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"Homme libre, toujours tu chériras la mer !"
"La mer enseigne aux marins des rêves que les ports assassinent."
"La sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit."
"Il est des moments où les rêves les plus fous semblent réalisables à condition d'oser les tenter."
"Le voyage est une suite de disparitions irréparables."
"Nous sommes de l'étoffe dont sont faits les rêves, et notre petite vie est entourée de sommeil."
"Dieu nous rêve. S'il s'éveille, nous disparaissons à jamais."
"Nous trouverons un chemin... ou nous en créerons un."
"Le rêve de l'homme est semblable aux illusions de la mer."
"Il n’est pas de vent favorable, pour celui qui ne sait pas où il va…"
"Il y a trois sortes d'hommes : les Vivants, les Morts, et ceux qui vont sur la Mer."

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 Zkaï le siphoné

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MessageSujet: Zkaï le siphoné   Mer 05 Sep 2012, 22:06

Mais c'est génial ! Je vole, je n'ai pas d'ailes mais je vole ! Je distingue mon arbre qui rapetisse de plus en plus et finit par se perdre au milieu de ses frères et soeurs de la forêt. Pour moi qui est toujours rêver de vaincre l'attraction terrestre, c'est le plus beau jour de ma vie. Ivre de joie, je m'élève parmi les nuages pour jouer avec les rafales de vents.
Il est tant de passer aux expérimentations :
Test numéro un : Le plongeon de la mort... YAAAAAAAhoOO ! Je pique droit vers la canopée. Le vent siffle dans mes grandes oreilles pointues et rabat mon ample capuche sur mes épaules. Mes yeux crachent des filet continus de larmes et je m'efforce de garder la bouche fermée. J'aime bien les mouches, mais collées sur les dents ça demande un temps fou pour tout récurer...
Sol en approche rapide.
Mise en place cérébrale du test numéro deux : le rétablissement. Amorce d'une courbe de rattrapage. Eh oh ! Rattrapage, rattrapage !!!
Et merde.

JCHPLAF !

Rhaa... Encore un foutu cauchemar ! J'en peux plus de ces rêves stupides qui me bercent de faux espoirs grandioses pour mieux me réduire en bouillie de désenchantement l'instant suivant. Non mais sans blague, c'est vraiment rageant.
Hum. Scrumphleugheugnheu...
...Tiens, curieux...
Ca ressemble pas à l'intérieur de mon arbre ça... Ah non ! Non non non mais non mais pas du tout ! C'est quoi ce rouge partout ? Qui a repeint mon tronc avec... avec... du SANG ! AAAAAhh mais quel horreur !
Je bondis sur mes pieds et me jette à l'extérieur de mon abri chéri. Ouf ! Roulade, et je me relève.
Non ! Encore du rouge ! Partout, ça recouvre tout, a tel point qu'on ne distingue même plus une chrysanthème larme d'étoile d'un pissenlit ! Insupportable...


"Mais c'est quoi ce bordel à la fin !"

Non d'une drosera ! J'arrive pas à comprendre par quel prodige j'ai débarqué ici... Hum... Pourtant je ne me souviens pas avoir avaler quoi que ce soit de suspect hier soir... Je ne connais aucune plantes qui repeint tout en rouge quand on la mange. Ce doit être autre chose.
D'un coup je remarque des silhouettes floues luminescentes. Elles semblent flotter un peu partout autour de moi. Peu à peu elles se précisent et deviennent plus nettes et mattes. Mais parole de patate ! C'est moi !
Je flotte partout autour de moi !
Houlala lala lala ! Mince de merde de fiente de piaf ! Qu'est ce que j'ai bien pu bouffer pour me taper des halu pareilles ? Oh marrant ça ! Celle là on dirait moi quand j'étais tout petiot. Je venais d'avaler mon premier champignon je crois. Oui à en croire mes grands yeux noirs aux pupilles dilatées, c'est même certain. Douce ivresse du premier voyage dans l'inconscient universel. Je m'étais pris une sacrée branlée par papy d'ailleurs. Enfin une fois que j'avais fini par redescendre de mon nuage...


"Non mais ca va pas, avorton ! T'es aussi stupide qu'une salade de jardin ou quoi ?! Faut pas commencer par le psylophène doré ! C'est le plus puissant des hallucinogènes qu'on peut trouver à trente lieues à la ronde ! Demande moi la prochaine fois, je te filerai un peu d'amanite si tu veux. Rhaaa, les jeunes de nos jours, aucun sens du sacré..."

Quel doux souvenir...
Une autre silhouette me saute alors aux yeux. C'est toujours moi, mais il s'est passé un bon bouquet de printemps entre-temps. J'ai beaucoup grandis, (je dois mesurer dans les 69 mm au minimum...) et je porte mes vêtements actuels de Kham'Ikaz, les seuls lutins suffisamment intrépides pour vouloir grimper sur le dos des oiseaux pour s'envoler. C'est à dire une tunique noire et ample, un pantalon brun ample aussi (un peu comme les sarouels des zhom à la peau bronzée), et surtout la graaaande capuche noire avec le glyphe du vent cousu dessus. En bleu. Comme le ciel quand il fait beau.
On voit mes grandes oreilles pointues qui dépassent par les deux trous réservés à cet usage. Ca permet de maintenir la capuche sur la tête pendant les vols, et ça fais joli. J'ai la peau bien cuivrée, comme tout les lutins de la forêt des arbres dansants, et les yeux tout noirs. On voit aussi mes longs cheveux sombres qui forment normalement une crête toute ébouriffée mais qui sont ici tout aplatis à cause de la capuche.
C'est bizarre quand même.
Pas très réaliste ce portrait...
Je crois bien que j'ai l'air bien plus impressionnant en vrai.
Enfin bon peu importe.
Ah ben tiens sur cette silhouette on me voit monté sur Kiboo, mon corbeau apprivoisé ! Il est tout noir avec juste une plume orange sur l'aile gauche. J'ai jamais compris pourquoi. Et il a la patte droite toute écrabousillées à cause d'un piège des zhoms. Ils sont fous ceux-là !

Mais j'y pense d'ailleurs... Il est où Kiboo ?

"KIBOO ! Kiboo vient ici !"

Je me lève d'un petit bond tout en souplesse et me met à courir en croassant. Le rouge s'estompe tout autour.
Il est vraiment "strange" ce rêve...


HRP : Je trouve pas le truc pour faire les spoilers... :S^^ Bon je sais pas si c'est assez long, et si ça conviendra parce que ça change un poil du reste des présentations... Mais bon. En tout cas je me suis bien trippé à l'écrire et j'ai hâte de poursuivre. Aller balancez vos remarques acerbes... tongue
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MessageSujet: Re: Zkaï le siphoné   Lun 10 Sep 2012, 00:01




Tout est rouge ! Tout est rouge, rouge, rouge !

J’aime le rouge ! J’adore le rouge ! C’est chaud, c’est doux ! C’est la mort ! C’est la vie ! Je veux que tout soit rouge ! Rouge ! Rouge !

Je ris d’un rire inaudible, je cris et je m’agite. J’ai tout peint en rouge, tout recouvert de cette si belle teinte. J’aime tant le rouge, mais le rouge comme le sang. Pas le rouge pale, pas le rouge sombre, non j’aime le rouge-sang ! Le sang c’est la vie, cette vie que je n’ai pas. J’aurais aimé avoir du sang, avoir des veines et des artères. Tout le temps je les aurais regardé ! J’aurai tout barbouillé avec mon sang ! Cela aurait été si bien !

Mais je ne peux pas, alors pour l’instant je m’occupe de ce drôle de petit homme là. Tout son univers, je l’ai recouvert de rouge ! Tout est plus beau comme ça ! Plein de rouge ! Lui par contre je ne l’aime pas. Il est plein de couleurs désagréables. Alors je lui montre, je forme des images devant lui de plus en plus opaque j’en fais des miroirs. Regarde-toi comme tu es laid avec toutes ces couleurs !

Cependant, il délaisse vite mes représentations. Je fais la moue. Je trouve que ce barbouillage de couleurs sans élégances qu’il est gâche la beauté des lieux. Il court je ne sais trop où.
Je suis fort mécontent, j’ai envie de plus de rouge alors un miroir lui barre brusquement le passage. Je suis dans ce miroir, j’ai son apparence, mais ce sont mes grands yeux de feu qui remplace ses pupilles.

Je tends les bras vers lui et plaque mes mains sur la vitre. Regarde ! Je vais te couvrir d’un beau rouge !
Et de profondes entailles apparaissent sur tout mon corps. Rouge ! Rouge ! Le sang s’échappe ! Tout s’imbibe de rouge ! Je suis heureux ! Je jubile ! Le rouge me recouvre j’aime ça !
Je lui souris, un grand sourire aux dents pleines de sang. Une clef rouge apparait dans mes mains carmines et soudain, tout devint noir…






(Coucou !
Pour tout te dire tu n’as pas respecté les règles du jeu en ne mettant pas ton personnage dans une salle. ^^ Cependant, on ne va pas te faire tout reécrire ce n’est pas la peine. Mais, pense a bien suivre les indications pour les autres salles, car là on ne pourra pas le laissait passer ! Bonne continuation !)



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MessageSujet: Re: Zkaï le siphoné   Lun 10 Sep 2012, 00:09

Ah ? Oui je croyais qu'on pouvait interpréter le terme de "salle". Je pensais a une "salle de son esprit".
Une porte de son inconscient...
Désolé, je vais tâcher de rectifier ça !

Merci en tout cas, je poursuis le RP ?
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MessageSujet: Re: Zkaï le siphoné   Lun 10 Sep 2012, 00:50

Et puis le rouge semble fuir en emportant tout ! Il se réduit à une étoile brillante puis d'un coup la nuit me saute dessus ! En un clignement de paupière, me v'là dans le noir. Enfermé dans une impasse de ténèbres. Houla ! Ca devient carrément lugubre l'ambiance. Le rouge a bien disparu et tant mieux, mais si c'est pour qu'il fasse tout noir à la place, non merci. Je vois plutôt pas mal la nuit, mais là c'est pas la nuit, c'est le fond du terrier d'une taupe psychopathe, ouais.
Je frissone.
Je sais que j'inspire un certain respect, mais bon je me sens un peu minuscule, tout petit, perdu dans les ténèbres là... Quand même.
Et aucune trace de Kiboo.
Alors que je m'apprête à crier encore une fois son prénom, j'entends un murmure à peine audible :

"Fascinant petit être... à l'esprit plus tordu qu'un vieux saule... "

Je sursaute. Oh non... J'me disais bien : chu en train de partir en bad-trip. J'aurai dû bouffer moins de champis hier...

"Tellement insignifiant..."
"Hey la ! Oh ! Insignifiant toi même ! C'est pas parce que j'entends des voix dans ma tête que je mérite pas considération et respect ! Chu Zkaï le siphoné et LA référence en matière de plantes hallucinogènes..."

Non mais elle se prend pour qui elle ! Pas la peine de prendre ces grands airs de voix "je-sais-tout", j'te rappelle que t'existe que dans ma caboche... HAA ! Alors c'est qui l'être insignifiant maintenant ? Faut pas pousser la fée dans les orties non plus...

"Il ne fait plus la différence entre le monde réel et son imaginaire fantasmagorique... l'esprit trop dilué dans les drogues."
"Hum... parole d'une ignorante... tu veux pas plutôt essayer ?"
"Toujours à rechercher une évasion de l'esprit, que cherche tu à fuir ?"

Sa question soudaine et le brusque tutoiement me bloque en plein élan... Pas pour longtemps.

Oh, je sais pas à quoi tu te perche toi, mais à ta place j'en ferai pas trop... Quand on est une voix illusoire issue de l'esprit, certes un peu farfelu, mais néanmoins parfaitement sensé d'un lutin en plein délire hallucinatoire, on ferme sa gueule !"
"Capable de réflexions profondes..."
"Figur' toi qu'ouaip' !"
"Il est pourtant enfermé dans sa folie..."

Folie... Mais quoi ! Fier de l'être, nom d'une figue molle ! Rhaa mais c'est pas possible ! Pourquoi tout le monde me prend pour un taré !! Personne ne me connaît vraiment... Personne ne veut vraiment me parler. On interprète toujours tout ce que je fais comme un délire... A part mon vieux papy, mais il est mort maintenant.

"Si seul... on le juge trop vite c'est vrai..."

Une première larme grosse comme ça roule sur ma joue. Je cligne des yeux... Je crois que je suis en train de faire le plus gros délire de ma vie.

"Il le croit... un génie fou à lier..."

Je renifle bruyamment. Je veux sortir de là. Je veux retrouver mon arbre. Et mon Kiboo. M'envoler avec lui, c'est mon autre façon de planer. Faune et Flore. Voilà mes vrais amis. Ma communauté. En vrai non, je suis pas tout seul, et tout le monde ne me prends pas pour un cinglé. Eux me comprennent comme je les comprends.

"Frivole. Souvent puéril et pourtant sage... non tu n'es pas fou ?
Pas plus que n'importe qui. Perdu plutôt..."


Et alors. Chacun sa route. Ce qui m'intéresse c'est la vie, la jouissance pure du moment présent. Passé et futur n'existent pas. On ne vit que l'instant. Comme quand perché sur le dos de Kiboo, on plonge tout les deux du haut du ciel. A ce moment je ne pense ni à comment je vais redresser le vol une fois en bas, ni de quel hauteur je suis parti. Je savoure simplement la sensation enivrante de la vitesse. Et parfois je voudrais ne jamais redresser...

"Esprit vif et perçant. Il masque ça sous ses émotions enfantine. Tu souhaiterai... ne pas éxister ?"

Ne pas exister ? Comment ça serait le monde sans moi ? Hum... Je m'était jamais posé la question. Pas si différent au fond. Quand même ! Mon arbre ! Il serait malheureux ! Et Kiboo ?? Ah !
Non !
Jamais. J'aime la vie. Et merde de crotte de phacochère ! Chu en train de parler tout seul dans le noir à une voix invisible ! Je veux sentir l'air sur mon visaaaaaaage !

"Toujours il cherche à s'enivrer de sensations, toujours plus fortes. Un jour petit être avide trouvera trop puissant pour lui... peut-être."

Je renifle encore une fois et je sèche mes larmes. Hé ! On va pas se laisser aller non plus ! Ca fait du bien au final. J'ai l'impression d'être sacrement redescendu... Ca m'a grave posé cette conversation, merci la voix ! J't'en veux pas. Je me sens tout prêt à m'envoyer en l'air, ooh ! Trop puissant pour moi... trallalaa, tu parle dans le vent tête de gland ! D'ailleurs ça me fais penser au champignon bleu que j'ai trouvé avant hier... Je connais pas celui là. Va falloir procéder à une série de test hé hey !
Ah mais il est où mon Kiboo ? C'est pas possible ! Nom d'un pistil je l'ai toujours pas retrouvé !
Faut que je le cherche !

"Oh ! La voix ! T'as pas une ou deux lucioles ? Y fait un peu noir chez toi quand même... Ouhou ? Hum... Bah c'est ça, boude ! J'vais m'démerder tout seul...

...


... Par où on sort ? Eh oh ! J'veux pas resté perché là ! C'est vraiment pas un bon trip à force...
Pfff...



Aller, sois pas vexée.
On va aller à la cueillette, histoire d'explorer la flore locale et comme ça tu verra de quoi je parle à propos des champis. Parce que comme on dit : "Chêne méprise les herbes folles, fragiles et basses, mais peut-il danser dans le vent avec la même grâce ? "
Bon ok, c'est pas de moi, c'est d'mon pépé...
En gros juge pas si t'essaye pas. Mais t'inquiète ça va bien se passer.
KIBOOOOOOOOO!
Moi la première fois... patati... "
"
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MessageSujet: Re: Zkaï le siphoné   Mer 12 Sep 2012, 01:23










Le désespoir est une prison. Elle n'est pas faite de chaînes, de barreaux, ni de gardiens. Son fer est la cécité, comment croire encore au lendemain si on ne voit plus le jour? Son habit est le repli, son geôlier est la fatigue. Nous ressentons les émotions comme les notes des soupirs soufflés dans un instrument. Les plus hautes sont vives et stimulantes. Les basses, plus posées, encouragent aux sentiments. Le désespoir est un long râle qui s'installe dans les tuyaux et empêche le passage d'autres souffles salvateurs, parce qu'il est à la fois grave dans sa valeur, et aigu dans sa cruauté.

Mais Nous aimons la musique, les mélodies fines et les portées pleines! Nous sommes des auditeurs exigeants, des spectateurs peu scrupuleux. Et Nous n'avons pas de tomate sous la main... Alors c'est à Nous d'être l'air, c'est à Nous d'être la trachée, c'est à Nous d'être le poumon. Comme un soufflet, comme un bouche à bouche, Nous ranimons la flamme de la vie et son crépitement.

Cette attaque n'est qu'un battement de coeur. Il vit. Il ne reste qu'une étape. Sur ses joues, les larmes glissent, dévalent, caressent. Dans un bruit de métal, elles tombent au sol et courent les unes aux autres. Elles s'enlacent, s'entremêlent, dansent, s'étirent, se sculptent. Bientôt on reconnaît une clef, là, aux doigts de la créature. Nous lui ouvrons le passage, un horizon sans limite s'illumine de blanc. Une flaque puis un ruisseau, un fleuve, un lac de toutes les peines recouvre ses pieds d'une eau tiède. Il est dans la salle blanche, à présent.



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MessageSujet: Re: Zkaï le siphoné   Mer 07 Nov 2012, 03:00

"… et encore j'en avais pris que trois pincées ! Alors t'imagine si tu mélange le psilocybe avec un boletus manicus, tu pars tellement loin que certain n'en revienne plus. Eh ouais, faut faire gaffe avec les champis, c'est un art que d'savoir s'en servir !
KIBOOOOOOOOOOOO !
Non parce que ils me font marrer les Zhoms. J'en ai trouvé un une fois en état critique… Savait plus où il habitait le pauvre. Faut dire qu'il m'avait ravager la moitié du pré, j'ai fais une récolte minable à cause de s't'abruti. Enfin bref, du coup j'ui ai fait avaler un peu d'opium, histoire qu'il redescende en douceur, et je l'ai laissé comater tranquille. Boh, j'pense qu'il s'en est sortit sans trop de dégât, juste que sa rencontre avec le monde des esprits à dû lui faire un choc, ça se respecte les champis non mais Oh ! On fais pas ça n'importe comment ! C'est...
Je disais quoi déjà ?
Ouhou ! T'es là la voix ?
Partie…



C'est calme. Hum, ça détend.
Oh ! Une luciole ! "


Parole de citrouille, elle grossit ! Mais c'est pas une luciole, c'est de la lumière. Bah c'est pas trop tôt j'vais p'tetre enfin pouvoir trouver mon corbeau.

"Kibooooo ! Arrête de me faire passer pour une andouille, viens par ici qu'on s'envole d'ici, j'en ai mare là."

Rhaaa, espèce de pirate de marécages ! Je comprends pas où il a pu passer.
La lumière s'intensifie encore.
D'un coup je sens une caresse légère sur mes pieds nus. Soupçonneux, je baisse les yeux pour découvrir avec stupeur un filet d'eau. Je lève un pied. Puis l'autre.
Prudemment je trempe un doigt et le retire aussi vite.
Rien.
Reniflant suspicieusement, je ne décèle rien d'inquiétant.
Alors je met mes mains en coupe et avale un peu du liquide.
De l'eau.
C'est bizarre quand même, nan ? De l'eau. En plein trip !
Bon soit.

Oh mais c'est joli ! Des petit reflets scintillants apparaissent partout. Je sautille joyeusement en éclaboussant tout autour de moi. Les reflets sont insaisissables, furtifs.
C'est alors que l'un d'eux se met à grandir, il grandit, grandit et occupe bientôt tout mon champ de vision.
Et je vois un petit lutin tout fripé qui sort du ventre de sa mère. Il est tout moche, mais bon, pas plus que n'importe quel bébé quoi. On voit un arbre à côté. C'est l'automne, saison des champ'. On le voit car son feuillage est rouge et le vent qui souffle fait s'envoler plein de feuilles à chaque rafales. Le minuscule bébé pousse un cri vigoureux.
Mais sa maman par contre halète avec difficulté. Elle semble très faible… Elle est jolie elle par contre. Avec ses cheveux roux, comme les feuille de l'arbre. Elle a la peau assez foncée, et des yeux verts. Mais elle semble épuisée, et très faible. Chaque souffle se fait plus las… fragile.
Son visage se crispe encore une dernière fois, puis il se détend complètement alors qu'un long soupir s'échappe de ses poumons. Son dernier.
Juste avant de devenir complètement immobile, ses lèvre s'entrouvrent et dessinent un sourire. Puis elle s'éteint.

Je renifle bruyamment. Des larmes coulent à flots de mes yeux quand je détourne la tête pour m'arracher à ce souvenir qui n'en est pas vraiment un car je venais juste au monde…
Maman…
Pépé m'a beaucoup parler de toi par la suite. J'aurai tant voulu te connaître.

Un autre éclat se dévoile alors dans l'onde.
Je me reconnais tout de suite, cette fois. Tout môme encore. Je suis assis en tailleur, au pied de mon arbre. Un cèdre magnifique, aux branches plus épaisses que des colonnes de temples de zhoms.
Pépé est assis devant moi.
Entre nous une large feuille de tremble, perlée de rosée. Dessus, plusieurs espèces d'herbes, de racines, ou de champignons sont disposés.


"Alors ! Désigne moi la Mortelle, la Douce, et la Magique."

Je réfléchis. Beaucoup se ressemblent… On ne peut parfois les distinguer ni à l'odeur, ni à la vue. Dés fois c'est la texture qui fait la différence, ou le goût…
Enfin j'en désigne une, une petite racine sombre, veinée de rouge.


"La Douce."

Le vieux lutin me regarde, impassible. Puis un imperceptible sourire adoucit son regard.

"Bien. Ensuite."
"La Magique" je dis en montrant un champignon gris pâle tirant sur le jaune-vert.
"Mange le."

Je regarde mon professeur d'un air hésitant. Je tend doucement la main, puis la retire…

"Hum… C'est plus sage je crois… C'est une amanite panthère. Jeune on la confond avec le psylo fer-de-lance. Regarde."

Il la retourne et me présente les lamelles blanches.

"Tu vois, elle sont libre et serrées. Et très claires. Le Fer-de-Lance lui a des lames brunes et plutôt larges. Tu serai mort…"

Je déglutis.

Le souvenir disparaît. Mon grand-père m'avait appris tout petits les secrets des plantes, des champignons et des animaux. Il m'avait fais découvrir les mystères de la Nature, ses bienfaits et ses dangers. Il me montrait comment en prendre soin, et comment les utiliser à bon escient.
Son savoir était immense et tout les lutins de la forêt des arbres dansant, et même de plus loin encore, venait lui demander conseils, potions et autres préparations. Il composait ses cocktails tel un virtuose, usant de chaque ingrédient comme un cadeau sacré de la Terre Mère. Il considérait toute chose avec un grand respect.
C'était un sage.
Je renifle une dernière fois et sèche mes larmes d'un revers de main.

Même des zhoms venais parfois s'enquérir de ses conseils. Les plus évolués, ceux qui vivaient au près des arbres. Et même des fées ! Ces niaises et exaspérantes créatures aux ailes de libellules. Pépé lui n'avait d'à priori sur personne.

Alors que je me fais toutes ces réflexions, un autre souvenir emplie tout ma vision, comme un rêve éveillé.

Un oisillon tout noir, tombé de son nid. Il avait du sautillé en piaillant et il s'était pris la patte droite dans un piège écraseur d'un zhom braconnier. Des affreux assassins… on ne compte plus le nombre de lutins mutilés par des traquenards similaires.
En me voyant il se calma immédiatement, m'observant de ses grand yeux noirs, la tête penchée sur le côté. Il battit des ailes et je remarquais une tâche orange vif, presque rouge. Une plume, une seule qui avait la couleur des cheveux de ma mère.
Je l'avais libéré et il avait voulu me suivre. Il piaulais misérablement dés que je m'éloignait trop vite pour lui, comme il galèrait avec sa patte estropiée.
Trop adorable.
Je l'avais soigné, et lui avait grandit, jusqu'à devenir un magnifique corbeau adulte et malicieux. Sa patte ne s'était jamais remise mais il s'y était habitué et il sautillait comiquement sur une patte. En vol en revanche il était magnifique. Un génie de la voltige, jouant avec le vent comme un musicien tirant des envolées lyriques de sa harpe.
Et, ouais.
Mon Kiboo.

D'autres souvenirs surgissent, se succèdent. Ado, mes premières envolées, sur le dos de mon corbeau et aussi celles sur les ailes que procurent certaines substances produites par la nature.
La fois où tout jeune encore j'étais plongé en grande conversation avec une colonie de lierre que je trouvais envahissante. On débattait sur la nécessité de savoir laisser à chacun assez d'air pour respirer, sans se monter forcément les uns sur les autres. je lui expliquais que les zhoms eux dans leurs grands zhomières (c'est comme des termitières, mais en plus moche, plus gros et plus puant), ils étaient tous tellement serrés que dés qu'ils sortaient de chez eux ils cherchaient à dominer tout ce qui se présentait à eux. Il m'avais répondu que son rôle à lui était tout autre. Il s'attachait au contraire à protéger les arbres qu'il grimpait, à leur fournir une sorte de deuxième écorce filtrante et repoussant les parasites, ainsi qu'a fournir le gîte à de nombreuses espèces animales. Il était d'ailleurs malheureux des fausses rumeurs l'accusant de "bourreau des arbres"…
Alors je lui avais apporté de la bonne terre bien riche du bord de la rivière, que j'avais disposée tout autour de ses troncs principaux. Il en avait été très touché et il avait poussé de plusieurs mètres en une journée !

Je me rappelais aussi les chamailleries avec les autres lutins du bois dansant.
La mort de pépé.
Les longues heures de discussion avec les arbres, les plantes et les animaux de la forêt.
Les disputes avec les fées, les démêlés avec les zhoms tueurs d'arbres…

Un fulgurant éclat de lumière me saute soudain aux yeux :
Ce jour là je volais très haut. Dans le ciel hein. Pas dans ma tête. Avec Kiboo on s'entrainait aux loopings inversés avec rétablissement sur le dos. On fusait tête en bas au raz des branches hautes quand j'aperçus du coin de l'oeil un groupe nombreux d'humains qui s'affairaient comme des fourmis dans une clairière. Les zhoms ils ont toujours des centaines de choses à faire, en courant dans tout les sens. Ils s'agitent inutilement et détruisent tout sur leur passage, sans faire gaffe à rien… Des brutes stupides, pour la plupart.
Les ayant dépassé, je repassais sur le ventre pour enchaîner un virage serré sur l'aile gauche.
Z'avaient rien à faire là, si près du bois sacré…
J'en voyait qui abattait des arbres, certains étaient vieux de centaines d'années. D'autres les débitaient et entassaient le bois sur plusieurs bûchés immenses… Ca. Ca c'était inadmissible.
Horrifié, je poussais un cri de stupeur.

Au troisième passage j'avais remarqué trois types bizarres, en tunique blanche. Alors j'avais filé prévenir les autres et on avait organisé la riposte…

Nous les lutins on est pas très costaud. Mais par contre c'est la forêt entière qui se bat à nos côtés.
Si bien qu'en peu de temps tout les arbres se mirent à exhaler des pollen toxiques, le lierre s'attaqua avec une lenteurs vicieuse aux cabanes moches des zhoms et moi, je profitais d'une nuit sans lune pour m'introduire dans leur salle de cuisine et déverser le contenu d'une potion hallucinogène dans leur réserve de bière et d'eau.
Le lendemain avait été très folklorique, en tout cas il nous avait fourni à tous un divertissement digne des plus grandes et joyeuses fêtes jamais goupillées au bois dansant… Parole de gnome.
Faut pas nous casser les noisettes non plus.

Le souvenir s'estompe alors que je suis encore secoué de rire… rien que d'y repenser. Ils étaient repartis en vitesse, racontant partout que notre forêt étaient hantée et maléfique. On avait été tranquilles pendant des années !

Malheureusement, chassez un zhom, il en revient cents !

Surgit alors un dernier chatoiement d'images : c'était hier soir. J'avais oublier ça. Et j'aurai préféré qu'il en soit toujours ainsi...
J'étais tranquillement perché sur une grosse branche de mon cèdre, sirotant du sirop d'érable, en maugréant à propos des autres lutins qui s'étaient tous foutu de ma tronche parce que j'avais cru voir une charrette rouler sans chevaux pour la tracter. Elle avançait doucement en faisant un drôle de bruit désagréable, mais elle transportait de lourde charges. Tous s'étaient moqués en disant que je devrais arrêter de consommer certains sporophores. Je boudais donc leur fête qui célébrait l'équinoxe d'automne en commémorant ce jour de la façon la plus appropriée qui soit : dégustation de champignons. (De toute sorte hein, pas que des magique !) quand j'entendis un bruits incongru. Que l'if me griffe si je mens, mais j'aurais jurer qu'il s'agissait de détonations, comme celles que font l'écorce des arbres en hiver, quand le froid est si intense qu'il la fait craquer violemment ! Sauf qu'on était encore au tout début de l'automne, et la température était tout ce qu'il y a de plus agréable, douce et bienfaisante.
Sur le coup j'ai suspecté mon cerveau de me jouer un tour… ce qui eu été fort possible, il faut bien le dire.
Mais ça a recommencé. Plus près.
Kiboo s'agitait, et d'un coup il s'envola sans que mes appels ne le fasse revenir.
Courant entre les brindilles, sautant par dessus les feuilles mortes, me faufilant sous les racines, je finis par arriver dans la clairière des lutins, là où devait se dérouler les réjouissances.
Horrifié, j'assistais impuissant au meurtre de mes frères et soeurs… Des zhoms habillés de vêtements plein de tâches vertes utilisaient des trucs en métal pour fabriquer des explosions qui fusaient à travers l'air en sifflant mortellement. Déjà je pouvais voir des dizaines de petits cadavres tout troués… Les arbres portaient les griffures féroces des explosions sur leur tronc et leurs branches, et les cris de terreur des miens résonnaient dans mes oreilles… Ils y résonnent encore. J'avais été tétanisé, incapable de bouger.
Quand tout fut terminé, que les zhoms étaient repartis dans leur charrette affreuse, j'avais éclaté en sanglots…

Puis j'avais passé la nuit à encourager la mousse à pousser sur les corps mutilés, et à y semer quelques graines de fleurs, et d'arbres. Un pour chaque lutin. Enfin je m'étais écroulé de sommeil...
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Zkaï le siphoné

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