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"Homme libre, toujours tu chériras la mer !"
"La mer enseigne aux marins des rêves que les ports assassinent."
"La sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit."
"Il est des moments où les rêves les plus fous semblent réalisables à condition d'oser les tenter."
"Le voyage est une suite de disparitions irréparables."
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 C'était par où le port déjà ?... [Octavia]

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MessageSujet: C'était par où le port déjà ?... [Octavia]   Dim 29 Juil 2012, 17:47

Après avoir conclu... comment pouvait-on appeler cela ? Un contrat oral ? Un pacte nanesque à vampire ? Ou inversement... Aucune idée mais Zeviehl avait promis de suivre le nain et de lui obéir. En échange, il garderait le secret de sa présence et trouverait un moyen de lui procurer de la "nourriture". On se demandait bien comment une petite personne telle qu'un nain se débrouillerait pour faire cela. Mais Zeviehl ne s'inquiéta pas tant, car il connaissait son ami. Enfin...
Il le suivit sans la forêt, en compagnie de Mr Grifou. Il avait l'impression de faire le chemin inverse sur celui qu'il avait emprunté pour s'éloigner de la ville... Par instinct il demandait au nain où il l'emmenait... Pas de réponse.
Quelque chose lui disait au fond de lui que ça n'allait pas lui plaire.
" On va en ville pardi ! " lança le personnage fortement. Presque lui reprochait-il de le faire marcher les nuits, dans la forêt, au milieu des animaux et des arbres...
Il n'y pouvait rien, il était devenu une créature de la nuit et un monstre aux yeux des humains... L'idée d'aller dans les zones urbaines le mit très mal à l'aise d'ailleurs. Il ne se sentait pas prêt. Il avait réellement peur de faire une tuerie générale. Le nain le rassura. Reilor disait-il est bien trop grande pour un petit vampire tel que lui... Reilor... Reilor ?!
C'était encore pire que ses pensées. Ils se dirigeaient droit vers la ville la plus peuplé de l'île. Mais quelle idée aussi de suivre ce nain ! Tant pis. Il ne fallait pas commencer son aventure par des regrets. Il devait rester calme... et concentré.

Le nain l'amena chez lui. Une petite demeure simple, discrète, à l'écart des autres maisons dans un quartier calme. Tout ce dont il fallait pour cacher une personne. Silgrum ne resta pas longtemps avec lui, disant qu'il allait se détendre. "Nous passerons aux choses sérieuses demain"...
- D'accord, tu te rends dans quelle taverne ? , Demanda le vampire connaissant l'ami par cœur.

Claquement de porte. Zeviehl soupira. C'était tout lui, indiqué le strict minimum sans les détails... Bon. Au moins, notre "gentil" vampire était en sécurité ici. Mr Grifou semblait d'y plaire dans cette maison, car déjà il chercha un petit coin pour s'y installé, faire sa toilette et dormir. La boule de poils se reposait du voyage pendant que son maître restait debout, sans bouger. Il écoutait le bruit de la ville. Malgré le fait qu'il fasse déjà nuit, que la soirée venait de débuter, le peuple était de sortie dans les rues de Reilor (on dirait une chanson tient). Zeviehl entendait les quelques passants, qui marchaient le long des maisons, discutant sous les fenêtres. Oreilles de chaque demeures tout comme les murs.
Mr Grifou s'était endormi, le nain était parti. Zeviehl pouvait vaquer à des occupations plus distrayantes que de regarder des fourmis courir le long des galeries d'une grotte perdue au milieu de la forêt qui entourait les fermes éloignés des zones fréquentées.
Il était à Reilor.
Le vampire sourit. Il avait puisé de quelque part on ne sait où du courage pour franchir la porte de la demeure du nain. Ce dernier lui avait prêté un doublon de sa clé. Il prit donc soin de verrouiller la porte. Il emprunta une rue au hasard. Il n'y avait presque personne et le peu qu'il croisait ne faisait pas attention à lui. Physiquement, il était n'importe qui. A l'intérieur, il n'était plus rien, mais ça, aucun humain normalement constitué ne pouvait le deviner. Zeviehl passa incognito dans les rues de la ville. Il était d'ailleurs très surpris qu'il est le contrôle de lui-même... Il espérait que cela dur. L'ours de la veille aurait suffit à étancher sa soif tant il fut gros. Mais il savait très bien que s'il apercevait une goutte de sang ou une odeur similaire, il risquait de ressentir l'appel de son instinct vampirique. Et de faire un carnage.
Allons arrêtons de penser à tout ceci ! Nous sommes dans une ville gigantesque, il y a plein de chose à voir, à admirer et... Quelle... Quelle était cette odeur ?
Zeviehl renifla un peu. Du poisson ? Le jeune homme ne se trouvait pourtant pas au port, c'était étonnant de sentir l'odeur d'ici. Cela devait être désagréable de vivre avec l'odeur en permanence, mais cela devait être une question d'habitude. En tout cas les gens de Reilor ne semblaient pas affectés plus que ça, puisqu'ils marchaient, riaient aux éclats. Peut-être que ce soir était un moment de repos et que les citadins partaient en quête d’une taverne ou d'un bal, organisé par le peuple. Donc avec le peu de moyen en général. Mais c'était toujours très divertissant.
Le vampire hésita longuement à les suivre. Finalement il continua son chemin tout droit. La rue déboucha sur une place. Elle était un peu plus fréquentée mais sans parler de foule abondante. Pourtant, Zeviehl se sentit moins à l'aise. Il essaya de garder son calme.
La statue au centre représentait une femme qui verser de l'eau avec une cruche dans la fontaine. L'eau semblait bonne à boire. Les gens s'asseyaient près du mur, s'y désaltéraient un peu, discutaient. Autour des musiciens jouaient une musique plaisante, et des artistes jonglaient, ou proposaient d'autre divertissement comme le jeu de carte.
Zeviehl s'adossa contre un mur pour observait cette vie plus palpitante que celle d’une grotte.

Il avait redoutait ce jour, ce retour en ville. Mais finalement, ce n’était pas si terrible. Tout se passait bien, pour le moment... Et cela devait continuer jusqu'au signal du nain, et qu'il puisse enfin passer aux choses sérieuses...
En parlant du nain. Il faudra qu'il pense à le retrouver. Mais sans indication, il aurait beaucoup de mal dans cette grande ville. Il se souvenait d'une certaine personne qui l'avait invité à passer le voir dans sa taverne. Qui sait... une pierre deux coups avec de la chance ?


Dernière édition par Zeviehl Voronwë le Mer 01 Aoû 2012, 18:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: C'était par où le port déjà ?... [Octavia]   Dim 29 Juil 2012, 20:27

Libre... Un concept qu'Octavia commençait tout juste à percevoir, à effleurer du bout des doigts. Peut-être était-ce l'essence démoniaque qui prenait lentement le dessus et lui avait soufflé ces idées abjectes de monter Nazj contre Cheh-dahn pour que les deux s'entretuent... Ou bien de se trouver un protecteur. Quelqu'un capable de tenir tête à Cheh-dahn. Car Octavia en était pleinement consciente, elle avait beau avoir retrouvé son tranchant, elle n'était pas - encore ? - de taille contre le démon intangible.

Quoiqu'il en soit, c'était libre de son service auprès de Nazj, et libre de tout contrat pour le moment qu'elle déambulait dans les rues de Reilor. Elle qui n'appréciait pas tellement cette ville, elle y revenait pourtant souvent. Allez savoir pourquoi. Elle n'en aimait pas vraiment les odeurs, car ce n'était pas pratique pour pister une proie. Le bruit la gênait. Et Reilor avait été le théâtre d'évènements qu'elle n'avait pas tellement apprécié. Cela dit, sa défaite contre Balsa lui avait ouvert les yeux. On pouvait donc dire qu'il y avait quelque avantage à cet épisode.

Octavia appréciait Reilor pour son agitation et sa diversité. Un peu contradictoire, me direz-vous, mais la jeune femme n'avait jamais fait preuve de grande logique. Aussi, à Reilor, il y avait Araslane.

Octavia avait été surprise de le voir monter en grade, mais même s'il était devenu le maitre des voleurs de Reilor, son ami lui avait renouvelé sa promesse d'être là pour elle quand tout serait terminé.

Un vague sourire étira ses lèvres trop larges. Elle pouvait compter sur Araslane. Elle avait un futur, en somme. Tout ne s'arrêterait pas quand elle en aurait terminé avec Cheh-dahn ou le loup-garou qui l'avait infectée. Même si ce futur lui faisait plus peur qu'elle ne voulait bien l'admettre. Elle n'aimait pas les changements brusques.

Et pourtant... Comme dit plus haut, la voilà qui sourit en songeant à un ami cher. Ce n'est pas vraiment ce qui lui ressemble. Ni même le fait de penser à "l'après". Octavia avait toujours vécu dans le présent. Songer à l'avenir ne lui effleurait pas l'esprit, car l'avenir, ce qu'elle pourrait devenir, la tourmentait profondément. Mais voilà, Octavia avait changé. Que ce soit à cause des essences diverses qui courraient dans ses veines et qui finissaient par modifier son organisme, ou de l'épisode dans une noirceur d'encre avec Nazj, ou bien de la soudaine prise de conscience de son aveuglement, ou encore du réveil de sa rage... Elle était plus sereine. Un sentiment qu'elle n'avait pas l'habitude de ressentir.

C'est pourquoi, l'esprit calme après avoir bu un verre avec Araslane, elle flânait dans les ruelles, se laissant guider par les bruits, sans but précis sauf de marcher sans y penser vraiment, simplement observer les lumières pâles ou chaleureuses des maisons ou des lanternes, s'imprégner de l'ambiance d'une ville sous la lune. Une ville qui ne s'arrêtait jamais vraiment. Bruits de taverne, d'éclats de voix. La seule chose qui manquait à la jeune femme, c'était le son des grillons ou du vent soufflant dans les branches des arbres ou sur une mer d'herbe.

C'est ainsi qu'elle finit par arriver sur une place, avec une fontaine au centre, représentant une femme avec une jarre, versant de l'eau. Pour avoir été forcée à l'étudier avec sa mère, Severina, qui souhaitait absolument lui donner une certaine éducation, Octavia reconnut le mythe de Danaï, condamnée à verser éternellement de l'eau dans un puits sans fond pour avoir assassiné son époux.

Les gens s'étaient rassemblés là. Il devait y avoir un évènement quelconque. Étonnant qu'Araslane ne lui en ait pas parlé. Peut-être était-ce une festivité trop mineure pour être mentionné. Mais la fête, aussi prosaïque était-elle, la ramena des années en arrière, lors de la foire de Reilor - gigantesque - où elle avait rencontré Araslane, et ses lèvres s'ourlèrent légèrement à ce souvenir.

Il y avait quelques jongleurs, des musiciens peu talentueux, mais qui jouaient une musique typiquement populaire. Il y avait même quelques joueurs de carte qui faisaient quelques tours. Ce n'était certainement pas la titanesque foire, mais du moins les gens s'amusaient. Pourquoi ne pourrait-elle pas acheter un verre de vin à ce marchand, là-bas, et rester ici quelque temps ? Ce n'était pas comme si elle avait quelque chose à faire.

Une fois sa pièce de cuivre dépensée, un gobelet à la main, elle trempa ses lèvres dans le breuvage et grimaça. Elle aurait du s'en douter. De la piquette. La boisson semblait convenir au reste des gens, mais Octavia avait le palais fin en matière de vins. Elle cracha pour se débarrasser du goût, sous le regard outré du marchand, qu'elle ignora avec superbe. Puis, en le fixant avec dédain, elle renversa le verre lentement, ne jetant même pas un coup d’œil au liquide rouge qui s'évasait sur le sol. Le marchand finit par baisser les yeux. Personne ne soutenait vraiment longtemps les profondeurs sombres des prunelles de l'Assassin Rouge.

Cependant, elle repéra bien vite un homme, adossé à un mur, qui ne semblait pas participer aux festivités. Aussitôt, les petits cheveux de sa nuque se hérissèrent. Elle le sentait, il était louche. Elle jeta encore une fois un coup d’œil autour d'elle. Tous riaient. Tous dansaient. Tous buvaient. Tous jouaient. Sauf cet homme. Il se contentait d'observer. Au fond, peut-être n'était-il pas si différent qu'elle, mais il y avait cet espèce d'instinct, qui, à son oreille, lui murmurait qu'il y avait plus.

Et Vi avait toujours eu une totale confiance son instinct.

La jeune femme se recula, vers une ruelle sombre, jusqu'à être enveloppée d'ombre. Là, elle puisa dans ses dons pour observer l'homme avec l’œil rouge de Cheh-dahn. Il n'était pas un Souillé. C'était déjà ça de pris. Mais il y avait autre chose.

Bah, après tout, elle n'avait rien d'autre à faire et cet homme l'intriguait. Et qui sait ? Peut-être trouverait-elle en l'homme quelqu'un de dangereux et à éliminer ? Vi avait envie de faire chanter ses cimeterres de l'aria du combat et du sang.

Au moment où elle allait s'approcher de l'homme et lui parler, deux gros bras, sans doute les fils du marchand, l'attrapèrent par le bras et stoppèrent net sa progression.


- Hé ! Tu te crois où, à gâcher du bon vin et à humilier notre père ?!

Un des musiciens fit une fausse note, et le temps sembla s'arrêter. L'homme avait parlé d'une voix forte, sans doute pour impressionner une femme qu'il croyait bravache, et pour attirer l'attention sur la scène. Un instant surprise, Vi se retourna cependant.

- Lâche-moi, gronda-t-elle.Et je ne le dirai pas deux fois. A moins que tu ne souhaites avoir le bras cassé ? Ou mieux, tranché ? ajouta-t-elle, doucereuse, en écartant les pans de sa cape pour dévoiler ses deux cimeterres.

L'homme eut un instant d'hésitation. Mais il avait un public. C'était un homme, un vrai, et cette femme hommasse n'allait pas lui en démontrer. Même si elle avait des cimeterres. Mais avant qu'il ait pu dire quoi que ce soit, son frère se trémoussant, mal à l'aise, il croisa les iris d'encre de la jeune femme, et le sourire sarcastique qui s'évasait lentement sur cette bouche trop charnue.


- Crois-moi... Ne me tente pas.

L'homme la lâcha, son frère toujours à ses côtés, le malaise lui nouant l'estomac. Tudieu, quelque chose n'allait pas avec cette fille !


- Bon garçon..., murmura Vi.

Ce fut cependant le mot de trop. Le frère du premier homme, bien que mal à l'aise, fut ulcéré d'être traité ainsi. Avec un cri de rage, il se jeta vers la jeune femme avec la ferme intention d'écraser son poing sur cette mâchoire masculine.

En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, Vi s'était déportée sur le côté et d'un coup de pied envoyé au sol l'homme, tout en sortant un cimeterre de son fourreau pour poser froidement la lame contre la gorge de l'homme. Plus de musique. Plus de rires. Plus de chants. Plus de mouvement. Rien qu'un silence de mort et une immobilité parfaite.


- N'est-ce-pas cher payé pour une fierté blessée ? murmura Octavia d'un ton doux et compatissant.

Mais son sourire condescendant et la lueur dans ses yeux démentaient l'apitoiement feint.
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MessageSujet: Re: C'était par où le port déjà ?... [Octavia]   Mar 31 Juil 2012, 17:37


Le peuple semblait d’y plaire dans cette petite fête car il en venait de chaque recoin de rue. Bien qu’ils restent peu nombreux, cela suffisait à mettre de l’ambiance. Zeviehl attendit tranquillement sur son mur, observant les jongleurs. Une femme arriva à la droite. Zeviehl en déduit que la personne était une femme. Malgré une allure général un peu carré et grande, sa silhouette féminine ressortait au niveau de la taille. Et il avait repéré évidemment une poitrine généreuse. Le jeune homme ne voyait pas son visage, ce qui le chagrina un peu. Elle portait une capuche, extrémité d’un manteau façon cape totalement rouge. Il perçut grâce à ses yeux nocturnes des vêtements simples en dessous, une sorte de chemise noire et un pantalon brun classique, quoi que fort utile pour le déplacement. Il repéra sans peine deux cimeterres. Difficile de les confondre avec des épées, ces armes ne formant pas un bout droit. Puis Zeviehl avait un minimum de culture dans le domaine des armes et combats, ayant reçu un petit enseignement. Il voyait cette femme comme une aventurière, il l’imaginait très bien prendre la route sur des kilomètres. Mais ce vêtement rouge l’intriguait. Elle se détachait du reste de la foule. La curiosité amena le vampire à l’observer attentivement.

Elle se dirigeait vers le marchand de vin. Zeviehl ne l’avait même pas vue, et il se surprit lui-même. Le vin étant un de ses instants favoris, la saveur de ce liquide divin. En plus des femmes, où il passait des moments coquins inoubliables, s’il combinés les deux c’était le monde parfait.
Elle donna une piécette au marchand qui lui offrit un gobelet de vin. Elle ne bougea plus pendant un court instant alors qu’elle avait goûté à la boisson… Puis, avec étonnement, Zeviehl la vit recracher le liquide. Le marchand se sentit insulté au vue de son visage, mais son interlocutrice se retourna, ne faisant déjà plus attention à lui. Elle s’était arrêtée sur … lui ! Il aperçut ses yeux dans la pénombre de sa capuche. Elle ne le lâcha pas des yeux, le fixant avec acharnement. Qu’est-ce qu’il avait ? Elle finissait par lui faire avoir un léger frisson, si un vampire pouvait en avoir un. Il faisait de son mieux pour ne pas paraître gêné par ce regard très sombre. Elle finit par s’éloigner et disparaître dans une rue. Cela n’empêcha pas Zeviehl de la voir un peu… Elle continuait à l’observer semble t-il, mais il ne savait pas si c’était encore sur lui que portait son attention… C’était troublant.

Zeviehl essaya d’adopter une attitude naturelle. Si un vampire au corps froid pouvait paraître naturel d’apparence extérieur, le doute pouvait être permis si on venait à le toucher. Dans ce cas, il essayait de sortir une plate excuse avec beaucoup de charme. Ainsi réussit-il à convaincre la plupart de ses interlocuteurs. Pour le moment il n’avait pas eu besoin de le faire. Car les gens à venir dans la forêt n’étaient pas légions.
C’était la première fois qu’il venait en ville depuis sa morsure. Et déjà, il avait l’impression de rencontrer un problème. Cette femme…
D’ailleurs, celle-ci sortit de l’ombre, d’un air décidé. Elle marchait vers lui. Plus elle se rapprochait, mieux le vampire voyait son visage. Elle ne semblait pas avoir de traits très féminin sur celui-ci. Elle avait une mâchoire et un front large. Son nez fort, et une grande bouche. Des yeux aussi aiguisés que l’acier, ce qui lui donna un léger charme d’un côté. Zeviehl était curieux de savoir ce qu’elle voulait. Car depuis qu’elle était arrivée, elle n’avait d’yeux que pour lui, un homme à l’écart de la foule. Un inconnu qui restait près du mur. Une créature qui se cachait sous son apparence humaine… Sa véritable apparence, celle qu’il avait quand il est décédé. Qu’il gardera pour l’éternité. Est-ce que cette femme savait ? Est-ce qu’elle avait compris, et perçut la créature qui était en lui ?

Il n’allait pas tarder à le savoir… Quoi que non. Ce n’était pas pour tout de suite car des hommes se saisir d’elle. Vue leurs jeunes âges, il devait s’agir ses enfants du marchand de vin de tout à l’heure. La fausse note, l’ambiance silencieuse, soudain tout s’arrêta. Le calme était installé et une odeur angoissante s’installait. Zeviehl resta posé et attentif aux évènements qui se déroulaient juste sous ses yeux. Quelle chance d’être au premier rang, pourquoi ne pas en profiter ?
L’inconnue se défendit. Sa voix forte comme une enclume était tout à fait convaincante. Intéressant, vraiment… Elle n’avait rien d’une personne frêle, gracile, et avec des bonnes manières. Au vue de ce qu’elle avait répondu aux pauvres gosses. Elle les mit en garde une seconde fois… Les hommes n’insistèrent pas. Zeviehl le sentait bien… C’était d’un tout autre genre, un personnage avec du caractère, du tranchant, de l’audace et… une certaine passion pour les armes et le sang.
Elle semblait avoir du cran car ses derniers mots surent piquer au vif le jeune garçon. Et le vampire était sûr qu’elle l’avait calculé. Il fonça sur elle d’une façon très inexpérimentée car la jeune l’avait vue venir et l’esquiva. Elle le mit par terre aisément et mit sa lame à quelque millimètre de cette gorge nue. Un peu plus, et il saignait. Encore plus, et il était empalé. L’inconnue avait sa vie dans sa main et sur le fil de son cimeterre.
"- N'est-ce-pas cher payé pour une fierté blessée ?"

Son ton sonnait faux avec ce sourire. Zeviehl croisa les bras. S’apercevant que personne ne semblait assez courageux pour intervenir, ne serait-ce que pour la calmer… Même pas pour sauver le gamin ? Les Reiloriens étaient tous des lâches…
Le vampire soupira et marcha doucement vers la scène. Un autre acteur allait entrer et peut-être changer le destin d’une si jeune vie. Dommage de la gâcher pour une bêtise pareille…
- Je pense qu’il a compris la leçon, sourit Zeviehl mettant une main ferme et fiable sur l’épaule de l’inconnue. N’est-ce pas, messieurs ? La dame a été bien claire ?
- Ou-oui oui, bégayèrent en chœur les deux fils.

Le second aida son aîné à se relevé. Ils regardèrent avec beaucoup de crainte la femme et partir rejoindre leur père. Zeviehl regarda autour de lui. Les gens reprirent doucement leur discussion là où elle s’était arrêtée. Certains insistants les observaient toujours avec un œil curieux ou effrayé.
- Toute cette pagaille pour du vin ! , lança le marchand en colère. Vous avez intérêt à partir d’ici avant que j'appelle la garde !

Son ton était menaçant, son visage tiré par la haine. Ses yeux ne lâchèrent pas l’inconnue. Zeviehl posa ses yeux sur l’homme, imposant par son physique, mais pas par sa musculature. Il était juste un bien portant…
Le vampire alla goûter le vin du marchand. Il demanda calmement un gobelet de vin. Le marchand fronça un sourcil d’un air dédaigneux.
- Comme vous dites, toute cette pagaille pour du vin monsieur. Mais j’ai assisté à ce spectacle, et vos fils étaient les premiers à frapper, suite à… un affront qu’elle vous aurait fait ?
- Elle a recraché mon vin sur mon établi, cette grognasse !
- Allons, allons. Permettez moi d’y goûter alors ! Si votre vin et si bon pour que vous permettez à vos fils de s’en prendre au client difficile, il doit être appréciable, j'en suis sûr, insista Zeviehl en gardant une attitude respectueuse et posé.

Le marchand décida enfin de lui versé du vin. Il tendit le gobelet. Zeviehl fit tourner le liquide dans le verre, puis le fit passer dans sa gorge. Il grimaça à son tour. Le goût était amer et désagréable en bouche. Il avait un arrière goût de… bouchon.
- Il est bouchonné votre vin, confirma le jeune homme.
- C’est impossible, c’est un vin de qualité !
- Là n’est pas la question. On peut avoir un bon vin et raté son ouverture. Goûtez par vous-même, cette dame avait toutes ses raisons pour recracher ce liquide sur votre étable.

Le marchand goûta. Il grimaça également… Il ne semblait pas comprendre comment cela faisait qu’il était si… mauvais !
- Il y a des vins bons, et d’autres mauvais, répondit Zeviehl dans un soupire, tel un fin connaisseur. Vous n’allez pas faire des affaires en achetant de la piquette. Apprenez avant tout à les ouvrir correctement, et puis ensuite marchandait de la qualité…

Le marchand ne releva pas. C’était un peu rustre de dire cela, mais Zeviehl avait goûté bien meilleur, certains légèrement bouchonné et malgré tout bon.
- La prochaine fois ne vendait pas au hasard. Certains clients ont le palé fin…, finit-il par dire le vampire et s’éloigna de l’établi.

Zeviehl se retourna vers l’inconnue. Il se rapprocha pour lui faire face. Ses premières impressions sur elle étaient les bonnes. Une fine porte à franchir et elle aurait pu être un homme. Mais ses courbes féminines étaient présentes. Par respect, notre vampire ne s’y attarda pas sous peine de se faire décalquer… Car il sentait bien avoir du chemin à faire pour ce défi. Mais un homme tel que lui était curieux et téméraire, capable d’innovation pour réussir ce qu’il entreprenait.
- Bonsoir, ma Dame. J’espère ne pas vous avoir dérangé en intervenant. Je pensais qu’il n’était pas nécessaire de verser le sang sur une histoire si futile. Vous auriez salis votre arme pour pas grand-chose, termina-t-il, ses lèvres souriantes.

Une subtilité forte utile pour cacher ses longues canines. Il peinait parfois, car il voulait sourire à dent déployé la plupart du temps. Mais il finissait par prendre l’habitude.
- Je vous ai vue en action. Vous êtes très doué !

Flatteur personnage. Il n’avait pas changé, et il ne changera jamais. C’était sa passion, les femmes. Une de ses plus grandes passions. Et même si cette personne ressemblait à un homme, Zeviehl voyait en elle une… femme stupéfiante.
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MessageSujet: Re: C'était par où le port déjà ?... [Octavia]   Mar 31 Juil 2012, 20:55

L'homme qui lui toucha l'épaule ne sut jamais combien il fut proche de se faire briser les doigts ou de se prendre un cimeterre en plein ventre.

Elle qui sentait déjà le sang qui battait ses tempes, les deux cris du démon et du loup-garou qui hurlaient pour voir le liquide vital courir sur le sol, la poussant à abaisser, lentement, pouce après pouce, sa lame vers la gorge du jeune homme. Toute entière à l'influence pernicieuse, un sourire de plus en plus cruel, des yeux de plus en plus jouisseurs de la future douleur de l'autre, elle n'entendit pas l'homme à qui elle voulait parler se lever, ni même approcher vers elle. Ce fut au dernier moment, juste avant que la lame ne touche la gorge dénudée du jeune homme qu'elle se rendit compte de ce qu'elle faisait, et ce avec une certaine frayeur. Foutredieu ! C'est pas vrai ! Ça n'allait pas recommencer !

Le contact de la main de l'homme l'ancra plus encore dans la réalité et, en quelque sorte, eut l'étonnante propriété de la rassurer – elle n'avait pas tué ce pauvre type et n'avait pas totalement perdu le contrôle – mais également de la faire se crisper : elle détestait qu'on la touche sans la prévenir. Encore plus quand il s'agissait d'un inconnu.


La jeune femme, curieusement, se laissa faire, écoutant l'homme. L'observant. Le détaillant. Ignorant totalement les regards effrayés qu'on lui jetait.

Elle l'avait vu de loin, avait remarqué ses cheveux blonds et ses vêtements, mais elle n'avait pas vu sa posture, sa taille. Il la dépassait. Oh, d'une quinzaine de centimètres, tout au plus. Mais elle ne pensait pas qu'il serait si grand. A voir son visage, elle l'aurait plutôt vu de sa taille, voire plus petit. Un visage trop délicat, voyez ? Merde, elle était certaine qu'Araslane le trouverait plus beau qu'elle, c'est dire !

Elle se demandait comment le traiter tandis qu'il parlait au marchand. Prenait sa défense. Ou du moins cherchait à rendre justice. Elle fronça les sourcils avec incompréhension. Justice ? A Reilor ? Autant demander aux voleurs de garder leurs mains dans leurs poches ! Décidément, cet homme tranchait avec le reste de la populace. Octavia était certaine qu'il n'était pas d'ici. Peut-être qu'il avait vécu aux alentours, mais pas à Reilor même.


Silencieuse, elle restait stoïque, alors même qu'elle entendait le marchand la traiter de grognasse.

*Bah... c'est pas comme si je n'avais pas entendu pire, hein ?*

Mais la deuxième mention de « dame » - la première étant avec les fils du marchand... - faillit lui arracher un sourire. Fichtre, il trouvait qu'elle avait l'air d'une dame ? Sa mère s'était arraché des poignées de cheveux en tentant de lui inculquer quelques notions d'étiquette. Octavia les avait apprises, les avait retenues, mais pour ce qui était de les appliquer...

Elle haussa un sourcil quand il osa donner un cours au marchand de vin. Mais cette fois elle ne retint pas son sourire. Il osait, oui. Un trait de caractère qu'elle appréciait. Surtout que l'autre imbécile le méritait. Voyant son inconnu revenir vers elle, Vi croisa les bras en l'attendant.


- Bonsoir, ma Dame. J’espère ne pas vous avoir dérangée en intervenant. Je pensais qu’il n’était pas nécessaire de verser le sang sur une histoire si futile. Vous auriez sali votre arme pour pas grand-chose

Même son sourire était charmant. Pas très éclatant car il ne souriait pas de toutes ses dents, mais ni trop large, ni trop petit. Octavia s'autorisa à lui sourire en retour, quoiqu'un sourire un peu crispé. Araslane en aurait été étonné, mais après tout, c'était bien la première fois qu'un homme prenait sa défense. Bon, peut-être pas, mais un homme étranger.

- Je vous ai vue en action. Vous êtes très douée !

Là, elle haussa une fois encore un sourcil et son sourire de salutation devint narquois. Ah oui, il voulait la jouer comme ça ?

- Eh bien... Je ne pense pas avoir l'air d'une dame, ni même le comportement adéquat, mais puisque tu me traites ainsi... Je te préviens, l'étiquette est assez éprouvante. Surtout quand un homme roturier s'adresse à une femme d'un rang supérieur. Là, il y a de nombreuses règles, assez fastidieuses. Toujours envie de me parler comme à une dame ?

Elle jeta un coup d’œil aux alentours et grimaça. Maintenant que le marchand de vin avait été mouché, les conversations avaient repris, mais d'autres encore les observaient. Et maintenant que la jeune femme avait ferré sa proie, sa victime potentielle, elle n'allait pas risquer d'avoir des témoins.

- Je ne sais pas pour toi, mais je n'ai aucune envie de m'attarder ici. Suis-moi, je vais nous trouver un endroit plus calme.


Il n'y avait rien que Vi ne puisse sérieusement abîmer. S'il se révélait plus dangereux que son air amène le laissait supposer au premier abord, elle pourrait se débrouiller pour l'amocher et fuir. Depuis son affrontement avec Balsa et les monstruosités de chair rencontrées avec Nazj, elle savait qu'il n'était pas inutile de fuir pour mieux revenir à l'attaque.

Et puis l'homme avait l'air amical. Il ne se méfierait pas. Mais du moins savait-il qu'elle savait manier une lame. Bah... battre des imbéciles n'avait jamais rien de compliqué. Elle l’entraîna dans un dédale de ruelle avant d'arriver vers une autre petite place, elle aussi pourvue d'une petite fontaine. Sauf que cette fois, nulle agitation, nulles festivités. Juste le bruit de l'eau et la lueur de la lune, qui projetait leurs ombres sur un mur opposé.

Attends... Leurs ombres ? Non. Son ombre, assurément, mais certainement pas celle de l'homme. Elle nota cette information dans un coin de sa tête. Plus que quelques petites choses à vérifier, maintenant...


- Concernant... l'action, comme tu dis... Il y a des personnes plus douées que moi une lame à la main. Je ne suis pas si talentueuse que cela.

Peut-être diminuait-elle son talent, mais tueuse, elle l'était, et elle n'hésiterait pas. Elle inspira profondément et se tourna vers l'homme en lui tendant la main.


- Octavia Sterenn. Enchantée. Et merci pour tout à l'heure, ajouta-t-elle avec un autre de ses sourires sarcastiques.

Le même sourire qu'a le chat devant un canari... La chasse était ouverte.
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MessageSujet: Re: C'était par où le port déjà ?... [Octavia]   Ven 03 Aoû 2012, 15:53

Son interlocutrice lui souriait en retour. Et bien voilà qui la rendait plus jolie ! Même si son visage était moins féminin, le sourire de la jeune femme soulignait toutefois des traits agréables à regarder. Vous allez me dire « Mais il l’appréciait vraiment ? ». Apprécier était déjà un bien grand mot. Disons plutôt que Zeviehl était intéressé. Il n’était guère difficile, pour lui les femmes étaient toutes des cadeaux du ciel. Ou de la terre selon les cultures…
« Est-ce que son interlocutrice était réellement un cadeau ? » Mais bien sûr !, vous répondrez t-il. Juste différente, un peu masculine, et un léger éclat de folie avait traversait ses iris, signe qu’elle aurait volontiers transpercé le jeune homme qui l’avait brusqué. Elle aurait pu être son maître d’arme, son entraîneur dans le champ à une époque… Mais ce n’était qu’un petit détail. Zeviehl avait le don inné d’accepter à la fois les qualités et les défauts. De toute les femmes certes… Il ne les comptait plus à force d’en côtoyer, mais selon lui, les femmes avaient plus de qualités que de défauts. De par leur physique avantageux qui révélait des formes exquises, et leurs regards surtout faisaient toujours frissonner l’homme qu’il était. Difficile de faire frissonner un vampire…

Les seuls véritables défauts se trouvaient dans le caractère. Des détails… Mais cette inconnue avait autant de défaut au physique qu’au caractère, ce dernier des deux était peut-être le pire. Et que si Zeviehl essayait une approche charmante qu’il faisait avec la majorité des femmes, il se pourrait fortement qu’il finisse ses jours dans cette rue…
Enfin, encore faudrait-il que la dame sache qui il était vraiment.

Mais il tenta tout de même sans crainte une approche très amicale, et peut-être un peu plus. Le sourire de l’inconnue changea… Ce n’était pas vraiment la réaction auquel il s’attendait. Comme si sa phrase avait fait naître le courroux des enfers…
Elle lui répondit qu’elle n’avait pas l’air d’une dame et que l’étiquette était éprouvante. Certes, ce fut dur d’apprendre ces choses là quand on avait grandit dans une petite ville où les grandes rues étaient faites pour des petits voleurs de quartiers… C’était ardu de croire que Zeviehl avait été un petit fripon doublé d’un assassin qui avait passé son adolescence dans un bordel ? Et que c’était la propriétaire de ce bâtiment où il avait de bons souvenirs qui lui avait tout appris. Oui dur… Mais pas impossible, il en était la preuve vivante (et morte)
- Surtout quand un homme roturier s'adresse à une femme d'un rang supérieur. Là, il y a de nombreuses règles, assez fastidieuses. Toujours envie de me parler comme à une dame ?

Aïe. Zeviehl s’inclina avec tout le respect qu’il dû à une personne possédant un tel statu. Il exposa là son ignorance, qu’il n’avait pas su qui elle était. En même temps, à la vue de ses habits, rien n’indiquait qu’elle était issue d’une noble famille. Il allait s’excuser de sa maladresse lorsque la jeune femme lui avoua qu’elle ne voulait pas rester ici. « Je vais nous trouver un endroit plus calme » ? Hum ? Ce revirement de situation parut étrange pour le vampire. Sans dire un mot, il suivit l’inconnue, se demandant ce qu’elle comptait faire. Certainement pas réaliser ses fantasmes… Le message avait été clair, même si Zeviehl n’avait pas dit son dernier mot sur ce sujet.

Ils marchèrent dans des rues, toutes identiques ou presque, et arrivèrent dans une autre place entourant également une fontaine. Elle représentait autre chose mais le vampire ne s’y attarda pas. Ses yeux étaient rivés sur la jeune femme. Quelque chose n’allait pas… Elle lui indiqua qu’elle n’était pas si talentueuse. Pourtant nul doute qu’elle était plus expérimentée que lui avec ce genre d’arme. Zeviehl pouvait manier la dague, l’épée mais pas les cimeterres. C’était une arme plus complexe, surtout un dans chaque main. Être un voleur ou un petit assassin était une chose mais être un véritable guerrier, presque un métier en soi, en était une autre… Il ne la connaissait pas mais il sut aisément qu’elle avait du vécu dans la matière du combat.
Il voulut dire quelque chose, voulant la valoriser mais la situation changea. Elle lui tendit une main et se présenta sous le nom d’Octavia Sterenn. Tout en le remerciant… Mais… Ce merci sonnait bizarrement.

Zeviehl leva un sourcil alors que la jeune femme souriait d’une manière bien étrange. Il avait l’impression d’être servi sur un plateau de fruit, qu’il suffisait de tendre la main et de l’attraper pour le manger. Cette impression doubla alors qu’il se rendait compte qu’ils se trouvaient seuls dans une place déserté de toute vie humaine. Aucun bruit, aucune musique, aucune fête par ici… Et ils se trouvaient assez loin de la précédente place pour qu’un quelconque hurlement soit couvert par l’immensité de la ville, en proie aux bruits diverses. Il ne comprenait pas bien pour ce comportement de la part de la dame. Son instinct lui chuchotait un pressentiment prévenant…

Mais quelque part, cette femme était différente. Peut-être était-ce sa manière de faire, voulant éviter une frustration à cause d’une fierté, peut-être ? Elle ne devait pas avoir l’habitude qu’on lui vienne en aide, elle était peut-être réservée du coup… Zeviehl n’allait pas l’ignorer, étant aimable, le plus souvent possible, et courtois, à force de pratiquer. Puis décliner de serrer la main à une noble dame était une insulte qui pouvait lui coûter cher.
- Enchanté, je me nomme Zeviehl, répondit-il tendant à son tour sa main. Ne me remercier pas ce n’était…

Il s’arrêta. Un nuage s’était déplacé laissant la lune entièrement libre. L’éclat de sa lumière blanchâtre laissa apparaître avec netteté l’ombre d’Octavia… Mais pas la sienne. Il ramena sa main vers lui, prenant conscience de cette information. Elle l’avait vue avant lui. Elle savait.
- … Rien…, dit-il finissant sa phrase.

Zeviehl n’avait jamais remarqué ce détail avant. Dans la forêt épaisse qui se situait près de Reilor, il était difficile d’avoir son ombre. Les arbres étant hauts et feuillus, le soleil ne passait pas ou très peu. Puis quel humain faisait attention à leur ombre ? Quand ils apprenaient à la connaître gamins, ils ne s’y attardaient plus adulte car l’ombre était fidèle. Tant qu’il y avait de la lumière, tout provoquera une ombre, étant l’obstacle de la lumière qui ne passait pas à travers les choses…
Mais les vampires n’étaient pas des vivants. Ils n’étaient plus soumis à ce genre de règle. Plus de reflet, plus d’ombre…

Zeviehl perdit tout sourire. Il eut un pas de recule et observait Octavia. Au vue de son air, de son attitude, de sa façon de l’amadouer un peu, et de l’endroit qu’elle avait choisi, tout ceci l’amena à penser qu’il était en danger de mort. Enfin plutôt de la non existence, étant donné qu’il n’était plus vivant, mais pas totalement mort. Il avait un pied à moitié chez la mort.

Est-ce qu’elle chassait les vampires ? Il se demandait ce qu’elle allait utiliser contre lui… Zeviehl se rendit compte combien il n’avait pas envie de s’éteindre… Pas maintenant. Il fronça un moment les sourcils. Il ne voulait pas. Avant de partir : Il devait retrouver le nain, voire avec lui les conditions du plan pour le lendemain. Car il voulait voir son traître d’ami, le faire souffrir puis le tuer. Il voulait boire chaque goutte de son sang pendant des heures entières. Il voulait se délecter d’une douce vengeance et tirer un trait sur ce passé qui l’a hanté pendant plusieurs mois. Plusieurs mois à errer dans une forêt aussi sombre que son être de non-mort…
Quand il aura fait tout ça, il vivra une vie de vampire bien rempli en servant le nain. Car il lui devait bien ça… Il pourrait se nourrir, et s’enrichir un peu au passage. Mais ce n’était que détail, car Zeviehl se contentait de choses simples et raffinés. Et l’or ne servait qu’à y parvenir.
Seulement après tout ça, à ce moment là, peut-être qu’il prendrait le risque de s’amuser avec les chasseurs.

Mais pas maintenant, pas encore… C’était bien trop tôt. Il n’avait pas la force nécessaire. Un vampire nouveau-né qui ne s’était pas encore abreuvé de sang humain et qui n’avait pas pleinement conscience de toutes ses capacités était complètement inoffensif. Ce n’était pas loyale…
- Ça sent le soufre…, sourit-il.

Est-ce qu’il pouvait la convaincre de ne pas dégainer ? Non, elle le ferait, c’était certain. Zeviehl espérait qu’il n’y avait pas un artifice qui le tuerait sur le coup, embué sur les cimeterres de la dame… Zeviehl tenta le tout pour le tout.
- Nous voilà les acteurs d’une scène dramatique. Nous pouvons aussi bien faire comme si vous n’aviez rien vue, non ? Nous commencions si bien à nous entendre, ce serait dommage d’y couper net…

Il ferait n’importe quoi pour survivre… Mais toujours avec classe.









[HJ :Je suis resté bloqué à la fin... Je me disais : Mais qu'est-ce que je peux bien dire à une personne qui a fermement envie de me tuer ? xD ..... 'te plais tape pas trop fort, et pas la tête !]
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MessageSujet: Re: C'était par où le port déjà ?... [Octavia]   Jeu 09 Aoû 2012, 16:11

Spoiler:
 


Il y eut un changement. Infime déglutition. Léger froncement de sourcil. Imperceptible instinct qui prévenait. Et surtout, cette main qui se retirait.

Pourtant, bien qu’elle sache que désormais le vampire était sur ses gardes, cela n’empêcha pas la jeune femme d’avoir un frisson d’excitation à l’idée du combat. Elle n’avait jamais tué de vampires, avant. Mais ce qu’elle entendait sur eux suffisait ; ce que l’un d’eux avait voulu faire à Araslane – l’assassiner – suffisait. Un autre de ses sourires de miel et de venin étira ses lèvres trop larges.

Il recula. Il avait compris. Pas d’ombre. Et il sentait le danger. Curieux, d’ailleurs, qu’il ne l’ait pas senti plus tôt. D’après ce qu’Octavia avait entendu, les vampires avaient un instinct de conservation assez prononcé. Mais peut-être était-ce dû au fait qu’on les associait aux démons.

Pour s’être renseignée auprès d’Araslane, elle savait que le feu et la décapitation les tuaient net ; qu’une croix pouvait les repousser et qu’un sac de grain renversé les obligeait à s’arrêter. Mais c’était tout. Elle ignorait s’ils avaient la moindre sensibilité à l’argent. Mais de toute façon, ce n’était pas comme si elle allait gâcher une balle pour lui.

L’éclair de la peur, ou du moins de l’appréhension, passa dans le regard brun-roux du vampire, ce qui eut pour effet de faire froncer les sourcils de la jeune femme. Quelque chose n’allait pas. Un vampire était arrogant, sûr de sa force. Un vampire avait vécu des siècles. Qu’est ce qui l’effrayait ? Est-ce qu’il était faiblard ? Il y avait autre chose. Dans son expression. La… vengeance ? Une chose qu’Octavia comprenait totalement. Mais qu’il ait envie de se venger ou non n’avait aucune importance. C’était un monstre.


- Ça sent le soufre…

*Tu m’étonnes, mon mignon…*

Il tenta de sourire, comme si la situation n’était rien. Elle pouvait voir la lueur de calcul derrière ses yeux, il allait tenter de s’en sortir… Peut-être pas si faible que ça, le vampire…

- Nous voilà les acteurs d’une scène dramatique. Nous pouvons aussi bien faire comme si vous n’aviez rien vu, non ? Nous commencions si bien à nous entendre, ce serait dommage d’y couper net…


*Tu vas voir ce que je vais couper net...*

Mais sa pensée ne se transmit pas à son bras. Elle qui auparavant aurait dégainé dans la seconde et attaqué de but en blanc, ne bougea pas d’un cil, se contentant d’observer le vampire.

- Zeviehl… C’est un joli prénom. Un véritable gâchis pour un être comme toi. Étonnant que depuis le temps que tu vis et que tu infestes le monde, tu n’aies pas été plus prudent… Tu sais… Un jour, on m’a traitée de monstre. J’ai alors rétorqué que les monstres, c’étaient les démons – ceci se passe de commentaire, il me semble… – les lycanthropes – ça aussi, pas besoin d’expliciter, non ? – et les vampires. Les vampires parce que vous n’êtes que des cadavres ambulants. Que vous jouiez avec la vie des autres parce que vous n’aviez plus de souffle pour vous animer. Et que vous en jouissiez. Ça, c’est vraiment quelque chose que je ne peux pas supporter. Avec quelle victime innocente allais-tu jouer, Zeviehl ? Qui observais-tu ? Qui allais-tu saigner comme on saigne un porc ? Tu agis comme un de ces putains de Souillés. Avec une conscience en plus. Tu n’as même pas l’excuse d’agir sous la contrainte de la lune et du soir. C’est au dessus de tout pardon !!

Sa voix devenait plus basse au fur et à mesure que sa colère montait, jusqu’à aller dans des tons plus rauques, qui rappelaient avec un certain malaise le grondement d’un loup sur le point d’attaquer.


- Tente plutôt de t’attaquer à quelqu’un qui sait se défendre, mignon. Moi, je peux jouer. Moi, je peux mettre fin à ta longue, très longue vie de sangsue qui s’attaque aux sans-défenses.

Sa phrase se termina avec un sourire qui n’aurait pas dépareillé sur Cheh-dahn, si Cheh-dahn avait eu une bouche à la place d’une gueule pourvue de crocs monstrueux. Mais qu’importe. Octavia avait le regard d’un meurtrier en colère et un sourire haineux. Elle allait purifier ce monde d’une autre de ces saloperies. Qu’il ne soit pas un lycanthrope ne posait pas de problème. Pour elle, un vampire ne pouvait être innocent. Il ne pouvait être pardonné, lavé de ses crimes. En un sens, il était obligé de tuer pour se nourrir ; elle considérait donc qu'elle rendrait service à l'homme.

Mais pourtant, la jeune femme conserva le même immobilisme, regardant au fond des prunelles de Zeviehl. Le seul mouvement était celui de ses paupières. Comme s’ils étaient dans une bulle. Comme si le Temps s’était arrêté, comme peu de temps auparavant.


Il n’y avait que la haine, cette rage de purifier l’abomination, le monstre par le feu et l’acier. Les paroles suivantes furent à peine murmurées.


- Tu me remercieras…


Le Temps fut brisé, le Temps reprit ses droits. Vi dégaina ses deux cimeterres au même instant, et ce fut comme si une seule lame avait été tirée. Et ce fut comme si les deux armes étaient les extensions de mains de l’Assassin Rouge. Sans un cri de rage, juste une aura algide de colère froide, la jeune femme se jeta vers le vampire.

L’acier rencontra la pierre glacée du mur, projetant une nuée d’étincelles et entaillant la roche. Le vampire, par elle ne savait quel miracle, avait esquivé. Mais pas assez loin pour être hors de sa portée. Elle se retourna, et son coup de pied heurta le vampire au ventre. Il tomba au sol et roula pour éviter un autre éclair d'acier. La jeune femme avait les lèvres pincées. Ce type ne faisait qu'esquiver. Mais, par un autre mouvement, et peut-être par chance, elle réussit à le coincer contre un mur : elle laissa son bras agir, comme s'il était un serpent, pourvu de sa propre volonté, et un cimeterre se planta dans l'abdomen de Zeviehl, s'enfonça dans le mur pour l'empêcher de bouger.


La jeune femme se recula alors, un seul cimeterre dans une main, mais elle tira sa petite dague d'argent. Son cimeterre vint chatouiller la gorge de Zeviehl.

- Tu ne te défends pas ?


Elle se rapprocha, comme en colère, et plaqua la dague en argent contre le cou du vampire, n'hésitant pas à entamer légèrement la peau.


- Tu ne te défends pas !?

Avec un geste rageur, la jeune femme rangea sa dague d'argent pour saisir à pleine main le col du vampire. Les lèvres retroussées et frémissantes tel un animal prêt à attaquer, elle rapprocha son visage de celui de Zeviehl comme si elle avait pu lui arracher le nez d'un coup de dent. Sa main se resserra sur la gorge du vampire.

- C'est quoi, ton problème ?


Son ton était sifflant et rauque. Un vent d'été, chaud et lourd d'odeurs, monta et enveloppa les deux silhouettes comme pour les isoler, alors qu'ils n'en avaient pas vraiment besoin : la place était déserte et personne, si jamais on avait entendu le bruit des armes, n'avait voulu se déplacer.

Mais le changement le plus remarquable serait sans doute la voix d'Octavia qui s'était élevée d'un coup. Des semaines plus tôt, elle aurait tué aveuglément.

Elle ne savait pas s'il s'agissait d'une preuve qu'elle était plus calme et plus encline à s'interroger sur ses victimes ou si c'était à cause de la bonne étoile du vampire... Mais en cet instant, elle penchait plutôt pour la bonne étoile.
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MessageSujet: Re: C'était par où le port déjà ?... [Octavia]   Sam 18 Aoû 2012, 22:09

Spoiler:
 

Rien n’était plus sûr. Ils étaient seuls, dans un endroit isolé de tout ou presque. Personne n’entendrait quoi que se soit… Le meurtre pouvait aisément avoir lieu près de cette fontaine. Le meurtre ou la pulvérisation d’une existence. Zeviehl réfléchissait, appréhendant chacune de ses pensées. Il n’était pas armé, ni de sa fidèle dague ni de son épée. Il ne pouvait se défendre qu’avec la force physique et la ruse. Cette dernière tourbillonnait dans sa tête pour trouver une solution offensive, défensive et la meilleure des choses, dans le pire des cas comme celui-ci, la fuite.

La fuite ? Lâche ? Non, vous vous y trompez. Pour un homme dans sa situation qui voulait vivre (ne soyez pas courroucé par le mot allons), la fuite restait une des dernières choses utiles pour un vampire en état de détresse. S’il fuyait, il n’avait plus d’honneur certes. Mais à quoi bon en avoir quand les humains avaient des idées aussi arrêtées que celle d’Octavia ? Un monstre peut il avoir de l’honneur ? Peut-il avoir un sens de la justice ? Non… C’était le domaine des hommes, plus encore, c’était le domaine des vivants. Zeviehl n’était plus un homme, ni un vivant.

Sa tentative d’échappatoire pacifique semblait sur le point de s’échouer dans les abîmes de la nuit. Son interlocutrice ne bougeait pas, mais ses paroles suffirent à lui faire entendre ce qu’il craignait. Chasseuse, tueuse, un érudit dans ce genre versé dans le combat contre les créatures surnaturelles. Dans ses mots, on sentait ses connaissances dans ce domaine, et une profonde haine si noire qu’on s’y perdrait plus d’une fois sans une torche et un bon feu. Se guider dans un labyrinthe si sombre était pareil à un combat en aveugle. Zeviehl n’avait aucune chance de lui faire entendre raison, de lui dire…

Lui dire quoi exactement ?…
J’ai un beau prénom ? Je vous remercie, ça me touche… Dommage ? Parce que je ne suis qu’un monstre imprudent qui joue avec la vie humaine et jouit de leurs morts… Ah…
Des cadavres ambulants. A ces mots, les lèvres de l’homme s’étirèrent en une moue contrariée. Elle n’avait pas tort, mais ces termes ne lui plaisaient pas. C’était… insultant. Il n’était pas mort. Enfin en théorie si. Pour lui, il avait encore une place dans l’existence terrestre car il pouvait faire des choix et influencer le monde. Il n’avait plus de pouls, plus d’ombre, ni de vie mais il était là, bien devant les vivants. C’était une vérité implacable.
Un mort ambulant… On le voyait vraiment ainsi ?
Avec quelle victime innocente allais-tu jouer, Zeviehl ? Qui observais-tu ? Qui allais-tu saigner comme on saigne un porc ?

Il n’avait pas eu le temps d’expliquer ses motivations qu’elle reprit avec plus de force. Un souillés ? C’était un terme qui lui était inconnu dans ce contexte là. Voulait-elle parlait ses lycans et des démons ? Il n’était pas comme eux, bien qu’ils connaissent mal ces espèces. Octavia pensait qu’il agissait comme un monstre sanguinaire, comme s’il était guidé par une force qui brouillait sa volonté. Elle se trompait sur le fait qu’il en avait conscience. Il a conscience qu’il chasse, mais il y a à peine un ou deux mois, alors qu’il était affamé, il aurait pu devenir un véritable pantin. Une chose sans contrôle, qui suivrait le chemin d’un instinct vorace, dans le but de manger, et non dans le but de se nourrir pour vivre…

Elle ne savait pas ce que c’était un nouveau-né vampire, laissé à l’abandon par la meurtrière.

Il concéda une chose dans ce qu’elle disait. C’était plaisant de pouvoir se nourrir. Pomper le sang lui avait paru comme une longue gorgé de boisson sucré, salé, ou épicé… Cela variait. Le marchand lui avait procuré une force nouvelle. Il s’était sentit revivre, revigoré, et pour la première fois, il avait ressenti la joie d’exister à nouveau en étant maître de son corps.
- Tu as raison, finit-il par dire dans un murmure… Mais tu n’imagines pas combien c’est difficile… De supporter cette malédiction.

Car se n’était ni moins ni plus qu’une terrible malédiction engendré par les premiers vampires qui le transmettaient comme une maladie incurable…

Le sourire d’Octavia semblait de plus en plus démoniaque, ce qui ne rassurait pas le vampire. Il déglutit difficilement comme si tout était ralenti. Le temps était insoutenable. C’est alors que, sans crier gare, elle dégaina avec précision et finesse, une chose qu’il n’aurait pas cru d’elle, ses deux cimeterres. Il en fut très surpris, et déstabilisé au moment où elle fonça sur lui. Après un temps de réaction qui aurait pu lui couter sa tête, il esquiva la furie. Il sentit une violence poussé dans son ventre ce qui ne lui évita pas le sol. Elle n’y allait pas de main morte… Sa force ne démentit pas ses aspects masculins. Elle était forte pour réussir à pousser un homme avec une jambe et le pied. Mais Zeviehl n’était pas assez touché pour l’empêcher d’esquiver. Encore et encore. C’était la seule solution qu’il avait trouvé pour le moment. L’instinct de survie avait pris le pas.

Il devait se sortir de là et vite.
Mais alors qu’il échafauda un plan pour contre-attaquer, Octavia réussit à le coincer proche d’un mur. Son action, aussi imprévisible qu’étonnante, infligea à Zeviehl une souffrance qu’il n’avait encore jamais ressenti jusqu’à maintenant…

Le jour de la morsure… Même ceci avait été moins violent et douloureux… En comparaison.
Il ne pensait pas que, malgré sa condition de vampire, il pouvait encore autant souffrir des lois des armes, à ce point.

Il avait hurlé, mais personne ne vint. Comme pour son assassinat, personne n’entendait. C’était ironique comme l’histoire se répétait si bien…
Il posa ses yeux sur la cause de ses tourments, un cimeterre nichait dans son abdomen, près de l’emplacement où battait fut un temps son cœur.
Il était bien mort… On ne pouvait plus en douter. Ceci étant qu’il ne sombrait pas dans l’inconscient, malgré qu’il perde du sang… A la vue de ce fluide qui lui échapper lentement, il fut attristé. Car bientôt, il aurait de nouveau faim.

Il ne pouvait plus bouger. Bloqué entre le mur et le colosse. Car il devait avouer qu’elle avait une force presque surnaturelle. A se demander si elle était bien une femme…
- Tu ne te défends pas ?
Voilà qu’une dague menaçait son cou à présent…
- Tu ne te défends pas !?
Il ne répondit pas. Coupé par la douleur ou parce qu’il ne savait pas quoi lui dire, la main colérique d’Octavia rangea la dague et saisit son col. Elle se rapprocha de plus en plus. On aurait dit un animal qui se préparait à dévorer sa proie à pleine dent. C’était troublant, presque effrayant. Il avait peur ?... C’était un bien grand mot. Il n’avait pas envie de partir ainsi, donc il redoutait chacun des gestes de la guerrière.
- C'est quoi, ton problème ?
On dirait qu’elle grognait… Excitant. Oui vraiment ! Il apprécia ce côté bestial, qui lui allait à ravir. Comme quoi l’on trouvait des choses intéressantes chez une femme de… de ce… de cet… comme elle !
Il ne pouvait rien faire à part lui répondre. Et encore, ceci serait complètement inutile, vue qu’elle serrait sa gorge. Le vampire ne voyait pas dix milles solutions. S’il voulait s’en sortir, il fallait qu’il tente dans la fantaisie.
Tout ceci finira par ressembler à une pièce de théâtre absurde. Mais puisqu’elle était déjà en colère, autant y aller avec autant de franchise que possible.
- Je ne veux pas disparaître…

Ces mots disparaissaient dans le vent. Ce n’était pas vraiment la réponse qu’il aurait donné à « c’était quoi son problème ». Donc il s’attendait à ce qu’elle ne comprenne pas. Aucune importance, puisque la suite n’allait pas lui plaire.
Il empoigna le poigné de la jeune femme pour le serrer. Il y mettait de la force, avec une limite pour ne pas lui briser un os. De l’autre main il saisit le manche de l’arme et bascula sa tête pour rencontrer celui d’Octavia. Il se rapprocha, non pas pour lui mettre un coup de boule, ce qu’il aurait pu faire, mais pour l’embrasser.

Vous avez bien lu. Zeviehl se permit d’embrasser son adversaire. C’était un peu le final de cette danse mortelle, comme un beau terminus d’un feu d’artifice que l’on trouvait toujours éblouissant et merveilleux. Ce n’était plus qu’un cadavre comme elle le pensait mais qui avait gardé un style, du tact, du cran et une beauté mystérieuse qu’il avait reçu par le don de parents qu’il n’avait jamais connu. Et bien évidemment, ses dons en séductions ne s’étaient pas perdus.

Il réussit à repousser Octavia. Il put se servir des deux mains pour tenter de retirer le cimeterre. Avec peine, elle glissa de son abdomen pour en sortir, envoyant du sang sur le mur de droite… Il s’adossa contre celui dans son dos et laissa échapper des soupires de douleurs. Il garda l’arme en main, le tenant à peine. Il se pensait foutu, jusqu’au moment où son corps réagit. Après quelques minutes qui lui parurent éternelles, les yeux étonnés du vampire se posèrent sur son ventre qui se reconstituait doucement. Tient donc… Intéressant… Ça se… reconstituait ? Bientôt, son corps redevint comme avant. Il toucha avec sa main libre, comme pour confirmer ce que son premier sens indiquait à son cerveau. Il s’était régénéré.

Il soupira de soulagement. C’était la première fois qu’il faisait connaissance avec ce don. C’était impressionnant, mais pas si banal. Il était mort, il ne pouvait pas mourir deux fois.
Donc aucune arme ne pouvait le tuer ? Il ne s’en réjouissait pas pour autant, car Zeviehl n’était pas naïf. Il pensait bien qu’il devait exister des armes, des rituels, des magies peut-être, qui pouvaient l’abattre en quelque instant.
Il savait peu de chose sur les vampires. La tête était leur point faible. Est-ce qu’Octavia le savait ?
Il posa ses yeux sur elle.

Il s’approcha un peu, laissant de la distance entre eux. Il leva les bras dans un signe de paix, tenant à sa main droite l’arme par sa lame. Il l’a déposa lentement sur la fontaine, à porté de son ennemie… Son ennemie.
Il était à peine arrivé à Reilor qu’il avait déjà des ennuis…
- Je suis sûr que vous avez vos raisons de haïr les vampires. C’est légitime et je ne le nie pas. J’en donnerais bien moi-même, déjà le fait d’avoir été mordu contre mon gré n’est pas trop mal…

Il recula de quelques pas. Il fallait rester sur ses gardes tout de même…
Zeviehl voulait tout de même retenter la solution pacifique. Il n’était pas sûr qu’elle écouterait vue le choc qu’il lui procura avec le baisé, quelques minutes auparavant. Mais qui ne tentait rien, n’avait absolument rien.
- Je ne puis rien dire pour ma défense, je suis un monstre, dit-il calmement. Même si ce terme va mieux aux créatures sanguinaires, sans contrôle et sans conscience… Moi j’en possède une, et vous me le reprochez ? Je ne suis vampire que depuis quelques mois, et j’ai connu un instinct, une chose bien plus terrifiante que les cauchemars… Je ne me nourrissais pas d’humains, j’essayais de survivre avec du sang de bête. Mais cela suffisait à peine à me maîtriser. Perdre le contrôle de soi-même, de son corps et de ses pensées, ceci est à blâmer. Ne blâmait pas ceux qui garde au fond d’eux ce dangereux instinct, alors qu’ils pourraient sans peine décimé la population de Reilor en entière… Les vampires n’ont pas la contrainte de la lune, mais du sang…

Il baissa les yeux. Est-ce qu’il avait honte de ce qu’il était devenu ? Non… Quelque part non. Car maintenant il était ainsi. Il releva son regard pour le planter dans ceux d’Octavia. De l’acier en rivalité avec la douceur du miel. Le ton de l’homme quand à lui devenait plus sombre.
- J’ai atterrit dans le mauvais camp, c’est ainsi… Je n’ai jamais eu de chance, à part pour m’en sortir. Quoi qu’on puisse en douter maintenant, ajouta-t-il souriant légèrement. Mais je n’ai pas véritablement choisi ce destin… J’assume entièrement cet « incident », alors je ne vous demande pas de me prendre en pitié. Je ne le demanderais à personne…

Il referma son manteau sur lui, cachant le conflit. Il n’avait plus qu’à changer de chemise…
- Oui j’ai tué un homme. Oui j’ai ressentis du plaisir –son ton s’était durcit, mais il reprit vite avant qu’Octavia ne le coupe– Mais il n’est pas comparable à ce que vous pensiez. C’était un besoin nécessaire de me nourrir. Je serais devenu un monstre, comme vous le disiez si ardemment, et vous auriez eu la simple bonne raison de m’abattre car j’aurais décapité absolument tout et n’importe quoi sur mon passage si personne n’agissait –Il reprit un peu de contenance avant de reprendre– Je n’ai pas jouis en le tuant, j’étais soulagé qu’une ordure comme lui crève… Ce tricheur, ce commanditaire d’assassinat… A lui seul, il a fait tuer bien plus d’homme que moi.

Il avait eu un rôle dans ces meurtres. C’était un gagne-pain comme un autre. Finalement, Zeviehl avait toujours improvisé et tenté de survivre. Jamais il n’avait pu vivre une vie de plénitude. Sauf peut-être dans son enfance, si on oubliait les risques de vivre dans les rues.
- Je ne jouis qu’avec les femmes, en leur proposant la voluptueuse douceur d’une nuit de plaisir, dit-il dans un sourire charmant.

Il se rendit compte qu’il avait déployé ses canines. Il se ressaisit bien vite, se rendant compte que ce détail pouvait rendre Octavia furax.
- Je comprends que vous soyez fâchée, cependant je vous demanderais de ne pas me couper la tête… Je ne partirais pas sans m’être vengé.

Sa voix froide, ses sourcils froncés, son allure élégante mais forte, tout son être réclamait le sang d’une personne en particulière qui avait détruit son honneur et provoqué sa chute dans cette existence de non-vie.
- Peut-être que plus tard je vous laisserais retenter votre chance. Car je resterais ce que je suis devenu…

A cause d’un traître… En qui il avait eu confiance… Son ami, son frère…
Il commençait à ne plus se souvenir de sa vie passé. Mais Mahel était encore bien encré dans son esprit… Il se revoyait, avec lui, aux entraînements. Mahel l’avait toujours suivit…
Ce nom… Maudit soit-il.
Zeviehl n’attendit pas de voir s’il allait tout de même subir le châtiment de la jeune femme ou non. Il recula encore un peu, et réfléchissait à ses prochains mots. Qu’est-ce qu’il était venu faire en ville déjà ?
A la base, il cherchait la taverne où le nain buvait sans doute des bières. Il se demandait si Octavia connaissait un endroit qui accueillerait des nains… Surtout un Silgrum.
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MessageSujet: Re: C'était par où le port déjà ?... [Octavia]   Mar 21 Aoû 2012, 18:58

Spoiler:
 


Le regard noir – littéralement – fixait le regard de safran, guettant la moindre faille, le moindre étrécissement de pupille, indiquant qu'il allait passer à l'action. Elle n'y discernait que de la peur, et... autre chose. Qu'une fois encore elle n'arrivait pas à saisir.

- Je ne veux pas disparaître...

Ce furent sans doute ces mots qui firent trembler sa main, qui ébranlèrent sa résolution, firent vaciller son âme. Ces mots, elle les connaissait sur le bout de ses lèvres. Ces mots, elle les avait quasiment prononcés, quand, jeune fille mutilée et exsangue, elle gisait sur le sol, à se transformer avec une lenteur insupportable en monstre. Elle voulait vivre, mais pas sous forme d'une souillée. Perdue dans ses pensées, elle faillit ne pas se rendre compte que Zeviehl bougeait.

Elle fronça légèrement les sourcils et quand il se saisit de son poignet, son instinct réagit pour elle. Trop tard. Elle avait amorcé le mouvement de se reculer, mais alors il se passa quelque chose qu'elle n'aurait jamais prévu. Quelque chose à laquelle ni l’entraînement de Meryre, Cheh-dahn ou Najz n'avait pu la préparer. Être embrassée par son propre adversaire.

Elle se figea, perdant ses moyens. Jamais. Jamais cette possibilité ne lui avait traversé l'esprit. Une fois encore, ses pensées se projetèrent des années dans le passé. La dernière fois qu'elle avait embrassé un garçon, c'était... il y a longtemps. Très longtemps. Elle doutait d'avoir la vingtaine. Là, à vingt-trois ans, presque vingt-quatre, c'était à peine si elle se souvenait de la sensation de lèvres contre les siennes. Oh, une joue, sans aucun doute. Après sa « thérapie » avec Najz, elle s'était essayée à être plus tactile avec les gens qu'elle aimait.

En cet instant, son être se partageait entre la fureur la plus pure, la panique et le trouble. Comme si son centre nerveux était pris d'assaut et ne pouvait plus coordonner ses mouvements.

Ce fut les yeux écarquillés, la bouche tremblotante sous l'injure, les mains crispées, ne sachant que faire, qu'elle fut repoussée. Elle suivit du regard Zeviehl mais sans le voir. Ce fut à peine si elle remarqua que son abdomen se reconstituait. Qu'il avait déposé son cimeterre à sa portée. Qu'il lui parlait.

Et puis la réalité la frappa de plein fouet. Comme une première gifle qui vous sonnait, et le retour qui vous réveillait. Elle cracha au sol comme si elle avait pu se débarrasser de la sensation des lèvres de Zeviehl sur les siennes, et ses poings se serrèrent jusqu'au sang.

*Bâtard ! Immonde bâtard !*

- Je ne puis rien dire pour ma défense, je suis un monstre. Même si ce terme va mieux aux créatures sanguinaires, sans contrôle et sans conscience… Moi j’en possède une, et vous me le reprochez ? Je ne suis vampire que depuis quelques mois, et j’ai connu un instinct, une chose bien plus terrifiante que les cauchemars… Je ne me nourrissais pas d’humains, j’essayais de survivre avec du sang de bête. Mais cela suffisait à peine à me maîtriser. Perdre le contrôle de soi-même, de son corps et de ses pensées, ceci est à blâmer. Ne blâmez pas ceux qui gardent au fond d’eux ce dangereux instinct, alors qu’ils pourraient sans peine décimer la population de Reilor en entier… Les vampires n’ont pas la contrainte de la lune, mais du sang…

La jeune femme se contentait de fixer Zeviehl avec un regard accusateur, sans mot dire.

*Et tu me dis ça parce que j'en ai quelque chose à foutre ?*

Mais elle se mentait à elle-même. Elle avait beau lui en vouloir de ce baiser impromptu, et, en un sens, extrêmement humiliant, elle l'écoutait avec une grande attention.

- J’ai atterri dans le mauvais camp, c’est ainsi… Je n’ai jamais eu de chance, à part pour m’en sortir. Quoi qu’on puisse en douter maintenant, ajouta-t-il avec un sourire dérisoire. Mais je n’ai pas véritablement choisi ce destin… J’assume entièrement cet « incident », alors je ne vous demande pas de me prendre en pitié. Je ne le demanderais à personne…

*Comme si je demandais à quelqu'un de me prendre en pitié...*

Elle baissa les yeux. Elle ne l'avait pas demandé, mais quelqu'un l'avait quand même fait. Araslane. Sa rédemption. Elle savait que parfois, on n'avait pas le choix de son destin. Il nous tombait dessus, et il fallait réagir dans la seconde ou mourir. Elle savait ce que c'était de surnager, essayer de ne pas se laisser engloutir.

Elle regarda les pavés où il se tenait, qui n'avaient aucune ombre sur eux, toujours muette.


- Oui j’ai tué un homme. Oui j’ai ressenti du plaisir. Mais il n’est pas comparable à ce que vous pensiez. C’était un besoin nécessaire de me nourrir. Je serais devenu un monstre, comme vous le disiez si ardemment, et vous auriez eu la simple bonne raison de m’abattre car j’aurais décapité absolument tout et n’importe quoi sur mon passage si personne n’agissait. Je n’ai pas joui en le tuant, j’étais soulagé qu’une ordure comme lui crève… Ce tricheur, ce commanditaire d’assassinat… A lui seul, il a fait tuer bien plus d’homme que moi.

Un temps de silence, et il reprit, avec ce ton et ce sourire charmant qu'il lui avait sorti quelques instants plus tôt.

- Je ne jouis qu’avec les femmes, en leur proposant la voluptueuse douceur d’une nuit de plaisir
- Avant ou après les avoir vidées de leur sang... ? marmonna Octavia en levant les yeux au ciel.

- Je comprends que vous soyez fâchée, continua-t-il comme s'il n'avait rien entendu. Cependant je vous demanderais de ne pas me couper la tête… Je ne partirais pas sans m’être vengé. Peut-être que plus tard je vous laisserais retenter votre chance. Car je resterais ce que je suis devenu…

La vengeance ! Belle, terrible, dévorante et ô combien familière ! La jeune femme ne put s'empêcher de ricaner, toujours en évitant de regarder Zeviehl. Grands dieux, la vengeance ! On la retrouvait partout, parole ! Elle reprit son cimeterre, et rangea ses deux lames dans leurs fourreaux. Ses yeux d'un noir profond recroisèrent une fois encore les prunelles safranées du vampire. Et elle entrevit une parcelle de son propre être. La vengeance, oui, elle connaissait. Le désir de sang sur ses mains, sur ses crocs, de plonger ses lames dans le corps encore chaud de son ennemi juré, de déchiqueter cet être honni, tellement honni...

- Alors ils viendront, les Châtieurs, la Main de la Justice au dessus d'eux, qui repoussera les traits et les rets ennemis, et la Balance en leur main gauche. Ils viendront et le sol tremblera sous les sabots de leurs montures, et le ciel se déchirera sous leurs hurlements et l'acier rouge de leurs glaives. Ils viendront et dans leur sillage la poussière de la droiture qui étouffera les parjures et nettoiera le sang de l'injure, murmura Octavia, citant un verset d'une religion aujourd'hui disparue. Choisir ses victimes. Protéger l'innocent. Tuer le coupable. Je comprends.

Elle ferma les yeux, soupira profondément comme pour éjecter toute trace d'agacement puis rouvrit les yeux. Elle inclina légèrement le buste.

- Je m'excuse, Zeviehl. Une fois de plus, j'aurais dû commencer à poser les questions avant d'attaquer, fit-elle en haussant les épaules. Sache que quelques semaines plus tôt, ç'aurait été pire. Mais passons.

Elle hésita un instant.


- Recommençons, d'accord ? Je m'appelle Octavia Sterenn. Tu as peut-être entendu parler de moi sous le nom de l'Assassin Rouge. Généralement, ce sont les lycanthropes que j'élimine, mais un ami à moi avait été attaqué par un vampire et tu me paraissais... louche.

Elle s'assit sur la margelle de la fontaine. Elle faillit se raviser, mais tendit finalement la main au vampire, en signe de paix.

C'était décidément une nuit des plus étranges. Vi qui s'arrêtait de combattre, qui s'excusait et qui voulait même faire la paix. Ou du moins parler cordialement. Un comble.
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MessageSujet: Re: C'était par où le port déjà ?... [Octavia]   Mar 21 Aoû 2012, 22:06

Spoiler:
 


Le vampire entendit légèrement la jeune femme parler. Elle semblait citer quelque chose à la perfection. Comme si elle l'avait longtemps étudié des textes religieux, vue du ton solennel qu’elle prit. Il comprit assez de chose pour savoir qu'elle pensait aux châtiments, au principe de Justice... Peut-être réagissait-elle à ce qu’il avait dit. Sur la vengeance…
Oui il voulait se venger. Il voulait tirer un trait sur son passé et passer à autre chose. Pouvoir assumer pleinement ce qu’il était devenu. Il allait dévorer son traître d’ami… Le déchiqueté. Je veux le voir gisant dans une marre de sang, et boire jusqu’à la dernière goutte. Qu’il meure, pourriture, intrus, salaud… Menteur et tricheur… Il n’avait pas le droit.
Choisir ses victimes. Protéger l'innocent. Tuer le coupable. Je comprends.

Les sociétés créèrent l'ordre, la justice, les droits et les devoirs. C'était ce qui faisait tourner une ville entière. Car à l'extérieur de ces villes vivaient le monde sauvage, au naturel. Celui qui possédait la seule loi, celle du plus fort. L'instinct de survie. L'être humain avait la faculté de s'imposer dans ce monde et d'être le plus fort. Sans doute grâce au nombre d'ailleurs... Tout le monde n'avait pas la capacité de survivre. Parfois des hommes transcendaient ou bafouaient ces règles, butaient l’ordre et ignoraient la justice, ses principes, les droits et les devoirs…
Ces hommes méritaient un châtiment.

Enfin... Laissons la philosophie aux philosophes assez vieux pour se dire qu'ils ont du temps. Zeviehl lui en aura suffisamment pour cogiter, à la différence d'eux qu'il restera à jamais jeune. A moins qu’il mourrait ce soir ? Tout était encore possible. Il assumerait car il avait insulté Octavia par cette tentative désespérée en…
- Pardon ?

Le vampire sortit de ses pensées au moment où il entendit une chose... Surprenante.
Elle s'excusait ? Elle voulait recommencer ?
C'était sciant. Il avait embrassé une femme sans son autorisation, et elle s'excusait...
C'était troublant... Parce qu'il pensait finir son chemin en enfer, la tête dans ses mains et dire à la mort : Voilà je suis venu...
C'était perturbant. Qu'est-ce qu'il devait faire maintenant ?

Il se passa plusieurs minutes où Zeviehl regardait la main d'Octavia et... Ne bougea pas, hésitant. L'Assassin Rouge... qui s'excusait devant un homme qui lui avait paru louche. Qu'il l'était parce qu'il n'est plus un homme. Et qui l'avait embrassé sans son consentement...
Elle avait hésité mais elle lui avait tout de même tendu une main pour faire la paix. La paix avec un vampire... Elle, tendre une main amicale... A un vampire.
Le monde avait viré à l’envers ?
Bon, la main quand a elle était toujours tendue. (sbaf)

Zeviehl se décida enfin à s'approcher doucement et à lever le bras. Sa main rencontra celle de la guerrière et l'empoigna. Pour la première fois de sa vie, il serra la main à une femme, qu'il avait embrassée de force et qui s'était elle-même excusée (resbaf)
- ... C'est plutôt à moi de m'excuser ma Dame... -Il toussota comme pour se reprendre- Octavia, L'Assassin Rouge..., finit-il, pensif.

Ce nom lui disait vaguement quelque chose. Des légendes étaient tissés sur beaucoup de personne qui empruntés des noms pour camoufler leur identité. Il l'avait fait lui même... Mais sans doute pas pour les même raisons qu'elle.
- J'ai entendu des histoires sur ce nom. Je n'étais qu'un jeune homme d'une vingtaine d'années, travaillant dans un bordel. L’histoire m'était racontée par une elfe voyageuse, de passage en ville...

Il finit tout de même par lâcher la main, qui ne l'avait pas agressé... Stupéfiant.
- Elle m'appelait Voronwë... Dans notre langue cela signifiait le fidèle. Je n'ai jamais compris pourquoi elle me donna ce surnom…

Surtout que "le fidèle"... Vous avez déjà vue Zeviehl fidèle ? Zeviehl le tueur de couple, le coureur de jupons, le passionné des femmes, le gourmet du vin et des bonnes choses oui. Mais pas fidèle. Fidèle à sa liberté seulement… C’était peut-être un clin d’œil que cette elfe voulut faire.
Mais enfin, Zeviehl le fidèle, ça n’allait pas des masses.
- Enfin bref... Appelez-moi tout simplement Zeviehl, sourit-il

Il fit une légère courbette basse en signe de respect. C'était pas tout ça, mais du coup puisqu'ils ne se taperaient pas dessus et qu'ils semblaient... bons copains, qu'allaient-ils faire ?
Le vampire était partit à la recherche du nain, lui-même dans une taverne. S’il lui avait dit le nom de l’établissement, il n’aurait pas croisé la mort en cours de route. Au moins, Octavia semblait calmée et prête à discuter.
- Je ne voudrais pas abuser de votre compagnie sympathique, ma da- Octavia ! J’étais parti à la recherche d’un nain. Il se nomme Silgrum : petit, trapu, barbu et friand de bière. Il a omis de me dire le nom de la taverne…

Quand il s’agissait d’argent, le nain n’oubliait aucun détail. Quand il s’agissait du reste, le vampire pouvait se retrouver à l’autre bout du monde à cause de lui, ce n’était pas son problème. Attends un peu que je te retrouve petite chose velue…
- Cela fait déjà un moment que je tourne en rond dans la ville...

Il allait encore lui dire : Roh arrête avec tes grands airs et viens plutôt boire une bonne bière !
S’il faisait vraiment des rimes, c’est qu’il était déjà plein. Zeviehl ne l’avait pourtant jamais battu à l’alcool.
Et comme il adorait faire des parties de beuverie avec ce nain. Il ne refusait jamais… Et c’est toujours ainsi que le lendemain il se retrouvait avec la facture sur la table de chevet. A l’attention d’un humain pas accompagné d’un nain, non non du tout !
Ordure.



Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: C'était par où le port déjà ?... [Octavia]   Jeu 23 Aoû 2012, 12:59

Spoiler:
 


Zeviehl hésita un instant avant d'accepter cette main tendue.

*Pas comme si j'allais le lui reprocher...*

Mais finalement, il le fit, et ce geste fit plus plaisir à la jeune femme qu'elle ne l'aurait cru. Comme si elle se prouvait à elle-même qu'elle pouvait être amicale avec quelqu'un d'autre qu'Araslane.

*Bah tiens, Vi, tu veux te faire des amis ?*

- ... C'est plutôt à moi de m'excuser ma Dame... Octavia, L'Assassin Rouge... J'ai entendu des histoires sur ce nom. Je n'étais qu'un jeune homme d'une vingtaine d'années, travaillant dans un bordel. L’histoire m'était racontée par une elfe voyageuse, de passage en ville...

Le contact de leur deux mains se rompit. Octavia réfléchit rapidement. Zeviehl avait l'air plus âgé qu'elle, s'il avait été transformé il y a peu, mais pas de beaucoup. Peut-être la trentaine ? Mais en tout cas, dix ans plus tôt elle n'était pas encore l'Assassin Rouge. Peut-être y en avait-il un autre, avant qu'elle ne se lance ? Il faudrait qu'elle pose la question à Araslane. Il en savait toujours beaucoup plus qu'elle sur le sujet.

- Elle m'appelait Voronwë... Dans notre langue cela signifiait le fidèle. Je n'ai jamais compris pourquoi elle me donna ce surnom… Enfin bref... Appelez-moi tout simplement Zeviehl

Voronwë... n'évoquait rien du tout pour elle. En même temps, Octavia restait la plupart du temps sur les routes, n'aimait pas vraiment traîner vers Reilor où ceux qui se faisaient un nom se faisaient généralement mieux connaître. Bah, après tout, s'il travaillait dans un bordel... Vi n'en avait jamais fréquenté. Un surnom étonnant pour quelqu'un qui vendait son corps, le fidèle. Elle haussa les épaules devant la courbette du vampire.

- Je ne voudrais pas abuser de votre compagnie sympathique, ma da- Octavia ! J’étais parti à la recherche d’un nain. Il se nomme Silgrum : petit, trapu, barbu et friand de bière. Il a omis de me dire le nom de la taverne… Cela fait déjà un moment que je tourne en rond dans la ville...


Un de ces sourcils se souleva. Compagnie... sympathique...? Oui... oui bien sûr. Elle savait bien que le vampire avait un problème. Elle eut une grimace moqueuse.


- C'est sûr qu'avec un nom qui ne me dit rien et une description qui convient à tous les nains, sans compter que Reilor compte autant de tavernes que de marins, on avancera loin, Zeviehl. Un peu plus de détails serait utile.

Elle se leva et lissa ses vêtements. Elle fit signe à Zeviehl de la suivre et commença à revenir vers une rue plus large et plus animée. Elle ne vérifia pas qu'il lui avait emboité le pas, de toute manière, elle avait effectivement une solution pour retrouver son nain, là, Silgrum, mais elle hésitait encore à l'appliquer.

Araslane... Araslane était à elle. C'était une partie de son monde, une enclave au calme. Elle n'était pas certaine de vouloir faire entrer ce vampire nouvellement rencontré dans son accalmie, risquer qu'il contamine, perturbe la sérénité, le bol d'air que lui procurait son ami. Elle soupira et se tourna vers Zeviehl.


- Mais je connais quelqu'un à qui rien n'échappe à Reilor. Si tu lui donnes une description plus précise de ton nain, on arrivera peut-être à quelque chose. Peut-être. Et si je me décide à te le présenter. Je ne sais pas encore.

Ils arrivèrent vers une artère principale de Reilor, celle où se tenait la Grande Foire, une fois par an. Souvenir, souvenir... C'était là qu'elle avait rencontré Araslane. Elle ne savait pas ce qu'elle serait devenue s'il n'avait pas été là, à lui donner une idée de « l'après ». Bon, c'était certain, elle ne voyait guère ce qu'elle pourrait faire après avoir éliminé le lycanthrope responsable de sa transformation et Cheh-dahn, mais du moins il y aurait quelqu'un pour l'attendre. Cela lui faisait au moins un point d'attache. Une lumière ridicule dans toute l'obscurité qui l'entourait. Mais une lumière quand même.

Elle s'ébroua pour s'extirper de ces pensées maussades. De nuit, les échoppes étaient toutes fermées, mis à part quelques unes qui n'étaient pas convenables pour les honnêtes gens de la société. Mais qui était honnête, à Reilor ?

Elle jeta un coup d’œil à Zeviehl, toujours à ses côtés. C'était extrêmement perturbant d'avoir quelqu'un avec qui elle marchait. Pas de discussion. Juste de la marche. Oh, cela ne la perturbait pas plus que ça d'avoir un compagnon d'armes, mais une personne étrangère à son mode de vie, fait de sang et d'éclairs d'acier, qui l'accompagnait était juste... troublant. Comme si un grain de sable était entré dans la machine.

Bah, une fois encore elle n'allait pas s’appesantir sur son sort. La machine s'était enraillée des mois plus tôt quand elle avait perdu contre Balsa. La situation ne pouvait qu'empirer et échapper à son contrôle. De toute manière, de son propre avis, elle-même n'agissait plus selon la moindre logique. Si cet état convenait à son démon de maître, elle en était ravie pour lui.

Elle se tourna vers Zeviehl, pensive. Puis sans prévenir, elle tira sa petite dague d'argent et l'enfonça précisément là où le cimeterre s'était plongé. Elle agrippa le vêtement du vampire pour le forcer à se baisser, peu soucieuse de la douleur que l'homme pouvait ressentir en se pliant et elle lui murmura à l'oreille, avec un calme doucereux :


- Ça, c'est pour le baiser, « Zev ». Ensuite... Je te préviens que si tu lui fais le moindre mal, si tu le touches sans qu'il ne le désire, si tu lui fais quoi que ce soit, je m'occuperai de ton Silgrum et de chaque personne auxquelles tu tiens. On n'arrive pas à mon statut sans connaître un peu l'anatomie, et les endroits qui font mal. Je te promets que j'arracherai, phalanges après phalanges, os après os, les mains de ceux que tu aimes avant de les mutiler. Tu entendras leurs cris de douleur, leurs supplications désespérées pour que tout ceci s'arrête ou que tu viennes les sauver. Je te promets qu'ils ne s'évanouiront pas, qu'ils ne mourront pas sauf si je le désire, et que je te les laisserai complètement brisés, uniquement capable de conchier leurs couches, demeurés. Alors un jour viendra où tu me supplieras d'arrêter, car j'aurai gâché chaque étincelle de bonheur ou d'apaisement. Et ce jour, je te tuerai en prenant mon temps et beaucoup de plaisir. C'est bien clair ? On ne le touche pas, mignon.


Elle retira la lame et observa la blessure qui cicatrisait immédiatement. Puis elle posa le doigt sur la poitrine de Zeviehl, qu'elle fit glisser langoureusement, comme s'ils étaient un couple normal qui flânait sans soucis. Elle n'aurait sans doute jamais fait ça à quelqu'un d'autre, mais voilà, elle allait présenter Zeviehl à Araslane. Elle allait lui présenter sa rédemption. Et cette idée, bien qu'elle soit nécessaire s'ils voulaient trouver Silgrum, la rebutait plus que tout. Le besoin avait beau guider la rencontre, Octavia la détestait déjà et avait réagi de la seule manière qu'elle connaissait : la violence. D'où le poignard et la menace.

- Crois-moi, vu la manière dont tu guéris, ce sera très, très lent, très, très douloureux... susurra-t-elle. Bien ! Y allons-nous... ?
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MessageSujet: Re: C'était par où le port déjà ?... [Octavia]   Ven 24 Aoû 2012, 17:58


Quel drôle de sourire…
- C'est sûr qu'avec un nom qui ne me dit rien et une description qui convient à tous les nains, sans compter que Reilor compte autant de tavernes que de marins, on avancera loin, Zeviehl. Un peu plus de détails serait utile.

C’est juste un nain. Elle s’attendait à quoi ? Il portait une barbe rousse, des yeux malicieux, pester contre tout le monde et était très radin sur l’or. Des détails qui conviendraient à d’autres nains, non ?
Donc Silgrum Azgal était comme tout les nains, à part qu’il avait un penchant prononcé pour se dire être le « roi des nains ». Autre chose ? Il tolérait Zeviehl… Allait trouver un nain qui tolère un vampire et son chat.
Ce n’était surement pas ce qu’Octavia voulait entendre. Encore faudrait-il qu’elle lui en laisse le temps. La jeune femme était déjà levée et prête à partir. Il la suivit avec quelque pas de distance. Elle semblait réfléchir. Le faisait-elle pour l’aider ou pour trouver un moyen de se débarrasser de lui ?
- Mais je connais quelqu'un à qui rien n'échappe à Reilor. Si tu lui donnes une description plus précise de ton nain, on arrivera peut-être à quelque chose. Peut-être. Et si je me décide à te le présenter. Je ne sais pas encore.

Cette situation mitigée ne mettait pas Zeviehl à l’aise. Il avait l’impression qu’elle hésitait entre le bouché ou la fausse… Le bouché car elle voulait surement lui coupé la tête après l’affront qu’il lui avait faite. La fausse… Parce que c’est triste les tombes. Dans une fausse tu avais des animaux. Comme les fausses aux lions.
Oui vous l’aurez compris, Zeviehl était curieux. Il se demandait pendant combien de temps elle allait le supporter. C’était très étonnant qu’elle n’ait pas terminé son travail en lui coupant la tête…
Elle accéléra le pas. Il suivit, prenant son rythme avec aise. Ils passèrent dans une grande rue, sans doute le centre de Reilor. C’était grand, très espacé, assez pour y mettre des centaines d’échoppes. Là, ce soir, tout était fermé, tous dormait. A une heure aussi tardive, la majorité de la population se reposait. Seuls les énergumènes, les soiffards et autres en tout genre se baladaient à minuit. Puis eux deux, Zeviehl et Octavia. Ils étaient loin d’être comme tout le monde en même temps…

Ils s’éloignèrent du centre. Le vampire s’en était douté. « Je connais quelqu'un à qui rien n'échappe à Reilor ». De cette phrase, il avait commencé à se douter de l’identité de cette personne. Elle devait soit côtoyer le haut rang, de la noblesse ou de la bourgeoisie, soit côtoyer les bas fonds… assassin, briguant, voleur, des personnages qui pouvaient se faufiler partout et qui s’agrandissaient en nombre de plus en plus grand dans une ville comme Reilor. Capitale du Lan Rei.

Ce genre de personne quel qu’elle soit devait se trouver dans un endroit au calme. Octavia s’arrêta et se tourna vers lui. Il ralentit le pas, un sourcil levé. Etait-il déjà arrivé ?
Il regarda autour de lui et ne vit rien de particulier, à part qu’ils se trouvaient dans une petite rue si miteuse qu’il ne pouvait y avoir que des rats comme locataires…
Puis, en observant plus attentivement dans son regard, il comprit. Octavia fut plus rapide et lui enfonça une dague dans le ventre. Il cria de douleur, notamment quant elle le força à se baisser. Il souffrait, cela n’atteignait pas la jeune femme, ni personne d’autre d’ailleurs. Cette ville rendait sourd tout le monde ?
Octavia lui posa ses conditions, qui se résumaient à ne rien tenter. Rien du tout. S’il faisait quoi que se soit qui lui semblera agressif, son alentour en subirait les conséquences. Le vampire ne s’en inquiéta pas plus que ça. Rien que pour atteindre Silgrum déjà… Ce nain avait une telle force et fougue surprenante. On y laissait des têtes pour sûr !
Zeviehl ne comptait plus le nombre de personne qui faisait « son entourage ». Elle se réduisait vue qu’il était devenu un monstre aux yeux du monde…
Mais il avait compris le message. L’attention était là, Octavia ne lui laisserait aucune chance s’il faisait un faux pas. Elle lui offrirait même une mort lente, suffisamment pour que son être de poussière prenne le temps de se dire : Je vais mourir…
Un comble.

- C'est bien clair ? On ne le touche pas, mignon.
Quel surnom rabaissant pour un coureur de jupons comme lui… Il grogna un peu, les dents serrées par la douleur. Elle retira la lame, ce qui stoppa le supplice. La cicatrisation se fit rapidement. Ceci allait finir par devenir une habitude, mais pour le moment Zeviehl en fut de nouveau étonné. C’était vraiment fascinant comme processus. La vie qui se matérialisait…
Octavia changea de comportement. Il se laissa faire, la regardant dans les yeux, d’un air légèrement boudeur…
Elle commençait à prendre goût à cette violence gratuite. Mais lui ne pouvait pas en dire autant puisqu’il subissait et pouvait re-subir à l’infini, du moment qu’il avait assez de sang dans le corps pour que la régénération se fasse. De la torture éternelle… Il en tressaillit d’horreur rien qu’à y penser.
Sa dernière phrase fit lever un sourcil au vampire.
- Je vais finir par croire que vous aimez ça…, marmonna-t-il.

Pas trop fort, elle pourrait le prendre mal.
- Je vous suis…

En silence d’ailleurs. Car s’il ajoutait un commentaire sur quoi que se soit, il avait peur de finir empalé, rempalé, rererempalé… Cela pouvait durer longtemps.
Terrifiant vraiment…
Mais que se soit une femme qui fasse cela… Zeviehl secoua la tête retirant ces pensées un peu osées…
On ne se refait pas, même mort.
C’était une femme qui ne cherchait à faire de la danse suave, mais qui préférait peut-être la manière sauvage, où l’on griffait, attaché la personne au lit. Des choses un peu brutal mais qui plaisait à certaine personne. Zeviehl trouvait Octavia trop sauvage pour appliqué l’une des deux méthodes donc… Cas désespéré ?
Zeviehl soupira, attristé.

Ses pensées finirent par se focaliser sur d’autres choses au fur et à mesure qu’ils avançaient. La rue se resserrait, puis déboucha finalement dans un cul de sac espacé. Plusieurs maisons jumelées étaient disposés l’une à côté de l’autre, faisant pensée à une très grande résidence. C’était peut-être le cas. Il y avait peu de portes, beaucoup de fenêtres, où des cordes s’y échappèrent pour former des ponts entre elles. On pourrait presque marcher dessus, au vue des épaisseurs. Alors qu’ils avançaient, Zeviehl avait l’impression étrange d’être épié… Comme si les petites fentes des maisons sombres, cachaient derrières elles des yeux, parfaitement humain…
Les bâtiments étaient peints d’une manière à provoquer des ombres pour favoriser la cache.
C’était peu rassurant. Zeviehl savait où il était tombé, en tout cas il le devinait. Ce n’était pas chez un noble… Ni un puissant marchand. On dira plutôt qu’il s’apprêtait à rentrer chez un homme ou une femme puissante, mais dans le domaine de la débauche, du vol ou de l’assassinat. Une personne puissante dans une ville aussi grande…


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MessageSujet: Re: C'était par où le port déjà ?... [Octavia]   Sam 25 Aoû 2012, 17:44

Spoiler:
 


Si Zeviehl répondit autre chose que "je vous suis" à sa longue tirade, elle n'en entendit rien. Elle crut bien l'entendre marmonner, mais son ton était trop bas pour qu'elle puisse comprendre quelque chose.

Elle haussa les épaules. Bien sûr, elle avait coupé court à toute tentative amicale, avec ça : on n'empalait pas ses amis, même s'ils pouvaient se régénérer. Mais Araslane lui était trop précieux pour qu'elle chipote avec ça : s'il fallait se mettre le vampire à dos pour garantir la sécurité du maître voleur, elle le ferait.

Après quoi, le vampire s'enfonça dans le mutisme. Tant mieux. Après sa menace, la jeune femme ne se voyait pas faire la conversation. Surtout qu'elle devait réfléchir. Comment présenter Zeviehl à Araslane ? Elle n'avait jamais amené de « client » au maître voleur. Soudainement terriblement inquiète, elle se mordilla l'ongle du pouce. Et s'il réagissait mal ? S'ils tombaient mal ? Si on leur interdisait de le voir ?

Inconsciemment, la jeune femme laissa ses pas la guider. Elle avait quitté plus tôt dans la soirée Araslane. Il saurait immédiatement qu'il s'agissait d'affaires. Et pourtant... L'idée même d'introduire chez lui un danger potentiel et qu'il finisse par la rejeter la meurtrissait terriblement. Un sentiment auquel elle n'était pas habituée. Elle finit par remiser tout ceci dans un coin de son esprit. Foutredieu, elle n'allait pas tergiverser encore trois ans comme une gamine écervelée ! On verra bien ce qu'il adviendra.

Ils finirent par arriver à la planque principale des voleurs. Celle, où le même jour de sa rencontre avec Araslane, elle avait assassiné Idriss, le précédent maître des voleurs. Et Araslane avait dissimulé son crime. Et troqué sa si chère liberté contre les responsabilités d'un des maîtres de Reilor. Elle soupira une fois encore. Elle savait qu'on les avait repérés, et qu'on leur laissait le passage : la meilleure preuve étant qu'on les laissait passer sans faire d'histoire. Araslane avait dû donner des indications à ce propos.

Elle toqua à l'une des portes, et entra sans attendre de réponse. Il s'agissait de la porte pour les visites et les demandes de service « officielles ». Une porte qu'elle n'avait jamais utilisée jusque là. Dans la pièce peu éclairée, elle vit qu'il y avait un vieil homme et deux jeunes femmes devant eux. Araslane devait être occupé ce soir. Elle rabattit sa capuche pour dissimuler son visage. Les voleurs savaient déjà qu'elle était là, inutile que les autres « clients » le sachent ; on ignorait toujours qui pouvait en avoir après vous, à Reilor. Elle se tourna vers le vampire, resté bloqué au seuil. Agacée, elle lui fit signe qu'il pouvait entrer.


- On risque d'attendre quelques instants, Zeviehl. Il suffit juste d'espérer que ton nain ne changera pas de taverne.

Elle s'adossa à un mur, bras croisé et figure dans l'ombre. Zeviehl avait beau avoir un trou dans ses vêtements, il avait la taille pour lui et un visage naturellement amène. Ils faisaient un couple improbable, mais sans doute celui qui paraissait le plus dangereux. Ou le plus louche, à vous de voir.

Mais très vite, Marwynn, le bras droit d'Araslane, vint dans la pièce et fit signe à la jeune femme. Elle haussa un sourcil mais obtempéra. Vu l'air du colosse, il n'était pas ravi. Vi pouvait presque deviner ses pensées : bon, qu'elle connaisse bien le maître des lieux et qu'elle passe quelques soirées à boire avec lui, passe encore, mais passer devant tout le monde, il ne fallait pas exagérer : elle n'était pas sous les ordres d'un autre Maître de Reilor, à peine si c'était un électron libre, et les voleurs les plus hauts placés (dont Marwynn) savaient qu'elle fricotait avec les démons. En somme, pas quelqu'un qu'on pouvait respecter.

La jeune femme ignora avec superbe les regards insistants qu'on posa sur eux et gravit la volée de marche qui menait à la pièce où Araslane recevait les requêtes à la guilde des voleurs. Elle frappa doucement à la porte, presque avec tendresse, comme une enfant qui ne voudrait pas déranger un père ou un grand frère en plein travail. Un instant, elle fut soulagée d'avoir sa capuche sur le crâne. Zeviehl ne pouvait ainsi pas voir le sourire affectueux qui étira ses lèvres quand la voix d'Araslane lui parvint.


- Tu reviens à l'improviste, ma belle ? Je te manque déjà ?

Elle poussa la porte et avança dans le bureau. Le mur du fond était fait de moucharabieh, et une ouverture révélait un petit balcon qui donnait sur une rue, évitant soigneusement l'impasse quelque peu sordide qui menait à l'antre des voleurs ; cette ouverture était fermée par des volets en bois, vu l'heure. On pouvait voir une pile de coussins aux tons vifs devant, ainsi qu'un hookah et un divan – le côté plus agréable et confortable de la pièce. Le mur de gauche possédait une petite porte : derrière elle se trouvait un couloir qui menait à différentes pièces de l'étage et à un degré supérieur de la bâtisse : depuis le meurtre d'Idriss, cette porte était toujours verrouillée. Le mur de droite, lui, était dépourvu de toute ouverture, mais chargé de peintures, souvent onéreuses et certainement pas achetées honnêtement. Au centre, un bureau de bois simple, chargé de différents papiers et de plumes, avec un chaise classique. Quiconque connaissait Araslane de réputation aurait plutôt vu ce dernier vautré éternellement sur la pile de coussin à fumer, mais la réputation débauchée de l'homme était souvent sa meilleure arme : qui s'inquiétait de ce que pouvait faire un drogué libertin ? Malheureusement pour eux, ceux qui s'étaient persuadés de ce caractère du Maître des voleurs de Reilor s'en étaient bien souvent mordu les doigts... ou bien n'étaient plus là pour en témoigner.

Octavia évita soigneusement du regard les longues estafilades sur un mur, et la tache de sang qui n'avait voulu partir, signes de son meurtre en ces lieux, et préféra se concentrer sur son ami. Le sourire d'Araslane se fana un peu quand il aperçut le vampire derrière elle, mais il s'élargit quelques instants plus tard.

- Oh, tu m'as apporté mon dîner ? Merci bien. Entrez, messire. Bien la première fois que Vi m'amène quel...

L'homme d'une petite trentaine d'année s'interrompit. Araslane, depuis qu'il s'était frotté à un vampire puissant et faillit en perdre la vie, avait pris l'habitude d'accrocher des petites cordelettes auxquelles il avait fait plusieurs nœuds à sa porte et aux fenêtres de son bureau. Juste histoire de ne pas être agressé par surprise. Il haussa un sourcil quand le vampire fut obligé de commencer de dénouer le premier nœud d'une cordelette.

- Ouch... Je risque bien de me faire croquer, cette fois, ma belle. Un vampire ? Moi qui pensais que tu aurais plutôt tenté de le décapiter...
- J'ai essayé. Mais il ne s'est pas défendu. Il dit être un nouveau-né. Qu'il n'a pas... choisi d'être un vampire.
- Je vois. Et quand on te raconte le pauvre destin de quelqu'un qui n'a pas choisi de devenir un monstre, Octavia, ça te parle tout de suite, répondit, acide, le maître voleur.

La jeune femme recula d'un pas, blessée. Avec quelqu'un d'autre, elle aurait su comment réagir : une dague dans le ventre. Mais avec Araslane...


- Vi ? - silence... - Vi ?... Hé, ma belle, je suis désolé. Disons que tu viennes comme ça, ça m'a un peu surpris. Surtout avec un vampire, quand tu sais que j'ai failli brûler vif à cause d'un de ses congénères...

Araslane toucha du bout des doigts la capuche de la jeune femme, juste un instant. Pas fou, l'animal. Octavia n'était pas très tactile, et sachant qu'il venait tout juste de lui faire mal... Il posa une main sur son torse et déclama, comme dans une tragédie :

- Que la foudre de ta colère s'abatte sur moi et me calcine sur place, si je ne puis recouvrir ton amour et ton pardon !
- Toujours dans le mélodramatique, hein ? C'est bon, Ara. On m'a dit pire que ça, grogna Octavia.

Le sourire d'Araslane revint sur ses lèvres.


- Bien, bien, bien. Comme tu as pu le voir, j'étais en plein travail, mais j'ai toujours des instants à te consacrer. Tu as un service à me demander ?
- Pas moi, lui. Il dit s'appeler Zeviehl Voronwë. Il cherche quelqu'un. Mais il t'expliquera ça mieux que moi.
- Ooh... Voronwë ? Voronwë ! Quelle surprise... ! Je dois avoir encore un avis de recherche. Je les collectionne. Au fait, ma belle, j'ai tous les tiens. Ils ne te rendent pas justice. Surtout pas à tes cheveux et à tes yeux. Mais passons. Cet homme, là, n'est pas un homme totalement innocent. Recherché pour meurtres, vols... Remarque, moi aussi, sauf les meurtres, gloussa Araslane. Mais moi c'est différent, mon cher Zeviehl. Aux dernières nouvelles, vous étiez encore humain. Alors, on a frustré un vampire ? C'est souvent le cas pour les transformations non voulues. Si vous énervez les vampires, soit ils vous transforment, soit ils cherchent à vous tuer.

Le voleur s'approcha du vampire avec un sourire professionnel.

- Mais les affaires sont les affaires, messire Voronwë, je suis donc ouvert à tout marché. Mais sachez que si vous songiez reprendre votre activité, il faudra compter avec nous. Je ne suis pas comme mon prédécesseur, qui laissait les voleurs hors guilde faire ce qu'ils voulaient. Oh, bien sûr, je peux en laisser quelqu'un hors de mon influence, mais je ne peux pas laisser tous les petits voleurs faire ce qui leur chantent. Si vous cherchez absolument votre autonomie, alors soit. Mais faites attention à ce que vos cibles n'aient pas déjà été volées, si vous voyez ce que je veux dire, fit Araslane en haussant les épaules. N'y voyez aucune... comment tu dis, déjà, Vi ?
- Inimitié.
- Il n'y a vraiment que toi pour utiliser des mots impraticables à l'oral, ma belle. Bref, n'y voyez aucune inimitié. Je fais simplement mon travail.

Un instant, ses sourcils se froncèrent quand il détailla de plus près Zeviehl, puis le sourire professionnel se mua en sourire sarcastique. L'homme sortit d'une de ses poches un mouchoir propre qu'il tendit au vampire.


- Le problème avec le rouge à lèvres de Vi, c'est qu'il ne tient pas du tout. Vous feriez mieux de vous essuyer la bouche.

Il se tourna vers Octavia.

- Tu as troqué les crocs de Cheh-dahn contre ceux d'un vampire ? Tu diminues la taille, Vi. Surprenant.
- Pas moi, lui, bougonna la jeune femme. Tu crois vraiment que je suis du genre à embrasser le premier venu ?
- Oh, si c'est nécessaire, je n'en doute pas, Vi. Mais, Zeviehl, étonnant qu'elle n'ait pas cherché à vous... Ah, je n'ai rien dit. Elle vous a effectivement poignardé. Amateur de la manière forte, messire Voronwë ? Il y en a qui aiment. Il faut de tout pour faire un monde, cela dit. Personnellement, je préfère la soie au cuir et à l'acier, mais bon, il paraît que les vampires ont des mœurs plus dissolues que les miennes.

Plus petit que Zeviehl, il se haussa sur la pointe des pieds pour atteindre son oreille. Son ton était très bas, mais il était certain que l'ouïe fine du vampire entendrait.

- Mais sachez que même si elle l'ignore, je suis l'homme de sa vie. Je vous conseille, si vous continuez cette relation, de ne jamais lui faire mal. Qu'elle ne vienne jamais se plaindre de vous. Ou pire. Non seulement, je pense qu'elle vous tuerait, mais si elle ne le fait pas, c'est moi qui le ferai. Elle est comme un os brisé qui s'est mal ressoudé. Je vous déconseille de la briser à nouveau. J'ai tué un vampire pour moins que ça.

Araslane approcha ses lèvres de celles du vampire, sans toutefois les toucher. Il effleura du doigt la lèvre supérieure de Zeviehl, tout en souriant innocemment.

- Je pense que le message est passé... mignon.
- Je ne veux même pas savoir ce que tu lui as dit, Ara.
- Non, je ne pense pas que tu aurais aimé savoir, Vi, fit l'homme en se reculant, mais en gardant ses yeux bruns fixés sur le vampire, comme en signe d'avertissement.

Il vint s'asseoir à son bureau et croisa les mains, ses lèvres ourlées une fois de plus sur un sourire commercial.

- Bien, maintenant que les conditions ont été posées, Zeviehl Voronwë, que peut faire pour vous Araslane Chahine, Maître des voleurs de Reilor... ?
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MessageSujet: Re: C'était par où le port déjà ?... [Octavia]   Dim 26 Aoû 2012, 15:58

Spoiler:
 


Octavia entra dans la planque comme si elle était chez elle. Cela avait le don de rassurer un peu. On aurait tendance à penser qu’elle connaissait suffisamment le maître ou la maîtresse des lieux pour se permettre d’entrer sans indiquer son nom, ni indiquer quoi que se soit d’ailleurs, entrant comme dans un moulin. Zeviehl savait qu’ils étaient repérés, par qui ou par quoi cela restait encore à déterminer. En regardant à l’intérieur, il commençait à se donner raison. Tout ceci ressemblait de plus en plus à une cache principale de voleurs.

Il regardait… Et… Pourquoi ne pouvait-il pas entrer ?
Zeviehl posa les yeux sur l’encadrement de la porte. Il voulait avancer mais ses jambes ne répondaient pas. Quel était donc ce maléfice. Pourquoi ? Quand, comment ? Qui ?...
Mais…
*Je veux entrer… Bordel !*

Qu’est-ce que c’est encore cette connerie ?! Sa détermination aura beau être forte, il restait bloqué à l’entrer comme si une barrière lui défendait d’aller de l’avant. Il avait carrément l’impression qu’un éclair puissant le foudroierait s’il s’engageait.
Il regarda la jeune femme, impuissant. Elle lui fit un signe. Guidé par l’instinct, il entra comme n’importe qui. Il se retourna un instant vers la porte, étonné que l’autorisation d’Octavia est marché… Bon…
- On risque d'attendre quelques instants, Zeviehl. Il suffit juste d'espérer que ton nain ne changera pas de taverne.

Silgrum ? Changer de taverne ?
Cette possibilité était hors de porté d’un nain tel que lui. S’il trouvait une taverne assez bien pour ses fesses et qui vendaient de la bonne bière, assez pour ses lèvres de gourmet, gourmand, il y resterait jusqu’à ce que mort s’en suive.
Ou jusqu’à se que bourré s’en presse et qu’il se chope une bonne gueule de bois digne de son espèce.

Il ne bougera pas… Espérons-le.

Ils attendirent leur tour pour voir « cette personne » qui pourrait l’aider. C’était certain, il allait rencontrer le dirigeant de tout ce petit monde. Ils ne patientèrent pas long qu’un homme leur fit signe d’avancer. La jeune femme s’exécuta rapidement, passant comme si les autres n’existaient pas. D’un naturel polis, Zeviehl s’excusa auprès de ces quelques gens, un peu sur les nerfs.
Ils montèrent les marches, ou coururent dessus au choix, et arrivèrent devant une porte. Elle toqua, doucement, devant l’air interrogatif du vampire. Octavia mettre de la douceur sur une simple porte…
Étant mort-vivant, il en verra sans doute des choses, des belles et des pas mûres, mais ceci dépassait déjà toute compréhension…
Elle devait bien connaître la personne pour changer de comportement.
- Tu reviens à l'improviste, ma belle ? Je te manque déjà ?

Hein ?...
Ce devait être une manière de dire entrer, car elle le fit. Zeviehl fut très étonné par le lieu. Les décorations raffinées dépareillaient complètement avec le reste de la planque, sombre et très sobre. Il sourit à la vue des petits cousins aux milles couleurs, excentriques pour la plupart. Il s’était coltiné ce genre de cousin à cause des jumeaux, ses amis, qui adoraient s’y coucher dedans. Ces espèce de fainéants, attachant c’est ça le pire…
Mais à la longue ce genre de « pouf » s’adaptait bien à l’environnement. A la vue du hookah, le vampire se demandait à quoi cela pouvait bien servir… A fumer ? Peut-être. Au vue de l’ambiance qui régnait dans cette pièce, il imaginait bien le propriétaire fumé. Allez savoir pourquoi…

Il aperçut la personne en question. Un peu plus petit que lui, environ son âge, son sourire était large et plein de malice. Il commença à parler avec son amie, un détail sur lequel le vampire ne put s’y attarder car quelque chose le prit tout d’un coup. A la vue des cordes emmêlées qui pendouillaient, il eut une espèce de passage convulsif. Il commença à défaire les nœuds, comme s’il devait le faire à tout prix…

Mais… Qu’est-ce que c’est que ce… Mais merde ! Pourquoi il faisait une chose pareille ?! C’était ridicule ! Quel supplice… C’est quoi ces maléfices ?!

Il ne fit pas attention à la conversation en cours. Il défit tous les petits nœuds. Une fois fait il secoua la tête. Merde ! Ce n’est pas possible ce genre de choses !
Il se reprit, essayant de se concentrer. Les deux personnes semblaient se quereller un instant, sans doute à cause de sa présence en ces lieux.
- Vi ?... Hé, ma belle, je suis désolé. Disons que tu viennes comme ça, ça m'a un peu surpris. Surtout avec un vampire, quand tu sais que j'ai failli brûler vif à cause d'un de ses congénères...

Hum… D’accord. Il comprenait mieux les menaces d’Octavia. Elle devait tenir terriblement à cet homme. Inversement d’ailleurs ? Parce qu’appeler une personne comme elle « ma belle » sans se prendre une claque relevait du miracle ou de la folie ?
Il voulut la toucher mais se ravisa. C’était un homme très raisonnable pour un voleur. Ce dernier nous pondit une tragédie. Oh non pitié, s’il vous plait, pas un poète aux grands cœurs, on ne découlerait rien de sérieux… Tout ici donna l’impression au vampire qu’il était tombé dans un piège qui se refermait sur lui. Ce n’était qu’une impression… Pas vrai ?

- Bien, bien, bien. Comme tu as pu le voir, j'étais en plein travail, mais j'ai toujours des instants à te consacrer. Tu as un service à me demander ?
- Pas moi, lui. Il dit s'appeler Zeviehl Voronwë. Il cherche quelqu'un. Mais il t'expliquera ça mieux que moi.

*Euuh…* Pourquoi il n’utilisait jamais ce nom d’habitude ? Un souvenir voulut resurgir mais…
- Ooh... Voronwë ? Voronwë ! Quelle surprise... ! Je dois avoir encore un avis de recherche. Je les collectionne. Au fait, ma belle, j'ai tous les tiens. Ils ne te rendent pas justice. Surtout pas à tes cheveux et à tes yeux. Mais passons.

Et merde… Pour une surprise.
Il venait de se souvenir. C’est vrai qu’il était toujours recherché. Les gardes le connaissaient plus par le nom que par son prénom, étant donné qu’il l’avait utilisé à son ancien travail. Il avait vendu son corps pendant des années… Et à la fin il avait fuit pour sauver sa vie. Pour tomber dans les bras d’une vampire.
Octavia était également recherchée ?... Pourquoi cela ne l’étonnait qu’à moitié ?
- Cet homme, là, n'est pas un homme totalement innocent. Recherché pour meurtres, vols... Remarque, moi aussi, sauf les meurtres.

Si les hommes vivaient avec un voile blanc en guise d’âme, ça se saurait… Le vol il l'a pratiqué toute sa vie pour se nourrir, principalement lors de son enfance. Quant aux meurtres… Un boulot malhonnête, mal payé en plus… Quelle misère.
- Mais moi c'est différent, mon cher Zeviehl. Aux dernières nouvelles, vous étiez encore humain. Alors, on a frustré un vampire ? C'est souvent le cas pour les transformations non voulues. Si vous énervez les vampires, soit ils vous transforment, soit ils cherchent à vous tuer.
- J’aurais préféré qu’elle me tue alors…, murmura-t-il.

Le pensait-il vraiment ? Un peu. Porter une malédiction aussi lourde que celle-ci n’était pas de tout repos. Il tenait tellement à la vie… Tellement à sa liberté… Il avait tout perdu. Enfin pas totalement, puisqu’il existait encore. Il pouvait encore « vivre », avec des contraintes. Cela le rendait fou… Car on ne pouvait plus appeler cela une totale liberté.
En le mordant, en le transformant, elle l’avait maudit, jalouse de son amour, de son attache pour la vie et non pour elle, vampire respectée et belle.
- Mais les affaires sont les affaires, messire Voronwë, je suis donc ouvert à tout marché. Mais sachez que si vous songiez reprendre votre activité, il faudra compter avec nous. Je ne suis pas comme mon prédécesseur, qui laissait les voleurs hors guilde faire ce qu'ils voulaient. Oh, bien sûr, je peux en laisser quelqu'un hors de mon influence, mais je ne peux pas laisser tous les petits voleurs faire ce qui leurs chantent. Si vous cherchez absolument votre autonomie, alors soit. Mais faites attention à ce que vos cibles n'aient pas déjà été volées, si vous voyez ce que je veux dire… N’y voyez aucune... comment tu dis, déjà, Vi ?

Menace, hostilité, trouble ?

- Inimitié.

Également.
- Il n'y a vraiment que toi pour utiliser des mots impraticables à l'oral, ma belle. Bref, n'y voyez aucune inimitié. Je fais simplement mon travail.

Les termes étant posés, et si nous arrêtions de jouer aux poètes acharnés maintenant ? Non pas que Zeviehl n’était pas doué en la matière du bien parlé, mais il avait l’impression de jouer à un jeu dangereux avec ce genre de personne. Tout ça pour retrouver ce fichu petit bonhomme…

Pourquoi… Pourquoi ce fripon le regardait-il ainsi ? Il avait une tache ?
Apparemment oui, vu qu’il sortit un mouchoir.
- Le problème avec le rouge à lèvres de Vi, c'est qu'il ne tient pas du tout. Vous feriez mieux de vous essuyer la bouche.

Et de nouveau merde… Mais... Elle avait du rouge à lèvre ?...

Quel chance ce soir mon pauvre vampire. Cela commence à devenir intéressant, de voir combien tu empiles les emmerdes.

Il prit le mouchoir, gêné, et s’essuya les lèvres tout en écoutant le fil de la conversation.
- Tu as troqué les crocs de Cheh-dahn contre ceux d'un vampire ? Tu diminues la taille, Vi. Surprenant.

Mais qu'est-ce qui raconte ?
- Pas moi, lui. Tu crois vraiment que je suis du genre à embrasser le premier venu ?
- Oh, si c'est nécessaire, je n'en doute pas, Vi. Mais, Zeviehl, étonnant qu'elle n'ait pas cherché à vous... Ah, je n'ai rien dit. Elle vous a effectivement poignardé. Amateur de la manière forte, messire Voronwë ? Il y en a qui aiment. Il faut de tout pour faire un monde, cela dit. Personnellement, je préfère la soie au cuir et à l'acier, mais bon, il paraît que les vampires ont des mœurs plus dissolues que les miennes.

Quoi ? Mais pour qui le prenait-il ? Zeviehl se sentit insulté. Il ferma son manteau pour cacher « l’accident » et fronça les sourcils. On ne pouvait pas dire qu’elle lui avait réellement laissé le choix pour ce coup ! Il ne pratiquait pas la force, cela signifie viole. Et cette pratique le révulsait. Si une femme n’était ni d’accord, ni consentante, il ne tentait rien. Question de principe et de respect…
C’était un peu étrange pour un vampire ? Il a été humain avant toute chose ! C'était un peu étrange pour ce genre d'humain ?... Vous avez déjà été passionné d'art et maltraiter un tableau ? Non ? Bon... Nous sommes d'accord !
S’il devenait vampire à part entière, il espérait ne pas perdre totalement ce sens, car cela prouverait que la liberté, sa passion, qu’il avait tant aimée avait totalement disparue de son être…
Il refusait ça.

Le maître des voleurs s’approcha. Il était désormais très proche de lui.
- Mais sachez que même si elle l'ignore, je suis l'homme de sa vie. Je vous conseille, si vous continuez cette relation, de ne jamais lui faire mal. Qu'elle ne vienne jamais se plaindre de vous. Ou pire. Non seulement, je pense qu'elle vous tuerait, mais si elle ne le fait pas, c'est moi qui le ferai. Elle est comme un os brisé qui s'est mal ressoudé. Je vous déconseille de la briser à nouveau. J'ai tué un vampire pour moins que ça.

Merci pour ce cadeau si attentionné. Être avec Octavia ? Zeviehl ? Casé avec quelqu’un ?
Oh là attendez… J’ai loupé quelque chose.
Qui parlait de commencer une relation ? Et il pensait vraiment qu’ils… Zeviehl sourit. Il aurait pu éclater de rire, mais il avait peur de finir en poussière.

Le comportement du voleur le laissait perplexe. Surtout au moment où il frôla ses lèvres du bout du doigt. Il haussa un sourcil en croisant le regard de l’homme.
- Je pense que le message est passé... mignon.

Zeviehl tressaillit, pris d’horreur. Maudit mot… Il était loin d’être naïf et il avait peur de comprendre ce que son cerveau avait analysé…
Ce n'était plus un avertissement ! C’était catégoriquement une menace au corps. Encore il aurait été une femme mais ce ne fut pas le cas.

Bon dieu… Le sourire de cet homme était traumatisant à la longue. Mais il en fallait un peu plus pour faire fuir Zeviehl. Après tout, il avait déjà commercé avec un nain. En ressortir indemne c’était pas mal, en ressortir indemne avec de l’or c’était du génie.

Zeviehl s’approcha du maître des voleurs. Il posa un regard à Octavia. Du moment qu’il ne faisait pas un faux pas, elle ne lui trancherait pas la tête. Alors, comme un être normal qui venait discuter avec un autre, il posa ses mains sur le bureau et approcha le visage.
- Entre nous, la personne qui aime la manière forte en ces lieux n’est ni moi, ni vous, dit-il en confidence, tournant la tête un instant vers « Vi ». Adorable surnom au passage.
Je ne suis pas un homme qui se case. Plutôt de ceux qui se passionnent dans un art subtil de plaisant… Elle est à vous ? Je la laisse… Vous voulez qu’on règle cela avec les poings, je ne vous en voudrais pas. Certains l’ont fait pour plus qu’un simple baisé –il ajouta pour être fixé sur cette histoire- Accidentel, en ce qui concerne Octavia.

Ou provoqué par un instinct de survis, comme vous voulez…
- D’ailleurs je devrais parler au passé. Car Mr Vorronwë est décédé, je vous pris donc de ne plus m’appeler par ce nom…

Il approcha un peu plus son visage, à quelque centimètre de celui de l’humain…
- En se qui concerne les affaires à Reilor. La ville est bien assez grande pour nous deux, non ? De toute manière, pour ce qui est de questions d’argents, je vous conseille de vous entretenir avec le nain que je cherche. C’est lui qui gère notre affaire...

Son seul rôle étant de becter de l’humain riche, ou ayant des possessions de grandes valeurs que le nain pillerait avec joie pour s’enrichir. Il en sortira quelques sacs d’or pour le vampire. Le maître des voleurs avaient le droit d’avoir sa part, mais qu’il aille la demander à Silgrum.
- En parlant de lui, dit-il se redressant. Il se nomme Silgrum Azgal. Il est un peu comme vous, avec ce sourire et ces yeux malicieux. Rajoutez lui une barbe rousse, une petite taille, quoi de plus normal pour un nain, et une fâcheuse manie d’être radin avec l’or. Bonne chance pour faire des affaires avec lui, finit-il, faisant à son tour un sourire sarcastique.
Enfin… Suffit d’avoir la bonne méthode, j’y arrive bien ! Il ne faut pas omettre qu’il possède une hache et qu’il n’a aucun scrupule à l’utiliser comme ça lui chante. Naturellement puisqu’il se prend pour un roi.

Il recula un peu du bureau, au cas où Octavia penserait qu’il ferait un acte irréparable et le dernier qu’il ferait.
- Le connaissant, et au vue de son envie pressante de tout à l’heure, il a sans doute trouvé une excellente taverne qui sert la meilleur bière du coin. Et le connaissant très bien, il payera cette bière pour pas chère.

Cela devrait réduire les champs de recherche. Zeviehl n’était jamais venu à Reilor, même s’il connaissait un peu les règles établis. Ce n’est pas comme s’il avait vécu dans une ville marchande bondait de mon monde, de voleurs, d’assassins et de règles…
Reilor c’était la même chose mais en plus grande. On s’y perdait rapidement.
Le problème dans ce genre de communauté, était qu’il fallait s’adapter rapidement ou crever.
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MessageSujet: Re: C'était par où le port déjà ?... [Octavia]   Sam 01 Sep 2012, 18:34

Spoiler:
 


Quand Zeviehl approcha d'Araslane, ce dernier l'observa avec un intérêt poli, menton niché entre ses doigts croisés.

- Entre nous, la personne qui aime la manière forte en ces lieux n’est ni moi, ni vous

La phrase lui arracha un gloussement. Oui... Quand on s'était frotté à la jeune femme, on comprenait très vite qu'elle n'était pas tendre. Cependant, quand il croisa le regard noir – au sens propre comme au figuré – d'Octavia, il reprit son sérieux. Surtout quand le vampire continua :

- Je ne suis pas un homme qui se case. Plutôt de ceux qui se passionnent dans un art subtil de plaisant… Elle est à vous ? Je la laisse… Vous voulez qu’on règle cela avec les poings, je ne vous en voudrais pas. Certains l’ont fait pour plus qu’un simple baisé... Accidentel, en ce qui concerne Octavia.

Le maître voleur haussa un sourcil, Octavia s'adossa à un mur. Araslane se sentait un peu gêné qu'elle eut connaissance des prétentions d'appartenance à son encontre, mais l'homme savait quasiment d'instinct qu'elle était la plus à même de comprendre, et surtout d'avoir la même possessivité. En même temps, il était presque soulagé d'apprendre que la jeune femme n'avait pas donné son corps à quelqu'un d'autre : être obligée de servir de chaufferette à un démon quand il se sentait seul n'était pas un sort enviable, et il doutait que Cheh-dahn soit très doux ; quitte à ce qu'elle ait une relation, autant que l'homme qu'elle choisisse la comprenne, soit tendre avec elle, comme pour lui montrer qu'il n'y avait pas que la brutalité et l'obligation dans une relation. Mais Araslane s'égarait et failli manquer la suite :

- En se qui concerne les affaires à Reilor. La ville est bien assez grande pour nous deux, non ? De toute manière, pour ce qui est de questions d’argents, je vous conseille de vous entretenir avec le nain que je cherche. C’est lui qui gère notre affaire... - En parlant de lui il se nomme Silgrum Azgal. Il est un peu comme vous, avec ce sourire et ces yeux malicieux. Rajoutez lui une barbe rousse, une petite taille, quoi de plus normal pour un nain, et une fâcheuse manie d’être radin avec l’or. Bonne chance pour faire des affaires avec lui.
Enfin… Suffit d’avoir la bonne méthode, j’y arrive bien ! Il ne faut pas omettre qu’il possède une hache et qu’il n’a aucun scrupule à l’utiliser comme ça lui chante. Naturellement puisqu’il se prend pour un roi. Le connaissant, et au vue de son envie pressante de tout à l’heure, il a sans doute trouvé une excellente taverne qui sert la meilleur bière du coin. Et le connaissant très bien, il payera cette bière pour pas chère.


Le maître voleur écouta le vampire sans mot dire, sans que la moindre expression ne vienne cette fois troubler son visage, comme si le rappel du travail, la requête qu'on lui posait l'avait rendu plus sérieux. Tout en réfléchissant, il se tapota les lèvres. Puis il se saisit d'une feuille vierge et d'une plume qu'il trempa dans l'encre, écrivit rapidement quelque chose puis hurla :

- Marwynn !

Son second vint quasiment immédiatement.


- Apporte moi ça, et dis à Caramel de venir. Maintenant. S'il veut continuer de butiner des filles, il a intérêt à venir tout de suite. Oh, et profites-en pour lui rappeler qu'il doit arrêter de charmer Dani s'il ne veut pas se prendre une dague dans l’œil. C'est au mieux tout ce qu'il obtiendra d'elle.

Le géant hocha la tête et quitta la pièce. Après quoi, Araslane se leva et marcha dans la pièce sans faire attention aux autres.

- Non, non. Je ne souhaite pas régler tout ceci par la violence. Haïr les gens est d'un fatiguant... Hum... Bon, Azgal, prendre un associé ? Décidément, cher Zeviehl, vous avez l'art de transformer les gens que vous côtoyez. Quand ce n'est pas Octavia Sterenn le fléau des loups-garou, c'est Silgrum Azgal le cupide... Pour ce premier service que vous demandez, il ne vous en coûtera qu'une pièce d'or. La symbolique, voyez ? Vous avez égayé ma soirée et j'ai rarement vu Vi aussi calme ; je n'ai donc pas envie de vous faire trop payer.

Un temps de silence. Araslane tendit l'oreille, son visage se renfrognant. Il vint à la porte, l'ouvrit pour y trouver Marwynn, un coffret dans les mains. Remerciant son second, l'homme lui dit de le poser sur le bureau, puis sortit légèrement de la pièce pour hurler :

- BORDEL DE FOUTRE, CARAMEL, J'AI DIT TOUT DE SUITE !

Marwynn haussa les épaules :

- Je lui ai dit, pourtant. De même que votre avertissement, mais vous le connaissez...
- Justement. Je pensais que tu l'effrayais encore, Marwynn.
- Désolé, Maître Chahine.
- Ne t'excuse pas pour ça, va. Je commence à avoir l'habitude. Je devrais l'envoyer à Arthel, tiens, ou au nouveau maître des courtisanes. Il s'appelle comment, déjà, ce blanc-bec ?
- Il a soixante ans et était l'ancien maître des courtisanes avant que vous ne fassiez brûler Aengil. Il s'appelle Victor Olivard.
- … Je devrais peut-être sortir plus souvent.
- Et assister aux réunions entre Maîtres, Maître Chahine, rappela obligeamment Marwynn.
- Aussi, oui. Merci, Marwynn, tu peux disposer. Frappe Caramel de ma part si ça peut le motiver à se bouger le cul (l'homme s'inclina et quitta la pièce). Bon, où en étais-je ? Oui. Heureusement pour vous, j'ai fait surveiller Azgal, au vu de son passif. Par Caramel. Il était censé me donner son rapp...

Il y eut des coups rapides à la porte, et un neko à la fourrure ébouriffée s'engouffra dans la pièce, le souffle court. Extrêmement félin, on voyait clairement ses oreilles rejetées en arrière.

- Oh, Caramel ! Étrange. Il me semblait avoir dit... quoi ? Immédiatement ? Qu'est ce que tu ne comprends pas dans ce mot ? Peut-être ai-je utilisé un vocabulaire trop élevé ?
- Je suis désolé, Maître Chahine. Euh... Mon... Mon rapport, peut-être ?
- Si cela ne te dérange pas, Caramel, lui répondit Araslane, doucereux, mais le ton utilisé fit grimacer le neko.
- Ha, euh... Je l'ai quitté au port, vous savez, puisque maintenant...
- Ah. Oui. Donc, tu l'as quitté au port, et tu as mis autant de temps pour revenir et me le dire ?
- Désolé, Maître Chahine, je...
- Dégage. Hors de mon bureau. Oh, et tu restes dans la planque. Tu ne vas pas courir sur les toits et tout le reste. Tu restes là. Puisque tu n'es pas très efficace, tu vas faire ce pour quoi tu es si doué : rien. Demain, nous allons reprendre en main ton... éducation. J'espère que tu n'as pas oublié que Marwynn était punisseur.

Le neko déglutit et quitta la pièce en inclinant le buste. Araslane soupira et ferma un instant les yeux, avant de se retourner vers Zeviehl et Octavia.


- Bon. Le port n'est pas mon domaine – on me l'a rappelé assez de fois – donc mes voleurs y ont un accès réduit. On a dû refuser l'entrée à Caramel. Mais passons. Les tavernes des marins sont généralement peu chères, mais le service n'est pas de qualité : oubliez celles-ci. Il n'y en a que quatre dans cette zone qui pourraient correspondre à vos critères. L'auberge de L'Oeil de la Gorgone, qui doit dater d'environ cinq ou six ans, le gérant est un type qui vous fait froid dans le dos – personnellement, je l'évite, et ne saurais trop vous conseiller de faire de même ; ensuite, L'Ours et le Sort, tenue par un couple de mage : l'endroit rêvé pour y dénicher des contrats légaux – et j'insiste là dessus : Au Chat en Boîte, ouverte il y a peu : je ne la connais quasiment pas ; et enfin L'Arbre Rouge, qui propose... d'autres amusements : le lupanar des capitaines de navire, en somme. J'ai bien failli le faire brûler celui là. Mais passons.

Araslane s'était assis sur son bureau, le coffret apporté par Marwynn entre les mains. Il touchait distraitement le bois de rose, semblant hésiter à l'ouvrir ou non.

- Octavia ? Quand tu auras un moment de libre, j'aimerai te parler de notre affaire commune. Il y a des éléments qui sont soudainement remontés à la surface. Ce n'est pas très pressé, et je les fais surveiller, mais ne traîne pas trop quand même.
- La carte de Meryre ?
- Il est possible que finalement, mon père ne soit pas parti pour Aïklando, ma belle. Mais (il jeta un coup d’œil à Zeviehl) nous parlerons de tout ça un autre jour.

Il y eut un autre moment d'hésitation, Araslane caressant les ouvertures du coffret du bout des doigts. Lèvres pincées, le maître voleur semblait en proie aux affres de l'indécision. Mais finalement il reposa le coffret sur le bureau. Il sourit à Octavia :

- Il faudrait que je te parle d'autre chose, mais ça aussi ça peut attendre. Rien n'est pressé, hein ?

La jeune femme observa Araslane un moment, silencieuse, se demandant ce qu'il lui cachait, mais haussa les épaules et sortit une pièce d'or de sa bourse, la lançant à Araslane qui l'attrapa d'un geste souple.

- Je règle la course pour Zeviehl. C'est moi qui l'ai amené ici, après tout. Bonne soirée, Ara.
- Bonne soirée, ma belle. Zeviehl, ce fut un plaisir de vous revoir parmi les vivants. Enfin... la formulation est peut-être mal choisie, mais vous voyez ce que je veux dire.

Malicieux, le voleur envoya un baiser à la jeune femme – à moins que ce ne soit à Zeviehl ? -
Octavia ne put retenir un sourire et agita à son tour les doigts en quittant la pièce, traînant le vampire derrière elle. Qu'importe si cet homme la voyait sourire comme une gamine de dix ans. Après tout, il avait vu Araslane et n'avait rien fait pour lui nuire. Pas encore, du moins.

L'étrange couple quitta le repaire des voleurs par une autre porte, qui déboucha sur une ruelle, un peu plus loin. La jeune femme se tourna alors vers le vampire :


- Bon. L'Oeil de la Gorgone, Au Chat en Boite, L'Ours et le Sort, et l'Arbre Rouge, c'est ça ? Je ne sais pas où elles se trouvent toutes, mais je suppose que ça ne doit pas être bien compliqué. Allez, viens. J'ai envie de savoir à quoi ressemble ton nain.

Son air était plus léger, un vague sourire sur ses lèvres trop larges, le pas plus rapide, un peu comme une petite fille qui s'amusait lors d'une chasse au trésor. Tout au long de l'entretien, elle s'était concentrée pour se fermer au lien psychique qui la reliait à Cheh-dahn, pour que son démon de maître ne sente pas l'immense affection qu'elle vouait à Araslane et qu'il ne décide pas de supprimer le maître voleur. C'était la pire peur d'Octavia : que Cheh-dahn supprime sa rédemption.

Mais maintenant que leur discussion avec Araslane était terminée, non pas qu'elle était heureuse de le quitter, mais elle se sentait soulagée. Elle savait qu'elle était un danger permanent pour le maître voleur, mais elle ne pouvait s'empêcher d'aller le voir. Elle se racla la gorge pour s'arracher à ses pensées négatives.


- Au fait... merci. Tu n'as rien fait. Si jamais tu te transformes en sale vampire assoiffé de sang et sans aucun contrôle, j'y penserai, ajouta-t-elle avec un autre sourire.

Oui, Octavia était de bonne humeur.

Et maintenant... direction le port !



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MessageSujet: Re: C'était par où le port déjà ?... [Octavia]   Dim 02 Sep 2012, 14:12

Le maître voleur écouta attentivement tout ce que Zeviehl lui disait. Il était content d'être tombé sur une personne honnête. Enfin... Aussi honnête que cela puisse être possible pour un voleur, et qui plus est, le maître parmi les fripons de cette ville.
L'expression de Chahine se figea, prise de réflexion. Il appela, de manière fort exigeante, son acolyte. Cet homme faisait deux têtes de plus que Zeviehl, voir même trois de plus près, et faisait sans aucune doute deux fois son poids... Un garde du corps auquel il ne se frottera jamais, même mourant de faim.
Araslane lui donna ses ordres et il s'exécuta rapidement. Il parla tout en faisant les cents pas dans la pièce. Qualité admirable que de savoir faire plusieurs choses en même temps.
- Non, non. Je ne souhaite pas régler tout ceci par la violence. Haïr les gens est d'un fatiguant...

Il l'en voyait heureux. Le libertinage était mal vu dans la société... Humaine en tout cas. Il connaissait mal les autres pour savoir si c'était le cas chez les voisins.
Peut-être pourrait-il vivre dix fois mieux ailleurs ? Oui mais on est toujours mieux chez soi !
- Hum... Bon, Azgal, prendre un associé ? Décidément, cher Zeviehl, vous avez l'art de transformer les gens que vous côtoyez.

C'était une métaphore, c'est ça ? Zeviehl ne sut que dire et préféra sourire poliment.
- Quand ce n'est pas Octavia Sterenn le fléau des loups-garou, c'est Silgrum Azgal le cupide... Pour ce premier service que vous demandez, il ne vous en coûtera qu'une pièce d'or. La symbolique, voyez ? Vous avez égayé ma soirée et j'ai rarement vu Vi aussi calme ; je n'ai donc pas envie de vous faire trop payer.

Une attention appréciable et appréciée. Zeviehl s'inclina respectueusement. Il n'avait pas un sous sur lui, mais comme à sa fâcheuse habitude, il payerait plus tard. Ou alors il demandera à Silgrum de payer pour lui...
D'ailleurs... Le maître des voleurs connaissaient le nain ? Ce n'était pas étonnant. Silgrum a dû se faire connaître de mille et une façon auprès des guildes à force de cambriolages et de complots. Rien n'était laissé, tout finissait par lui appartenir. C'était son train de vie. L'or le faisait frémir de plaisir, à l'idée de l'avoir et de le cacher dans sa "grotte secrète".
- Je ne suis pas tout à fait son associé, finit par répondre le vampire. Disons plutôt que... Je lui appartiens.

C'était ce qu'il lui avait dit. "Désormais tu m'appartiens". A ce moment, il était en train de lui sauver sa vie de non-mort. A ce moment là, ils passèrent un contrat oral typique des nains qui ne s'encombraient jamais de papier et de signature. Ce qui était dit est dit, et ils avaient de bonnes oreilles, fichtre...
Zeviehl lui devait la vie. Et donc en échange il lui offrait ses services.
- BORDEL DE FOUTRE, CARAMEL, J'AI DIT TOUT DE SUITE !

La violence du son tira le vampire de ses songes. Le colosse entra de nouveau dans le bureau. Il s'excusa et assura qu'il avait prévenu le dénommé Caramel. Ce prénom faisait sourire intérieurement le coureur de jupon... Cela lui faisait penser à une femme qui se faisait interpelé "Chocolate" (à prononcé "é" la fin). Une gourmandise ô combien délicieuse.
En tout cas, ce Caramel ne devait pas être une femme et allait finir par être puni sévèrement s'il n'obéissait pas aux ordres d'Araslane, qui perdait patience.
- Bon, où en étais-je ? Oui. Heureusement pour vous, j'ai fait surveiller Azgal, au vu de son passif.

Naturellement. D'ailleurs c'est étonnant qu'il ne lui en avait pas parlé...
Zeviehl se demandait si le nain n'allait pas s'amuser à mettre des espions sur "la liste de chasse". Le vampire aurait bien mis en garde le maître voleur mais les évènements s'enchaînèrent...
Quelqu'un frappa frénétiquement la porte du bureau. Et...
Zeviehl fit de gros yeux. Qu'est-ce... que ? C'est ? Que ? ...
Un... chat géant ? Non, non, non... Était-il drogué sans le savoir ?
Mais ! Mais il parle ! C'était donc un homme-chat. Il avait le physique humanoïde, mais toutes les caractéristiques d'un chat. Une queue féline qui rallonge sa colonne vertébrale, des oreilles pointures qui bougent selon l'émotion, un nez de chat, des yeux de chats...
Incroyable, mais d'où sortait ces créatures ? Même sa voix avait des airs de miaulements plaintifs lorsqu'il s'excusait.
Zeviehl le trouvait magnifique...
Il se demandait comment aurait réagit Mr Grifou en le voyant.

Est-ce qu'il existait des Caramel en version féminine ?
- Bon. Le port n'est pas mon domaine – on me l'a rappelé assez de fois –

Zeviehl soupira. On pourrait croire que c'était par désespoir, oui, vue la situation. Mais il était aussi désespéré de ne pas en savoir plus sur ces créatures.
Arrêtons là nos curiosités et concentrons nous, beau gosse d'outre tombe...
- ...donc mes voleurs y ont un accès réduit. On a dû refuser l'entrée à Caramel. Mais passons. Les tavernes des marins sont généralement peu chères, mais le service n'est pas de qualité : oubliez celles-ci. Il n'y en a que quatre dans cette zone qui pourraient correspondre à vos critères. L'auberge de L'Oeil de la Gorgone, qui doit dater d'environ cinq ou six ans, le gérant est un type qui vous fait froid dans le dos – personnellement, je l'évite, et ne saurais trop vous conseiller de faire de même ; ensuite, L'Ours et le Sort, tenue par un couple de mage : l'endroit rêvé pour y dénicher des contrats légaux – et j'insiste là dessus : Au Chat en Boîte, ouverte il y a peu : je ne la connais quasiment pas ; et enfin L'Arbre Rouge, qui propose... d'autres amusements : le lupanar des capitaines de navire, en somme. J'ai bien failli le faire brûler celui là. Mais passons.

Quant il prononça le nom de la taverne "Chat en boîte", Zeviehl eut un déclic, comme si son instinct à l'intérieur de son être le poussait sur ce chemin... Étrange. Aussi bizarre que cela puisse paraître, il connaissait d'une certaine manière cet endroit. Pourtant il n'en avait jamais entendu parlé, ni vue de ses propres yeux.
Les deux autres étaient partis sur une discutions qui sonnait personnelle... Zeviehl attendit un peu plus loin, pour ne pas les gêner. Il connaissait ces regards. Secrets, cachoteries... Confidences qui ne devaient pas tomber dans les oreilles d'autrui.
Par respect et pour éviter d'avoir des problèmes avec Octavia, il préféra ne rien entendre de ce qu'ils se disaient.
- Je règle la course pour Zeviehl. C'est moi qui l'ai amené ici, après tout. Bonne soirée, Ara.

Octavia... gentille ? Zeviehl sourit d'étonnement.
- Bonne soirée, ma belle. Zeviehl, ce fut un plaisir de vous revoir parmi les vivants. Enfin... la formulation est peut-être mal choisie, mais vous voyez ce que je veux dire.

C'était facile. Comment ne pas blaguer sur la situation des vampires hum ?
Zeviehl afficha furtivement une moue suivit d'un sourire amusé. Il était officiellement décédé, il n'aurait plus d'ennui avec la garde. Sauf s'ils le voyaient...
Ils feraient toujours de la nourriture supplémentaire dans ce cas.
- Le plaisir est partagé, Maître. A de prochaines affaires, salua-t-il

En espérant que les affaires se fassent toujours de manière amicale, évidemment.
Araslane envoya un baisé... Il n'était pas bien sûr s'il lui était destiné et ne put s'empêcher d'avoir de nouveau un frisson d'effroi.
Cauchemardesque... Comment faire frissonner un vampire, appelez le service Ara !




Ils sortirent du repaire. Zeviehl suivait une femme métamorphosée... Octavia semblait bien différente que tout à l'heure alors qu'elle l'empalait de son cimeterre. Elle était... heureuse ? Comme une jeune femme qui avait vue son meilleur ami, son confident ou son amant...
C'était un peu troublant, mais le vampire ne transparaissait rien qui suggérait qu'il s'interroger sur le comportement de la guerrière.
- Bon. L'Oeil de la Gorgone, Au Chat en Boite, L'Ours et le Sort, et l'Arbre Rouge, c'est ça ? Je ne sais pas où elles se trouvent toutes, mais je suppose que ça ne doit pas être bien compliqué. Allez, viens. J'ai envie de savoir à quoi ressemble ton nain.
- Ah ? ...

Son interrogation était sortie toute seule... Sa gaieté était presqu'irréelle. Ayant toujours une personnalité forte et masculine, c'était intriguant de voir combien le maître des voleurs l'avaient... changé.
Elle ressemblait à n'importe quelle femme. Brillante, éclatante même, joyeuse, curieuse...
Zeviehl sourit.
- Comme vous voulez. A deux nous trouverons plus facilement. Je vous propose qu'on se sépare un instant pour commencer. Cherchez vers l'Ours et le Sort, c'est la seule que je pense peu probable de l'y trouver, mais sait-on jamais... Je tenterais ma chance à l'Oeil de la Gorgone et l'Arbre Rouge. Nous finirons par le Chat en boîte.

Ils iraient bien plus vite. Si Araslane ne s'était pas trompé, ils finiraient par trouver Silgrum.
- Au fait... merci. Tu n'as rien fait. Si jamais tu te transformes en sale vampire assoiffé de sang et sans aucun contrôle, j'y penserai.

La jeune femme lui souriait. Le visage de l'homme s'assombrit. Il baissa un moment les yeux, immobile, alors qu'Octavia continua.
Il finit par la suivre machinalement alors qu'il cherchait ses mots. Il la rattrapa au moment où l'odeur du poisson abondant du port titillait leurs narines.
- Si je me transforme en créature sans contrôle... , commença Zeviehl, d'un air sombre. Faites moi l'honneur de m'offrir une mort digne... Car je n'aurais plus rien d'humain, ni de vampire, ni de quoi que se soit. Sans conscience, nous ne sommes rien...

Il avait conscience de chacun de ses mots. Il avait toujours assumé tout ce qu'il pensait et disait aux autres...
Sa philosophie était variante. C'était un lâche qui aimait le luxe et le plaisir, surtout celle de la bonne compagnie féminine. Mais une autre part de lui contenait des valeurs et des rêves, qui au passage étaient typiquement humain, selon les créatures hostiles, tel que les démons et vampires. Zeviehl deviendrait un chasseur. Mais un chasseur qui avait ses principes... Ses souvenirs finiraient par s'estomper, il en avait conscience chaque jour.
Il espérait qu'il ne perdrait pas se qu'il est, en chemin. Celui de son existence de non-vie.




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