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"Homme libre, toujours tu chériras la mer !"
"La mer enseigne aux marins des rêves que les ports assassinent."
"La sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit."
"Il est des moments où les rêves les plus fous semblent réalisables à condition d'oser les tenter."
"Le voyage est une suite de disparitions irréparables."
"Nous sommes de l'étoffe dont sont faits les rêves, et notre petite vie est entourée de sommeil."
"Dieu nous rêve. S'il s'éveille, nous disparaissons à jamais."
"Nous trouverons un chemin... ou nous en créerons un."
"Le rêve de l'homme est semblable aux illusions de la mer."
"Il n’est pas de vent favorable, pour celui qui ne sait pas où il va…"
"Il y a trois sortes d'hommes : les Vivants, les Morts, et ceux qui vont sur la Mer."

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 Au bord des quais... [Kaplen yl Tyr's]

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*Humain*

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MessageSujet: Au bord des quais... [Kaplen yl Tyr's]   Ven 18 Avr 2014, 23:28

C'était un bel après-midi dans le port de Reilor. Ses criées, ses marins, ses prostituées, ses ruelles sombres, ses digues, ses bateaux... Ainsi y était faite la vie. Tantôt environnement hostile où l'on devait apprendre à survivre dans l'humidité et l'indifférence, tantôt paysage pittoresque bercé par les chants de marins et où les mouettes tutoyaient les nuages. Et c'est à l'entrée d'une auberge, dans une place relativement vide située plus à l'intérieur du port, qu'une autre voix s'éleva pour se mêler au tapage quotidien.

« Dehors ! Ici, on en veut pas, des imposteurs !! »

L'aubergiste poussa violemment Ginko hors de l'auberge. Il était évident que les gens normaux étaient habitués à se méfier des choses qu'ils ne voient pas. Mais Ginko, lui, les voyait. Ce dernier avait l'air confus, et se retourna pour s'expliquer.

« Écoutez, monsieur ! Je vous répète que si sa main ne répond plus, c'est parce qu'un germe éryotin y a élu domicile ! »


« A d'autres ! Vous êtes tous pareils. Ma femme souffre depuis deux semaines, et tout ce à quoi tu penses, toi, c'est de nous embobiner avec des médocs qui ne sont que du toc ! »

« Je vous le réexplique... »

« Rien à foutre ! »


« Encore une fois : si elle ne commence pas le traitement d'ici 76 heures, c'est-à-dire trois jours et quelques, le germe se sera habitué à la constitution de son organisme et se propagera beaucoup plus rapidement. Et encore une fois, les effets seront irréversibles ! C'est ça que vous voulez ?! » dit Ginko d'un ton désespéré.

« ...... »

« Considérez-moi comme un charlatan si vous le voulez. Mais à moins que dans deux jours, vous trouvez un autre traitement efficace... »


*Ce dont je doute fort, vu que les médecins n'abondent pas dans mon domaine...*

« ... alors vous lui ferez prendre ces comprimés », dit Ginko en tendant à l'aubergiste une boîte pleine de comprimés. « Sa mort sera proche à ce moment. Vous n'aurez rien à perdre. »


Le visage de l'homme laissa alors transparaître de l'angoisse mêlée de chagrin. Il regarda fixement le petit flacon. Puis il le prit sèchement des mains de Ginko, qui afficha une mine plus rassurée.

« Ceci la sauvera. Faites-moi confiance, monsieur. »


« Non. Mais comme tu l'as dit : j'ai rien à perdre. Maintenant, fous-moi le camp. »

Et l'homme lui tourna le dos et rentra dans son auberge, en claquant la porte. Ginko se sentait quelque peu vexé d'avoir été pris pour un charlatan, mais il s'estimait heureux de savoir que le traitement serait administré à cette pauvre patiente. C'était tout ce qui comptait, malgré l'atteinte à son amour propre et à sa dignité professionnelle.

*Et dire qu'il n'y a que des gens comme moi qui peuvent voir ces germes dans l'environnement... Les traces grouillaient sur la surface de la main de cette femme. Enfin. Maintenant que cette affaire est réglée... Je viens de me rendre compte que je n'ai plus d'argent. Avec tout ça, il ne m'a pas payé. Hé mince... De toute façon, j'ai du temps à tuer sur les quais.*

Et c'est là qu'il se dirigea, les mains dans les poches de son manteau. Ce n'était pas la première fois qu'il se sentait au creux de la vague. Mais c'était la première fois depuis longtemps qu'il se sentait désoeuvré. S'il y avait bien une chose dont dépendait tout particulièrement sa vie, c'était le but dans sa forme la plus simple. Donner de sa connaissance et de ses soins aux nécessiteux, voilà l'un des buts auxquels il tenait. Retrouver des stèles légendaires dont les mystérieuses écritures recèlaient peut-être des secrets inavouables et pourtant nécessaires pour les habitants de l'archipel, voilà l'un de ses buts. Et le but qui le liait à l'instant présent, c'était de s'asseoir au bord de l'eau, près d'une bitte d'amarrage, pour y méditer, ce qu'il n'avait pas fait depuis longtemps. Et une fois arrivé, c'est ce qu'il fit.
L'endroit n'avait pas une mauvaise réputation, et les locaux semblaient endurer leur quotidien avec le sourire, tandis que les plus riches concluaient des marchés au loin avec des matelots endurcis. Ginko esquissa un sourire, puis sortit sa cigarette médicinale. En fumant, il laissa son esprit vagabonder, le regard fixé sur le tangage de tous les bateaux, petits et grands, présents sur ce très grand quai. Alors qu'il examina différents détails de l'endroit, ses yeux se tournèrent peu à peu vers le lointain de la mer, et ses pensées, vers le Rêve.

Le Rêve de l'Île qui l'appelait. Il se demandait s'il s'agissait d'une forme de vie inconnue se développant dans ses neurones depuis sa jeunesse, s'il s'agissait d'une très puissante sorcellerie orchestrée par une secte répandue (aussi invraisemblable que cela parût), ou si le "paranormal" recouvrait une autre dimension. Ginko s'était toujours posé la question, et avait récemment penché davantage pour la troisième hypothèse : celle de l'inconnu. Il sentait bien qu'il avait au fond de lui un désir qui le motivait, qu'il y avait quelque chose à trouver sur cette Île. Quelque chose, mais quoi ? Quoi qu'il en fût, Ginko se méfiait. Il s'en était toujours méfié, même enfant.


*Pourquoi une présence surnaturelle tiendrait tellement à exaucer les désirs de tous les êtres doués de raison qui l'entourent sur les quatre grandes îles de l'archipel ? Nous sommes des formes de vie comme les germes, les cerfs, les écureuils, les ours, les géants ou les lycanthropes : je ne crois pas que le genre humain ait ce privilège. Je n'ai rien à faire là-bas pour l'instant. Mon mentor aurait été d'accord... Je suis maître de mon destin.
Et ce ne sont certainement pas des hallucinations nocturnes qui vont m'en soutirer. Non mais.*


Ginko fuma une nouvelle cigarette. Cela faisait longtemps qu'il attirait les germes invisibles qu'il combattait au quotidien. Et pourtant, malgré la maladie héréditaire dont il avait toujours été atteint, il avait survécu. Voilà trente-quatre ans qu'il avait survécu.

*Si j'ai bien une envie en ce moment, c'est de trouver de la clientèle... Je n'ai plus d'argent pour vivre. Et je ne compte pas voler. Ah la la... Et puis, je me sens inutile après ce qui s'est passé tout à l'heure... Mais le travail ne pousse pas sur les arbres. Et puis, je ne suis qu'un boulon sur la roue du carosse, pour ainsi dire.*

Toujours assis au bout du quai et au bord de l'eau, il rangea sa cigarette dans son sac, puis respira un bon coup en contemplant le roulis des bateaux au loin et les pontons. Personne au loin ne le dérangeait.
Au bout d'un moment,, Ginko décida de se lever pour lutter contre ce vague à l'âme qui ne lui servait à rien. Il retourna dans les quais passants du port, à la recherche d'une auberge qui voudrait bien l'héberger. Tout à coup, il fut bousculé dans un homme qu'il n'avait pas vu. Manquant de tomber, le médecin reprit son équilibre et, fronçant les sourcils, se retourna vers le jeune homme qui l'avait rentré dedans. Ce dernier jura en ramassant son chapeau qui était tombé, et s'éloigna prestement. Quand tout à coup, Ginko aperçut un magnifique collier sur les pavés humides du quai. L'inconnu semblait avoir été son propriétaire, mais ce dernier n'avait pas remarqué qu'il venait d'égarer son bien. Ginko s'empressa de le ramasser avant qu'un individu mal intentionné le ramasse et le fasse sien puis, non sans hésitation, il trottina en direction du jeune homme en lui tendant son collier.

« Hé ! Ceci est tombé lorsque vous m'avez... bousculé ! » dit-il avec une légère pointe d'humour à son interlocuteur, qui semblait d'humeur morose.


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MessageSujet: Re: Au bord des quais... [Kaplen yl Tyr's]   Mer 23 Avr 2014, 22:51

Bon...

C'était mauvais, et même très mauvais.

Kaplen avait eu des hauts et des bas dans sa vie. Mais là, il fallait avouer qu'il avait touché le fond. Le simple fait d'être retourné à Reilor, alors qu'il y était activement recherché depuis... Les quelques péripéties qu'il avait eu avec son équipage... Était une preuve de sa descente aux enfers.

Et il ne comprenait pas comment il avait pu en arriver la.

Le jeune homme marchait sans but le long des quais du port, le regard dans le vide, sans savoir que faire. Il ralentit le pas et plongea son regard dans l'eau trouble des eaux du port. Son visage se refléta un instant sur la surface de l'eau puis se fractionna jusqu'à disparaître. Un banc de mulets à tête plate passa tranquillement le long de la jetée et termina de dissoudre le portrait grisâtre du jeune pirate.

C'était fini, tout était fini... Il n'y avait plus d'Opale, plus de Pampelune, plus d'équipage, plus de Keinvor... Alors qu'ils s'accrochaient tous pour enfin réussir à remettre le bateau en état, une énième et terrifiante tempête les avait tous jetés à l'eau. Le jeune homme ne se souvenait pas très bien de tout ce qu'il s'était passé, mis à part les grincements stridents de la coque qui se fendait sous les coups brûlants de la mer en furie, son corps balancé d'un bout à l'autre du pont, les cris de Keinvor et de Pampelune, puis l'eau, glacée, pénétrant en trombe dans ses poumons.  

Non, il n'y avait plus d'Opale. Son bien le plus cher, sa fierté, le bateau de son père... De nombreuses heures plus tard Kaplen s'était réveillé sur les rivages d'une île inconnue. Il avait essayé de chercher en vain son équipage, sa femme et son fils. Mais ses appels étaient restés sans réponse et après de longs mois à se laisser aller sur cette île déserte, il avait enfin accepté l’inacceptable. Il était le seul survivant d'un naufrage digne d'une légende, avait perdu tout ce qu'il aimait, tout ce qui le rendait fier et le faisait vivre. Il n'avait plus rien que sa vie...

Un jour, alors qu'il revenait d'une chasse plutôt maigre (les fous, les goélands et les autres bêtes de la mer faisaient désormais parti de son régime quotidien), il tomba nez à nez avec un équipage entier venu faire de l'eau sur cette île à l'abri des pirates et des contrebandiers. Nu comme un ver (ses vêtements avaient très mal supporté le séjour prolongé dans l'eau salée), la peau brûlée par le soleil, le teint hâlé, Kaplen s'était arrêté de surprise et était resté sans bouger à dévisager les hommes qui envahissaient son petit espace personnel.

Ces derniers, de simples marchands l'avaient accueilli avec beaucoup de curiosité, lui avaient fourni des vêtements et un poste à bord qu'il avaient accepté sans rechigner. De toute façon, au point où il en était... Ce n'est qu'une fois à bord, propre, rasé de près, vêtu d'une jolie chemise blanche et d'une culotte noire qui lui allait étonnamment bien, les cheveux coupés au niveau des épaules... Que certains membres de l'équipage le reconnurent. Il fallait dire que le jeune pirate était connu comme le loup blanc, et ce n'était pas étonnant que des hommes (originaires de Reilor de plus) le reconnaissent. Sa cicatrice et ses tatouages ne trompaient pas après tout...

"Vous pouvez me livrer aux autorités de Reilor si vous le souhaitez, vous obtiendrez un bon prix pour ma tête... Moi je n'en ai plus besoin de toute façon..."

Mais tous avaient refusé. Même si en temps normal ils haïssaient les gens de sa sorte, ils avaient eu pitié pour Kaplen, puis au fil des jours s'étaient pris d'affection pour le malchanceux. Il fallait bien avouer que le jeune homme bossait plus que correctement, maîtrisait à merveille toutes les taches qu'on lui confiait, et comprenait le bateau mieux qu'aucun autre homme sur ce pont.

Ce n'était pas l'Opale... Le bateau marchand n'avait rien des douces rondeurs de la coque affûtée capable de fendre les vagues, portée par le vent à la vitesse d'un albatros... Ses voiles n'étaient pas aussi belles, ne prenaient pas aussi bien le vent, trop souples ou trop rigides... Ses mâts se balançaient trop lorsque le vent n'était pas constant... Non, ce n'était pas l'Opale. Mais la sensation de se retrouver de nouveau les pieds sur l'eau lui avait tout de même fait un grand bien.  

Kaplen avait eu l'occasion de se voir dans un miroir. Il savait qu'il avait retrouvé presque l'intégralité de sa condition physique d'avant ses blessures sur l'île. Même si ses repas n'avaient ni été très variés, ni gargantuesques, ils lui avaient permis de reprendre tranquillement un état physique appréciable. La pêche et la chasse n'y étaient d'ailleurs pas pour rien, et les longues nages dans le lagon entourant l'île lui avaient permis de se remuscler tout en douceur. Malgré cela, il voyait bien qu'il avait prit un coup de vieux. Son regard semblait éteint, ses yeux continuellement tristes, et des petites taches blanches se dessinaient dans sa barbe lorsqu'il ne se rasait pas pendant plusieurs jours. De nouvelles rides étaient apparu au coin de ses yeux et ses longs mois de convalescence avaient dessiné plus finement les contours de sa mâchoire.

Le bateau s'était finalement amarré au port de Reilor, après plusieurs mois en mer, et la cargaison avait été débarquée. Le capitaine du bateau avait proposé un poste fixe au jeune homme, pour remplacer son second, mais ce dernier avait décliné. Naviguer c'était sa vie, mais pas comme cela... Il fallait de plus qu'il trouve un moyen pour rapidement quitter la ville, se fondre dans la masse, disparaître... Surtout ne jamais être retrouvé. Visiblement on ne le reconnaissait que trop bien, et le moindre pas de coté de la part de l'équipage (comme l’appeler par son nom en pleine foule) le conduirait tout droit sur le billot.

Kaplen accepta donc sa dernière paye et disparut dans la foule du port en pleine activité. Il s'arrêta chez un tailleur et se fit tailler, avec une bonne partie de sa paye, des vêtements qui, l'espérait-il, le trahiraient moins. Une chemise bleue, un pardessus sans manches noir brodé (sans le narval malheureusement, bien qu'il avait été très tenté) de fil azur, une cape courte pour masquer la largeur de son dos et de ses épaules, des bottes noires ainsi qu'un chapeau bleu orné d'une plume de paon, suffisamment long pour cacher la partie haute de son visage (et donc sa cicatrice et ses tatouages). Il décida de garder le pantalon noir offert par les marchands, qui était de très bonne facture. Ainsi vêtu, personne ne pourrait le reconnaître!

Il avait ceint à sa taille une vielle lame qu'il avait pu récupérer sur le bateau. Cette dernière méritait un bon coup de couteau, n'était pas spécialement esthétique, mais était agréablement bien équilibrée. Ce n'était pas son sabre, certes, mais celui ci devait désormais reposer au fond de l'océan... Donc il valait mieux faire avec ce qu'il avait.

Il savait qu'il lui faudrait rester plusieurs jours à Reilor. Peut être pourrait-il retrouver ses compagnons de jeunesse, ils n'étaient pas loin du port, et étaient près à se plier en 4 à chaque fois qu'il revenait à Reilor... Oui, même si cela impliquait d'être obligé de raconter comment il avait vécu cette éprouvante dernière année, il n'avait rien à perdre.

*Demain avant l'aube* se dit-il. Lorsque seuls les chats se risquent à sortir, que les ivrognes sont trop saouls pour pour faire quoi que ce soit, les gens de bonne famille couchés, les marins endormis dans les bordels aux cotés des gardes de la ville et les enfants des rues cachés dans l'attente du soleil et des promesses de jours meilleurs.

Le début d'après-midi passa très lentement, soufflant minute après minute l'enthousiasme trop débordant de Kaplen. Ouais... Maintenant qu'il n'avait rien à faire qu'à penser, il repensait à tout ce qu'il avait perdu, ce qu'il avait aimé, et ce qui n'existait plus... Et le bilan était mauvais, très mauvais.

Cela faisait plusieurs heures déjà qu'il vagabondait de droite à gauche dans le port, ne sachant ou se cacher, ni dans quelle direction partir, déprimant un peu plus à chacun de ses pas qu'il rentra dans un homme qu'il n'avait pas vu. Il ramassa son chapeau qui était tombé à terre en jurant et le remis prestement sur sa tête.

"Excusez moi..." Grommela t-il dans sa barbe avant de réajuster sa cape. Il voulut faire demi-tour et partir le plus vite possible lorsque l'homme l'appela.

"Hé!" (HS: C'est nul on a la même couleur de discours xD, dans ce cas j'ai décidé que tu serais blanc, et toc!)

Kaplen se raidit et s'arrêta, le regard bas pour cacher au mieux son visage.

"Ceci est tombé lorsque vous m'avez... Bousculé!"

Le jeune homme releva lentement la tête pour voir ce que tenait son interlocuteur. Son collier! Son saphir étoilé! Il l'attrapa rapidement et le laissa un moment couler le long de ses doigts. S'il avait bien réussi à garder une chose de son passé dans la tempête, c'était bien ce dernier souvenir de son père... Comment avait-il pu tomber aussi facilement?

"Mhh... Merci..." Articula-t'il tout en faisant jouer les rayons du soleil sur le saphir.
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MessageSujet: Re: Au bord des quais... [Kaplen yl Tyr's]   Mer 07 Mai 2014, 23:30

Ginko lui sourit poliment, voyant que cet homme ne semblait pas mal intentionné. Alors que ce dernier portait son attention sur ce qui semblait être un objet de grande valeur, Ginko le regarda de plus près, et remarqua rapidement un trait particulier : les tatouages sous sa joue gauche. Bien qu'il ne se renseignait que peu sur les brigands alentours, Ginko était fréquemment de passage à Reilor, et il y avait bien un pirate qui était connu dans le coin, c'était un certain individu qui portait ces mêmes tatouages et avait cette même cicatrice, cette même mèche blanche. Sa mémoire presque eidétique lui suggéra alors toutes les affiches qu'il avait vues du coin de l'oeil sans y prêter attention, et se rappela le nom en dessous du portrait-robot mal dessiné : "Kaplen yl Tyr's". Il ouvrit alors les yeux de plus en plus grand, en fronçant les sourcils. Il était généralement doué pour se forger un masque et celer ses émotions, mais à ce moment-là, il avait du mal à se retenir face à l'un des hors-la-loi les plus redoutés de Reilor.

Ginko se retourna alors, préférant faire comme s'il n'avait rien vu. En marchant lentement dans la direction opposée, il se demanda si cet homme, qui ne semblait pas fidèle à sa réputation, valait la peine d'être dénoncé. Ginko s'arrêta. Il entendit alors des forces de l'autorité qui venait des deux côtés, demandant aux passants s'ils avaient vu tel ou tel pirate dans les environs. Son coeur battait. Fallait-il aider cet homme et devenir un hors-la-loi ? Ou bien le livrer et devenir un charognard ? En tant que nomade, il ne s'était jamais considéré comme un "citoyen" autre que celui du monde.

Se maudissant lui-même pour cette folie, Ginko se retourna et s'adressa au jeune homme en murmurant.

« Par ici. »

Il entraîna discrètement Kaplen dans une ruelle, dont la sortie débouchait sur un bistrot du coin. Quelle chance ! Le propriétaire faisait partie de son réseau de médecins : son humble paradis de breuvages était justement celui auquel Ginko comptait se rendre après avoir passé du temps dans les quais.
Ils entrèrent tous les deux dans la taverne. Bien pourvue en sièges et tables, elle était en revanche moins pourvue en clients ; la plupart étaient trop saouls pour se rendre compte de quoi que ce soit, et les autres étaient concentrés sur leurs parties de cartes. Un homme grand et musclé, portant un bandage noir à l'oeil gauche, les accueilla.


« Qu'est-ce que je vous se... Tiens ! Ginko !! Cela faisait longtemps ! Quel bon vent t'amène, docteur ? » , dit-il en riant.

« Heureux de te revoir, Blarod », dit-il en souriant et en lui serrant la main. Cela faisait plaisir, une tête connue après plusieurs journées d'abattement.

« Installe-toi, je t'en prie. Je vois que tu as amené quelqu... », dit-il en s'interrompant à la vue du visage de Kaplen. Le tavernier, un local de Reilor, mit encore moins de temps que Ginko pour le reconnaître. « Lui... ? Mais qu'est-ce que tu...! »

Ginko mit son index devant sa bouche. Il se rapprocha du tavernier et murmura.

« Je sais, je sais. C'est peut-être imprudent, mais avec les gardes qui se rapprochaient, je ne savais pas quoi faire. »

« Mais, mon ami... Ce n'est pas n'importe quel pirate. Je n'ai rien contre lui, mais avec tous ces gardes qui patrouillent ces derniers temps, c'est de la folie de... », chuchota à son tour Blarod, effaré de voir un des hors-la-loi les plus connus de l'archipel se trouver devant lui. Effaré, mais loin d'être effrayé : comme l'indiquait son bandeau, Blarod était lui-même un pirate avant de s'être reconverti pour sa famille.

« Je sais, Blarod. Je pensais simplement qu'il y avait suffisamment de morts comme cela. Je suis bien placé pour le savoir, tu le sais bien. »

« ... Je comprends. »

« J'aurais besoin que tu... »

« Bien sûr. »

Les vieux amis n'avaient pas besoin de formuler des phrases entières pour se comprendre.  Ainsi, le tavernier installa une table dans le coin à l'avant de la salle : c'était paradoxalement celui qui attirait le moins l'attention.

« Tu veux que je vous serve quoi ? »


« Seulement de l'eau pour moi. Je demanderai à notre invité après. Inutile qu'on se fasse plus bruyant que nous le sommes déjà... » ,dit Ginko non sans cette pointe d'ironie qui le caractérisait. Blarod sourit, puis acquiesca de la tête à Ginko puis à Kaplen, avant de retourner frotter les tables inoccupées.

Ginko et Kaplen s'installèrent sur la table dans le coin. Aucun autre client ne semblait avoir remarqué quoi que ce soit. Ginko, par contre, n'arrivait toujours pas à se rendre pleinement compte de la personne qui était en face de lui, et pire encore, ce qu'il venait de faire : contrevenir à la loi.
Un silence gênant s'installait entre les deux hommes. Voulant meubler la conversation, il voulut lui demander pourquoi il était recherché, mais il se ravisa et dit simplement :


« Navré de vous avoir brusqué... »

Ginko voulut ensuite demander à Kaplen s'il était originaire de Reilor, mais il se ravisa derechef, ayant horreur de se montrer trop bavard face à quelqu'un. Surtout face à un hors-la-loi aussi notoire. Mais étrangement, malgré les rumeurs dont il avait eu vent, Ginko avait du mal à ressentir le moindre ressentiment envers cet homme. Il ressentait davantage de la sympathie, de l'envie de le connaître. Cette envie parfois dangereuse de communiquer avec des inconnus, une envie qu'il avait connu dans son enfance.

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MessageSujet: Re: Au bord des quais... [Kaplen yl Tyr's]   Jeu 08 Mai 2014, 02:16

Kaplen replaça le collier à sa place bien à l'abri: autour de son cou. Il l'enfouit rapidement sous ses vêtements avant de reprendre la route, légèrement sonné. S'il l'avait perdu... Il devait à cet homme une fière chandelle... Mais tout étranger était une menace pour lui, surtout à Reilor. Il valait mieux s'éclipser rapidement et espérer avec force que l'homme n'avait pas pu voir son visage ou bien ne le connaissait pas. Mais la seconde hypothèse était très certainement fausse, celà faisait des mois que son visage devait être placardé dans tout Reilor...

Le jeune homme fit demi-tour et reparti donc, comme si de rien n'était. Il semblait de nouveau être seul lorsqu'il entendit un chuchotement juste derrière son oreille.

-Par ici!

Se retournant, il manqua de jeter l'homme qui l'avait surpris à terre et avait déjà la main posée sur son épée. Lorsqu'il se rendit compte qu'il s'agissait de l'individu qui lui avait rendu son collier il stoppa son geste, et le temps d'essayer de comprendre ce qu'il se passait, il se faisait entraîner dans les méandres du vieux port.

Kaplen n'avait pas le temps de réfléchir. L'inconnu le tirait sans faillir et fini par le faire entrer dans une taverne bondée. L'air était lourd de fumée et de conversations animées, il y avait une telle foule qu'il était difficile de s'y déplacer, de surcroit lorsque quelqu'un vous forçait à avancer. Le jeune pirate ne comprenait pas ce qu'il se passait. Il avait toujours la main sur la poignée de son épée, près à dégainer au moindre mouvement suspect. Mais il laissait le bénéfice du doute à cet homme qui, pour le moment, ne lui avait rien fait de mal, au contraire. Les clients étaient plus saouls les uns que les autres, certains jouaient aux cartes, hurlant et tapant contre la table et renversant la mauvaise bière qui leur avait été servie  sur leur voisin d'en face qui se mettait alors lui aussi à s'agiter. D'autres se balançaient sur leur chaise, ou dormaient à poings fermés, la bouche ouverte et le cou découvert. Personne ne les regardait ni ne semblait savoir qu'ils étaient entrés. Mais il valait mieux se méfier. Kaplen était cher, et rapporterait gros s'il était livré au gouverneur.

Un grand homme au visage barré d'un large foulard noir s'approcha de la table avec un grand sourire.  

-Qu'est-ce que je vous se... Tiens ! Ginko !! Cela faisait longtemps ! Quel bon vent t'amène, docteur ?

Il éclata de rire. Ginko... Non il ne connaissait pas de Ginko. Il n'avait jamais entendu parler d'un Ginko auparavant. Mais cela ne voulait rien dire. Visiblement, l'inconnu connaissait le patron de l'établissement. Comment devait-il le prendre? Etait-ce la preuve qu'il allait être livré aux forces de l'ordre dans la journée ou le contraire? Ne pas lâcher l'épée. C'était la meilleur solution. Le jeune homme enfonça un peu plus son chapeau sur sa tête, dans l'espoir de cacher ses tatouages et ses cicatrices.

Docteur... Il avait dit docteur... Cet homme était-il médecin? Auquel cas que lui voulait-il? Kaplen n'était vraiment, vraiment, vraiment pas tranquille.

« Installe-toi, je t'en prie. Je vois que tu as amené quelqu... »

Et Zut! Il avait été reconnu, c'était certain! Le tavernier s'était légèrement mis à l'écart avec son "ravisseur". Il l'avait reconnu! Ils l'avaient reconnu! Que devait-il faire? Si les hommes présents dans la taverne étaient aussi saouls qu'ils en avaient l'air ce ne serait pas trop compliqué de sortir. Mais s'ils feintaient... Si ce "médecin" le suivait depuis qu'il avait débarqué? Que faire?

Ils revinrent près de Kaplen et le tavernier les installa à une table sur le devant de la taverne. Kaplen se laissa conduire, tendu et crispé comme jamais, près à dégainer à la moindre menace, au moindre geste suspect, et à déguerpir de la au plus vite. Il s'assit aux cotés du "docteur" sur l'extremité de la chaise, afin de pouvoir se lever rapidement et partir en courant. Le jeune pirate était encore en train de se demander s'il devait s'enfuir ou non lorsque Ginko le tira de ses réflexions:

-Navré de vous avoir brusqué...

Le jeune homme haussa un sourcil. Sa jambe droite n'arrêtait pas de faire des va et viens de haut en bas et des sueurs froides coulaient le long de son dos, malgré la chaleur qu'il faisait à l'intérieur. Il s'éclaircit la gorge avant de répondre. Au pire, il pourrait peut être en apprendre plus sur les raisons de ce... Kidnapping presque forcé.

-Qui êtes-vous? Que me voulez-vous? Demanda t-il sans prendre de gants. Du Kaplen tout craché dans toute sa splendeur. La diplomatie dans son paroxysme le plus extrême. Je sais que vous savez qui je suis. Il n'y a qu'à voir comment votre ami là bas (il indiqua le tavernier d'un geste de la tête) m'a regardé lorsqu'il m'a vu... Je sais me battre vous savez? Et plutôt bien même...

Avant que son interlocuteur n'ait eu le temps de répondre, le tavernier revenait avec un verre d'eau.

-Alors Ginko, ton invité a choisi ce qu'il allait prendre?

Kaplen lui jeta un regard plein de sous-entendu puis se retourna vers Ginko:

-Pas de chanvre j'espère. Répondit Kaplen , sur le qui vive. Il espérait vraiment que cette mésaventure ne le mènerait pas à la corde.
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MessageSujet: Re: Au bord des quais... [Kaplen yl Tyr's]   Ven 09 Mai 2014, 22:50

Ginko était bien conscient de la nervosité de Kaplen, de ce qui le mettait mal à l'aise. C'était déjà un miracle que le pirate n'ait pas réagi en lui donnant un coup de poing. Mais il se maudissait encore lui-même pour ce qu'il était en train de faire, quoique mettant cela sur le compte de l'altruisme -hors médecine-, de l'envie de limiter le nombre de morts déjà élevé partout en quotidien dans cette société aïklandienne, sombre et indifférente. Quitte à cacher un pirate au nez et à la barbe des autorités. Oui, peut-être était-ce cela. Peut-être son acte était-il également dû au fait qu'il n'avait pas ressenti de méchanceté apparente en ce Kaplen. Qu'il ne semblait pas aussi meurtrier qu'on le racontait. Mais Ginko avait pour coutume de se méfier des apparences, aussi se rappela-t-il de ne plus jamais baisser sa garde.

*Et puis, c'est la dernière fois que je me risque à défendre un recherché.*

C'est alors que Kaplen le menaçait tout de go, en faisant allusion, non sans cynisme, à la possibilité qu'on le drogue pour ensuite le livrer aux autorités. Ginko s'adressa à Blarod :

« Juste de l'eau pour moi, s'il te plaît. Ces derniers jours ont été un peu rudes... Quant à monsieur, rien du tout pour l'instant. »

Le grand tavernier acquiesca, puis retourna au comptoir. Ginko répondit à son interlocuteur :

« Je ne suis personne. Juste un médecin de passage avec un élan de bonnes intentions. Vous avez sûrement dû remarquer que des gardes venaient de chaque côté de la rue. Et vous sembliez un peu trop concentré sur le collier que je vous ai rendu pour vous rendre compte de ce qui vous attendait. Et je ne pense pas qu'un chapeau suffise à vous faire passer incognito. Sur le coup, je me suis senti obligé d'agir... »

Blarod revint avec un grand verre d'eau. Ginko lui sourit et le remercia, puis le tavernier se rendit près de clients un peu trop bruyants. Le médecin se réadressa à Kaplen.

« Mais un pirate comme vous doit se sentir offensé, et je le comprends parfaitement. Si je dois vous donner une raison... C'est que je suis fatigué de voir des gens tomber comme des mouches sans que je puisse faire quoi que ce soit. » dit-il en fronçant un peu les sourcils, néanmoins sans trop afficher son regret.

« Fatigué, oui... » Il but alors la moitié de son verre, et laissa flotter un silence. Deux semaines que lui survivait et que les germes mutaient, que les recherches du réseau n'étaient pas assez rapides, que la société ne voulait pas investir d'efforts. Qui dit cohésion trop faible dit nulle progression.
Un peu comme si l'archipel avait été conçu par une puissance divine... pour faire souffrir. Et puis pour faire mourir. Un corps déformé par-ci, une cécité ultraprématurée par-là.
Et si c'était lui, la cause de tout cela ? Et si c'était parce que son organisme lui-même attirait davantage les germes et propageait au bout de deux-trois jours des infections dans les endroits où il s'accordait la liberté de rester un peu trop longtemps ? Et s'il était temps pour lui de prendre conscience qu'avoir une famille n'était pas franchement une option ?
Une dizaine de secondes passa alors que Ginko méditait là-dessus, un lourd vague à l'âme. Puis il se reprit.


« Donc, hm... Quoi qu'il en soit, je ne vais pas vous forcer à consommer quoi que ce soit. Non. Je voulais simplement que l'on passe du temps ici, où les gardes passent peu souvent, le temps que les patrouilles se calment et que vous puissiez continuer tranquillement votre chemin. Qui sait... Vous avez peut-être passé plusieurs jours sans parler à des inconnus, vu votre statut. Mais si vous souhaitez précipiter la fin de notre rencontre... Alors je ne vous retiendrai pas. »

_________________


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Au bord des quais... [Kaplen yl Tyr's]

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