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"Homme libre, toujours tu chériras la mer !"
"La mer enseigne aux marins des rêves que les ports assassinent."
"La sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit."
"Il est des moments où les rêves les plus fous semblent réalisables à condition d'oser les tenter."
"Le voyage est une suite de disparitions irréparables."
"Nous sommes de l'étoffe dont sont faits les rêves, et notre petite vie est entourée de sommeil."
"Dieu nous rêve. S'il s'éveille, nous disparaissons à jamais."
"Nous trouverons un chemin... ou nous en créerons un."
"Le rêve de l'homme est semblable aux illusions de la mer."
"Il n’est pas de vent favorable, pour celui qui ne sait pas où il va…"
"Il y a trois sortes d'hommes : les Vivants, les Morts, et ceux qui vont sur la Mer."

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 Confrontation

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MessageSujet: Confrontation   Ven 21 Juin 2013, 01:37

_Bienvenue à Valisard.

_Ce mensonge ne dupait personne. La vieille pancarte rongée par le vent et les insectes affichait tristement son invariable message d'accueil, mais le spectacle qui se jouait derrière elle n'avait rien d'hospitalier. Valisard n'était plus qu'une ruine, un village fantôme détruit par les flammes. Les humains destructeurs qui avaient chassé la flore de son propre lit, qui avaient sans pitié saccagé la forêt pour bâtir leurs demeures avaient à présent disparu et la végétation reprenait timidement ses droits sur les débris calcinés. Plusieurs années avaient du s'écouler depuis l'incendie et il semblait que nul n'était jamais revenu en ces lieux ; le village détruit était le squelette noir de toute une histoire assassinée. On avait abandonné la ville, la laissant mourir dans les flammes, et on était allé s'installer ailleurs pour écrire une nouvelle histoire.

_Un silence de mort régnait dans le village fantôme. Les quelques gémissements d'une nature pleine de vie paraissaient lointains, comme si l'endroit était enveloppé dans une bulle sans air. La mer que l'on apercevait à une lieue en contrebas de la montagne aurait été tout aussi muette si elle n'avait été qu'un mur peint en trompe-l’œil. Nul oiseau ne semblait habiter la forêt de pins qui s'étendait à l'ouest. Seul le vent osait encore s'aventurer dans ce village maudit.

_Rána errait dans les ruines de la bourgade et dans les vestiges de son âme. Ses yeux suivaient le tracé des poutres subsistantes ; on pouvait deviner à quoi ressemblaient jadis les maisons et imaginer la vie qui embaumait les rues. Ce tas de cendres avait été un lieu plein de rires et de cris. Des enfants avaient couru sur les pavés de cette petite place délabrée. Une jeune femme avait puisé de l'eau dans ce puits effondré. Un couple s'était embrassé sous le feuillage de cet arbre mort. Valisard la noire avait été magnifique. Valisard avait été paisible, insouciante et pleine de promesses. Mais Valisard n'existait plus, et Rána marchait seule dans les décombres de son enfance.

_Qu'avait-elle espéré en faisant la route jusqu'ici ? Elle-même n'en savait pas grand chose. Ses pensées flânèrent dans sa mémoire et elle se remémora le jour où elle avait décidé de retourner aux sources. C'était peu après avoir faussé compagnie aux centaures dans le bois près de Reilor. Ses mésaventures l'avait complètement épuisé et elle s'était réfugiée dans une grotte calcaire à quelques lieues du port. Là, elle avait dormi ; elle avait dormi longtemps et avait fait le Rêve.

_Elle n'avait jamais aimé cette dépendance, mais cette fois-ci fut probablement la pire. Il était difficile de dire quelle émotion était à l'origine de la folie qui l'avait prise ; elle était passée par trop d'états d'âmes. Le Rêve lui montra l'île où la femme blanche l'attendait. Elle était toujours là ; Rána ne savait pas qui elle était, mais elle l'appelait Mathë. Quand elle y réfléchissait, ce nom ne lui évoquait guère plus qu'une sorte de réminiscence ; mais le nom n'était pas important. Ce qui importait, c'était le sentiment que Rána éprouvait en sa présence. Elle sentait son cœur exploser dans sa poitrine, mais cela n'était pas douloureux ; l'organe de vie continuait son expansion à travers sa peau, puis elle avait l'impression de quitter son enveloppe charnelle. Elle laissait alors s'évaporer toute la douleur, toute la colère, toute la peine, toute la violence qui étaient en elle. Elle expurgeait sa noirceur et devenait blanche. Elle était Mathë et elle ne l'était pas tout en même temps. Rien ne pouvait plus l'atteindre, le monde n'était plus hostile, tout était sérénité. Alors, elle voyait son père, elle voyait sa mère, elle voyait son petit frère, elle voyait Argor, elle voyait Anca, elle voyait Rog. Et tous la regardaient, et tous étaient fiers d'elle. Et tous lui disaient, l'un après l'autre : « Je te pardonne ». A son réveil, elle s'était donnée à l'océan.

_Un pêcheur l'avait recueillie et amenée dans sa maison à Reilor. D'après lui, il l'avait retrouvée échouée sur la plage, et cela ne l'avait pas surpris. Nombreux sont les hommes qui meurent avalés par la mer à cause de cette île maudite, disait-il. Elle était restée parfaitement silencieuse, murée dans son esprit, quand il lui avait raconté ses histoires de Rêveurs fous. Il en parlait avec un détachement désabusé. L'homme dégageait quelque chose de spécial et Rána avait, à son propre étonnement, décidé de ne pas le tuer. C'était alors la troisième fois que cela lui arrivait ; il ne s'agissait pas d'un manque d'envie, mais d'une volonté de lutter contre ses pulsions. Malheureusement, la bête qui se réveillait la nuit n'était pas prête à de tels compromis. L'homme était froid quand elle quitta la maison à l'aube. Elle avait fui la ville et ses hommes dégoûtants et avait marché des heures sans véritable objectif. La folie pulsionnelle de l'après-Rêve s'était dissipée, mais son irrésistible envie de prendre la mer pour rejoindre Mathë était toujours là. Rána n'était cependant pas une fille stupide. Elle savait que l'appel de l'île était traître et qu'elle ne devait pas y répondre. Elle le savait, et cette certitude lui suffisait chaque année pour ne pas succomber ; mais pas cette fois. A trois reprises, elle avait rebroussé chemin et pris la direction du sud. A trois reprises elle s'était fait violence pour ne pas s'abandonner, et elle avait du aller jusqu'à l'automutilation. C'est alors qu'elle prit sa décision. Elle avait besoin d'un but. Elle n'avait pas oublié son désir de vengeance, elle n'avait pas oublié Isilwen et la femme-plante qui lui avait pris sa meute, mais elle n'était pas encore prête pour cela, elle le savait. Elle songea à retourner sur les lieux où elle avait perdus ses loups, dans les Monts d'El, puis le mot la frappa comme une évidence.

_Valisard. Elle retournerait à Valisard. Là où tout s'était fini et là où tout avait commencé. Elle ne savait pas ce qu'elle y trouverait, mais elle ancra en elle la certitude qu'elle y trouverait quelque chose. Il lui fallait un but. Pour ne pas sombrer pour de bon, il lui fallait un but.

_Rána reconnut l'ancienne ruelle où se trouvait la maison de son enfance. Les bâtisses, construites en encorbellement, s'étaient complètement effondrées en obstruant l'allée. Elle escalada l'amas de bois brûlé et franchit l'obstacle pour progresser dans la ruelle. Sa maison était à l'autre bout et faisait l'angle avec la rue adjacente. Rána s'en approcha et la détailla, maussade. La demeure était méconnaissable. Son état était épouvantable, mais une partie de l'étage tenait encore bon ; sa chambre existait donc peut-être encore. Elle accéléra le pas et s'engouffra dans le sombre bâtiment.

_L'intérieur avait beau être consumé, rien n'avait changé de place. La maison n'avait probablement pas été habitée depuis cette nuit où son père les avaient pressés, elle, sa mère et son frère, à quitter la ville et à fuir Lan Rei par la mer. Était-il mort ici ? Avait-il survécu ? C'était improbable. Après tout ce temps, il aurait bien fini par retrouver sa fille. Rána monta le vieil escalier qui tenait encore miraculeusement debout et fila droit vers ce qui avait jadis été sa chambre.

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MessageSujet: Re: Confrontation   Ven 21 Juin 2013, 02:15

Spoiler:
 



Un pas après l'autre, Savannah avançait, toujours en tête cet unique but d'errer et d'un jour rejoindre l'Île. Il n'y a pas longtemps, alors qu'elle se reposait à l'ombre d'un chêne millénaire, elle avait fait le Rêve. Alors son envie s'était faite grandissante, jusqu'à-ce qu'elle ne puisse presque plus la contrôler et aille jusqu'à massacrer un village entier pour passer ses nerfs. Elle l'avait fait il y a quelques heures, et le sang frais recouvrait encore sa langue. Elle tremblait, repue, et se délectait des dernières gouttes qui avaient un léger goût de chair humaine. Elle était dans la forêt, et bientôt le paysage de pain et autres conifères se transforma en un paysage de mort, des arbres calcinés dont le tronc frêle peinait à tenir debout. Son odorat fut assaillis de deux odeurs distinctives : celle du bois brûlé, qui la dérangeait et l'étourdissait presque tant il était présent et empestait. Elle percevait aussi une odeur qui l'intéressa bien plus, une odeur d'être vivant. Ce n'était pas un humain, elle en était convaincue. Mais elle ne savait dire à quoi elle avait à faire.


Elle avança un peu plus vite, et fini par déboucher sur une petite ville qui fût sans doute ruinée par les flammes. Un panneau affichant les mots ''Bienvenue à Valisard'' la fit rire. Un paysage de mort, qui empesait, qui ne pouvait accueillir que des gens de la pire espèce... mais on lui souhaitait quand même la bienvenue. Elle pénétra dans la ville fantôme, où reposaient des squelettes de maisons rongées par les flammes. À mesure qu'elle s'enfonçait dans le tas de ruines, l'odeur vivante s'approchait toujours plus, comme une tentation. Elle se demandait à quoi elle avait à faire, et si elle devrait lui laisser la vie ou non... À pas de velours, elle s'enfonça dans le cœur de la ville, et s'arrêta, les yeux rivés sur le tronc d'un arbre épargné par l'incendie. Sur lui étaient gravé les mots : ''RÊVE – AIKLANDO''. Voir ces quelques lettres raviva son envie irrépressible de gagner l'île, et par la même occasion son éternelle envie de meurtre. Elle accéléra le pas, pour arriver le plus vite possible à rejoindre la créature et ainsi manger sa chair. Car oui, elle en était sûre, elle ne lui laisserai pas la vie sauve.

Elle sentait l'odeur se rapprocher, avant d'être certaine d'être arrivée devant le bon squelette en ruine. Elle contempla la maison avant d'y pénétrer. Les murs du rez-de-chaussée étaient détruits au trois quarts, on voyait parfaitement l'intérieur, ''Décoré avec goût...'' pensa-t-elle, cynique. En vérité, il était gris de poussière et noir de cendres. Et dans toutes ces particules, un imprudent avait laissé des traces de pas, prouvant qu'il ou elle était monté à l'étage. Pourquoi, elle ne le savait pas. Mais ce qu'elle savait, c'est qu'elle ne lui ferait pas de cadeau. En faisant de mieux qu'elle pouvait pour ne pas se planter une écharde dans le corps, elle pénétra dans la maison fantôme par un énorme trou dans un des murs encore debout. Elle monta à l'étage, sans se soucier du bruit de ses pas. Sans même avoir besoins de son odorat, elle sentit une présence dans une des chambres. Alors, elle y pénétra, et vit une jeune fille de dos entrain de regarder un petit cadre couvert de crasse.

- C'est imprudent de traîner dans de tels endroits... lui lança-t-elle, en se pourléchant les lèvres.


Dernière édition par Savannah Drowsell le Mer 18 Déc 2013, 05:57, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Confrontation   Ven 21 Juin 2013, 13:13

_La dernière fois qu'elle avait foulé de ses pieds nus le plancher de cette chambre, Rána était une autre personne. Une fillette lunatique qui pensait connaître le tourment ; elle vivait à l'abri du besoin, sous la protection de parents aimants, entre quatre murs de pierre et de bois qui la protégeaient du froid. Rána n'était plus cette enfant, et elle savait qu'elle ne pourrait jamais le redevenir. Elles étaient deux jeune filles différentes qui n'étaient plus liées que par un prénom de quatre lettres. Plus de nom de famille ; impossible de s'en souvenir. Elle était Rána, une louve solitaire, destituée de tout lien, une bête sauvage à l'âme souillée à jamais. Elle se trouvait dans la chambre d'une enfant morte. A cette pensée, la lycane éprouva un curieux sentiment d'intrusion, puis une sensation de vertige. Son regard balaya la pièce ; tout avait brûlé, tout hormis un petit cadre sale dont elle s'approcha. Elle dut le frotter de sa manche pour voir l'image qu'il renfermait.

_Rána y vit un dessin sans intérêt dont elle avait totalement oublié le sens, mais c'était la dernière relique de son ancienne vie, et cela la fascina. Elle resta plantée là un moment à contempler la croûte, l'esprit vagabondant dans les méandres de ses vagues souvenirs. Elle perçut l'odeur avant le grincement du bois de l'escalier. Son instinct l'avertit du danger avant que ne s'élève la voix du prédateur qui venait la chasser. Elle aurait du se cacher pour le prendre par surprise, elle aurait du se tenir prête à lui faire face, elle le savait, mais ce cadre semblait tellement plus important...

_― C'est imprudent de traîner dans de tels endroits, ironisa la chasseuse.

_La jeune fille n'eut pas besoin de se retourner pour identifier la menace. Une odeur du sang se répandait dans toute la pièce, se mêlant à l'effluve bestial qu'exhalait la chair mutée des lycanthropes. La femme qui se tenait derrière elle était là pour la tuer. Rána avait toujours pris grand soin d'éviter à avoir affaire à ses semblables. Sa nature d'alpha la poussait à vouloir dominer, et cela impliquait un rapport de force qui était rarement à son avantage. Quand elle se transformait, elle était redoutable contre une proie animale ou humaine, mais sa jeunesse ne jouait pas en sa faveur lorsqu'il fallait affronter un loup-garou adulte.

_Rána se retourna et planta ses yeux dans ceux de sa congénère, pour lui signifier qu'elle ne la craignait pas et qu'elle se battrait s'il le fallait. Il faisait grand jour ; elle n'avait pas donc a priori pas à redouter un combat transformé. La femme était-elle capable, comme elle, de se changer à la lumière du soleil ? Rána ne l'espérait pas, son corps et son esprit étaient encore trop fragiles pour subir une transformation forcée ; elle n'en serait pas capable. Pouvait-elle rivaliser sous sa forme humaine ? Difficile d'en juger à mains nues, mais pas impossible. Et la femme avait-elle deviné la nature de sa proie ? Si ce n'était pas le cas, valait-il mieux le cacher ? Probablement pas. Cependant, Rána n'avait aucune envie de se mesurer à la louve brune, tout comme elle n'avait aucune envie de mourir. Elle devait donc se montrer prudente, rester à l'affût sans montrer trop d'agressivité.

_― Je ne te souhaite pas de mourir, Louve. Mais tue moi et tu devras en répondre au reste de ma meute. Et tu ne gagneras pas.

_Le coup de bluff pouvait marcher, si la femme n'avait pas fait le tour des environs. Rána ne portait pas d'autre odeur que la sienne, mais la louve ne pouvait pas le savoir puisqu'elle ne connaissait pas cette odeur ; aucune autre trace ne laissait sentir la présence d'autres loups, mais il restait possible qu'un petit groupe de lycans reste en retrait. De plus, il aurait paru sensé qu'une fille de son âge ne voyage pas seule. En revanche, ce que Rána omis de prévoir était qu'il était tout aussi possible que son assaillante ne fût pas seule elle aussi. Elle se mordit l'intérieur de la bouche, maudissant sa ruse pathétique qui risquait d'énerver un peu plus la lycanthrope. Ses muscles se tendirent ; elle ne quittait pas la femme des yeux, prête à riposter à la moindre attaque.

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Dernière édition par Rána le Mar 25 Juin 2013, 20:00, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Confrontation   Sam 22 Juin 2013, 15:39

La jeune fille se retourna vers la louve adulte et la fixa des yeux verts qui semblaient raconter un océan de hain et de douleur. Elle semblait hésiter, essayer de mesurer l'importance de ses mots. Il s'écoula une trentaine de secondes avant qu'elle ne répartisse. Pendant ce cours laps de temps, Savannah l'avait détaillée. Ses vêtements étaient misérables, troués, sales. Mais hormis ce détail superficiel, elle était plutôt mignonne. Cependant, elle n'était pas dupe : un petit air angélique cache souvent un visage à deux faces, une partie sombre et un peu folle. Elle détaillait toujours son interlocutrice et éventuelle assaillante quand celle-ci ouvrit la bouche et lui lança :


- Je ne te souhaite pas de mourir, Louve. Mais tue moi et tu devras en répondre au reste de ma meute. Et tu ne gagneras pas.


Savannah eût un petit rictus amusé. Elle était mignonne, elle était confiante, mais elle n'était pas de taille. Elle semblait en fait si vulnérable. Il était maintenant clair qu'elle était une louve, mais qu'elle avait également reconnu cette nature chez la louve adulte. Si elle devait envisager de se battre, elle avait tout de même l'avantage d'être inconnue en moins, mais sa force et son expérience ne lui étaient pas enlevés et elle en était rassurée. Elle détailla encore le visage angélique de la jeune fille et lui répondit :


-Si jamais je te tues, ils pourront toujours courir pour me rattraper. Je suis sans doute bien plus rapide que ta bande de louveteaux...


En effet, Savannah croyait que la meute de la jeune fille en face d'elle était composée uniquement de louveteau de son âge et de son niveau, ce qui lui donnait un net avantage si elle devait les combattre. D'ailleurs, elle comptait bien la combattre... Elle glissa sa main droit dans la bandoulière qui ne la quitta jamais. De là, elle en extirpa un couteau. Même si elle ne pouvait pas se transformer, elle était bien décidée à user de son agilité et son expérience pour arriver à bout de l'enfant devant elle...[/font]


Dernière édition par Savannah Drowsell le Mer 18 Déc 2013, 05:57, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Confrontation   Mar 25 Juin 2013, 19:58

― Si jamais je te tue, ils pourront toujours courir pour me rattraper. Je suis sans doute bien plus rapide que ta bande de louveteaux...

_Rana se mordit la langue pour contenir la colère de frustration. C'était bien sa veine d'être tombée sur quelqu'un de déraisonnable. Elle n'obtiendrait aucun résultat en s'y prenant comme elle le faisait ; même si le bluff prenait, il n'aurait pas l'effet escompté. D'un autre côté, reconnaître aussi facilement qu'elle avait menti la destituerait de toute crédibilité, et cela risquait de dissiper toutes les réserves éventuelles que pouvait émettre la femme à son égard. Il fallait donc continuer de jouer le jeu, tout en cherchant une autre manière d'éviter l'affrontement, et ce de préférence sans manifester la moindre soumission.

_C'est alors que Rana vit le couteau sortir de la besace. La lame brilla en reflétant un timide rayon solaire qui s’immisçait à travers les planches brûlées du plafond de la chambre d'enfant. Le monde pendant un instant sembla tourner autour de l'instrument de métal. La jeune fille fronça les sourcils ; le poignard est une arme dangereuse lorsque l'on n'a pas de meilleure allonge. Les coups sont rapides, difficiles à lire et à parer. Cela reste cependant une arme d'assassinat plus que de combat frontal. Peu de chances contre une épée correctement maniée, et une chance sur deux contre une arme aussi courte. Un combat de dagues était surtout un rapport de vitesse, de réflexes et de chances. La jeune fille dégaina son propre poignard, consciente du risque auquel elle s'exposait. A moins d'être tombée face à une adversaire particulièrement douée, elle avait autant de chance qu'elle d'être blessée ; dans tous les cas, le risque était grand et elle en avait assez de rouvrir constamment ses plaies. Cependant, la Louve l'avait provoquée et elle ne pouvait pas fuir le combat. Elle planta son regard vert plus profondément dans les yeux caramel de son adversaire et eut la curieusement impression de se regarder dans un miroir.


_― Tu auras le temps de mesurer ton erreur quand mon père te dévorera le cœur encore battant, cracha-t-elle avec hargne.

_Sa bravade avait toujours pour but de décourager la femme-loup, mais elle gardait ceci de vrai que l'assaillante avait bel et bien fait une erreur : elle avait mal choisi sa proie. Elle avait fait l'erreur de désigner Rana comme l'agneau à abattre. Elle avait fait l'erreur de s'attaquer à une prédatrice. Mais par-dessus tout, elle avait fait l'erreur de renvoyer à la jeune fille sa propre image et la haine qui s'éveillait en Rana à l'égard de la femme n'était que l'écho de l'aversion qu'elle se vouait à elle-même.

_Les choses avaient changé, Rana s'en rendit compte alors qu'elle réalisait la nature de ses émotions. Un certitude commençait à poindre au-dessus de ce face à face. En ce jour, en ce lieu, dans la totale indifférence du monde, une lycanthrope allait mourir.

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MessageSujet: Re: Confrontation   Mer 26 Juin 2013, 03:25

Un autre fin rayon, semblable à celui de son poignard, émana de la main de la jeune fille. Elle aussi avait sortit un poignard de sa besace, plongeant ses yeux verts dans ceux de Savannah. Deux puits profonds de haine s'échangèrent leurs eaux sales, et elles ressentirent en l'autre une aversion, une haine puissante qui ne faisait que mettre encore plus l'eau à la bouche de Savannah.

Tu auras le temps de mesurer ton erreur quand mon père te dévorera le cœur encore battant

La petite devant elle, armée de son couteau, avait de forte chances de savoir se battre, malgré son jeune âge. Une chose que la femme louve ne réalisa que maintenant, c'était que comme elle était plus petite qu'elle, elle avait un avantage d'esquive et de rapidité. Elle se mordit la joue, se faisant presque saigner, et se demanda que faire si il se révélait que son adversaire fusse redoutable. Elle n'aurait peut-être pas dû tant la sous-estimer, car non seulement sa meute semblait être constituée de loups adulte, mais elle avait lu dans son regard la certitude qu'ici, dans cette ville, squelette d'une existence perdue, l'une d'entre elle allait perdre la vie. Qui allait attaquer, qui allait se défendre, pour quelle tactique opterait elle? Elle n'en savait rien, et la jeune fille en face d'elle commençait à la terrifier un peu. Elle recula un pied en arrière, prêt à l'attaque, et se dit qu'il fallait mieux qu'elle commence par l'attaquer et la jouer offensive plutôt que d'attendre éternellement que cette dernière ne se décide à bouger. Alors, elle se propulsa vers l'avant et dégaina de son poignard un puissant coup en direction de la jeune lycan.

La réaction fut immédiate. La jeune fille leva le bras et les deux lames s'entrechoquèrent dans une plainte qui résonna entre les murs poudreux. Elle plongea encore une fois ses yeux d'émeraudes dans ceux de Savannah, et un petit sourire fendit ses lèvres en un rictus effrayant. Elle avait lu dans ses yeux la craintes nouvelle de Savannah, et elle devait sûrement s'en réjouir.


Dernière édition par Savannah Drowsell le Mer 18 Déc 2013, 05:56, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Confrontation   Dim 21 Juil 2013, 23:18

Spoiler:
 

_La parade statique du face à face entre deux prédateurs défendant leur territoire est comparable à un fil tendu, qui s'étire et s'étire encore dans un silence et une inertie mortuaires. Chaque seconde est un instant plus critique que le précédent, mais le fil tient bon. Les deux opposants tendent tous leurs muscles, à l'affût du moindre mouvement de l'adversaire. Aucun ne veut engager les hostilités et pourtant chacun meurt d'envie de le faire. Et puis le fil casse brusquement.

_Difficile de dire si la femme avait fait le premier pas ou si Rána avait déjà perdu le contrôle de sa rage à ce moment là, mais dans la même fraction de seconde, toutes deux s'étaient jetées à corps perdu dans un combat à mort. Rána para le coup que lui asséna l'assaillante et leurs regards se croisèrent. La jeune fille eut alors le temps de lire une expression nouvelle sur le visage de sa congénère. Que craignait-elle soudain ? Était-elle surprise de voir Rána croiser le fer avec elle ? S'attendait-elle à la voir tomber à genoux et la supplier de l'épargner ? Peut-être qu'après tout elle n'était pas si redoutable et que Rána n'avait pas été la la seule à jouer la carte du bluff. Les lames vrillèrent et s'entrechoquèrent à nouveau et la jeune fille revint sur son jugement. Les coups de la femme n'étaient pas hasardeux, alors que redoutait-elle ? Sans doute la même chose que Rána : ses cinquante pour-cent de chance de défaite. Elle venait de comprendre que l'issue de la confrontation n'était pas courue d'avance. Toutes deux avaient peur des capacités de l'autre à présent et la jeune fille aurait tiré cela à son avantage si elle affrontait quelqu'un d'autre. Cependant, elle avait tellement l'impression de faire face à elle-même qu'elle suspectait un danger plus grand. Rien n'est plus mortel qu'un prédateur apeuré par sa proie, car il ne lui fait alors plus aucune faveur. C'était l'expérience qui parlait, en serait-il de même pour la femme ?

_Elle esquiva un coup et bondit en arrière, prête à revenir à la charge mais au moment ou ses pieds touchèrent le plancher, son cœur fit un bond. Elle perdit l'équilibre et lâcha sa dague quand le sol se déroba sous ses pieds. La charpente brûlée avait miraculeusement tenu pendant toutes ces années, mais elle était bien trop fragile pour supporter un combat sur ses planches pourrissantes. Alors que Rána traversait le plafond pour atterrir dans sur le sol noir du salon du rez-de-chaussée, elle entendit plus qu'elle ne vit l'étage supérieur s'effondrer en une explosion de poussière. Elle eut à peine le temps de couvrir son visage de son bras et de fermer les yeux avant de ressentir le choc d'un morceau de poutre qui tombait droit sur elle. Il y eut un vacarme assourdissant et interminable qui céda soudain à un silence de plomb.

_Sonnée, Rána resta là un moment à reprendre ses esprits. Elle avait mal au bras et à la jambe mais n'était pas sûre de vouloir connaître l'ampleur des dégâts. Il fallait pourtant bouger, sortir des décombres avant que le reste de l'étage ne vienne l'achever. Elle ouvrit les yeux et toussa bruyamment. La poussière l'aveuglait et lui irritait la gorge. Un effort douloureux lui permit de repousser la poutre et les planches qui recouvraient son corps et un autre d'extirper sa jambe de l'amas de bois qui l'entravait. Elle se fraya un chemin maladroit à travers les ruines, incapable de voir où elle allait. La femme avait-elle survécu ? C'était le moindre de ses soucis pour l'instant. Elle progressa sans autre sens que le toucher et finit par sentir un air moins chargé. Elle se précipita vers l'extérieur et se laissa tomber sur les pavés de la ruelle, les cheveux blancs et les yeux rouges. Elle cracha, pleura et toussa à s'arracher la gorge. Elle avait mal mais un examen à l'aveuglette lui suffit à certifier qu'elle ne s'était rien cassé. Sans attendre de savoir ce qu'il en était de son assaillante, elle commença tant bien que mal à s'éloigner du siège de ses souvenirs détruit pour de bon. Elle doutait sérieusement en avoir fini avec la louve, mais venir ici n'avait pas été une bonne idée et si elle pouvait quitter Valisard vivante et sans blessure, c'était la seule occasion à saisir.

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MessageSujet: Re: Confrontation   Jeu 15 Aoû 2013, 19:22

Spoiler:
 

La jeune enfant avait une expérience en combat, Savannah en était maintenant convaincue. Toutes deux croisaient le fer, et elle était presque persuadée que toutes deux avaient peur de leur destinée. Louve contre louve... Elle n'avait jamais expérimenté ce genre de combat et se demandait s'il serait plus impressionnant encore si elles devaient se battre dans leur forme animale. Elle chassa vite ces questions de son esprit et se concentra sur son assaillante, évitant les coups, envoyant des coups puissants qui terminaient tous dans l'air opprimé ou sur l'autre lame. Encore et encore, elle s'épuisait à tenter d'enfoncer sa lame dans la peau pâle de la jeune fille devant elle. Quand elle était sûre de pouvoir la toucher, celle-ci fut déséquilibrée et tomba par en arrière, laissant tomber sa dague. Savannah eut un petit sourire victorieux, comptant profiter de cet incident quand la jeune fille devant elle disparu, emporté avec les poutres fragiles qui se décomposaient et se brisaient pour envoyer son assaillante au rez-de-chaussée.

Puis, elle ne sut pas ce qu'il se passait. Elle se sentit tomber, elle sentit de la poussière qui lui brûlait les yeux, lui irritait la gorge, brouillait son odorat. Elle entendait des craquements, des bruits de décombres qui explosent en miette. Elle se sentit atterrir violemment sur ce qu'elle supposait être le sol du rez-de-chaussée. Elle ne voyait rien, elle entendait seulement le vacarme assourdissant que faisait la maison en s'écroulant. Elles auraient dû toutes deux y penser : la charpente rongée ne pouvait pas supporter le poids de deux femmes se battant, et comme la jeune louve contre qui elle se battait était tombée de tout son long, elle avait achevé le bois pourri. Soudain, Savannah sentit quelque chose de lourd s'écraser sur son ventre, lui coupant la respiration et lui arrachant un cri de douleur. N'y pouvant plus rien, elle s'effondra contre le seul rocailleux et perdit connaissance, ensevelie dans la poussière et les morceaux de poutre.

Quand elle se réveilla, elle ne sut dire depuis quand elle était évanouie. Toute ce qu'elle put faire c'est asséner de violents coups aux morceaux de bois qui la recouvraient. Une expression de peur et de douleur habitait son visage, elle avait ouvert les yeux mais ceux-ci étaient irrités par le manteau de poussière qui la recouvrait. Elle était blanche, recouverte de poutres grises. Elle avait fière allure... Après s'être battue contre elle-même et contre la maison détruite, elle parvint enfin à sortir des décombres et elle se laissa choir sur le pavé, heureuse d'enfin respirer un air qui n'était pas rempli de poussière. Si elle ne pouvait plus utiliser ses yeux, elle pouvait maintenant utiliser son nez et elle sentait encore la jeune fille, s'éloignant peu à peu. Non, elle ne pouvait pas la laisser fuir comme ça... Rassemblant ses maigres forces, elle se leva pour constater que ses jambes et ses bras étaient fonctionnels, qu'elle avait un mal d'estomac et de tête atroce mais que ses seules blessures se résumaient à des ecchymoses. Ignorant la douleur, elle suivit son odorat et partit en direction de la jeune louve.

Elle la vit enfin, mais ce qu'elle vit lui fit pitié et ne lui donna étrangement pas envie d'attaquer. Ce n'était pas la jeune enfant à l'air effrayant qu'elle voyait, c'était une loque blanche aux yeux rouges qui tentaient de fuir ses souvenirs...


Dernière édition par Savannah Drowsell le Mer 18 Déc 2013, 05:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Confrontation   Ven 30 Aoû 2013, 19:22

_Rána avançait dans ce qu'il restait de la ruelle de son enfance. A sa droite, là où n'émergeait d'une façade délabrée qu'une barre de fer rouillée, l'enseigne d'une échoppe d'apothicaire s'était balancée au gré du vent. La jeune fille y était souvent allée avec sa mère chercher des infusions ; la passion paranoïaque de la jeune femme pour les tisanes guérisseuses exaspérait toujours la fillette qu'elle était alors. Elle s'était souvent surprise à poser sur sa mère un regard hautain quoiqu'emprunt de tendresse. Depuis quand Rána détestait-elle sa mère ? Elle avait l'impression que cela avait toujours été le cas mais ce souvenir troublant lui fit prendre conscience des illusions qu'elle avait dressées sur son enfance. Nahia, c'était son nom. Nahia la fille du pêcheur de Riveleux qui avait rencontré par hasard le plus beau des hommes. Nahia la jeune femme innocente, perdue dans son monde de croyances grégaires, de commérages et d'infusions aux plantes. Mère aimante et vertueuse, aimée par tous mais d'un quotidien atrocement ennuyeux. Rána se souvint de s'être honteusement demandé ce que son père si fantasque avait pu trouver à une pieuse enfant de la foule. Non, la jeune fille n'avait pas été fière de sa mère, mais jamais elle ne l'avait haïe. Jamais avant le soir où son existence avait basculé. Où le caillou noir avait surgi de la poupée gigogne...

_Elle interrompit sa rêverie et se figea lorsqu'elle entendit le pas léger de son adversaire. Celle-ci la suivait, évidemment, en bonne prédatrice qu'elle était, pour mener la chasse à son terme. Rána avait été stupide d'espérer que cela s'arrêterait là. Elle se sentait honteuse d'y avoir cru et frôlait l'humiliation en songeant qu'elle avait préféré fuir le combat. Elle avait renoncé à l'obstacle, non comme le faisait un loup face à un adversaire trop fort, mais comme le faisait un humain couard devant une menace. Cet acte de lâcheté, cette faiblesse, c'était son incurable humanité qui les sous-tendait. Valisard, même en ruine, rappelait à Rána qu'elle était née humaine avant d'être louve ; elle rappelait à Rána que la répugnance qu'elle éprouvait envers les races civilisées n'était qu'un voile qui l'empêchait de voir ses propres racines. Dans son sang coulait l'hypocrisie, l'orgueil, la couardise et l'abjection.

_Mais elle avait été la proie d'un lycanthrope. Elle avait été changée, ouverte aux réalités de la société sédentaire. Elle avait compris en devenant louve ce que son père avait tenté de lui enseigner par les mots, et elle avait choisi qu'elle ne serait pas l'agneau dévoré par les monstres régents de ce monde. Elle avait décidé d'être chasseresse, vengeresse. Elle serait plus monstrueuse qu'eux.

_Elle était plus monstrueuse qu'un être humain.

_L'enfant maudit se retourna pour planter son regard dans celui de sa congénère. Elle sentit à peine les larmes couler sur ses joues. Peu importait, elle ne lui appartenaient pas. C'était une enfant abandonnée et en colère qui pleurait par ses yeux, mais la véritable Rána, la bête qu'elle était devenue répandait son aura meurtrière sur le village fantôme tout entier. Loin de toute considération, à des milles de toute raison, méprisant la fatigue de son corps et de son esprit, l'être de haine et de folie détruisit son enveloppe charnelle, défiant le diktat de la nuit elle-même.

_Le loup sortit des ténèbres dans un cri d'agonie et engloutit la jeune fille en lambeaux dans un craquement d'os. Les vêtements déchirés tombèrent dans la poussière des pavés et la créature d'argent terni se dressa face au soleil, victorieuse, libérée de ses chaînes. Nulle conscience n'habitait son esprit. Rána n'était plus qu'une âme défunte au fond d'un abysse infini.

_Le monstre se tourna vers la jeune chair qui l'avait rattrapé et bondit vers elle toutes dents dehors. La faim qui le tiraillait était au-delà de tout besoin physique. Il allait dévorer son être, son âme, son esprit, son souffle de vie. Il sortit ses griffes comme autant de couteaux affûtés et s'apprêta à réduire sa proie en charpie.

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MessageSujet: Re: Confrontation   Sam 21 Sep 2013, 22:30

Savannah recula d'un pas. Dans un rugissement qui, même pour elle, sonnait comme la berceuse de la mort, de ce rugissement émergea un loup énorme. Son poil hirsute, ses canines sorties desquelles s'écoulaient un mince filet de bave, ses yeux perçants qui rongeaient les coeurs  les plus valeureux. Elle ne les connaissait que trop bien, elle les avait endossé et vécus dans la plus grande des joies. Cependant, elle venait de réaliser à quel point un humain pouvait se sentir petit face à un lycanthrope transformé, qui avait visiblement perdu le contrôle de ses émotions.

La jeune fille qu'elle avait vu à peine quelques instants plus tôt semblait morte et enterrée, mangée par cette bête énorme qui tremblait de rage. La lycanthrope ne savait que faire, attaquer serait forcément inutile, elle le savait mieux que n'importe qui. Elle pouvait se transformer pendant le jour, mais elle n'avait présentement pas la force de le faire. Il lui faudrait survivre jusqu'à-ce que le soleil se couche. Elle jeta un bref coup d'oeil vers l'astre, bas de le ciel. Évaluant le temps pendant lequel elle devrait fuir lâchement, elle en vint à la conclusion que pendant une heure et demie, elle allait tenter de sauver sa vie d'une bête enragée.

Elle fourra la main dans sa besace mais n'y trouva pas son poignard. Elle devait l'avoir perdu dans les ruines de la maison qui venait de s'effondrer. Se mordant la langue, elle prit une petite fiole dans son sac, remplie d'un liquide à l'allure putride, rempli de grumeaux. Elle déboucha le petit contenant et absorba tout le liquide, aussi dégoûtant soit il. Puis, jetant la fiole à terre, elle fut prise d'une quinte de toux non seulement à cause du goût de la mixture, mais l'effet qu'elle provoquait. C'était une sorte de ''boisson énergisante'', qui lui permettait d'avoir un surplus d'adrénaline pendant une courte période de temps. Elle avait intérêt à en faire bon usage...

Le loup, n'attendant plus, se jeta sur elle, toutes dents dehors. Savannah esquiva l'attaque, perdant l'équilibre à l'atterrissage , se retrouvant sur ses deux fesses. La bête sauta encore sur elle, et encore elle esquiva, de peu, en roulant vers la droite. Puis, elle se leva et pris ses jambes à son cou, essayant de fuir le plus loin possible pour échapper à son prédateur en furie. Elle ne sentait plus ses jambes, seulement le vent sur sa peau irritant encore plus ses yeux remplis de poussière. Elle se rendait vers la forêt, pour essayer de trouver un endroit où la louve ne pourrait pas la suivre. Quand elle pénétra entre les arbres calcinés, elle se souvint que pendant un bon deux kilomètres, la forêt était brûlée, la couvrant aussi peu que du verre pur. Il faudrait donc esquiver les coups de son adversaire pendant une heure et demie? Impossible, elle se ferait prendre et finirait dévorée par quelqu'un de sa race.

Soudain, une idée germa dans son esprit. Elle grimpa à un arbre, agilement. Rendue en haut, elle siffla, comme pour attirer la bête. Celle-ci sauta, arrachant du même coup la branche sur laquelle Savannah se trouvait. Elle réussit, par chance, à retomber sur ses deux pieds et entreprit d'arracher une des multiples excroissances de l'énorme branche que la louve avait faite tomber. Elle vit son adversaire, sonnée, se relever avec peine et tituber un peu avant de pousser un hurlement effroyable, qui lui brouilla l'ouïe pendant quelques instants. Enfin, elle réussit à détacher une branche de son arbre, esquivant du justesse la louve qui avait tenter de la mordre.

Vaincre une lycanthrope transformée avec une lance de fortune... Elle aurait rit de n'importe quelle créature essayant de lui faire face de la sorte. Mais de la même façon qu'elle connaissait la folie de cette idée, elle connaissait aussi celle de rester là, à fuir, sans arme. La louve allait la rattraper tôt ou tard, il faudrait bien contre attaquer.

Et puis une lance en pleins cœur, si elle est bine taillée, reste quand même quelque-chose de redoutable, même pour les monstres comme celui devant elle.
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