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"Homme libre, toujours tu chériras la mer !"
"La mer enseigne aux marins des rêves que les ports assassinent."
"La sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit."
"Il est des moments où les rêves les plus fous semblent réalisables à condition d'oser les tenter."
"Le voyage est une suite de disparitions irréparables."
"Nous sommes de l'étoffe dont sont faits les rêves, et notre petite vie est entourée de sommeil."
"Dieu nous rêve. S'il s'éveille, nous disparaissons à jamais."
"Nous trouverons un chemin... ou nous en créerons un."
"Le rêve de l'homme est semblable aux illusions de la mer."
"Il n’est pas de vent favorable, pour celui qui ne sait pas où il va…"
"Il y a trois sortes d'hommes : les Vivants, les Morts, et ceux qui vont sur la Mer."

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 Le retour du vampire prodigue

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*Démon*

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*Démon*

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MessageSujet: Le retour du vampire prodigue   Mer 22 Oct 2014, 23:55

Ennui mortel.
Il ne se passait rien, strictement rien. Depuis quelques temps, Reilor était aussi vide et morte qu'une ville fantôme. Dans la ville haute, les rares passants longeaient tristement les murs, scrutant avec une étrange fascination les rares vitrines qui n'étaient pas encore abandonnées, osant à peine regarder les autres en faces, plissant les yeux avec suspicion quand quelqu'un s'approchait un peu trop. Le port ne valait pas mieux. Les bateaux qui y mouillaient repartaient vite, ces derniers jours.
Peut être était ce l'approche des périodes sombres, de ces fêtes mortuaires qui ensanglantaient le monde. Peut être était ce une simple période « sans ». Peut être que tout allait bientôt revenir à la normal.
Mais en attendant, je m'ennuyais.

Je fini d'un trait mon verre de lait, puis soupirais. La soirée n'était pas très avancée, mais l'atmosphère de la taverne ressemblait déjà à celle de l'heure de la fermeture. Quelques marins en mal de mer à chevaucher achevaient de noyer leur âme dans le fond de la salle, maussade et presque trop calmes. Un unique poivrot bavait sur le bois lustré du bar, flottant déjà au pays des rêves.
Je l'enviais, quelque part. J'aurais aimé avoir au moins de quoi rêver, pour tromper le temps.
L'ennui. Le pire ennemi des psychopathes qui essayent de garder le contrôle. J'avais BESOIN de divertissement. De quelque chose. Un meurtre, une dispute, une bagarre, une guerre, un complot d'état, un navire échoué, une tragédie, une maladie horrible et monstrueuse, n'importe quoi. N'importe quoi pour faire trembler un peu l'air, pour donner un nouveau goût à l'énergie saumâtre des habitants. La nourriture devenait fade, même ici.
Boudeuse, je posais mon menton sur mon poing et entrepris de disséquer avec ma main libre les restes d'une malheureuse brioche.
*Quelque chose doit arriver. Je ne vais pas tenir, sinon. Si ça continue, c'est moi, qui va le faire arriver, ce truc. Jamais mieux servie que par soi-même, qu'ils disent. J'ai tendance à le croire. *

Un coup sourd résonna fit trembler légèrement les verres accrochés au mur, derrière moi. Comme toutes les nuits depuis sa transformation, Nox était enfermé dans sa cage personnelle, derrière le cellier. Son humeur s'empirait de jours en jours, car en ces temps de vache maigre, je n'avais personne à jeter dans le souterrain qui nous servait de terrain de chasse. Et je ne pouvais pas décemment le laisser sortir se dégourdir les pattes... Je n'avais pas envie qu'il se fasse prendre.
Un nouveau coup retenti, plus fort cette fois. Les quelques clients tapis au fond de la salle jetèrent un regard nerveux vers le cellier. Étant des habitués, ils avaient sans doute depuis longtemps repéré mon petit manège. Sans savoir précisément quoi, ils sentaient, non, savaient, qu'il y avait là derrière quelque chose de caché. Quelque chose de dangereux, sûrement. Ils en venaient parfois à parier sur la nature de la « chose ». Les hypothèses qu'ils formulaient alors leur donnaient souvent envie de finir une autre bouteille. S'ils savaient, ils auraient sûrement fini le tonneau entier.

Fait exceptionnel, la porte s'ouvrit, et un nouveau venu entra, les habits trempés par la pluie qui battait les rues depuis le matin. Grognant et dégoulinant, il réserva une chambre et commanda un repas simple. Ce n'était pas grand chose, mais c'était déjà tellement plus que ce que je pouvais avoir ces derniers jours que je sautais presque de joie. Je le laissais s’asseoir à une table près de l'escalier et parti passer la commande à Enoch.

L'atmosphère étouffante de la cuisine me fit du bien.
Il semblait que mon vampire de compagnie n'avait pas voulu perdre ses habitudes. Alors même que le nombre de commandes se limitait à trois ou quatre par soirée, un nombre impressionnant de casseroles et de pots frémissait sur le feu, crachant une vapeur odorante. J’eus presque du mal à distinguer mon cuisiner au travers de ce brouillard parfumé.
- J'aurais besoin d'une portion de ragoût de lapin, de légumes bouillis et d'une part de tarte aux mures, Enoch.
Il hocha la tête et, à ma grande surprise, sorti une nouvelle casserole et y déversa des légumes prédécoupés et une portion de viande. Plissant les yeux, je soulevais le couvercle d'une des casseroles. Elle était remplie d'eau bouillante, dans laquelle flottaient quelques herbes odorantes.
Enoch du percevoir mon étonnement, car sans lever les yeux de sa tâche, il lâcha :
-  Peut être que les odeurs d'herbes attireront d'autres clients, qui sait. Et puis j'aime la vapeur.
Souriant à mon tour, je pris la vaisselle nécessaire et la plaçait sur un plateau. C'était normalement là le travail de Nareil, mais devant le peu de clients de ces jours ci, je lui avait accordé une soirée de libre. Tout le monde n'était pas forcé de mourir d'ennui. Et peut être qu'il rapporterait des problèmes avec lui, qui sait.
Le plan de travail était bien moins encombré que d'ordinaire. Il n'y avait qu'une bouteille remplie d'un épais liquide rouge, posée près d'un verre à demi plein, et une théière qui embaumait l'air d'un délicieux parfum d'Earl Grey.
- Je croyais que le thé te rendait malade, lançais-je en haussant un sourcil.
Enoch me renvoya un regard amusé.
- En effet. Mais ce n'est pas ça qui va me faire arrêter d'en boire pour autant. Sers m'en une tasse, veux-tu ?

Sa tasse à la main, Enoch reparti s’asseoir dans son fauteuil près de l'âtre, à côté duquel était posé un livre déjà bien entamé. Je n'étais visiblement pas la seule en manque de travail, mais il était bon de voir qu'un d'entre nous au moins ne s'ennuyait pas.
- Il va devoir attendre une bonne vingtaine de minutes, fais le patienter. Je n'aimerais pas devoir jeter le fruit de mon dur labeur.

Je quittais à regret la chaleur de la cuisine pour retourner vers la morosité de la grande salle.
Et c'est alors que j’apportais une pinte de bière naine au voyageur que le miracle se produisit.
Quelque chose arriva.
La porte de la taverne s'ouvrit lentement, laissant entrer quelques gouttes qui vinrent tacheter le sol, puis l'obscurité de l'extérieur suivi, combattant un moment la lumière chaude de mes lanternes avant de perdre, dévoilant la silhouette de l'arrivant...

Toi...

Un murmure, un cri intérieur, une incrédulité.
Joie. Soulagement.
Enfin.
Enfin, l'ennui allait disparaître.

- Zevielh !


Dernière édition par Aelix Sith le Ven 12 Déc 2014, 18:50, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Le retour du vampire prodigue   Mar 18 Nov 2014, 23:23

C'était enfin terminé... Mahel n'était plus de ce monde. Celui qui avait mis fin à ses jours se souvenait encore du moment où il lui crachait au visage toute sa haine, lui montrant qu'il n'allait pas s'en tirer aussi facilement et que sa traîtrise allait être punis. Ici, maintenant, sous les crocs d'un vampire.
C'était terminé... Avoir eu autant de sang avait revigorer Zeviehl. Quand au corps, il s'était arrangé avec l'ami de Lunielle pour s'en débarrasser. Les nains se demanderaient pourquoi il manquait un humain de compagnie, qui aidait essentiellement au minage, mais ils ne poseront pas plus de questions que ça lorsque Fibur leurs dira qu'il était parti. Dans le même temps, Zeviehl avait retrouvé les jumeaux qui faisaient partis de sa bande de son vivant : Gareth et Théris.
Ces derniers avaient compris ce qu'il était devenu. Si Théris hésitait longuement sur comment réagir face à cette révélation surprenante et terrifiante, Gareth lui haussa les épaules d'un air de dire "Et alors ?". Pour lui, Zeviehl restait Zeviehl. Leur ami, celui qu'ils avaient pensé perdu ou mort.
Il était très plaisant de retrouver des têtes connus dans ces mines, et c'était avec le sourire que le vampire acquiesça lorsque les jumeaux demandèrent s'il restait de la place dans leur groupe de voyageurs.

Lorsque Lunielle eut fini ses affaires avec son bon nain, ils partirent tous ensemble vers la surface. C'était avec beaucoup de tristesse que le vampire embrassa la joue de l'elfe, la remerciant pour toutes l'aides qu'elle avait apporté. Il se promit qu'ils se reverraient. Dans le pire des cas, Zeviehl saurait retrouver la trace de son amie.
Les trois hommes laissèrent les elfes, partant en direction de la civilisation. Très exactement, leurs pas les menèrent vers Reilor, la grande citée du Lan Rei.


- J'ai faim...
- Tais toi Théris. On a tous faim, mais ce n'est pas une raison pour râler...
- Ouais enfin... "Tous" ?! Tu ne crois pas que si Zeviehl a faim, on devrait...

Le regard gris de Théris se posa sur le blond avec crainte... Ce dernier se retourna vers ses amis, souriant de toutes ses dents. En voyant les yeux ronds de ses comparses, il éclata de rire :
- Sérieusement les gars... , souffla le vampire, ne perdant pas le sourire amusé.
- Excuses-nous, Zeviehl... C'est le temps de nous habituer, fit Gareth, désolé.

Il le savait bien. Ce n'était jamais facile de se rendre compte qu'un de ses amis était devenu... Un monstre ? Cette appellation faisait mal au coeur glacé du vampire, et pourtant il devait s'habituer à l'entendre. Car la majorité des gens le verra comme un monstre sanguinaire. Il ne pouvait pas en vouloir aux jumeaux. Par contre, si eux commençaient à avoir faim, Zeviehl quand à lui commençait aussi à ressentir quelque chose de dérangeant : l'appel du Sang.
Il grimaça. Il n'oserait jamais demander à l'un des deux hommes de... Comment dire. Se laisser faire cinq minutes le temps qu'il boive de son sang ? Non, il ne pouvait pas. Mais alors que les réflexions du vampire tentaient de trouver une solution à ce problème majeur, les lumières de Reilor s'illuminaient au loin. Entendre Théris dire "enfin arrivé" dans un long soupire de soulagement fit naître un léger sourire sur les lèvres de son frère. Ainsi que sur ceux de Zeviehl.
- Où irons-nous une fois sur place ? , Demanda Gareth.
- Le Chat en boîte, répondit le blond, s'entend Mr Griffou s'agitait dans son sac en bandoulière.
Ce nom étrange était pourtant celui d'une auberge où il pourrait entrer. Car on lui avait autorisé.

Cette personne qui avait permis cela n'était autre qu'Aelix Sith, le gérant de l'auberge. Ils traversèrent la ville pour atteindre le port, suite à l'indication de citoyens. Zeviehl savait où se trouvait l'auberge, mais il se perdait encore trop souvent en Reilor pour être sûr de lui-même. Elle avait la fâcheuse tendance à mal indiqué les petites établissements, en particulier ceux qui se trouvaient le long du port... C'était là-bas où tous les pirates, marchands et bien d'autres personnes louches en tout genre traînaient la patte, avec l'envie de boire et de faire la fête.
D'après les informations qu'il avait eu, le Chat en Boîte proposait également nourriture et chambre pour passer la nuit. Le blond espérait juste avoir pris la bonne rue...

Soudain, il aperçut l'enseigne du Chat en Boîte et il soupira de soulagement, même si... Même s'il appréhendait un peu de passer la porte.
Ses amis le regardèrent d'un air perplexe, légèrement impatient. Ils commençaient très sérieusement à avoir faim, surtout que les provisions données par les nains avaient tout juste suffis au voyage. Zeviehl les regarda quelques instants, leurs sourit, puis passa le seuil de l'auberge.
Ils y étaient.
Et à peine étaient-ils entrés, qu'un jeune homme cria le nom du vampire.
C'était lui, Aelix.
Malgré les doutes, et le long voyage éreintant, le vampire sourit, se contenant toutefois pour ne pas se faire remarquer.
- Aelix ?! C'est bon de vous revoir en si bonne forme.

Son auberge allait être une bénédiction, surtout pour ses amis. Zeviehl les incita à prendre une table le temps qu'il discute avec Aelix. Ces derniers acquiescèrent, trop fatigués pour ajouter quoi que se soit.
Le vampire se tourna à nouveau vers le jeune homme.
- Vous avez tenu votre promesse et j'ai pu entrer dans votre auberge. Merci, infiniment. Avoir des alliés dans cette ville est rare...

Il ne savait pas par où commencer. La dernière fois (et première fois également) qu'il avait vue Aelix Sith, sans aucun doute un non-humain aussi, leur discussion avait tourné sur... Une leçon. Aelix avait raconté une histoire, expliquant une vision où même une créature telle que Zeviehl pouvait tuer pour le bien. Sur tout cela, le vampire y avait réfléchi, pendant longtemps, alors qu'il voyageait en quête de vengeance.
Le visage du vampire s'était assombris alors qu'il cherchait ses mots pour expliquer ses péripéties.
- C'est fait, finit-il par dire. J'ai accomplis ma vengeance... Et je reviens vers vous, comme promis.

Ses yeux miels se posèrent dans ceux d'Aelix. Il ne savait pas comment il allait réagir. Zeviehl n'avait pas réfléchi à cela, il n'avait pas eu un autre endroit où allait, à part chez les Voleurs. Mais il ne voulait pas laisser Gareth et Théris à l'arrière, surtout qu'ils risquaient de subir des carences à force de peu manger. La santé de ses compagnons lui importaient plus que le sort que lui réservée cette ville. Il verrait en temps voulu ce que lui, vampire, allait devenir.
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