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"Homme libre, toujours tu chériras la mer !"
"La mer enseigne aux marins des rêves que les ports assassinent."
"La sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit."
"Il est des moments où les rêves les plus fous semblent réalisables à condition d'oser les tenter."
"Le voyage est une suite de disparitions irréparables."
"Nous sommes de l'étoffe dont sont faits les rêves, et notre petite vie est entourée de sommeil."
"Dieu nous rêve. S'il s'éveille, nous disparaissons à jamais."
"Nous trouverons un chemin... ou nous en créerons un."
"Le rêve de l'homme est semblable aux illusions de la mer."
"Il n’est pas de vent favorable, pour celui qui ne sait pas où il va…"
"Il y a trois sortes d'hommes : les Vivants, les Morts, et ceux qui vont sur la Mer."

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 Le chat et la souris...

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MessageSujet: Le chat et la souris...   Mer 05 Sep 2012, 04:06

L'affreuse souris est juste derrière moi ivre de rage. J'imagine ses yeux injectés de sang et les babines dégoulinantes de baves. Elle s'apprête à bondir... Au moment ou elle prend son élan, je me jette de côté... pour me retrouver étaler sur le sol, dégringolé de mon hamac.
Réveil tout en douceur...
Le soleil est déjà levé depuis longtemps et pourtant j'ai du mal à me réveiller... Mal de crâne pas possible, et une affreuse envie de vomir.

Je me relève en titubant. J'vois complètement flou, mais ça c'est normal. J'essuie les larmes qui coule de mes yeux d'un geste sec, automatique. J'y vois pas mieux, mais j'ai l'air moins con.
Bon. Le soleil est déjà très chaud. Il est tard. J'entends des pas qui se rapprochent. Deux personnes, dont un môme je crois.


"T'as vu p'pa ? Le monsieur, il à l'air très triste !"
"Laisse le ! Viens ici aller dépêche toi !"
"Mais il a peut-être besoin d'aide ? Hein, dis pourquoi il pleure ?"

Je les entends qui passe rapidement devant moi et je distingue la grande silhouette du père qui tire son gamin par le bras... Je le suis des yeux et des oreilles alors qu'il entraîne le petit loin de là mais je devine le regard étonné de l'enfant posé sur moi.
Dans un souffle de vent j'entends juste ces quelques mots :


"... des déchets ! La milice devrait... incapables !"

Génial. Ca fait toujours super plaisir de bon matin...
Là dessus je rend une quantité assez invraisemblable de liquide à l'odeur infect, accompagné de quelque grains de riz éparses.
Beurk. Je déteste vomir
Bon, je vérifie rapidement que j'ai toutes mes affaires. Alors : hamac, sac, couverture. Parfait. Les bolas et les balles de jongle sont dans le sac, et la flûte accrochée à ma ceinture. Magnifique ! J'ai rien perdu hier.

Direction la fontaine de la place du marché. Un brun de toilette me fera pas de mal je crois. Ca me rafraîchira le cerveau et les idées. Pis c'est là que se réunissent tout les jours pas mal de gens un peu en marge du reste de la société. Le point de rendez vous en quelque sorte. Si tu cherche quelqu'un ou quelque chose, tu passe par là poser quelques questions, et tu finis par savoir ce que tu veux.
Quand j'arrive là-bas, y a déjà pas mal de monde. Je reconnais Bein'La et Nola, entourés de leurs deux chiens et me dirige vers eux.


"Asde mon Zak' ! T'es enfin debout !! Vende mamaï !"
"Arf, je sais pas vraiment comment j'ai réussi à me pachav hier soir..."

Les chiens se précipitent en aboyant pour avoir des calins. Je les caresse avec plaisir. La mère et le fils, les deux dominant de toute la meute présente ici.
Bein'La lui, c'est comme mon grand frère. Ni petit ni grand, plutôt costaud, visage jovial et un regard où brille une lueur de démence... Je l'adore. Ici, parmi tout les gens de la rue, y en a pas un qui oserai lui craché dessus... en tout cas pas en face. Et pourtant y a du gratiné. Les trois quart des gens ici ont des démêles plus ou moins grave avec la justice. Je l'embrasse d'une bourrade fraternelle. Puis je fais une bise toute douce à Nola, sa petite amie. C'est une jeune étudiante qui doit avoir mon âge. Adorable et belle comme un coeur, elle faisait une thèse sur "le métier de mendiant"... et depuis elle à rencontrer mon beibein, et pour le coup...
Enfin bref.
Je passe saluer tout le monde mais Bein' m'attrape le bras :

"Eh ! La milice est passé ce matin. Z'en ont après ta gueule mon frère. J'pense que c'est pour l'autre jour, quand t'as voler les trois outres de vins sur le marché. Ce gros porc de Joram est allé poukav."
"Boh... Chie d'dans. Au pire je vais passer quelques heures au poste de garde, pis terminé."
"Bonne réponse. Bon faut qu'on trouve un luth. J'ai un nouveau texte de chanson là, et j'voudrais que tu balance un de tes rythme là dessus !"
"Laisse moi deux seconde, que je me rince la ganache. J'ai encore un sale goût dans la bouche."

Il éclate de son rire fou, et je me plonge la tête dans l'eau fraîche, pure et si agréable de la fontaine.
Puis je me tourne vers Farfou, un autre allumé et un ami par la même occasion.

"Tu me prêterais ton luth pour une chanson ?"
"Non."
"..."
"Tu gratte les cordes trop fort ! C'est mort, tu va encore m'en péter une."
"Rhaaa, aller Farfou ! J'ten rachèterai un... Farfou... Regarde moi... Tu veux bien me prêter ton luth ?"
"Tu fais chier Zak'. Fais gaffe s'il te plaît. Vas y doucement. Et j'te jure que si tu casse une corde j'te la fais bouffer..."
"Tu me connais enfin !"

Affaire rondement menée. C'est toujours le même cirque avec Farfou. Bon, faut dire que c'est vrai, quand je joue du luth, j'ai tendance à pas mal y aller. Mais bon, en même temps c'est fais pour ça la musique, faut se faire plaisir !
Je gratouille rapidement, histoire de tester l'accordage. Deux trois ajustements, et c'est parfait. Un regard vers Bein'. Clin d'oeil. Et c'est parti.

Côte à côte avec mon frère, j'entame une mélodie rapide et saccadée. La voix de bein' vient se poser tout naturellement dessus. D'abord quelques vocalises, puis très vite il enchaîne avec les paroles qu'il vient de composer. C'est pas le genre à plaire aux bourgeois ni à la milice, mais on s'en fout. On fait danser les amis, et c'est le principal.
Peu à peu quelques passant osent s'arrêter, esquissent même quelques pas de danse, et sourient. Des enfants sautillent de joie. Farfou et Pinak passent au milieu des badauds en agitant leur couvre chef et en faisant le clown et certains y déposent quelques pièces.
Saya, une magnifique métisse, malheureusement lesbienne se pose à côté de moi avec sa percussion et rentre dans la musique.
A côté d'autres saltimbanques entament des passes de jonglerie. Très vite ça devient euphorique sur toute la place. Les outres de vins se débouchent, les pipes de MareiJaan fument, et les gens rient et dansent. A mon avis on a environ trois minutes avant que la garde ne rapplique...
Le rythme devient endiablé. Je suis en transe et en parfaite communion avec les autres musiciens. Sensation magique de plénitude, là je puise ma vrai force de vie. Je ne joue pas de la musique, je suis la musique. Nous sommes la musique. Je sens les odeurs de sueurs qui se mêlent aux vapeurs de vin et aux effluves d'herbe bleue dans un ballet de parfum enivrant de liberté.
Presque palpable.

Quand les dernières notes s'éteignent, tout le monde reste comme stupéfait. Puis les conversations reprennent tranquillement leur cours. Les passants se dispersent dans les rues et la musique cède la place au brouhaha habituel de la place du marché. Mais ils reste cette atmosphère joyeuse et festive. On me tend une outre. Je bois une gorgée puis je la fais tourner. On me passe ensuite une pipe allumée.
J'adore l'herbe bleue. Ou la Mareijaan, c'est pareil. Elle fait planer et laisse l'esprit libre des préoccupations quotidienne. Pour jouer ou jongler, pour danser aussi, c'est magique. Je prends le temps d'aspirer de grande bouffées, puis je recrache la fumée lentement, en savourant l'ivresse qui monte peu à peu. Fffouuu ! Je suis bien.

"Les ralouches, les ralouches !"

Le cri d'alarme raisonne soudainement. En quelques instants les pipes disparaissent et les outres se bouchent. Une douzaine de gardes en armes arrivent au coin de la rue des galinacées. Comme par hasard... Ils ont cette allure arrogante et supérieur qu'ont tout ceux à qui ont laisse un peu de pouvoir. Je reconnais dans le tas le grand brun sadique, celui qui a une dent contre moi. Et merde.
Je me tourne alors vers Saya :


"Tu parie ? Dix écus qu'ils nous embarquent tout les deux au poste."
"C'est mort !"

C'est avec elle que j'avais chourav le vin de Joram, le marchand.
Les forces de l'ordre se positionnent rapidement en demi cercle autour de nous tous, main sur la poignée de leurs épées. C'est alors seulement que je sens la présence de quelques types étranges jusque là masqués par le reste de la troupe. Deux d'entre eux sont vêtu de vert kaki et sentent le métal, armés d'étranges objets aux reflet noirs. Le troisième n'est pas en uniforme, ou du moins pas le même. Une sorte de grande chemise blanche et longue l'habille et son regard me semble très bizarre, bien que ma vue faible m'empêche de comprendre pourquoi. Lui il sent le relent de produit chimique, un peu comme devant l'échoppe de l'apothicaire, mais en plus étrange. Le capitaine des gardes s'avance alors et d'un ton autoritaire :


"Monsieur Zak'O, vagabond et miséreux de son état, vous êtes arrêté pour désertion et meurtre. Veuillez nous suivre sans opposer de résistance."

Le luth m'échappe des mains et une corde saute quand il touche le sol. Farfou ne frémit même pas. Saya ouvre des yeux incrédules mais le pire c'est Bein'La : On peut voir les étincelles qui commencent à crépiter au fond de ses pupilles.
Ca va chier...



HRP : C'est court, c'est (un peu) tardif, mais bon au moins c'est posté... Kaleya, quand tu veux. Envoi un MP si t'as des question. J'espère que ça te plaira, c'est un style un peu bizarre, et je peux modifier des choses (notemment le langage de la rue), rallonger ou adapter en fonction. Hésite pas à me dire si des trucs te gênent. Depuis le temps que je te l'avais promis... :S
PS : Le regard étrange du bonhomme en blanc, c'est à cause des lunettes...^^
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MessageSujet: Re: Le chat et la souris...   Mer 06 Fév 2013, 21:51

Spoiler:
 


Le regard errant, le pas légèrement vacillant, Kaleya s’efforçait de réapprendre le comportement qu’un passant ordinaire se devait d’adopter en ville. Trop de bruits, trop de monde, trop d’animation. Ce n’était pas la première fois qu’elle ressentait un tel décalage avec l’univers qui l’entourait mais après ces dernières semaines passées à errer loin de toute civilisation, seule, sans cesse, la réalité de la cité lui apparaissait brutalement absurde.

Elle avait longuement hésité avant de franchir les portes de Reilor. La poussière de la route accrochée à ses cheveux ébouriffés, à ses vêtements usés, à sa peau même, lui donnait une apparence sauvage, inadaptée à son désir de passer inaperçue aux yeux des passants et des gardes. Peut-être qu’à la longue, ceux-ci l’avaient oubliée, mais elle ressentait toujours une méfiance instinctive à l’égard de ceux qui l’avaient traquée pendant tant d’années.

Au-delà de ces détails purement matériels se posait la question de son rejet presque physique de ce lieu, de ces gens. Si elle n’avait pas rencontré Kaplen et Niüna, peut-être aurait-elle poursuivi sa route indéfiniment, fuyant les responsabilités qu’elle s’était elle-même fixées, fuyant son propre désir de compréhension. Lâcher prise, abandonner. Elle s’était battue toute sa vie, lui semblait-il. À quoi bon poursuivre si c’était pour reprendre au point de départ ?

Ces pensée l’avaient toutes effleurée, voir franchement percutée pour certaines. Mais elle n’avait pas cédé. Elle avait besoin de ses réponses, ou du moins avait-elle besoin de les chercher. Et après tout, n’avait-elle pas abandonné une nouvelle fois ses amis pour les trouver ? Reilor était certainement le meilleur endroit où commencer. Elle avait alors installé son campement de fortune à proximité de la ville, ce qui équivalait à peu près à décider que la petite portion de terre sous ses pieds serait son lit le temps d’une nuit. Elle avait préféré se laisser un moment pour se préparer au choc du lendemain, et surtout de se rendre suffisamment présentable pour donner une illusion de normalité.

Au final, encerclée par la foule mouvante qui coulait dans les rues, elle réalisait à quel point cet espoir avait été vain. Si quelqu’un s’était donné la peine de l’observer, il l’aurait vu telle qu’elle était : perdue, en total décalage par rapport aux habitants de la ville. Paniquée. Les yeux mi clôts, elle inspira profondément à plusieurs reprises pour retrouver son calme et sa capacité à réfléchir en humaine. Qu’espérait-elle exactement de cette journée et des suivantes ? Pas grand chose. Il lui faudrait des mois, des années peut-être pour trouver ne serait-ce qu’une piste. Tout ce qu’elle pouvait espérer, c’était réapprendre à vivre à Reilor. Elle rouvrit les yeux. L’objectif simple d’affronter sa propre peur suffirait à la maintenir debout pour aujourd’hui.

Elle cessa de se sentir menacée par la masse des passants en devenant l’une des leurs. Elle accompagnait leur mouvement tout en se laissant porter. Elle s’imprégna de leur manière de bouger, de penser la ville pendant longtemps avant de se décider à rompre le lien, redécouvrant là d’anciennes habitudes : emprunter les ruelles paumées pour mieux se cacher... ou peut-être simplement pour mieux s’isoler. Elle retrouva le plaisir de se perdre parmi se réseau qui portait une illusion de sérénité au sein d’une Reilor perpétuellement agitée. Il était ainsi possible de traverser la ville de bout en bout sans affronter la foule. D’autres dangers se dissimulaient dans l’ombre de ses chemins étroits, mais elle ne les craignait plus depuis longtemps.

Ce fut une rumeur inhabituelle qui la tira de son exploration et la ramena vers les passants et leur vacarme. À mesure qu’elle se rapprochait, le bruit se précisa pour devenir musique et chant. Avec surprise, elle se demanda si cette onde joyeuse détonnante au sein d’un monde où tout était rangé était trop récente pour qu’elle l’ait déjà perçue auparavant ou si elle y avait été complètement insensible à l’époque. Aujourd’hui, cela réveillait en elle des émotions similaires à celles qu’elle avait ressenties en retrouvant ses amis après des mois d’errance.

Finalement, la place se dévoila à son regard, lumineuse, bouillonnante de vie et d’une joie palpable. Charmée par cette énergie brûlante qui émanait du petit attroupement fourmillant sous les
mélodies entraînantes que déchainaient des musiciens encore invisibles à ses yeux, la jeune femme se rapprocha, se fraya doucement un passage entre les spectateurs qui formaient un large cercle.

Lorsqu’elle aperçut les musiciens, un sourire éclaira son visage, presque brutalement tant celui-ci s’était obscurci depuis qu’elle était rentrée dans la ville. Au-delà de l’harmonie presque palpable qui les liait, ce qui emplissait soudainement son coeur d’allégresse c’était qu’en une seule minuscule seconde, la solitude qui avait pesé sur elle pendant des années en dépit de tout et de tous semblait s’être dissipée : elle n’était plus seule. Il y avait d’autres nekos.
Elle se sentait soudain comme une enfant, émerveillée, heureuse, insouciante. Il ne la voyait pas, trop absorbé par sa musique, ce qui lui laissait tout le loisir de le détailler. Il devait probablement avoir plus de sang neko dans ses veines qu’elle, son apparence étant bien plus féline que la sienne. Ce devait être difficile de passer inaperçu songea-t-elle avec compassion. Mais la partie humaine demeurait bien présente, conférant au corps et au visage du neko cette beauté unique qu’offraient les métissages.

Le sourire joyeux à ses lèvres ne semblait pas prêt à s’effacer et elle ressentait même une étrange envie de danser. Elle avait découvert la danse pour la première fois sur le navire de Kaplen et en gardait un bon souvenir : elle y avait appris à se mouvoir pour le plaisir, et pas uniquement par esprit pratique. C’était la première fois depuis qu’elle retrouvait ce désir. Oscillant doucement au rythme de la musique, elle empêcha pourtant son propre corps de s’abandonner totalement, la crainte diffuse d’être repérée ne s’étant pas complètement dissipée.

Cette maîtrise d’elle-même se délitait cependant peu à peu à mesure que le rythme s’accélérait et elle aurait finalement lâché prise si les dernières notes du luth ne s’étaient envolées pour ne plus reprendre leur chant. Comme si elle reprenait son souffle après une plongée prolongée, elle s’immobilisa lentement. La foule autour d’elle semblait sortir lentement de sa transe et se dispersa lentement, comme si un accord implicite avait été passé entre les musiciens et les spectateurs. Egarée, incertaine quant à l’attitude à adopter, Kaleya resta un instant plantée devant le neko dans l’espoir qu’il la voit avant de réaliser qu’elle n’était même pas certaine qu’il comprendrait en un regard qui elle était. Elle se sentit ridicule. Doucement, elle suivit le mouvement des passants, s’éloignant du centre de la place sans perdre de vue le regroupement au pied de la fontaine. Maintenant qu’elle y regardait mieux, ils semblaient être des vagabonds, ce qui expliquait probablement cette attitude finalement peu en accord avec les cadres imposés par la ville. Cela lui arracha un sourire.


" Les ralouches, les ralouches ! "

Kaleya sursauta à l’exclamation et, se détournant à moitié, elle s’efforça de conserver l’attitude neutre du citoyen qui n’a rien à se reprocher en voyant arriver une troupe de gardes s’avancer jusqu’au petit groupe d’artistes de rue. Elle fronça les sourcils : une troupe entière, alors qu’ils se déplaçaient habituellement que par deux ou trois ? ça cachait quelque chose. Un frisson brutal la parcourut lorsque du coin de l’oeil, elle vit l’anomalie : trois des hommes ne portaient pas le même habit que les gardes de la ville et elle ne pouvait avoir aucun doute quant à leur provenance. Leurs vêtements, leurs armes, leurs regards étaient les même que ceux des hommes dont Hybris les avait protégées tout en les condamnant. Ils étaient là pour elle, persuadés que l’étrange femme leur avait confié des documents de la plus haute importance. Il n’y avait aucun doute. La panique la poussait à fuir à toute jambe, à quitter la ville pour ne plus jamais y revenir et à se perdre quelques part où personne ne la trouverait jamais. Redevenir une bête sauvage ne la dérangeait finalement pas tant que ça. Mais elle ne pouvait pas se permettre de partir maintenant, pas comme ça. Elle attirerait trop l’attention. Elle se força donc au calme, se persuadant qu’elle ne courait aucun danger. Ils ne la reconnaîtraient pas. En revanche, leur alliance avec les gardes signifiait que les règles du jeu avaient changé : elle était bel et bien à nouveau recherché à Reilor. Retour au point de départ.

"Monsieur Zak'O, vagabond et miséreux de son état, vous êtes arrêté pour désertion et meurtre. Veuillez nous suivre sans opposer de résistance. "


L’incrédulité se ficha dans les pensées remplies de certitudes de la jeune femme. Voilà qui expliquait le déploiement d’autant d’effectifs. Mais qu’est-ce que venaient foutre les hommes de l’Ouest dans cette histoire ? Presque malgré elle, elle avait pivoté pour regarder la scène et son coeur manqua un battement lorsqu’elle réalisa que le dénommé Zak’O était justement le neko.

" Merde..." souffla-t-elle.

Son bon sens lui dictait d’ignorer cette situation qui ne la concernant pas... pas vraiment. Si on exceptait que c’était un membre de sa race qui était arrêté, et qu’elle était certaine en voyant son visage abasourdi que ce n’était pas une coïncidence. Elle ne pouvait pas décemment agir comme si de rien n’était. Elle comprit qu’elle était en train de commettre une cruelle erreur mais sa raison n’eut pas le temps de la dissuader : la flamme qui s’était allumée dans le regard d’un des compagnons du neko musicien ne laissait aucun doute quant à l’issue de la rencontre. Si un seul d’entre eux faisait un pas de travers, ils n’auraient aucune chance, les armes noires et terrifiantes les balaieraient dans un de leur rugissement de mort. Tout en s’insultant copieusement elle-même pour son sentimentalisme absurde qui risquait de lui coûter la vie, elle bondit, un rugissement aux lèvres, sa première lame ramenée le long de son bras gauche, prête à frapper, la deuxième s’enfonçant dans la nuque d’un des hommes de l’ouest. Elle se ramassa souplement pour éviter une première lame et profitant de la confusion ambiante, traversa la muraille formée par les gardes.


" Suis-moi ! " hurla-t-elle, priant pour que le chaos soit suffisant pour empêcher au compagnon du mort de se venger.

Elle poursuivit sa course en contournant la fontaine sans être bien certaine que le prétendu meurtrier l’ai écoutée. Une détonation puissante ébranla l’air auparavant si paisible de la place et des débris de pierre jaillirent à quelques pas d’elle. La peur brièvement anesthésiée par la folie de son acte bondit dans ses veines. Elle n’avait aucune idée de comment lutter contre un ennemi pareil. Elle continua à courir de toutes ses forces dans l’espoir d’atteindre les quelques passants qui pourraient l’abriter des attaques à distance de ses poursuivants. Un garde plus vif que les autres vint à l’assaut sur sa gauche et d’un revers foudroyant, elle ouvrit une plaie béante dans son ventre. Elle ne s’était pas battue depuis longtemps mais n’avait rien perdu de ses anciens réflexes. Elle jeta un bref regard derrière elle et constata avec soulagement que Zak’O la suivait, accompagné de ses amis. Cacher autant de monde risquait d’être compliqué.

L’effet de surprise semblait avoir fonctionné et ils parvinrent à une zone moins dégagé, les gardes aux trousses, sous les yeux écarquillés des badauds. Kaleya avait été habituée à ces courses-poursuites à travers la ville et elle savait que les gardes ne tiendraient pas le rythme. Ils étaient trop lourdement armés, trop lents. De zigzag à travers de petites ruelles en bousculades, la jeune femme finit par ne plus entendre leurs poursuivants et se demanda si passer inaperçu au milieu de la foule était maintenant envisageable. Cet espoir fut vite déçu lorsqu’elle jeta un oeil à la petite troupe hétéroclite qu’elle avait entraîné dans son sillage. Elle ralentit néanmoins et se tourna vers le neko, un sourire fatigué aux lèvres et réalisa soudain qu’elle n’avait plus aucune notions de civilité. Elle ne savait pas si elle devait se présenter, si elle devait expliquer son geste, elle ne savait pas quoi dire. Alors sans grande subtilité, un sourire dans la voix, elle demanda :


" J’espère que tu connais un endroit où se planquer... "

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MessageSujet: Re: Le chat et la souris...   Dim 03 Nov 2013, 19:43

Sidéré, j’assistai à l'entrée en scène d'une véritable tornade. Avec la souplesse d'un félin, la femme tatouée venait de supprimer l'un des hommes en kaki. Puis elle hurla quelque chose que je ne compris pas, mais dont la signification était très claire : on s'taille... Comme j'avais aucune objection à faire sur le moment, j'ai foncé à sa suite. Derrière, c'est grave parti en cacahouète. Les gardes sont pris de court.
Tout s'enchaine très vite. De terrible claquement de tonnerre déchirent l'air et les tympans alors que la terre éclate à mes pieds. Trois gars s'écroulent aussi, percés de trous sanglants. La foule attroupée en un large cercle part en panique. La milice est débordée malgré les renforts nombreux qui arrivent. Ch'ais pas si vous avez essayé de calmer une foule en délire, mais en tout cas eux ils ont pas l'air de trouver ça évident. En tout cas c'est grave la pagaille... Et puis pour en rajouter un peu, des aboiement rauques retentissent soudain.
Un détails avait échappé aux types. L'un des milicien en a brusquement pris conscience quand il sent des crocs puissants s'enfoncer dans sa cuisse. Les chiens. Ben ouais c'est sûr, ils étaient parti faire un tour tout à l'heure. Piller quelques poubelles, répondre aux messages urinaires des potes, faire peur à quelques parents, sûr qu'ils ont du faire un bon tour. Mais ils sont revenu et bondissent défendre leurs maîtres.
C'est à ce moment que la situation a vraiment dégénérée. Bein et Saya se jettent dans la mêlée avec les chiens. Deux éclairs de lames et les hommes avec les armes cracheuse de feu, déjà immobilisé par les chiens, sont vite neutralisés. celui en blouse blanche lui, est invisible...


-Nachav abruti ! J'm'occupe de gerer l'bordel !

La voix de Bein me tire de mon ahurissement. Le visage de la mystérieuse assaillante est tourné vers moi. Ca ressemble à un ultimatum. Pas le temps de réfléchir, je bondis à sa suite. La foule en délire, c'est pire que tout comme obstacle. Obligé de sauter par dessus les gens. Niveau souplesse et détente j'assure. Fin franchement d'être un neko a des avantages, c'est sûr. Mais alors franchement j'hallucine de l'aisance avec laquelle progresse ma guide improvisée. Elle écarte comme négligemment deux miliciens. D'autres sont à nos trousses. On a presque atteint l'entrée de la première ruelle. Je me plie pour m'arracher ensuite du sol. Un chevron qui dépasse d'un toit. Mes bras le chopent. Je me propulse en l'air. Et me voilà hors du bazar. La voie est libre.

-Oy ! Miss... euh... HEY !

P'tain, l'autre est en toujours noyée dans la foule. Elle m'entends pas hurler.

-Zaaak', t'vas en prendre pour aux moins quinze piges de travaux forcés ! Fait pas l'imbécile et descend !
-Chu pressé, une autre fois p't'être !

C'est Pete Fargen, un capitaine de la milice. On's connait bien... et j'avais tout interêt à ne pas tomber entre ses pattes.
Je fonce alors de toit en toit. De temps en temps je jette un coup d'oeil en bas. Foutu larmes ! Impossible de discerner les détails. Je ne la vois plus. Ma sauveuse a disparu.
Je m'arrête brusquement. Une tuile glisse et manque me faire tomber.
Merde.
Elle est passée où ?


-Hey ! Qu'est ce que t'attends ?

Je me retourne en trébuchant et trois tuiles de plus tombent sur les pauvres passants, en bas dans la rue. Elle est là, et je devine un p'tit sourire en coin. Mouais. Sans rien dire je reprends alors la course. On est arrivés dans le quartier bien perav de Reilor. Ici, y a pas un seul bourgeois qui oserait se balader sans escorte, ou alors il a de bonnes raisons de s'aventurer là et un bon laisser passer. Les ruelles sont très étroites, tortueuses au possible. Elles s'enchevêtrent en un labyrinthe d'escaliers, de petit passage voutés, de venelles et d'impasses toutes boueuse. Les maisons semblent s'appuyer les unes sur les autres, comme si elle ne pouvaient pas rester debout autrement. Et c'est sûrement vrai d'ailleurs. C'est dans s'coin de paradis qu'habitent la plupart de mes potes. Et ici, la milice ne fait plus la loi.
On s'arrête pour souffler. Les gardes sont semés depuis déjà quelques carrefours. Ma compagne observe avec doutes le quartier en contrebas.

Puis elle tourne le regard vers moi. Elle hésite un instant puis :

"J'espère que tu connais un endroit où se planquer..."
"Oui oui. Bien sûr. Des tonnes même."
"Hum"

Ca tourne à fond les méninges, c'est clair. J'pense qu'elle sait un paquet de choses sur ce qui s'est passé là, tout à l'heure. Elle semble hésiter à parler d'avantage, mais choisi finalement de ne rien dire. Je devine son regard survolant les toits décrépis et les rues sordides.

"Viens."

Je l'entraine dans un passage étroit et sombre. Des déjections de toutes sortes jonchent le sol. Allez savoir qui a pondu ça. L'ignorance est parfois le choix le plus sage... Toujours est il que le Loco Piratas est tapis au fond de ce trou lugubre. La taverne d'Al'Mektoub sabre-en-deux, un ancien pirate reconverti en honnête tenancier de bar. Là-bas on sera des plus tranquille. Le temps de se poser pour réfléchir.
Devant, deux silhouettes sombres s'avancent soudain vers nous dans la semi pénombre. Des rires gras se font entendre :

"... l'ai choper dans un coin calme, et j'y ai dis... Tiens tiens tiens ! Zak !"

Et merde. Ignas Malchavelle. Un sale enfoiré de mac.

"T'me dois encore trois passe p'tit salopard."

Son collègue ricane bêtement à côté. C'est une espèce de grande bruteà l'air stupide. Je  tourne une oreille vers ma compagne. Je la sens tendue. Les dents serrées elle fixe Ignas d'un air qui ne me dit vraiment rien qui vaille.

"D'une j'te dois rien, c'est entre Laëla et moi. De deux, si cela ne t'embête pas, je règlerai la question une autre fois car je suis plutôt pressé vois tu."
"Hum, tu t'es encore fourré dans les emmerde non ? Et celle là c'est qui ? Pouuuuuuh ! T'es mignonne toi tu sais ? C'est ta nouvelle pute Zak ? Héhé si tu veux beauté j'ai deux trois contrats qui pourrai t’intéresser. Si ça te dis de bosser pour moi, demande Ignas. Tout le monde me connais par ici... héhé."

Il fait une révérence moqueuse, et force le passage entre la fille et moi. Son acolyte s'engouffre derrière lui en me décochant un coup de poing au passage. J'esquive à moitié mais le coup atteint mon ventre et me coupe le souffle quelques seconde. Quand j'arrive enfin à respirer normalement je lève la tête pour tomber nez à nez avec deux yeux noirs et terribles...

"Hum. La prochaine fois je le tue."
"Oula, t'emballe pas ma belle ! Ignas est le fils de Rigor Malchavelle, le plus puissant trafiquant du quartier. Il a ses contacts partout y compris parmi la milice... Alors pas d'actes irréfléchis s'il te plaît. Pis t'façon il en vaut même pas la peine... P'tain Laëla a du lui raconter ! Tsss... "

Je l'ai entendu tiquer au mot "ma belle". Elle a fait une drôle de grimace aux mots : "Actes Irréfléchis". Mais elle resta parfaitement impassible. Je finis par détourner les yeux, incapable de soutenir plus longtemps son regard. J'avais toujours eu peur des femmes en colère...

"Bon allons-y."

Le chemin tortueux et lugubre se poursuis sur quelques dizaines de mètres. Parfois des venelles encore plus obscurs s'enfoncent d'un côté ou de l'autre, parfois en montant, parfois descendant. D'autre passages forment au dessus de nos têtes des pont décrépis. Ce quartier est une véritable termitière où l'on bâtit les choses les unes sur les autres. S'ensuivent parfois de terribles éboulements, et des pâtés entiers de maisons s'effondrent parfois, ensevelissant leurs malheureux occupants sous des ruines sur lesquelles on rebâtira bientôt d'autres structures tout aussi instable...
Un vrai paradis.
On arrive en face d'une porte haute et d'aspect massive, étrangement préservée au milieu de tout le décor.


"C'est là ?"
"Non. Ca, c'est le QG de Malchavelle..."

La ruelle s’élargit un peu pour former une sorte de placette. Une des façades, un poil plus loin, semble complètement en ruine. L'entrée est bouchée par une tonne de gravas. Quelques marches s'enfoncent dans la terre vers une porte rongée par le temps, moitié dégondée. Personne. C'est un cul de sac.
Je me dirige résolument vers cette cave et frappe trois fois, puis deux.
La fille me regarde toujours avec la même animosité.
Je tousse.
Rien.

"T'inquiète..."
Et soudain un volet s'ouvre dans la porte. Un oeil rouge nous dévisage. Puis une voix rauque :

"Qui c'est, Figure de poulpe !"
"Sale morue, c'est l'joueur de pipeau."

Le rire guttural qui suit ne semble pas vraiment ravir ma compagne.
La porte s'ouvre néanmoins sur un couloir vouté qui s'enfonce sous la terre, en légère déclinaison. Quelques torches éclairent les lieux et on distingue une ouverture sur la droite d'où fusent quelques insultes. La silhouette massive qui nous a laisser passer s'avance.

"Salut Celianne ! Comment ça roule depuis le temps ? Toujours pas mariée ?"
"Zak, parait que t'as des ennuis. De sales ennuis." fait elle de sa voix grave.
"Arf... Les nouvelles vont vite."
"Évidement. Entre. C'est qui elle ?"
"Ben elle m'a plus ou moins tiré du merdier, t'aleur."
"Plus ou moins ?" s'esclaffent en coeur les deux femmes en haussant un sourcil sarcastique.
"C'est bon elle peut passer. Je voulais être sûr. Bienvenue en enfer matelots !"

J'entraine sans plus tarder la fille a ma suite. on passe sans ralentir devant l'ouverture a droite et on s'enfonce dans les entrailles de la terre.

"C'est qui elle ?" me demande alors ma compagne. Je l'observe avec suspicion. Puis je conclue qu'elle à l'air moins en colère que tout à l'heure. Un sourire s'épanouit sur mon visage.
"C'est Célianne de Circassi. Fille de noble. Elle a servi comme second sur le BlackMoon, le navire que commandais Al'Mektoub, à l'époque. Te fie pas à sa sale gueule et a sa voix de monstre marin : c'est l'une des personne les plus agréable que je connaisse. Toujours prête à filer un coup de main. Si elle estime que tu le mérite. Tiens, c'est par là."

Un brouhaha diffus se fais entendre. Plusieurs couloirs partent en étoile à partir de là. Et juste à notre gauche, une sorte d'arche basse et recouverte de mousse spongieuse et de moisissures. On ne distingue absolument rien de l'autre côté. C'est là. Je me baisse et soulève un pan de toile épaisse et noire.


"HAaaaaaHaAHAAAAA ! Et Glou et glou et glou ! Il est d..."
"... t'laminer la tronche sale..."
"C'est trois mutins, qu'on trois fois rien, su' la..."
CHBLAAAAM !
"Mais enlève ton pied de sa gueule, il a compris là !"

La Lumière surgit d'un coup, accompagnée d'éclats de voix et de bruit de chaise qu'on traine, ou de coup de poing sur les tables. Des rires, des cris, et des éclaboussures. Des tentures pendues au plafonds, sur les mur, multicolores, séparant la pièce en de multiple petites niches chaleureuses mais sales... Odeur de fumées, odeur de crasse. D'alcool qui imbibe le sol...
J'invite la fille à entrer, un sourire immense découvrant toutes mes dents. Ici on allait pouvoir profiter du calme.


"Bienvenue à la maison ! Hahaha. Installe toi j'vais commander à boire. Tu prends quoi ?"

"J'ai pas soif. Et..."

Je suis déjà parti vers le comptoir. Mission non aisée, car le parcours est truffé d'obstacle. Je dois déranger quelques joueurs de 421, me faufiler entre deux armoires à glaces qui s'embrouille, esquiver une chope volante, enjamber un corps ronflant, et j'en passe. Je parviens à m'en tirer sans trop de dégât, si ce n'est quelques nouvelles tâches sur mon pantalon rafistolé.


"Dizi !"
"Owh, Zak, ca va mon p'tit chaton ? Bein m'a dit de te prévenir : Pinak est mort. Saya et Farfou sont dans les geôles. Lui il prépare quelque chose j'en suis sûr. Je sais pas ce quoi, mais il avait sa tête des mauvais jour... Il a bien insisté : tu dois quitter la ville au plus tôt. Et ne rien tenter pour Saya et Farfou. Qu'est ce que j'te sers sinon ?"
"Non ! Pinak. Les fils de putes... Bein ça allait ?"
"Mouais. Il était blessé à la hanche. Un truc chelou, comme une brûlure. Tu prend quoi ? J'ai des clients..."
"Ben un rhum, pour moi et... euh... merde, je sais plus ce qu'elle m'a dit. Boh, vas y, deux rhum. T'inquiète, je trace demain. Mais ce soir, j'ai soif. Les enfoirés... Pinak."
"Hum, c'est qui s'te poufiasse, là ? Mmh. Ta nouvelle pétasse ?"
"Maiiiiiis nan ! Rhaaa mais vous me saoulez tous là ! Elle m'a aider à m'échapper. Du coup j'lai invité à boire un coup, c'est quand même la moindre des choses nan ?"
"Mouais mouais. Bref. Aller tiens, prend ça, cadeau de la maison. C'est du "Coffre Englouti", une de nos meilleures bouteille. Prends soin de toi Zak. Et euh... au fait. Al'Mek' voudrai te voir. Il est en bas."
"Yep bah t'inquiète je descends plus tard ! Gros bisous princesse !"

Ah. La belle Dizi. Avec sa peau noire, ses yeux sombres, ses formes rondes et ce sourire si éblouissant. Soupir. Je n'aurai pas le temps de lui dire au revoir comme il se doit. Chier...

Après une autre étape de franchissement réussie, je finis par revenir là où j'ai laisser la fille dont je ne connais toujours pas le nom.
Disparue.
Je regarde tout autour, aucun signes d'elle. Voilà qui est fâcheux. Bon. Faut pas se laisser aller. Je débouche d'un coup de crocs la cire de la bouteille et en avale une grande rasade. Du rhum ambré. Ouah, vraiment délicieux ! Quels arômes ! J'en reprends un peu pour être sûr. Enfin je fais un tour en soulevant les tentures par ci par là, pour voir de l'autre côté. Personne. Elle ne serait pas reparti quand même ? Bah ça !


"Oh petit." C'est un espèce de gnome pas plus haut que les tables qui vient de parler. Kirik Psikatrik. Lutin spécialiste des poisons, potions, lotions... Lui aussi bossait sur le BlackMoon. Avec sa tignasse ébouriffée au dessus de son large bandeau noir, sa barbiche entremêlée de mêche à feu et son oeil aveugle entièrement noir, il a de quoi impressionner, malgré sa taille ridicule.
"Tu cherche quelque chose Neko ?"
"Nan je joue a cache-cache là !"
"Héhé. Ta douce est partie par là."

Il indique l'escalier qui descend. Je lui jette un regard perçant. Il se contente de dévoiler ses dents jaunes et pointues.

"Al'Mek t'attend."

Bon. Je reprends une gorgée de rhum. Savourant le goût puissant. Puis une autre. La chaleur descend le long de mon œsophage, réconfortante. Je commence à me sentir tout à fait bien.

"Au fait. T'as maigris Kirik."

L'autre renifle, méprisant.
Je descends.
En bas, on change d'ambiance. Quelqu'un s'avance vers moi, un turban noir lui masque le visage. Il semble me reconnaitre car il me fait signe de passer. Je le dépasse et il me regarde entrer dans la "Salle des Affaires".

Feu de camp central. Pièce ronde. Sur les murs, sont accrochés plein d'instruments de musique venant des quatre coins du monde, tous aussi étranges et beaux les uns que les autres. J'en avais déjà essayé beaucoup. Ambiance intime et zen. Des nattes tressées disposés en cercle autour du foyer, sur lesquels sont assis Al'Mektoub Sabre-en-Deux, prince de l'information, et la fille qui me regarde en souriant. Les deux échangent un regard complice et pouffent en silence.
J'ai un peu de mal à piger, et ça m'énerve.
Al'Mek a de quoi surprendre. Sa réputation d'ancien pirate laisse souvent imaginer à ceux qui ne l'ont jamais rencontré un géant barbu et barbare, bardé d'armes et de cicatrices. En fait, c'est tout l'inverse. Quelqu'un d'élégant, aux traits si fin qu'on ne pourrai définir son sexe avec exactitude. Sa peau cuivrée semble aussi lisse qu'une peau de bébé, et seules ses oreilles semble un peu abîmées, comme si elles avaient été taillées sur le dessus. En vérité j'ignore tout simplement si c'est un mec, ou une nana. Et aucune importance d'ailleurs. Son allure délicate et ses gestes très gracieux et précis contrastent avec sa tenue. Habillé sobrement, de noir, pantalon ample et chemise large, il porte des bottes de cuir fin joliment travaillé. Deux bagues d'argent, en forme de serpent, ornent chacune de ses mains. A sa ceinture munie de nombreuses sacoches, pendent un certain nombre de scalps. Ils appartenaient à certains de ses anciens opposants. Aucune armes visibles.
Malgré l’ambiguïté du personnage, on a vite fait de se sentir en confiance. Il parle d'une voix douce, presque fragile et a le sourire facile et chaleureux.

"Bienvenu Zak. Nous t'attendions."
"Salut Al', je comptait descendre plus tard mais bon... Vous vous connaissez ?"
"Depuis cinq minutes, oui. Assied toi et écoute. Kaleya, ici présente vient de me raconter en détail votre aventure. Elle et moi détenons certaines infos en commun, et sa version confirme mes doutes."

Toujours debout, je bois une grande rasade de rhum. Puis je m'assois en soupirant.

"J'suppose que personne en veut ?"
je fais en tendant la bouteille à la ronde.
"Nan ? Tant mieux."

Al'Mek reprend alors, et son sourire s'efface pour devenir soudain très sérieux.
"Ca fait des années que je surveille et que je réunis des informations sur Lan Rei Ouest. Des années d'espionnage, d'intrigue, de pistage et de filature. Au fils des ans j'ai réussis à collecté un certains nombres de réponses à mes questions. Une fois toutes ces infos recoupées, j'en ai conclu plusieurs choses.
D'abord, la choses la plus importante est aussi la plus évidente. Les scientistes n'aiment PAS qu'on fourre le nez dans leurs affaires. J'ai perdu un nombre assez impressionnant d'éléments de valeurs pour percer à jour certaines énigmes. Mais tout cela m'a permis d'obtenir ce que je voulais : j'ai infiltrer leur organisation. Oh, bien sûr je ne suis pas encore aux commandes de postes clés, et il me reste énormément de travail avant de pouvoir influer de manière efficace sur leur chaîne de commandement.
Néanmoins j'ai d'ores et déjà un flux d'informations constant en provenance de cet partie du monde si... comment dire... discrète.
Ensuite, tu n'es pas sans savoir que j'ai toujours des liens avec mes ex collègues de travail. Notamment avec le capitaine N'bouassa qui revient tout juste d'une expéditions sur les rives de Lan Rei Ouest. Il est parvenu à mettre la main sur quelques un de leurs équipements si surprenant et chose encore plus remarquable, s'en est tiré vivant bien qu'un seul de ses navires, amputé d'une forte portion de son équipage, ait survécu à l'aventure. J'ai reçu son message ce matin, des négociation sont en cours concernant son butin.
Pour finir. Si je te parle de tout ça mon cher Zak, ce n'est pas par hasard, ni par simple sympathie bien que j'ai de l'affection pour toi.
Alors voilà : Je vais laisser le soin à Kaleya de te mettre au courant de certaine choses. Je t'instruirai ensuite d'autres détails... Il est temps que tu apprenne la vérité sur ta soeur..."


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