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"Homme libre, toujours tu chériras la mer !"
"La mer enseigne aux marins des rêves que les ports assassinent."
"La sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit."
"Il est des moments où les rêves les plus fous semblent réalisables à condition d'oser les tenter."
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 La Princesse des mercenaires

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MessageSujet: La Princesse des mercenaires   Dim 13 Mai 2012, 19:21

J'ouvre doucement les yeux, me réveillant petit à petit.

- Où suis-je ?

Instinctivement, je me redresse et pose la main par terre. Je ne le vois nul part. Où est donc passé mon frère ?

J'observe les alentours. Où est passé le chemin que nous suivions, les grands arbres qui le bordaient, l'herbe verte qui le traçait ? Où sont passés les petits cailloux blancs qui nous nous amusions à lancer, les oiseaux qui chantaient, les insectes qui bourdonnaient ? Où est le soleil qui chauffait nos visages ?

C'est tout rouge. Comme la couleur de la chemise de papa le soir où il est rentré à la maison. Et jamais ressorti. Il n'y a pas de fenêtres dans la grande salle rouge, pas de porte non plus. Comme si la pièce voulait me garder pour elle toute seule. Il y a des choses bizarres collées au mur. Et quelque chose un peu plus loin de plus grand et brillant.

Je me lève et m'approche du mur. Les choses bizarres sont des photos. J'arrive tout juste à les apercevoir, je ne suis pas très grande. Il y a des gens sur les images. Des gens que je connais.

La première photo représente un monsieur souriant tenant un bébé dans ses bras. Le monsieur est mon papa. Un petit garçon essaie de voir le nouveau-né. Ses cheveux sont aussi blonds que l'or, ses yeux sont verts et bruns à la fois. C'est mon frère. Il est tout petit sur la photo.

Je me dirige vers la deuxième image d'un pas gracieux, croisant les bras dans mon dos, trottinant légèrement, presque en sifflotant. Sur la photo, il y a une petite fille d'environ cinq ans. Le garçon de la photo précédente lui tend un morceau de pain avec un petit sourire en coin, morceau de pain qu'il vient tout juste de voler au boulanger du village d'à côté.

La troisième image représente une petite maisonnette délabrée. C'est ma maison. C'était ma maison. C'est la que j'ai vécu avec mon papa et mon frère depuis ma naissance. Mais ma maman n'était pas là.

Les autres images représentes toujours les deux enfants en train de jouer, de courir ou de grimper dans les arbres. D'autres souvenirs, furtifs ou mémorables pour un gamin. Il n'y a pas grand chose à dire sur ma vie jusqu'à présent.

Je m'approche ensuite du grand miroir. On dirait un miroir de reine, papa a toujours eu des miroirs tout petits, tellement petits qu'on pourrait les mettre dans sa poche. Ils étaient en morceaux aussi. Très souvent. Papa avait juste assez d'argent pour acheter de la nourriture et quelque fois ce n'était pas suffisant, aussi il était contraint de voler.

Je me regarde dans la glace. Petite robe indigo arrivant jusqu'au genoux, capuche brune dans mon dos. Longs cheveux blonds attachés en une queue de cheval négligée, ça doit faire trois jours que je l'ai faites. Un peu de boue macule mon visage rond, tout comme le reste lointain de quelques larmes de passage. J'ai les yeux bleus. Papa disait que c'étaient les mêmes que ceux de maman. Petit nez en trompette, joues légèrement rosées, minois plein de candeur. Certaines de mes fines mèches bouclent, j'essaie de les lisser tant bien que mal.

Il n'y a que moi dans le miroir. Je fais un petit tour sur moi-même, m'observant dans les moindres détails. Il n'y a pas grand chose à regarder dans la glace, il n'y a que moi. Le miroir est si grand que je n'arrive pas à l'entourer de mes bras. Je me retourne et observe encore la salle, mais elle n'a pas changé depuis mon premier coup d'oeil.

Je sursaute et remet ma capuche. Personne ne doit me voir. J'ai promis de me cacher.

Il n'y a plus que mes yeux qui se reflètent dans l'ombre du capuchon. J'ai peur sans mon frère. Pourquoi m'a-t-il laissé ici ? Où est-il parti ? Va-t-il revenir ?
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MessageSujet: Re: La Princesse des mercenaires   Dim 13 Mai 2012, 22:01




Reflet encore imcomplet, j’attends de prendre corps. Derrière le miroir, impatient, je veux te découvrir, m’emparer de ton apparence. J’aimerais jouer avec toi, rire... Je me sens si seul.
J’essaie d’attirer ton attention, mais tu ne me regarde pas. Lève toi, viens me voir ! N’ai pas peur... Regarde, je suis comme toi. Je suis là, viens m’observer.

Ah voilà, tu me regardes enfin. Tu vois comme je suis belle, ainsi déguisée ? Admire moi, admire mes yeux, ma bouche, mon corps ! Mais... tu pleurs...? Tu crois que je ne suis qu’un simple reflet ? Tu crois que ce n’est que toi ? Tu ne me vois pas... tu ne me vois pas ! Petit être égoïste, tu penses être la seule ici à ressentir du chagrin ? Tu n’as pas le droit de m’ignorer ! Tu n’as pas le droit !

Je laisse mon regard s’embraser. Là, tu me vois maintenant ? Tu n’as pas voulu comprendre. Dommage pour toi. Le sourire qui apparaît sur mon visage n’est pas le tien. Je voulais être ton ami, tu as refusé. Je jouerai autrement.
Derrière toi, la salle se met à rétrécir. Le rouge va t’engloutir. Regarde comme les murs se rapprochent... Oh, tu as peur j’espère, je serais déçu autrement. Tu t’appuies sur moi dans l’espoir d’échapper à ton sort et je ris de voir tes efforts désespérés.

Je voudrais continuer à m’amuser mais je sens que le temps m’échappe. Dans ma main, la clé est apparu et le miroir qui m’abrite commence à fondre. Le verre devient eau immatérielle. Je me dissous et te laisse passer à travers moi... Tu me manqueras, je crois.




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MessageSujet: Re: La Princesse des mercenaires   Lun 14 Mai 2012, 21:33

Tout va bien jusqu'au moment où les murs commencent à se rapprocher de moi. Tout en réduisant la taille de la salle, les murs s'obscurcissent, passant d'un profond rouge sang à un graduel noir d'encre. Tout semble s'évanouir dans un silence agonisant, comme étouffé par l'avancée soudaine des murs. Le miroir et les photos se fondent dans le décor, ne formant plus qu'un avec la noirceur naissante.

Les ténèbres m'enveloppent complètement, je me recroqueville sur moi-même, les mains serrant fortement ma capuche sur ma tête, essayant de disparaitre en dessous. J'ai peur du noir. Il y a des tas de méchants monstres qui s'y tapissent. Des monstres avec de grand crocs, de longues griffes, des monstres qui veulent me manger.

Je suis seule...

Je suis toute seule...

Une voix douce monte des ténèbres.

- N'ai pas peur petite. Nous ne te voulons aucun mal.

- C'est vrai ?

- Oui, ne t'inquiète pas, tu ne risques rien.

- Qui êtes-vous ?

- Et toi qui es-tu ?

- Toi d'abord, qui es-tu ?

- Si tu réponds à nos questions, nous te dirons comment sortir d'ici et retrouver ton frère ?

- C'est vrai ?

J'essuye mes yeux pleines de larmes et mon nez.

- Oui, alors petite, qui es-tu ?

- Je suis la Princesse des mercenaires.

- Comment ça ?

- Mon papa est le Roi des mercenaires, c'est lui-même qui l'a dit. Alors moi, je suis la Princesse des mercenaires.

- Si tu es vraiment une princesse, où donc est ta couronne ?

- Mon papa n'a pas eu le temps de m'en faire une.

- Quel est ton nom ?

Je m'assois par terre, consciente que je ne pourrais pas m'en aller tant que cet interrogatoire ne sera pas fini. De plus, je ne vois pas dnas le noir.

- Je m'appelle Rei Alexandria.

- C'est faux ! Ce n'est pas ton vrai nom ! Ton père t'a ordonné de porter ce nom uniquement dans le but de te protéger de ses ennemis.

- J'ai pas le droit de vous le dire.

- Dévoile nous ton identité, nous voulons savoir. Si tu es sage, tu auras une belle récompense.

- Je pourrais sortir d'ici ?

- Oui.

- Et vous me direz où est mon frère ?

- Oui.

- C'est promis ?

- Oui, promis.

J'hésite.

- Je ne sais pas, ce n'est pas bien. Papa ne serait pas content...

- Ton père est mo...

- Tu peux nous faire confiance.

- Bon d'accord, je vais voue le dire. Mais c'est un secret ! Pour de vrai, je m'appelle Sara Knightwood.

Ma dernière phrase a été un murmure.

- Petite, que cherches-tu à accomplir en rejoignant la capitale ?

- Je cherche ma maman. Papa m'a dit de la retrouver. Il m'a dit son nom et m'a donné le collier qu'elle lui a laissé.

Je sursaute. Le collier ! Je l'avais complètement oublié ! Je fourre ma main dans ma poche et soupire de soulagement en sentant la pierre à facettes sous mes doigts.

- Quel est le nom de ta mère ?

- Elle s'appelle Salitha Eladan et papa disait toujours qu'elle est très belle. Il disait aussi que j'ai ses yeux.

Les voix se taisent, il n'y a plus un bruit dans la pièce, seulement mon souffle.

- Mesdames les Voix ! Où êtes-vous ? Comment je peux sortir d'ici ?

-Ta naïveté te perdra. Tu es trop crédule, tu ne réussira jamais à t'en sortir seule...

- Je ne suis pas toute seule.

- Ah oui c'est vrai, ton frère, la fameux grand frère de la petite Rei. Tu crois vraiment qu'il pourra te défendre, petit être crédule ?

- Néros sait très bien utiliser un lance-pierre !

- Oh oui, bien sûr ! Le tireur en herbe ! Et si quelqu'un vous attaque ? Sera-t-il capable de tuer quelqu'un pour survivre ? Et toi, serais-tu capable de tuer ?

-... Non...

- Tu es trop peureuse ! C'est pour ça que tu as besoin d'une escorte pour te sauver, en l'occurence ton frère, maintenant que ton père ne peut plus assurer cette tâche. Tu es un lâche ! Mais tu es curieuse aussi. Je peux lire en toi comme dans un livre ouvert. Tu es capable de disparaitre de la surface de la terre, mais au final tout ce que tu sais faire c'est te cacher et t'enfuir ! Tu ne peux pas affronter les choses en face ! Avoue le !

Les larmes se remettent à couler.

- C'est... peut-être vrai. Mais j'ai confiance en mon frère, je sais qu'il pourra me protéger et m'aider à me défendre !

- Pauvre petite créature si mélancolique et pitoyable ! Tu es timide, peureuse, tu manques de courage. Et c'est ton plus grand défaut ! Ton innocente candeur est touchante, certes, mais tu n'est rien d'autre qu'une pauvre fillette égarée ! Maintenant, débrouille-toi pour sortir d'ici !

Cherchant en vain à percer les ténèbres, j'appelle désespéremment mon frère.

- Néros... Néros, où es-tu ?

Pas de réponse. Je dis alors tout bas :

- Aster... Aster... viens vite me chercher... J'ai peur du noir...


Dernière édition par Rei Alexandria le Mer 16 Mai 2012, 18:34, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La Princesse des mercenaires   Lun 14 Mai 2012, 23:29

[Bonsoir!

Alors ta salle noire à beau être fluide à lire, tu as TOTALEMENT oublié l'essentiel de cette salle: parler du caractère de ton personnage. On n'apprend vraiment aucun trait de caractère de Rei, donc il faut vraiment vraiment vraiment que tu rajoutes pleins de choses

Bon courage Smile ]
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MessageSujet: Re: La Princesse des mercenaires   Jeu 17 Mai 2012, 13:48



Dans l'ombre Nous regardons.

Quelle façon étrange de ne pas tenir debout... De céder à la gravité ou au chagrin. Dans cette pièce elle est son propre bourreau, Nous ne jugeons pas, Nous n'intervenons pas. Cependant enfin, Nous pouvons l'effleurer. Son âme est à Notre portée, comme des lames de dix dans un geste habile, Nous la découpons, Nous la pelons, Nous lui donnons des outils. Nous lui créons des failles. Mais c'est elle qui mène son purgatoire.

Elle est la chatouille et la main qui gratte. Elle est la mouche et le journal enroulé. Elle est la question et la réponse. Nous ne sommes que le lien. Les récepteurs à ses sens, les neurones, cheminant entre ses perceptions et ses réflexions. Nous sommes la myéline qui accélère le processus. Nous pouvons être en retard, mais avec de l'huile la rouille grince moins...

Elle se démène dans la proprioception de son Moi. Nous voulons l'aider à se dé-couvrir. Dans une invitation à quitter son manteau de réflexions, nous soufflons la clef à ses pieds. Le noir se laisse chasser par la lumière, éclipsé de rayons blancs aveuglant. Dans un bruit apaisant, de l'eau tiède s'infiltre par tous les pores du lieu, tourbillonnant un instant aux pieds meurtris de la créature. Puis elle est s'arrête plane. Pas pour longtemps...



[Pour la suite, tu sais déjà ce que tu comptes decouvrir avec la mère etc? Si tu as une idée, fais moi en part par MP.

Sinon, tout est bon pour l'instant, par contre fais bien sentir la différence entre ce que croit la petite et la réalité (par exemple, le fait qu'elle croit que son père était le Roi des Mercenaires parce qu'il lui a dit, alors que ce n'est pas du tout la vérité)]
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MessageSujet: Re: La Princesse des mercenaires   Lun 28 Mai 2012, 21:35

L'obscurité sans nom disparait petit à petit, déchirée par un rai de lumière aveuglante. Avant que je m'en rende compte, il me happe, prenant forme et consistance, grossissant à vue d'oeil. J'avance dans cette clarté.

La salle suivante est comme le contraire de la précédente. Lumineuse, éclairée, aussi blanche que les ailes d'une colombe, elle est apaisante. Soudain, je sursaute en sentant un fin courant d'air à mes pieds. Les poils de mes jambes s'érissent, je regarde le sol et aperçoit un filament d'eau dans lequel je viens de marcher.

L'eau est toute douce, on dirait un tapis de plumes. Je joue dedans pendant quelques secondes, puis continue d'avancer. Le ruisseau léger se poursuit jusqu'à former une étendue plus large sur laquelle gisent des galets.

- Ils sont drôles ces cailloux ! Tout ronds et tout plats ! On dirait des bonbons géants et applatis ! Mais les cailloux ne se mangent pas.

Je m'agenouille sur la rive et plonge mes mains sales dans l'eau. Je m'asperge ensuite abondamment le visage. Les dernières gouttes retombent dans l'eau et font vasiller mon reflet par une succession de petites ondes.

- T'es pas belle Rei, faut vraiment que tu prennes un bain bientôt !

C'est alors qu'une image se forme dans l'eau à ma gauche, attirant imancablement mon attention. L'eau commence à se déplacer, formant ainsi de vagues formes translucides dotées de vie, puis elle prend des couleurs et une véritable image apparait. Elle représente un monsieur et une dame assez jeunes. Les cheveux du monsieur sont bruns et il sourit de toutes ses dents. La dame est cachée à l'ombre d'un grand arbre, je n'arrive pas à voir son visage, j'aperçois seulement les longues boucles blondes formées par ses cheveux.

Je me penche légèrement en avant afin d'observer l'image avec plus de précision, mais celle-ci disparait simplement, comme si une quelconque poussière l'avait heurtée. Une autre image prend sa place.

Un homme âgé d'une trentaine d'années vient un bébé dans ses bras. Un petit garçon d'environ trois ans tire la manche du père et se dresse sur ses talons, comme pour apercevoir la tête du nouveau-né.

Encore une fois, avant que je n'ai le temps de regarder attentivement, l'image furtive disparait et une troisième laui succède. Sur celle-ci on retrouve le garçon de la photo d'avant, mais plus âgé. Il transporte une grande miche de pain. Son bonnet est placé de travers sur ses cheveux en bataille et les lacets deses chaussures sont défaits. Il y a même un trou dans son pantalon, juste au niveau du genou. Il s'approche d'une petite fille qui joue dans l'herbe et lui tend un morceau de pain qu'elle accepte avec un large sourire.

Sur toutes les photos, c'est Aster et moi.

Apparait alors une ultime image qui s'arrête juste devant moi, me laissant ainsi tout le loisir de l'observer à ma guise. Je me perds dans mes pensées, me remémorant la scène.

"- Sara, passe-moi le couteau qui se trouve dans le grand tiroir à ta droite.

- Celui avec les dents ?

- Non, celui qui est tout lisse. Mais fait attention à ne pas te couper !

La petite fille blonde lui tend l'objet et observe le travail de son frère.

- Qu'est-ce que tu fais ?

- Je prépare à manger pour ce soir. Là, je suis en train de vider le poisson, tu vois ?

- C'est le poisson que tu as attrapé tout à l'heure ?

- Oui, c'est celui-là. Maintenant va chercher de l'eau à la rivière, s'il-te-plait.

- D'accord !

La fillette s'empare d'un seau et sors de la maisonnette en courant. Elle aperçoit un homme au bout du chemin. Il est courbé en deux et semble prêt à s'écrouler. Elle court dans sa direction après avoir reconnu son père. Sa chemise grise est déchirée et il saigne abondamment. Elle passe son bras par dessus ses frêles épaules et le guide en direction de la maison.

- Aster ! Aster ! Viens vite !

L'anxiété dans la voix de la fillette traduit son inquiétude. Le garçon arrive et aide sa soeur à installer leur père sur ce qui ressemble vaguement à un lit. Immédiatement, la fillette prend un vieux chiffon et se met à essuyer la sueur qui coule sur le vieux front. Quant au garçon, il essaie de laver la plaie. Le père les arrête tous les deux et leurs prend les mains en disant :

- Aster... Sara... venez ici mes enfants. Écoutez-moi bien car ce que j'ai à vous dire est très important... je n'en ai plus pour très longtemps...

- Ne dit pas ça ! Je vais aller au village voisin et je vais ramener un médecin qui te soignera !

- Et où tu trouveras l'argent pour le payer ? Surtout que le village le plus proche se trouve à plusieurs kilomètres d'ici... et puis, qui voudrait bien me soigner, hein ? Après tout... je suis le Roi des Mercenaires... peu de gens m'aiment bien...

- Ne dis pas ça, papa...

Bredouille la fillette, les larmes aux yeux.

- Écoutez-moi bien tous les deux... à partir de maintenant, vous allez devoir vous débrouillez tout seuls...

- Comme des grands ?

- Oui, comme des grands. Il en va de votre survie.

Il se tourne vers le garçon.

- Tu prendras bien soin de ta soeur, d'accord ? Elle n'aura plus que toi...

Le garçon ne répond rien et essaie d'afficher un visage responsable. Le père se tourne vers les deux.

- Je veux que vous changiez d'identités... j'ai beaucoup d'ennemis, les gens n'aiment pas les mercenaires... vous devez oublier vos noms... Sara Knightwood, tu seras dorénavant Rei Alexandria... et toi Aster Knightwood, tu seras Néros Alexandria... comme ça, personne ne vous reconnaitra...

- D'accord...

- D'accord...

- Maintenant Néros, soulève la septième planche depuis le lit... prends le paquet qui se trouve en dessous... ouvre-le...

Le garçon s'exécute et en sors un magnifique collier. Une fine chaîne d'or retient un pendentif en or lui aussi. En forme de soleil, un immense rubis orne son centre, entouré par toute une myriade de petites émeraudes et saphirs.

- Ce collier appartenait à votre mère. Elle s'appelle Salitha et vit à Reilor... essayez de... la retrouver...

La main du père tombe soudain, ses yeux se vident, il ne bouge plus."

Je me secoue soudain. Portant une main légère à ma joue droite, je sursaute en la sentant humide.

- Papa...
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