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"Homme libre, toujours tu chériras la mer !"
"La mer enseigne aux marins des rêves que les ports assassinent."
"La sagesse, c'est d'avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu'on les poursuit."
"Il est des moments où les rêves les plus fous semblent réalisables à condition d'oser les tenter."
"Le voyage est une suite de disparitions irréparables."
"Nous sommes de l'étoffe dont sont faits les rêves, et notre petite vie est entourée de sommeil."
"Dieu nous rêve. S'il s'éveille, nous disparaissons à jamais."
"Nous trouverons un chemin... ou nous en créerons un."
"Le rêve de l'homme est semblable aux illusions de la mer."
"Il n’est pas de vent favorable, pour celui qui ne sait pas où il va…"
"Il y a trois sortes d'hommes : les Vivants, les Morts, et ceux qui vont sur la Mer."

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 Sang pour sang

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MessageSujet: Sang pour sang    Mar 10 Avr 2012, 21:53

Mon coeur battait. Doucement... Puis de plus en plus rapidement. Je sentais mon sang diffuser jusque dans mes membres, je le sentais propulsé par mon coeur dans mes veines et mes artères, je le sentais réchauffer peu à peu mon corps. J'avais besoin de chaleur.

J'ouvris les yeux. Une pellicule désagréable s'était formée à l'orée de mes paupières. Je me frottai le visage et me redressai. Il me fallut quelques temps avant que ma vision ne s'habitue à la lumière ambiante. Mon corps me semblait étonnement léger, comme si je n'avais pas de substance propre. Je levai la tête et humai l'air. Aucun parfum de menace, je pouvais me lever et explorer l'endroit où je me trouvais.

Mes jambes tremblaient un peu, comme si elles avaient fait un gros effort à l'instant. Je décidai de m'appuyer contre un mur pour retrouver mon équilibre. Mes sens étaient encore faussés. J'avais l'impression d'avoir vécu une expérience extraordinaire et de tout avoir oublié. Où étais-je? Une fois que j'eus repris les rennes de mon propre corps, je lâchai le mur et fit un rapide tour de la pièce.

Rouge.

Sang.

Partout.

Mon ventre s'exprima mais je le réprimai. Il n'était pas l'heure de gronder, encore moins de manger. De petites images disposées de façon aléatoire sur le mur face à moi attisèrent ma curiosité. Je me dirigeai donc vers elles, pied nus.
Mes mouvements étaient fluides, et mes pas semblaient glisser sur le sol. Mon corps se souvenait de plus de choses que moi, et il vibrait d'un énergie surprenante.
Je m'approchais plus près afin de distinguer ce qui se trouvait sur les images. Ce qu'elles représentaient me titillait la mémoire. J'y voyais une enfant, nue sous d'immenses frondaisons, courant sur une terre aride et teintée de rouge. Son corps était aussi brun que la terre et ses yeux, aussi bleus que le ciel.

Je décidai de passer aux images suivantes. Une adolescente aux membres oblongues était accroupie sur un immense rocher. Sagaie à la main, elle semblait chercher quelque chose dans l'horizon. Ses longs cheveux noirs étaient tressés et tombaient sur son dos comme des serpents. De nombreux tatouages ceignaient à merveille les courbes naissantes de son corps en croissance.
Curieuse, étonnée, passionnée, je continuai à suivre les images qui se succédaient le long du mur. J'y vis cette même adolescente grandir, se battre, ... Et puis... Je m'arrêtai un instant. La jeune femme n'avait plus rien d'humain. Couverte d'une fourrure aussi noire que la nuit, elle avait un corps immense. Sa tête avait été remplacée par une tête de loup aux dents acérées.
Je fus pris d'un frissons et décidai de continuer. A partir de ce moment, les changements corporels devinrent de plus en plus importants.

Emportée par mon élan, j’accélérai la cadence. Les images se succédaient devant moi, les unes après les autres, lorsque je tombai face au miroir qui terminait la frise, je me rendis compte que la jeune femme que je suivais avec envie et passion n'était autre que moi.
Mes pieds glissèrent sur le sol vermeille et je dus me rattraper sur les mains pour éviter de tomber.
Accroupie, les deux mains collées au sol, je ne quittais plus le miroir des yeux. Quelle était donc cette sorcellerie?
Je me redressai lentement, sans quitter mon propre reflet des yeux.

J'avais devant moi un personnage façonné par la vie et ses aléas. Ma peau, aussi noire que le charbon, brillait sous l'éclairage rougeâtre de la pièce. On y avait dessiné, avec précision, les contours des os humains, et j'arborais un visage aussi pâle que la lune. Ces traits mortuaires qui tapissaient mon corps donnaient l'impression que je naviguais dans les limbes, entre deux mondes.
Mes yeux, grands et bleus, gardaient leur pureté des premiers jours. Ils ressemblaient à un fragment de paradis dans un océan d'enfer. Mes longs cheveux noirs étaient devenus tous blancs. Je frottai mon visage pour essayer d'y enlever la peinture, mais celle ci semblait faire partie intégrante de mon corps.

Ainsi, voila à quoi je ressemblais... Je laissai glisser doucement mes doigts le long de mon visage et de mon corps afin de mieux me l'approprier et de mieux le connaître. J'avais de tous petits seins, légèrement rebondis et à la forme arrondie. Mon ventre, mes jambes, mes bras étaient délicieusement musclés. J'avais le physique d'une bête fauve, d'un coureur de fond, toujours près à l'attaque. Et je savais que la nuit tombée, il arrivait que je me transforme en une créature encore plus dangereuse.
Et cela me plaisait... Beaucoup.
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MessageSujet: Re: Sang pour sang    Mer 11 Avr 2012, 13:21







Un gargouillement. Glouglou et la viande se réveille. Un oeil après l'autre, le décor se monte de lui-même. Il fait chaud, c'est humide et étroit; Bienvenue dans Nos boyaux.

Ici Nous broyons, Nous mastiquons, Nous brassons. Nous extrayons l'essence de ces vies, Nous les absorbons. Nourrissez-Nous, encore, de vous! Car vous êtes faits un peu de Nous, mais beaucoup de ce qui se passe là-bas, au-delà de Nos ténèbres. Par-delà les barrières de la chair et du sang qui coule. Revenez-Nous, comme un témoignage, comme une histoire pour s'endormir.

Nous goûterons d'abord à la peau, et aux particules de tout ce qui appartient au mortel. Comme la rosée sur un brin d'herbe, oui, Nous connaissons les brins d'herbe! Ils sont de Nous, eux aussi... Et comme cette rosée, chaque goutte qu'a sué votre passé s'attache à l'épiderme. Nous vous respirons, Nous vous léchons des yeux derrière ce miroir... Approchez, ne soyez pas encore effrayé. Après tout, Nous vous rendons entier, à la fin...

Nous collons le reflet de votre langue à la vitre que vous observez, laissant dans le verre la marque embuée d'une clef. Le décor se replie, comme un simple papier, remballez les photos. La lumière tombe, comme la nuit, et la salle devient noire.






[Bienvenue avant tout! Personnage prometteur Wink
Tout est bon sinon, juste, ton personnage doit avoir un nom de famille, sauf s'il y a vraiment une bonne raison (que tu peux m'expliquer par MP)

Bon courage pour la suite, la salle suivante est délicate, donc te presse pas!]

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MessageSujet: Re: Sang pour sang    Sam 14 Avr 2012, 20:06

J'avais commencé à relâcher mon attention lorsque j'entendis un petit bruit d'eau qui me fit sursauter. De nouveau aux aguets, je me tournai en direction du miroir. Ce que j'y vit me fit reculer. Mauvaise magie, mauvaise magie. Pensai-je.
Le miroir coulait devant moi. La longue vitre se désagrégeait tout doucement, formant de longues ondes mouvantes qui serpentaient jusqu'au sol. Accroupie, je grondai face à cet évènement illogique. J'entrevis une clef vermeille derrière le rideau aqueux... Puis soudain les lames d'eau s'agitèrent et me sautèrent dessus. Je ne pus résister. Elles plongèrent sur moi et me plongèrent dans un univers lourd et obscur.

Encore sonnée par ce qu'il venait de se passer, j'eus du mal à me remettre de mes émotions. Je restai ainsi un long moment accroupie près du sol, les lèvres retroussées, grondant comme un animal sauvage. Je guettai le moindre bruit, le moindre mouvement, la moindre lumière... Mais il n'y avait rien. Rien d'autre que cette obscurité étouffante et le son de ma respiration qui s’accélérait. Je sentais mon coeur battre de plus en plus fort. Il faisait vibrer ma poitrine, ma tête et mes mains. La pression montait. J'allais exploser.

-Tu as peur?

Je sursautai et me jetai sur le coté, toujours en position de défense. Je ne parvenais pas à voir d'où provenait la voix, et cela m'effrayait.

-Tu as peur?

J'exécutai le même bond, mais de l'autre coté. Un grondement sourd s'élevait de ma gorge et mes muscles étaient bandés, prêts à l'attaque. La voix était très aiguë, comme celle d'un enfant. Mais je connaissais les pièges de la nature. Une telle voix pouvait cacher un monstre.

-C'est parce qu'il fait tout noir? ... Tout noir? Noir? Noir? ... Noir?
-Elle a peur de l'obscurité...
-Et des pièces étroites...
-Le terme exact est claustrophobe.
-Ah oui c'est vrai! Claustrophobe... Elle doit être teeeeeerriblement terrifiée.
-Aaaah ça oui alors!
-C'est vrai qu'avoir peur du noir quand on est un loup-garou...
-ça doit pas aider tous les jours...


Je tournai la tête dans tous les sens. Mais j'étais incapable de distinguer l'origine des sons et autre chose que ces flots obscures qui m'entouraient. Je percevais les voix comme des petits poignards qui me piquaient de tous les cotés, ne me laissant jamais tranquille, recommençant, encore et toujours, à l'infini... C'était comme dans un rêve. Mais un mauvais rêve. Le genre de rêve où vous courrez sans avancer, ou bien où vous tombez pendant un moment infini sans jamais toucher le sol. J'y étais, j'étais sous l'emprise de ces voix qui semblaient ne jamais vouloir s'arrêter, comme dans un cauchemar...

-ASSEZ! ... Assez...

Silence. Les voix s'étaient tues. Mais mon coeur criait toujours et ma respiration s’accélérait d'instant en instant. Il fallait que je sorte de là, que je trouve de la lumière, quelque chose qui me libère du poids qui me clouait au sol, transpirante et haletante. Je posai les deux mains sur le sol et m'élançai devant moi. Je courus ainsi de longues minutes sans rien rencontrer. Rien que le vide, l'obscurité, et le sol sous mes pieds.

-ça va mieux?

Nouveau sursaut. J'allais exploser. Les larmes commencèrent à couler le long de mes joues, je me sentais acculée, prise au piège. S'ils savaient si bien que j'avais peur de l'obscurité, pourquoi me torturaient-ils ainsi?

-Elle est un peu bizarre vous ne trouvez pas?

-MAIS LAISSEZ MOI TRANQUILLE! Qu'est-ce que vous me voulez? Où suis-je? Vous voulez me tuer? C'est un jeu c'est ça? Une nouvelle épreuve? C'est... Ce n'est pas la magie du clan... MONTREZ-VOUS!

-Nous ne sommes pas les lions et tu n'es pas la gazelle.
-Oh dommage, j'aurais tellement aimé être un lion... Groua!
-Nous sommes ici pour te poser des questions.
-Seulement des questions.
-Mais tu ne vas pas mourir.
-Peut être es-tu déjà morte, qui sait!
-Groua!
-Cessez de dire des bêtises! Nous sommes ici pour t'aider à avancer, pour te faire comprendre qui tu es, pour que tu puisses te redécouvrir toi-même...


Je ne comprenais rien. Aveugle, en position de faiblesse, mon esprit était tout entier submergé par l'absence de lumière. Obscurité, ténèbres, noir, nuit... Rien, je ne voyais rien. Moi qui me fiait tant à mes sens, j'étais dans l'obscurité la plus totale. Mes yeux ne percevaient rien d'autre qu'un puits béant et immuable, mon nez ne recevait aucune odeur, mes oreilles n'entendaient rien d'autre que ces voix qui claquaient autour de moi comme autant de coups de tonnerre.
Je me recroquevillai sur moi-même, gémissant.

-Faites moi sortir d'ici...

-Regardez, elle tremble!
-Tu crois qu'elle va mourir?
-Je n'ai jamais vu personne mourir... Tu crois que c'est un spectacle intéressant?
-Je ne pense pas... ça ne doit pas être une expérience très agréable à mon avis...


-FAITES-MOI SORTIR D'ICI! Vous avez dit que vous ne me vouliez pas de mal!

-C'est toi qui te veux du mal.

-Non c'est vous... Vous m'avez plongé dans une nuit infinie... Mauvaise magie! Engeances du démon! Vous pensez que si je baisse la garde, vous pourrez fondre sur moi et me dévorer le coeur!

-Agressive.
-Et paranoïaque en plus.
-Depuis quand est-ce que ça dure?


J'eus un hoquet. Ma respiration s'arrêta. Je suffoquais.
Allongée sur le dos, je griffais le sol pour essayer de m'accrocher à quelque chose, pour essayer de reprendre pied, de retrouver un esprit lucide, juste un peu de lumière...
Quelque chose se posa sur moi et m'insuffla une grande quantité d'air dans les poumons. Je pris une grande inspiration avant de tousser violemment. Mon coeur se calma très rapidement.

-Tu vois qu'on ne veut pas manger ton coeur!
-Notre rôle est simplement de t'aider à avancer.


-Vous m'aiderez à sortir d'ici?

La peur emplissait toujours mes veines, mais elle semblait se diluer dans la circulation. Comme si le fait que mon coeur ralentisse aidait mon corps à se débarrasser de ses toxines. Je me redressai. Ma poitrine me faisait mal et tous mes muscles criaient de douleur. Comme si l'absence d'oxygène les avait fortement amoindris. Pouvais-je réellement faire confiance à ces créatures invisibles? Le fait de pouvoir respirer m'avait cependant un peu calmée. S'ils ne me voulaient pas de mal, alors que me voulaient-ils? Pourquoi me laissaient-ils dans le noir? La où je ne pouvais ni voir, ni sentir, ni entendre autre chose que leurs voix? Ma colère s'était réduite en même temps que ma peur. S'il y a bien une chose que je déteste, c'est avoir peur. Et lorsque j'ai peur, je deviens très agressive, un peu comme là... Sauf que là, je ne pouvais rien faire d'autre que fuir. Que faire face à un ennemi invisible qui trompe chacun de vos sens?

-Tu viens de faire une crise.
-Ce n'est pas la première fois que ça t'arrive n'est-ce pas?
-D'où cela vient-il?
-Quelle peur! Quelle terreur! Ce que tu as vécu a du être horrible!


-Je ne connaîtrai pas la peur car la peur tue l'esprit. (Restons dans les classiques)

Se calmer. Vite, rapidement, reprendre le contrôle de son corps. C'était le plus important à faire. Si je reprenais le contrôle de mon corps, alors je pouvais réfléchir. Mais tant que la peur sourdait dans mes membres et était propulsée à travers tout mon corps par le biais de mon coeur, trop rapide, je ne pouvais réfléchir. Calme. Inspiration. Expiration.
Cela, je l'avais appris il y avait bien longtemps.
Inspiration. Expiration.
Un chasseur devient une proie s'il ne peut se contrôler.
Inspiration. Expiration.
Cela venait, petit à petit, tout doucement, je sentais la peur refluer jusqu'à ce point central qu'est le plexus solaire.

-Pas la peur?

-Mon esprit et mon corps sont dissemblables. Si mon corps a peur, mon esprit ne peut s'en détacher. Pourtant, lui, il ressent la menace et est capable de la traiter.

-C'est pour ça que tu étais incapable de nous répondre?

Je me redressai, agacée. La méditation ne servait à rien s'ils continuaient à me harceler. J'étais beaucoup plus calme, mais je savais que ce n'était qu'un état passager, que tout pouvait recommencer. Ils m'avaient promis qu'ils ne me feraient pas de mal... Mais je restais dans cette obscurité malsaine qui me dérangeait au plus profond de moi-même. Mauvais souvenirs... Il ne fallait surtout pas que j'y pense... Il fallait que cela se termine très vite, si je ne voulais pas subir une nouvelle crise.

-L'obscurité recèle bien plus de dangers que l'univers réunit. Il peut cacher un fauve, un traître, un assassin... Et déguiser ses traits. Seule la lumière est source de vie et défait les masques des créations de la nuit.

-Tu parles bien.
-Tu es têtue.


Oui, mais j'avais toujours peur. Trouver la sortie, et vite. Comment faire... Peut-être ces voix, si elle étaient vraiment ce qu'elles disaient être, m'aideraient à sortir, à atteindre la lumière, les odeurs, les sons, les différentes textures au toucher, le vent... La vie quoi! J'avais l'impression de me trouver dans le tunnel de la mort, celui d'où on ne ressort jamais. Le tunnel de mes proies...

-C'est ainsi que j'ai été élevée. La nuit est le monde des chasseurs. Si vous êtes un chasseur, alors elle vous aidera. Si vous êtes une proie, elle vous sacrifiera. Je n'aime pas être la proie.

-Mais tu ne l'es pas!
-Pas ici!
-Tu caches un monstre bien plus terrifiant que l'obscurité.
-Et pourtant tu as peur de nous.
-Pourquoi?


-Je suis un chasseur. Les prédateurs aussi ont peur, cela leur permet d'être plus réactifs, plus vifs, plus rapides, plus efficaces! Un chasseur qui n'a pas peur est un chasseur mort. Car s'il ne craint ni ses proies, ni son environnement, alors il ne reste pas sur ses gardes... Et je ne donne pas cher de sa peau.

-Je l'aime bien cette petite.
-Elle pense bien.
-Elle a été bien élevée.
-Groua!
-Il serait peut être temps de lui faire voir un peu la lumière.
-Tout doucement pour commencer, sinon elle va avoir mal aux yeux.


J'étais enfin parvenue à me lever. Enfin debout, et pleinement consciente de mon état et de mes forces, je me rendais compte que ce qui venait de se passer avait laissé mon corps dans une profonde lassitude. J'étais faible, et j'aurais été bien incapable de courir une longue distance si quelque chose se passait. Cette pensée me plongea à nouveau dans l'angoisse, mais j'essayai de la dépasser. Inspiration. Expiration. Garder le contrôle sur mon corps. Inspiration. Expiration.

-Alors pourquoi chercher la lumière?

-On m'a fait souffrir dans la nuit... Ce soir là, j'étais la proie. Et jamais, jamais, personne ne fera encore une fois de moi, sa proie!

Je tressaillis. Ces souvenirs, je les avais relégués au plus profond de moi-même. Mais je ne parvenais pas à les oublier complètement. Dès que je me retrouvais dans le noir, ou dans une position délicate, ils revenaient à l'assaut, inlassablement. Je savais que je ne pourrais jamais gagner contre ces souvenirs. J'avais battit tout autour, de grandes murailles dans mon esprit, du genre immenses et très épaisses. Mais la peur les rendait poreuses, et ainsi les souvenirs diffusaient jusqu'à mon propre coeur, activaient la peur, la nourrissaient, l'attisaient comme un feu de bois et en gonflaient mes veines. Ma peur activait ma colère, et ainsi de suite... C'était un cercle vicieux, et cela faisait des années que j'en étais la victime.
J'avais appris à m'en séparé, j'avais essayé. Mais c'était dur, très dur. J'avais hiérarchisé mon esprit en bataille, je lui avais donné des règles, j'avais rangé chaque partie dans une case. Inspiration. Expiration. Mais même l'ordre et la raison ne parvenaient à totalement annihiler ce foyer qui coulait dans mon estomac.

-Tu veux partir?

Je sursautai. Bien sur que je voulais partir, quelle question!

-Je veux partir.

-Alors au revoir.

Et comme ça, tout à coup, sans rien d'autre, les voix disparurent. Je me retrouvai seule... Et une lumière sans commune mesure avec ce que j'aurais pus imaginer m'inonda.


Dernière édition par Kyia'nha le Mar 26 Juin 2012, 00:47, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Sang pour sang    Sam 14 Avr 2012, 23:53

[Nous revoila!

Alors tout d'abord, ta salle noire est très agréable à lire mais... Ca ne suffit pas!
En effet, tu as un peu pris à la légère cette étape, du fait que tu n'en sois pas à ton premier personnage je pense, et en fait on apprend très peu de choses sur le caractère de ton personnage. Elle est claustro, a peur du noir, à l'âme d'un prédateur mais en ayant été proie... En fait, tu nous parle plutôt de ses peurs, pas tellement de son caractère. On ne sait pas si elle est sociable ou solitaire, enjouée, timide, bavarde ou silencieuse, orgueilleuse, avare, généreuse, cruelle... que sais-je!

Bref, essaie de revoir un peu ta copie pour qu'on connaisse mieux ton personnage et qu'on ai une réelle idée de son caractère Smile ]
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MessageSujet: Re: Sang pour sang    Mar 26 Juin 2012, 00:54

Voila j'ai édité. ^^
(Tu me dis si il faut que je fouille encore plus ^^)
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MessageSujet: Re: Sang pour sang    Mer 27 Juin 2012, 20:02



L'entrée dans notre antre ne se fait jamais sans dommage. Nos visiteurs ne devraient pas entrer avec tant de désinvolture et comme des harpies jalouses de leur territoire, nous le leur faisons comprendre. Nous sommes des oiseaux cruels qui s'acharnent sur leur victime et nous sommes toutes les douleurs du monde. Toutes les peines que cette femme a créées. Comme les autres, je me jette sur elle, le bec en avant, ma voix plus accusatrice que la plus outragée des victimes. J'ai la même voix qu'une femme trompée, la même intonation qu'un ami à qui on a volé, les mêmes inflexions que celles d'un enfant à qui on a promis la lune sans la lui donner. Et puis je hurle, de temps en temps. C'est l'expression pure de mon accusation. Toi qui te tiens au milieu de notre cercle, pourquoi as-tu abandonné? Nous devons fouiller ton âme. Pas pour trouver des pardons. Simplement pour comprendre. Au fur et à mesure, nos cris se perdent, se font moins sûrs, hésitants, plus faibles. Une à une, on se tait, le noir se perce de ce silence alourdi par nos présences devenues lettres mortes. Les charognes sont rassasiées. Un peu confuse de notre comportement toujours si emporté, le repentir apportant une sorte de honte, je dépose un pieu baiser sur les lèvres de notre victime pardonnée. De mes lèvres tombe un objet qui émet à la rencontre du sol un tintement léger. Sur le sol, un carré de lumière se dessine. Nous sommes condamnées à toujours voir nos visiteurs disparaitre par cette bouche blanche.




[Bon pour tout t'avouer, je reste encore un peu sur ma faim, j'aurais voulu savoir un peu plus de son comportement "social", mais bon... Ca ira. Par contre, si tu as l'occasion de faire ressortir un peu plus tout ça dans ta dernière salle, je compte sur toi Wink

Tu y es presque! ]
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MessageSujet: Re: Sang pour sang    Jeu 28 Juin 2012, 00:51

Ainsi je traversai la lumière.

Si je m’attendais à ce qu’elle me réchauffe et calme mon corps, je fus déçue. Cette lumière n’avait rien de vivant. Elle n’avait rien de la lumière naturelle du soleil. Elle était… Trop blanche, trop artificielle… Je n’aimais pas ça.
J’avançai d’un pas. Je me rendis compte que quelque chose glissait sur mes pieds. J’eus un mouvement de recul avant de regarder par terre. C’était de l’eau, beaucoup d’eau. Vaporeuse, elle réfléchissait la lumière dans toute la pièce et se promenait autour de moi comme la traine d’un fantôme.

Mauvaise magie. Pensai-je.

Comme depuis mon réveil, une atmosphère étrange envahissait la pièce. Il y avait eu l’étouffante et intrigante pièce rouge avec tous ces clichés de moi, la terrifiante pièce noire avec ces voix qui semblaient sortir de nulle part et partout à la fois… Et enfin cette pièce blanche, immaculée, sans une ombre, sans une seule petite teinte de gris… Qu’allait-il se passer cette fois-ci ?
Je me risquai à avancer de deux trois pas. Je ne sentais pratiquement pas l’eau couler contre mes chevilles, c’était comme si je voyais l’eau, mais qu’en réalité elle n’était pas là…

Soudain je crus voir quelque chose serpenter juste devant mes pieds. Je reculai précipitamment. Même si l’eau était d’une limpidité extrême, elle pouvait toujours cacher quelque chose. Je scrutai la surface brillante qui m’entourait, mais je ne vis rien. Cela ne voulait pas dire qu’il n’y avait rien, je le savais. Quelque chose se cachait, tapis derrière la luminosité trop importante qui m’empêchait de voir aussi bien que je le souhaitais. J’esquissai un pas, puis un deuxième… Et soudain l’ombre remonta à la surface. Elle se rua sur moi à une vitesse démente, ne me laissant pas le temps de m’enfuir. Lorsqu’elle eut atteint mes pieds, je tentai de la mettre hors d’état de nuire de toutes les façons que je pouvais imaginer. Mais elle se dissolvait sous chacun de mes coups et se reformait un peu plus loin. Je ne savais pas ce que c’était. Tout cela me plaisait de moins en moins.

L’ombre s’éloigna de quelques dizaines de centimètres de moi, hors d’atteinte. Je la regardai, en position de défense lorsque soudain elle commença à se mouvoir différemment. Elle s’étala devant moi comme une nappe de pétrole et commença à avancer dans ma direction. Lentement d’abord, puis de plus en plus rapide. J’essayai de l’esquiver, mais elle fut très rapidement autour de moi. Lorsque mes pieds disparurent derrière ses reflets irisants, elle s’arrêta. Je n’avais jamais rien vu de tel. L’ombre glissait contre ma peau comme l’eau, visible mais insensible. Soudain des formes et des couleurs commencèrent à apparaître. Unes à unes, comme si quelqu’un était en train de peindre en face de moi. Les couleurs se massèrent, et le paysage prit forme. Lorsque l’image fut totalement terminée, elle me happa à elle, embarquant mon esprit dans son monde, et laissant mon corps dans cette salle immaculée, les pieds dans l’eau.

-POUSSEZ !
-Je ne peux pas, j’ai trop mal !
-Allez-y, encore un petit effort, l’enfant est presque sorti !
-AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH !!!!!!!!!
Cela faisait bien longtemps qu’on n’avait pas entendu pareil hurlement dans le petit camp caché au milieu de la forêt. Au moins vingt ans, peut-être plus. Le peuple se disait maudit. Auparavant tout allait bien, les femmes et les hommes couchaient ensembles, et cela aboutissait invariablement sur des naissances. Mais depuis cet évènement… Plus personne n’était né au camp des Sam’baï. Oh, ce n’était pas que les hommes et les femmes ne couchaient plus ensembles, ça non ils le faisaient toujours. Mais plus aucun acte d’amour n’engendrait d’enfant. Stériles, ils étaient devenus stériles.
La femme poussa un soupir de soulagement lorsqu’elle sentit enfin ses muscles parvenir à expulser le corps de l’enfant. Cette masse de chaire qui lui déchirait le ventre quelques instants plutôt. Elle avait eu l’impression d’être dispersée de tous les côtés, comme si quelqu’un avait pénétré à l’intérieur d’elle-même et était sorti en se ménageant un passage dans ses chairs et sa peau. Maintenant elle soupirait. Elle soupirait de fatigue, et de soulagement à la fois.

Cela faisait si mal de donner la vie.

Un nouveau cri s’éleva dans la forêt. Le cri de la vie, le bébé avait survécu. Tout le monde s’était tut lors de l’accouchement. Les yeux rivés sur ce miracle incompréhensible qui ne demandait aucune explication. Le petit était en vie. Le petit criait, le petit… Etait une petite.
Des cris de joies retentirent alors et la fête commença. Une fête comme on n’en avait plus fait depuis si longtemps ! Les gens riaient, pleuraient, tous se bousculaient pour pouvoir apercevoir un petit morceau du miracle, de ce petit être à la peau ébène qui tétait si avidement le sein de sa mère.
Comment allaient-ils l’appeler ? Mais c’était simple, ils l’appelleraient miracle, ce nom lui siait à merveille.
Ainsi naquit Kya’nha, le miracle du peuple Sam’baï.

Kya’nha n’était pas une enfant facile. Mais elle était vive et intelligente. Belle à tomber, elle faisait fondre le cœur de tous les hommes et de toutes les femmes du peuple. En effet, à défaut d’être la fille unique de ses parents, elle était devenue la fille du peuple. C’était le dernier enfant des Sam’baï, leur dernier héritage, leur dernière graine. Ils savaient qu’il n’y en aurait pas d’autre et que cet enfant leur avait été donné de grâce par la nature. Elle possédait toutes les qualités que l’on attendait d’un Sam’baï. Sa vue était excellente, ses gestes rapides, son corps n’était pas encore formé mais on le devinait déjà grand et puissant. Sa peau était aussi noire que la nuit, et elle parvenait déjà à se déplacer sans bruit à travers les sous-bois.
Elle avait également le caractère d’un Sam’baï. Têtue comme une mule, elle possédait une voix puissante et était capable de pousser des cris qui allaient bien au-delà de ce qu’un être humain peut supporter. Déterminée, elle aimait chasser et pêcher. Sauvage, elle n’avait aucune attache et dormait, mangeait, vivait, chez les uns comme chez les autres. Sa mère n’avait pas survécu à sa naissance difficile, et cela avait été une grande perte pour le peuple. Ils avaient perdu la seule femme non stérile capable de leur donner l’espoir. Traitée et choyée comme une princesse, Kya’nha croquait son enfance à pleines dents et profitait de tous les cadeaux que lui offraient la vie.

Lorsque Kya’nha perdit son premier sang, les Sam’baï firent une nouvelle fois la fête. Rien n’était perdu, si Kya’nha perdait du sang, peut-être n’était-elle pas stérile ! La jeune fille reçut alors son cinquième tatouage : une tête de loup entre les deux seins. Symbole qu’elle était désormais un chasseur à part entière, une femme adulte dotée d’une liberté quasi illimitée… La nouvelle louve du troupeau.
Le temps passant les regards que recevaient Kya’nha changeaient. De protecteurs, ils étaient devenus impatients, curieux, intéressés. Et de miracle du peuple, la jeune femme était devenue matrice potentielle du peuple. Dans la tribu, on ne parlait plus que de ça. Kya’nha avait-elle reçu le don de sa mère ?

Un conseil inédit se forma. Cela était une question de vie ou de mort pour les Sam’baï. Le peuple vieillissait à vue d’œil, et s’ils voulaient avoir une chance de survivre, il fallait prendre tout ce que la nature proposait.
Les hommes et les femmes les plus âgés, les plus forts et les plus savants du peuple s’étaient réunis sous les grands arbres sacrés.
Une femme d’un certain âge se leva et prit la parole.
-Faisons la saillir par un homme vigoureux, si cela ne marche pas, nous essayerons avec d’autres jusqu’à…
-Ce n’est pas une vache Thamir, c’est une enfant. Je pense qu’il est encore trop tôt pour cela. Son corps n’est pas encore celui d’une femme faite. Si jamais elle venait à avoir un enfant, elle pourrait ne pas y survivre ! La coupa un homme dans la force de l’âge. Debout, il faisait au moins deux têtes de plus que la vieille femme. Ses muscles oints d’huile et de graisse luisaient sous le couvert des arbres. De nombreux tatouages représentant les prédateurs de la forêt lui parsemaient le torse et les bras. Il portait de longues tresses dans lesquelles étaient emmêlés des plumes, des dents, ainsi que des crânes de petits animaux. Ses yeux bleus, étrangement clairs sur son corps ébène firent le tour de l’assemblée. Korben était un guerrier, un vrai. Un de ces hommes qui font taire une foule entière rien qu’en baissant les sourcils. Mais Korben était aussi un sage, et tout le monde savait qu’il respectait plus que n’importe qui les règles du peuple.
-Mais c’est certainement notre seul espoir ! Plus vite nous saurons, plus grand sera le nombre d’enfants qu’elle pourra avoir !
Une nouvelle voix fusa.
-Pourquoi ne pas la faire saillir avec son père ?
Korben poussa un gémissement avant de lever les bras au ciel.
-Avez-vous donc perdu l’esprit ? Vous êtes-vous écoutés ? Vous prônez l’inceste et le viol ! Je le répète, Kya’nha n’est pas une bête de pâture, il faut lui laisser du temps. Qu’est-ce que vous aurez si elle meurt en couche comme sa mère ? Rien ! Plus rien ! Plus aucun espoir. Vous mourrez alors seuls, et vous l’aurez bien mérité !
Sa voix grave aux accents gutturaux s’élevait seule au milieu des bois. Si la forêt avant tendance à aplatir la texture du son, la voix de Korben semblait résonner comme dans une vallée de rocs.
- Korben, calme-toi s’il te plait. N’oublie pas que la survie de notre peuple repose sur les épaules de Kya’nha. Je sais que tu l’aime beaucoup, qu’elle est pour toi l’enfant que tu n’as jamais eu, mais essaye de comprendre! Répliqua la vieille femme.
-Non, je n’essayerais pas de comprendre. Vous faites tous fausse route ! Si jamais vous touchez à un seul de ses cheveux, je vous jure que vous le regretterez !
-Soit, nous le regretterons, mais si toi, Korben le chasseur, tu passes outre les règles du peuple, tu seras banni à jamais.
Le grand guerrier haussa un sourcil avant de sourire.
-Et vous perdrez votre plus grand chasseur.
Et il disparut dans l’obscurité des fourrés.

Cette nuit-là, le conseil n’écouta pas les menaces de Korben. Le père de Kya’nha fut convié à une cérémonie où on lui fit ingérer un mélange de champignons et de plantes qui le plongèrent dans un état second. Victime d’hallucinations, il fut porté jusqu’à la tente de Kya’nha qui avait été également droguée. Korben attendait devant la tente. Il avait été mis à l’écart pendant une bonne partie de la soirée, mais il était revenu, fidèle à son poste. Lorsque les membres du conseil, accompagnés du père de Kya’nha, titubant, s’étaient présentés devant lui, il ne les avait pas arrêtés. Fronçant les sourcils, il s’était reculé avec respect. Thamir le remercia du regard. Elle savait que Korben était pris entre deux feux, qu’il devait choisir entre son amour pour Kya’nha et son amour pour son peuple. Mais elle pensait qu’il allait faire plus d’histoire, qu’il ne les laisserait pas passer sans leur dire encore une fois combien ils se fourvoyaient…
Le père de Kya’nha commençait à délirer. Il criait le nom de sa femme perdue, se tournait dans tous les sens, attrapait tout ce qui passait à portée de mains… Il fut poussé et tomba sur sa propre fille. Cette dernière, profondément endormie, poussa un petit gémissement mais ne bougea pas. L’homme s’arrêta un instant, et dans son délire, caressa doucement le visage de sa fille en murmurant le doux nom de la femme qu’il avait perdu. Car Kya’nha ressemblait beaucoup à sa mère…
Et il commença son travail. Même s’il était drogué, l’excitation que lui procurait le retour de sa femme fonctionna comme moteur durant les longues minutes où, sous les regards graves et inquiets du conseil, il viola sa fille. Soudain un cri transperça le ciel nocturne. C’était un cri grave, bestial, qui ne pouvait provenir d’une gorge humaine. Korben entra en trombe dans la tente, s’arrêta un instant, le visage transfiguré devant le spectacle contre nature dessiné par Kya’nha et son père, puis montra la sortie de la tente.
-Dehors… Un loup garou… C’est la panique ! Arrêtez ça ! (Ajouta-t-il en désignant le sol) Faites les sortir, mettez-les à l’abri au plus vite ! Allez vous cacher !

Soudain tout s’arrêta. La nuit envahit mon esprit et je me sentis remonter à la surface. Lorsque j’ouvris les yeux, je pris une grande inspiration. Mon cœur battait la chamade, et mon corps tremblait. Chacune des secondes qui m’avaient été données d’observer se répercutait dans mon être et dans mon esprit. Chaque seconde de bonheur, de joie, de simplicité, d’enfance, chaque seconde d’apprentissage, chaque sourire, chaque repas… L’ombre me laissa reprendre mes esprits. Elle se mut un peu sur ma droite avant de m’attraper à nouveau et de me replonger dans un océan de souvenirs, qui, je le savais désormais, n’auraient plus cette douce saveur de l’innocence.

Le monstre avançait entre les tentes. Mesurant deux fois la taille d’un homme fait, pesant au moins trois fois le poids, il poussait des cris à tordre de peur une armée de revenants. Ses griffes, aussi longues que des grandes dagues, lacéraient les toiles épaisses des tentes comme de simples voiles. Ses longues pattes musculeuses lui permettaient de couvrir une importante distance en très peu de temps. Tête relevée, son museau s’agitait comme celui d’un rongeur. Ses narines, légèrement décolorées, jouaient une drôle de danse et s’écartaient en rythme avec sa respiration.
Le loup garou cherchait quelque chose. Ou plutôt quelqu’un…
Les pauvres malheureux qui se retrouvaient devant lui se faisaient lacérer, déchirer, écarteler, et dévorer. Le sang giclait et était immédiatement absorbé par la terre rouge, gorgée de fer, du campement. Les chasseurs et les chasseresses Zam’baï les plus forts s’organisèrent pour lutter contre le monstre, mais ils furent tous soufflés comme de simples fétus de paille. Les Zam ‘baï connaissaient pourtant les loup-garous. Ils avaient l’habitude de les combattre, de s’en protéger. Dans cette forêt profonde et presque inhabitée, de nombreuses erres, maudites et aculées, se réfugiaient pour essayer de survivre. Le plus souvent, lorsqu’ils parvenaient jusqu’à un campement, c’était une nuit de pleine lune, où, affamés et transformés, ils avaient suivis les effluves humaines et animales.
Mais ce loup-garou là… Il n’était pas comme les autres. Il était trop fort, trop vigoureux, trop organisé. Une lueur maligne d’intelligence brillait dans son regard et il semblait conscient de ses propres actes.

Une fois qu’il fut bien certain que Kyia’nha était en sécurité, Korben sortit de la tente et fit de grands signes au loup garou qui continuait son massacre. Ce dernier s’arrêta, et retira sa mâchoire d’un cadavre encore fumant, retira les morceaux de chaires qui lui collaient au nez avant de s’approcher d’un pas fort et alerte, de Korben. Korben était un homme d’une taille assez extraordinaire. Mais face au loup garou, qui, gueule grande ouverte, le fixait de ses yeux jaunes aux pupilles dilatées, il ressemblait à un jeune enfant.
-Je pensais qu’on avait conclus un marché. Seulement les hommes que je t’avais désigné, et tu épargnais le peuple.
Le loup-garou esquissa un sourire avant de se lécher les babines.
-Nous n’avons pas échangé de sang. Tu m’as fait conclure un marcher sur une simple parole. Tu sais très bien qu’ici bas les choses ne fonctionnent pas comme ça.
-Ces hommes et ces femmes n’y étaient pour rien !
-J’avais faim. Et de toute façon, ton peuple est déjà mort. Un peu plus vite, un peu moins vite… Cela ne change rien au résultat final.
Korben baissa la tête. Il n’osait pas regarder le massacre de son peuple. Il était le seul responsable de la mort prématuré des siens… Mais il ne pouvait pas ramener les morts à la vie, encore moins remonter le temps pour réparer ses erreurs. Le mal était fait, et il avait un lycanthrope affamé face à lui. Résigné, il poussa un profond soupir avant de se retourner et d’inviter le lycan à le suivre.

Le conseil s’était réfugié dans les fourrés. Ils espéraient que les chasseurs du peuple étaient parvenus à se débarrasser du loup-garou. Mais, d’après les cris qu’ils pouvaient entendre, rien n’était sûr. Le père de Kyia’nha commençait à émerger de sa torpeur. Petit à petit, il devenait moins mou, plus alerte. Ses pupilles réagissaient de nouveau, et on pouvait clairement lire sur son visage l’incompréhension et la surprise. Kiya’nha quant à elle était toujours plongée dans un sommeil profond. Comme ils avaient dû quitter la tente précipitamment, la jeune fille était nue et on pouvait aisément distinguer les traces plus ou moins colorées qui souillaient ses cuisses. Avant que son père ne puisse prononcer le moindre mot, deux membres du conseil le bâillonnèrent et le maintinrent attaché, pieds et mains liés. Soudain une silhouette se découpa dans les lueurs des feux qui avaient pris dans tout le campement. Elle fut rapidement suivie par une deuxième silhouette, plus grande et plus massive. Thamir retint son souffle. Elle intima tout le monde au silence par un geste et réprima un gémissement lorsqu’elle reconnut Korben. Les derniers mots du guerrier chasseur lui revinrent en mémoire : « Si jamais vous touchez à un seul de ses cheveux, je vous jure que vous le regretterez ! ». Elle aurait dû s’en douter. Lorsque Korben les avait accueillis sans rien dire et qu’il les avait laissé faire… Cette abomination ! Elle aurait dû se méfier ! Comment avait-il put faire une chose pareille ? Sacrifier son peuple pour une simple jeune fille ? Ce n’était plus un meurtre à ce niveau !
Korben désigna les fourrés où étaient cachés le conseil et leurs deux victimes. Il prononça quelques mots, attrapa un poignard et se coupa les veines du poignet. Quelques instants plus tard, le loup-garou, qui se comportait presque comme un être humain, attrapa ledit poignard et fit de même. Ils partagèrent leur sang avant de se serrer la main. Thamir n’en croyait pas ses yeux. Réprimant un nouveau gémissement, elle tenta de contenir un flot de larmes qui, elle le savait, serait le dernier. Le loup-garou, un lycanthrope en réalité, se tourna dans leur direction. Il huma un instant l’air… Puis attaqua.

Lorsque Kyia’nha se réveilla, elle se retrouva immédiatement plongée dans un monde de cris et de mouvements. Autour d’elle, les gens hurlaient, se poussaient les uns les autres, tentaient de fuir de tous côtés. La jeune fille fut piétinée plusieurs fois. Elle tenta de se relever, mais quelque chose lui scia le bas-ventre. C’était comme si quelqu’un avait introduit un couteau entre ses jambes et qu’il lui cisaillait l’intérieur au moindre mouvement. La peur la poussa à se redresser. Quelque chose n’allait pas. Comment s’était-elle endormie ? Que se passait-il ? Quelqu’un trébucha contre son épaule et roula sur plusieurs mètres. Quelques instants plus tard, une créature immense atterrit sur le corps et le décapita en un coup de pattes. Terrifiée, Kyia’nha tenta de se relever, mais ses membres étaient tous mous. Elle mit plusieurs minutes avant de parvenir à se tenir debout. A ce moment-là, la créature s’arrêta et se tourna dans sa direction. Elle avait la tête et le pelage remplis de sang et d’autres choses qui ressemblaient vaguement à des morceaux de chaires. Ses grand yeux jaunes la jaugèrent un instant, puis elle esquissa ce qui pouvait passer pour un sourire. Kyia’nha recula d’un pas. Ses jambes étaient affreusement faibles, elle tomba sur le dos. Le monstre se lécha les babines avant de s’avancer tout doucement dans sa direction. La jeune fille regarda tout autour d’elle, mais il n’y avait personne. Personne d’autre qu’un charnier fumant dans l’air moite et humide de cette nuit d’été. Elle parvint difficilement à se relever et s’accrocha à l’arbre le plus proche. Le monstre venait toujours dans sa direction. Il allait la dévorer, elle en était certaine, il allait la tuer, et elle ne pouvait même pas courir pour essayer d’échapper à la mort…
Lorsqu’il se trouva à son niveau, le lycanthrope, c’en était un, elle en était persuadé désormais, posa une de ses pattes énorme et acérée sur sa poitrine. Il dessina lentement le galbe de ses seins avec ses griffes et descendit de plus en plus bas, jusqu’à ses cuisses. Kiya’nha poussa un gémissement de peur et déglutit. Des larmes commencèrent à couler de ses yeux. Elle n’avait même pas la force d’éviter les caresses du monstre. Ce dernier avança sa tête jusqu’à sa poitrine et entreprit de la lécher. Sa langue était chaude, poisseuse, et elle exhalait des relents de sang et de viscères. Lorsqu’il parvint à l’endroit qui lui convenait, il poussa tout doucement la jeune fille par terre. Cette dernière s’étala sur le dos, essaya de reculer, mais le lycanthrope se laissa lourdement tomber sur elle. Il commença à la caresser, à la lécher, à la mordiller… Puis soudain… Il ouvrit grand la gueule et lui happa le bras. Ses crocs aiguisés comme des lames transpercèrent sa chaire. Il resta un petit moment dans cette position avant de se retirer et de lécher le sang qui sourdait de sa blessure. Kyia’nha avait la réputation d’être une fille forte, mais elle ne parvint à supporter à la fois les restes de la drogue, la peur et la souffrance. Elle s’évanouit sous le corps massif du lycanthrope qui était tout entier entrain de se repaitre de son sang.

Le lycanthrope avait assommé Korben. Juste après l’échange de sang, où il lui avait promis de ne pas tuer l’enfant qui se trouvait dans le groupe, il l’avait mis hors d’état de nuire. Ainsi avait-il été tranquille pour accomplir son office. Les dévorer, les uns après les autres, avait été un jeu d’enfant. Ces hommes et ces femmes n’étaient rien contre lui, rien contre sa puissance, contre ses crocs et ses griffes. Il n’en avait fait qu’une bouchée et s’était repus de leur chair, de leur sang et de leurs entrailles. Il avait broyé leur boite crânienne pour en extraire la cervelle, il s’était régalé de leur cœur et de leur foie. Il avait fait bombance toute la soirée. Et cela grâce à cet imbécile de chasseur qui était venu le chercher un peu plus tôt dans la journée. Habituellement, le lycanthrope se tenait loin des quelques petits foyers humains qui vivaient dans la forêt. Ils ne l’intéressaient pas. Et un carnage pour un carnage, même si cela lui permettait de se nourrir jusqu’à plus faim, n’avait pour lui aucune utilité. Par contre, si on venait lui demander ce carnage… Il ne voyait pas la raison de refuser.
Dès qu’il avait vu l’enfant, il lui avait trouvé quelque chose de spécial. Peut-être ces yeux bleus pâles qu’elle partageait avec Korben (qui était à n’en pas douter son véritable père, et pas l’épave attachée, encore sous l’effet de psychotropes qu’il n’avait pas daigné toucher), ou encore la féminité en devenir de son corps nu… Cela faisait si longtemps qu’il n’avait pas fait l’amour à une femme… Peut-être n’y avait-il aucune raison spéciale, mais il eut immédiatement envie de la toucher, et de la mordre. Pas de la dévorer, non, mais de la mordre, gentiment, comme un petit chiot… Il était encore tout entier à son office lorsque qu’il se sentit transpercé de part en part. La chose se retira de son corps, puis revint à la charge. Le lycanthrope se retourna en poussant un rugissement… Et s’empala le cou dans la lance de Korben qui le regardait avec le sourire de la folie.
-Tu pensais pouvoir en profiter hein ? Essaye de m’attaquer pour voir maintenant, ma lance est en argent, tu ne peux rien contre moi. Tu vas mourir, un point c’est tout.
Le lycanthrope, qui commençait à sentir les effets de l’argent tenta quand même d’attraper Korben qui restait hors d’atteinte. Fou de douleur et de colère, il poussa un dernier rugissement avant d’esquisser un sourire vermeille et d’ajouter dans un dernier soupir :
-Trop tard, je l’ai déjà mordue…

Korben porta Kyia’nha durant plusieurs jours et plusieurs nuits. Ne s’arrêtant que pour se soulager et soigner son bras blessé. Etrangement, malgré la moiteur ambiante et la chaleur, la plaie de la jeune fille ne s’infecta pas. Elle se referma même assez rapidement. Mais Kyia’nha resta au moins une semaine dans un profond sommeil. Elle respirait de façon si peu marquée, que Korben, épuisé, affamé, assoiffé… S’arrêtait par moment pour la pleurer, la croyant morte.
Lorsqu’enfin elle se réveilla, ils se trouvaient dans les profondeurs de la forêt, non loin d’une rivière, à l’abri des prédateurs. Korben connaissait bien ce coin, il le savait sûr. Il abreuva Kyia’nha et lui offrit les quelques baies qu’il avait réussi à cueillir en marchant. Ce n’était pas grand-chose, mais c’était mieux que rien. Emporté par le soulagement, il s’endormit à son tour, laissant à la jeune fille tout le temps pour réfléchir et se remettre de ses émotions.
Korben et Kyia’nha restèrent quelques temps dans cette partie de la forêt, le temps de se remettre d’aplomb. Korben lui expliqua qu’une partie de la forêt était consacrée. Que seuls les humains et les animaux qui ne leur causaient aucun mal avaient le droit d’y pénétrer. Cela était dû à une magie très ancienne, une bonne magie, pas une de ces mauvaises magies qui cherchent à faire du mal. Les bonnes magies étaient conservatrices, comme la magie du sang, dernier petit reste du don des Zam’baï qui permettait de soigner. Les mauvaises magies étaient destructrices, comme celle qui transformait un homme en loup garou.
Plus les jours avançaient, et plus les cheveux de Kyia’nha claircissaient. Ils devinrent peu à peu gris, puis d’un blanc immaculé. Korben avait tout raconté à la jeune fille. Tout depuis le début. Le fait qu’il était son vrai père, mais que, comme il n’était pas uni à la mère de Kyia’nha par les dieux, son propre enfant ne lui était pas imputé. Qu’il avait voulu empêcher son viol mais que les choses étaient allées trop vites… Et comment il avait tué les derniers membres du peuple Zam’baï.
-Nous sommes les derniers.
-Personne n’a survécu ?
-Je n’en ai aucune idée. Peut-être en effet… Mais… Moi et ta mère, nous étions les derniers enfants du peuple. Avant ta naissance, nous étions les plus jeunes. Si quelqu’un a survécut, alors il est beaucoup plus âgé que moi et par la même, que toi. Le mieux est de se considérer comme les derniers véritables membres du peuple Zam’baï.
-Un traitre et un… Loup-garou… Quels beaux survivants !
Kyia’nha avait beaucoup de mal à imaginer qu’elle était devenu un loup garou. Mis à part le changement de couleur de ses cheveux, qui était une véritable énigme, elle ne voyait pas de grande différence. Son corps était aussi vigoureux, sa vue aussi perçante, son odorat aussi développé… Peut être plus en y réfléchissant bien.

La jeune fille passa sa première pleine lune accrochée au tronc d’un arbre. A son réveil, elle n’eut aucun souvenir de sa nuit passée, et cela lui fit peur. Korben lui avait appris qu’il était possible d’atteindre un stade de conscience lors des transformations. Mais que cela demandait du temps et de la patience.
Un matin, ils décidèrent de quitter leur petit paradis. Tous deux étaient de grands actifs et rester trop longtemps au même endroit les aurait rendus fous.
Par un petit matin de pluie, Kyia’nha fit la remarque qu’ils étaient comme les derniers os d’un animal qui aurait été dévoré. Ces petits os perdus qui perforent l’estomac du prédateur et le tuent.
-Je me sens comme un os qui a perdu son squelette… Je ne parviens pas à imaginer ce que le conseil a pu faire… Tu crois que je suis en ceinte ?
-Non. Celui qui se faisait passer pour ton père était aussi stérile que le reste du peuple. Tu ne risques rien.
-Et pour le loup-garou ?
-Il n’a pas eu le temps de…
-Je vois… ça m’enlève un poids sur la conscience.
Les jours passaient, les deux Zam’baï chassaient, pêchaient, marchaient. Kyia’nha apprenait, découvrait et essayait de maitriser sa condition de loup-garou. Tout aurait pu continuer ainsi. Mais un jour, ils rencontrèrent une de leurs tribus rivales. Les hommes et les femmes, circonspects, les accueillirent, et malgré leurs différends, les prirent en pitié lorsqu’ils leur racontèrent leur histoire. Korben sut très bien cacher les parts sombres de l’histoire. Comme les Zam’baï et comme tous les peuples de la forêt, il n’y avait pas eu d’enfant depuis très longtemps ici. Et le cas de Kyia’nha en intéressa plus d’un. Devant certains regards appuyés, Korben s’hérissa. Ils ne devaient pas rester trop longtemps ici, ce n’était pas bon, ni pour la jeune fille, ni pour lui, ni pour ce peuple en mal d’enfants. Mais, alors qu’ils allaient partir, les hommes découvrirent le secret de Kyia’nha. Comment ? Même Korben ne parvint à le savoir. En une nuit, toute la tribu savait que la jeune fille portait la malédiction de la mauvaise magie sur le dos. Il fallait la tuer, la détruire avant qu’elle ne fasse plus de mal. Korben, de plus en plus protecteur, tenta de protéger sa fille… Et périt sous les lances de plus de trente chasseurs. Kyia’nha s’enfuit dans la forêt. Malgré son envie de rester auprès du corps de son père, et la grande tristesse, la rage, la colère qui la submergea, elle écouta ses conseils et disparut dans les bois. Quelques jours plus tard, une nuit de pleine lune, elle revint sous l’apparence d’un loup garou blanc. Ce n’était pas un acte conscient, mais son instinct qui lui disait que la nourriture se trouvait là. La colère qu’elle ressentait face à ces hommes transperçait certainement la carapace de l’animal, et elle réalisa un très bon score cette nuit là, tuant les meilleurs chasseurs de la tribu, et évitant tous leurs coups. Au petit matin, elle se réveilla, la tête emplie d’images qui la firent vomir.

Pendant plusieurs mois, elle erra dans la forêt, alternant entre ces stades de conscience et d’inconscience qu’étaient le lot de tous ceux qui avaient été mordus par la bête. Elle fuyait les autres humains comme de la peste et se décida un jour de quitter la forêt. Certains hommes venaient de l’autre côté des frondaisons, c’est qu’il devait y avoir de la vie ailleurs. Peut être des hommes et des femmes qui ne la verraient pas comme une menace… Peut être des villes, comme lui avait dit Korben, des endroits avec des centaines et des milliers de gens !
Les villes n’étaient pas aussi bien que ce que Korben prétendait. Les gens n’étaient pas aimables, ils ne faisaient rien si vous ne leur donniez pas… Des sortes de petits objets ronds en métal qu’ils appelaient argent. Cela était stupide. On ne pouvait se servir pour manger des fruits ou des animaux, il fallait tout payer. Kiya’nha se trouva rapidement affamée. Elle fut recueillie par une bande de saltimbanques de tous âges et de toutes races qui furent très intéressés par sa peau ébène et ses cheveux blancs. Une elfe lui offrit même des habits.
-Il faut que tu caches ton corps, sinon tu vas avoir des problèmes.
-D’où est-ce que tu viens au juste ?
-De la forêt, là-bas.
-Des hommes vivent dans la forêt ?
-Oui, avant il y en avait plein, mais ils se sont fait manger, et maintenant il y en a moins.
Sur ces mots, la jeune fille se renfrogna. Elle resta plusieurs semaines avec les saltimbanques, se cachant et s’attachant les nuits de pleine lune. Elle pensait que personne n’avait découvert son secret, mais tout le monde savait pourquoi elle partait se cacher certaines nuits. Et ils respectaient sa malédiction. Même s’ils dormaient non loin de lames en argent : au cas où.
Ils descendirent jusqu’à une ville immense appelée Reilor. Kyia’nha pensait que la ville qu’elle avait visité était très grande, mais en fait, ce n’était qu’une sorte de gros village en comparaison de Reilor. La ville grouillait de vie. Il y avait des bâtiments partout, tellement serrés qu’ils formaient d’immenses murs au milieu desquels se dessinaient les routes. Ce fut dans cette ville que Kyia’nha se fit tatouer le corps. Elle voulait se débarrasser de ses tatouages du peuple Zam’baï. Et prendre sa propre identité : elle était un os, alors elle deviendrait un squelette. La crème blanche qu’utilisa le tatoueur la fit souffrir durant plusieurs semaines, mais le tatouage était particulièrement bien réussit. Elle était fière d’elle, et très heureuse. Les saltimbanques lui avaient payé ce tatouage contre les quelques pierres de soin qu’elle leur avait donné. Hors de la forêt, ces pierres n’avaient plus aucun pouvoir. Mais elles brillaient, et cela semblait beaucoup leur plaire. Lorsqu’elle comprit qu’elle pouvait échanger des pierres contre de l’argent, Kyia’nha prit son indépendance et disparut à travers les différentes îles de l’archipel. Elle voulait oublier ce que son peuple lui avait fait vivre, oublier cette nuit horrible qui la hantait dans ses sommeils les plus profonds… Et découvrir le moyen de rester consciente lors de ses transformations…

Cette fois-ci, je revins très lentement à la surface. L’ombre se dissout à mes pieds et disparut aussi rapidement qu’elle était apparue. Ce qu’elle m’avait montré me laissait un goût amer dans la bouche. Ce gout, c’était le gout de mon passé, de ces souvenirs que je cherchais à enterrer mais qui me poursuivaient. L’explication de ma claustrophobie, de ma sauvagerie, de mon agressivité parfois, mais également de ma curiosité et de mon envie de prendre une nouvelle identité. J’avais été un miracle, puis une matrice, puis un os, et désormais, j’étais un squelette. Un squelette, éloigné de son peuple mort et de sa terre, un squelette qui n’attendait qu’une chose : des muscles, des ligaments, des tendons, des organes, et de la peau… Un squelette qui cherchait désespérément le moyen de ne plus jamais devenir un monstre…

[Ouf enfin xD. ça fait 9 pages Word mdr je me suis un peu lâchée. C'est certainement bourré de fautes et je suis persuadée qu'il y a des phrases qui ne veulent rien dire. Je relierais ça à froid, à une autre heure que 2h12 du matin. Mais voila, c'est fini!]
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MessageSujet: Re: Sang pour sang    Dim 05 Aoû 2012, 18:31

Alors, tout est bon sauf deux choses:

"Le plus souvent, lorsqu’ils parvenaient jusqu’à un campement, c’était une nuit de pleine lune, où, affamés et transformés, ils avaient suivis les effluves humaines et animales."


"La jeune fille passa sa première pleine lune accrochée au tronc d’un arbre."


" se cachant et s’attachant les nuits de pleine lune"

Sur Aïk, les loup-garous ne se transforment pas que durant la pleine lune, mais à chaque nuit.
Il faut donc que tu modifies cela.

Et ensuite, il y a le passage où le Lycan parle, comme je t'avais dit en MP, ce n'est pas possible.


Mais sinon tout le reste est bon, donc previens moi quand tu auras procédé à ces modifications et je validerais Smile
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Sang pour sang

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