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"Homme libre, toujours tu chériras la mer !"
"La mer enseigne aux marins des rêves que les ports assassinent."
"La sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit."
"Il est des moments où les rêves les plus fous semblent réalisables à condition d'oser les tenter."
"Le voyage est une suite de disparitions irréparables."
"Nous sommes de l'étoffe dont sont faits les rêves, et notre petite vie est entourée de sommeil."
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 Le retour de griffes du Chat en Boite ( PV ael et Celio ?

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*Succube*

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MessageSujet: Le retour de griffes du Chat en Boite ( PV ael et Celio ?   Sam 05 Juil 2014, 10:39

La période des festivités jouissantes, des mets délicats et des voluptés était passée. Bien trop vite et bien trop intensément. Résonnaient en elle les échos de l’angoisse, les chants du sang, le lyrisme des rêves et cette torpeur insidieuse qui la prenait à la fin. Mais ce qui l’environnait était loin de l’exotisme intrinsèque.  
Elle était de retour dans la ville qui avait vu son évolution, sur l’île même où elle avait vécu ses premiers émois. L’épais brouillard qui couvrait les rues et les toitures de Reilor rendait plus impénétrable et plus fort le malaise qui la prenait. Combien de fantômes arpentaient ces boyaux ? et combien dont elle avait été l’élément perturbateur ? L’effet de cette ville sur elle était étrange, elle la faisait culpabilisée pour ce qu’elle était alors que quelques heures plus tôt elle n’avait cure de tout cela, se laissant dompter par ses pulsions. Il serait dur de les refréner quand elle les apaisait aussi souvent qu’elle le souhaitait.

« Le retour à la normale sera dur… », souffla-t-elle, faisant glisser ses doigts fébriles sur la robe bustier de cuir pourpre. Des pointes acérées jonchaient les coques de la poitrine, descendant de son sternum en avalanche jusqu’à son bas ventre pour former une ceinture de clous qui enserrait sa taille et un simple arceau qui s’en allait jusqu’à la couture ventrale de la robe.
Elle cherchait sa route à tâtons, écrasée sous ce lourd rideau qui bandait ses yeux et son âme et la rendait aveugle aux appâts des songes.
Elle heurta quelqu’un, un bruissement de toiles qui se retira aussi vite qu’il était venu.
Et dire qu’elle avait aimé Reilor, qu’elle s’était sentie intégrée … désormais la ville faisait bien pâle figure à la tentation du voyage, du désert et des tropiques.
Des voix…. Là bas !  des grognements effrontés et des rires écorchés par l’alcool. Oui elle avait bien entendu ! Là-bas résidait le monde de la prétention, des déboires et de la décadence, où quiconque entrait se prenait pour supérieur aux simples humains, qu’ils le soient eux-mêmes ou non. Elle avait besoin de cette atmosphère-ci. Elle était bien au-dessus de ces idiots qui se pensaient invincibles, elle jouerait avec eux comme une souris jusqu’à ce qu’ils comprennent leurs échecs.
Et en préméditant ses crimes, elle pressait le pas vers cette ironie théâtrale dont elle serait la victime.

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MessageSujet: Re: Le retour de griffes du Chat en Boite ( PV ael et Celio ?   Mer 09 Juil 2014, 13:38

Aujourd'hui est une belle journée. Du moins pour moi. La transaction de la nuit dernière s'est bien passé. Le client à même passé une nouvelle commande. Plus importante cette fois. Il aime bien ma poudre blanche. J'ignore ce qu'il en fait et cela m'importe peu. Du moment que je suis payer. C'est que les matières premières coûtent cher à l'import. Je n'ai pas d'espace pour faire des plantations... Tiens tiens.... Bonne idée que celle-là. Où pourrais-je trouver un espace pour une grande exploitation. Il n'y a que dans une taverne qu'il me sera possible de dénicher une information de la sorte.

Mais avant, j'ai une petite cargaison à réceptionner au port. Du moins je dois superviser la réception et la transaction. Que de travail quand on est le chef d'une bande de mafieux. Je me dirige donc vers le port. Pour ne pas éveiller les soupçons, le bateau est mêlé à la masse des marchands. Mes hommes et moi arrivons à l'embarcadère en chariote. Je monte le premier sur le bateau suivit de près par mon bras droit. Il est courageux et fidèle. Je contrôle la contenance des caisse. Les armes sont bien là. L'herbe aussi. D'un claquement de doigts de fait signe à mon bras droit de vérifier la qualité des armes et au chef du laboratoire de contrôle les herbes et autres ingrédients. Tout est parfait. Le troisième gars qui m'accompagne avance enfin, sous mes ordres toujours. Il ouvre la mallette qu'il tiens. Un hochement de tête de mon collaborateur indique que la transaction est effectuée. Il prend la mallette et ordonne à ses matelots de charger les caisses dans la chariote. Tout est finit nous rentrons. Nous déposons le chargement dans l'entrepôt quand une explosion du côté des appartements des filles attire notre attention. J'ordonne à mes hommes de terminer le travail et je vais sur le lieu de l'accident. Quelques filles manquent à l'appelle, elle n'ont pas survécue à l'explosion. Les autres sont grièvement blessées où en état de choc. ET M**** !!!!

Je n'ai plus qu'à attendre leur retour. Un de mes hommes les accompagne. Pour me défouler je marche un moment et me retrouve non loin d'une taverne. J'ouvre la porte. La pancarte indiquait le chat en boite. J'espère au moins qu'ils ne nous servent pas de la conserve de chat. Ca n'a pas vraiment de goût le chat...

En entrant dans cet établissement, je sens une présence peu commune. Mais qui est-ce ? Et qu'est-ce donc? Le serveur, le patron. Perdu dans ma réflexion sur ce sujet qui ne me porte pas du tout à coeur j'oublie totalement que je me trouve encore juste derrière la porte d'entrée. N'importe qui désirant rentrer ici se heurterait forcément à moi.


Dernière édition par Celio Farnese le Jeu 10 Juil 2014, 19:59, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Le retour de griffes du Chat en Boite ( PV ael et Celio ?   Mer 09 Juil 2014, 19:19

Comme pour la guider vers ce lieu qu’elle ne percevait auparavant que par son ouïe, une étrange flamme cendrée au cœur marron s’était avivée. Elle flottait, traversant la toiture, projetant toute sa force dans les cieux clairs de l’esprit d’Eyniem. Ce sixième sens activé, il devenait plus facile à la succube de se repérer. Car au travers de ses autres sens, ce n’était pas ce gris vaporeux, parsemé de confettis carbonisés et aux relents de fumée, qui allait l’y aider.
Au détour de la ruelle, elle s’engagea dans une autre si précipitamment que la peau blafarde de son épaule crisa contre le torchis et qu’une petite trainée de sang coula le long de son bras. Elle l’effaça du revers de sa main, ne pouvant malheureusement stopper les picotements.
Dans le vide se tenait deux halos dorés, entre lesquels trônait la lumière royale.
Sa main se posa sur une des portes battantes, caressant les nervures du bois pourtant si bien poli, et d’une inflexion envoya le battant le plus loin d’elle. Aucun bruit de gonds ne se fit entendre, uniquement le claquement sourd contre le mur. Elle évita de justesse le retour de la porte mais trop occupée à regarda derrière elle, elle heurta un corps, planté devant la porte comme un poteau.
« Faites un peu attention », siffla-t-elle à cette nouvelle aura qui se découvrait à sa clairvoyance.
D’un vert sombre, moucheté d’un noir lugubre et suintant, cet être sentait la corruption à plein nez. Sa lumière était puissante mais grésillante, donnant un côté superficiel à l’individu. Qu’est ce qui pouvait bien alimenter cette « puissance » ? La crainte ou la vénalité ? Elle tacherait d’identifier cela ultérieurement.

Son visage empreinté d’une farouche satisfaction, elle avança de deux pas et s’arrêta net. Haut de plafond, la taverne ne donnait pas ce sentiment de compression et d’étouffement grâce au bois clair dont étaient fait les poutres et le mobilier, superposé aux murs écrus. Ceux-ci étaient épais et emprisonnaient en leur sein l’atmosphère joviale, la chaleur plus que suffisante et une douce odeur de pin si on faisait abstraction aux peaux transpirantes et aux dessous de bras mal lavés. L’esprit d’Eyniem s’ébroua, se concentrant pour ne pas penser à l’état du dessous de ceinture et à la faune qui pouvait y habiter.
Pourtant face à elle ne trônait qu’un magnifique piano surplombé d’un escalier si lustré qu’il était difficile de croire qu’elle était dans une taverne. Sa couleur caramel réfléchissait l’éclairage suave des appliques murales. Un frisson la parcourut. Les appliques lui rappelaient les catacombes éclairées des flambeaux muraux, et elle sentit la force de la traque et l’adrénaline la submerger. Le doute d’un repaire traversa son esprit, mais l’ambiance était trop douce pour que ce soit un terrain de chasse.
Son regard passa au-dessus de l’estrade déserte, des têtes chevelues, chauves, barbues, au-dessus des calvities, des fronts proéminents, plats ou encore bombés, cherchant du regard une table libre parmi ces tables qui pour bon nombre pliaient sous les assauts et les gesticulements des gaillards et des gaillardes, tandis que son corps lui aussi pivotait vers sa droite.

D’un seul mouvement, les regards s’étaient tournés vers elle, accompagnés de sifflets, de commentaires lourdauds ou désapprobateurs, de baffes distribuées à la volée et de coups de coudes maladroits. Elle ne pouvait plus rien faire pour s’effacer, en dépit de reculer de plusieurs pas.
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MessageSujet: Re: Le retour de griffes du Chat en Boite ( PV ael et Celio ?   Jeu 11 Sep 2014, 16:40

Le soir était tombé sur Reilor, un soir brumeux, humide et chaud, sans le moindre souffle de vent. Le brouillard, marié à l'ombre de la nuit à venir, se transformait peu à peu en un corps, une entité à part entière, et maintenant même les bâtiments juste en face de la taverne étaient devenus impossibles à discerner. Parfois, une silhouette floue passait devant la porte de la taverne, fantôme incertain et inquiétant. Parfois encore, un de ces fantômes s'approchait, attiré sans doute par l'atmosphère plus claire, plus légère, par l'envie de se fondre dans la masse, de laisser couler la dépravation, par la réputation de ma bière, ou encore, peut être, par la musique hypnotique qui s'élevait sous mes doigts.
Je n'avais pas pour habitude de jouer si tôt dans la soirée, il est vrai. Mais la grande salle était déjà bondée, pleine de marins qui avaient hâte de voir leurs derniers restes de lucidité se noyer dans l'alcool aigre, bon marché. Et j'avais faim.
La mélodie s'élevait, joyeuse, bondissante, provocante, évoquant par ses courbes, pauses et creux le mouvement des vagues, les chansons de la mer et la mémoire des sirènes. Je sentais, au delà du bonheur simple de jouer, la joie primaire, instinctive, de sentir les êtres et les énergie de vider, couler, ramper vers moi, aspirés par mon essence. Goûtes d'eau dans un océan de puissance, de pouvoir. Un sourire extatique étira le coin de mes lèvres. J'aimais goûter de nouvelles âmes. Elles avaient toujours un goût d'aventures, un goût nouveau, plus profond.
Sel, miel, soleil, larmes, poisson, algues, profondeurs, feu, herbes rares et raffinées, autant de saveurs qui explosaient dans mon esprit, nourrissant ma chair et mon pouvoir.
Épices.
Nouvelle explosion, nouvel arrivant. Le goût brûlant s'étendit en moi, masquant tout le reste. Le parfum intrigant d'une créature non humaine.
Je plaquais un accord, laissais partir une envolée de notes, puis mis fin à la mélodie, cherchant du regard qui, dans la salle, pouvait dégager cette délicieuse impression.
Il ne me fut pas difficile de le trouver. Là, debout devant la porte, contemplant la pièce, une lueur intriguée dans le regard : un homme. Non, pas un homme, un Être.
Qu'était il ? Vampire, incube, lycan ?
Démon ?
Si seulement l'enveloppe humaine que je portais n'entravait pas autant mes sens démoniaques, il ne m'aurait pas été difficile de lever le doute. Mais cet écran fonctionnait dans les deux sens : si elle gênait mes perceptions, elle empêchait aussi les regards indésirables de me mettre à jour. Et puis ici, en plein cœur de mon domaine, les auras des Êtres se mélangeaient, s’entrelaçaient, à la fois loup, vampire, elfe et démon.
Je détournais le regard, faisant mine de m'étirer. Mes articulations craquèrent, me rappelant que le corps que j'avais emprunté commençait à vieillir. Oh, pas tant que ça, pas beaucoup, mais tout de même.
Aelix vieillissait. Il s'échappait toujours plus, faiblissant même dans mon esprit. Depuis quand ne l'avais je pas entendu ? Nous ne conversions plus désormais que pendant ces phases de méditation nocturnes que j'appelais avec dérision « sommeil ». Et, avec mes nouvelles activités dans les souterrains de la taverne, celles ci se faisaient de plus en plus rares....
Je me levais, puis m'éloignait de mon piano, de mon jouet, de mon arme. C'était sans doute plus sage. Un regard vers le bar m'appris que Nox était déjà bien occupé avec les quelques clients qui y avaient échoué, monopolisant toute la concentration du colosse. Lui qui aimait tant la propreté de son espace avait le plus grand mal à ne pas chasser les épaves puantes qui le souillaient. Cela se voyait à l'angle de ses sourcils, à peine plus froncés que d'habitude, changement imperceptible pour qui ne le côtoyait pas quotidiennement : c'était là la moue la plus dégoûtée dont il était capable.
Sourire aux lèvres, je continuais mon rapide tours de salle du regard. Nareil était lui aussi occupé, plateau croulant sous les pichets, les plats et les restes. Il ignorait avec superbe les regards presque affamés des marins et des déchets du port, souriant parfois, toutefois, à ceux qui affichaient le plus de richesses.
Mon sourire s'étira encore. Cet elfe avec décidément beaucoup de potentiel. Je l'aimais bien.

Mon observation n'avait pris que quelques secondes, assez pour comprendre que personne n'avait l'envie ou le temps d'accueillir ce nouveau venu, qui semblait assez indécis. Parfait. Il était à moi.
Je fut cependant surprise de constater en arrivant devant lui qu'il s'était multiplié. Ils étaient deux, maintenant. Deux auras épicées, fumantes, dont l'énergie crépitante chatouillait ma peau.
La nouvelle venue attira mon regard, puis mon attention, et enfin ma curiosité. Elle était... intéressante, pour le moins. Elle répondait sans aucun doute aux idéaux de beauté de la plupart, pour ne pas dire la totalité des hommes. Mais ce qui m'attirait, ce qui faisait frémir mon essence, au delà des instincts encore piégés dans ce corps d'homme, c'était son parfum.
Sucré, venimeux, comme une fleur carnivore. Le parfum délicieux d'une dévoreuse de songes.

Son entrée ne passa pas inaperçue, en tous cas. Les têtes se tournèrent, les yeux s’agrandirent, et la tension monta d'un coup. Si leurs essences n'avaient pas été déjà affaiblies par ma mélodie, plus tôt, l'échauffement des esprits et des corps aurait pu aboutir à quelque chose de plus démonstratif, de plus violent. Je jetais un regard méprisant aux clients les plus proches, les décourageant de tenter une quelconque approche pour l'instant : je devais être la première. Plus tard, ils auraient leur chance. Peut être même les laisserais je reprendre suffisamment leurs esprits pour qu'ils puissent se lancer dans une bagarre, une de ses démonstrations de violence qu'ils aimaient tant. Pour le moment, il fallait surtout que j'empêche les deux nouveaux venus de compromettre mon repaire.
Me tournant vers les deux nouveaux arrivants, je plaquais de nouveau un demi sourire sur mon visage.

- Bienvenue au chat en boite ! Que cherchez vous ? Une table, de l'alcool, un repas chaud, une chambre ? Il reste une table dégagée au fond, près du pilier, en face de l'escalier, si cela vous intéresse. Je viens m'occuper de vous dans une minute.

De par l'attitude de la femme, j'avais plus ou moins compris qu'ils n'étaient pas des connaissances venues approfondir leur lien via l'alcool et les draps, ni même d'associés venus reprendre leurs forces. Mais j'avais besoin qu'ils restent ensemble. Avec un peu de chance, leurs auras mutuelles embrouilleraient assez leurs sens pour qu'ils ne sentent pas... Le reste.
Je savais que je ne serais sans doute pas capable de cacher ma propre présence. Mais ce n'était pas ce qui m'inquiétait.
Et puis de toutes façons, je n'avais pas mentit : il n'y avait plus d'autres tables libres. Ils allaient devoir cohabiter.


[ HRP ] Aha, avec deux mois de retard, me voici o/
Désolée pour le délais, j'ai eu une grosse chute de motivation pendant l'été, et puis après j'ai été prise par les travaux de ma maison... Mais je ne vous ai pas oubliés ! j'ai même culpabilisé à mort pendant tout ce temps !
Bon, du coup j'espère que ça vous conviendra quand même ! si il y a le moindre problème, mp, comme d'habitude :3 [ fin du HRP ]
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MessageSujet: Re: Le retour de griffes du Chat en Boite ( PV ael et Celio ?   Mer 01 Avr 2015, 13:37

Spoiler:
 

Elle avait reculé de quelques pas, son élan vorace vacillant sous le poids des regards.  Mais ce n’était rien comparé à cette lame chatoyante qui lui caressait le dos, effleurait ses hanche, enlaçait son âme. Un frisson se distilla le long de son échine et elle tourna les yeux vers l’éclat qui l’avait guidé jusque-là. Avec un sourire en coin, et d’une voix veloutée, le jeune homme s’adressa à eux:

- Bienvenue au chat en boite ! Que cherchez vous ? Une table, de l'alcool, un repas chaud, une chambre ? Il reste une table dégagée au fond, près du pilier, en face de l'escalier, si cela vous intéresse. Je viens m'occuper de vous dans une minute.

Elle emboita le pas à son camarade, le suivant de près pour éviter d’être touchée par les mains moites et collantes de bière. Il la regarda et d’un signe de tête l’invita à se glisser sur le banc contre le mur. Il s’assit à côté d’elle, faisant tous deux face au dos de l’escalier.
Doucement, elle glissa à son nouveau compagnon :

«  Tu ne trouves pas que c’est trop propre ici ?
- J’avoue que c’est assez stupéfiant… »

Elle en restait là, il ne voyait pas où elle voulait en venir. Elle avait beau essayé de se convaincre que c’était un endroit comme les autres en s’enquérant du point de vue de l’autre, son instinct et la réponse de ce dernier ne l’avait pas avancé.
Ses doigts se tordaient, ses jambes fuselées se croisaient, se décroisaient et ça de manière répétitive. Elle voulait rester en action, elle était sur le qui-vive.
Son camarade de table dut s’en apercevoir car il passa la main dans sa nuque et la pinça.

«  Cesse de gigoter, si je suis là c’est pour oublier cette journée, non pas pour être encore plus nerveux. »

Elle ouvrit grand les yeux. Curieuse elle huma son odeur.
Une odeur de brasier, de poudre, de sang. Ces relents lui grattèrent la gorge de manière exécrable, provoquant une petite toux qui hacha sa déduction.

« Un…. kk kkk… incen….kkk kk cendie... kk kk


Elle inspira, expira, inspira encore à grandes goulées. Les grattements cessèrent au bout de deux bonnes minutes, dans lesquelles la flamme verte s’était absorbé au vide. Elle claqua des doigts devant ses yeux, lui tourna machinalement la tête et planta ses yeux dans les siens.
«  Comment c’est arrivé ?
- Qu’est-ce que ça peut te foutre ?
- C’est vrai t’es pas un enfant de cœur … », lui cracha-t-elle, suivant du regard leur hôte qui s’avançait vers eux. Il était en retard le bougre.

Ce dernier ouvrit la bouche et glissa quelques mots, elle les entendit pas.

« Servez moi du brandy, souffla t-elle.
- ET moi je prendrais de la blonde ».

Elle sourit. Aucune originalité.

Elle tapotait de ses doigts la table en bois, cherchant une musique hypnotique qui s’était éteinte à leur arrivée. Les battements sourds élançaient leurs ondes dans les nervures et l’essence même du sapin, qui frémissait sous ces appuis, qui reprenait vie sous cette contrainte. Elle le ressentait et un frisson extatique la parcourut. Elle ne voulait pas seulement de ces battements, elle voulait une voix grave, un timbre presque humain chantant l’espoir, la mélancolie, l’aventure, le délassement. Quelque chose qui geignait à souhait, mais qui pouvait être tout aussi dynamique et enthousiaste. Oui il manquait quelque chose à cette musique beaucoup trop saccadée. Elle souhaitait l’ivresse des plaisirs lents, cette intemporelle continuité toujours autant fantasmée.
Un violon.

Elle pourrait en jouer avec Kalista, accompagnée du piano, si elle pouvait la retrouver. Elle se rabroua, il n’était pas temps de penser à cela. Et  joignant la parole au geste, elle chercha à nouveau d’entamer la conversation avec son compagnon de beuverie.
« Tu es là pour  affaires ? Tu pars quand ?
- Rmmmph rumphh ….
- Pas très causant.
- Putain mais lâche moi !
Il se surprit à se trouver la main en l’air, retenue au poignet par les doigts de la succube. Celle-ci était calme, seule sa lèvre inférieure trahissait sa nervosité. Il ne le voulait pas pourtant, ça se voyait à son regard interdit.
La situation était facile à analyser, toutes les têtes étaient tournées vers eux, attendant le moment propice pour tenir les paris et se jeter à cœurs et corps perdus dans le drame.
Les doigts fins d’Eyniem desserrèrent leur étau de ce poignet et de ce pouls battant, et, caressant la peau de leur détenteur, elle lui intima implicitement de baisser cette main prête à la frapper.

Il ne se fit pas prier. Rien, pas un mot mais il ne savait plus où poser les yeux. Honteux de sa conduite qui n’était pas digne d’un mafieux, il gardait tout de même une certaine fierté.
Elle esquissa un petit sourire, découvrant délicatement une de ces canines. Il pourrait lui plaire à la longue.
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