause d’une succube ambitieuse, elle aussi ? Et puis elle reprenait ses esprits immédiatement après cet égarement. Non, elle était la meilleure, toutes le savaient.



« _ Tu seras donné au plus offrant et enchaîné à sa sentence. »



Il frémit à peine. Quoi, avait-elle été si convaincante ? Elle aurait voulu plus de peur, plus de débattements ! Enfin, soit, aujourd’hui était un mauvais jour, à quoi bon résister… Elle lâcha brutalement la mâchoire de l’homme et empoigna de la même main la soie de son vêtement, prête à quitter l’immense pièce. Sauf que…



« _ Gwenael, enfin… ! »



Elle se mordit la langue. Son invité venait de franchir le pas de la porte, essoufflé, mais elle aurait du se taire pour qu’il parle le premier. Leurs rangs l’exigeaient ainsi. Il ne prit cependant pas note de l’empressement de la reine, trop occupé à reprendre son souffle pour s’excuser. Un chapeau haut-de-forme sous le bras, habillé d’un sombre costume à queue de pie et d’une cravate rouge sang, le vampire s’avança jusqu’à Oanig pour lui faire une somptueuse révérence. Il prit ensuite en se redressant la parole, de sa voix grave et flegmatique :



« _ Pardonnez-moi, Reine, la guerre fait rage une fois de plus sur l’île et je n’avais pas prévu d’y être retardé. Encore les Hommes et les Anubites, comme vous le savez. J’espère avoir toujours droit à un entretient privé.



La succube gardait ses yeux fixés sur les opales claires scintillantes de l’homme si proche d’elle. Elle ne répondit pas immédiatement, pour rattraper la maladresse de son entrée, et quand elle le fit, se fut d’une légère pique pour mieux reprendre le dessus.



_ Je me demandais si vous aviez perdu vos capacités à résister à ce soleil brûlant, cher Gwenael…



Elle releva fièrement le menton, avant de se permettre un discret sourire.



_ Vous avez droit à cet entretient, naturellement. Je ne voudrais pas avoir perdu complètement ma journée, et je suis sûre qu’il en est de même pour vous. Désirez-vous un rafraîchissement ? »

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Dernière édition par le Mer 11 Juil 2007, 01:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une bien longue attente...   Mer 11 Juil 2007, 19:32

Oanig était assise confortablement sur un divan matelassé de taffetas rouge, tandis que Gwenael lui faisait face sur un fauteuil assorti de son salon privé. Il buvait, ou plutôt sirotait avec toute l’aristocratie exercée de ses gestes, une tasse de thé. Ils n’avaient pas encore entamé la discussion qui l’avait amené à prendre ce rendez-vous, et la reine attendait qu’il prenne la parole. Jusque là seules des banalités de convenance avaient été échangées, pas de quoi défriser un mouton.

L’air froid et cruel du vampire dérangeait tout de même la succube. Elle imaginait très bien qu’il ne lui parlerait pas d’un sujet plaisant, pour être venu de si loin en plein jour, et avec une certaine précipitation. Qui ne transparaissait pas dans sa ponctualité, bien sûr. Mais même si elle évitait de se confronter à Gwenael, se méfiant de lui comme de l’amour, elle le connaissait et savait qu’il ne se serait pas présenté si ce qu’il voulait lui faire partager n’avait pas été … Dangereux. Leur pacte, peut-être, était-il péril ?

Il reposa calmement sa tasse évidée sous les yeux observateurs de la reine, puis vint croiser ses mains autour de son genou surélevé de l’autre jambe (fu !) et entrouvrit la bouche, prêt à parler. Ses pupilles glaciales se plaquaient impitoyablement sur Oanig, tel un juge impérial. Elle le craignait réellement, gardant l’impassibilité de son visage avec ses plus extrêmes ressources de patience. Il prit son temps, tout ce temps… Ses mains blafardes semblaient la narguer, immobiles comme deux fragments de marbre blanc. Ce silence, il ne le maintenait que par vanité, elle en était certaine, espérant qu’elle trahirait les émotions qui donnaient tant d’éclairs à ses yeux. Mais elle tint bon, et il finit par lui céder.


« _ Je suis ici pour parler en premier lieu de notre alliance personnelle.

Oanig put enfin respirer, il ne s’agissait que d’un de leurs petits arrangements. Elle se redressa un peu sur ses coussins, lui promettant ainsi toute ses silencieuses attentions. Quant à lui, il se contenta de relever un sourcil pour appuyer ses propos, et reprit :

_ Ces derniers temps, je n’ai pas été pleinement satisfait de notre accord. Si les termes du contrat stipulaient que je voulais avoir affaire à une succube chaque nuit, ce n’était pas que pour le divertissement. Vous vous doutiez bien que je n’avais pas besoin de rêver pour en avoir, ma beauté séduit toutes les femmes que je désire…

Elle retint un sourire, amusée par sa modestie.

_ Non, je les réclame pour avoir droit à des soins particuliers.

Il était tout de même étrange de se retrouver là, face à un glaçon, un iceberg, et de l’entendre vous parler de son intimité. Avec tant de distance pourtant. Oanig s’était habituée à ces discussions qui au début la déstabilisaient. Cependant venant de ce vampire, elle était à la fois bouleversée et préparée. Imbu de sa personne, il était évident qu’il pouvait parler de lui sans même prêter garde à ce qu’il dévoilerait. Elle en était presque dégoûtée, néanmoins grâce à lui à présent, elle se sentait supérieure et n’avait plus d’angoisses.

_Hors une de mes habituées ne m’en prête plus guère en ce moment. J’en viens donc au fait. Elle est amoureuse. Je tenais à vous prévenir, car comme n…

La reine leva la main pour le faire taire et il s’accomplit. Elle n’avait pas figure à se laisser contredire, elle était choquée. Voilà une nouvelle à laquelle elle n’était pas préparée. Les yeux baissés sur le sol sans le voir, elle tentait d’acquiescer de tels mots. Ses sourcils se froissèrent au-dessus de la noble arrête de son nez, en une ligne tourmentée, et ce fut toute la tension qu’elle se permit de ne pas réprimer. Elle leva à nouveau son regard vers son invité, accusant le coup, et prit la parole :

_ Vos accusations, vous le savez, ne sont pas moindres. J’espère, bien que je n’en attende pas moins de vous, que vous ne parlez pas sans être sûr de vous.

Elle guetta un signe de sa part pour répondre à son doute à peine masqué, et elle se satisfit de son pincement de lèvres. Une succube ne devait, à aucun prix, tomber amoureuse de l’une de ses proies. Aucun prix. Seule la reine… Non, elle n’osait même pas penser à lui maintenant, Gwenael était trop proche et paraissant capable d’effleurer ses pensées. Inutile de lui faire découvrir sa plus grande force et plus destructrice faiblesse. Elle reprit son souffle, tendue comme un string. Oops xD .

_ Bien, alors de laquelle s’agit-il ? Que je veille à la remettre dans notre fourbe chemin…
_ Otsana, chère Reine.

L’appel qu’elle s’apprêtait à faire se bloqua au fond de sa gorge alors qu’il prononçait ce nom. Otsana ? Sa favorite ? Elle aurait pu sourire, songeant que sa protégée reprenait son parcours, mais il n’en était rien. D’abord, elle ne s’était permise de s’attacher à quelqu’un qu’après avoir accédé à ce rang royal. Et ensuite… Quelle horrible grimace se serait muée sur son visage. La louve s’était effarouchée d’un homme, d’un moins que rien sûrement, alors qu’elle pouvait se montrer si fougueuse ! S’affaiblir ainsi, non, il n’en était pas question…

_ Oanig, vous sentez-vous bien ?

Elle releva la tête, pâle, le nez presque collé à celui du vampire. Il s’était levé pendant que toutes ces pensées se précipitaient et se cognaient. Il recula poliment et lui adressa une moue compatissante. Il n’avait jamais été aussi doux, c’était la première fois qu’elle voyait une émotion réchauffée se balader sur son visage, s’en faisait trop pour la journée. Elle devait se reprendre, et vite. Peut-être le mettre dehors. Au moins faire le nécessaire pour la jeune succube.

_Oui, pardonnez-moi. C’est … C’est la première fois que je suis confrontée à ce problème, je ne l’avais jamais envisagé je vous avoue.

Il recula encore et se rassit lentement dans son fauteuil, l’observant à nouveau froidement.

*Qu’il est pénible… Je suppose que je dois agir sous ses yeux, ce que je ne désire point… Il devra patienter, c’est tout, c’est moi la reine*

Elle avait là un raisonnement puéril, cependant l’idée de convoquer sa protégée ici devant lui et de l’humilier lui semblait irréalisable.


_ Bien, je me chargerai d’elle dès que notre entretient sera terminé. Aviez-vous d’autres points, sujets dont vous vouliez me parler ? L’alliance concernant les Trolls ou le pacte pour les Hauts-Elfes ?

Elle se sentait mettre les pieds dans le plat, jointement, avec un petit bond joyeux. Tant pis, elle l’avait déjà fait plus d’une fois. Elle avait repris toute sa contenance à présent et lui adressait un sourire poli, étant calée à nouveau confortablement sur le divan. Gwenael semblait désirer autre chose, et hésita. Ensuite, il renchérit :

_Si vous tenez à agir de la sorte. Je ne voudrais pas vous faire attendre plus longtemps pour cette petite, alors je vais prendre congé. Les autres liens que nous pouvons avoir, entre Succubes et Vampires, nous satisfont pleinement. Je vous remercie de m’avoir accueillit, ma reine.

Il s’inclina devant elle et sortit de son pas orgueilleux du salon. Debout, Oanig l’écoutait s’éloigner. Pourquoi s’inquiéter ? Personne ne savait son secret, personne ne pouvait le mettre à jour. Elle devait voir Otsana sans plus tarder, gifler sa fierté, étrangler ses sentiments, et faire d’elle-même pour cela un agneau pur et blanc de sentiments. Non, elle, respectable, n’était pas amoureuse. Bien sûr que non…

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MessageSujet: Re: Une bien longue attente...   Dim 14 Oct 2007, 19:06

Il ne cesse de se coiffer, délogeant les derniers grains de sable, comme un humain délogerait des gouttes de sang de son crâne percé.

Lorsque l’on est un démon, il arrive parfois que l’on sache faire preuves de discrétions, ainsi que beaucoup d’arts de combat, dans le but, toujours non dévoiler, de nous permettre d’avoir une vie longue et combative. Mais lorsque l’on est un démon, plus habitué à ripailler et à profiter des bienfaits de l’enfer, plutôt qu’à aller combattre les Autres, il n’est plus étonnant de se faire jeter. Le parchemin semblait vouloir apporter maintes difficultés à Ethan, car il l’avait conduit de grottes en grottes vers un autre passage souterrain, mais étant donné qu’il ne pouvait pas rentrer chez lui… Il devait s’agir d’un autre domaine souterrain car rien ne gênait sa progression… Rien, excepté cette étrange odeur de luxure et de bestialité… Une odeur qu’aucun humain n’aurait pu sentir, mais Bélial si.

Avançant prudemment comme l’impose ses anciens réflexes de démon, il continue sans rencontrer de créatures, seulement des petits vers de terre, et autres animaux inutiles… Puis il entend une discussion. Il se heurte contre un mur, se prenant la roche dure contre le dos, et maudissant son corps d’humain, qui ressent un peu trop la douleur… Un manque de pouvoir, qui ne reviendra qu’après quelques captures d’âmes… Puis penchant sa tête sur le coté, il aperçoit alors la raison de toute cette bestialité et de cette luxure… Des succubes… Il n’est finalement pas si bien tombé, après tout, sauf si elle le prenne pour un humain et ne décide de lui faire l’amour, dans des conditions de plaisir extrême, puis de lui donner une mort rapide…

Il n’est pas assez bête pour se précipiter vers elles, comme une proie… Quoi que même sous leurs formes démones, elles ont quelques choses d’assez… charmant. Après tout qui change d’apparence, peut se permettre de changer de compagnon plusieurs fois. Mais pourquoi les tuer après… C’est vrai, on s’améliore pourtant.

Sous ses yeux, elles reprennent une forme humaine, se vantant entre elles, de leurs jolis attributs féminins, et Bélial salivant comme un démon primaire, ne perd pas une seconde pour les regarder, oubliant jusqu’à ce fichu rocher qui lui lacère le dos, et oubliant jusqu’à sa propre tentative de se cacher d’elle…

« Que fais-tu là ! »

Il se retourne, mais n’à pas le temps de répondre, qu’un coup de bâton bien placé vient le jeter au sol inconscient.

Il se réveille quelques instants plus tard, se tenant le cou, et dans un sourire, sorte de cri voulant signifier : « je suis heureux d’être un démon », sinon sa nuque aurait été brisée lors de l’impact, il achève de se lever. Jusqu’à ce qu’un autre coup de bâton, le ramène à genoux.

« Prosterne-toi devant notre Reine ! »

« Euh, une joli, Reine, ma foi, mais vous savez, je ne suis que de passage. Je suis agent immobilier en quelque sorte… Je vends des jolies grottes partout dans Aiklando et pour un prix très abordable… Vous voulez ma carte ? »

« Silence ! »

Il se tait, sachant que des sujets dociles, n’attendent toujours que la réponse de leur Reine, assise sur ce trône brillant… Et ma foi, plutôt pas mal la Reine, si j’avais la totale et complète certitude qu’il n’était pas question de me manger, après qu’elle et moi ayons mis le couvert, qui sait…

Je me serais bien laissé tenter.
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MessageSujet: Re: Une bien longue attente...   Dim 28 Oct 2007, 14:00

De son trône, la reine suivit d'un regard noir un corps qu'on trainait dans l'immense pièce. Quoi encore? La journée n'avait pas été assez longue?! Elle n'avait pas eu assez à faire avec ce snob de vampire et sa préférée apparemment... Elle serra les dents, foudroyant du regard la masse inerte étalée de tout son long aux pieds de son siège. Le coup que lui avait asséné Conan ne l'avait pas tué, il gigotait déjà sur la pierre froide de la salle. Et pour une tête blonde, il respirait le souffre... Un souffifre de démon s'invitant dans sa demeure, tiens donc. Un culotté. Eh bien il n'avait plus qu'à regretter de s'être perdu, car il allait retourner en enfer avec un pied tatoué sur ses fesses en flamme en moins de temps que le plus vile des pêcheurs.

De ses prunelles fâchées, Oanig le vit se relever puis retomber à genoux, avec un sourire effronté qu'elle n'apprécia pas. Il osait toujours parler? La succube inclina la tête vers son épaule droite, faisant cliqueter une boucle en os à son oreille. Phalanges elfiques reliées par une chaîne de bronze, elles sonnaient comme un petit carillon lorsque les flammes de la démone consummaient son ardeur... Entendrait-il sa mélodie avant de disparaître en un petit tas de cendres? Elle battit des paupières, chassant son irritation et jaugeant plus impartialement l'homme qui lui faisait face, contre terre.

Son imitation humaine était parfaite, visuellement. Il était habillé d'un ensemble de goût et semblait particulièrement fier de lui. Un effronté, la colère de la Reine n'avait en rien troublé son jugement. Mais qu'allait-elle faire de lui? Elle releva le menton, ses iris dorées posées durement sur lui pour le rabaisser plus bas que la terre qu'il touchait. Le silence était plus tendu que la toge de la succube sur sa sulfureuse poitrine. Elle se leva très lentement de son siège, orgueilleusement, de cette façon de démontrer à tous pourquoi Elle était la reine. Puis elle descendit le piédestal de son trône toujours aussi lentement, froidement, et se tint immobile un instant devant l'intrus. Se penchant, dévoilant à la glissade de la soie, elle attrapa sèchement son menton et plongea ses yeux dans les siens. Une voix suave s'éleva alors derrière la barrière de sa bouche et résonna dans l'immense salle d'entretient, intimant un ordre dissimulé qui ne souffrirait d'aucune réplique:


« Quel est ton nom, esclave de Dagon? »

Elle le lâcha subitement et passa à coté, le frôlant de son parfum envoûtant et de ses robes chatoyantes. Le bruit de ses pas accompagnait sa ronde dans la pièce. Etait-il envoyé en espion? Les démons ont des liens faits de pactes et de sentiments ancestraux, des liens fiables. Néanmoins la fourberie de leur espèce n'était pas une moindre rumeur. Ils étaient capables de se détruire les uns les autres pour une simple pincée de pouvoir. Après le discours de Gwenaël, elle aurait écorché lentement la peau de tous ceux qui lui sembleraient capables de la découvrir de son pire secret. Peut-être était-il même un envoyé de ce buveur de sang...

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MessageSujet: Re: Une bien longue attente...   Lun 07 Jan 2008, 21:21

Son odeur avait tout de celle du sirop d’érable que l’on met sur des pancakes. Une odeur sucrée sur un corps brûlant. Ainsi, elle le toisait avec son regard de succube, et si le méchant démon qui le commandait n’avait pas été asexué, les succubes auraient sûrement un lien avec l’autre monde… Plutôt dans les hautes sphères, alors que les gentils démons comme lui, essayeraient de progresser, passant de petites filouteries à filouteries, oubliant les sautes d’humeurs de femelles mettant bas à toutes volées, ne donnant naissance qu’à des filles, soucieuses dés l’age de 5 ans, de dévorer leurs jeunes amants. Et si leurs tentacules peuvent faire naître des sourires, c’est juste pour mieux vous étrangler…

« Euh, sans vous offenser, je ne suis pas un esclave, ni même le serviteur de Dagon, tout le monde sachant que Dagon est un démon à peine de 3éme classe, ayant été rétrogradé suite à un coup d’état manqué contre notre grand seigneur, mais c’est étonnant que vous ne le sachiez pas, vu que Dagon a eu l’esprit tourmenté par une de vos consoeurs… »

Sentant presque le fouet claquer, parce qu’il a trop parlé, alors qu’il aurait du simplement dire son nom, il décide de fermer sa bouche démoniaque et de ne l’ouvrir que contrait et forcé lors de l’acte sexuel avec la succube de reine, qui n’allait pas tarder à lui vendre son âme…

« Je m’appelle Ethan Bailey. Mais ce n’est que mon nom humain, mon nom démoniaque est Bélial. Et je suis sur que vous serez ravis d’apprendre que Bélial est associé a une splendide pratique chez les humains. »

Elle n’avait pas cessé de tourner autour de lui, comme une prédatrice. Elle n’allait pas se jeter sur lui, voire abuser de lui… Il était trop jeune pour mourir, il n’avait que quelques centaines d’années…

« Désirez vous savoir autre chose sur moi… ? »

« Ou sinon je pense pouvoir vous faire une proposition intéressante, très intéressante même… »

« Ca ne vous coûtera quasiment rien, c’est presque donné… Et vous recevrez tellement en échange… »
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MessageSujet: Re: Une bien longue attente...   Dim 13 Jan 2008, 22:39

Tel un mouchoir blanc glissant délicatement sur le sol, le silence retomba. Les pas d'Oanig se figèrent sur le carrelage et un sourire satisfait naquit sur ses lèvres. Bélial était-il la pie des enfers, aussi bruyant et voleur? Elle se retournant, froissant ses robes contrariée dans leur valse rougeoyante, et revint faire face au petit monstre bavard. Elle le fixa un instant, silencieusement, se délectant de son attente dans son sourire malicieux, et lui asséna soudain une gifle si violente qu'il en chavira. La fente de sa bouche s'élargit alors, découvrant ses canines. Sa furie était parfaitement contrôlée, aucune flamme ne vint lui lécher les mains tandis qu'elles se retenaient de frapper une seconde fois le visage pâle.. Seul son coeur trahissait l'excès provoqué par l'injure du seigneur des Eaux. Il devait être jeune, pour vivre encore avec un outrage si bien pendu...

« Tu n'es même pas assez important pour connaître Dagon. Tu dois t'être perdu, pauvre enfant... »

Elle avait murmuré ses derniers mots pour elle-même, cachant son mépris pour la créature agenouillée devant-elle. Ensuite sa voix devint mielleuse et le danger y transparut comme une épice.

« Ta langue s'emballe bien vite à juger l'inconnu, Bélial...Ton éducation a été négligée. »

Malgré les apparences, la reine hésitait. Cette journée avait malmené ses certitudes, peut-être ce démon représentait-il une menace. Cachée, certes... De ses yeux assombris, elle tentait de lire en lui, gênée par sa nonchalance. Il n'était pas le genre de victime qu'elle préérait. Puis, elle prit une décision: elle ne lui accorderait pas de faveur. Dès lors, ses traits se durcirent et son aura devint inquiétante. L'air sembla se figer autour d'eux, ses disciples présents s'immobilisèrent, avides de ne rien louper de ce qui suivrait. C'était une occasion pour Oanig de prouver sa supériorité, une fois de plus, elle ne devait pas faire le moindre faux pas face au démon car il en allait de la soumission de ses sujets. Décidémment, il ne lui plaisait pas, sa fatigue lui affligeait une appréhension pénible.

D'une main, telle un couteau sous la gorge, elle parcourut la peau blanche de l'homme et atteint ses mèches blondes auquelles elle s'ancra, tirant son visage en arrière, s'approchant jusqu'à mêler son souffle tiède au sien. D'un ton moqueur, d'un regard froid, elle l'interrogea enfin:


« Quelle proposition alléchante penses-tu pouvoir faire, tendre lutin, à la Reine des Succubes? »

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MessageSujet: Re: Une bien longue attente...   Jeu 07 Fév 2008, 18:59

« Aoie »

Un cri très humain pour une douleur si humaine. A force de vouloir ressembler pleinement aux humains pour abuser de leurs femmes, ils s’accaparaient aussi leurs douleurs. Mais la gifle d’une succube avait plus de force qu’une simple femme repoussant ses avances… Et elle avait été avec une certaine violence… devait-il se jeter sur elle, se dévétissant ainsi de son costume humanoïde, pour l’asservir d’une façon brutale, qui la ferait hurler de façon démoniaque…

« Uh, je ne m’attendais pas à cette gifle… Ca ne me fait pas plaisir du tout, ce n’est pas parce que je n’ai qu’une centaine d’années, et au moins un millier de moins que vous, que je dois subir ce genre de châtiment… Nous avons, a peine commencé à nous parler… »

Il se masse la joue, hésitant sérieusement à reprendre sa forme démoniaque, tellement plus séduisante, avec les deux cornes au bout de son crâne, des poils de barbe tressés, et surtout une taille atteignant quasiment les deux mètres de haut, et un estomac gargantuesque, mais tellement de puissance à chacune des parties de son corps… Les femmes aiment la sensibilité et les corps fin, alors que j’ai le diable au corps… Pour les démons, j’ai un corps d’athlète… Et pour toi, Succube, j’ai l’un des plus gros trésors du monde… C’est dans cet état rageur, mais concentré qu’il prend soin de lui répondre.

« L’inconnu… Disons que j’ai atterri sur cette île, à cause de quelques travaux forcés… Juste une petite broutille… Une histoire de chefs… Mais vous avez du connaître ça, non. Quoi que vous avez du naître reine, dés le départ. Fille de Dagon ? Ou maîtresse de Dagon… Trop gros pour être mangé, peut-être ? »

Il sourit, s’amusant à ses dépends… Une seconde gifle ?

« Quoi qu’il en soit, je n’ai pas demandé à être là… Je n’ai plus qu’à m’adapter… Et mon éducation a été très bien faite. Un parent démon, une femme humaine faisait partie des 3000 femmes ou plus, dont il a été l’amant. Si si, je vous assure, j’ai connu une éducation exemplaire. Basé dés mon plus jeune age sur le sexe et la soumission. Je vous promets que des Succubes… yen a peu qui m’ont résisté... »

Elle le prend ensuite par les cheveux, attendant de sa part une proposition…

« Et bien, et bien… Je peux vous proposer d’exaucer l’un de vos souhaits les plus cher… Vous avez peut-être envie de sortir de cette grotte humide… Cela ne vous coûtera quasiment rien, pour une femme qui a l’éternité devant elle… Un plus grand pouvoir, une plus grande beauté. Il est temps de se dire que maintenant, ce sont peut-être des dieux profitables qui m’ont conduit jusqu’à vous, et non pas des démons qui ne songent qu’à vous rendre dépendants d’eux… Tentant, non… Oui, ne me remerciez pas… Je suis là pour vous aiguiller dans la bonne voie… Et si vous désirez du temps pour y réfléchir, laissez moi avec quelques unes de vos soldats… mettez moi une pancarte : ne me mangez pas, sur le torse et tout devrait aller bien… »

Il regarde alors les succubes armés de lance, d’un regard de prédateur et avec un sourire carnassier…
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MessageSujet: Re: Une bien longue attente...   Ven 08 Fév 2008, 17:58



Les parois étaient noires et luisantes, des tâches lumineuses jetées irrégulièrement par des torches. Reïa avait laissé l'incube passer devant elle. Elle détestait avoir quelqu'un dans son dos. Histoire de méfiance. Elle aimait pouvoir observer l'ensemble de la situation. Avoir le contrôle, ne pas être prise par surprise. Elle ne desserrait les lèvres que pour lui indiquer quand tourner, et cette attitude ne témoignait d'aucun colère, plutôt d'un agacement las. Pas la peine de gaspiller sa salive avec un être si buté et si orgueilleux, alors qu'elle pouvait servir à des choses tellement plus utiles.
Pour faire passer le temps, elle s'occupait à regarder le fessier du déserteur. L'inspection ne lui prit guère de temps, il n'y avait rien de notoire. Bof, pour un incube, sensé représenter le top du désir masculin, ce qui se fait de mieux dans le genre viril, il n'était vraiment pas extraordinaire. Pas de là à dire qu'il était bon à jeter, non, il ne devait pas trop mal se défendre. Pour un mâle quoi.

Si pour tout autre les souterrains auraient semblé un véritable labyrinthe, plus tortueux et désespérant qu'un centre commercial en pleine période de fêtes, pour les succubes habitués, il n'y avait aucune hésitation à avoir. C'était d'une certaine manière instinctif. Après une longue déambulation, semblant sans fin, durant laquelle ils croisèrent quelques autres diablesses d'abord méfiantes envers cet inconnu, mais vite rassurées en voyant Reïa derrière, après s'être donc profondément enfoncés au sein des roches lugubres de Ghurol, les murs compacts s'éloignèrent, le plafond s'élança loin au dessus de leurs têtes. Tout semblait soudain prendre plus d'importance, de magnificence, comme si un titan était l'invité attendu. Mais ce n'était que pour la grandeur toute relative des puissants que la pierre avait été taillée ainsi. Le coeur de l'empire des Succubes se devait d'être proportionnel à la beauté de la Reine, à son pouvoir, à sa colère, tout comme le nombre d'esclaves encadrant son trône était une manière d'étaler son autorité.

A l'entrée de la grande salle, Reïa ralentit puis s'immobilisa. Durant sa vie ici, elle avait appris qu'il valait mieux choisir les bons moments pour avoir une entrevue avec la Reine. Une intervention malvenue, et c'était la mort clinique. Elle observa la scène, le démon malmené qui accaparait l'attention de la Souveraine. Etait-elle irritée ou bien prenait-elle plaisir à l'accabler? La situation n'était pas vraiment claire, et Reïa préféra attendre dans l'ombre, pour mieux comprendre et trouver un moment propice pour amener son cadeau.


[L'incube en question est parti en vacances pour environ une semaine, alors comme on attend dans un coin, si vous voulez vous pouvez continuer un peu]


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MessageSujet: Re: Une bien longue attente...   Mer 20 Fév 2008, 17:58

[vilain garçon, tu n'as donc jamais mis les pieds à la bibliothèque? Je te ferai chatier par un de mes incubes sous les yeux rieurs de mes soeurs mouahahaha]

Tss, tss, que ses discours étaient agaçant, elle n'avait même pas prêté attention à ses réponses pour l'humilier encore, tant une seule lui importait; la dernière. Le fait qu'il se soit égaré sur Ghurol en disait presque aussi long que sa fontaine de paroles, qu'il puisse ensuite la proposer fille de Dagon... Non mais vraiment, quel énergumène! Le sang de son corps bouillonnait et tourbillonnait dans chacun de ses vaisseaux, outré, prêt à enflammer la peau de la Déesse de la séduction. Il se tenait là, à genoux devant elle, Oanig Ain'Hoa, la charmeuse des glaces, et prétendait à une quelconque importance? Même ce bougre de Gwenaël aurait su quand se taire, car il n'était qu'un Vampire et elle une Reine. Alors ce misérable morceau de soufre dans son costume misérablement humain, espérait-il vraiment lui suvivre? Pourtant, en d'autres circonstances, il aurait eu une chance... Tant pis.

Convaincue à présent qu'il ne valait rien, elle sut comment le réduire au silence, enfin. Elle goûta une seule fois à ses lèvres, du bout des dents, laissant une empreinte perlée de rouge sur sa bouche fatiguante. Puis le rejetant en arrière, elle se redressa de tout son haut et en le regardant branler sur ses appuis, essuya la goutte carmin dévalant son menton d'un revers de pouce, et se lécha la peau avec délice.


« Ma foi, tu n'es pas si amère que tu en as l'air... »

Elle ferma à demi les yeux, savourant un instant de répis à ses oreilles. Puis elle les rouvrit, d'un éclat doré qui les parcourut comme une menace non prononcée. Sa voix résonne alors dans le dôme et l'emplit, elle est un coup de tonerre, une vague écrasant avec elle les noyés contre la roche. Sa silhouette s'élance et impose son ombre sur le démon et les spectateurs, impérialement, elle rayonne d'une aura sauvage et effrayante. Ses cheveux s'agitent d'une danse voluptueuse sur ce nouvel air chaud. Entourée d'ambre précieuse et de lumière tamisée, elle est d'une beauté fascinante. Il n'y a pas de rage sur son visage, il n'y a pas de colère dans sa mouvance. Simplement ce bout de tissu en travers de la nudité qu'on aimerait lui arracher, cette odeur exhalée ennivrante. Ce désir... Sa voix est forte et pourtant c'est un murmure, pénétrant le corps et touchant l'âme. Elle est douce, mais ses mots sont durs; elle est juste:

« Il n'y a pas plus grand pouvoir. Il n'y a pas plus grande beauté. Il y a les succubes, et les autres. Et les succubes aiment à se régaler des autres, pauvre lutin. Puisses-tu avoir bien profité des tes bêtises... »

Elle lui sourit cruellement, s'éloignant déjà de lui et de ses rêves éphémères, éclos et morts en un instant.

« Faites-en ce que vous voulez, mais commencez par lui arracher la langue. »

D'une main lassive, elle attrape ses robes et remonte lentement à son trône, sachant bien qu'elle n'y tiendrait pas longtemps et se dégourdirait à nouveaux les jambes plus bas. Ses formes reprennent leurs proportions lentement, les yeux chassent cette vision de leur tête. Elle redevenait Oanig, laissant Ain'Hoa calmer son ardeur. Qu'elle en avait marre, de cette journée! Encore un imprévu de ce genre et elle ferait traverser la salle d'un ruisseau de sang et de viscères.

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MessageSujet: Re: Une bien longue attente...   Ven 29 Fév 2008, 17:37

Les genoux mis à mal par le sol rugueux de la grotte. Ce furent ensuite ses propres lèvres, qui furent mis à mal par un baiser de la ravissante Succube… On n’aurait pas pu dire quel supplice était le plus dur à supporter, sachant que ce baiser n’avait pas duré très longtemps et qu’il était impossible de se vider de son sang, par les lèvres…

Quoi que. Elle se lève, belle, impassible et plus dangereuse encore. Elle est comme toutes les femmes, dangereuse lorsqu’elles veulent nous séduire. Sauf qu’ici la séduction est à son paroxysme, et flirte avec l’égoïsme, lorsqu’elles ne bataillent que pour leur propre plaisir…

Les sales petites égoïstes, les Succubes si désastreuses pour leur travail de démon… Comment voulez-vous prendre l’âme d’un humain en l’échangeant contre une superbe femme, lorsqu’une Succube s’interpose entre cette même femme et vous, et vous vole tout ou partie de la victime… Mais il y avait du bon parfois de les regarder s’ébattre avec un humain… Certaines sont arrivées à franchir de haut degré de barbarie, et l’humain en prenant son plaisir ne sent presque pas lorsque la Succube lui arrache les bras… A force de s’agripper à ses bras de toutes leurs forces, il arrive que le corps lâche… Ce sont les inconvénients de ce corps d’humain qu’Ethan arbore sans arrêt. Beau, séduisant, mais aussi très fragile.

« Je crois que je n’ai pas profité assez de mes bêtises… Et si je puis parler encore une fois, je crois que c’est vous qui m’avez cruellement sous-estimé… Et j’ai pour moi le pouvoir des âmes que je n’ai pas encore donné à mon maître et croyez moi, je vais m’en servir… »

Ethan du haut de son mètre 70, commence à grandir et à grossir, les traits de son visage se déformants, passants de traits fin à des traits plutôt grossiers. Il dépasse les 2 mètres 30 et continue de grandir, heureusement que les Succubes, à cause de leurs tentacules, ont des cavernes avec d’assez haut plafond.

« Ma Reine, désolé de vous interrompre, mais je crois que je vais abréger notre discussion, comprenez bien que Dagon ne sera pas très content de me voir en retard… Alors… »

Il hurle, faisant trembler les parois de la caverne, puis se saisit d’une stalactite de pierre et l’envoie sur le trône de la Reine. Manqué de peu, la pierre explose sans rien toucher. Quel dommage…

Il s’élance pour sortir de la caverne, masse imposante du haut de ses presque trois mètres, fracassant la tête d’une Succube au passage et en envoyant une autre dans le mur, elles ne se préparaient à ce qu’il se rebiffe et il en a profité…

« Il faudra attendre encore un peu pour avoir ma langue… »

Ces mots là, il les a juste murmuré, de peur que s’il ne réussisse pas à s’enfuir, elles lui arrachent en premier… C’est important sa langue, c’est son outil de travail après tout…
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MessageSujet: Re: Une bien longue attente...   Ven 07 Mar 2008, 19:52

Ils avaient parcouru de longs couloirs. Lenwë les connaissait déjà, il était déjà venu ici il y a plusieurs années, peut être une fois. Ou deux. Mais l'odeur d'humidité dont était marqué l'endroit l'avait marqué. Ils ne croisèrent pas grand monde dans les couloirs du palais. L’incube savait qu'il allait rencontrer la reine mais ne s'en faisait pas toute une histoire contrairement à ce que la jeune femme aurait apparemment souhaiter. Après tout, c'était eux qui l'avaient bannit. Alors pourquoi maintenant qu'il revenait il devrait leur obéir?
Enfin Lenwë marchait. Enfin, le couloir s'agrandit énormément laissant place à une salle immense. Devant lui se dressait un trône tout aussi immense.


*Font pas dans la demie mesure ici...*

La succube était restée dans l'ombre. Lenwë n'était pas venu jusqu'ici pour attendre quinze plombes que la reine le reçoive, mais, la scène qui lui faisait face le fit bien vite retourner dans l'ombre:
Une femme, jolie? Peut-être oui... sans grand intérêt mais jolie, était en train de martyriser un pauvre homme.


*Qu'est ce que c'est que cette folle..?!*

Après quelques péripéties donnant une idée assez générale à Lenwë de la personnalité de la reine, l'homme persécuté tenta de s'enfuir. Lenwë s'impatientait et enfin son tour arrivait. Il ne fit même pas attention de savoir si le démon avait pu partir que déjà il s'avançait, se demandant ce que la succube attendait.

*Peut importe, j'ai plus besoin d'elle de toute façon*

Lenwë Baeleg s'avança, se planta devant le trône, et sans trop de courtoisie s'adressa à la reine (il faut dire que passer quelques années seul fait perdre les bonnes habitudes).

"Madame, vous m'avez envoyé une espèce de guide pour venir ici et je suis là, que puis-je faire pour vous?"

Il avait dit ça d'un ton un peu pressé mais sans trop en faire non plus, car l'idée de perdre sa langue ne lui disant pas trop..

Il se retourna et le regard sadique de l'incube en disait long sur l'erreur qu'il venait apparemment de commettre..
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MessageSujet: Re: Une bien longue attente...   Mer 02 Avr 2008, 19:38

Lorsque la voix du démon chantonna à nouveau dans la salle, la reine s'asseyait sur son fauteuil de marbre. A dire vrai elle ne l'écoutait même pas, connaissant la liste si pâle en nuances de toutes les plaintes que l'on pouvait exprimer. Ses paupières fermées sur ses yeux agités, elle s'imposait le calme, songeant à s'introduire bientôt dans le rêve du plus innocent des puceaux et lui arracher sans la moindre pitié tous ses organes les uns après les autres et s'en rassasier. Parce que lui, il lui aurait sûrement passé les mains dans les cheveux et soupiré à son coeur des mots trop tendres. Ses pulsions de destruction étaient trop fortes à ce moment pour supporter de l'amour, et elle ne tenait pas à lui faire du mal. D'autant que si les vampires venaient à s'en mêler, c'est tout un peuple qui courrait à sa fin.

*Pezia me serait peut-être reconnaissant d'assassiner son cousin. La frayeur sur son visage de moins que rien s'il me voyait apparaître dans un songe tout aussi froid que sa peau, puis la douleur, l'incompréhension, la haine... Tiens, pourquoi n'ai-je jamais tenté de le séduire?*

Il était un défi de taille, mais peut-être jusque là l'avait-il trop tenue méfiante. Elle était encore jeune et lorsqu'elle atterrit sur le trône, inexpérimentée en tant que Reine, elle avait préféré gagner d'abord son respect. Maintenant, elle devrait le dominer totalement, le manipuler. Asservir les vampires, les démons, toute race malveillante prête à se lier avec elle contre ceux qui font semblant d'être bons.

« SCHCLAFF »

Oanig sursauta violemment dans ses fourures, découvrant avec stupéfaction que le blondinet auparavant agenouillé devant elle se trouvait à présent à galoper hors du palais, après avoir essayé de la tuer. Sa garde se lançait déjà à ses trousses, poussant des cris sauvages et brandissant leurs armes dangereuses. D'un bond sec, la succube se leva et s'enflamma d'une colère ivre. Comment avait-il osé ne serait-ce que penser lui porter atteinte? Comment avait-il pu se moquer d'elle de la sorte? Et !:°*$^*$')!!:%&%µ*$£^# de **$&/§¤ que cherchait-il ici?!

« RAPPORTEZ-LE MOI!!! »

Elle ne précisa pas qu'elle le voulait vivant, tant qu'il lui rapportait ce monstre. Ah si seulement elle pouvait partir le chercher elle-même, lui donner la chasse et voir dans ses yeux cette petite étincelle qui brille avant la mort. Mais elle était déjà allé loin dans le sentimentalisme pour laisser libre cours à son énervement sur sa peau dorée. La maîtresse du feu se trouvait parfois esclave du brasier qui grondait en elle.

Il l'avait mise dans un état de rage incontrôlable. Les flammes rouges léchant son corps avec fureur illuminaient la pièce, prêtes à se propager au moindre signe de leur provocatrice. La reine semblait dans une transe meurtrière au-delà de la folie, et tous ses semblables restés sur place la regardaient avec une crainte lisible, recourbés sur leurs frissons. Tous, sauf un. Les iris flamboyantes de la succube tombèrent sur cette silhouette fragile avec dureté. Sa main tremblait, rassemblant une boule de feu tournoyante en sa paume. Qu'il était bon de se laisser enfin aller à son ardeur! Elle allait calcifier l'incube impertinent sur son carrelage d'ambre, réduire son air détaché à un vague souvenir. Et puis, elle se résigna, se remémorant tout à coup.

*Oui, le démon peut bien se perdre à nouveau, je ne vais pas m'énerver contre un puprill.*

Son incendie s'atténua dans l'evanescence des flammes, doucement Oanig reprit sa contenance. Ses robes s'étaient consummées avec sa colère. Debout, nue devant son trône, nullement genée, elle fixait le jeune mâle sans laisser moindre trace de ses sentiments flotter sur son visage. Puis elle inclina la tête sur le côté et dans un murmure chaleureux lui répondit:

« Lenwë Baeleg, sois le bienvenu chez toi. »

Elle descendit les marches les séparant l'un de l'autre le menton haut, lui offrant bien plus que de l'honneur lorsque, de son corps envoûtant et de son rang royal, elle se rapprocha aussi intimement de lui avec sa démarche féline. Ses pieds nus tapotaient le sol dans un rythme lent, ses boucles d'oreilles carillonnaient un air réjouissant sous le mouvement souple. A deux pas de lui, elle reprit:

« Oxxaleï n'est plus, et avec elle a disparu cette idée qu'un incube préférant les hommes doit être banni. »

Elle leva une main pour jouer avec une mèche de cheveux du joli blond qui lui faisait face. Elle déplorait ce gachis de si beaux incubes pour ses soeurs intéressées, mais après-tout il y en avait suffisemment d'autres pour les amuser, et certains hommes réclamaient dans leurs rêves des démons de ce genre aussi. La nature est ainsi faite.

« Je me souviens bien de toi à l'époque... Le royaume a très peu changé depuis ton départ. »

Elle le libéra et sortit de la salle pour retourner à ses appartements, un petit sourire orgueilleux sur ses lèvres à se montrer si belle et sophistiquée dans les couloirs de son palais.

*Je suis Reine.*



[désolée d'avoir mis tant de temps. C'est long, mais je sais pas ce que ça vaut....]

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MessageSujet: Re: Une bien longue attente...   Jeu 10 Avr 2008, 19:36

Il hurle toujours plus, et d’un revers puissant de la main, il envoie une succube se faire empaler sur une stalagmite. Mais alors que la pierre lui a transpercé l’estomac, elle continue à le regarder avec autant d’aplomb que lorsqu’elle le poursuivait. Et elle hurle avec ses cris stridents, c’est alors qu’elle laisse la place à une autre succube qui prend aussi sa place et qui continue la poursuite. Il arrive enfin à la sortie de la grotte, mais non, il ne fuira pas… Il attrape une autre pierre, très lourde, bien plus lourde qu’aucun humain ne pourrait la porter, aussi musclé soit-il, mais il n’est pas humain et la créature qui se rapproche de lui, ne l’est pas plus encore…

Il lance la pierre et ne manque pas sa cible, la succube s’entaille contre la paroi, et rugit. Un rugissement strident… Bélial s’approche d’elle, et d’un revers de la main, et grâce à ses longues griffes, l’égorge… le sang coule rapidement, achevant de la faire hurler trop longtemps. Ses oreilles n’entendent plus de bruits dans le tunnel. Il décide de ne pas rebrousser chemin, il reste encore tellement à faire ici… Dans le meilleur des cas, il s’enfuit avec une âme ou deux au passage, et dans le pire des cas, il obtient des ragots sur quelques démons. Les femmes obtiennent toujours beaucoup de renseignements sur l’oreiller, alors quand ces femmes là, sont des succubes… Capable de mettre à mal les hommes, et capable de les faire parler, toujours…

Il veut reprendre sa forme humaine, mais avant il doit faire une petite chose… Il commence à découper la peau de la succube, afin de se faire une belle tenue, il prend soin de ne pas oublier les tentacules, et quand il a enfin son manteau de fourrure façon succube, il reprend forme humaine. Il aurait été difficile de se vêtir comme cela, avec sa taille de trois mètres de haut. Il est donc plus vulnérable, mais plus caché…

Il n’est pas facile de se mouvoir, surtout lorsqu’on essaie de ne pas marcher sur les tentacules. Et puis il y a cet odeur, très loin d’être excitante, et que le nez humain ressent encore de plus fortes façons.

En redescendant, il croise au passage la seconde succube qui s’était retrouvé empalé à la pierre. Elle est morte, ainsi elle ne révélera pas sa position.

Il rejoint enfin la salle du trône, il n’est pas détecté par les autres succubes trop captivés par le nouvel arrivant. Non, mais c’est vrai qu’est ce qu’il a de plus que moi, je suis beau moi aussi…

Il enlève vite une mèche de cheveux de la succube qui s’était mis sur ses yeux. On a beau scalpé convenablement ce genre de femmes, il reste toujours un obstacle… S’il avait su il les aurait attaché à un catogan. Il craint le moment où elles reprendront toutes une forme humaine.

La succube était nu. Et oh combien attirante… Sans perdre plus de temps, il décide néanmoins de contourner les obstacles démoniaques, pour aller rejoindre la salle des cachots. Il devait bien y en avoir une… Les Succubes ont toujours besoin d’un garde manger après tout, et n’y a-t-il pas une plus grande facilité à prendre l’âme de ceux qui sont presque morts… Ca me rappelle un brillant souvenir, un jour dans le couloir de la mort d’une prison américaine, ah là, je me suis bien amusé d’ailleurs, on peut dire que la chaise électrique a vite été en panne ce jour là, et qu’elle n’a pas marché pendant au moins un mois… mais les américains ont toujours des piqûres à disposition, dommage que les prisonniers n’y aient pas pensé avant hé hé…
Je m’aventure dans les cachots. Je vois des cages en fer, et des hommes et même femmes à l’intérieur. Je commence à converser avec l’un d’entre eux. Il ne parle pas beaucoup, mais tant que sa main ne tremble pas et qu’il a la force de signer, c’est tout ce qui compte…

J’espère que la reine ne viendra pas se nourrir sous peu, sinon j’assisterais au spectacle horrible d’une femme en train de manger…
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Une bien longue attente...

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