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"Homme libre, toujours tu chériras la mer !"
"La mer enseigne aux marins des rêves que les ports assassinent."
"La sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit."
"Il est des moments où les rêves les plus fous semblent réalisables à condition d'oser les tenter."
"Le voyage est une suite de disparitions irréparables."
"Nous sommes de l'étoffe dont sont faits les rêves, et notre petite vie est entourée de sommeil."
"Dieu nous rêve. S'il s'éveille, nous disparaissons à jamais."
"Nous trouverons un chemin... ou nous en créerons un."
"Le rêve de l'homme est semblable aux illusions de la mer."
"Il n’est pas de vent favorable, pour celui qui ne sait pas où il va…"
"Il y a trois sortes d'hommes : les Vivants, les Morts, et ceux qui vont sur la Mer."

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 Entre chien et chat

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MessageSujet: Entre chien et chat   Jeu 09 Mai 2013, 00:07

Le ciel riait au dessus du village de Toile.
Depuis l'observatoire, dont le toit était pleinement ouvert, Yiel observait la forêt, les arbres, les chemins de cordes tendus entre eux, les enfants qui courraient dessus. Elle observait les nuages, les nuances de bleu qui les ourlaient, savourant le vent qui dansait au dessus des cimes, s’emmêlant dans ses cheveux.
C'était une belle journée.
Mieux, c'était un temps idéal pour une aventure.
Et justement, il y en avait une, à quelques pas de là, qui n'attendait qu'elle pour démarrer.

S'accrochant à une des nombreuses cordes attachées aux divers points stratégiques de sa maison, elle se laissa glisser jusqu'à la vaste plate forme qui se trouvait derrière, à mi-hauteur. Ses pieds nus heurtèrent le bois avec un bruit doux, qui suffit à se faire retourner le neko qui se tenait au milieu de la terrasse, penché sur les entrailles de son nouveau jouet préféré. Les entrailles de son aventure.

Aerdan adressa un sourire resplendissant à sa sœur de cœur. Il ne portait qu'un pantalon de toile et une veste légère, pourtant Yiel ne pu s'empêcher de se demander comment il pouvait rester aussi couvert en plein soleil sans suffoquer. Il faisait diablement chaud, si chaud que ses propres vêtements, déjà habituellement assez minimalistes, s'étaient encore réduits. Elle avait même laissé son éternelle écharpe orange derrière elle.
Secouant la tête, elle répondit au sourire d'Aerdan et s'approcha de l'appareil sur lequel il s'était déjà repenché. Une coque de bois et d'osier, légère mais résistante, avec en son centre un brasero isolé avec grands soins, un gouvernail, et divers paniers et sacoches. La jeune féline l'observa quelques instants, un sourcil relevé, avant de se tourner, mains sur les hanches, vers le jeune neko.

T'es sur que ça va pouvoir voler ?

Tout seul, non, certainement pas. J'ai eu beau faire de mon mieux, et porter quelques améliorations aux croquis de ton père, ça reste quand même très lourd. Mais c'est là que l'enveloppe rentre en action. Une fois remplie d'air chaud, elle devrait pouvoir soulever le tout sans problème.

Yiel hocha la tête.

J'ai l'impression qu'on va devoir revoir la taille du ballon. Celui du croquis me semble bien trop petit.

J'y ai pensé, Ama et Bronn travaillent à l’agrandir depuis deux jours.

T'es un génie.

Je sais, merci.

Ça sera prêt quand ?

Elles devraient me l'apporter dans l'après midi. On pourra procéder aux premiers tests dans la soirée, et demain, si tout va bien, tu iras faire le vol de test.

Avec joie, cap'tain.

Il lui envoya un coup de poing amical dans l'épaule, à peine assez fort pour froisser son pelage, et elle répliqua en lui ébouriffant les cheveux. Elle avait hâte, et elle voyait la même impatience dans son regard. Ils échangèrent encore quelques mots, puis elle parti préparer ses affaires. En théorie, elle ne devrait voler qu'une heure, si tout se passait bien.
En théorie.
Mais Yiel n'avait pas grande affection pour la théorie.



Le lendemain arriva avec une lenteur étouffante. La jeune féline avait réussi à dormir, car, au fond, rien ne pouvait vraiment l'en empêcher, mais le matin l'avait trouvé tendue comme un ressort, yeux dilatés et comportement légèrement hystérique.
Dès qu'elle estima que le soleil avait suffisamment dépassé la cime des arbres pour qu'on puisse parler d'heure "décente", elle bondit par sa fenêtre et fila vers la terrasse, où Aerdan venait d'arriver.

Elle le salua d'un geste plus que vague, bouche bée devant l'engin qui se trouvait attaché à la rambarde par le longues cordes solides, l'enveloppe déjà à moitié gonflée.

C'est ... C'est ...

Magique ? Merveilleux ? Magnifique ?

Elle ne pu que hocher la tête, même si en réalité, ces mots ne convenait qu'à peine à ce qu'elle ressentait.
Pour être parfaitement honnête cependant, le dirigeable ne méritait pas vraiment ces qualificatifs. La nacelle était un peu grossière, tout n'était pas égalisé, et l'enveloppe n'était pas tout à fait alignée non plus. Mais les possibilités étaient tellement énormes ! L'aventure tellement évidente !
Le sourire qui avait fleurit sur le visage de la jeune hybride valait toutes les exclamations du monde.

Quand ?

Dès que l'enveloppe sera suffisamment gonflée. Après, tu pourras aller chatouiller les nuages, sœurette. Mais tu peux déjà monter. Attends, t'as pris un sac ? On sait jamais.


De fait, le ballon ne mit pas beaucoup de temps à finir de se remplir d'air, s'élevant de plus en plus, emportant la jeune féline vers les hauteurs. Elle était encore reliée aux branches par une longue corde solide, mise à rude épreuve par la volonté de la nacelle de filer encore plus haut. Yiel pouvait l'entendre gémir, de là où elle était. Enfin la corde se tendit, secouant la nacelle. Le ballon était arrivé à sa hauteur maximum.
Yiel senti sa mâchoire se décrocher.

La foret était magnifique. Infinie, à peine délimitée à l'est par un liseré plus clair, et au sud par une hachure sauvage, bleue, scintillante. Au dessus, les nuages avançaient par à coups, au rythme d'une musique inaudible, dansante, chuchotée par le vent. La féline se mis à secouer la tête en cadence, puis, le cœur valsant sur la musique des hauteurs, elle se pencha sur les sacoches internes de la nacelle, cherchant les instruments de mesures. Aerdan lui avait confié la mission d'effectuer quelques tests et d'en retranscrire les résultats, afin d’améliorer l'engin.
Durant une demi heure, elle alternat séances de béatitude et séances d'étude, bien que le vent forcissant lui rendait la seconde tache de plus en plus difficile. Il faillit même à un moment lui arracher le carnet des mains, mais d'un réflexe légèrement suicidaire, elle parvint à le rattraper au dernier moment, corps à moitié hors de l'habitacle.
Tremblante, elle allait reprendre ses observations quand le premier claquement retenti.
Yiel sentit son sang se figer dans ses veines, ses os se liquéfier, ses entrailles se nouer comme des pelotes de laine abandonnées au pattes d'un chaton hyperactif.
La corde était en train de céder.
Se penchant par dessus bord, elle chercha des yeux ses frères, qui s’affairaient déjà pour la redescendre. Mais le vent, s'enroulant autours du filin comme un serpent étrangleur, ne semblait pas vouloir les laisser faire, et la corde gémissait de plus en plus fort.
La nacelle descendait, lentement, très lentement.
Trop lentement.
Alors qu'elle était encore à bonne distance de la plate forme, la corde céda. D'un coup.
La nacelle bondit dans les airs, plaquant Yiel sur le sol, visage à quelques centimètres à peine du brasero brûlant, l'empêchant par là même de tenter une quelconque manœuvre pour sauter et quitter le navire.
Quand la féline réussi à se relever, il était bien trop tard, et la nacelle dérivait dans le ciel, si haut que le sommet du village de toile se distinguait difficilement parmi les cimes.

Mains agrippées à la rambarde, la féline contempla un moment les arbres, repérant finalement la plate forme, croyant même y distinguer les silhouettes de ses frères qui s'y agitaient, puis, échangeant sa mine inquiète avec une plus adaptée aux circonstances, c'est à dire souriante et ouverte, elle se tourna vers l'horizon, là où le vent l’entraînait, et où les nuages la précédaient, pleins de promesses.




Les nuages étaient froids.
Le vent était froid.
L'osier de la nacelle était froid.
Le brasero, les étincelles qui s'en échappaient à chaque toussotement de brise, ne l'étaient pas, certes, mais cela ne suffisait pas à empêcher les articulations de la féline de grincer sous les assauts du blizzard.
Et puis il faisait faim.
Elle avait dérivé toute la journée, et maintenant que le crépuscule s'étendaient, la bise se faisait plus mordante, insinuante, glaciale.
Et les nuages devenaient noirs.
D'un beau noir illuminé des éclats dorés du soleil mourant, un noir magnifique, inspirant et envoûtant.
Un noir d'orage.
Le premier grondement retentit, faisant frissonner l'air, encourageant le vent à morde plus fort, encore. Yiel frissonna.
Sa belle insouciance commençait à faner, et quelque part dans sa poitrine, un sentiment depuis longtemps endormi étirait ses anneaux ensuqués : la peur.
Comme répondant à son éveil, un éclair illumina le ciel, arrachant à la jeune femme une exclamation à mis chemin entre l'admiration et l'horreur. Un bras de ténèbres s'enroula autours du ballon, et le nuage d'orage l'avala.


Voyager à l'intérieur du nuage, si du moins on pouvait appeler cela voyager, revenait à voyager dans les entrailles de la nuit. Yiel ne distinguait presque plus le bout opposé de la nacelle, et le vent, combiné aux gouttes de pluies affûtées comme des lames, menaçaient chaque instant d'anéantir ce qui restait du feu.
Le ballon avait déjà bien dégonflé, et l'engin avait perdu beaucoup de hauteur. Yiel ignorait où elle se trouvait, ou ce qu'elle devait faire pour arranger les choses. Le ballon étant un modèle d'expérimentation, il n'était pas exactement prévu pour ce genre de situations. Il n'avait même pas de gouvernail digne de ce nom. Et le brasero était à peine protéger. Deux des cordes reliant la nacelle à l'enveloppe menaçaient de se rompre au premier choc, ce qui, au vu de comment le vent les tourmentait, ne tarderait pas à arriver. Pourtant, loin d'abandonner, la féline faisait de son mieux pour sécuriser son appareil, répartir le poids de manière à courir le moins de risque, protéger le feu, assurer la montée de l'air. Mais rien n'y faisait, et la nacelle, ballottée par les rafales, leur montrait de moins en moins de résistance. La chute était inévitable. Mais Yiel entendait bien la rendre la moins désagréable possible.
Du moins, c'était ce qu'elle pensait jusqu'à ce qu'elle aperçoive, entre deux rideaux d'averse, une muraille de pierre et de mousse.
La montagne.
La tempête l'avait précipitée contre la montagne.
Pour la deuxième fois de la journée, son sang se glaça, alors qu'elle comprenait qu'elle n'avait aucune chance d'éviter l'obstacle.
Alors, elle se roula en boule dans un coin de la nacelle, protégeant sa tête de ses bras, savourant pour ce qui serait certainement la dernière fois le contact de l'eau sur sa peau, de l'air chaud et froid mordant ses joues, savourant enfin cette sensation de voler, d'être libre, cette sensation de...

Choc.

Et tout devint blanc.
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MessageSujet: Re: Entre chien et chat   Ven 10 Mai 2013, 01:53

Une giclée de sang me recouvrit tandis que mon couteau s'enfonçait dans le cerf mort. Une flèche entre les deux yeux, un coup magistral. La bête était magnifique mais difficile à transporter, il fallait que je la dépèce, que je la découpe pour l'emmener. Cela faisait bientôt deux heures que je travaillais dessus et chaque morceau, chaque éléments du cerf allaient m'être utile, la peau me ferait des vêtements et des couvertures tandis que les bois allaient être taillé. La viande elle allait servir à tout autre chose...

Une fois finit de travailler sur l'animal je me dirigeais vers une rivière non loin. Je me dévêtis,jetai mon pantalon de toile troué et déchiré, le seul vêtement qui me restait, sur une roche près de la carcasse, puis je me dirigeait vers la rivière. Mon corps frissonna lorsque ma peau rentra en contacte avec l'eau gelée. L'eau se teintait de rouge au fur et à mesure que je m'enfonçais dedans, faisant disparaître le sang qui me maculait. Après un petit temps d'adaptation je plongeais entièrement dans le liquide puis fit quelque brasse avant de me laisser porter par le courant en regardant le ciel se couvrir peu à peu, profitant de ce que la nature m'offrait, de ce que j'avais gagné en abandonnant mon ancienne vie.

Je me laissais bercer par le courant, fermant les yeux. Il n'y avait plus rien,plus aucune inquiétude, plus aucune perturbations, il n'y avait plus que moi. Cela faisait maintenant 3 ans que j'avais quitté l'opale, et cela faisait une année que je vivais seul dans les collines, à pourvoir à mes besoins, seul. Cela faisait une année que j'avais couper les pont avec la civilisation et que je ne voyais plus personne. Enfin, cela n'était pas tout à fait correcte, j'avais fait connaissance avec une tribut qui m'avait presque complètement adopté, une tribut m'a foi toute spéciale, une tribut de lycanthrope ! Mais des lycanthropes sachant se contrôler et faire appel à leur forme bestiale quand ils le voulaient !

Cette semaine était importante pour eux, en effet c'était une semaine de festivité. Lors de cette semaine il communiquait avec l'esprit de la bête qui les habitait pour la garder sous contrôle. Leur culture me fascinait, et j'allais participer à ce rituel. Depuis que j'avais quitter l'opale je sentais ma malédiction se faire de plus en plus présente, je craignais de perdre le contrôle et c'était l'une des raisons pour laquelle je m'étais isolé, alors vous pouvez imaginer ma réaction lorsque j'ai découvert qu'une tribut dont tous les membres savaient se contrôler existait. Je me suis immergé dans leur culture, apprenant chacun de leur rituel, chacune de leur tractions, et ces festivités étaient l'une de leur plus importante .

J'avais donc passé la journée à récolter ce qu'il leur fallait pour le rituel, à chasser, à ramasser toute sortes de plantes. Chaque membres de la tribut devaient ramener ses propres ingrédients pour le rituel, prouvant ainsi ses talents de chasseurs et la force nécessaire au contrôle de la bête, montrant qu'ils étaient digne de la rencontrer. L'animal était une offrande mais aussi une preuve de sa force par rapport aux autres membres. Ceux avec la proie la plus petite étaient en charge de la musique et du service, ceux avec la plus grosse pouvaient pleinement profiter des festivités, et j'espérais bien faire parti de ceux là avec mon cerf. Les plantes quand à elle servait à la production d'un breuvage devant nous faire rentrer en communication avec le loup.

Peu à peu mes yeux se fermaient, j'étais bercés par le courant et le chant des oiseaux, c'était le paradis. Tous ce qu'il me manquait était une bonne bouteille de rhum. J'avais hélasse tout laissé dans ma caverne. Le temps défilait et le sommeil finit par prendre possession de mon esprit, m'emmenant avec lui vers des royaumes oniriques.

Plic. une goutte d'eau tomba sur la surface de la rivière.
Ploc, une goutte d'eau s'écrasa contre ma peau.

Mon esprit émergea difficilement du sommeil, peu à peu réveillé par les gouttes, dont le nombre grandissait grandement. Le ciel avait été remplacé par des nuages noirs, le vent se faisait de plus en plus cinglant, véritable fouet sur ma peau nu. Une tempête approchait, et elle allait être forte. A peine eux-je le temps de rejoindre la rive, là où mon pantalon était supposé être, qu'un véritable déluge s'abattit. Le temps d'avoir enfiler ce pantalon et récupéré la viande et les peaux que la tempête était là. Très vite des éclaires déchirèrent le ciel, illuminant les environs d'une couleur bleutée. Ma caverne était encore loin, j'allais devoir braver le temps pour la rejoindre. Cela allait être fatigant, un homme en mer y aurait vu sa fin.

Le vent frappait ma peau, se glissait dans ma barbe broussailleuse et faisait claquer mes cheveux longs tandis que les gouttes frappaient ma peau nu. Chargé comme je l'étais, chaque pas étaient plus difficile les uns que les autres. Soudain, un bruit différent de celui de la tempête déchira la nuit, c'était comme si un navire venait de s'écraser sur une côté, broyé par les vagues. Je n'étais qu'à quelque mètre de mon abris, pourtant malgré le temps la curiosité était la plus forte; Quel était ce bruit ? Que c'était-il passé ? Sans m'en rendre compte j'avais déjà prit la direction du bruit.

Après une trentaine de minute de marche sous une pluie battante j'arrivais enfin à mon objectif. Ce que j'y découvrit me laissa bouche bée. Devant moi gisait la carcasse d'un immense navire surmonté d'une espèce de ballon déchiré de toute part. J'ignorais ce qu'il y avait à l'intérieur, si c'était dangereux, ou même ce que c'était, mais je me précipitai vers la chose, espérant me mettre à l'abri de la pluie pour un moment. Ça ressemblait à un navire, mais comment était-il arrivé là ? Il n'avait pas put voler et s'être écrasé sur la montagne tout de même. Enfin bref une fois à bord je cherchais un moyen d'accéder aux cabines de l'équipage, il y en avait toujours, généralement c'était une vieille cale humide et couverte de moisissure.

Et c'est en cherchant un moyen d'y accéder que je vis une forme une humanoïde roulé en boule sur le sol, je m'en approchais discrètement et me penchai sur le corps. A ma plus grande surprise la personne était une neko, tous ce que je voyais d'elle dans l'obscurité était son manque de vêtement et son pelage gris... et l'état de son corps. Diverse coupure parcouraient sa peau, mais le pire était au niveau de la jambe... qui prenait un angle étrange et dont l'os ressortais. Cependant elle respirait encore, il était encore possible de la sauver. Je la saisis donc et la calai sur mon dos avant de m'élancer une nouvelle fois dans la tempête pour rejoindre mon habitation. Il fallait me dépêcher, elle perdait des quantité astronomique de sang, sang qui se déversait sur moi.

Au bout d'un temps interminable nous arrivâmes enfin chez moi, une petite caverne creusé dans la montagne. Je m'empressais de déposer la néko sur la paillasse qui me servait de lit et entreprit d'allumer un feu au centre de la grotte. Il y avait très peu de chose dans la caverne, juste de quoi subvenir à mes besoins... et une réserve conséquente de rhum. Je saisi tous ce qui pouvait servir à guérir quelqu'un... et une bouteille, pour désinfecter les plais et me tenir éveillé, la nuit allait être longue.

De retour près du corps j'entrepris d'examiner plus longuement les blessures, en plus de la jambe dans un sale état, son bras droit prenait un angle inquiétant, et cela ne m'étonnerais pas qu'elle est quelques côtes cassées. Je débouchais la bouteille d'un coup de dent et en prit une longue rasade avant de la vider sur les coupures et sur la jambe dont l'os ressortais, histoire de désinfecter. J'entrepris ensuite de m'occuper de la jambe, je la saisi et d'un coup sec la remit dans le bon sens, remettant ainsi l'os en place...

Le jour commençait à poindre, mes yeux s'ouvrirent, j'étais encore fatigué de la nuit que j'avais passé, mon corps était couvert du sang sécher de ma patiente et il régnait dans la caverne une odeur très désagréable. J'avais finit de m'occuper de la néko tard dans la nuit. J'avais fait ce que j'avais put pour qu'elle survive, le reste dépendait d'elle. Je cherchai une bouteille à tâtons et saisi celle de la veille. Il restait un fond de rhum que je vidais cul sec. Derrière moi l'inconnue bougeait dans son sommeil, elle n'allait surement pas tarder à se réveiller. Je contemplais pensivement la caverne, les festivités commençaient ce soir, il fallait que je me repose, puis quelque chose me vint soudain à l'esprit, finissant de me réveiller, où était mon cerf ?
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MessageSujet: Re: Entre chien et chat   Ven 10 Mai 2013, 22:03

Elle n'avait plus froid.
Elle n'avait plus chaud, non plus.
À vrai dire, elle ne ressentait plus grand chose.
Son corps était lourd, lointain, présent mais incontrôlable, comme endormi. Son esprit, en revanche, bien que désorienté et engourdi, était encore éveillé.
Âme diaphane, inconsistante, elle se sentait divaguer, planer, ballottée dans les bourrasques d'un vent fantôme, d'un souvenir adouci. C'était plutôt agréable. Elle se sentait bien.
Elle n'avait plus mal.
Les sensations lui parvenaient par vagues, douces, intangibles, venant et partant dans un ressac interminable. Douceur, vide, néant, mouvement, chaleur... tout cela l'atteignant sans vraiment la marquer. Tout ce qu'elle voulait, c'était rester là, dans ce vide, bercée par un vent doux qui n'avait pas besoin d'exister pour l'envelopper. Tout ce qu'elle voulait, c'était demeurer dans cet état de transe, l'esprit vide, sans but.
Tout ce qu'elle voulait, c'était ne pas se souvenir. Ne surtout pas se souvenir.


Cela faisait une éternité qu'elle flottait. Elle ne sentait presque plus rien maintenant, à peine des échos de pulsations, un peu partout dans son être.
Dans son corps.
Dans ce corps qu'elle avait réussi à tenir endormi, dans le noir.
Ce corps, qui s'éveillait, sous les assauts d'une sensation qui fit hurler l'esprit de Yiel lorsqu'elle déferla sur elle.
Souffrance.
Terrible, absolue, annihilante.
Dans une ultime tentative de replis, Yiel se laissa disparaître.


Une odeur piquante effleura ses narines, chatouillant son odorat, rappelant ses sens à elle, et la féline émergea à nouveau.
La douleur, devenue à peu près supportable, faisait vibrer son corps, chacun de ses muscles, mais son esprit parvenait à lui résister.
Impossible de faire le moindre mouvement, ni même d'ouvrir les yeux. Son esprit était bien là, mais il n'avait plus aucun pouvoir. Et pourtant elle sentait son corps bouger, chaque déplacement lançant une épine de souffrance dans sa chair meurtrie.
La féline commença a paniquer.
Qui ? Comment ? Qu'est ce qui la faisait bouger ? Pourquoi ne pouvait elle pas ouvrir les yeux ?
Mais qu'est ce qu'il se passait, à la fin ?
Et puis la mémoire lui revint, brusquement, balayant les questions qui s'agitaient dans son esprit.
Le crash. Oui, elle se souvenait du crash. Elle se souvenait de ses os qui se fracassaient, de ses chairs qui se perçaient, du froid, du chaud, du feu qui avait voulu la mordre avant d'être asphyxié par la tempête.
Tout cela n'avait duré qu'une seconde, peut être deux, mais le temps que son esprit s'autorise à abandonner, elle avait eu l'impression de souffrir assez pour remplir une vie de martyr.
Cela voulait il dire qu'elle était morte ? Non. Si elle était morte, pourquoi quelqu'un s'embêterait il à la bouger, à redonner à ses membres leurs formes et directions originelles ? A moins que son cadavre n'ait été trouvé par un nécromant en mal d'expériences louches, non, c'était vraiment peu probable.
Mais ça faisait quand même sacrément mal. Son sauveur n'avait il jamais entendu parlé de délicatesse ?
À cette question somme toute assez légitime, répondit un crépitement moussu, accompagné d'une vague de démangeaisons insupportables. Si elle avait pu, Yiel aurait hurlé. Fort. Jusqu'à en faire éclater les tympans de toute créature vivante disposant de tels éléments dans un rayon de …. un grand rayon.
Cela dit, l'odeur de l'alcool qui recouvrait maintenant son corps l'aidait à tenir. Ce n'était pas totalement un mal, tous comptes faits. Elle aurait aimé pouvoir noyer son inconfort dans une bonne bouteille. Oh oui, elle aurait adoré. Mais les vapeurs qui lui parvenaient suffisaient déjà à calmer un peu le début de panique qui avait menacé de la submerger quelques minutes plus tôt.
Et puis, alors que la souffrance irradiant de ses multiples coupures en cours de désinfection déclinait enfin, un craquement mou en provenance de sa jambe, suivit d'un crissement humide, griffes contre ardoise, retentirent, et son esprit capitula une fois de plus face aux ténèbres, juste à temps pour lui épargner un nouveau déferlement de douleur.

Elle ne repris conscience qu'une fois l'après midi venue. Son corps était lourd, gourd, et une douleur sourde irradiait chacun de ses muscles, mais au moins elle pouvait ouvrir les yeux, bouger dans la mesure du possible et penser à peu près clairement. Ce qui représentait une nette amélioration.
Préférant commencer en douceur, elle regarda ce qu'il y avait autour d'elle, chaque petit mouvement lui envoyant une onde désagréable. Il n'y avait personne près d'elle. Elle était allongée sur une sorte de paillasse, crassée et croûtée de sang, son sang, celui qu'elle avait perdu pendant la nuit. Cela expliquait sans doute pourquoi elle se sentait si engourdie, si faible. Elle avait de la chance d'être encore en vie.
La paillasse et le sol appartenaient à ce qui ressemblait fort à la tanière d'un ours. Ou d'un ermite. Les deux se confondant assez souvent.
Près de la paillasse, à même le sol, reposait une bouteille au verre trouble.
Alcool, alcool chéri.
Sans plus faire attention à économiser ses forces, elle jeta un bras couvert d'entailles à la rencontre du flacon salvateur, dans lequel s'agitait encore un fond de liquide ambré. Redressant le buste autant qu'elle pu, ignorant la douleur qui incendiait ses côtes, son bras, sa peau, elle déversa le liquide dans sa gorge.
Presque aussitôt, sans doute à cause de la quantité massive de sang perdu, la tête vint à lui tourner, mais elle sentit également quelques forces lui revenir, et le tremblement de ses mains cessa. Elle rejeta la bouteille sur le sol, vers les carcasses vides de ses sœurs qui y reposaient déjà, et repris ses observations après s'être essuyé le coin des lèvres d'un revers de poignet.
De sa nouvelle position, elle pu voir une silhouette sombre se détacher la lumière crue de l'extérieur.
Hirsute, membres maigres mais nerveux, peau hâlée, et vêtements dans un état...
Sa tête commençait vraiment à tourner. Elle sentit une onde de chaleur remonter dans ses joues, et sa vue se brouilla, confondant soudain le visage de l'inconnu avec un autre, issu d'un souvenir éloigné, un visage ami et aimé, un visage qui s'était lui aussi, de nombreuses fois, penché sur ses blessures...

Arcardio...

Le nom lui échappa au moment ou sa tête heurta la paillasse. Elle ne ferma pas les yeux, sentant que si elle cédait à la tentation, son esprit s'évaderait à nouveau dans les ténèbres, la laissant à la merci de l'inconnu. Bon, il ne lui voulait certainement aucun mal, sinon il n'aurait pas pris la peine de la soigner, mais elle ne se sentait pas rassurée pour autant.
Elle laissa s'échapper un moment, écoutant ce qui se passait autours d'elle, se concentrant sur d'autres sens puisque que la vision lui échappait.

Je... on est où ? qui es ... tu ?

Migraine et désorientation obligent, elle se sentait en manque d'inspiration en matière d'introduction, et il lui semblait que ces questions étaient les plus, disons, adaptée à la situation. Instinctivement, elle se sentait redevable envers l'inconnu, mais ne voulu pas pour autant l’honorer du vouvoiement. Elle ne supportait pas le vouvoiement.
Enfin, elle se décida à regarder à nouveau le visage de l'inconnu, attendant sa réponse. Visage balafré, peau tannée par le soleil, cheveux emmêles, barbe broussailleuse, yeux gris froids et lointains, il convenait plutôt bien à l'idée que se faisait la féline d'un vagabond. Il n'avait pas l'air foncièrement méchant. Et de toutes façon, elle n'était pas en position de se montrer excessivement méfiante.

Hem.. quoi qu'il en soit, mer...

Elle ne réussi pas à terminer sa phrase, prise d'une soudaine quinte de toux qui laissa lui laissa un goût de sang sur la langue.

Woh, hem... désolée. Qu'est il arrivé à mon ballon ?

En prononçant cette dernière question, elle se rendit compte que sa voix était éraillée, à peine compréhensible, et ressemblait plus à un miaulement de bête blessée (ce qui, au fond, n'aurait pas été très étonnant), qu'à une phrase prononcée par un être humain. Mais qu'à cela ne tienne. Elle avait le droit de ne pas bien prononcer. Elle venait d'échapper à la mort, après tout.
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MessageSujet: Re: Entre chien et chat   Dim 20 Oct 2013, 02:06

Lorsque je revins dans ce qui me servait d'abris, le soleil était haut dans le ciel, retrouvé le lieu du crash n'avait pas été chose aisé, et celui où j'avais laissé mon offrande encore moins. Cependant j'avais réussit à chasser deux lapins de bonnes tailles, au cas où mon invitée aurait eu faim. La caverne était dans un état déplorable, le sol était maculé de sang, de nombreuses bouteilles jonchaient le sol, et au fond la néko émergeait lentement de son sommeil.

Elle ne remarqua cependant pas ma présence immédiatement, je pus ainsi la regarder vider une bouteille de rhum d'une traite, devant ce spectacle je ne pus m’empêcher d'esquisser un sourire, si elle avait la force pour ça c'est qu'elle allait bien. Enfin elle me remarqua, un soupir sorti de ses lèvres.

« Arcadio.. »

Elle devait me confondre avec quelqu'un d'autre, dans son état pas étonnant. Un bruit sourd résonna à la suite de ce chuchotement, elle venait de se cogner le crane, ce qui finit par la réveiller, la forçant à reprendre ses esprits pour ne pas sombrer dans les ténèbres, un réflexe de survis basique.

La laissant reprendre ses esprits, je déposais mon cerf dans un coin puis j'entrepris de dépecer mes deux proies, je commençais à avoir faim et ce devait aussi être son cas à elle.

«  Je... on est où  Qui es … tu ? »

Que répondre, j'ignorais où l'on était, lorsque j'avais trouver cet endroit je m'étais contenter de marcher au hasard, quand à mon identité, pouvais-je encore utilisé ce pseudonyme que j'utilisais ? Et puis, elle devait avoir entendu parler de moi, dès lors la peur le prendrait en entendant que j'étais un criminel rechercher, non, il fallait mieux garder le silence, se concentrer sur ce que je faisais.

 Trois gestes précis, trahissant l'habitude à travailler la chère, et le lapin s retrouvais dépecer et vider, je fis la même avec l'autre puis j'allumais un feu, en déposant un seul dessus, tandis que l'inconnue me remerciait maladroitement, sa voie ressemblait plus au cri d'une bête sauvage qu'à celui d'un humain.

« Wow, hem … désolée. Qu'est il arrivé à mon ballon ?

Son ballon... ainsi s'appelait cet étrange colosse volant . Je l'avais vu ce matin, son état n'était pas beau à voir.

- Il est resté là où je t'ai trouvé, et je ne pense pas qu'il bougera à nouveau.

Je camouflai ma curiosité, m’empêchant de demander comment il fonctionnait, elle aurait sûrement refusée de me répondre. Je saisi une bouteille et en bu une gorgée avant d'en aspergée son futur repas. Elle se leva difficilement, attirée par le doux fumé de la viande cuisant, son estomac émit alors un lourd grognement.

Je n’arrêtais pas de lui jeter de furtifs coups d'oeil , qui était-elle, que faisait-elle là, qu'était ce « ballon ». Ainsi s'installa une ambiance pesante. Un instant j'envisageais de la jeter dehors, histoire de retrouver la sérénité et la solitude qui me plaisait tant ici, et puis il fallait que je me prépare pour ce soir .

Le claquement du feu brisa le silence, le repas était près. Je saisis l'unique bête cuisant et la tandis à mon invitée tandis que je mordais dans la chaire crue de l'autre. Depuis quelque temps je ne supportais plus la viande cuite, un signe que la perte de contrôle n'était pas loin.

- Qui es-tu ? Demandais-je plus pour éloigner ces mauvaise pensées que par réel intérêt pour la néko.


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MessageSujet: Re: Entre chien et chat   Jeu 28 Nov 2013, 21:30

Elle avait toujours mal.
Au dos, à la jambe, aux mains, à la tête, jusqu'au bout de ses cheveux anthracite. Sa vue était encore trop trouble pour lui permettre de comptabiliser les coupures et marques sur les parties visibles de son anatomie, mais elle sentait qu'il y en avait beaucoup. Beaucoup trop.
Ça allait laisser des traces.
Elle ne s'en plaignait pas.
Elle avait toujours mal, donc, mais au moins elle avait retrouvé une partie de ses capacités intellectuelles. Assez pour ne plus baragouiner des excuses, questions, explications à l'attention de son sauveur pour le moins... particulier. Assez pour ouvrir les yeux et observer.
Comme elle l'avait déjà remarqué, elle était dans une caverne. Assez sommaire, comme habitation.
Sans réponse sur le sujet de la part de l'homme, elle ne pouvait qu'émettre des suppositions, mais elle était déjà quasiment sure de ne pas être tombée près d'un village quelconque, ou pire, d'une ville. Tant mieux. Elle avait eu beaucoup de chance, néanmoins, de "croiser" la route de ce... de ce quoi ? Voyageur ? Ermite ? Sage de la montagne dépourvu de la longue barbe blanche réglementaire ?
Penchant la tête, elle repris son observation pendant qu'il dépeçait les bêtes. Ciel, cela puait. Rien de pire comme odeur que celle du lapin fraîchement retourné. Et pourtant ça lui donnait faim.
Quoi qu'il en soit, il avait tout l'air d'avoir passé un sacré bout de temps seul, ici. Ses habits étaient réduit au stricte nécessaire, rapiécé et élimé par le temps et les éléments, et collaient à son corps maigre comme une seconde peau, une mue artificielle. Elle remarqua cependant que malgré ses traits creusés, il était plutôt musclé, dans le genre délié mais efficace.
Il n'avait pas l'air du genre causant, et encore moins curieux. Il ne lui échappa pas qu'il n'avait pas répondu à sa première question. Elle l'avait posée alors qu'elle se trouvait encore au bord de l'inconscience, mais elle était certaine de ne pas l'avoir rêvée. Et d'avoir été parfaitement audible.
C'était donc qu'il ne voulait pas y répondre. Mais pourquoi ? Enfin, pour le nom, l'identité, elle pouvait comprendre. Mais pour l'endroit ? Que risquait il à lui indiquer qu'ils se trouvaient au pied de telle ou telle montagne, au bord de telle ou telle forêt ? Rien.
A moins qu'il ne l'ignore également...

Elle se redressa finalement, méditant sur la question. Bah, cela importait peu. Bien sur, elle était curieuse, très curieuse, mais elle n'entendait pas rester là indéfiniment. Elle allait se reposer un peu, retrouver son ballon, le réparer et repartir. Elle allait retrouver les siens, et vite. Elle allait....
Une vague de douleur remonta le long de sa colonne vertébrale, lui arrachant une grimace de souffrance.
Non, elle n'allait pas.
Elle était cassée.

- Il est resté là où je t'ai trouvé, et je ne pense pas qu'il bougera à nouveau.
Elle ne s'attendait presque plus à ce qu'il parle. À ce qu'il lui réponde. Elle sursauta un peu, étonnée. Sa voix était rouillée, elle aussi. Caverneuse, sans surprise. Profonde aussi, comme de l'eau grondant contre des rochers, et teintée d'un léger accent qu'elle ne sut identifier.
- Ah...
Elle avait espéré que les dégâts seraient plutôt faciles et rapides à réparer. Bien sur, ce n'était pas si étonnant, la tempête avait été terrible.
- C'est loin d'ici ?
Elle ne pourrait sans doute pas bouger avant un moment, mais elle avait besoin d'y réfléchir. Peut être qu'elle pourrait aller y faire un tour. Dès qu'elle se serait nourrie, elle tenterait de se mettre sur ses jambes. Au pire, elle retomberait sur la couche de fortune. Au mieux, elle pourrait aller dire bonjour au soleil. Sentir un peu de vent dans ses cheveux. Oh, elle en rêvait, là, maintenant.
Mais avant, elle avait besoin de forces, et son généreux sauveur avait l'air tout disposé à lui en procurer. Le lapin sentait diablement bon, maintenant qu'il rôtissait, nimbé de sa sauce luisante. Elle se redressa encore, évitant de s'appuyer sur sa jambe démise, et les croûtes de sans séché qui parsemaient encore sa peau craquèrent sous la soudaine tension. Elle gémit quand un nerf fugueur se coinça dans le bas de son dos, mais parvint tout de même à se lever et à se rapprocher du feu.
Elle se sentait vieillie. Épuisée. Mais également étrangement vivante.
Son estomac également, au vu du long et sourd bruit qu'il émit devant l'alléchante odeur qui se dégageait des petits êtres cuits.
Elle s'accroupit tout contre les flammes, réchauffant son long corps sombre. La chaleur lui faisait un bien fou, après la pluie et la tempête du soir. Elle se laissa hypnotiser par la valse langoureuse des flammèches qui venaient lécher les lambeaux de chair nue, remuant de temps en temps pour relâcher la tension dans ses membres postérieurs encore sensibles. Sans lâcher le feu des yeux, elle se mis à lécher avec application une longue estafilade qui barrait son avant bras droit. Elle avait conscience des coups d’œil brefs que son hôte lui lançait, preuve qu'il ressentait tout de même une certaine curiosité. Elle ne savait pas trop comment y répondre, se sentit soulagée quand il lui tendit finalement le lapin, cuit à point.

C'est à ce moment là seulement qu'elle remarqua qu'il mangeait le sien cru.
Bouche ouverte, prête à croquer dans la peau croustillante et parfumée, elle l'observa un moment, regard interrogatif, avant d'enfin planter ses dents légèrement pointues dans le lapin. Elle ne quitta pas pour autant son hôte des yeux. Elle ne le jugeait pas, étant plutôt mal placée pour, mais sa curiosité la titillait. Ce n'était pas par obligation qu'il mangeait sa proie crue, c'était par choix, par goût.
Elle le trouvait presque inquiétant, d'un coup.

De nouveau tendue, elle ne pu s'empêcher de sursauté légèrement quand il reprit la parole. Elle camoufla sa gêne en mâchant avec soin sa bouchée de viande. Elle répondit enfin, laconique, réservée.
- Yiel. Je m'appelle Yiel.
Elle avala une dernière lanière de viande avant de reposer la carcasse du lapin, parfaitement nettoyée.
- Merci pour le repas.
Elle attrapa une bouteille à moitié pleine et s'en offrit une nouvelle rasade, savourant la brûlure de l'alcool dans sa gorge, le long de son œsophage. Elle se leva après, et, comme elle se l'était promis, boitilla jusqu'à la sortie de la caverne.

- J'avais peur de ne jamais revoir le ciel... murmura-t-elle pour elle même. Elle était pourtant certaine que son sauveur l'avait entendue. S'appuyant contre la paroi pour ne pas être déséquilibrée, elle se retourna, tête penchée sur le côté, dévisageant l'homme de ses yeux perçants où se reflétaient la blancheur des nuages.

- Et hm.. Comment dois-je t'appeler ? Tu n'es pas obligé de me donner ton vrai nom, hein, mais je crois que je vais être coincée dans le coin un moment, et je n'ai pas vraiment envie de crier « mon sauveur » à tous bout de champ...
Elle sourit, avant de préciser.

- Bien sur, je n'ai pas l'intention de t'ennuyer longtemps. Je suppose que si tu vis ici c'est parce que tu veux être laissé en paix.. Mais je te suis redevable de beaucoup. Et... Tu as mon nom. C'est une situation un peu injuste.

Elle se tourna à nouveau, attendant sa réponse tout en observant les environs. La grotte était bien située aux pieds de montagnes... mais les quelles ? Jusqu'où le vent et l'orage l'avaient ils menée ? L'herbe était verte, brillante. Plus bas, un début de forêt camouflait en partie un ruisseau ou une rivière au chant puissant. La vue était plutôt belle. Elle passa pourtant rapidement dessus, son regard revenant rapidement aux montagnes. C'était là, logiquement, que son ballon s'était écrasé. Mais de quel côté ?
Souhaitant prendre un peu plus de recul, elle s'avança dans l'herbe.
Elle pu faire un, deux, puis trois pas sans éprouver de difficulté, mais au quatrième, quelque chose céda dans sa jambe et la déséquilibra, manquant de la faire tomber. La jeune féline réagit en se laissant souplement couler au sol, allongeant le membre abîmé. Ça pulsait sous sa peau.
Elle détestait cette sensation de faiblesse, d'impuissance. Elle voulait retrouver ses muscles solides et ses membres souples.

-Oh, je déteste ça...

Elle souriait néanmoins, consciente de la chance qu'elle avait d'être là, à peu près entière, en pleine possession de son esprit. D'être vivante, simplement.
Elle hésita un moment à retourner à l'intérieur de la caverne, avant de se dire que son hôte avait sans doute besoin de sommeil, après la nuit qu'il avait passé. Sans doute.
Mais qu'allait elle faire, alors ? Elle se sentait un peu idiote. Si elle n'avait pas été aussi faible, elle aurait remercié son hôte, peut être partagé une bouteille de rhum avec lui, et pourquoi pas, peut être plus, avant de disparaître dans la forêt, à la recherche de son clan. Mais là, elle n'en était clairement pas capable. Elle était coincée ici, et de plus, elle dépendait encore pleinement de son sauveur.
Génial.
Elle soupira, avant de se relever avec précaution. La douleur était passée, mais une sensation désagréable subsistait partout dans son corps. C'était tout sauf agréable.
Elle tenta de nouveau quelques pas, en direction de la rivière. Elle ressentait un intense besoin de se laver, de se débarrasser au moins en partie des souvenirs de la nuit. D'éliminer de son pelage court tout résidu de sang, de fluide.
D'autant que pour une raison inconnue, elle n'était pas vraiment à l'aise, ainsi tâchée, devant le vagabond mangeur de chair crue.

Elle parvint enfin au bord de la rivière. L'eau était peu profonde, mais le courant puissant au centre. Elle réussi à se débarrasser de son haut, partiellement déchiré, mais pas de son pantalon, en piètre état lui aussi, n'arrivant pas à se plier suffisamment pour défaire toutes les attaches de sa ceinture. Qu'à cela ne tienne, elle se baignerait ainsi.
Elle se laissa glisser dans l'eau, et son cœur bondit au contact de sa fraîcheur. Ses blessures se réveillèrent, ses articulations déjà malmenées gémirent un peu plus, et soudain ce fut comme si son corps entier se mettait à se tordre, à pousser et tirer, indépendamment de sa volonté.
Yiel ne pu retenir un cri.
Elle se hissa avec grandes difficultés sur la berge surélevée.
Elle avait mal. Terriblement mal. Comment l'eau pouvait elle lui causer plus de douleur encore qu'une rencontre avec la montagne ?
Tremblante, grelottante, la peau bleuissant à vue d’œil, elle se recroquevilla sur l'herbe humide, gémissant par à-coup.

Elle était trempée, frigorifiée, à moitié nue sur la berge d'un fleuve qu'elle ne connaissait pas, au pied de montagnes qu'elle ne connaissait pas entourées d'une forêt qu'elle ne connaissait pas, à la merci d'un vagabond carnivore qu'elle ne connaissait pas, mais au moins, maintenant, elle était propre.
C'était déjà ça.
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MessageSujet: Re: Entre chien et chat   Mar 29 Avr 2014, 20:15

Elle s'appelait Yiel... elle m'avait donné son nom... je ne lui avait pas donné le mien. Une situation injuste avait-elle dit ? Pourtant je n'ai pas de nom... cela faisait une année que je l'avais abandonner, me disant que je le reprendrais quand je partirais, si je partais un jour... Et pourtant, j'avais hésiter à le lui donner, son arrivée avait changé quelque chose, je m'en étais rendu compte à cause de cette curiosité à son sujet, qu'était-ce ballon dont elle parlait, comment volait-il, comment l'avait-elle eu ? Je n'avais pas ressenti une telle curiosité depuis bien longtemps, un nouveau vent soufflait ainsi, un vieux compère qui m'avait si longtemps suivit et que j'avais perdu de vu, celui de l'aventure, de la découverte, cette envie de partir sur les routes sans me retourner...

Je poussais un soupir et m'allumais une cigarette... améliorée, depuis quelque temps je m'étais mis à fumer cette plante que cultivait les villageois, elle était censée me mettre dans un état apte à la méditation. Outre cette vertu, ce que j'aimais avant tout était la plénitude qui m'envahissait après l'avoir consommé. Tandis que je sentais la fumée apaisante descendre jusque dans mes poumons et emplir mon crane, une nouvelle pensée naquit, j'allais partir, je le voulais, mais pas tout de suite, dans un mois, après les festivité. Dans un mois j'aurais apprit comment museler définitivement la bête, comment garder mon calme et la contrôler complètement. Peut être pourrais-je retrouver Kaplen et recommencer à naviguer, je voulais ressentir la brise marine à nouveau...

Mes yeux se perdirent dans les flammes de mon feu de camp tandis que mes pensées dérivaient... soudain elles s'animèrent. Un loup en sorti, un loup ardent au regard de braise, il me regardait, semblant heureux de ma résolution. Nous nous fixâmes plusieurs minutes, nous comprenant, un discours invisible, un consentement mutuel. Le loup s'agita alors et disparut , les flammes le composant devenant feu follet dansant dans la caverne. Je me perdis dans ce ballet mystique, entre le rêve et la réalité...

Soudain un cri retenti, un cri de souffrance... La bulle dans laquelle je me trouvais éclata , le feu redevint ce qu'il était, un simple feu, nul trace de loup et de feu follet, la fatigue combinée à la fumée inhalée avait dut me faire délirer. Sans m'en formaliser je me dirigeais rapidement vers la rivière, le cri provenait de là.

La descente vers la rivière dura dix bonnes minutes, ma tanière n'avait beau pas être très loin du sol, le chemin qui y menait était assez escarper et le cours d'eau n'était pas si proche que ça. Enfin, une fois au bord de la rivière je la repérais vite, elle était recroquevillée sur la berge, à moitié nue et ne semblait plus pouvoir marcher. Je poussais un soupir, je sentais qu'elle allait rester ici avec moi un long moment...

Je la pris dans mes bras et me mis en marche vers la caverne.

- J'sais pas si ce nom signifie encore quelque chose, mais t'peux m'appeler Unded.

Le reste du chemin se déroula sans un de mot de plus. Une fois arriver je la déposais sur la paillasse  où elle avait passé la nuit.

Ainsi le soleil continua sa course dans le ciel, pour finalement se coucher derrière les montagnes, imposant l'obscurité au monde, et avec cette obscurité, le signe qu'il était temps pour moi de me mettre en marche. Je pris le cerf que j'avais chassé la veille et parti vers le lieu des festivités.

Le village, si l'on pouvait appeler cela un village, se tenant à 30 minutes de la où je me trouvais. Les habitations étaient d'immenses huttes de peaux dont la taille indiquait l'importance du résident. Ce fut dans la plus grande que j'entrais, celle du chef du village, un homme massif, dont les scarifications qui parcouraient sa peau formaient de complexes desseins. Nous nous saluâmes brièvement et sont regard étincela en découvrant ma proie.
- Mon ami, c'est un bien beau gibier que tu as la, même si ce n'est pas le plus gros, en effet certains de nos guerriers ont réussi à abattre des ours. Enfin bref, cela devrait suffire pour que tu puisses participer pleinement aux festivités. Bien bien, parlons un peu.

Sur ce il m’entraîna dehors.

- Tu es sûr que c'est ce que tu veux ?

- Oui, je m'y suis préparé, je suis prêt.

- Je te préviens, cela pourra être... comment dire, plutôt sauvage, il se peut que tu fasses des choses que tu regretteras, des choses qui te dégoutteront.

- Je suis prêt je vous dis !

- Bien, alors sois devant la demeure du chaman dans 10 minutes... ça va commencer...

La tente du Chaman, une habitation qui n'avait rien à envier à celle du chef. Peinte d'un rouge sang, elle était décoré d'une immense fresque mettant en scène esprits et héros du village. Une étrange odeur s'en échappait, mélange d'encens, de viscères et  autres joyeuseté. Qu'est-ce qui m'attendait à l'intérieur ? Je pris une grande inspiration et y pénétrait...
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MessageSujet: Re: Entre chien et chat   Ven 04 Juil 2014, 02:17

À force de tractions et de contractions, elle parvint à se hisser un peu plus haut sur la berge. Seuls ses pieds demeuraient au contact de l'eau, et pourtant le froid qui l'avait étreinte plus tôt refusait de diminuer. C'était sans doute le contre coup, l'effet de la fatigue et de la douleur. Ses nerfs ne pouvaient pas endiguer tout ça. Elle s'était surestimée, encore.
À bout de souffle, elle se retourna sur l'herbe, aspirant l'air à grande goulées, dans l'espoir de parvenir à insuffler un peu de vie à ses membres malmenés. Elle avait bien réussi à se traîner jusqu'ici, pourquoi ne parvenait elle pas à faire quelque chose d'aussi simple que se lever ? Pourquoi ses muscles, d'ordinaire si solides, si fluides, la trahissaient-ils maintenant ?
S'offrant à la douce chaleur du soleil, elle laissa son regard errer vers les nuages, essayant d'oublier le tremblement incontrôlable de sa mâchoire et les frissons qui la secouaient de plus en plus violemment. Mais la douleur refusa de la laisser s'échapper aussi facilement. Elle s'accrocha à elle, véritable étau, monstre de crocs, d'aiguilles et de glace. Une secousse particulièrement forte réveilla sa côte fêlée, la forçant à réprimer un nouveau cri. Et soudain, ce fut comme si toutes les blessures de la nuit passée revenaient toutes, violentes, meurtrières. Elle n'était plus qu'ondes de souffrance, plus qu'un cœur énorme qui pulsait au rythme d'une symphonie de déchirures. Un être fragile, démunis, livré au chaos des sens. Sa respiration se bloquait, inégale, comme si l'air refusait désormais de couler dans cette prison de chair et d'agonie.
Presque inconsciemment, elle se recroquevilla sur le côté, roulant sur l'herbe fraîche. Cela l'aida à reprendre un peu contact avec la réalité, avec les contours de son corps. Mais la crise n'était pas totalement passée, et si sa respiration était redevenue à peu près normale, la souffrance persistait, omniprésente. Elle avait juste gagné le retour de sa lucidité. Ce n'était pas forcément le meilleur moment pour ça.
Elle ferma les yeux, priant pour que cela s'arrête, pour que le froid arrête de la mordre, pour que le désespoir qui menaçait, là, dans l'ombre, disparaisse, pour que la fin arrive. Pour que tout s'arrête.
Pour que l'inconscience l'emmène à nouveau.
Comme pour apporter de la détermination à sa supplique silencieuse, elle ouvrit les yeux.
Et le vit, penché sur elle.
Lui, l'étranger, son sauveur, encore.
- Je prend des mauvaises habitudes, on dirait, grimaça-t-elle avant de lui sourire faiblement.
Il la pris dans ses bras, la soulevant avec facilité, comme si elle n'avait été qu'un sac de plumes.
Ou une carcasse de cerf.
Elle parvint à saisir son haut au passage et le maintint pressé contre elle, incapable de le remettre dans cette position. Elle hocha imperceptiblement la tête, décidant que c'était effectivement une bonne excuse.
La peau de l'homme dégageait une douce chaleur, délicieusement agréable après son expérience glacée. Bougeant avec précautions, pour ne pas le déranger et ne pas réveiller les douleurs qui commençaient à se calmer, elle se blottit un peu plus contre lui, cherchant à profiter au maximum de ce nouveau chauffage. Un doux ronronnement sorti de sa gorge, provoqué par le mélange de soulagement, de gratitude et de fatigue qui flottait en elle.
Quand il la laissa sur la couche qu'elle avait occupé plus tôt, elle dormait profondément, et le ronronnement vibrait toujours dans son souffle.


Elle se réveilla bien plus tard, alors que la lune entamait sa descente dans le ciel dégagé. Du feu de la veille, il ne restait plus que des braises rougeoyantes. C'était la fraîcheur de la nuit qui l'avait tirée de son sommeil. Elle se redressa, et s'étira. Chacun de ses muscles était un nid de courbatures, mais au moins, la douleur de l'après midi avait disparu.
Elle se leva, doucement, testant son corps avant chaque mouvement. Sa vérification terminée, elle se dirigea vers l'entrée de la caverne, où elle entreprit de réunir un petit tas de branches sèches qu'elle jeta sur les restes du feu. Un nouvelle flamme vint bientôt lécher le bois, tirant un sourire à la Neko. Satisfaite, elle revint s’asseoir sur la paillasse.
Elle était seule.
Le feu mourant, le silence de la nuit, la froideur de la caverne, tout indiquait que son sauveur l'avait quittée bien plus tôt cette soirée. Peut être même juste après l'avoir laissée là. Elle fronça les sourcils alors qu'un souvenir brumeux remontait à la surface de son esprit.
-Unded... souffla-t-elle, pensive.
Oui, c'était ainsi qu'il s'était présenté, plus tôt.
Elle rougit en songeant à la façon dont elle s'était laissée allée, plus tôt, puis secoua la tête pour éloigner ce souvenir perturbant. Non, elle devait se concentrer sur ce nom. Il lui disait quelque chose. Mais quoi ? Où l'avait elle entendu ?
Pas au village de Toile, c'était certain.
Son regard erra sur les carcasses de bouteilles qui jonchaient le sol. Du rhum... Beaucoup de rhum. De quoi faire le bonheur d'un pirate.
Pirate.
Viande crue. Saignante. Regard d'ombre, fumée animale.
Des flash passèrent devant ses yeux, pièces d'un puzzle mental qu'elle n'eut aucun mal à assembler.
Pas étonnant qu'elle se souvienne de ce nom. Elle était à Reilor, avec son maître, quand lui et les autres pirates avaient été capturés. Kaplen, oui, c'était le nom du capitaine. Elle avait bien rit, quand elle avait appris ce qu'il s'était passé ensuite. La bataille, les gardes désemparé, puis démembrés... Le loup, aussi.
L'homme qui était devenu loup, plutôt.
Lycan, c'est ainsi qu'on l'appelait. Cela avait déclenché son intérêt.
Malheureusement, elle n'avait pas pu satisfaire sa curiosité, car après cela les citoyens s'étaient montrés assez peu amicaux envers les créatures... différentes. Animales. La ville avait besoin de guérir, et elle en avait déjà extrait autant que ses poches pouvaient contenir. Elle était partie sur de nouvelles routes, avec Acardio.
Mais elle n'avait pas oublié le mystère de l'homme loup.
Un sourire s'épanouit sur son visage, alors que ses yeux fixaient encore les flammes dansantes. La tempête l'avait amenée là où l'aventure l'attendait. Là où sa curiosité mourrait d'envie d'aller. Ce coup du sort n'était peut être pas une si mauvaise chose, après tout.
Mais cet Unded là n'avait pas vraiment l'air d'un pirate. Plutôt d'un vieil ermite perdu dans la montagne. Il faisait vieux, même si sa force était toujours impressionnante. Et sa chaleur agréable.
Nouveau mouvement de tête.
Qu'était il arrivé ? Il ne semblait pas être du genre bavard, non plus. Elle pouvait respecter cela. Elle n'allait pas le forcer à parler. Elle n'allait pas non plus se charger seule de la conversation. Si le silence était l'univers où il se sentait le plus à l'aise, c'était là qu'elle avait envie de l'étudier.
Mais pour cela, déjà, il fallait le retrouver.

D'un œil critique, elle étudia ses pansements et ses coupures. La jambe démise avait l'air de cicatriser correctement, même si pour l'instant elle ne distinguait de la blessure qu'une nuée de croûtes et de coulures de sang coagulé. Elle avait du se rouvrir sa blessure durant sa baignade, plus tôt. Les autres blessures semblaient en bon état, autant que c'était possible du moins. Seule sa côte l'inquiétait. Un hématome violacé marbrait sa peau à cet endroit.
Elle pris alors conscience qu'elle était encore partiellement déshabillée. Son haut gisait à côté de la couche, trop déchiré pour être encore utilisable. Tant pis. Elle passa néanmoins un bandage autours de sa poitrine, plus pour maintenir l'os que par soucis de pudeur. Pourquoi d'ailleurs aurait elle du en faire preuve ? Elle était seule, maintenant.
Elle se leva, et sorti dans la pâle lueur de l'aube naissante. Elle leva le nez, cherchant dans l'air l'odeur de la terre retournée, de cendres et de bois brisé. C'était ce que devait sentir l'épave de son ballon, après avoir été mis en pièce par la montagne.
Elle repéra rapidement une piste olfactive correspondant à cette composition, et décida de la suivre. Cela sentait vraiment fort. Le feu n'avait pas l'air d'être mort depuis longtemps, et l'odeur d'herbe était plus forte encore qu'elle ne l'avait imaginée. Elle espérait qu'il resterait malgré tout quelque chose d'utilisable sur le corps de son vaisseau.
Après une ou deux heures de marche lente, ponctuées de pauses de plusieurs minutes pour éviter de trop fatiguer son corps fragile, elle se rendit compte de son erreur.
Ce n'était pas son épave.
C'était un village.
Un village de peaux.

Elle s'approcha doucement, prenant toutes les précautions nécessaires pour ne pas être détectée par d'éventuels veilleurs. Elle ne se sentait pas particulièrement à l'aise, si proche d'une zone potentiellement dangereuse dans son état, mais elle devait savoir si ces gens représentaient ou non un danger. Et puis, elle était curieuse. Elle escalada plutôt agilement au vu de ses blessures un arbre, assez loin du village pour ne pas être vue, assez proche pour voir et entendre. Là, perchée sur une branche épaisse, elle attendit que le soleil monte et que les habitants s'éveillent.
Alors qu'elle commençait à s'impatienter, étirant ses membres gourds, une puissante bourrasque lui apporta un bouquet d'odeurs nouvelles.
Sang, viscères, encens, herbes amères, cendres et terre humide.
Sueur, peur, joie, excitation. Des corps massifs et chauds. Des corps massifs et froids. Des poils, une odeur de chien, de loup.
Unded.
Elle se figea, surprise.
Il était passé par là. Son sauveur. Le loup fait homme. Il y était peut être même encore.
Mais ce camps puait la mort. Autre chose, aussi, mais la mort surtout.
Un gémissement sourd monta de sa gorge. Elle avait un mauvais pressentiment.
Comme pour lui répondre, un cri sauvage retentit dans le village.
Une peur primitive serra le cœur de Yiel. Sa mâchoire se mit à claquer, violemment. Un autre grognement résonna, plus proche. Cédant à la terreur, la féline se laissa couler au sol, poussant un glapissement de douleur lorsque le choc se répercuta dans ses os. Puis elle fila, ventre à terre, dans les bois, vers la forêt, vers la caverne. Elle n'avait nulle part où aller.
Nulle part, sinon le repaire d'un ancien pirate, d'un homme loup étrange.
Mais elle n'y parvint pas.
Alors qu'elle n'avait parcouru qu'une dizaine de mètres, elle percuta une masse sombre, chaude, et le choc la fit basculer en arrière. Une nouvelle odeur envahi ses narines, celle de l'herbe chaude, de la cendre et de l'alcool. Celle de l'humain. Une odeur qu'elle connaissait bien, maintenant.
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