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"Homme libre, toujours tu chériras la mer !"
"La mer enseigne aux marins des rêves que les ports assassinent."
"La sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit."
"Il est des moments où les rêves les plus fous semblent réalisables à condition d'oser les tenter."
"Le voyage est une suite de disparitions irréparables."
"Nous sommes de l'étoffe dont sont faits les rêves, et notre petite vie est entourée de sommeil."
"Dieu nous rêve. S'il s'éveille, nous disparaissons à jamais."
"Nous trouverons un chemin... ou nous en créerons un."
"Le rêve de l'homme est semblable aux illusions de la mer."
"Il n’est pas de vent favorable, pour celui qui ne sait pas où il va…"
"Il y a trois sortes d'hommes : les Vivants, les Morts, et ceux qui vont sur la Mer."

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 Il était un petit navireuh, il était un petit navireuh qui n'avait ja-ja-jamais navigué...

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MessageSujet: Il était un petit navireuh, il était un petit navireuh qui n'avait ja-ja-jamais navigué...   Dim 19 Oct 2008, 23:13

Son menton avachi sur un unique genou ramené vers sa poitrine, Norui passa un doigt dans ses cheveux embrouillés, au sommet de sa petite tête aussi blanche qu'un crane, habituellement. Elle grimaça un peu: elle voyait d'ici la teinte cuisante que devait arborer son cuir chevelu, donnant l'impression que sa tignasse blanche avait pris racine sur une tomate. Et puis c'était douloureux, un peu. Sous le bouclier de sa frange, elle jeta une menace à cet usurpateur meurtrier, ce noyau fumeux qui prétendait être le soleil, pour l'unique raison qu'il savait voler. De ses deux mains nerveuses, elle remonta des mèches fugueuses sur le sommet de son front, comme pour s'en faire un chapeau. Elle balança sa bouche de droite à gauche dans une moue boudeuse et résignée, son nez rougit se froissant un peu. Elle laissa finalement retomber ses longs bras de danseuse dans un tintement de clochette et une pluie de cheveux fins . Les mains désormais appuyées sur le ponton, de chaque côté de ses hanches étroites, elle agitait d'avant en arrière son pied pendant, frôlant de l'orteil l'eau tiède du port. Elle essayait d'accrocher à son ongle le drap qui recouvrait l'onde, mais elle n'arrivait qu'à le déchirer, le froisser, le faire onduler. Ca la contrariait et elle aimait cela. Sous ses coups de pied sale, des armadas de petits poissons prenaient la fuite, allant se réfugier dans l'ombre des barques voisines.

Voilà trois jours qu'elle était arrivée à Reilor, assurée de trouver ici un équipage et tout le nécessaire pour prendre la mer, y compris un bon bateau. Mais la jeune fille n'avait jamais bien saisi la notion d'argent. Elle aimait beaucoup les pièces d'or poinçonnées: mises ensemble dans une bourse, elles bredouillaient un mignon tintamarre. Elle s'amusait aussi à jouer aux osselets quand elle en trouvait quelques unes par terre. Mais elle ne comprenait pas pourquoi les hommes désiraient tant en avoir, toujours plus. Espéraient-ils pouvoir en remplir un énorme maracasse? Norui aurait bien voulu voir cela en tout cas, ça devait être un spectacle fascinant. En attendant, que ce soit pour faire de la musique ou non, les piécettes l'agaçaient en ce moment: les hommes n'avaient que ce mot là à la bouche. Elle, elle aurait préféré avoir une bonne brioche à la bouche. Mais même pour cela, on lui réclamait de l'argent -quelle appellation stupide d'ailleurs, appeler "argent" ces ronds en or! Elle ramena son pied mouillé sur la terre ferme -en l'occurrence le bois vermoulu des quais- et se recroquevilla en grognant dans la barbe qu'elle n'avait pas. Son menton se lovait désormais dans la coupe de ses genoux réunis, son dos s'arrondissait comme une carapace. Sa bouche, d'habitude si rayonnante, se courbait dans la même expression que celle des tout petits sur le point de pleurer. Elle se retenait. Son petit accent roucoulant rendait l'enchainement incompréhensible.

"J'aifaimj'aifaimj'aifaim..."

Car aussi invraisemblable que cela puisse paraître, le Soleil possède bien un estomac, et cette créature étrange et insoupçonnée se réveille de temps en temps pour nous faire profiter de son commérage nasillard. D'un index hésitant, timide, l'enfant tâta l'espace entre ses côtes, regardant avec appréhension son doigt s'enfoncer dans l'étoffe terne de son haut. Ses épaules s'affaissèrent devant l'ampleur des dégâts. Elle était persuadée que si son ongle pouvait s'enfoncer autant, c'était à cause du vide derrière sa peau. Elle n'avait rien avalé depuis la tisane et les gâteaux secs pris le jour de son naufrage sur l'île. Elle porta son index à ses lèvres, le suçota les yeux fermés puis fit de même avec le majeur et le reste de ses doigts, comme si elle grappillait quelques miettes encore collées sur sa peau et sous ses ongles roses. Son visage s'éclaircit un moment.

"Mhhh... Du miel... de la menthe... et du ganilm!"

Un sourire gourmand poissait sa bouche pâle. Puis elle rouvrit les yeux et sa mine joyeuse s'estompa. Elle avait du mal à imaginer longtemps les choses, lorsqu'elle avait faim. Mais tout de même, ça allait un peu mieux. Elle s'était décidée à partir en quête d'un véritable festin. Elle savait déjà comment tout se passerait, elle imaginait si bien les choses que ça ne pouvait qu'être ce qui allait arriver! Elle rentrerait dans une belle maison, par une fenêtre ouverte. En fait, ça donnerait sur une cuisine, avec un vrai four à bois noyant la petite pièce dans une moiteur odorante, une belle tarte serait entrain de cuir, n'attendant qu'elle. Ce serait une tarte... à la myrtille, cela faisait longtemps qu'elle n'en avait pas mangé! Des trainées de pâte dorée raillerait la surface mauve et luisante, la transformant en un jeu de morpion. Il ne faudrait pas sortir la pâtisserie du four tout de suite, elle ne serait pas prête. Norui irait alors dans la salle mitoyenne, la salle à manger, et sur la grande table à rallonge, il y aurait pleins de bonnes choses, des miches rebondies à la chair blanche et moelleuse, des pichets de sirop d'egrat bien collant, des pots de confitures, des fruits, des cuisses d'essian rôties à la broche, des crêpes chaudes et surtout il y aurait de la mousse de lavande tellement sucrée que ça serait presque écœurant mais pas tout a fait quand même. Norui s'imaginait déjà avec dieu sait quelle substance sucrée dans les cheveux. Elle en aurait mal au ventre mais elle aurait tout de même encore un peu de place pour la tarte à la myrtille, toute coulante. Il n'y aurait personne dans la maison. Elle pourrait même somnoler sur le tapis aussi épais qu'un lit et aussi chaud et tendre. Il y aurait un chat qui viendrait ronronner entre ses bras, contre son corps recroquevillé et repu. Ce serait comme avoir un chez elle, même s'il n'y aurait pas des gens pour l'aimer.

Sortant de sa rêverie, mordant un grand sourire à pleines dents, comme un amuse-bouche avant son orgie gastronomique, elle s'étira en faisant craquer ses articulations et son dos. Elle agrippa ses doigts au rebord du ponton, les paumes de ses mains posées par dessus ses petits pieds gris, puis elle se redressa, tendant progressivement ses jambes, jusqu'à ce qu'elles soient totalement raides, ses fesses en l'air et sa tête à l'envers au milieu de ses bras tendus. Son corps allongé comme un arc restait immobile. Ses yeux, ces braises, se plantaient comme des clous sur ses petits doigts et dans l'onde qu'elle surplombait, son regard s'escrimant au milieu de la jungle blanche de sa chevelure renversée. Elle essayait d'entendre le glouglou épais de son sang se déversant avec pesanteur dans sa caboche d'oisillon. Elle se délectait par avance du sentiment de vertige et de griserie qui l'envahirait. Quand sa tête sera trop lourde, elle aurait l'impression de tanguer, peut-être même l'impression de tomber dans l'eau peu profonde de cet endroit du port. Attendant avec souplesse l'afflux sanguin, elle rapprocha son menton de sa poitrine, rabattant son regard entre ses jambes dans l'espoir de voir le monde à l'envers. Son sourcil discret fit une pirouette d'étonnement quand elle se retrouva nez à couture avec son vieux jupon lilas. Elle lui souffla dessus pour le courber un instant puis, tout en prenant soin d'amarrer à son épaule le petit étui qui avait passé la matinée posté à ses côtés, fini par se redresser. Un peu trop vite d'ailleurs, un vertige plana dans sa poitrine quelques secondes. Elle tambourina la sacoche rigide du bout des doigts en dodelinant de la tête, puis jeta ses prunelles vers le ciel de midi, cherchant l'ombre errante de Féa le faucon. Elle remonta sa brassière en cuir. L'oiseau devait avoir trouvé à manger.

[J'ai honte d'avoir mis autant de temps pour ça. Comme promis je me rattraperais. Toutes mes condoléances.]
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MessageSujet: Re: Il était un petit navireuh, il était un petit navireuh qui n'avait ja-ja-jamais navigué...   Lun 20 Oct 2008, 20:26

(hj: Et elle dit çà alors qu’elle vient de pondre un truc de trois kilomètres ? Où va le monde ?!!!)




Indéfiniment il se répétait. Indéfiniment il repousser l’eau. Gauche… Droite… Gauche… Droite… Le mouvement était lent, long et inlassable. Il semblait être le résultat de petit chaos, minuscules presque imperceptibles mais bien moteur. Gauche… Droite… Gauche… Droite… Il avançait doucement, imperturbable et silencieux. Les courants frappaient la masse de son corps sans qu’il n’en réagisse. Sa direction était alors modifié, un peu. Il continuait à nager, ne s’arrêtant pas, n’ayant nul besoin de repos. Sa présence était coutumière. Le passage de son ombre n’était qu’un nuage des océans, qu’un nuage gris n’annonçant aucunes perturbations. Parfois, son silence se perçait et une voix rocailleuse s’élevait. Elle n’était pas claire, elle n’était pas cristalline mais elle restait belle…Parfois, ce n’était pas sa bouche qui s’ouvrait mais c’était sa forme qui se retrouvait entouré par d’autres, plus menaçante. Ses compagnons, les requins… Ils restaient prés de lui pendant un temps avant de disparaître quand venait l’heure de se nourrir quand leurs routes se croisaient à nouveau ils revenaient.

Là il était seul. Cela n’avait pas d’importance pour lui, être seul ou avec ses compagnons. Il n’était même pas vraiment conscient, pas vraiment éveillé. Il était assez alerte pour réagir au moindre danger mais vous aurez beau l’interpeller qu’il ne vous entendrez pas. Son état d’esprit était toujours ainsi. Sa semi conscience permanente le faisait vivre au ralenti comme si son cœur ne battait qu’une seule fois sur deux. Ainsi, la vie passait plus vite pour lui ou plus lentement. Enfin…il avait perdu la notion du temps depuis longtemps. Il ne pensait pas, il ne rêvait plus. C’était non pas dans l’eau qu’il se mouvait mais dans une brume opaque, barrière à ses souvenirs. Parfois la muraille se fendait et il s’en retrouvait aspiré. Le retour à la réalité était brutal et déchirait ses yeux délavés. Soit il tombait dans son passé laborieux soit il prenait soudainement conscience de ce qui l’entourait. C’est ce qui lui arrivât…

Arhid eut soudainement l’impression que ses yeux retrouvaient la vue. Les formes et les couleurs agressèrent ses yeux avec trop de netteté. Mais ce n’était rien comparé aux sons qui emplirent ses oreilles. Rien ne lui fut distinct, un bourdonnement taper sur son crâne comme s’il venait de se finir a l’hydromel de coraux rouges. Il cligna des paupières pendant que tout se remettait en place dans son esprit…

Le triton se sentit alors très bête. Il avait réussit (allez savoir comment) a se retrouver en plein milieu d’un port. Un grand port en plus. Il tourna la tête à droite puis à gauche. Ce n’est pas que mais…il ne savait pas du tout où était la sortie. Son souffle bouleversa un instant les eaux face à ses lèvres qui aurait put être dite sèche si elles ne se trouvaient pas dans l’eau.
En sentant son aileron dorsal perçait les flots il s’empressa de reprendre de la profondeur. Enfin…S’empressa…Autant qu’Arhid puisse « s’empresser ».

Il foulait le sable du port dans une petite traîné de poussière. Quelques crabes s’enfuirent a sa vue en emportant leur trophée de chasse (des morceaux de poissons abandonné par les pécheurs)… Il contournait un poteau quand il senti une entrave au niveau de sa nageoire caudale. Il s’arrêtât immédiatement et tourna lentement son visage vers l’arrière. Comme une toile d’araignée terrestre, un filet le narguait en jetant des éclats argentés tout autour de sa nageoire. Les fils semblaient de fer et des minis faucilles menaçaient sa chair.
Le triton avec un regard ennuyé se saisit d’un morceau d’amphore brisée et courba son corps pour tenter de se dépêtrer de l’objet… Mais ce n’était pas une mince affaire. Avec l’eau les hameçons frôlaient dangereusement sa peau. Il s’emmêlait encore plus dans les mailles et en prime il avait l’impression que des milliers d’aiguilles transpercés sa colonne vertébrale …Il grogna quand la seule possibilité qui s’imposait à lui était de sortir de l’eau…

Son bras droit jaillit sans bruit de l’eau et se saisit du bord du ponton. Ses deux mains s’accrochèrent bientôt toutes les deux aux rebords et c’est à la force des bras qu’il se souleva. A mi chemin, il prit garde à ce que son futur perchoir soit vide ou autant que possible. Le feu prenait dans ses épaules mais il se hissa tout de même sans trop de problème. Dans un bruit d’eau dégoulinante il se contorsionna avec douleur vers sa queue pour la libérer. Le triton repoussa ses cheveux trempés tout en bataillant avec le filet. Ses mouvement hachés et semblant sans force (alors qu’il en avait) n’aidaient pas…

Le triton avait bien vue une autre personne non loin de lui mais son regard éteint n’avait pas vraiment trouvé envi à l’observer. Il voulait seulement repartir le plus vite possible car « Arhid » et « surface » ne rimaient pas, quand ils ne s’attaquaient pas…

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MessageSujet: Re: Il était un petit navireuh, il était un petit navireuh qui n'avait ja-ja-jamais navigué...   Lun 03 Nov 2008, 17:39

[Ouai mais non. Ahaha on voit que tu me connais pas *rire démoniaque*. Encore une fois désolée du temps de "production", vacances agitées ^^ j'ai pas pu écrire beaucoup, et d'ailleurs ça se sent dans la qualité. Si tu as une idée pour mettre un peu d'action, hésite pas.]

Norui jetait des regards à droite et à gauche comme elle aurait pu jeter du sable dans le vent. En trois jours de vagabondage, elle avait appris à se repérer approximativement dans le port et ses alentours. Elle se tenait droite sur l'un des pontons périphériques des quais, une ramification peu utilisée ayant mal vieillie. Un bras de mer se fanait devant elle, délimité de l'autre côté par un petit muret blanc. Qui avait été blanc. Elle restait figée là, le nez planté dans les embruns, se demandant de quel côté elle avait le plus de chance de trouver quelque chose d'intéressant, une maison humant bon la tarte à la myrtille par exemple.

Si elle quittait le ponton en partant par la gauche, elle pourrait ensuite longer le mur qu'elle voyait de l'autre côté du petit couloir salé. Elle pourrait trouver plusieurs échoppes relativement déplumées puis arriver sur les docks, vers les entrepôts où l'on vendait à la criée la pêche de la matinée. évidemment elle n'aurait pas les moyens de s'acheter un beau poisson frais. Peut-être pourrait-elle chiper quelques arrêtes mal curées à un chat de gouttière? Ou alors elle pourrait tenter d'attraper une mouette gourmande et grasse. Elle soupira. Ca ne lui plaisait pas, elle n'aimait pas manger des vivants, elle se serait sentie cannibale, et sans avoir assez de conscience pour être végétarienne, elle n'appréciait de manger de la viande que lorsqu'elle la voyait toute dorée dans son assiette, sans avoir le temps de penser que ce steak moelleux avait été la cuisse musclée d'un animal. L'ignorance a parfois du bon.
Et si en sortant des quais, elle s'enfonçait vers la ville? Dès qu'on s'éloignait du port, la cité mutait, comme si elle échappait enfin à l'influence de la mer et pouvait se tendre vers d'autres objectifs que la navigation. On pouvait trouver de tout: des artistes, des commerçants, des mendiants, des diplomates, des prostituées, des philosophes, des paysans, des artisans, des enfants, des dromadaires. Le tout serait de dénicher le bon allié dans ce troupeau hétéroclite, flairer l'ami précieux avec qui faire les quatre-cents coups et dégoter un os à rogner.

Mais le problème restait le même: sans argent, elle ne pourrait pas faire grand chose. Elle savait qu'on pouvait en gagner, mais elle ne savait pas à quel jeu il fallait jouer pour cela. Quelque fois elle dansait ou jouait un peu de musique et ça suffisait à récolter quelques piecettes. Elle trouvait cela aberrant, alors ainsi l'art se paye?
Son regard avisa alors un reflet au fond de l'eau. Les yeux ecarquillés, elle se mit à rire. Elle oublia bien vite ses questions "qui suis-je, où vais-je?" et, s'allongeant rapidement en travers du ponton, elle scruta un peu mieux le fond des eaux. Dans la petite cuvette qui se formait là, peu profonde près du muret blanc, quelques pièces avaient été abandonnées, comme on peut le voir souvent dans les fontaines. Sans hésiter, elle plongea son bras droit vers les profondeur, mais ça ne suffisait pas. Elle s'étirait, se tortillait, son épaule venant elle-même se frotter à la surface de l'eau, mais son cou trempé ni faisait rien. Elle maudit ses bras de ne pas être plus longs et dans un murmure les invita à faire une pousser de croissance. Surtout qu'elle était entrain de les arroser, ça aurait du marcher. Avec un soupir elle envisagea d'utiliser une canne à pêche. Mais pour cela il aurait fallu trouver ce que les pièces aiment manger. Mais un bruit tout mouillé la força à se retourner sans avoir envisagé le moindre appât. Encore affalée sur le bois humide, elle se cassa le dos et se devissa la nuque pour pouvoir constater l'origine de ce bruit de succion. Elle devisagea l'étrange hybride qui s'extraillait de l'eau. Un sourire se dessinait lentement sur son visage poupin. Lui aussi il devait essayer de récupérer les piecettes pour s'offrir quelque chose à manger. Elle se redressa, ses bracelets assomant l'air de sonorités agaçantes, puis s'avançant en sautillant, elle s'accroupit tout près de la créature... C'était... Elle fouillait dans ses souvenirs... une sirène! Des êtres qu'elle n'avait que rarement croisés. Elle finit seulement au bout de plusieurs minutes à remarquer le piège. Ses mains, dignes arachnées, s'éveillèrent, agitées, impatientes mais tenues par la bride.

"Je peux aller chercher un coupe-coupe sur l'un des bateaux si tu veux!"

Fière de son idée, elle balança sa tête de son épaule droite a son épaule gauche, ses yeux fermés. Elle avait toutes les raisons de vouloir aider ce semi-poisson. En plus, il avait les cheveux de la même couleur qu'ellen s'était forcement un signe!
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MessageSujet: Re: Il était un petit navireuh, il était un petit navireuh qui n'avait ja-ja-jamais navigué...   Dim 16 Nov 2008, 21:00

Les longs cheveux à la couleur délavés collé à son corps décharné. Ils épousaient ses formes, s’entourant autour de lui comme les tentacules d’un être des profondeurs cherchant sa mort. L’eau ruisselait sur lui pour finir par s’écraser au sol, causant la marque foncé de son passage. Le bois devenait humide, les échardes agressive devenait plus douce et ne s’enfonçait pas dans la peau tendre de la créature…
L’être courbé son corps, son dos semblait être parcouru de grésillement. Chaque parti de sa colonne vertébral forcé, ses articulations produisaient le même bruit que de vieux engrenages tournant alors qu’ils ne s’emboitaient plus ensemble. Les gens pouvaient-ils entendre ce son ? Où seulement lui car il se propageait uniquement dans son corps, ne parvenant qu’à ses oreilles ? Malheureusement tout ceci ne se faisait pas sans douleur… Son corps ne possédait quasiment qu’un seul mouvement depuis des siècles, à présent contorsionner son corps autrefois tellement souple devenait un véritable effort. Mais la douleur n’atteignait pas vraiment son esprit embrumé…

Son corps s’était courbé en demi lune mais il ne pouvait atteindre que des doits sa queue, son corps se bloqué. Il grogna pour la forme tout en tirant sur le filet un peu plus sage à l’air libre…

Il sentit une personne sur le pont et il entendit comme un vague écho lointain plusieurs petits chocs métalliques. Il délaissa sa queue et tourna lentement son visage vers la provenance du son. Il ne ressentait aucune menace et même si son esprit n’était plus aussi vif qu’autre fois, il ressentait toujours ce genre de chose. Bon, c’est vrai que si çà avait été une véritable menace il aurait beaucoup de mal a retourner dans l’eau…quoique non, un petit roulé-boulé et il serait a la flotte mais réussir à s’échapper avec un piège dans la nageoire ce n’était pas gagné surtout quand le piège semblait être bien accroché a la terre.

Arhid posa son regard sur la personne. C’était un petit bout de femme au regard incroyablement gaie et selon lui très naïf. Des bracelets tintaient à ses poignés, un son cristallin légèrement désagréable pour un être venant du monde du silence comme certains humains se plaisaient à désigner le monde marin. Ses yeux bleus absents continuèrent à la regarder alors qu’un silence de plusieurs minutes s’installé. Le seul bruit de quelques humains sur leur bateau lui parvenait mais toujours avec cette impression de lointain.
Une question brisa soudainement le silence, la voix cristalline lui parvint. La phrase fut directe et un peu gamine avec le mot « coupe-coupe »… Rien ne bougea dans l’attitude d’Arhid ce fut après seulement quelques secondes que ses lèvres craquelé s’ouvrirent…


« S’il te plait…Je veux bien… »

Sa propre voix était brisé. Détruite depuis que sa folie l’avait emporté. Autre fois elle était claire et harmonieuse, envoutante, douce et aussi teintantes que les bracelets du petit bout de femme. Maintenant elle était rauque comme si ses cordes vocales étaient fissurées pourtant elle possédé toujours le même pouvoir d’attraction…sauf que c’était de manières différentes. Ses intonations rocailleuses, tristes et perdu attiré autant qu’une voix sensuelle et claire…

Drôle de bout de femme qui se trouvait devant lui. Elle ressemblait a une enfant…a Eridor…un petit peu…

Arhid gardait ses doits entre les mailles du filé. Un hameçon menaçait dangereusement la membrane grise de sa queue… Arhid remarqua un peu plus loin deux humains qui le regardaient. Un hybride sur un ponton c’était surprenant et peut-être un peu inquiet par la réputation des requins car la moitié de son corps était celui d’un requin. Le regard d’Arhid lui était toujours aussi délavé. Sa folie dormait car sinon il aurait put se jeter sur les humains pour les dépecer, les torturer, les dévorer. Il aurait montré sa fureur, sa colère, sa tristesse… Maintenant il n’en avait plus envi. Il n’avait plus le courage de soulevé son corps trop lourd. Il était lassé par le goût de ferrailles des chaires humaines…

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MessageSujet: Re: Il était un petit navireuh, il était un petit navireuh qui n'avait ja-ja-jamais navigué...   Mer 19 Nov 2008, 22:31

Il ne lui fallut pas un mot de plus. A peine une réponse obtenue, elle se releva prestement et fonça, ses jupons voletant derrière elle, essayant courageusement de la suivre. Elle observa rapidement les bateaux aux alentours et en choisit un au hasard. Il semblait désert, c'était mieux. Une étroite mais robuste planche servait de lien entre les quais et le pont. Habile funambule, les bras en croix pour conserver un meilleur équilibre, elle se lança sans hésiter, ses petits pieds nus effleurant à peine l'écorce, ne se posant qu'un instant avant de prendre à nouveau leur envol. Sur son bateau, elle avait déjà fait cela cent fois, elle avait grimpé jusqu'au mat, elle avait du réparer les voiles, pendue là haut, alors ce n'était pas cela qui allait l'inquiéter. En un bond, elle était sur le navire. Elle resta immobile un instant, redécouvrant avec émerveillement ce sentiment insondable de flotter. Un instant, elle oublia sa précieuse mission et songea seulement comme cela était bon, de se retrouver les deux pieds rivés sur une vraie embarcation. Plus réconfortant, plus pittoresques et plus distrayant qu'une maison. Elle rêvait d'obtenir à nouveau un jour le sentiment d'être chez elle. Avec une petite moue embarrassée -comme lorsqu'une mouche vous ennuie- elle bascula à nouveau dans cette réalité. Elle repéra rapidement l'objet de ses convoitises: elle avait de la chance, il semblait l'attendre. Peut-être, d'une certaine manière, avait-il entendu qu'on avait besoin de lui et il s'était débrouillé pour se mettre bien en évidence. D'une main pressée, elle récupéra l'outil tranchant et virevolta pour faire demi-tour. Elle glissa à nouveau sur la petite planche, semant dans l'agitation de sa course l'un de ses précieux bracelets, un peu trop grand. Elle se stoppa, contempla une seconde le bijou entrain de couler, priant pour le salut de son âme ou l'adaptation de son système respiratoire au monde marin. Après tout, c'était peut-être pour lui le début d'une nouvelle vie, l'exploration des fonds océaniques! Pas une seconde, elle ne pensa à la rouille et l'immobilité, les algues qui le recouvriraient peu à peu... Heureusement, sinon, qui sait ce qu'elle aurait entrepris?
Elle sauta à pieds joints sur les lattes humides du ponton, serrant bien fort la cisaille pour ne pas l'échapper. S'arrêtant in extrémis avant de foncer sur la bedaine volumineuse d'un marin, elle retint sa respiration, affrontant de ses grands yeux ronds le t-shirt sale, espèce de mur sentant le poisson. Puis elle releva les yeux vers le sommet de cette montagne.


"Tu ne devrais pas trainer avec un requin petite. On ne sait pas de quoi cet animal est capable. Et ce n'est pas plus mal qu'il se soit pris là dedans, crois moi."

Diable, de quoi parlait ce gentleman? Elle essayait en vain de comprendre ce qu'il attendait d'elle. Dans l'incompréhension la plus totale, elle lui adressa cependant une rapide courbette, après tout, il avait sans doute voulu bien faire, elle pouvait bien le remercier ainsi. Elle souffla sur sa frange pour l'expulser vers l'arrière, avant de contourner l'obstacle et de danser jusqu'à l'hybride a sauver. Elle s'accroupit et brandit, victorieuse, l'objet de leur désir. Puis, se rappelant dans un brin de lucidité l'urgence de la situation, elle se mit soigneusement au travail tout en discutant comme une brave concierge, son accent et son débit, ainsi que sa syntaxe parfois très personnalisée, rendaient parfois la compréhension hasardeuse.

"Sur mon bateau, il y avait un très grand coupe-coupe, mais Ernande m'empechait toujours de m'en servir. Il avait peur que je me coupe avec et il prétendait que je pouvais faire mal à quelqu'un. Alors il me demandait ce qu'il fallait couper, et il le coupait pour moi. Je suis contente enfin que j'ai l'occasion d'en utiliser un. Ce n'est pas si compliqué que ce que je croyais. Il suffit de serrer les deux ailes, là, comme ça, et le bec se referme et ça coupe-coupe..."

Pas un instant elle ne songea que ses paroles avaient tout pour inquiéter le pauvre piégé. Il aurait sans doute voulu se libérer lui même mais elle était trop concentrée sur sa tâche pour oser y penser. Avec minutie, elle sectionnait les brins acérés, menaçants. Malgré son inexpérience qui pouvait virer au drame, le triton n'aurait sans doute pu trouver personne de plus appliquée qu'elle.

"Hum, il n'a pas tout a fait la même voix que celui sur mon bateau. Il râlait un peu plus, comme un corbeau, et son clap était plus étouffé, moins net. Mais celui-ci est très bien aussi."

Un dernier nerf s'offrait à son attaque. Elle mordillait comme un chat sa petite langue à peine sortie entre ses lèvres. Elle avait l'impression de désamorcer une bombe. Elle glissa prudemment l'une des dents sous la dernière resistance, le long de la chair aqueuse. Puis, après s'être assurée de ne pas risquer de lui pincer la peau, elle referma le bec de son oiseau coupe-coupe. Elle se redressa avec un grand sourire, ses mèches blanches bloquant sa vue comme du lierre.

"Voilà. Je vais aller rendre lui à ses maîtres. Je reviens, tu m'attendre?"

Déjà, elle s'apprêtait à foncer à l'assaut de la fine planche, mais elle s'arrêta, contemplant, interloquée, le marin qui lui avait parlé tout à l'heure. Il n'avait pas bougé, il les observait toujours, comme s'il les surveillait. Un autre homme l'avait rejoint. Norui se pencha à nouveau vers le triton puis prit le ton de la confidence pour lui murmurer son secret à l'oreille.

"Je crois que le gens là-bas t'aime bien. Mais tu dois le timider quand même, il ose pas venir te voir."
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MessageSujet: Re: Il était un petit navireuh, il était un petit navireuh qui n'avait ja-ja-jamais navigué...   Sam 22 Nov 2008, 20:47

Les yeux d’Arhid suivirent sans vraiment les voir les petits pieds blancs. Ils partirent rapidement vers un des bateaux, passèrent habilement sur une planche et disparurent derrière une rambarde. Les pieds… Drôle de sabot, drôle de nageoire terrestre. L’hybride l’ait trouvé maladroits et lourds. Ils se prenaient facilement dans une racine, un trou… Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas marché mais il se souvenait très bien le nombre de fois où il s’était cogné un orteil quelque part, le nombre de fois ou un obstacle traitre lui faisait perdre le petit de dignité qu’il possédait. Pauvre humain et autre bipède…Ca ne devait pas être facile tout les jours… enfin, des pieds étaient mieux que des nageoires sur terre…

Hum…Ca faisait plus de deux cents ans qu’il n’avait pas laissé sa queue se transformer en jambes. Saurait-il encore marcher ? Il se le demandait bien. Enfin il n’avait pas vraiment envi de le savoir. Là, s’il se transformait il n’osait pas imaginer ce que donnerait le piège. De toute manière çà ne l’avancerait pas à grand-chose, ce corps alors aussi souple que celui d’origine, il en était certain. Son regard flou aperçue le petit bout de femme ressortir du bateau manquant de rentrer dans un des marins. Elle les maitrisait bien, ses petits petons… Par contre ses mains. Dans l’agitation elle avait perdu son bracelet, objet brillant qui ne put que capturer quelques instants les yeux d’Arhid, on ne peut repousser sa nature…
Hum…C’était un des humains qui le regardaient de travers. Il se méfiait de lui et il avait raison bien qu’à présent se soit dépassé…

Le petit bout de femme revint en sautillant. Elle brandissait fièrement une cisaille et soudainement Arhid se dit que ce n’était pas une très bonne idée qu’elle lui coupe les cordes. Cependant la petite mit un soin particulier à trancher le piège faisant attention à la membrane mouillé de sa peau. Il put lâcher l’hameçon dans un soupir de soulagement, ramenant son corps endoloris dans une position plus agréable. Un flot de parole recouvrit aussi efficacement qu’une trop grande vague. Houlà là…Doucement, doucement, il ne pouvait pas tout suivre à cette vitesse là ! Cette petite avait été sur un bateau ? Ha…Par contre elle n’avait jamais manipulé de « coupe-coupe » ? Ouille… Sa première impression semblait se renforcer mais en même temps elle se concentrée, un petit bout de langue rose en était témoin. Bah, il allait lui faire confiance. Heu minute là ? Elle parlait e qui ? Un corbeau ? Où çà ? Elle le désarçonnait cette petite. Il n’avait plus l’habitude de suivre une conversation de joyeux excité…En plus elle semblait manger des mots et des syllabes…


« Merci… »

Glissât-il avant qu’elle ne reparte.

Mais au lieu de partir « rendre le corbeau a ses maîtres » (çà devait être la cisaille), elle se pencha a nouveau vers lui et sur le ton du secret elle lui indiqua que le gens là bas devaient être « timidé » par lui…
Ses yeux turquoises se posèrent sur eux, ne les lâchant pas. La p’tite n’était pas une menace mais eux…ils pouvaient le devenir…


« Je pense que ce n’est pas vraiment çà. »

Sa voix rauque se fit entendre un peu ennuyé. Il se pencha légèrement vers la jeune fille…

« Je crois qu’ils ont peur que je te fasse du mal… Les requins ne sont pas bien vue…»

Il cambra légèrement le dos, se hissant sur ses bras encore musclés. Son regard dévia sur la jeune fille, la détaillant sans vraiment le faire…

« Tu ressemble a un petit soleil. Veux-tu que j’aille récupérer ton bracelet pour te remercier ou désire tu autre chose ? »

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MessageSujet: Re: Il était un petit navireuh, il était un petit navireuh qui n'avait ja-ja-jamais navigué...   Lun 24 Nov 2008, 22:23

"Les rrrqu'un sont pas bien vus..."

Norui répéta ce bout de phrase, l'air songeuse, roulant le r, se demandant si ces rrrqu'un avaient une sorte de don d'invisibilité ou quelque chose comme cela. Elle avait bien sur entendu parler de ces poissons là, en bonne pirate qui se respecte, mais n'avait jamais eu connaissance d'une capacité pareille. Doucement, elle commençait seulement à comprendre que si on parlait de rrrqu'un, c'était parce que le triton en était un, tout du moins en dessous du nombril. La petite observait les muscles se tendre sur le bras de l'homme aux cheveux d'argent, fascinée par la mécanique du corps humain. Elle eut le bon sens de s'écarter légèrement pour laisser la place nécessaire à ses manœuvres. Elle s'interrogeait, elle réfléchissait. Alors ces marins ont peur. Norui était en quelque sorte phobophobe. Elle fuyait la peur ou plus exactement ne la reconnaissait pas. La jeune femme était intrépide, insouciante, et n'ayant qu'une vague conscience de ce qu'était la mort ou la douleur, elle ne s'inquiétait pas de grand chose. Ce brin de lune était incapable de se projeter dans le futur, de se soucier de ce qui pourrait se dérouler. Cause à effets, l'effet papillon ou boule de neige, elle ne connaissait pas. Mes ces hommes là bas, ils étaient inquiets, et pour elle en plus, ce qui était doublement étrange. En tout cas, ce devait être des personnes très altruistes pour avoir de la peur par procuration et se soucier d'une inconnue. Il faudrait les remercier et puis surtout les rassurer. La petite danseuse, les sourcils courbés, allait demander à l'inconnu s'il comptait lui faire du mal, avec toute son innocence, mais il la devança.

Comme pour soutenir la comparaison que venait de formuler l'homme-requin, elle lui légua humblement un de ses plus fantastiques sourires, de ceux-là qui contiennent plus de lumière qu'aucun astre. Elle était ravie, sans le savoir il avait répondu à la question qu'elle préparait. Aussi fort qu'elle sentait son cœur battre, elle savait que quelqu'un ayant remarqué qu'elle était le soleil ne pouvait pas lui faire de mal. Les rares gens ayant les yeux assez ouverts pour la voir ainsi étaient de toute manière, automatiquement, classés dans la catégorie "gens de grande qualité". Et en plus, quel homme sain d'esprit s'en prendrait au soleil? Tout le monde sait que le soleil brûle et ne peut être touché. Elle pirouetta et ses jupons semblèrent toussoter comme des vieillards. Son rire prit son envol alors qu'elle se stabilisait comme elle pouvait, à nouveau face à son ami observateur. Hoquetant encore un peu, sa voix souriant, elle chantonnait presque.


"Oh non, il voir du pays je crois."

Elle imaginait le périple que ce bon vieux bijou en toc allait pouvoir se payer. Puis un nuage passa sur ses yeux, elle semblait un peu gênée tout à coup. Elle tendit une des petites araignées blanches qui lui servaient de main pour proposer son appui à l'inconnu, puis, sa voix soudainement bien plus lente et trainante, pleine d'hésitation, voila l'air, coupée parfois par les claquements de ses breloques.

"J'aime beaucoup les tartes de la mère myrtille. Mais j'aime beaucoup tout ce que je pourrais manger, là maintenant. Même les okaves, c'est pas très bon, mais là j'aimerais bien. Tu vois?"

Elle espérait que son nouveau compagnon voudrait bien l'amener manger quelque chose. Ça devenait insoutenable. Sinon... peut-être pourrait-elle demander au marin de tout à l'heure, puisqu'il s'inquiétait pour elle. En parlant de ces deux là, deux autres hommes les avaient rejoints, discutant tout bas tout en leur jetant de fréquents coups d'oeil.



[Je m'excuse profondement pour cette bouse Sad hésite pas à faire intervenir les marins stu veux.]
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MessageSujet: Re: Il était un petit navireuh, il était un petit navireuh qui n'avait ja-ja-jamais navigué...   Sam 29 Nov 2008, 21:28

Arhid eu droit a un magnifique sourire. Un de ces sourires éblouissant qu’il avait connu sur un unique visage. Sur le visage poupon de son frère, un de ces sourires remplit d’innocence qui peut toucher n’importe quelles créatures. Ce petit bout de femme lui rappelait tellement son fragile Eridor. Les souvenirs remontaient en lui, le vile s’écartait par instant et déposé le visage de son frère sur celui de la jeune fille. Et il n’avait pas mal… Il était seulement nostalgique et c’était un petit sourire qui aurait put étirer ses lèvres.

La petite aux cheveux d’argent tourbillonna sur elle-même créant une petite brise qui vint bousculer lentement quelques un de ses longs cheveux.
Son bracelet ? Voyager ? Il allait rester croupir dans la terre vaseuse du port. Pauvre objet… Enfin, si la petite ne le voulait plus peut-être irait-il le récupérer en partant. Arhid restait un triton, il était attiré par tout ce qui brillait même si ce n’était pas précieux. En soit, il ressemblait un plus a une pie…

Un changement soudain de comportement chez la petite le surpris. Deux grands yeux qui lui parurent incertains se posèrent sur lui. La voix hésitante le laissa surprit alors que la main miniature se présentait a lui. Il eu du mal à comprendre ce que désirait le petit bout de femme. Okaves ? Quoi c’est çà ? Certain mot des gens terriens lui échappaient et il en était de même à l’inverse. Il fini par comprendre que ces okaves devaient être un aliment et que la petite avait tout simplement faim. Il se sentit gêné bien que rien ne le montrait sur son corps décharné. Sans trop comprendre pourquoi il leva sa main mais au lieu de prendre appuie sur la plus petite et l’engloba doucement. Ses longs doits enroulèrent les plus petits, se courants comme si c’était des branches, les articulations des cassures déchirés. Sa main paraissait si grande et si détruite alors que la petite semblait si fragile et si pure…
Ils devaient être étranges, lui le prédateur puissant tenant le plus délicatement possible la main d’un petit soleil…


« Je n’ai pas d’argent, je n’ai pas de nourriture pour toi… Je suis désolé…»

Sa voix cassé résonna rauque et embarrassé… Il serra ses doits détruits, maladroitement encourageant…

« Mais je vais essayer de trouver quelque chose. Attend moi ici, s’il te plait… »

Il lâcha la jeune fille et à l’aide de ses bras il se tira au bord du ponton, avant de se laisser glisser dans l’eau. Aucune gerbe d’eau ne perça l’air seuls des ondes vinrent témoigner de son passage. Le triton sentait ses bras trembler en résultat de la traction qu’ils avaient du produire. Il avait fait trop vite, il avait trop voulu se dépêcher et il en payé des conséquences douloureuses. Hé bien, ce petit soleil avait tendance a le faire réagir, un peu…
Arhid ressentit avec soulagement la portée de l’eau. Il se sentait plus léger et s’il n’avait pas fait attention il aurait put replonger immédiatement dans son état de demi-conscience. Prenant garde au filet qui trainaient menaçant, il arpentât le font de l’eau. Etonnamment rapidement bien que sa queue ne bougeait pas plus rapidement que d’habitude, il se trouva sous le bateau qui avait vue disparaître le bracelet. Il le repéra rapidement et ses doits se refermèrent délicatement sur l’anneau brillant. Content de sa prise il continua son chemin, ses yeux fouillant les diverses choses se trouvant sous lui. Qu’est ce qui pouvait avoir de la valeur ici ? Un éclat attira son regard, un rayon de soleil tapait sur un petit bout métallique. Il tendit sa main crispé et tira un petit peigne, un petit peigne brillant et totalement fait d’argent. Arhid fut très contente de sa prise alors qu’il repoussait la terre qui le recouvré dévoilant des gravures représentant la nature marine. Fier de sa prise il retourna vers le ponton quand a nouveau de la brillance attira son regard morne. Des petits ronds brillant, de l’argent terrestre. Il en était certain. Le triton récupéra toutes les pièces, même les deux enfoncé dans la vase.

Après les avoir tous coincé dans son poing il fit a nouveau jaillir ses bras hors de l’eau s’accrochant au bois. Il se tira avec difficulté de l’eau, la douleur dans ses bras étaient de plus en plus forte mais bon….Pour une fois il avait quelque chose qui gardait son attention, les objets d’argent dans son poing.
Une fois à l’air libre il ouvrit son point présentant les trésors au petit soleil.


« Est-ce que tu pourras revendre ces choses pour récupérer de l’argent ? …. J’ai récupéré ton bracelet aussi…Tu sais…Il se serait abimé… »

Il murmurait légèrement, un peu épuisé par la « rapidité » qu’avait prit ses gestes. Le bras soutenant son buste tremblait visiblement menaçant de ne plus pouvoir le retenir.

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MessageSujet: Re: Il était un petit navireuh, il était un petit navireuh qui n'avait ja-ja-jamais navigué...   Jeu 04 Déc 2008, 22:49

Norui regardait avec un sourire presque endormi la grande main de son nouvel ami calée sur la sienne. Vous saviez quand mettant un requin sur le dos, on peut le faire entrer en immobilité tonique, une sorte de transe où l'animal est comme anesthésié? On peut obtenir le même résultat en leur caressant le museau avec précaution. Et bien chez Norui, quasiment n'importe quel contact semblait l'apaiser et la rendre plus adorable que Lassie chien fidèle (désolée... une vieille obsession.). Cette petite bonne femme aimait les gens et ils le lui rendaient bien, la plupart du temps. Et pour elle, le sens du toucher était peut-être le plus important, d'ailleurs il était rare de voir ses mains immobiles. Plus qu'à ses yeux, plus qu'à ses oreilles, elle se fiait instinctivement à ce que sa peau, ses doigts ressentaient. Elle avait l'impression que les mains du triton étaient comme recouvertes de sel. C'était une sensation entre effleurer un rocher ou un vieux livre sage. C'était craquelé, sec, rigide et en même temps, très vieux, très calme, très apaisant.
Sortant un peu de son analyse sensitive, elle allait s'exclamer, après sa première phrase, que ce n'était pas grave, elle se débrouillerait, elle se débrouille toujours. Mais elle n'en eut même pas le temps. Déjà il plongeait et Norui, privée de cette main rassurante décida d'attendre qu'elle revienne.

Elle ne mit pas longtemps à immerger, et elle n'était plus vide.
Le risque avec d'aussi jolis éclats, c'était que Norui soit incapable de les vendre. Elle aimait les bouts de ferraille tordus, les perles que les danseuses accrochaient à leurs robes. D'une certaine manière, elle avait l'impression de récupérer des bouts d'elle-même; elle ramassait tout ce qui brillait pour compléter la lumière du soleil qu'elle était. Mais elle avait si faim... Elle s'était toujours débrouillée pour se nourrir, s'abriter, sans jamais craindre de ne pas réussir. Quelques fois, elle avait sacrifié l'un de ses nombreux bracelets sans grande valeur, mais avec un petit grincement de dent. Si elle y avait été forcé, cette fois encore elle aurait procédé ainsi. Mais la chance semblait lui sourire aujourd'hui, elle avait rencontré un triton et en plus il savait comment gagner de quoi s'acheter à manger. Et elle s'amusait bien avec lui.
D'un mouvement radieux et plein de reconnaissance, sa main plongea vers la main amie, pour enfiler l'anneau retrouvé. Elle avait beau dire, elle était contente tout de même qu'il soit revenu à elle, c'était un vieux compagnon de route. Celui-ci s'appelait... Dîn. Oui oui, avec la griffure à l'intérieur, c'était bien Dîn, elle l'avait échangé à une petite nomade de Loïli contre une sorte de bille luisante, grosse comme un petit pois. Et maintenant il carillonnait pour montrer son contentement en rejoignant Li, Tsing et les autres.


"Sûr-sûr, je pourrais vendre ça... Enfin madame François me dira peut-être que c'est du faux argent -Elle dit qu'il y a plein de fossoyeurs... non de contrefaceurs. Voilà- mais au pire elle fera comme la dernière fois, elle y prendra même quand et me donnera une miche de pain. Mais oh... Ce peigne est trop joli pour être du fossoyé et puis..."

Les yeux ronds, ses lèvres étirés laissaient entrevoir ses petites dents de souris, elle retourna le peigne entre ses doigts, fascinée par ses motifs puis, fermant les yeux, elle le fit glisser dans ses cheveux ébouriffés. On aurait dit qu'elle jouait de la harpe. Après quelques rudes batailles, les griffes de l'objet vinrent à bout des paquets de nœuds. Satisfaite, Norui hocha la tête avant de fourrer l'objet dans l'une des poches de sa sacoche, le glissant du bout du doigt, avec soin.

"Oui, il peigne bien, ça peut pas être un fait-semblant. Oh, on va pouvoir avoir un vrai festin tu sais! Sur le marché, il y a pleins de choses bonnes, de la charcuterie! Humm! Tu as déjà goûter le Sij-mal? Je suis sûre que tu vas adorer!"

Car évidemment, Norui n'avait jamais envisagé de manger seule. Elle était du genre à s'attacher très vite aux gens et il lui paraissait comme allant de soit le fait qu'ils savourent ensemble un repas amplement mérité. Son grand sourire était bien plus attractif que si elle avait agrippé le poignet du triton pour le tirer vers elle. Elle commençait à faire quelques pas de danse sur le ponton, comme pour se diriger vers le marché. Elle croyait déjà sentir les odeurs pleines de promesses des étales des marchands. Mais la vue des marins l'arrêta un instant. Immobile, elle les regardait approcher. Elle n'était pas du genre à se méfier des inconnus, elle partait toujours du principe que les gens sont bons, mais ces hommes la mettaient mal à l'aise, sans qu'elle se l'explique. Néanmoins elle arma ses lèvres d'un grand sourire. Sans se soucier d'eux, elle pivota vers l'hybride:

"Tu viens euh... monsieur rrr'qu'un?"

La voix entendue plus tôt s'éleva derrière elle, et bien qu'elle ne soit pas véritablement violente, elle était ferme et dure.

"Non, il va pas venir monsieur le requin. Tu devrais le laisser dans l'eau, c'est ça sa place, il a rien à faire avec les humains, dans les rues de nos villes. Tu devrais aller ailleurs petite, t'as rien à faire ici."

Notre soleil fronça les sourcils sans comprendre. Puis son visage s'éclaira quand elle comprit, ses traits se détendant comme si son visage s'apprêtait à fleurir.

"Oh, biensûr-sûr! Il est comme... un poisson dans l'eau. C'est ça? Mais moi jveux rester un peu avec. Bon... Plouf alors!"

Elle se retourna vers l'eau du port, incertaine. La plupart des fois où elle se trouvait dans l'eau, c'était après un énième naufrage, alors même si elle aimait flotter sur l'eau, elle s'en méfiait toujours. Elle s'accroupit, les mains accrochées au rebord mou du bois perpétuellement humide. Elle prit une grande respiration, se servit d'une de ses petites mains pour se pincer le nez, puis dans un élan, exécuta une sorte de petite pirouette qui l'abandonner dans l'eau tiède. Sous l'eau, elle se mit à rire, échappant des guirlandes et des farandoles de bulles joyeuses et charnues. Ses jupons flottaient dans l'apesanteur aqueuse, étranges pétales. Elle ouvrit ses lèvres et articula, avant de se rappeler qu'on ne pouvait pas espérer parler efficacement sous l'eau. Elle attendit donc sagement d'être remontée.

"Vous avions bien raison, Ici c'est bien mieux. Ahaha et on peut peut-être arriver au marché à la nage, comme ça il aura pas à sortir longtemps de l'eau, hein, hein?"

Elle s'était retournée vers son compagnon, quémandant son approbation. Elle était radieuse, si heureuse de ne pas être toute seule au moins pendant un temps. Toujours avec ses grandes risettes et son unique fossettes bancale, elle tâtonna pour s'assurer que sa sacoche était toujours là, puis elle agrippa la petite tresse où une clochette pendait comme un petit fruit doré. Elle fit tourner la mèche comme les pals d'un hélicoptère et quelques gouttelettes s'enfuirent. Ses cheveux blancs étaient tout aplatis sur son crane, le rendant d'autant plus petit, traversé par la ligne rougeoyante de son coup de soleil. Elle battait des pieds et des mains comme un petit chien pour rester immobile, attendant une réponse.
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MessageSujet: Re: Il était un petit navireuh, il était un petit navireuh qui n'avait ja-ja-jamais navigué...   Lun 08 Déc 2008, 23:38

Ses bras tremblaient et s’en étaient visible. C’étaient violent pendant quelques secondes avant de se calmer pour mieux s’affolaient. La douleur voyageait en rafale dans ses muscles, le narguant, faisant semblant de les faire lâcher… Ses yeux se plissèrent légèrement alors qu’il se laissait glisser sur ses avant-bras diminuant légèrement la douleur. Un sourire presque effacé vola sur ses lèvres alors qu’il observait le petit soleil danser sur le ponton. Elle voulait visiblement l’emmener avec elle. Lui-même ne savait pas s’il avait envi de la suivre. Elle le faisait vivre réellement, le tirant du demi-sommeil qui était devenu son état quotidien. Ce n’était pas grand chose et certainement que çà disparaitrait vite mais cette petite lui faisait beaucoup trop penser a son frère pour qu’il en reste indifférent. Maintenant il fallait aussi dire ce petit bout de femme qu’il ne se souvenait plus comment on marchait…
Des mouvements derrière la petite stoppèrent ses pensées. Il s’hissât à nouveau sur ses mains, un peu comme un serpent devant sa proie et aussi parce qu’il était couché au sol. Les hommes approchaient et Arhid sentait que quelque chose allait se passer…

Arhid aurait voulu froncer les sourcils ou prendre un air menaçant mais ce n’était que de la lassitude face a se comportement qui lui venait. Il s’apprêtait à soupirer et dire Adieu au petit soleil mais cette dernière parla déjà. Plouf alors ? Que voulait-elle faire ?! La petite forme gracile se dirigeât vers le bord du ponton pour s’accroupir.


- Qu’…

Sa voix sortie avec difficulté ne put que mourir sous le bruit cristallin de l’eau qui accueillait le petit soleil. Ses yeux éteint s’ouvrirent en rond et sans qu’il y prenne garde son corps se tendit et parti en avant pour aider la petite. Il n’alla pas bien loin. Il s’écrasa sur le bois de nombreux poids le clouaient au sol. Un long sifflement douloureux s’échappa de ses lèvres craquelées. Ca faisait mal…

- Ne bouge pas ! Et soit heureux qu’on prenne la peine de te relâcher au large alors ne tente rien…

Bouger, il ne le pouvait tout simplement pas. Peut-être que si son corps n’étaient pas si détruit. Un marin s’était saisi de sa queue, la tenant fermement mais pour Arhid c’était comme si on lui broyait la colonne vertébrale. Un genou s’enfonçait dans ses reins, un bras plaquait ses épaules au sol alors qu’une main s’étaient saisit de ses cheveux, bloquant sa tète. C’était bien trop pour bloquer l’Arhid de ce jour et çà aurait que trop peu pour se saisir du Arhid d’autrefois… Si seulement ces hommes savaient, si seulement… Ils l’auraient alors tué…

La petite était réapparut à la surface et immédiatement le marin qui ne le tenait pas se plaça entre lui et elle, s’agenouillant et tendant une main pour la sortir… Tout en lui parlant mais les mots n’atteignaient pas les oreilles du triton. Un vrombissement dans son crâne empêché les sons de lui parvenir distinctement. La main sur ses épaules avaient disparut pour lui faire une clef, ramenant le bras endoloris dans son dos.

La respiration saccadé il réussit tout de même à trouver le visage de la petite femme derrière le marin. Il ne valait mieux pas qu’elle le voit comme çà… Le visage poupon semblait encore plus petit alors que les cheveux à présent coiffé le moulé. Arhid ne put qu’observer ce visage innocent et naïf. Ce visage qui prenait sans le savoir toute les expressions de son petit frère. Ce sourire rayonnant, qu’on ne reçoit que peu de fois. Son regard brumeux ne put que dessiner l’esquisse du visage d’Eridor sur celui du petit soleil. L’image encore flou revint petit à petit. Elle traversa le brouillard qui camouflait les souvenirs douloureux de son passé. Elle vint doucement et prit la place de la jeune fille. Ce n’était plus elle. C’était lui, si petit, si menu, si fragile…Eridor… La main de l’homme était tendue vers lui. Il voulait lui voler ! Il allait lui voler son frère ! Jamais ! Jamais il ne laisserait une telle chose arriver…Pas encore. Pas encore !

Ses yeux turquoise s’embrasèrent, luisant d’une couleur inquiétante. Brutalement son corps se débattu, sa puissante queue de requin frappa le marin qui la tenait avec force, son buste redevenu souple déboitât presque son épaule pour pouvoir repousser son assaillant. Laissez-le ! Ne le touchez pas ! Ne le touchez pas ou… ! Ne le touchez pas ou je vous tue !
Au moment même où sa folie ressortait totalement, il se sentit glisser du pont. L’eau l’accueillit, l’englobant, repoussant son esprit torturé. Coulant au font de l’eau il lui fallut de longues secondes pour se remettre, comprenant douloureusement que ce n’était pas Eridor mais le petit soleil. Pourtant, a cette pensée, il n’eut pas envi que ce marin l’a touche. D’un mouvement brusque de sa queue il remontât prés du petit soleil, lui présentant son aileron dorsal…

Sa voix remplie de douleur mis douce résonna alors…


- Vient…avec moi…plus…loin…

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MessageSujet: Re: Il était un petit navireuh, il était un petit navireuh qui n'avait ja-ja-jamais navigué...   Ven 13 Fév 2009, 23:06

Elle avait émergé dans un monde étrange tissé de bruits sourds et de voix rudes. Un monde qui lui semblait très différent de celui qu'elle avait quitté en plongeant vers les eaux peu profondes du port. Pourtant elle mit quelques instants avant de le réaliser. Elle était tellement concentrée sur elle-même, tellement égocentrique qu'elle avait cru, innocemment, que l'univers allait s'arrêter, que les individus allaient rester immobiles le temps qu'elle réapparaisse. C'était tellement évident, les gens ne vivaient, n'agissaient que pour créer une toile autour d'elle. Elle imaginait comme une bulle l'entourant, un halo, comme une poursuite de théâtre, et les choses n'existaient que lorsqu'elles étaient comprises dans ce périmètre. Une fois sorti, une fois dans l'ombre, tout redevenait immobile comme des automates n'étant plus alimentés par l'électricité. Elle rentra sa petite tête entre ses épaules comme un chat inquiet couchant ses oreilles. Elle dévisagea le marin qui se penchait vers elle. Croyait-il réellement que si elle avait plongé, c'était pour ressortir immédiatement après? Elle avait envie de l'éclabousser, peut-être cela lui ferait perdre son visage si sérieux. Il pourrait peut-être fondre comme du sucre. Puis elle avisa le triton que l'on tenait fermement allongé sur le ponton. Elle ne comprenait pas bien: peut-être voulaient-ils l'aider à se remettre à l'eau? L'homme-poisson avait un visage que Norui avait du mal à comprendre. La petite en effet avait toujours eu un mal fou à comprendre le raisonnement humain, à lier les expressions, les faits, les paroles. Par une faille interne, elle voyait tout de manière détachée, chaque élément pour lui seul. Le visage de son ami lui faisait penser aux traits de la pierre. Quelque chose d'accidenté.

En pleine considération géologique, Norui n'eut que le temps de s'écarter quand Arhid plongea après un soubresaut violent. Sur le quai, les marins regardaient avec rancœur le liserai blanc que le corps de la sirène avait crée à la surface de l'eau. L'un d'eux, qui avait du se prendre un coup dans la fuite, se tenait prêt à sauter à la gorge de l'homme, un couteau à évider les poissons trônant déjà dans sa main. Mais l'un de ses collègues le retint par l'épaule d'un air de dédain haineux. Cela ne valait pas la peine. La troupe de marins s'éloigna en grondant des injures orageuses, mais ils s'arrêtèrent assez près pour pouvoir surveiller que le triton ne tenterait pas de se promener sur la terre ferme.
Norui gardait les yeux écarquillés, sa bouche arrondie par une surprise piquée de curiosité. Elle n'avait pas souvent l'occasion de se trouver mêlée à des scènes pareilles, et même si sa flânerie perpétuelle lui donnait un certain dégout de l'action, de tout ce qui pouvait bousculer une rêverie paresseuse en réalité, elle était comme ébahie par ces manifestations de violence qui lui semblaient si chorégraphiques, si passionnément vivantes. Revoyant encore le déroulement flamboyant alors même que le ponton était vide, elle hocha à peine de la tête pour accepter la proposition du triton. Elle resta encore un instant hagarde avant de se tourner vers son compagnon et d'observer sans trop comprendre cet aileron qui semblait tendu vers elle. C'est qu'elle n'avait jamais voyagé accrochée au dos d'un ami!
Elle positionna ses mains avec hésitation. Le toucher était étrange, la peau était lisse et glissante, mais en tant que gamine aimant la bizarrerie, cela ne la gênait pas. Ca lui rappelait quelques fois où elle avait plongé ses bras jusqu'aux coudes dans l'eau glaciale d'une rivière, croyant que ses mains rapaces pourraient réussir à saisir un poisson. Elle avait par moment senti sous ses doigts les écailles filantes de quelques oiseaux de mer.
Norui n'osait pas trop serrer l'aileron. Bien que n'ayant jamais été poisson elle-même, elle supposait que cette zone devait être aussi sensible que n'importe quelle autre et elle craignait que ce contact soit douloureux pour lui. Mais comme il ne semblait pas broncher, elle s'y tint plus fermement, et avec la facilité d'un corps sculpté pour la nage, son compagnon s'élança vers l'horizon, la tractant, elle et ses éclats de rire. Il avançait doucement au début, pour ne pas la brusquer et s'assurer qu'elle ne lâcherait pas prise ou ne serait pas effrayer, mais voyant son amusement, ils prirent finalement de la vitesse.

Norui avait l'impression de voler. La vitesse glissait ses doigts dans sa chevelure blanche comme l'écume, et les mèches folles furent séchées en peu de temps. Sa bouche, articulée par un sourire perpétuel, semblait occupée à gober les embruns et sa gorge quelques fois s'écorchait d'une toux amusée. La surface de l'eau semblait comme se durcir pour créer à son attention un ruban sur lequel glisser. Est-ce cela que ressentent les oiseaux? Norui était presque tentée de lâcher prise et de se mettre à battre des bras, pour voir si avec l'élan, elle pourrait se mettre véritablement à planer. Pour dire vrai, notre jeune étourdie avait totalement oublié qu'elle savait ce que ça faisait de voler, puisqu'elle avait été un ange, et possédait donc une paire d'ailes, bien qu'elle ne s'en servit que rarement.
Mais déjà, le duo perdait de la vitesse, elle se renfonçait doucement dans l'onde tandis que le triton se redressait progressivement. La petite lâcha l'aileron qui la tractait, continuant encore à avancer sur quelques mètres avant de s'enfoncer dans l'eau puis d'en ressortir la tête en soupirant et rabattant une mèche grisâtre vers l'arrière. Elle partit d'un grand éclat de rire avant de glisser sur le dos pour faire la planche. Elle regardait le ciel parsemé de nuages orphelins avant de soupirer à nouveau.


"C'était bien hein?"




[Comme annoncé, j'ai pas réussi à faire une bonne fin... Désolée, pour ça et l'attente =/ ]
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MessageSujet: Re: Il était un petit navireuh, il était un petit navireuh qui n'avait ja-ja-jamais navigué...   Ven 20 Fév 2009, 23:43

Les petites mains blanches s’accrochèrent à son aileron dorsal. Arhid frissonna légèrement au touché peu habitué a des gestes si doux et si léger. Au début elle sembla craindre de trop serrer mais rapidement sa poigne se fit plus ferme. Il gardait du coin de l’œil les hommes tout en commençant à mouvoir doucement son corps douloureux…

Il n’allait pas trop vite, la tète légèrement sur le coté il vérifiait que le petit soleil tenait bien. Un éclat de rire vint soudainement tinter a se oreilles. Les lèvres d’Arhid s’étirèrent alors, craquant légèrement mais souriantes. Sous le son tintant beaucoup de choses disparaîssaient autour de lui. La présence des hommes ne fut plus qu’un souci mineur et la douleur dans son corps fut dépassé, mit de coté et oublié.
Voulant écouter le rire encore une fois, voulant la voir sourire encore plus, il anima sa vieille carcasse. Sa queue prit de la vitesse, de l’ampleur elle repoussa l’eau autour d’elle. Son corps fuselé perçait la surface liquide emportant avec lui son petit fardeau qui pesait pour lui aussi lourd qu’une plume.

Arhid continuait de sourire doucement, doux, amusé oubliant son passé. Il se concentrait sur ce petit bout de femme accroché à son aileron riante et lumineuse. Un petit éclat dans les ténèbres qu’il se trouvait prés à garder jalousement, pour lui, juste pour lui. Il continua de déchiré les eaux, ses longs cheveux se perdaient dans l’écume qui allait jouer avec le petit ange sur son dos. Elle riait la bouche ouverte et parfois l’eau semblait venir la taquiner. Le requin qui semblait avoir perdu tout état de conscience dans sa vie récente, s’inquiétait alors malgré les rires légers. Il reprenait contact à la réalité, il s’ouvrait de nouveau à la vie, un peu craintif. Pour une fois il ne pensait pas. Il ne voulait pas la laisser lâchement, il ne voulait pas la fuir parce qu’il avait peur de se faire de faux espoir. Alors il ne pensait pas, il se laisser vivre un peu, à l’instant présent par le son tintant de sa voix…

Mais son corps épuisé le fit ralentir. Comme de multiple papillon s’amusant être ses muscles, la douleur vint s’amuser en lui. Le requin se laissa retomber lourdement dans l’eau. La petite le lâchât et il s’inquiétât immédiatement mais heureusement le petit soleil semblait se débrouiller dans l’eau. Il l’observa faire la planche, en silence… Il s’emportait un peu, çà faisait du bien… Par contre son corps n’était pas de cet avis…


- Oui…

Il soufflât faiblement sa voix s’enraillant…

- Allons….sur….rocher…Viens…

Le requin poussa légèrement la jeune fille pour l’inciter à se raccrocher à son aileron. Il ré avançât mais doucement, avec beaucoup de difficulté bien que rien ne le montrait. Un peu plus loin, un amoncèlement de rocher dépassait de l’eau, petite île faite de pierre. De nombreuses mouettes s’y trouvaient laissant entendre leurs cris légers. Pas de goéland et leur stupide croassement, tant mieux pour eux car Arhid les avait toujours détesté…

Un gros rocher plat était légèrement penché au niveau de l’eau. Il était à trois quart recouvert par le liquide et était totalement lisse, sans aucun coquillage. La sirène se laissa échouer dessus, laissant la petite grimper si elle voulait atteindre un rocher un peu plus haut ou non. Il se tira légèrement sur la pierre jusqu’à ce que son corps y repose complètement. L’hybride laissa tomber sa carcasse sur le coté, il avait un centimètre d’eau là ou reposait la moitié gauche de son visage. Ses cheveux se trouvaient entraîné par les petites vagues qui venaient glisser sur la pierre….

Arhid fermi brusquement les yeux et lutta pour qu’aucun gémissement ne s’échappe de ses lèvres déjà sèches… Jamais, jamais il n’avait eu si mal… Le mouvement pour échapper aux pécheurs, la course avec la petite, son corps en subissait les conséquences. Il avait l’impression que des feuilles enflammées s’étaient glissé entre ses articulations cabossées. Millions de fines aiguilles frappaient ses nerfs fendus. Ses muscles craquelés semblaient ne plus pouvoirs prendre leur places d’origine. Des crampes…Ca devait être crampes, elles s’amusaient à rendre ses muscles filandreux d’ une dureté sans pareil qui faisait monter la douleur dans ses yeux éteint.
Heureusement qu’il avait put atteindre les rochers sinon il aurait coulé, il aurait laissé le petit soleil en danger. Il sentait un long muscle sur sa queue être complètement bloqué…

Il luttait, luttait pour que la jeune fille ne voie pas sa douleur mais comment faire quand il ne pouvait plus bouger ? Il plissa un peu plus ses yeux calmant maladroitement sa respiration…
Arhid fini par ouvrir ses paupières, le flou l’accueillit. Il attendait quelques secondes avant de lever son regard vers la petite réussissant à soulever un peu sa tète… Il ouvrit la bouche…


- …

Rien ne sortit avant qu’une grimace vienne jouer sur ses traits cassés. Sa tête retomba dans l’eau alors qu’il tentait d’appuyer sur sa queue, là où sa main tremblante et douloureuse pouvait atteindre le muscle coincé…

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MessageSujet: Re: Il était un petit navireuh, il était un petit navireuh qui n'avait ja-ja-jamais navigué...   Jeu 26 Fév 2009, 00:06

La petite se fit la réflexion que le mot "viens" devait être l'un des favoris du triton. Ou alors c'est qu'il n'aimait pas l'immobilité, il aimait voyager, comme elle finalement. Norui eut un petit instant de flottement avant d'accéder à sa requête. Elle aimait tellement faire la planche, elle croyait voler, elle avait le vertige, l'impression de tomber vers ce ciel où les nuages la rattraperaient avec douceur. Mais dès que l'idée des mètres d'eau se trouvant sous elle, avec toutes les créatures qu'ils peuvent contenir, l'effleurait, elle était tout de suite beaucoup moins heureuses à l'idée de flotter de manière si insouciante. Ce n'était pourtant pas son genre d'avoir peur, elle était trop optimiste pour cela. Un soleil ne craint rien. Mais obscurément, elle avait une crainte magistrale des êtres abyssaux, comme la certitude que l'un d'eux lui avait déjà causé du tort, l'impression d'un lointain accident dont elle aurait perdu le souvenir. La prémonition inconsciente d'un danger à venir. Soudain effrayée, elle avait le sentiment de ne plus être capable de flotter, comme si ses pieds pesaient plus que des rochers, comme si tout son corps étaient soumis au poids de lourds boulets. Elle s'accrocha à l'aileron à nouveau offert avec un mélange d'angoisse et d'empressement. Dès lors qu'elle avait simplement imaginé ce danger, elle se sentait oppressée. Elle avait hâte de se retrouver sur ce rocher, même s'il lui semblait bien petit, n'offrant en réalité aucune difficulté si un monstre voulait les gober avec appétit. Et à dire vrai, plus ils avançaient, plus Norui trouvait que cet îlot aurait pu être la crête dorsale d'un dragon océanique ou le sommet d'un crâne de titan. Peut-être qu'à peine un pied posé sur ce roc, tout allait se mettre à trembler, et dégoulinant comme une fontaine, la bête allait se lever, s'ébrouer pour chasser ces parasites avant de les casser en deux, sans effort, sous une canine érodée et incrustée d'algues et de coraux. Norui se voyait déjà rebondir sur une grosse langue odorante, frappant les barreaux des dents l'emprisonnant. La glotte s'agiterait comme le balancier d'une pendule, métronome du temps lui restant à vivre.

La jeune fille laissa le triton la précéder sur les rochers. Bien que ne désirant pas rester dans l'eau plus longtemps, elle voulait tout de même voir si cet abri était sûr. Les mouettes s'enfuirent avec des cris d'indignation envers ces intrus sans gêne. Mais après une longue parade de protestation, et n'ayant pas de perchoir à proximité, elles revinrent se poser avec dédain, mais inquiètes de la proximité de ses humains. Certaines se souvenaient peut-être des gamins du port de Reilor qui s'amusent souvent à viser les oiseaux de mer avec quelques cailloux.
Norui escaladait à son tour le petit monticule avec concentration. Ses pieds nus avaient beau avoir l'habitude d'en voir des vertes et des pas mûres, ils n'étaient tout de même pas conçu pour l'escalade, alors il fallait être prudente, d'autant que certaines arrêtes étaient acérées; elle avançait tout doucement. Parfois l'un de ses pieds glissait dans un trou entre deux rochers et elle retenait avec peine un glapissement de terreur. Dans sa tête, une créature avec de longs bras était forcement postée derrière chaque crevasse, prête à agripper sa jambe et à ne plus jamais la lâcher, tirant son petit corps dans le trou sombre. Elle finit tout de même par arriver en haut du rocher le plus élevé -qui devait à peine émerger à plus de deux mètres de la surface- avec le sentiment d'avoir conquit l'Everest. Elle s'assit sur ce trône rocheux avec un soupir de contentement. Ses genoux ramenés sous son menton, elle observa l'homme-poisson en contre-bas. Il avait préféré s'allonger sur une pierre basse à moitié immergée. Norui hocha la tête; pour lui, ça ne devait pas être agréable de se retrouver à l'air libre. Elle resta silencieuse un moment, sans penser à grand chose, sans se préoccuper du triton qui se prélassait paisiblement. Elle ne faisait pas partie de ces gens qui ont toujours besoin de faire ou de dire quelque chose, bien qu'elle soit une vraie pipelette de temps en temps. Elle était ravie de voir que son compagnon n'était pas gêné par le silence et l'immobilité et qu'au contraire il y contribuait. Décidément, c'était quelqu'un de bien.

Rassérénée et ayant oublié ses craintes de monstres aquatiques, au moins pour un temps, Norui se prenait à repenser aux rares choses dont elle se souvenait de l'époque où elle naviguait. Malgré ses grands airs de certitude quand elle parlait de ses antécédents dans la piraterie -c'était presque de l'intransigeance- tout était en réalité très flou dans sa petite tête. Et ça lui faisait peur, de perdre son passé, alors elle se cadenassait aux fragments sans sens qu'il lui restait, elle courrait après les souvenirs comme un chien derrière une voiture, voyant le wagon de son histoire s'éloigner, prendre de la vitesse mais n'acceptant jamais de lâcher prise. Dans les moments de doute et de lucidité, quand elle n'était plus tout à fait une jeune écervelée inconsciente, la déchue était dévorée par un malaise intolérable, semblable peut-être à sa peur des fonds marins. Elle qui vivait sans se soucier de rien, nouant les amitiés avec une facilité déconcertante sans pourtant n'avoir jamais gardé d'attache, seulement une tendre place dans son âme pour chaque personne rencontrée, elle se désespérait parfois de ce sentiment d'abandon. Satisfaite d'un rien, elle était pourtant basé sur un manque, une absence. Sans savoir exactement qui ou quoi avait généré ce vide. Oui, en quelque sorte, elle était une petite fille perdue par ses parents, dans une grande foire. Mais elle avait cette certitude que la solution était de retrouver sa situation d'avant. Retrouver un bateau, un équipage, son grade de capitaine. Il fallait reconstituer ce qui avait été détruit si elle voulait avoir une chance d'entrevoir ce qu'elle avait perdu et à plus forte raison le récupérer. Mais essayez de construire un navire avec des cures-dents et vous comprendrez peut-être la difficulté à laquelle elle était confrontée avec sa mémoire réfractaire. Il n'y avait pas un seul souvenir qui ne sembla dévoré par les mites. Partout, les trous laissaient des histoires sans fin, des corps sans visage, des visages sans nom. Parfois, elle ne se souvenait que d'une ombre, un son, un objet qui l'avait marqué sans qu'elle sache pourquoi. Il n'y avait que ces miettes et puis ses certitudes, ces pressentiments inexplicables pour tenter de colmater les fissures. Elle bouchait les déchirures avec son imagination, avec ce qui lui semblait le plus probable, et au final son histoire n'était qu'un patchwork dont elle ne différenciait plus très bien l'invention de la réalité. Alors elle prenait pour vrai tout ce qu'elle avait entre ses mains, car ce n'était tout de même pas grand chose.

Mais la demoiselle n'était pas dans un de ces moments de perplexité et de mélancolie. Au contraire même, un fin sourire perçait sur sa bouche. Ce n'était plus le grand éclat de rire des instants d'avant, c'était une moue égarée dans des paysages plaisants. Sur l'horizon de ses rêveries, il lui semblait voir son bateau étincelant flotter comme un nuage, impalpable, les contours vaporeux, et pourtant bien présent. Laissant sa tête tomber en arrière, elle ferma les yeux, son visage offert à son jumeau célèbre, le soleil-qui-n'était-pas-elle. Et immédiatement, elle y fût, elle s'y crû. Elle aurait senti le vent balayer malicieusement son front, et autour d'elle, les pas affairés et les voix de son équipage. Elle aurait retiré son chapeau exotique, éternellement trop grand, le tenant à la main, pour pouvoir recevoir les rayons sans la moindre entrave. Féa serait quelque part, sur une corde ou une rambarde, étrange faucon voulant se faire passer pour un perroquet, à piailler gaiement comme un moineau, à brailler comme jamais pour attirer son attention ou simplement exprimer sa délectation d'être de retour sur le navire. Quelqu'un poserait une main sur son épaule en lui disant que c'était bon de la revoir. Son équipage était sa famille, les pirates étaient des gens biens. Norui y croyait dur comme fer, sans en avoir le moindre souvenir. Il ne pouvait en être autrement, elle n'aurait pas pu rester avec eux sinon.

Happée par sa projection personnelle, la petite ne se sentit pas immédiatement partir en arrière. Pourtant c'était le cas, croyant se balancer sous le vent, elle tanguait en fait au sommet de son perchoir, le dos cambré comme si elle voulait voir jusqu'où elle pouvait descendre sans perdre l'équilibre. Mais face à son incapacité à ouvrir les yeux sur le pont de son navire de souvenir, elle les réouvrit dans le vrai monde pour se rendre compte de son jeu d'acrobate. Si elle évita la réelle chute, la surprise néanmoins fit déraper les mains qui, prolongées par des bras tendus, formaient des trépieds pour son corps. Privée d'appui, Norui bascula donc en arrière, moulinant sans effet, le dos collé contre le rocher, les bras pendant de chaque côté de sa tête. Ses doigts rencontrèrent l'onde, puis c'est sa tête qui fut submergée à son tour. Et ce fut tout. Aussi soudainement qu'elle avait commencé sa chute, elle s'était immobilisée brutalement, ses bras et sa tête dans l'eau tandis que son corps restait à l'air libre, plaqué le long de la pierre, retenu miraculeusement par les pieds. En effet, comme un trapéziste, elle avait réussi inconsciemment à engouffrer ses jambes dans l'une des fissures tant redoutées plus tôt. Ses yeux étaient grands ouverts, supportant l'eau sans broncher, découvrant avec stupeur le monde sous la surface, ces myriades de bleus tous différents, le voile de lumière fondue vers l'extérieur, le noir sans fond, et entre les deux, liant le blanc et le noir, les rochers qui s'enfonçaient loin en dessous d'eux. Elle cessa de retenir son souffle, et de grosses bulles s'éclipsèrent. Le temps de réaliser qu'elle allait devoir respirer sous peu, elle tenta de se redresser. Mais apparemment, de ses abdominaux, il ne restait que l'absence. Elle se tortilla avec énergie avant de se résoudre à se décrocher prudemment pour glisser dans l'eau avec douceur. Elle revint à la surface en pouffant et, allongeant le bras, elle glissa aux milieux des clapotis pour contourner l'îlot et venir retrouver son compagnon.

Elle l'observa un instant avant de se hisser sur cette plateforme naturelle et dans un soucis de mimétisme, elle prit soin de s'installer exactement dans la même position, face à lui. Le côté droit du visage en partie immergé, elle tenait sa paupière fermement close, dévisageant le triton d'un unique œil rouge. Elle déclencha un demi sourire, doublement rendu asymétrique par sa fossette sans reflet. Puis avec un air docte et très fier, fermant son autre œil avec suffisance, elle débita son délire sans rien remarquer de l'état de son interlocuteur. Malgré sa petite cascade, elle ne s'était toujours pas échappé de sa folie.


"Sur mon bateau, il y avait un immense arbre qui servait de mat. Les matelots se reposaient dans son ombre, mangeaient ses fruits. Il ne craignait pas le sel, le vent de mer, au contraire, il était fort et droit, ses longues feuilles ressemblaient à des algues douces, des rubans bleutés. La brise faisait un bruit de carillon quand elle passait dans ses cheveux..."

La gamine aux cheveux blancs se tut dans un sourire de vieillarde, un éclat de rire émerveillé, mais il y avait toujours comme un goût de "c'était mieux avant". La petite clochette accrochée à l'une de ses mèches teinta, semblant dire "je me souviens". Norui dodelina de la tête, soufflant doucement, les lèvres rapprochées comme pour siffler mais sans oser, elle tentait timidement de reproduire sous son crâne le murmure d'un zéphyr mort pour toujours. Le silence revint au bout d'un long moment, seulement entrecoupé de la respiration plutôt agitée du triton. Il devait essayer d'imaginer l'arbre un jour de tempête, probablement. L'ancien ange ramena son sourire et recommença l'anecdote de ses faux souvenirs déformés. Son accent faisait parfois sauter quelques syllabes. Elle racontait avec la fierté douce des mères parlant de leur fil prodige mais mort en mer ou à la guerre, évoquant leurs qualités, leurs hauts-faits, sans jamais songer à prononcer le pathétisme de leur mort. C'était presque les péripéties d'un enfant adorable qu'elle contait.

"Et puis ses racines étaient sages et ne s'amusaient pas à essayer de crever la coque. C'était grandiose de naviguer toujours à côté d'un bout de la terre. Ainsi, on amenait toujours un nuage d'oiseaux avec nous. Ils partaient chasser la journée, des flèches blanches dans le ciel marin, et revenaient le soir car nous étions le seul endroit où ils pouvaient se poser, alors ils étaient obligés de nous suivre pour faire la traversée. Ils nous indiquaient où étaient les îles, la terre la plus proche. Ce n'était jamais tout à fait silencieux, et quelques matins, on trouvait de véritables tapis de plumes abandonnées sur le pont. On se serait cru sur un nuage. Je crois qu'une ou deux fois on a failli s'envoler. Féa était très jaloux, mais c'était le seul faucon, alors il pouvait faire le chef, leur voler dans les plumes dès qu'il n'était pas satisfait, au final, il y trouvait son compte lui aussi."

Norui rouvrit un œil. Elle n'avait pas vu Féa depuis plusieurs heures maintenant, et même si elle connaissait son côté indépendant, même si elle savait qu'il réussissait toujours à la retrouver, elle n'aimait pas ce vide planant dans le ciel, là où il aurait du se trouver. Mais il reviendrait...

"Et lorsque nous avons fait escale à Isme, l'îlot aux singes, pour réparer le gouvernail, quelques uns d'entre eux sont venus avec nous. C'était infernal, le tintamarre qu'ils faisaient, mais moi ça me faisait rire! Le cuisinier a même menacé d'en faire mijoter quelques uns! Tu penses, ses rares ustensiles disparaissaient à longueur de journée! Et je peux te dire qu'un singe est très imaginatif pour détourner la fonction d'un objet. Je me demande quel goût ça a, une cuisse de singe..."

Elle était songeuse. Si leur fuite et ses rêveries lui avaient fait oublier sa faim rugissante, ce grignotement intérieur revint à cet instant.

"Hum... De toute manière, je n'en gouterais jamais! Juré! En tout cas, mes hommes m'ont fait promettre de faire descendre les singes à la prochaine île. Je n'avais pas envie, mais je n'avais pas le choix. Ernande insistait. Ils n'ont même pas voulu qu'on en garde un! Même pas Piwi. Il était un peu idiot, mais il savait danser... Hum... On les a laissé sur une côte sauvage de Lan Rei. Pas très loin de Reilor d'ailleurs. Ahah, tu imagines s'ils sont allés jusqu'au port? Ca devait être une belle pagaille. Imagine les dames de bonne famille, leur indignation "Oh que c'est gênant Milady, un vrai zoo, pour notre promenade du dimanche, dieu que c'est inconvenant!". "

Norui emprunta une voix pincée et pleine d'accents désués, ce qu'elle s'imaginait être l'intonation des gens riches.
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MessageSujet: Re: Il était un petit navireuh, il était un petit navireuh qui n'avait ja-ja-jamais navigué...   Jeu 26 Fév 2009, 00:07

"Et elles pousseraient de grands cris quand l'un des chimpanzés soulèverait leurs jupes sur armature. Ahah! Elles en perdraient leurs colliers en perles et leurs belles coiffures. Hum... Tu les imagines?"

Elle redressa un peu sa tête, la planta sur la paume de sa main, soutenue par son coude, et elle guetta l'affirmation de son ami. Mais il semblait trop concentré à essayer d'imaginer pour répondre. Avec un hoquet d'indignation contre son manque de politesse, elle se dépêcha de réparer son erreur, mais pas son manque d'articulation.

"Haaaaaan! Au-fait-tu-peux-m'appeler-Norui-enfin-si-tu-veux-parce-que-t'es-pas-obligé-même-que-si-tu-préfères-tu-peux-m'appeler-Irda-ou-Moé-ou-Chrisence-ou-Nirvann-c'est-joli-Nirvann-tiens-non-t'en-pense-quoi? Oh-et-puis-au-fait... Comment je t'appelle moi?"
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MessageSujet: Re: Il était un petit navireuh, il était un petit navireuh qui n'avait ja-ja-jamais navigué...   Sam 04 Avr 2009, 22:58

Sa respiration était difficile, saccadée. Des feux d’artifices éclatés dans sa colonne vertébrale et ses muscles se bloqués dans de longues et douloureuses crampes. Arhid se permit e fermer les yeux quelques instants, plissant les paupières et serrant les dents. Il ne se souvenait pas de telles douleurs physiques. Juste parce qu’il s’était débattu et prit de la vitesse, son corps ne lui répondait plus. Il avait l’impression d’être un vieux bateau que l’ont a poussé au large. Une tempête aurait éclaté et le vieux rafiau aurait craqué, perdu son mat, ses planches, il se serait fissuré avant de se démanteler pour mieux sombrer. Il avait l’impression d’être du vieux bois maintenu par une veille corde dure et tendu, coagulé par le sel.

Ca faisait aussi longtemps qu’il était conscient de ce qui l’entourait. Il se sentait fatigué, ayant perdu l’habitude de devoir retenir et analyser tant de chose. Enfin, pour l’instant son esprit avait du mal à se focaliser sur un objet autre que sa douleur.

Sa main se crispait sur la peau grise de sa queue. Le muscle tendu ne voulait visiblement pas se calmer. Il dévoila a nouveau son regard flou. L’eau glissa sur son œil sans même qu’il ne le remarque tout comme ce même liquide qu’il inspirait et expirait à travers sa bouche entre ouverte.
Il laissa retomber sa main dans l’eau. Ne pas bouger. Ne pas bouger surtout…Ca pouvait être difficile a faire mais son corps n’avait la force de se rebeller. Un vrombissement lui troublé l’ouï, il n’arrivait pas a entendre le petit soleil… Il fini par décider d’attendre que çà passe, le bois finirait bien par se réhydraté et devenir plus souple. Juste pour ne pas avoir trop mal. Juste assez pour pouvoir nager encore sans jamais s’arrêter…

Dans le champ de son regard il fini par voir apparaître le petit soleil. Il illumina instantanément son esprit perdu, lueur proche qui le ramenait hors de son corps rouillé…
Cependant la douleur était encore top vive et sa respiration trop violente pour qu’il comprenne le babillage de la petite. Alors il se laissa bercé par ses mots, observant els cours cheveux argenté flotter sur l’eau comme plein de petites étoiles. Les siens, plus longs, plus ternes se faisaient emportés, tourbillonnant et caressant. On aurait dit des algues…

Il réussit finalement à oublier un peu la douleur et à comprendre plus ou moins ses paroles. Mais il continua d’être bercé sauf que des images prenaient vie dans son esprit embrumé aussi facilement que dans celui d’un enfant. Il s’imagine le fameux bateau, la petite Norui avec un tricorne sur la tète…Et parfois les images étiraient très légèrement ses lèvres où le souffle se calmait peu à peu…

Soudainement, la petite s’emportât. Un flot de sons s’échappa de sa bouche, inondant le pauvre triton qui avait du mal à descendre de son nuage…

Mais cela eu un bon résultat, il sourit plus franchement et un léger rire secoua sa cage thoracique brulante… Une relative baisse de la douleur lui permit soulever sa tète pour que ses paroles de soit pas un « glouglou » à cause de l’eau…


- Doucement…Petit soleil…Je ne comprends pas tout…

Sa voix allait mieux. Sa respiration allait mieux. Il était à nouveau capable de faire des phrases quasi-complètes…

- Moi ? Mon prénom est …Arhid…

Depuis combien de temps n’avait –il pas prononcé ces deux syllabes ? Cela sortait étrangement de sa bouche. Ca lui paraissait loin, comme si ce n’était pas lui qui le disait. Arhid….Son nom…Sa représentation ?

Soudain il eu un souvenir. Il tendit le bras et se saisit d’un rebord de la plate forme il se tira en grimaçant jusqu’au bord à la force de son bras. C’tait difficile, à l’air libre il avait toujours l’impression de peser des tonnes. Son bras plongeât dans l’au le long du rocher. De nombreuses petites grimaces jouaient sur ses traits à cause de son corps parcouru de crampes vicieuses.
Sous ses doigts râpeux il sentit les formes de ce qu’il recherchait. Ses doigts plongèrent entre et en arrachèrent une poignée. Se tournant a nouveau vers la petite il posa sa trouvaille face a elle. C’était tout simplement des coquillages. Quoi de plus normal qu’en on se trouvait sur un rocher sortant de la mer ?
Ca ressemblait a des moules, la même taille, la même forme. Seulement elles étaient couleur cuivre. Arhid ne connaissaient pas le nom de ces coquillages alors il disait simplement les moules cuivrées. Il en détacha une et à l’aide de la paume de sa main il brisa la coque de la moule sur le rocher. Il tendit le coquillage en le tenant par la coque intacte au petit soleil. A l’intérieur se trouvait quelque chose orange-rouge…


- Tu peux gober l’intérieur si tu as fin…J’appelle çà des moules cuivrées, c’est comme les moules noires mais çà a plus de goût….Si tu aime je t’en casserais d’autres…

Il souriait doucement, prés a sacrifié la seule partie de son corps qui n’était pas bloqué par les crampes : son bras droit…

-Puis…dis moi…Ca ressemble a quoi…un singe ?

Et oui. Arhid étant une créature des mers il était loin de savoir a quoi pouvait ressembler toute les créatures terrestres. Ho, il est vieux c’est vrai. Il est fort possible qu’il en est vu dans le passé mais il n’en connaît certainement pas le nom. Et puis… Il n’avait pas envi de se plonger dans ses souvenirs qui remontaient à après la mort d’Eridor, il y a environ 500 ans…

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