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"Homme libre, toujours tu chériras la mer !"
"La mer enseigne aux marins des rêves que les ports assassinent."
"La sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit."
"Il est des moments où les rêves les plus fous semblent réalisables à condition d'oser les tenter."
"Le voyage est une suite de disparitions irréparables."
"Nous sommes de l'étoffe dont sont faits les rêves, et notre petite vie est entourée de sommeil."
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"Nous trouverons un chemin... ou nous en créerons un."
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 Les bolosses (pv survivants multiracial sans préjugé)

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~*Reine des Abysses*~

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MessageSujet: Les bolosses (pv survivants multiracial sans préjugé)   Dim 08 Mar 2015, 01:29

Sur Ghurol, personne ne vous entend crier.

Vous n’êtes qu’un cri parmi les autres. Un repas ou une vengeance de plus. Un soupir dans un tunnel traversé par la tempête.

Un bruit, étouffé dans le chaos de cette désolation en sable et en os. Nourrissant  ce désespoir, une petite parcelle de terrain loué par l’Enfer pour les derniers représentants de ces terres perdues.  Les pires démons trouvaient refuge sous le soleil brûlant de Ghurol, arpentant sans gêne cette solitude faite terre. Ils remontaient à la surface, légitimes. Ici, c’est la peur qui se cache, et les vices règnent. Et les cris chantent que le monde continue de flotter.

Mais aujourd’hui, aucun cri ne berçait la reine au fond de sa fourmilière. Et songer que le monde pouvait couler lui nouait douloureusement l’estomac.

Elle écoutait. Avec application. Avec espoir. Depuis combien de temps ? Elle ne saurait le dire, le soleil ne donnait pas le rythme sous des kilomètres de couloirs souterrains. Allongée sur ses fourrures, elle tendait l’oreille. Mais seul le silence lui répondait.

Le silence…

De ceux qui vous enveloppent. S’infiltrent jusque dans vos veines, vos articulations, compressant votre chair de cet abîme opaque. Insinuant le doute, puis pire ! La certitude. Ce Silence !

Pourquoi ?

Elle l’avait déjà entendu. Une fois. Elle était sortie une nuit d’hiver, froide, et en finissant son repas, au petit matin, il était là… C’était à cause de la neige. Elle n’appréciait pas la neige, mais ce n’était pas grave… Seulement, il ne peut pas neiger sur Ghurol. Et même si c’était le cas, ça n’aurait rien de rassurant.

Il fallait qu’elle sache.

Elle se leva. Sortit lentement dans les couloirs, et déambula à travers les boyaux vides de son royaume. Tout avait été laissé comme si ses sœurs avaient juste pris une pause. Les portes ouvertes, les tissus éparpillés, comme au crépuscule avant la chasse. Tout affichait leur présence, des traces de leur activité. Les parfums familiers, même ceux des hormones que libère l’appétit. Pourtant il n’y avait pas jusqu’au moindre petit scarabée ici. Et elle savait qu’elle n’en trouverait pas non plus au-dessus. Elle fit les dernières foulées la menant à la grande porte en retenant son souffle. L’un des battants était ouvert, sur le désert. Du sable, du soleil. Une chaleur étouffante. Et aucun bruit ici non plus. Au moins n’était-elle pas engloutie sous une quelconque masse aqueuse.

Prise d’un doute, elle redescendit en vitesse jusqu’à la salle de l’Atlas. La carte conçue grâce au pouvoir de Kenze permettait de voir s’afficher en petits points lumineux les dormeurs de l’Archipel. Un outil de chasse révolutionnaire, qui avait permis l’élimination de plus d’un tiers d’accidents de téléportation depuis sa mise en place. Oanig le balaya du regard. A ce moment précis, juste sous ses yeux, dans la forêt de Yelli, le dernier dormeur d’Aïk Lan Do disparut.

Puisqu’elle ne semblait pas conviée à cette mystérieuse fête secrète donnée par les Maîtres du Jeu, elle décida de se rendre sur place, et de mener son enquête. Elle finirait bien par trouver un carton d’invitation… En un battement de cil, elle apparut en plein milieu de Yelli.

Évidemment, il n’y avait personne.

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MessageSujet: Re: Les bolosses (pv survivants multiracial sans préjugé)   Dim 08 Mar 2015, 17:00

"Quand est-ce qu'on arrive ? Quand est-ce qu'on arrive ? Quand est-ce qu'on arrive ?"

Je m'efforce de ne pas m'énerver, continuant de marcher silencieusement, me mordant les lèvres, les poings serrés, le droit dégageant les lourdes branches cinglantes de mon chemin, le gauche restant à portée de l'une des deux lames pendues à ma ceinture, juste au cas où.

"C'est quand qu'on..."

Je me retourne brusquement, lâchant la branche qui me fouette le dos et mon regard azur si semblable à l'océan se plante sur la personne qui vient de parler encore une fois. Cette voix niaise et chiante, qui sera pourtant un jour caverneuse et profonde. Je lève ma main droite en serrant les dents, puis ferme les yeux et m'efforce d'expirer un soupir en retenant mon coup, mon membre retombant le long de mon corps. J'avais promis d'arrêter de les frapper pour une raison aussi futile que le fait qu'ils m'embêtent.

Mais c'est loin d'être facile avec Kahn. Anna est tranquille et calme elle, parfois un peu trop, pourtant son frère jumeau c'est tout le contraire, il est imprévisible, impatient et surtout s'énerve facilement et agit sans réfléchir. Je ne peux pourtant nier qu'ils vont bien ensemble ces deux-là. Mais durant combien de temps pourront-ils mettre leur défauts de côté afin de s'unir et former ce duo d'enfer ? Cela fait maintenant deux ans que je les promène partout avec moi, deux ans durant lesquels ils ont vu des centaines de choses, rencontrés tellement de nouvelles races, s'entraînant chaque jour pour apprendre quelque chose de nouveau. Mais depuis qu'ils ont franchis la barre des quatorze ans (ce qui pour moi, reste encore très jeune), ils ont un peu changés. La crise d'adolescence sans doute. Kahn devient chaque jour plus téméraire et impatient, colérique et boudeur parfois, mais Anna devient plus distante et silencieuse, comme si elle se détachait petit à petit du monde. L'un est un excellent guerrier, l'autre maitrise la connaissance de la nature à la perfection, bien que j'ai appris les mêmes choses aux deux.

Kahn est là, en train de me fixer de ses grands yeux bruns, ses cheveux un peu plus long que l'été dernier, il va vraiment falloir que je fasse quelque chose avec ça puisqu'il refuse de les attacher, innocent seulement en apparence. Oh et puis merde. Ma main trouve sa place habituel sur l'arrière de son crâne et il grimace, mais ne hurle pas.

"Quand est-ce que tu vas apprendre à la fermer ?! Sérieusement Kahn, si tu continues de gueuler ainsi, on va effrayer tous les animaux à la ronde et crois-moi qu'il y en a des bestiaux dans cette forêt ! N'as-tu donc rien appris chez les elfes sur l'art de la chasse et de la discrétion ?"

Il me lance une moue dédaigneuse en croisant les bras sur son torse. J'ai horreur quand il fait ça.

"Parce que six mois chez les Longues Oreilles, tu crois que c'est amusant ? Tout ce que nous avons fait c'est chanter, manger, chasser, dormir, lire, encore chanter... je ne comprends toujours pas pourquoi toi, qui es une elfe guerrière, tu nous as forcé à passer plusieurs mois en compagnie de ces poltrons hippies mangeurs de salade !"

Un deuxième coup rejoint le premier et il n'a pas le temps de l'éviter. Je sais pourtant que si je recommence, il va esquiver le troisième et se lancer dans un combat qu'il perdra, mais dont il ressortira avec un peu plus d'expérience qu'avant. Mais je n'ai pas envie de me battre, là tout de suite, avec ce morveux et surtout pas dans cette forêt.

"C'était pour revoir ma famille, d'un côté et de l'autre, j'espérais que tu allais apprendre quelques choses des elfes ! Crois-moi, c'est dur d'essayer d'éduquer une tête de mule comme toi et non, je n'arrêterai pas, pas avant vos vingt ans ! Je ferai de vous des survivants, des personnes capables de s'adapter à n'importe quelle situation et d'aider les autres par la même occasion. Alors la ferme Kahn et suivez-moi !"

Sans un mot de plus, je tourne les talons et reprends ma marche là où je l'avais laissée. J'ai décidée de couper par la forêt pour rejoindre la plage, mais il y a encore un autre endroit où nous devons aller avec de quitter l'île. Un dernier entraînement sur Rosyel. Cela fait déjà un an complet que je n'ai revu ni Ran, ni Zevi. Je comptais aussi secrètement retrouver le premier ici, mais personne ne l'a vu, ce qui veut dire qu'il n'a jamais atteint Rosyel comme il prévoyait de le faire. Peut-être a-t-il fait naufrage ou bien il n'a jamais quitté les côtes de Lan Rei ? Dans quelle galère s'est-il encore mis mon très cher Ran ? Quand à Zevi, le vampire sait très bien que nos chemins se croiseront encore un jour. Comme nous sommes tous les deux plus ou moins immortels, nous avons le temps. Et pour l'instant, l'éducation de Kahn et Anna passe avant tout. Ils sont tous les deux derrière moi, Kahn juste sur mes talons, Anna un peu plus loin, observant les oiseaux et chaque plante inconnue qu'elle croise. C'est en la voyant dans ces moments-là que je me dis que, peut-être, elle n'est pas si distante que ça. Mais continuons d'avancer sinon nous n'y arriverons jamais.
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MessageSujet: Re: Les bolosses (pv survivants multiracial sans préjugé)   Jeu 12 Mar 2015, 00:42

Spoiler:
 

L'eau était partout.
Dans mes yeux, mes poumons, mon estomac, mes oreilles, mes narines. Comme si l'Océan s'était invité à l'intérieur et avait essayé de tout emporter avec lui, argenterie comprise.
Essayant de combattre ma répulsion, je crachais une nouvelle giclée d'eau de mer sablonneuse, sans réussir pourtant à me débarrasser des grains de sables qui collaient encore à ma langue.
Dégouttant.
Et puis il faisait froid. Diablement froid.
Frissonnante, je me redressais lentement. J'étais sur une plage. Terre ferme. Bon point.
Bon, peut être pas vraiment terre, et puis pas vraiment ferme. Mais c'était tout de même une nette amélioration, et pour une fois, j'étais disposée à m'en satisfaire.
Le sel m'avait brûlé la peau, et mes paupières avaient du mal à se décoller, pourtant j’ouvris grand les yeux en découvrant le paysage qui s'étendait devant moi.
La forêt. L'immense, magnifique forêt, s'étendant de chaque côté de l'horizon, sans un seul signe de civilisation en vue. Le paradis.
Je restais sans bouger un long moment. Mon corps était si fatigué, si douloureux, que je me demandais sincèrement si j'allais être capable de bouger un jour. La question ne se posa pourtant pas si longtemps : sans prévenir, quelque chose vint frôler ma jambe, doucement, presque tendrement. Une vague. Un violent frisson me secoua l'échine, me propulsant par la même occasion quelques pas en avant. Si je n'avais pas été si lessivée, j'aurais probablement glapi. Mais ma voix semblait avoir été avalée par l'eau, elle aussi. Je me tournais lentement, sachant déjà ce que j'allais affronter.
La mer. Elle était toujours là, si proche. Et elle cherchait à me rattraper.
Yeux écarquillés de terreur, je fis trois pas en arrière pour me mettre hors de sa portée. J'en aurais sûrement fait plus si je n'avais pas trébuché contre une pierre traîtreusement enfoncée dans le sable. Je tombais sur le sol, et le choc, bien qu'amorti, eut pour effet de ramener un peu de clarté dans mon esprit embrouillé.
Bien, reprenons depuis le début.
Comment en étais-je arrivée là, déjà ?
Des images, décousues, floues et enfumées, commencèrent à me revenir.
Ah, oui...

O o . o O

La nuit avait abandonné Reilor pour d'autres terres, d'autres cieux. L'aube prenait le relais, excentrique comme toujours, tirant des traits de verts, roses et bleus dans le ciel encore sombre.
Nous étions trois : Nareil, Zevi et moi-même, occupés à errer dans les rues du port encore endormi.
Bientôt, l'agitation commencerait, les dockers sortiraient de leurs tanières pour venir emplir les docks de leurs cris discordants, les bateaux de pêche entameraient leurs rituels va-et-vient sous l’œil affamé des mouettes, les marchands viendraient ouvrir leurs stands aux coins des rues, et la ville s'éveillerait doucement dans sa cacophonie habituelle.  
Mais pour l'instant les allées tortueuses du port baignaient encore dans le silence, et c'était un silence en trois parties.
C'était l'heure vide de la nuit. C'était cette période presque irréelle où tout s'arrête, respire, disparaît pour mieux revenir. L'heure des fantômes.
Nos trois silhouettes se coulaient parmi les ombres, accrochant au passage, elles aussi, des lambeaux de silence. Où nous allions n'a pas vraiment d'importance. Non, ce qui importe vraiment, c'est que nous étions suivis.

O o . o O


Un bruit. Un pavé mal logé qui roule, brisant l'immobilité du monde. Un souffle, suivi de son écho.
Une lumière dans une allée sombre.
Un mauvais choix.
Un cri.
Un choc, une réalisation, une odeur étrange. Une résistance futile, erratique, le monde qui commence à s'étioler.

Et puis le noir.

O o . o O


Toujours le noir.
Mais un noir différent, moins épais, un noir qui laissait un peu de conscience filtrer. Je mis un moment à reprendre mes esprits, et là encore, il me fallu un certain temps pour réaliser que cette sensation de tangage n'avait rien à voir avec un vestige de la drogue qu'on m'avait fait respirer plus tôt.
Non. J'étais sur un bateau. Dans la cale du bateau, pour être plus précise.
Et partout autour, invisible mais impossible à ignorer, il y avait la mer.
Omniprésente.
S'il m'avait été possible de rêver, j'aurais sans hésité décrit cette situation comme la réalisation du plus terrible de mes cauchemars.
Ils m'avaient mise sur un bateau.
Un bateau.
Sur la mer.
De l'eau.
Partout.
De l'eau...

Mon esprit sombra dans la folie. Quelque part, c'est sans doute ce qui me sauva : sans cette déconnexion bienvenue, je me serais sans doute résolue à m'éclater la tête contre les murs de ma prison de bois pour ne pas avoir à supporter cette situation plus longtemps.

Je ne vis donc pas le temps passer. J'ignore encore si je dois le chiffrer en heures ou en jours. On m'apporta de la nourriture à plusieurs reprises, mais je n'y touchais pas une seule fois. D'une part parce que j'étais trop profondément enfoncée dans mes fantasmes, d'une autre parce que cette maigre pitance ne m'apporterait rien de bon. J'avais besoin d'autre chose. J'avais besoin d'énergie.

Finalement, ce fut l'absence de son qui me tira de ma torpeur.
La musique vivante et sauvage du navire, rythmée par les pas et les cris des marins au dessus de ma tête, avait disparu. Ne restait plus qu'une mélodie lente, inquiétante, faite des plaintes étouffées du bois, de craquements solitaires et du bruit des lames qui s'écrasaient sans ménagement sur la coque.
Tempête.
Oh, elle ne battait pas encore son plein, loin de là. Mais elle arrivait. Je la sentais comme on sent l'approche d'un gros troupeau lancé au galop. L'air vibrait à tel point que c'en devenait presque douloureux.
J'appelais désespérément la folie, pour qu'elle vienne me rechercher, pour qu'elle m'accorde une dernière bénédiction en effaçant la réalité une fois encore. Je ne voulais pas vivre ça.

Mais la folie se refusa à moi.

Désespérée, je me dirigeais vers la porte, prête à supplier pour qu'on me laisse un couteau, une dague, une cuiller, un cure-dent, n'importe quoi qui puisse me permettre d'échapper à l'horreur à venir. Mais j'eus beau cogner, frapper, griffer, personne ne vint. Pire encore, personne ne me hurla de me calmer, personne ne vint se charger personnellement de me faire taire. À bien écouter, personne non plus ne crachait d'ordres plus haut, personne ne courrait sur les planches, personne ne chantait pour se donner le courage d'affronter les éléments.
Pas un bruit.

Ce fut à ce moment que la vérité me frappa. Avec plus de violence qu'un coup de poing dans le ventre.
Il n'y avait plus personne.
Marins, mousse, gardes, capitaine, tous avaient disparu.
J'étais sur un bateau fantôme.

Comme pour marquer le dramatisme de ma réalisation, le vaisseau se souleva, porté par une vague dévastatrice, avant de retomber tout aussi brusquement. Je heurtais les murs de ma prison à plusieurs reprises, chaque nouveau choc blessant un peu plus mon corps, me rapprochant un peu plus des doux bras de l'inconscience et de l'oubli. Mes organes dansaient dans mon ventre. Ma tête était lourde et ma bouche était envahie par le goût du sang. Je me laissais porter, poupée perdue dans la tempête. J'attendais le coup final.

Celui-ci se présenta sous la forme d'un récif.


O o . o O


Souffle court, je rejetais les dernières bribes de souvenirs. Comme si ce n'était pas suffisant de vivre cette horreur une fois. Le bateau s'était empalé sur les brisants, qui crevèrent sa coque comme un fruit trop mûr. J'avais été avalée par la mer, inconsciente. Et celle ci n'avait visiblement pas apprécié mon goût, puisqu'elle m'avait recrachée... ici.
Mais où était « ici » ?
Et où étaient les autres ?
Pour la première fois, je me rappelais de l'existence du vampire et de l'elfe. Étaient-ils eux aussi sur le bateau ? Avaient ils survécu ?
Et puis d'abord, pourquoi un bateau ? Pourquoi cette attaque ? Pourquoi...
Comment ?
Comment un équipage entier avait bien pu disparaître au plein milieu de nulle-part ?
Dépliant mes membres meurtris, je me redressais. Bien trop de questions. Pour l'instant, je devais chercher mon elfe et mon vampire. J'espérais retrouver d'eux quelque chose de plus vivant qu'un cadavre, mais j'avais peu d'espoir. Avec un peu de chance, ils étaient encore à Reilor, se disputant avec Nox pour savoir comment gérer la taverne en mon absence.
Je secouais la tête. Non. Les démons ne peuvent pas rêver. Pas même comme ça.

Boitillant, je choisi une direction au hasard et commençais à remonter la longue plage en quête de vestiges, de morceaux d'épaves, et de cadavres pas trop morts.
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~*Reine des Abysses*~

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MessageSujet: Re: Les bolosses (pv survivants multiracial sans préjugé)   Lun 16 Mar 2015, 13:43

Il manque Oeny, Zeviehl et Narèil.

Vous préférez que les premiers à avoir posté continuent un peu ou chacun poste une fois avant de recommencer?

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MessageSujet: Re: Les bolosses (pv survivants multiracial sans préjugé)   Dim 12 Avr 2015, 04:17

Je me réveil d'un profond sommeil. Est-ce l'eau chatouillant la plante de mes pieds, le soleil brûlant ma peau, le sable semblant vouloir s’introduire aux endroit les plus intimes de mon anatomie ou bien mon cerveau voulant s'échapper de mon crâne qui me fit ouvrir les yeux ? Ceci restera une question sans réponse, cependant j'ai l'impression d'avoir une très mauvaise gueule de bois.

 Je me redresse avec difficulté, chaque mouvement étant une torture pour mes os. Je regarde à droite, à gauche, rien que du sable, beaucoup de sable, à perte de vue. Devant moi la mer, pas celle de Reilor, non.

Où suis-je ?

 Je tente de me lever, quelque chose cède et je retombe par terre dans un cri de douleur. Comble de malchance, ma tête heurte une pierre dépassant lâchement du sol. Flash de douleur, vision qui se trouble, ma pauvre tête...

Où suis-je ?

 Ne pas paniquer, ne pas paniquer, tel est le maître mot, plus facile à dire qu'à faire. D'abord faire l'inventaire de ce que je sais. Commençons par mon état. Je m'assoie tant bien que mal et me débarrasse de mes vêtements trempés pour examiner mon corps. Plusieurs estafilades, une plaie un petit peu plus profonde qu'il faudra recoudre, je soupire. Je palpe mes membres, frissonnant au moment où j'effleure ma cheville droite, foulée ? Peut être, en tout cas pas cassée, point positif.

 Le soleil continu à taper douloureusement, j'ai soif. D'un coup toutes les vieilles leçons de survie de mon père me reviennent en mémoire, il faut éviter la déshydratation... trop tard apparemment, alors ma priorité est de trouver de l'eau... je regarde devant moi.... pas de l'eau de mer. Derrière, une forêt. De l'ombre et sûrement des ruisseaux. Voila j'ai un objectif . Je regarde autour, cherchant de quoi me faire une béquille, bingo, un morceau de bois pas trop loin. Je rampe jusqu'à ce dernier et parvient enfin à me redresser.

 L'ombre de la forêt, quelle bonne chose. Je claudique pendant plusieurs minute qui paraissent interminables. Autour de moi, des ombres, des bruits tout sauf rassurants, je me sens épié, je suis sûrement un intrus sur le terrain de chasse de telle ou telle bête sauvage. Ajoutons ça a la soif et à la douleur et me voilà dans une position plus qu'inconfortable.

 Enfin un ruisseau, avec joie je me laisse tomber dedans, buvant de tous mon soul, laissant le courant détendre mes muscles et laver mes plaies. Le liquide semble me faire revenir à la vie, quel bonheur. Je ferme les yeux et commence à réfléchir.

Ou suis-je ?

 J’essaie de me rappeler des derniers jours. Quelques souvenirs me reviennent par flash. Concentre toi, a quand remonte tes derniers souvenir de Reilor ? 4 jours, peut être une semaine. Concentre toi, reconstruis l'histoire...

* * *

 Une soirée à Reilor ? Je me souviens avoir descendu plusieurs bouteilles au bar, il y avait des personnes avec moi... Aelix et … Zeviehl ?  Ça y est, les souvenirs me reviennent. Il devait être 3h du matin, mon service était terminé depuis environs une heure, une heure passer à picoler. Zeviehl, dans un état semblable au mien nous avait proposé d'aller faire un tours avec Aelix.
Ce fut une belle soirée, à joué du violon au claire de lune, à traîner dans les coupes gorges du port, à ridiculiser les racailles de la ville. Et puis vint l'heure ou la ville s'endort, cette heure creuse où il n'y a plus personne dans les rues, cette heure où le silence est plus profond, il s'agit d'un type particulier de silence, celui qui nous sert dans ses bras et qui nous réconforte au moment où l'on va dormir, celui qui marche à nos côté lorsque l'on se retrouve seul dans les rues. Celui qui précède l'activité des dockers et des marchands, c'était le silence qui berçait la ville durant le petite heure où elle se reposait. car bientôt la ville se remettrait à bouger

 Et de ce silence ils surgirent. La violence s'abattit, nous prenant par surprise, nous empêchant de riposter, et puis ce fut l'obscurité...

* * *

Un voile devant mes yeux, je ne me souviens pas très bien. Avais-je été drogué ? Tous les effets était la. Ainsi le temps passa, j'étais dans une pièce complètement obscure, pas un bruit à par celui du craquement du bois, pas une présence. L'odeur du bois mouillé et de la moisissure était partout. A mon premier réveil, un bol rempli d'une substance épaisse était posé à côté de moi, je me refusais d'y toucher, me rendormant le ventre vide.

 Au deuxième réveil, le voile avait disparut, la faim était-elle cependant plus forte, et le bol toujours présent. Je n'y touchais pas. A la place, je me m'y à examiner la pièce : petite, de la taille d'une prison dans les navires transportant des esclaves... voilà où j'étais, un navire d'esclavagiste, et il ne faisait aucuns doutes de mon sort, merde.

 Les heures passèrent, étant dans une obscurité totale, je ne pouvais pas dire combien. Mon estomac me disait qu'il y en avait eu beaucoup. Bientôt je ne pus plus me lever, le bol devenait de plus en plus attractif. J'avais cessé toutes tentatives d'ouvrir la porte de ma cellule, à quoi bon ? J'étais sans doute au milieux de l'océan.

 Puis petit à petit m'a volonté céda, l'obscurité et la faim eurent raison de mon esprit. Sans plus aucune retenu j'avalais le contenu du bol. Puis l'attente reprit, une attente dérangé par des formes dans l'obscurité. Je me mis à leur inventé une histoire, à les nommer, à leur parler. Était-ce le contenu du bol ou l'enfermement qui me faisait agir comme ça ? Sans doute un peu des deux.

* * *

 Un grand fracas retenti, je me sentis m'envoler pour m'écraser contre un des murs de ma prison, dur réveil, mais efficace. Je me souviens avoir souris à ce moment la puis éclaté d'un grand rire. Les maîtres des océans venaient mettre fin à mon calvaire, d'une façon radicale... Un peu trop efficace... C'est à ce moment la que mon instinct de survit se mit en marche, je ne voulais pas mourir.

 Je me mis à essayer de défoncer la porte, à appeler à l'aide... J’eus beau faire le plus de bruit possible, rien. Pas une personne ne semblait s'activer sur ce foutu rafiot. Je me m'y à être ballotté d'un bout à l'autre de la pièce, chaque choc meurtrissant un peu plus mon corps. Puis il y eu un choc un peu plus puissant, mon corps passa tout simplement à travers la porte.

 A peine ais-je eu le temps de me remettre du choc qu'une nouvelle secousse m'expédia à l'autre bout de la nouvelle salle. Un coup de chance ? Très clairement vu que j'atterris en-dessous de la trappe menant à l'extérieur.

 Enfin dehors, il n'y avait personne sur le pont, pas de capitaine criant ses ordres, pas de matelots s'activant pour survivre, personne.

 Puis il y eu un dernier choc. Le navire venait de rencontrer quelque chose de dur, très dur. Je ne saurais jamais ce que c'était vu que je fus éjecter par dessus bord...

* * *

 Je rouvre les yeux, me redresse difficilement. Assez ressasser mes souvenirs. Je suis à priori perdu sur une île déserte... et je n'ai aucune idée de comment survivre... génial. Si seulement Aelix et Zeviehl étaient présents... d'ailleurs, qu'étaient-ils devenus ? Bonne question, pas importante pour l'instant.

 Je me mis en direction de la plage, qui sait, peut être allais-je trouver des restes de mon navire... et avec un peu de chance, des vivres...

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*Succube*

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*Succube*

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MessageSujet: Re: Les bolosses (pv survivants multiracial sans préjugé)   Lun 11 Mai 2015, 20:40

Spoiler:
 

L’escalier meunier grinça sous leurs pas pressés.
Comme en réponse à ce soupir, un gémissement franchit la barrière des lèvres de la jeune femme, étouffé aussitôt par une bouche tonique.

Plaquée à ce mur si froid, soutenue par ses hanches par deux grandes mains dures et calleuses, elle goûtait aux prémisses d’un nouvel office. La hâte, l’empressement de cet homme de 30 ans seraient les magnifiques coupes qui orneraient la table des délices nocturnes, dans lesquels seraient servis sa stupeur et son pouls battant. Elle voyait déjà ce qui lui serait servi sur le divan et elle embrassait cette volupté qui lui chatouillait les canines.

Il délivra enfin son souffle de son emprise bestiale, la regardant avec une once de fascination et de satisfaction tandis qu’elle inspirait une grande goulée d’air. L’oxygène neuf lui brula les muqueuses buccales, beaucoup trop excitées quelques secondes plus tôt, incendiant ses artères d’un feu nouveau. Son pied droit tâtonna alors l’air pour retrouver la marche sur laquelle elle était avant tout cela, où elle prit appui pour mieux se dégager de son étreinte.
Surpris, il la lâcha. Elle lui jeta une œillade, de ces yeux qui trahissent le désir, pour qu’il comprenne que le jeu du chat et de la souris n’était pas encore terminé. Il sourit perversement à cette idée et suivit le rire d’Eyniem.
En quelques pas il l’avait rejoint, fermant promptement la porte, et la succube se délectait de cette forte endurance qui frôlait la soumission.

Paradoxe.

Elle était prise en tenaille dans cette chambre trop étroite et cette longue ombre la faisait reculer machinalement vers le lit, un sourire carnassier collé au visage. Trop obnubilée par la menace, elle buta contre le cadre du lit, sur lequel elle s’étala de tout son long. Elle restait là, ses yeux rivés aux prunelles ardentes de sa proie, nonchalamment elle se faisait appât.

Il se vouta langoureusement au-dessus d’elle, et elle sentit s’abattre sur ses chevilles deux arceaux émaciés. Alors qu’il la tirait à lui, sa jupe courte remonta sous la pression du mouvement, découvrant le reste de ses jambes élancées, ses hanches soulignées d’une fine dentelle pourpre et le creux de son ventre plat. Sagace, il se faisait violence pour ne pas fondre sur tant de secrets à moitié révélés.

************************************
Ses mains glissèrent dans son dos, le griffant pour mieux se retenir, ses yeux fixant le phare qui jetaient sur eux ses halos à intervalles réguliers.

Souffles, saccadés. Regards, enragés.

Et tandis qu’il la martelait de ses coups de reins vengeurs, qu’elle pliait sous lui, elle cherchait à s’accrocher à n’importe quoi pour ne pas s’abandonner complétement.
Non, … non … Ce n’est pas le moment…. Pas… le … mom…

Pourtant quelque chose la poussait à forcer les portes de sa conscience. Était-ce ses râles ? La crispation de ses muscles ? Ou bien cette étincelle victorieuse et au combien arrogante dans son regard ? Elle grinça des dents à cette pensée, tentant de retenir un gémissement.
Que croyait-il ? Qu’elle se donnerait ainsi ? Mais non, dans ce monde-ci rien n’est gratuit. Elle allait le lui apprendre. Lui faire connaître sa vérité.
Elle accrocha son regard aux prunelles violettes de son amant, scellant leurs lèvres une nouvelle fois de cette avidité mortifère. Elle s’immisça dans son esprit avec lenteur, faisant de leur plaisir synchrone et de cet ultime transport les piliers d’un pont vers son âme.

Elle touchait dans les délices de l’extase ses peurs les plus enfouies, lovées derrière les émotions de l’instant présent, comme si malgré leurs obscures oppositions elles étaient liées entre elles par quelque chose d’incommensurable.
Et tandis qu’elle plongeait dans cet amas d’incertitudes, dans ces gouffres amers, elle voyait son regard oscillé entre le voile du désir, le vif de la douleur, la lueur du plaisir, la rétraction de l’angoisse… . Et il luttait, lançant à la dérobée un regard tendre à celle qui contrôlait ce maelstrom, sans qu’il s’en doute le moins du monde, comme pour la rassurer.

Oh qu’il était beau dans cette torture silencieuse, pensa la succube, confortée dans son jeu malicieux.

Oui elle voulait jouer encore, s’amuser à chercher ses solitudes, à distordre ses souvenirs. Encore, plus encore. Toujours plus.

Une onde.

Un choc.

Elle se releva de cet étourdissement qui n’avait duré qu’un dixième de seconde, cherchant à renforcer ce lien tenu entre elle et son amant qui avait failli se briser sous l’assaut. Trop occupée à sécuriser le cellier de sentiments de cet homme fasciné, elle ne vit pas son environnement se brouiller, ne vit pas la lumière et les ombres se tordre, les murs et les lampes se reculer, se fondre en une seule masse obscure.

Relevant la tête, alertée par un instinct primitif, elle se rendit compte de son erreur. En face d’elle résidait la faille de l’espace-temps, l’obscurité la plus noire, le silence le plus intense, le vide le plus angoissant de son histoire.

Vide sidéral.

Elle se sentit happée par ces confins lourds de sens, cherchant à se raccrocher au corps de son amant dans un sursaut vain. Sa main rencontra le vide, se resserrant et se desserrant simultanément sur un air chaud. La tête lui tournait dans cette obscurité, alors qu’elle tombait toujours plus. Une peur sourde lui vrilla le crane, fit bourdonner ses oreilles d’où s’écoula un léger filet de sang.
Elle allait disparaitre sans mots dits. Juste disparaitre dans un cyclone, étouffée de cette pression trop forte pour être naturelle, prisonnière de cette façade circulaire et restreinte.

Elle eut un sursaut. Stupeur.
Son corps, jusqu’à ce moment atone et subissant la gravité, se tendit. La prise de conscience avait été brusque. Un seul mot, un seul avait réussi à lui redonner de l’espoir. Circulaire. Etait-ce véritablement ce à quoi elle pensait ? Se trouvait-elle dans une voie de téléportation ?

================

« Veux-tu que je sois présente dans ton esprit ou veux-tu que je m’en aille ? »
Pensées, plaisirs résiduels.
Il tourna la tête dans tous les sens, cherchant cette emprise aussi délicieuse que cruelle qu’il avait ressenti. Il se trouvait dans une chambre aux murs jaunâtres, noircis à quelques endroits par l’humidité. De l’autre côté de la baie, le phare projetait inlassablement ses rayons.

Etait-ce qu’un rêve ?

Un halo éclaira brièvement la pièce avant de repartir embraser d’autres horizons.
Là, en quelques dixièmes de secondes, il aurait pu voir flottant et s’éclipsant dans l’air des milliers et des milliers de particules dorées. Son rêve s’était dématérialisé.

==================

Elle n’eut pas le temps d’exercer quoique ce soit pour tester son hypothèse. Elle se sentit douloureusement arriver sur la terre ferme. Elle ne savait toujours pas voler, malheureusement pour elle.

Elle effaça le sourire narquois qui s’était dessiné sur ses lèvres à cette blague de mauvais goût et se réprimanda de sa dérision en même temps qu’elle détaillait son environnement.
Couleurs vives et chatoyantes. Elle était subjuguée devant la magnificence du lieu mais n’eut le temps de s’y attarder que ses jambes partaient déjà vers une destination inconnue, poussée par une pulsion, une raison qui était inscrite en elle depuis son premier âge.

Un appel. Elle ne pouvait résister.
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MessageSujet: Re: Les bolosses (pv survivants multiracial sans préjugé)   Sam 28 Nov 2015, 02:21

Elle n'entendait plus le son des vagues qui mouraient loin de sa conscience tandis que l'eau lui lapait les pieds de plus en plus avidement.  Elle les ramena près d'elle. Cela faisait deux jours que la démone avait débarqué sur Rosyel et elle avait fait, en tout et pour tout, qu'une centaine de mètres et s'était assise au bord de l'océan, sur un rocher. Le niveau était monté jusqu'au bas de son dos puis avait diminué alors que la terre reprenait ses droits. Elle n'avait pas bougé malgré les gifles salées et le vent glacial, non pas qu'elle voulait s'infliger un tel traitement, mais elle était tétanisée. Son monde s'était réduit à cette pierre, tant qu'elle n'en bougeait pas rien ne pouvait lui arriver, que ce soit bien ou mal. Une pause spatio-temporelle.  Si elle quittait son monticule, elle serait réellement à la recherche de Mattie et ses espoirs fous reviendraient la hanter. Et elle était fatiguée... Horriblement fatiguée. Les « pourquoi ? », « comment ? », « où ? », le tout agrémenté de culpabilité et de cette satanée espérance martelaient son cerveau, crissaient sur ses tympans inlassablement. Les conditions météorologiques semblaient si dérisoires.

Un soupir lui échappa. Elle ne supportait pas quand ça lui arrivait. Soupirer était bon pour ceux qui ne parvenaient pas à vivre par eux-mêmes, esclaves de l'absence de l'objet de leur désir. Elle ne voulait pas être comme ça. Elle ne l'avait jamais été, jamais. Elle avait vécu par elle-même et pour elle-même. Tout ceci était avant qu'elle ne rencontrât Mattie. Fichue humaine avec ses idéaux et sa fierté, malgré sa condition. Comme elle la haïssait de l'aimer ! Elle s'était mise à douter, à se remettre en question et même à songer au sens de la vie. Elle s'était dit que c'était peut-être ça « vivre » après tout.

Il était temps de bouger. De toute façon, ses yeux ne lui permettaient pas de distinguer la houle. Ça ne l'avait jamais tracassée outre mesure. Avant. A combien s'élevait le nombre choses qu'elle avait ratées faute de les avoir vues ?

Elle se leva et se détourna de ce vide uniformément flou et se dirigea vers la forêt.

---

Oeniryx n'avait fait que quelques pas quand elle discerna un humanoïde. Son estomac se noua puis sembla coulé au plomb lorsque son odorat l'informa qu'elle ne connaissait pas l'individu. Elle s'en approcha néanmoins, espérant faire taire les gémissements internes qui avaient repris.
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MessageSujet: Re: Les bolosses (pv survivants multiracial sans préjugé)   Ven 13 Jan 2017, 20:54

Un pied devant l’autre. L’autre devant l’un. L’un devant l’autre. Encore un peu, encore une fois. Cela devenait plus facile avec le temps. Au bout d’une petite centaine de mètres, je titubais déjà moins. Deux cent, et je pu me redresser complètement. Trois cent, et j’arrivai à faire abstraction de la morsure du sable. Quatre cent, et le chant des vagues ne me donnait plus la nausée. Cinq cent…
Cinq cent, et une silhouette se découpait contre le ciel  brûlé. Part d’ombre masquant les étoiles. Lointaine, certes, mais indubitablement humaine. Enfin, humanoïde. L’espoir brûla fort en s’envolant dans mes veines.

Zeviehl ? Nareil ?

Ma voix avait la délicatesse d’un croassement de corbeau, et les noms familiers coulèrent dans ma gorge comme des cailloux tranchants. Je déglutis avec difficulté, dans une tentative un peu vaine de ramener un semblant d’humanité à ma voix.
L’autre continua d’avancer, ne semblant pas m’avoir entendu. Peut-être avait-il simplement confondu mon appel avec le cri de désespoir de quelque oiseau marin. Peut-être n’avais-je pas crié assez fort. Peut-être était-il sourd. Ses pas le menaient vers le sombre mur de la  forêt. Loin de moi.
Sans vraiment y penser, je me mis à courir. Ce n’était pas une activité que je pratiquais souvent, mais je ne m’en sortais pas si mal. Enfin, disons que je ne tombais pas si souvent que ça, et que j’arrivais vaguement à conserver mes poumons. En théorie. Mais je n’avais pas pour habitude de courir sur du sable.
L’inconnu avait donc largement eu le temps de disparaître dans l’ombre du feuillage avant que je n’arrive  à l’endroit où je l’avais d’abord aperçu.
Je pris un instant pour retrouver mon souffle et parcourir les environs du regard. La forêt s’étendait devant moi, moins impénétrable qu’elle ne m’avait semblé depuis la berge. Derrière moi, la plage s’étendait, avant de se dissoudre dans la brume mousseuse des embruns. Au loin, je cru un instant discerner les reliques délaissées d’un vaisseau échoué, une ombre bleutée comme un souvenir, grignotant une petite portion de l’océan. Le temps d’un clignement, elle avait disparu.

Je secouai la tête, me détachant de mes chimères. Pas de temps à perdre en contemplations, il me restait peut-être encore une chance de rattraper mon humanoïde. Après une grande inspiration pour me donner contenance et courage, je m’enfonçais à mon tour sous les frondaisons. Je m’attendais à trouver une piste, ou du moins une quelconque trace du passage de la silhouette que je poursuivais. Mais il n’y avait rien. Ou du moins, rien que je ne puisse voir, mais je n’avais jamais été très douée pour ces choses là. Mais j’avais une petite idée de ce que je cherchais : des marques dans la terre fine, une branche tordue, des feuilles mourantes, fraîchement écrasées… Et pourtant, je ne distinguais rien de tout cela. Étrange. Un pressentiment désagréable pulsait dans ma gorge.
L’ignorant savamment, je commençai à tracer mon chemin entre les troncs. La lumière filtrait à peine, ici, et des nuages de poussière dorée dansaient dans les rares rayons qui perçaient ici et là. Je doutais de plus en plus de mes chances de retrouver celui ou celle qui m’avait précédée ici, s’il y avait bel et bien eu quelqu’un, mais qu’importait, au fond ? La forêt était définitivement mieux que la plage. Ici, au moins, le sol était vraiment stable, et je n’entendais déjà presque plus le murmure veule de l’océan.
Là, sous les lourds feuillages, c’était le silence qui régnait. Troublée par la sérénité des lieux, je ne songeai même pas à renouveler mon appel. Je me contentai d’avancer, m’enfonçant toujours un peu plus loin, simplement heureuse de pouvoir oublier mes aventures marines. J’étais certaine, maintenant, que mon inconnu n’avait été qu’un autre fantôme, une hallucination causée sans doute par le trop grand nombre de chocs qu’avait enduré ma boîte crânienne pendant la nuit. Mais c’était sans importance.
J’ignore encore combien de temps exactement combien de temps j’errai ainsi, sans but véritable, entre les grands arbres. Assez pour retrouver un certain calme, pour oublier une partie de mon traumatisme.
Assez aussi pour croiser une piste. Fraîche, et véritable, cette fois-ci. Si fraîche, à vrai dire, que je pouvais même encore distinguer certains arômes dans l’air, aussi tangibles pour mon esprit que des mèches brûlantes accrochées aux branches, m’indiquant clairement la voie à suivre. Le parfum avait quelque chose d’entêtant, sauvage et familier à la fois. Ce n’était ni Zéviehl, ni même Nareil, j’en étais presque certaine. Celle qui avait foulé ce chemin avant moi, puisqu’il me paraissait évident qu’il s’agissait d’une femme, n’avait certainement pas passé plusieurs jours à fond de cale pour finir échouée dans les algues. Comme je m’y attendais, avec un rythme de marche plutôt soutenu, j’eus tôt fait de remonter la piste. Après tout ce temps passé à avancer seule dans les bois, je sentais presque physiquement la présence proche de celle ce que suivais. Comme une pression discrète, mais bien réelle, sur la peau de mes joues. Comme un pincement à l’arrière de mon esprit. Comme une certitude qu’au prochain arbre contourné, ce serait sa silhouette que je verrai.

Ce n’était vraiment pas Nareil. Ni Zevi. Et pourtant, cette silhouette menue aux longs cheveux sombres qui se découpait dans la lueur dorée ne m’était pas inconnue.

Eyniem ?

Un nœud se forma dans ma gorge, manquant de m'étouffer. Sans savoir vraiment pourquoi, puisqu'elle me tournait le dos et que la semi obscurité du sous-bois dévorait les détails, j'étais sûre que c'était bien elle. Notre rencontre à la taverne remontait déjà à quelques mois, mais il me faudrait sans doute bien plus de temps que ça pour oublier la sensation caressante de son énergie sur ma peau, le goût de sa folie si particulière sur ma langue. Ces petites choses qui rendent les succubes si envoûtantes aux yeux des mortels, et si fascinantes aux miens.
Ma voix avait jailli, effrayant un couple d’oiseaux qui somnolait dans les hauteurs. La femme ne se retourna pas, continuant sans même un temps d’arrêt son chemin, zigzaguant entre les grands troncs humides. Ici, la végétation devenait un véritable fouillis, et se frayer un passage entre les buissons et les lianes était une entreprise éreintante. Pourtant, cela ne la ralentissait pas, et je n’eus d’autre choix que de me couler à sa suite.

Eyniem !

Toujours aucune réaction. Elle devait m’avoir entendue, pourtant ! J’étais à quelques pas à peine, et ma voix sonnait étrangement dans ces bois où rien d’humain, ni d’humanoïde, n’avait intérêt à se perdre. En trois enjambées, je fus derrière elle. Répétant une troisième fois son nom, je posai une main sur son épaule, la forçant à se retourner. Elle chancela un instant, comme privée de repaire, déstabilisée par quelque chose qui obnubilait ses sens et que je ne pouvais percevoir. Ses yeux, qui passèrent sur les miens sans s’y attarder, m’évoquèrent ceux des hommes et femmes en transe qui erraient parfois, vers l’aube, dans les rues du port. Elle ne me faisait pas vraiment face, le visage légèrement incliné, comme si elle écoutait une voix audible d'elle seule, l'appelant au loin.

Eyniem, bon sang, mais qu'est ce qu'il se passe ? Que faites-vous là ?

*Et moi, qu'est ce que je fais là ?*

C'est ce que criait ma voix intérieure, tandis que mon esprit penchait vers l’abysse de la panique. Mais une fois encore, la voix d'Aelix, qui me tenait autrefois lieu de raison, de conscience, demeura silencieuse, me laissant seule à mes questions.
Plus tôt, j'avais simplement réagit à mes peurs, à mes espoirs, quittant la plage pour m'engager sur un chemin plus acceptable. Mais maintenant que je n'étais plus seule, maintenant que je mettais des mots sur les craintes qui grondaient sous mon crâne, la précarité de ma situation - de notre situation, sans doute - m'apparaissait clairement.
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